Étymologie de la langue française

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Sections

[modifier] INTRODUCTION ET PLAN

[modifier] Les origines du vocabulaire

L'essentiel du vocabulaire des langues indo-européennes provient de racines indo-européennes au travers du latin, du germanique ou du grec pour l'Occident, du slave pour l'Est et du nordique pour la Suède et la Norvège.

Pour la langue française, la source principale est le latin, soit par évolution spontanée (langue populaire) soit par construction explicite (langue savante). Par exemple, le mot latin « prisonnier » (captivus) donne chétif dans la langue populaire et captif en langue savante.

Une autre source importante d'un vocabulaire est l'emprunt à d'autres langues au travers, pour l'essentiel, du commerce et des guerres. Pour la langue française ce furent le francique à l'époque des grandes invasions barbares, l'arabe au Moyen-Âge, l'italien à la Renaissance, les langues d'Amérique du Sud lors de la découverte du Nouveau Monde et plus récemment l'anglais. Ce dernier a beaucoup emprunté à la langue française au Moyen-Âge lorsque la chevalerie anglaise parlait français d'où, de nos jours encore, la différence entre ox le bœuf élevé par les paysans et beef (pour bœuf), ce même animal dans les plats de la noblesse puis, d'une façon généralisée, dans l'alimentation. Quand au tunnel, il s'agit du mot tonnelle emprunté par les Anglais puis restitué avec un autre sens lors de l'apparition du chemin de fer. Avant le chemin de fer, il y avait déjà des tunnels en France mais on les y appelait des galeries, mot conservé en italien moderne (galleria).

Les autres sources notables sont l'emploi de noms propres comme noms communs (poubelle, barème), de sigles (laser, snob), d'onomatopées (boum, gazouillis).

Enfin quelques mots constituent des créations tout à fait conscientes et circonstanciées (ordinateur, bikini, monokini).

[modifier] L'évolution et la disparition des mots

Les mots évoluent

  • de façon interne par préfixation (courir --> accourir) ou dérivation
  • de façon historique au fur et à mesure que la chose désignée évolue elle même (de nos jours un pantalon ou une culotte n'ont plus grand chose à voir avec les premiers pantalons ou les sans culottes de la période révolutionnaire)
  • de façon sémantique par analogie de forme, de couleur, de matière ou par application d'autres procédés voisins des figures de la rhétorique (le tout pour la partie, par exemple).

Enfin, les mots disparaissent lorsque le signifié (= ce que désigne un mot : objet, action, sentiment) disparait, quand ils ne sont plus compris ou sous l'évolution de la sensibilité sociale.

Au Moyen-Age, la fauconnerie (le dressage et l'emploi des faucons pour la chasse) constituant une haute technologie et son vocabulaire s'est répandu dans le langage courant. Au XIXème siècle, le cheval était un "instrument" économique et social de base et le vocabulaire de l'équitation était compris de tous ; il est aujourd'hui remplacé par celui de l'automobile.

L'expression sans solution de continuité, de plus en plus mal comprise et parfois pour le contraire de ce qu'elle veut dire est ainsi en voie de disparition au profit de sans arrêt ou 24/24 h - 7/7j etc, selon le contexte. Il soulait (il avait l'habitude) ou peu m'en chaut (= peu m'importe) ont quasiment disparu.

Négre qui a appartenu au vocabulaire standard bien au delà de la deuxième guerre mondiale n'est plus en usage aujourd'hui si ce n'est pour désigner la personne qui a écrit un livre à la place de celle qui le signe comme auteur.

Ces disparitions sont lentes. L'adjectif débonnaire reste un témoin de la fauconnerie. Sans pratiquer l'équitation on comprend encore ce que signifie avoir des œillères.

[modifier] Le plan

L'exposé suit l'enchaînement ébauché ci-dessus (origines - extension - évolution et disparition du vocabulaire)puis l'illustre par le commentaire étymologique d'un message réellement envoyé (et quasiment pas retouché).


[modifier] Les origines du vocabulaire

[modifier] Les mots d'origine latine

[modifier] Remarques préliminaires sur l'évolution de la prononciation

Il convient de souligner l'importance du facteur phonétique dans l'évolution des mots. Par exemple oie vient du latin populaire auca dérivé du latin classique avis(= oiseau) que l'on retrouve dans aviculture (= élevage des oiseaux) ou grippe aviaire (= transmise par des oiseaux).

Pour comprendre les évolutions phonétiques, il faut garder à l'esprit

  • qu'elles se sont déroulées sur de nombreuses générations. En comptant qu'une génération "vaut" 25 ans, près de cinquante générations se sont succédé entre le sac de Rome en 410 et le Cid de Corneille où nous constatons que nous ne prononçons pas exactement comme notre grand-mère (génération G - 2)
  • que, jusqu'au XXème siècle, il n'existait ni radio ni télévision et donc aucune norme nationale "palpable" en matière de prononciation. C'est la radio qui a facilité une prononciation homogène. Pendant la première guerre mondiale, des agrégés en langue allemande faits prisonniers, furent fusillés pour avoir refusé de servir d'interprètes entre des officiers allemands du sud et du nord de l'Allemagne qui ne se comprenaient pas très bien. Dans les années 1950 et 1960, en Angleterre, il existait des offres d'emploi qui exigeaient des candidats qu'ils eussent l'accent BBC (la radio nationale officielle britannique)
  • que la conjonction de ces deux phénomènes fait qu'encore au XVIIème et XVIIIème siècles, à la Cour le son oi se prononçait ouè (d'où le rouè pour le roi, le bouè pour le bois) et que l'on neprononçait aucune lettre finale (le cer pour le cerf, nourri pour nourrir) alors que le peuple parisien prononçait roi, bois, cerf. A la Cour comme à la ville on roulait les r. Encore à l'époque de Victor Hugo, lorsque l'on déclamait le bruit sourd des canons roulants vers Austerlitz l'auditoire entendait un véritable grondement.
  • que jusque dans les années 1950, la sonorisation était rare et imparfaite ce qui imposait de parler en articulant, en découpant bien les syllabes sans "manger" les finales rétablies en partie au début du XIXème siècle. Imaginez un cours sans micro dans un amphithéâtre de la Sorbonne, un sermon sans micro à Notre Dame de Paris, une plaidoirie sans micro dans la grande salle d'audience d'un tribunal aujourd'hui classé monument historique, un discours dans l'hémicycle du Sénat. Dès générations de professeurs, de prêtres, d'avocats ou d'hommes politiques ont pourtant dû le faire. Pour le commun des mortels se faire entendre dans une foire où tout le monde criait ne devait pas être facile, pas plus que dans la salle de garde d'un château (essayez par exemple au Palais des Papes en Avignon un jour d'affluence : elle correspond à la salle d'accueil).
  • qu'il y a toujours eu des modes qui laissent des traces. Au XVIème siècle, il était de bon ton de prononcer z le r compris entre deux voyelles. Paris se prononçait Pazi, oratoire se prononçait ozatoire d'où les noms de ville en Ozoir ou Osoir lorsque la commune comptait une chapelle. Sous Napoléon 1er et peut être parce que Joséphine de Beauharnais éprouvait des difficultés à les prononcer, il devient à la mode d'élider les r d'où les inc'oyables et les mé'veilleuses. Entre les deux, les Précieuses, qui étaient loin d'être nécessairement ridicules - ont fait la chasse à tous les gestes disgracieux ; on leur doit les mousses inventées par leurs cuisiniers à qui elles avaient demandé des plats qui n'exigeassent pas des mouvements musculaires trop marqués lors de la mastication. Cette volonté a sûrement exercé une influence sur leur prononciation
  • que, plus généralement, les sons des langues européennes s'articulent en un système qui permet de distinguer des labiales, des dentales, des palatines et que le passage de l'une à l'autre est assez simple ce qui explique, par exemple, qu'au qu latin corresponde v ou f dans les langues plus nordiques comme quatre / quattro (italien) et vier (allemand), voor (flamand) et four (anglais) ou encore qui /chi (italien qui se prononce qui) et who (anglais), Wer (allemand); de même, on trouve une correspondance entre le d et le t (dent au Sud contre tooth au Nord - dies (le jour) contre tag (même sens) au nord.

[modifier] Les doublets

Au fil des temps les mots latins avaient évolué en français phonétiquement et sémantiquement. Par exemple captivum (= captif) avait donné chétif avec le sens que nous lui connaissons, un captif étant souvent chétif du fait des mauvaises conditions de sa détention.

Lorsque, à partir du XIVème siècle on se mit à traduire beaucoup de textes latin en français parce que le latin commençait à devenir une langue morte alors même que le contenu des textes latins conquérait l'intérêt des lecteurs français, on traduisit captivum par captif pour désigner le prisonnier en tant que tel. On dit que captif et chétif sont des doublets. Il existe des dizaines de doublets. D'une façon générale les mots de formation populaire se référent au concret et les mots de formation savante sont plus abstraits mais il existe des exceptions.

  • entier (formation populaire) et intègre (formation savante) ont tous les deux pour origine "integrum" ce qui explique aussi qu'en mathématiques, les entiers soient des integers en anglais
  • frêle (populaire) et fragile (savant) sont issus du même mot fragilem
  • raide (populaire) et rigide (savant) de rigidum
  • parole (populaire) et parabole (savant) du latin parabola, lui même issu du grec
  • raison (populaire) et ration (savant) du latin rationem. Raisonner c'était d'ailleurs savoir compter d'où l'âge de raison (7 ans) qui est celui où l'on sait compter
  • poison et potion du latin potare (= boire) d'où l'eau potable.

[modifier] Les fusions

On notera aussi les fusions dans lesquelles deux mots fusionnent en un seul, exemples :

  • affaire (initialement ce qu'il y a à faire)
  • alarme (initialement all 'arme = aux armes). L'italien actuel conserve les deux l (allarme);
  • antan (initialement ante an soit l'année dernière)
  • aujourd’hui (composé de « au jour de » et de « hui », du latin « hodie », (« aujourd’hui », « ce jour »), il signifie donc « au jour présent ». Au jour d’aujourd’hui est donc un splendide pléonasme.
  • bonhomme (initialement un bon homme c'est à dire un brave homme, un homme cultivé
  • gendarmes (initialement gens d'armes)
  • malgré (initialement mal gré de mauvais gré)
  • naguère (initialement il n'y a guère de temps)
  • parce que (initialement par ce que ce mot, etc )
  • voilà (initialement vois-là).

[modifier] Les emprunts

[modifier] Les emprunts au francique

Les mercenaires avaient déjà introduit quelques termes dès les années 250 après J.C. comme les renforts agricoles mais se sont surtout les Grandes Invasions qui ont introduit le vocabulaire de la guerre et du droit salique, très différent du droit romain. Par la suite, les vainqueurs ont adoptés la langue de l'Ex-Empire romain comme les Romains avaient eux mêmes adopté la civilisation des Grecs qu'ils avaient dominés militairement (l'élite romaine parlait grec naturellement à tel point que lorsqu'il fur poignardé, Jules César s'exprima en grec en reconnaissant son fils parmi les conspirateurs ; il ne dit pas tu quoque fili mas kai su texnon (toi aussi mon fils). Parmi les mots franciques citons :

  • hargne de harmjam (tourmenter)
  • honte (le latin disait me pudet qui persiste dans pudeur)
  • grès de greot (= gravier)
  • grêler de grisilon, de même sens
  • riche d'un radical rîki que l'on retrouve aussi dans l'allemand Reich. Le mot a d'abord signifié puissant avant d'acquérir le sens de riche car qui est puissant et généralement riche
  • gris de grîs, de même sens ; de ce mot dérive grisette, étoffe commune de teinte grise puis jeune fille vêtue d'une étoffe grise, puis d'humble condition (car au XIXème siècle le gris était très répandu avec le bleu pour les vêtements de travail), puis jeune fille travaillant dans l'industrie du vêtement qui employait une fraction importante du salariat féminin, puis jeune facile facile à séduire par un garçon car elle se laisse aisément convaincre
  • haubert (= la cotte de maille) de halsberg (= ce qui protège le cou). en allemand moderne on retrouve hals pour le cou mais non en anglais où neck de la même famille que le français nuque, tout deux venant de l'arabe nuqua (= la moelle épinière)
  • heaume de helm, casque
  • guerre. Le mot francique est werra qui donne war et Wehr respectivement en anglais et allemand modernes. En latin la guerre se disait bellum que l'on retrouve dans belliqueux. Beau se dit pulcher en latin classique mais une forme populaire, bellum, se développa, générant une confusion entre bellus (beau) et bellum (guerre) qui facilita l'adoption du mot franc.
  • malle de malha, sacoche.
  • bordel qui signifiait une grosse planche. Comment est-on passé de la planche au sens actuel de désordre ? A partir de ces planches on pouvait construire de pauvres maisons rudimentaires et ce fut le premier sens (le composé à partir du composant). Cette cabane de planches en "bord'eau" ou "bord'elle" (la mer, la rivière) servant de "guinguette", etc...

Avec le temps, ces maisons rudimentaires n'offrirent plus le confort minimal que les gens attendaient d'un foyer et seules les plus pauvres continuaient à abriter des prostituées. Le mot se spécialisa alors dans le sens de maison de passe. Les clients de ces établissement se livrant à des débordements en tout genre, le mot en vint à désigner l'état de désordre qui en résultait.

En anglais, la formule correspondante est 'what a mess'. Mess vient du latin mensa la table. Le mess des officiers est l'endroit où il y a des tables pour manger. La fraternité militaire donnant parfois lieu à des excès de beuverie, le mess se trouve alors dans un état qui sert de référence en matière de désordre. Ce même mot mensa donne aussi manséatique qui désigne des montagnes aplanies comme une table (par exemple le massif ibérique).

En italien, la formule est 'Che casino' où casino a le même sens qu'en français mais y est perçu comme un lieu de débordement et surtout très bruyant.

[modifier] Les emprunts à l'arabe

Même après l'effondrement de l'Empire romain, l'Occident n'a jamais cessé d'entretenir des relations entre, d'une part, Byzance et, d'autre part, les pays d'Afrique du Nord et du Proche Orient, essentiellement à partir de la Provence, du Languedoc et de l'Italie. Les Croisades ont accentué ces contacts. Inversement l'invasion de la péninsule Ibérique par les Arabes n'a pas laissé de trace majeures dans le reste de l'Europe, le franchissement des Pyrénées étant, somme toute, plus difficile que la traversée de la Méditerrannée selon des voies bien connues. Citons :

  • alchimie vient de l'arabe al-kīmiyāﺀ. Le terme est arrivé en français au Modèle:XIVe siècle, par le latin médiéval alchemia. Les mots alchimie et chimie sont restés synonymes jusqu'à l'apparition de la chimie moderne au XVIIIe siècle[1].
  • alcool qui signifie en arabe distillat, poudre [emprunt en 1586]
  • algèbre = réduction au sens où nous disons le problème se ramène / se réduit à un système à deux équations [fin XIVème]
  • algorithme : nom propre d'un mathématicien [1554]
  • avarie = accident [fin XII]
  • amiral = prince de la mer
  • alambic : arabe emprunté au grec ambix, de même sens [1265]
  • alcôve = petite pièce [1646]
  • alcali = soude [1509]
  • candi [1256], initialement dit condi, par l'intermédiaire de l'italien, emprunté à l'arabe quandî = sucre cristallisé
  • hasard de az - zahr, le dès, entré en français par l'intermédiaire de l'espagnol azar
  • matelas initialement écrit materas est entré en français par l'intermédiaire de l'italien materasso et provient du mot matrah, chose jetée à terre (au cas particulier un coussin) du verbe tarash, jeter [XVI]

Beaucoup de mots empruntés à la langue arabe commencent par al ou a car, en arabe, al est un article qui a été accolé au substantif lors de l'emprunt comme un enfant qui maîtrise encore mal la langue française dit le lane pour l'âne.

Un cas intéressant est l'emprunt du mot sifr qui signifie vide et a été transcrit à la fois par chiffre et par zéro (la notation arabe des chiffres utilisant un blanc pour le zéro).

[modifier] Les emprunts à l'italien

Les royales épouses et les nobles dames venues d'Italie au XVIème siècle et au début du suivant ont apporté la civilisation du Quattrocento dans leurs bagages : vocabulaire des cours ducales et princières et du commerce qui avait permis les développements économiques lombard et toscan :

  • courtisan
  • page
  • banque mais aussi faillite.

La banca est un banc ou plutôt une petite table sur laquelle on pose l'argent à changer, ce qui constituait l'activité première des banques. En cas de faillite (d'une racine signifiant tomber que l'on retrouve dans défaillir) du banquier, la corporation lui interdisait symboliquement de continuer son activité en lui cassant sa table (d'où banca rotta, la table brisée en italien).

L'essentiel du vocabulaire français de la musique est emprunté à l'italien

  • allégro = joyeux
  • andante = simple, habituel (mot à mot : qui marche [à pieds]
  • adagio = lentement (si vous circulez en Italie, vous avez constaté que le mot apparaît fréquemment à l'entrée des parkings souterrains ou aux abords des écoles)
  • scherzo = plaisanterie
  • ténor = tenore qui désigne le "contenu essentiel" formule comparable aux expressions françaises la teneur de la loi ou la teneur en oxygène. Le ténor est l'acteur qui assume l'essentiel de l'opéra.

A la période romantique s'ajouteront des mots allemands comme lied (= chant)

[modifier] Les emprunts aux langues américaines indigènes

Tous les produits exotiques découverts aux Indes Occidentales comme l'on disait alors ont été importés, le plus souvent via l'Espagne ou le Portugal avec leur nom d'origine plus ou moins bien compris et déformé. Ainsi

  • chocolat
  • cacahouète
  • avocat et hamac des Caraïbes
  • banane

mais aussi topinambour qui en même temps qu'il désignait le tubercule comestible avait aussi le sens de personne de caractère ombrageux, caractère que l'on attribuait à la tribu Topinambour d'où ont été exportées les premières de ces plantes.

Cela explique que ces mots soient peu ou prou identiques dans toutes les langues européennes d'aujourd'hui. A noter le cas de l'espagnol qui appelle "platanas", les bananes. Lorsque les premiers Conquistadores rapportèrent des bananes à Séville, les badauds leur demandèrent combien il en poussait"là-bas". "Autant que de platanes à Séville" fut la réponse qui parut par trop exagérée (bien qu'elle fut vraie) et conduisit à appeler le fruit platana à Séville puis dans toute l'Espagne.

Indépendamment de ces importations, espagnol et portugais ont laissé quelques mots apportés par les mercenaires et liés à la vie militaire tels adjudant ou camarade.

L'adjudant est celui qui aide (adjutare) un officier (= un aide de camps) comme l'adjuvant est un additif qui renforce (= qui aide) les qualités d'un remède ou d'un produit industriel comme le béton.

Le camarade est celui avec qui on partage sa chambre (camera d'où la camera obscura (= chambre noire) qui aboutit plus simplement à la caméra [de cinéma]). Le camarade est le compagnon de chambrée, le compagnon étant celui avec qui l'on partage (= cum) le pain.

Du portugais l'on peut aussi retenir :

  • pintade qui est l'abrégé de galina pintada (= poule peinte)
  • sombrer qui vient - via un verbe français soussoubrer - d'un verbe portuguais (soçobrar) signifiant "aller sous l'eau".

Texte italique L'emprunt au néerlandais Le néerlandais a beaucoup apporté à la langue française, notamment - mais non exclusivement - dans le vocabulaire maritime :

  • tribord de stierboord qui signifie bord du gouvernail ( stier ) et bâbord de backboord soit du côté du dos
  • brique: à l'origine il y a la racine brek ( =casser, briser ) que l'on retrouve dans l'anglais to break (casser) et dans l'allemand brechen ( briser ). Lorsque l'on malaxe la pâte en petites particules on obtient un gâteau aéré : la brioche (forme normande de broyer). Lorsque l'on malaxe l'argile en petites particules on obtient une pâte qui après cuisson donne la bricke ( en néerlandais ) devenue brique en français. Lorsque l'on malaxe du sable avec de l'eau on obtient une solution abrasive qui nettoie efficacement ; c'est celle utilisée par les marins pour briquer leur navire d'où l'expression familière "brique sa cuisine".Au XIIème siècle brique avait bien dans la langue française le sens de petit morceau, de miette ; passé le XVIème siècle, ce sens a disparu sauf dans une expression populaire qui a survécu jusqu'à la fin du XIXème siècle : bouffer des briques (= n'avoir à manger que des miettes, c'est à dire rien) où l'idée de dureté et de caractère indigeste de l'aliment comparable à de la brique de construction s'ajoute à la notion de pénurie.
  • bouquin vient de boeckijn diminutif de bock ( =livre en néerlandais ) à rapprocher de book ( anglais ) et de Buch (allemand )
  • botte est le néerlandais bote qui désigne une touffe de lin.

[modifier] Les emprunts à l'anglais

S'ils sont aujourd'hui importants, surtout à travers l'américain, il n'en fut pas ainsi pendant longtemps ne serait-ce que parce les familles anglaises parlaient la langue française et la première grammaire française fut rédigée en anglais pour permettre aux féodaux autochtones d'acquérir la langue d'expression de leurs souverains.

Les premiers emprunts à l'anglais apparaissent au XVIIIème siècle sous la double influence du libéralisme politique qui se développe en Angleterre et définit les notions et les mots de parlementaire ou de comité et de l'expansion pré-industrielle comme de l'hégémonie maritime qui succède à celle des pays du Sud de l'Europe d'où rail, tunnel

[modifier] Les emprunts aux autres langues

Les autres langues ont moins apporté, en dehors de mots désignant des institutions ou des produits locaux (comme les boyards, le caviar. Citons : l'allemand

  • flic est dérivé de Fliege (= la mouche au sens du mouchard, une mouche passant partout et pouvant ainsi espionner en permanence)
  • loustic est la francisation de lüstig (= joyeux). Dans les troupes allemandes, il y avait un bouffon comme cela se faisait alors que l'on appelait "Lüstig" (= le Joyeux) qui ne passait pas inaperçu
  • képi
  • ersatz (mot à mot qui se tient à la place de)

le scandinave avec saga [1740], récit mythologique ou historique en scandinave, le mot étant à rapprocher de l'anglais to say et de l'allemand sagen (= dire)

[modifier] le fond gaulois

La littérature gauloise étaient essentiellement composée de poésies épiques et transmise exclusivement par voie orale. C'est pourquoi s'il reste encore de nombreuses traces du gaulois dans les noms de lieux, cette langue n'a laissé - à travers le latin essentiellement - qu'une quarantaine de mots :

  • alouette
  • berceau
  • les brayes (prononcer: brailles), les pantalons d'où vient le mot braguette.
  • bruyère. Le mot a été, par ailleurs confondu avec le mot latin ruscus qui signifiait houx. Un terrain à bruyères était appelé bruscia (qui signifiait taillis, buisson) puis brousse (et broussaille) mais aussi brosse d'où les premières brosses qui n'étaient pas faites pour se coiffer mais pour laver le linge ou le sol et donc fabriquées à partir de végétaux très durs et acérés. Brosse et brousse se spécialisèrent par la suite mais il reste des traces de cette synonymie en français moderne : brosser lorsque l'on parle d'un animal qui se faufile dans les taillis (ex : en brossant, ce lièvre évita la malveillance du chasseur). Par analogie, on appelle aussi brosse, la rangée de poils que l'on trouve au bout des pattes ou antennes de certains insectes et qui leur permettent, par exemple, de se situer dans l'espace tout en servant à la pollinisation.
  • talus, de talo qui désigne le front puis, par analogie avec la pente du front, un terrain en pente dans le langage des mineurs
  • charrue qui désigne à l'origine un char gaulois puis un char agricole puis finit par se limiter à un instrument muni de roues et d'un soc
  • glaner
  • chêne qui est une fusion du gaulois romanisé "casanus" et du mot bas latin "fresne"
  • sillon d'une racine signifiant 'amasser de la terre'
  • bordigue, cabane avec des étagères pour garder le poisson au bord de la mer
  • probablement tamis avec le même sens.

[modifier] L'emprunt par composition lexicale

Une forme particulière d'emprunt est la composition lexicale à partir de racines grecques et latines, contrairement à l'emprunt proprement dit où un mot étranger courant est introduit dans la langue d'accueil. Initié dès le XVIème siècle, le procédé a été particulièrement utilisé de 1750 à 1950 (pour avoir des chiffres ronds) dans tous les domaines de la vie scientifique et technique. En principe les deux racines doivent être ou grecques ou latines mais l'on rencontre des mots mixtes.

Les spécialités médicales en sont un bon exemple : à partir de logie(= étude) l'on construit :

  • cardiologie [1797]
  • dermatologie [1836] derma est la peau en grec. Le mot pel (d'où vient la peau) désigne initialement la peau de bête tannée ; appliquer le terme à la peau humaine a dû être quelque peu grossier à l'origine comme aujourd'hui parler de la "gueule" de quelqu'un.
  • oncologie [vers 1970] oncos c'est la masse en grec or les tumeurs constituent un amas en imagerie médicale comme à la palpation
  • proctologie [vers 1970] de procto, l'anus en grec
  • ophtalmologie [1753] de ophthalmo, l'œil en grec

De la même façon, à partir du mot saura (= le lézard en grec) on construit

  • les sauriens = tous les reptiles avec écailles [1800]
  • dinosaure [1845] ou le lézard qui fait peur (deino en grec = effrayer)
  • ichtyosaure [1824] où le poisson-lézard (ichtys = le poisson en grec)

ou encore, en vrac

  • rhinocéros [1288] qui a une corne (kéros) sur le nez (rhino)
  • hippopotame [1265] qui est le cheval (hippo) du fleuve (potamos)
  • hippodrome [1534] qui est le chemin (dromos) du cheval (hippo)
  • dromadaire ou l'animal qui fait du chemin (dromos) sous entendu sans boire
  • pétrole [XIIIème siècle] où l'huile (oléa) de la pierre (petra)
  • éthologie [1856] la science (logos) des mœurs (êthos).

[modifier] Les noms propres (personnes, villes, personnages de roman) devenus noms communs

Le plus connu est Poubelle du nom du préfet de police de Paris, qui imposa, en 1884, de placer les déchets dans un récipient et non de les déposer en vrac sur la chaussée et institua leur collecte régulière mais l'on peut également citer

  • le père Clément qui fut le premier à obtenir des clémentines dans un orphelinat d'Oran en 1902 par greffe d'un hybride d'oranger et de mandarinier sur un pied de mandarinier
  • MacAdam qui utilisa un revêtement qui venait d'être mis au point pour solidariser les routes et les rendre plus confortables
  • Doberman est le nom de famille d'un gardien de fourrière d'une petite ville allemande qui, chargé d'exterminer les chiens errants, réussit à les croiser de façon à obtenir une race de chiens de garde et en sauva ainsi quelques uns d'une mort prématurée
  • Guillaume est l'imprimeur qui introduisit les guillemets (appelés initialement guillaumets) dans l'imprimerie ; dans ce secteur, un autre Guillaume,Massiquot (1797 - 1870) laisse son nom sous une forme othographique simplifiée (massicot) au dispositif qui permet de couper les feuilles
  • Pasteur dont le nom se retrouve dans la plupart des langues dans des termes comme pasteurisé ou pasterisation
  • Barème, mathématicien (1640 - 1703) auteur d'un des premiers manuels pratiques de comptabilité
  • Carlo Tonti qui conçu les tontines (dans une tontine, un emprunteur offre 100 euros par an pour rémunérer un capital initial de 10.000 euros par exemple. Au fur et à mesure que les prêteurs meurent la rémunération annuelle qui reste constante à 100 euros est répartie sur les seuls survivants ; ce procède fut très utilisé par les rois de France du milieu du XVIIème siècle aux abords de la Révolution Française puis par les premières institutions mutualistes)
  • Frangipane. Marquis italien, Frangipani mis au point en 1558 un parfum pour les ... gants ; ledit parfum connut rapidement du succès pour accommoder les pâtisseries
  • Fuller. Eugène Fuller est l'architecte qui dessina les plans de la géode. Les nano particules ont une structure qui rappelle une géode. Pour honorer Fuller on eut l'idée de donner son nom à la structure
  • Bougainvilliers, navigateur qui ramena la plante. De mêmecamélia (initialement écrit Camellia) à qui Linnée (qui nomma nombre de plantes de façon raisonnée) donna ce nom en souvenir du père jésuite qui l'avait ramené du Japon : Camellus
  • Oignon était le responsable du protocole de Louis XIV et il exigeait des Grands qu'ils fussent rangés. Par la suite, la référence à ce royal ordonnancement fut oubliée et l'image d'oignons rangés sur un marché se substitua à l'originale
  • Calepin. En 1502, Ambrogio Calepino publia un Dictionnaire de la langue latin à succès. Le mot Calepin désigna d'abord un dictionnaire (latin ou non) puis évolua vers le sens de recueil de notes.
  • Sandwich est le nom d'un comte anglais (1718 - 1792) qui, joueur infatigable, demanda à ce qu'on lui servît son repas entre deux tranches de pain pour ne pas quitter le salon de jeu.
  • grégorien : les chants grégoriens. Pape de 590 à 604, Grégoire fixa définitivement les textes rituels et plaça la messe à la première place des cérémonies du culte, sur le plan artistique. Il fit établir une sélection de chants épurés destinés à toutes les fêtes de l'année (= l'antiphonaire) et fonda une école de musique destinée à diffuser une nouvelle interprétation mélodique
  • Lalune était un général dont les bourdes étaient nombreuses d'où l'expression bête comme la lune
  • à l'inverse, Colin, aveuglé par le sang d'une blessure infligée par l'ennemi se saisit d'un maillard (marteau - comparez avec maillet) et frappant plus ou moins au hasard massacra nombre de ses adversaires, d'où le jeu de colin-maillard
  • Hooley et son gang (Hooley's gang) était un Irlandais qui rançonnait les paysans en faisant montre d'une extrême violence vis à vis de ceux qui ne se soumettaient pas à ses exactions d'où les Houligans des stades
  • Étienne de Silhouette était contrôleur général des Finances au XVIIIème siècle. Son nom est resté dans la langue soit en raison des nombreuses caricatures que l'on fit de lui soit du fait de ses passages rapides aux affaires qui ne permettaient que de l'y apercevoir

Dans le genre grunge on trouve isabelle et bourdaloue

  • isabelle est la couleur de la robe d'un cheval ou du pelage d'un chat qui associe jaune pâle, rouge et noir. La légende veut qu'une noble dame prénommée Isabelle ait fait vœu de ne pas changer sa chemise entre le départ de son époux pour la guerre et son retour. Il existe deux variantes : Isabelle la Catholique lorsque le roi soutint le siège de Grenade (1491) qui dura un an et l'archiduchesse Isabelle, petite fille de Catherine de Médicis et de Henri II lorsque son époux - Albert - partit pour Ostende et revient en triomphateur après que la ville ait cessé de lui résister pendant trois ans. D'où la couleur de la chemise au retour du bien-aimé. Il semble cependant aux philologues modernes que le mot est tout simplement l'emprunt du mot hiza (= le lion) à l'arabe à cause de la couleur du pelage de ce fauve.
  • Bourdaloue (ce n'est plus légende mais réalité) était un prédicateur de Notre Dame de Paris à l'éloquence fort prisée des dames de la bourgeoisie parisienne. Rhétoricien accompli, il captivait son public pendant plusieurs heures et certaines dames eurent l'idée de s'équiper d'un petit vase très discret leur permettant de satisfaire de petites besoins sans quitter leur place (à l'époque les robes étaient assez larges)

Coté paillettes, au contraire, le strass fut inventé par un joailler parisien : Georges Frederic Strass (1770 - 1773)

Pour ce qui est des villes citons

  • angora. Initialement on ne parlait pas d'un chat angora mais d'un chat d'Angora, ancien nom de la ville d'Ankara en Turquie
  • bougie, cire fine de Bougie, ville située dans l'Algérie actuelle, prisée dès le XIVème siècle car elle ne produisait pas trop de fumée pour un bon éclairage
  • corbillard. Dès le XVIème siècle, on appelait Corbeillard le coche d'eau - peint en noir - qui assurait une navette entre Paris et Corbeil. Le mot pris son sens actuel au XVIIIème siècle. Les bateaux mouche auraient une origine identique : une navette entre Lyon et le quartier de La Mouche
  • cordonnier. Le cordonnier est étymologiquement celui qui travaille le cuir à la façon des Cordouans (Cordoue, ville espagnole) ou, plus probablement, le cuir en provenance de cette région
  • cravate est à l'origine le large ruban que les soldats du Royal Croate étaient autorisés à porter par Louis XIV. Croate se prononça rapidement Cravate.
  • faïence : ce type de poterie fut imaginé dans le région italienne de Faenza (une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Bologne)
  • sardine. Originellement il s'agit d'un poisson pêché en Sardaigne
  • jeans. Vers 1850, Levi-Strauss fabrique des pantalons avec de la toile servant à bâcher les chariots dont il renfore les coutures avec des rivets. Cependant une dizaine d'années plus tard il trouve encore plus résistant : un tissu de coton fabriqué à Nîmes depuis la fin du XVIème siècle, teint en bleu avec de l'indigo. Ce tissu de Nîmes deviendra denim d'abord prononcé denime. Comme Nimes n'est pas un port, c'est de Gênes que le tissu prend la mer pour les États - Unis d'où sa seconde appellation de "tissu bleu de Gênes" devenu blue - jeans puis simplement jeans.

Sans dériver de noms de personnes, des noms communs sont issus de noms de personnages de roman ou de noms commerciaux.

  • Le Romand de Renard fut aussi célèbre au Moyen-Age qu'Harry Potter de nos jours. Il mettait en scène un goupil (c'est à dire un renard) nommé Renart (en fait Reinhart, soit en Allemand "le fier et grand") qui berne Ysengrin le loup, Noble le lion ou encore Tibert le chat. Ce personnage eût tellement de succès que son nom se substitua au mot goupil, issu du latin vulpes que l'on retrouve en italien moderne (volpe) et - après passage du v au f caractéristique du Nord - en anglais (fox) et en allemand (Fuchs);
  • syphilis (une maladie sexuellement transmissible) doit son nom au berge Syphilus des Métamorphoses d'Ovide, un des auteurs latins les plus lus au Moyen-Age (qui connut d'ailleurs une renaissance ovidienne). Le plus original est que cette maladie importée du Nouveau Monde n'existait donc pas à l'époque romaine. C'est un traducteur de Vérone, Fracastor, qui ajouta cet épisode à son modèle en 1530, époque où la maladie faisait aussi peur que le SIDA aujourd'hui car les Européens n'ayant jamais été au contact de l'agent infectieux, ils étaient nombreux à mourir.

Nicolas Chauvin, personnage d'un vaudeville de 1831 (La cocarde tricolore)représentait un soldat de l'Empire un peu bébête au patriotisme quelque peu excessif.

  • frigidaire est une marque de réfrigérateur (on parlait initialement d'armoire réfrigérante d'où réfrigérateur)
  • éclair. La fermeture Éclair est une marque de fermeture à glissière. Cette marque s'étant imposée dans toute l'Europe on parle aussi de chisura lampa (même formule) en italien.
  • klaxon est le nom du premier fabricant
  • texto est une marque déposée par SFR pour désigner les SMS (c'est à dire originellement l'élément du Short Message Service que l'on a francisé en Service de Messagerie Succinct)

A Marseille, entre les deux premières guerres mondiales on n'utilisait pas d'eau de Javel (nom de l'inventeur) mais de la pigeonne du nom de la marque locale.

On trouve des phénomènes identiques dans toutes les langues européennes. Ainsi en italien, on appelle Montgomery, du nom d'un général qui portait ce vêtement avec élégance ce que la langue française appelle duffle coat.

[modifier] Les abréviations

Le fait que certains mots constituent des acronymes reste parfois conscient mais est parfois oublié.

  • Laser [1960] pour Light Amplification by Stimulated Emission of Radiations
  • Maser [1954] pour Microwave Amplification by Stimulated Emission of Radiations
  • Radar [1944] pour Radio Detecting And Ranging
  • Sonar [1970] pour Sound Navigation And Ranging
  • Prion pour Proteinaceus Infective Only Particule (particule infectieuse de nature seulement protéique)
  • APUD pour Amine Precursor Uptake and Decarboxylation (il s'agit de cellules de la crête neurale qui migrent chez l'embryon et jouent un rôle important dans le système neuro-endocrinien)
  • S.O.S. qui a gardé les points séparateurs est l'abréviation de Save Our Soul (Sauvez notre âme). Au temps du Morse, le S correspondant à trois longues et le O à trois brèves, l'envoi d'un S.O.S. se traduisait par la répétition sans fin de trois longues et trois brèves.
  • snob est l'abréviation (s. nob.) de sine nobilitate (= non noble), mention que portaient les collèges anglais habitués à n'accueillir que les enfants de la noblesse lorsqu'ils s'ouvrirent à la bourgeoisie. Que ce fut vrai ou médisance, on disait que les enfants issus de la bourgeoisie affectaient des comportements habituels à la noblesse et cherchaient à se montrer "plus nobles que les nobles".
  • jeep constitue l'évolution ultime de la prononciation de Jee Pee, des initiale G.P. pour General Purpose (tous usages) caractéristique essentielle voulue par les militaires commanditaires de cette voiture. Le mot est à rapprocher de G.I. terme affectueux pour désigner les soldats américains dont les effets portent le terme G.I. (Government Issue) soit Propriété de l'Etat.

Comme tous les mots communs, les abréviations donnent des dérivés : radarisé, snober, snobinard,apudlike,...

[modifier] Les onomatopées

L'étymologie de ce mot est création (poeïn) de mots (onoma) en grec. Il s'agit de mots qui visent à imiter un son ou à suggérer la chose nommée :

  • boum, paf, crac
  • brrr qui remonte au XVIIIème siècle
  • gazouillis
  • glouglou
  • frou frou qui vient de frifilis, mot du XVIIIème qui évoque le froissement des tissus
  • susurrer
  • vrombir
  • murmure : initialement le mot désignait un bruit assourdissant.
  • patte serait la traduction du bruit fait par le frottement des poils des pattes d'un animal qui court vite
  • bat, le bruit que l'on fait en bâillant est à l'origine d'un mot latin batare qui a donné bâiller

et en anglais kiss (baiser) serait le bruit du baiser.

Enfin slogan sans être une onomatopée est un cri de guerre islandais.

[modifier] Les mots forgés de toutes pièces

  • Ordinateur : dans la plupart des pays, on parle de computer (= qui calcule). En France, lorsque la machine commença à être connue, on parlait d'ensemble électronique ou encore de calculateur électronique pour celles qui n'étaient pas dédiées à la gestion mais à des calculs proprement dits. Le principal constructeur de l'époque, pour ne pas dire le seul, IBM souhaita trouver un mot spécifique à sa marque et chargea un linguiste, J. Perret de cette démarche. Ce dernier, en retenant que la machine triait rapidement les données, rechercha un vieux mot de théologie "ordinateur" et le "vendit" à IBM. Il est dit dans la Bible que Dieu est le Grand Ordinateur car il trie et il assemble. La protection de la marque ayant pris fin, le mot est tombé dans le domaine public.
  • Récemment les informaticiens ont à nouveau puisé dans le vocabulaire de la théologie en imaginant d'utiliser le mot ontologie pour désigner la description sémantique d'un domaine c'est à dire l'ensemble des mots du domaine et des relations qui les unissent.
  • Bikini et monokini. Le créateur du premier bikini - même si sa culotte était bien plus haute et couvrante que la nôtre - savait que ce vêtement allait faire scandale d'autant qu'aucun mannequin professionnel n'avait accepté de le présenter au public et qu'il avait dû s'adresser pour ce faire à une danseuse de spectacle nu. Tout le monde avait alors à l'esprit le petit atoll de Bikini où eut lieu la première explosion atomique expérimentale en grandeur réelle ; le créateur retint donc de nom à la fois pour la petite surface du vêtement (comme l'atoll) et l'explosion "atomique" qu'il allait créer. Lorsque la mode d'un bronzage quasi intégral fut lancée, on joua à nouveau sur le mot en appelant monokini un maillot composé seulement de la pièce du bas comme si le préfixe bi- de bikini caractérisait l'existence de deux parties (à comparer à la plaisanterie éculée : elle a attrapé des microbes et même des crobes entiers).
  • français moyen date très exactement d'un discours d'un homme politique de l'entre deux guerres, Edouard Herroit, prononcé le 19 oaût 1924 et désigne en fait ce que les statisticiens appeleraient plutôt le français modal.

D'autres mots sans avoir été inventés ont eu une introduction dans la langue française liée à un phénomène bien identifié. Ainsi

  • rescapé. Le mot appartient à un dialecte wallon. En 1906, la France connut une des plus grandes tragédies industrielles, l'explosion de la mine de Courrières qui fit près de 1100 morts. Des mineurs belges étaient venus aider au sauvetage de leurs camarades français bloqués depuis plusieurs jours dans un puits à la suite d'un éboulement. Interrogés par un journaliste, ils parlèrent des "rescapés". Le mot fut repris par l'ensemble de la presse et introduit du jour au lendemain dans le français standard qui en généralisa vite le sens.
  • côté cour et côté jardin. Cette expression des gens de théatre est une première manière de politiquement correct (sous peine de mort). Sous l'Ancien Régime français, le théâtre royal comportait deux loges, l'une pour le roi et l'autre pour la reine. La mise en scène faisait ainsi naturellement référence au côté de la reine ou au côté du roi. Avec la Révolution française, un tel référentiel pouvait valoir un aller immédiat pour l'échafaud. Une des loges était située du côté d'une cour et l'autre du côté d'un jardin, d'où la substitution.

[modifier] Les extensions du vocabulaire

[modifier] Les extensions grammaticales

Nous regroupons sous cette expression

  • la construction d'un nouveau verbe ou d'un nouveau nom par adjonction d'un préfixe, plus rarement d'un suffixe à un verbe ou à un nom
  • la construction d'un mot d'une catégorie grammaticale à partir d'un mot d'une autre catégorie grammaticale (nom à partir d'un verbe, adjectif à partir d'un nom, adverbe à partir d'un adjectif, etc...)

[modifier] La préfixation

Un riche exemple de la dérivation par préfixation est le verbe latin eo qui signifie je vais (il va se dit it et l'infinitif aller est ire). Par simple adjonction de préfixes l'on obtient

  • trans (= au delà de): à la fois transiter (un camion en transit en France va au delà de la France, par exemple d'Espagne en Italie)et transes (celle ou celui qui est en transes va au delà de sa personnalité)
  • per (= complétement) : périr celle ou celui qui périt a traversé sa vie d'un bout à l'autre
  • sub (= sous): subir : celle ou celui qui subit passe sous la volonté de l'autre
  • cum/co (= avec) : le coït qui est populairement "aller avec" ; le comte est le haut dignitaire qui accompagne protocolairement le roi. Les deux mots sont de même racine.
  • ex (hors de) : il existait en ancien français un verbe exeo, signifiant "je sors" dont il ne reste plus que les formes 'exit' (il sort, formule souvent utilisée dans les indications de mise en scéne) et issu (Mlle X est issue de la haute noblesse et, plus simplement, issue de secours).
  • in (dans) : ineo c'est entrer quelque part et, plus gnéralement, commencer, débuter, d'où la lettre initiale qui se situe au début d'un mot ou l'initiation.

Ce mot latin donne également itinéraire, itinérant (= qui est sur les chemins).

[modifier] Les déverbaux et dérivés adverbiaux

Ils sont légion :

  • encombrer - encombrement
  • dessiner - dessein et dessin (jusqu'au XVIIIème siècle ces deux mots avaient le même sens puis, comme c'est le cas dans une pareille situation, chacun d'eux s'est spécialisé dans une acception particulière)
  • rapide - rapidement ; évident - évidemment ; sage - sagement ; doux - doucement (conduire doucement c'est conduire de façon à ne pas secouer les passagers et donc lentement); cher - chèrement qui ne se rencontre quasiment plus que dans vendre chèrement sa vie c'est à dire en coûtant cher à ses ennemis.
  • devant - devanture
  • rose, marron et autres, passés de l'objet à la couleur. L'avocat ou le notaire marron n'entretiennent pas de rapport direct avec cette couleur. On appelait marron un esclave qui fuguait. Par assimilation, un avocat ou un notaire marron est quelqu'un qui manque de statut légal, de professionnalisme et, partant, de déontologie.

[modifier] Les extensions analogiques et rhétoriques

L'analogie est un mode de réflexion qui fait correspondre un objet à un autre objet car ils ont "beaucoup" en commun. L'étendue de ce "beaucoup" est cependant très variable. Pour ce qui est du vocabulaire, l'argument de la comparaison peut être la couleur, la forme, l'étendue, le bruit,....

La rhétorique utilise des figures comme l'emploi d'une partie pour désigner le tout et l'inverse, celui dela cause pour la conséquence et l'inverse, etc.... L'argot illustre abondamment ce phénomène et certains mots de la langue française standard actuelle sont d'anciennes expressions argotiques.

S'y ajoute le passage du concret à l'abstrait et, parfois, de l'abstrait au concret.

[modifier] Les figures élémentaires

La forme

  • le rouleau de mer à partir du rouleau
  • le volume à partir du rouleau. En latin volumen désigne ce qui est enroulé sur lui même. Les parchemins correspondant à une oeuvre étaient cousus les uns aux autres et l'ensemble, roulé sur lui même, constituait un volume. Lorsque l'oeuvre était trop importante, elle se composait, comme aujourd'hui, de plusieurs volumes pour que chacun reste maniable.
  • chalumeau. Le mot a pour origine calamus (= le roseau) que l'on retrouve dans une des rares expressions latines encore en usage de nos jours "lapsus calami" ou "erreur de plume" pour désigner les oublis ou les substitutions d'un mot à un autre dans les textes écrits, les premières plumes ayant été fabriquées à partir de roseaux. Le roseau a été utilisé pour tailler l'ancêtre de la clarinette, appelée chalumeau, la matière donnant son appellation à l'objet pris dans son entier. Egalement utilisé dans la confection des premières pailles permettant d'aspirer une boisson, celles-ci sont encore appelées chalumeauxen français soutenu. L'outil permettant de souder ou de couper du métal dont la forme du tube "lance flamme" est celle d'un chalumeau en a également pris le nom pour le désigner en entier. Enfin, pour le chalumeau, instrument de musique c'est la matière qui est à l'origine du nom.
  • papillon : la forme de l'insecte est celle du noeud papillon ou de l'écrou papillon
  • clavicule et cheville viennent de clef car elles ont une forme coudée comme les clefs d'autrefois (celles que l'on voit sur les illustrations des contes de fées)
  • coccyx : l'os a une forme qui rappelle le bec du coucou ou coccyx en grec
  • coude : la forme du coude anatomique s'est étendue aux tuyaux et tunnels
  • delta : sur une carte de géographie, le delta du fleuve à la forme triangulaire de cette lettre grecque
  • rétine est le ret c'est à dire le réseau que font les petits vaisseaux sanguins de l'oeil.
  • lunettes puisque les verres forment de petites lunes. Initialement on parlait de bérycles à partir de l'élément constituant des verres : le béryl. Le 'r' entre deux voyelles se prononçant 's', le mot donna bésicles. Lunette(s) le concurrença puis se substitua largement à lui.

Il est à noter que la même forme n'évoque pas nécessairement la même chose à tous les peuples :

  • d'une racine indo-européenne bhrus signifiant gonfler, l'anglais a tiré breast, le sein et le russe brjukha, le ventre
  • d'une racine indo-européenne keubh signifiant plier, l'anglais a tiré hip, la hanche, l'allemand Hüfte (même sens) et le grec kubitus d'où, via le latin cubitus, le français coude et l'italien gomito de même sens.
  • une autre racine indo-européenne ed donne tooth, la dent en anglais Zahn, même sens en allemand, dent en français et edere, manger en latin qui donne lui même eat (manger) en anglais et essen, même signification en allemand.

L'étendue

  • une larme de lait à partir du volume d'une larme
  • un cahier - dont la première orthographe est quaer qui rappelle sa parenté avec quatre - est, à l'origine, une feuille de papier pliée en quatre.

La dureté Dur, du temps où les trains avient une troisième classe dont les banquetes étaient en bois alors que les trajets étaient bien plus longs qu'aujourd'hui on disait "prendre le dur" pour "prendre le train" (qualité désignant l'ensemble), expression aujourd'hui disparue grâce à l'amélioration du confort ferroviaire. A noter que les premières gares de voyageurs des chemins de fer s'appelaient des embarcadères par analogie avec les transports par voie d'eau. Les gares étaient des lieux où l'on garait les trains (= un parking à trains) puis les deux lieux se rapprochant, les deux mots se rapprochèrent aussi et gare remplaça "embarcadère" mais nous avons conservé le terme maritime de quai.

La position

  • Le talon est la partie arrière du pied d'où le talon de jambon puis le talon du chèque qui est ce qui reste quand le chéquier est fini comme le talon de jambon est ce qui reste quand le jambon est presque totalement consommé.
  • même chose avec pied (d'où l'explication est donnée au pied du tableur)

La différence par rapport à une valeur Haut signifie généralement élevé mais initialement le mot latin altus dont il est issu traduisait une diérence de niveau quel qu'en soit le sens qui persiste dans la haute mer qui est la mer profonde.

Le bruit

  • buculus est le jeune taureau en latin d'où le verbe français beugler et par analogie son emploi en argot
  • horrible à dire mais l'anglais noise (= le bruit) a pour origine le mot latin nausea (= nausée). L'étalon en quelque sorte du bruit est celui de quelqu'un qui vomit. Quant à l'expression chercher noise à quelqu'un elle anticipe la fait qu'il va y avoir des cris de dispute

Le comportement ou la physiologie d'un animal Alopécie qui désigne la perte de cheveux chez l'homme a pour origine alopex, le renard (en grec) qui donne l'impression d'avoir des zones complétement pelées lorsqu'il change de poils.

Le tout pour la partie et la partie pour le tout

  • En argot moderne, se faire une toile c'est aller au cinéma : la toile désigne ici le tout alors qu'elle ne constitue qu'une partie de l'équipement
  • L'habit vert des Académiciens est noir brodé avec des feuilles d'olivier vertes qui ont donné le nom à l'ensemble du costume
  • Page : pais /paidos est, en grec, l'enfant et plus spécialement le garçon adolescent et jeune adulte. Le mot désigne aussi le serviteur, fonction la plus répandue des jeunes garçons dans l'Antiquité puis le page, lui-même serviteur du Prince. Le mot pais / paidos se retrouve dans pédagogue. Initialement le pédagogue est celui qui conduit (= agô en grec) l'enfant à l'école. Cette personne était non seulement chargée d'accompagner l'enfant mais aussi d'assister à l'enseignement pour s'assurer qu'il soit conforme aux souhaits des parents d'où les sens modernes de pédagogie et pédagogue, qui a désigné celui qui enseigne avant de désigner celui qui sait enseigner (sens actuel). Enfin pédéraste, abrégé aujourd'hui en pédé voire en ped signifie celui qui aime (éros) les garçons.
  • Nouveautés. Au XVIIIème siècle, les nouveautés étaient des des comédies (d'où le théatre des Nouveautés qui existe encore à Paris)puis le mot s'est étendu à toutes les nouveautés littéraires puis également à celles de la mode puis à tout ce qui est nouveau.
  • Soupe. A l'origine, il s'agit d'une tranche de pain assez compact sur lequel on dispose des légumes bouillis et éventuellement la viande. D'où l'expression qui subsiste aujourd'hui "trempé comme une soupe" c'est à dire comme le morceau de pain une fois que l'on y a versé les légumes et le bouillon qui les accompagne. Au fil des temps le mot a désigné le légume et le bouillon.

Il en est de même dans d'autres langues. Par exemple en italien, la ricotta est une herbe. Cette herbe a été utilisée pour envelopper un fromage qui a pris son nom. Ce fromage est mou d'où "avoir les jambes en ricotta (le gambe di ricotta)" qui est l'équivalent italien d'avoir les jambes en coton.

Le passage du concret à l'abstrait

  • un impact est la résultante concréte d'un choc (exemple : un impact de balle).Le mot acquiert un sens abstrait dans l'impact médiatique ou le déménagement de l'entreprise impactera essentiellement les personels qui habitent au Sud de Paris.
  • un étalon est un cheval qui sert à la reproduction compte tenu de ses qualités hors du commun, de même que le kilogramme étalon sert à la reproduction des poids d'un kilogramme.
  • ourdir est l'opération qui consiste à amorcer le tissage sur un métier à tisser ; de là l'idée d'amorcer un complot.
  • La peinture est originellement la couleur puis devient le résultat de l'application de cette couleur puis la représentation de quelque chose par un procédé qui mêle description et art (la peinture d'une même société n'est pas la même chez Hugo, Balzac et Zola) mais aussi la technique comme dans la peinture au couteau.
  • Conséquent c'est à l'origine "ce qui suit" mais les conséquences d'une chose étant parfois aussi importantes (voire plus importantes) que la cause, le mot a pris au XIXème siècle le sens d'important comme dans c'est un prix conséquent, emploi qui reste toutefois incorrect.
  • La grève c'est initialement la partie des alluvions qui est lourde (gravis en latin signifie lourd d'où le gravier). A Paris, un des endroits où la Seine déposait le plus de gravier a été appelée la palce "de grève" (l'emplacement de l'actuelle Place de l'Hôtel de Ville). C'est là que se réunissaient les travailleurs qui cherchaient un emploi puis ceux qui suspendaient leur travail à titre de protestation d'où le sens actuel. A comparer les images suivant les différents pays avec l'expression "grève perlée" qui se dit mot à mot grève à hoquet en italien (sciopero a singhiozzo)et grève du lambin en allemand (Bummelstreik où bummel est un terme familier (vadrouiller) que l'on retrouve dans Schaufensterbummel qui signifie faire du lèche vitrines.

La cause et la conséquence

  • Achalandé : initialement un magasin achalandé est une boutique fréquentée par de nombreux chalands c'est à dire passants. Une boutique où il y a de nombreux chalands est probablement une boutique pleine de marchandises propres à attirer le client par leur diversité et leur fraîcheur d'où le second sens du mot : bien fourni (cause et conséquence sont confondues)
  • Aimable. Lorsque les carottes rendent aimables, elles n'agissent pas sur le caractère mais sur le teint qu'elles rendent plus agréable à la vue. La mangeuse de carottes est ainsi plus aimable c'est à dire plus sexy mais on associe l'idée de gentillesse à celle de beauté (les princesses sont rarement méchantes, Carabosse est méchante mais laide alors que les gentilles fées sont très fines) d'où le sens actuel.
  • Belladone est le nom d'une plante qui contient un suc utilisé autrefois pour dilater la pupille. De grands yeux étaient un élément de la beauté féminine. La plante permettait ainsi de se donner l'aspect d'une bella dona (= une belle jeune fille en italien).
  • Cuistre désignait à l'origine le professeur de ce que nous appelons un collège, trop souvent fier de montrer ses connaissances au grès de ses contemporains des XVIII puis XIXème siècles d'où le glissement de sens.
  • Féliciter. Felix signifie heureux en latin, d'où la félicité. Féliciter c'est, à l'origine [1450], rendre heureux sens qui subsiste dans l'expression je me félicite de c'est à dire je suis heureuse que. Le sens actuel se réfère à une façon particulière de rendre quelqu'un heureux(se) : en lui adressant des complements.

[modifier] Les enchaînements

Les évolutions peuvent s'enchaîner. Toilette était initialement une petite toile ou plus exactement une toile fine...

  • c'est avec une toile fine que l'on peut essuyer son visage après s'être rafraîchie d'où la toilette au sens de gant de toilette (aujourd'hui disparu)
  • puis l'action de se laver elle même (faire sa toilette)
  • puis l'ensemble des actions qui sont associées comme se peigner, se maquiller, se vêtir d'où l'expression être toute à sa toilette
  • puis le vêtement lui même : avoir une belle toilette, une nouvelle toilette, une toilete apprêtée
  • puis le local où l'on se lave et se prépare (= la cabinet de toilette)
  • puis, par pudeur, les WC même lorsque ceux-ci ne sont plus situés dnas le cabinet de toilette comme c'était le cas initialement pour minimiser les conduits d'amenée et d'évacuation d'eau
  • puis l'usage de ce lieu.

Citons aussi bureau qui est également d'origine textile

  • au commencement il s'agit d'un morceau de bure (étoffe de laine grossière quasiment brute et qui "gratte"
  • que l'on utilise donc peu à peu seulement comme tissu d'ameublement et non pour se vêtir
  • et dont on revêt les tables (d'où le nom de bureau donné à la table)
  • puis à la pièce où se trouve la table (j'ai le brureau n° 123)
  • puis à l'ensemble des pièces (les bureaux de l'entreprise sont clairs, un immeuble à usage de bureau)
  • puis l'ensemble des personnes qui travaillent dans une partie de ces immeubles (le chef de bureau) ou l'exécutif (le bureau du Conseil d'Administration) ou l'ensemnble du personnel administratif (la production commence à 7 heures mais les bureaux à 9 heures).

[modifier] Les dérivations issues de mauvaises compréhensions

  • rester en rade renvoie pour beaucoup de locuteurs d'aujourd'hui à l'image d'un bateau en panne qui ne peut sortir de la rade. Pourtant cette expression signifie plutôt que le bateau ne peut pas rentrer au port mais reste en route parce qu'il n'y pas assez de vent. Rade doit être rapproché de l'anglais road (route)
  • retirer les marrons du feu. Celui qui retire les marrons du feu - comme dans la fable de La Fontaine - se brûle les doigts sans en profiter puisque c'est un autre qui les mange. Il est la victime et non le bénéficiaire comme l'entend le sens actuel.
  • En latin malum désigne le mal par opposition au bien mais aussi la pomme. Dans le premier sens, le a est long, dans le second il est bref et les deux mots restent bien distincts. Au fils des temps, le a long est lui aussi devenu... bref et les mots se sont confondus. De ce fait, l'arbre biblique du bien et du mal est devenu un pommier. Quand à la pomme son nom vient de pomum qui désignait en latin un fruit, quelqu'il soit, dans une civilisation qui ne connaissait que peu de fruits (figues, nèfles). Comme l'on mettait de la pomme dans les cosmétiques pour leur donner un parfum acceptable, le mot a donné pommade même s'il n'y a plus beaucoup de pomme dans les pommades modernes. Quant à l'expression tomber dans les pommes elle n'a rien à voir avec le fruit mais constitue une mauvaise compréhension de tomber dans les pâmes encore compréhensible de nombre de Français dans la formule tomber en pâmoison comme toute princesse de conte de fée qui se respecte et continue à assurer la pérennité du mot. Au fil des temps, certains locuteurs ont imaginé une personne qui se trouve mal à côté d'un cageot de pommes et s'écroule sur les fruits.

[modifier] L'évolution et la disparition des mots

[modifier] Evolution ou disparition des signifiés

Les mots évoluent et, éventuellement, disparaissent avec la chose, l'action ou le sentiment qu'ils représentent.

Cette évolution (disparition) peut porter sur des mots isolés ou des champs sémantiques entiers.

On pense immédiatement aux articles de mode (habillement ou décoration) par définition passagers. Ainsi culotte ou pantalon ne désignent-ils manifestement plus aujourd'hui ce qu'ils désignaient au XVIIIème siècle. Nous ne comprenons plus immédiatement en quoi des Révolutionnaires étaient qualifiés de sans culottes et même l'expression user ses culottes sur les bancs de l'ecole apparaît désuète. Knickerbockers (abrégé en Knickers) très répandu entre les années 1920 et 1940 pour désigner un pantalon de golf est en passe de disparaître complétement. Gibus, chapeau haut de forme que l'on peut aplatir pour le ranger grâce à un système de ressorts inventé par Mr Gibus dans les années 1830, est également largement oublié.

Toutefois l'ensemble du vocabulaire est concerné. Voici un retour sur une ou deux générations.

Dans les années 1950, tender, micheline et tub faisaient partie du vocabulaire standard. Aujourd'hui le premier n'est plus d'un usage immédiat et les deux autres ont quasiment disparu.

  • le tender (en anglais = serviteur de to tend, servir, qui partage son radical avec attendre, le serviteur étant à la disposition de son maître) était le wagon que l'on accrochait derrière la locomotive à vapeur pour y stocker le charbon et une partie de l'eau necessaires au voyage
  • la micheline était un autorail construit par la société Michelin avec des roues métalliques entourées de bandages pneumatiques. Dépassant les 100 Km/h, elle était rapide pour l'époque et surtout confortable.
  • le tub, anciennement écrit tob, est entré dans la langue française vers 1880. Il s'agissait d'une grande bassine (le mot signifie baquet en anglais) que l'on installait au milieu de sa cuisine (car il y avait encore peu de salles de bains) pour prendre une douche (en se versant sur la tête un broc d'eau chaude) ou un bain (en remplissant le tub avec un broc - le mot broc est lui même en voie de disparition).

Pour s'en tenir à une époque plus récente, il y a 25 ans les manuels d'organisation de travail de bureau se référaient à des stencils, à du verni correcteur et à des documents ronéotés, vocabulaire qui n'a plus cours aujourd'hui.

  • le stencil (= pochoir en anglais, du verbe to stencil enluminer qui partage la même origine que le français étinceler) était un support de papier que l'on passait entre deux rouleaux dont l'un était enduit d'encre
  • lorsque l'on commettait une faute de frappe, on "rebouchait" la perforation du pochoir avec un verni proche du verni à ongles dit verni correcteur
  • Ronéo était le nom de l'entreprise qui produisait la machine (dépôt de la marque en 1921) encreuse. Le mot donna ronéoté qui concurrençait polycopié ou multigraphié. Seul polycopié demeure aujourd'hui pour désigner le support de cours donné par des professeurs à leurs étudiants, le sens du mot demeurant : qui est copié en plusieurs exemplaires même si le mode de reproduction n'est plus le même.

Dans ces mêmes années 1950 on comprenait qu'un pharmacien fût amicalement appelé un potard car il préparait encore quelques potions magistrales en mélangeant des produits puisés dans de nombreux pots comme on en voit dans les musées de pharmacie et que l'on retrouvre aujourd'hui plutôt chez certains marchands de thé.

A la même époque les centraux téléphoniques n'étaient pas encore entièrement automatisés et les demoiselles des P.T.T. constituaient le personnel obligatoirement féminin qui assurait à la main la mise en relation (le demandeur appelait le central, annonçait le numéro demandé et la jeune femme le connectait).

Parmi les champs sémantiques qui disparaissent on trouve

  • le vocabulaire des chevaux qui n'est plus directement utilisé que par celles et ceux qui pratiquent l'équitation alors qu'inversement le vocabulaire de l'automobile constitue un pourcentage appréciable du vocabulaire du français moyen du début du XXIème siècle et s'adapte en permanence aux améliorations du véhicule : le mot starter pour désigner un levier ou un bouton qui enclenchait un dispositif facilitant le démarrage des voitures a disparu en 20 ans car le mdémarrage est maintenant automatique mais ABS ou GPS sont des sigles connus de tous.
  • le vocabulaire de l'héraldique, science des blasons, qui jusqu'à la fin du XXème siècle bénéficiait d'une planche en couleur dans tous les dictionnaires classiques du type "Petit Larousse illustré" et dont la connaissance reste nécessaire pour une bonne compréhension de la littérature française antérieure à la deuxième guerre mondiale
  • le vocabulaire de l'industrie textile et de la métallurgie dans une France qui importe (pour le textile) ou d'usines très automatisées (pour la métallurgie) et donc sans grands effectifs pour relayer le vocabulaire technique en dehors du métier.

[modifier] Les évolutions de la société

La notoriété respective des professions, l'importance des effectifs employés par les différentes branches économiques ou le contenu des activités des contemporains expliquent aussi des évolutions.

Du temps où le service militaire pouvait durer jusqu'à trois ans pour un homme dont l'espérance de vie à la naissance était de l'ordre de 60 ans, le vocabulaire courant comportait de nombreuses références à ces obligations civiques aujourd'hui disparues ou en voie de disparition d'autant que l'armée est devenue plus technique.

A la même époque, le caractère essentiellement rural de la France faisait aussi que la plupart des des lycéens étaient internes d'où des références linguistiques à ces longues années (de 7 à 10 ans) pas toujours faciles à en lire les récits. Ce même caractère riral faisait aussi que quasiment chacun connaissait le vocabulaire dela campagne (culture et élevage, oiseaux, fleurs).

[modifier] L'évolution des mentalités

Les grands courants comme l'abandon d'une vie religieuse quotidienne prégnante, l'émancipation de la femme, la possibilité d'une consommation de biens et services élargie, un plus grand respect des handicapés ou la régression de la xénophobie rendent malséantes voire des expressions autrefois courantes :

  • mettre à l'index est une expression d'origine ecclésiastique pour "montrer du doigt (de l'index) les livres qu'un Chrétien ne doit pas lire", la censure catholique n'ayant plus grande audience, la mise à l'index n'est plus comprise de certains bacheliers.
  • beaucoup de jurons autrefois fort inconvenants car ils enfraignaient le commandement le nom de Dieu n'invoquera sont aujourd'hui oubliés voire précieux comme pardieu, palsambleu (= par le sang de Dieu), sacrebleu (bleu y est aussi le substitut de Dieu)
  • Tuer le mandarin, expression signifiant qu'on se souciait aussi peu d'une décision que de tuer un mandarin (= lettré et haut fonctionnaire chinois) a quasiment disparu
  • Betterave pour diabétique (la France a longtemps tiré l'essentiel de son sucre des betteraves de Champagne).

Cette évolution influence aussi la perception du corps et de ses fonctions. Le Moyen-Age était plutôt libre vis à vis du corps et de sa nudité. Il y avait alors autant de vols à Paris qu'aujourd'hui mais le nombre d'heures de travail nécessaires pour s'acheter un vêtement volé était considérablement plus élevé que de nos jours. Aussi, par temps de canicule, les habitants se déshabillaient-ils chez eux et allaient-ils tout nus se baigner dans la Seine pour prévenir tout chapardage. Les autorités ecclésiastiques fustigeaient cette façon de faire mais la fréquence de leurs rappels prouve le peu d'impact de l'interdit. A cette même époque les femmes avaient des mamelles. Avec le Quattrocento italien puis la Renaissance française elles eurent des seins en même temps que s'introduisaient des règles de convenance réfrénant l'expression corporelle (ne pas émettre de bruits à table, ne pas y relater ses ébats amoureux, ne plus y faire allusion à une prostituée,...) Le mot sein vient du latin sinus (= courbe) que l'on retrouve dans sinueux et sinus / sinusite (les sinus sont des cavités de forme irrégulière). Il s'agit du pli que fait un vêtement (toge romaine ou robe médiévale) au niveau de la poitrine. Il reste un souvenir de ce sens en français moderne : rechauffer un serpent (ou un renard selon les versions) dans son sein. Cela ne veut as dire que l'animal en question va sortir du sein comme Minerve du cerveau de Jupiter dans la mythologie mais que, pris de pitié on a placé (garçon ou fille) un renardeau abandoné par sa mère dans son vêtement pour qu'il profite de la chaleur du corps et ne meure pas et qu'au lieu de récompenser son bienfaiteur, cet animal le mord. Dès le XVIème siècle on désigne par le pli du vêtement ce qu'il y adessous. Le mot sein devient seul bienséant tandis que mamelle, populaire, disparaît sauf volonté spécialement dépréciative. Au XIXème siècle deux phénomènes vont se superposer : d'une part, le mot sein est devenu le mot standard et tout le monde comprend à quoi il renvoie, d'autre part, la pudeur (ou la fausse pudeur) est une valeur montanté. Le mot est alors remplacé par poitrine, beaucoup plus neutre et également employé pour les hommes (un soldat bléssé à la poitrine). On trouve même l'expression "poumon de maman" employée pour enseigner l'anatomie à des jeunes enfants à une époque où le mot poumon est très connoté emotionnellement car lié à la tuberculose qui fait d'immenses ravages. De nos jours on est revenu à la forme standard de la Renaissance française.

Autre exemple : les Plaideurs de Racine mettent en scène le procès burlesque d'un chein accusé d'avoir mangé un chapon qu'un cuisinier s'apprêtait à rôtir. Des chiots, ses enfants, assistent au procès pour émouvoir le juge qui constate, en vers, "ils ont pissé partout." A l'époque de Racine ce terme n'est ni grossier ni affecté. Il relève du langage standard et on le retrouve chez Mme de Sévigné par exemple. Au XIXème siècle, avec la volonté affirmée de cacher le corps et ses fonctions, le mot devient grossier ; des livres se contentent de l'imprimer sous la forme "p....." et dans les années 1930 il est conseillé aux professeurs de lire "ils ont sali partout". Même faire pipi n'était pas à dire sauf à un tout jeune enfant. Il convenait surtout de se taire et éventuellement d'utiliser des périphrases qui insistaient sur le caractère négligeable de la fonction : petite commission, eau sallée en français, dépenser un penny (to spend a penny) en anglais. De nos jours le mot racinien reste pour le moins populaire et à éviter mais "faire pipi" tout en étant officiellement familier relève quasiment du langage standard.

Au XIXème le terme virginité lui même était camouflé sous des périphrases comme (pour les filles) petit capital qui témoigne d'ailleurs tant de la découverte des principes d'accumulation économique que du peu de considération que l'on nourissait pour les femmes assimilées à un avoir.

[modifier] La politique scolaire et universitaire - l'environnement culturel

Depuis la formation des états européens modernes, les programmes scolaires façonnent la langue. Très centralisatrice, la France a longtemps imposé des programmes détaillés tendant à l'instauration d'une culture minimale commune à l'ensemble de la collectivité. Selon le contenu de ce programme des expressions naissent, vivent ou disparaissent. Vous pouvez aisément constater que des expressions tirées des Grands Classiques comme "avocat passons au déluge" (Racine), "Albe vous a nommé, je ne vous connais plus" (Corneille) ou "Voilà pourquoi votre fille est muette" (Molière) ne sont plus utilisées de façon courante que par des personnes au bord de la retraite à moins qu'une tradition familiale - et non un enseignement scolaire standard - ne les ait conservées dans la famille. Une remarque identique peut être faite à propos d'autre auteurs comme José Maria de Hérédia ou Leconte de Lisle (fin XIXème). Lorsque Alphonse Allais met en scène le couple Timéo Danaus et Dona Ferrebtès, tous les lecteurs de son temps souriaient immédiatement, privilège aujourd'hui réserve aux titulaires d'un master de logique. [La formule signifie "Méfie toi des Grecs même lorsqu'ils apportent un cadeau", par allusion au cheval de Troie. Les différentes syllabes constituent un moyen mnémotechnique pour se souvenir des principes de la logique d'Aristote qui ont été les seuls enseignés jusque dans les années 1950 où les travaux menés depuis la fin du XIXème à partir des algèbres de relation et multivalentes se sont imposés et, surtout, ont été relayés par l'informatique.

La conception des livres pour enfants joue aussi un rôle important. La Révoltion française a unifié les structure juridiques de la France en supprimant les sénéchaux et les baillis et en remplçant les lieues par les kilomètres ; les boyard et les voïvodes n'ont pas survécu aux bouleversements de l'Europe de l'Est mais ces personnages continuent de survivre dans les contes avec la fameuse "bobinette qui cherra" du Chaperon rouge. Au contraire à partir du moment où, en préférant la simplification à la "couleur historique" les nouvelles éditions évoqueront simplement des princes ou des seigneurs ou la porte qui s'ouvre, le vocabulaire se perdra rapidement.

[modifier] L'inflation

Comme la monnaie, les mots se dévaluent à l'usage. L'image initiale s'estompe et doit être renouvelée. Aujourd'hui nous pouvons être étonnées d'un simple résultat de calcul et vérifier les données ; à la période classique, l'étonné était celui qui était frappé par le tonnerre (en fait l'éclair). Le sens était vraiment fort ; il était proche d'atterré, d'anéanti. A l'époque de Littré, l'auteur du Dictionnaire, le sens commençait à s'estomper. On rappore que Mme Littré étant rentrée plus tôt que prévu et s'estimant surprise de trouver son mari en galante compagnie aurait obtenu cette réponse de ce dernier : surpris c'est nous qui le sommes ; vous, vous êtes étonnée.

Dans le même ordre d'idées, le coup de foudre était initialement un événement désastreux (mort, incendie, naufrage,...) et ce n'est qu'à l'époque de Stendhal que la formule se spécilise dans le domaine amoureux d'abord pour caractériser un amour aussi tragique que subit puis abandonne l'aspect tragique pour, aujourd'hui, presque relever du domaine "moqueur" ou de l'application à des babioles comme dans j'ai eu un coup de foudre pour ce sac à main à 15 euros.

Avant le deuxième guerre mondiale, masochiste et sadique appartenaient strictement au vocabulaire médical spécialisé. Ils sont ensuite passé dans celui de la littérature puis du journalisme puis du quotidien d'où des phrases du type "tu es maso de ne pas mettre de la crème sur tes fraises".

A l'origine, merveilleux signifiait "surnaturel", sens conservé dans Alice au pays des Merveilles puis s'est progressivement atténué au sens d'admirable (une actrice merveilleuse), d'exceptionnel. Les deux sens co-existent en français moderne : le premier est vieilli, le second courant.

La médiocrité est étymologiquement ce qui se situe au milieu c'est à dire la moyenne mais avec le développement des Lycées au XIXème siècle et le souci de ne pas blesser les parents... le médiocrité est passé du sens de moyen à celui de moins que moyen.

Il en est de même de tous les mots familiers. A l'époque de ma grand mère un "je m'en fiche" dans un repas familial entraînait une sévère réprimande. Aujourd'hui "je m'en fous" n'entraîne guère de blâme. La comparaison de deux éditions d'un manuel de conversation franco-néerlandais montre que le même mot flamand était traduit en français par mince il y aquinze ans et par merde aujourd'hui.

Les personnes qui troublent l'ordre public ont été appelées Apaches en 1902 puis sauvageons dans les années 1990 puis racaille. Les Apaches constituaient une tribu indienne passant pour être très violente vis à vis des ennemis vaincus. Racaille est un très vieux mot normand [1138] venant lui même du latin populaire rasicare (= gratter) lui même issu de radere (= raser, toujours en latin). Il donne en ancien français un mot rasche qui désigne une teigne (dont les piqûres démangent comme celles des poux). Appartiennent à la même famille "racler" (une casserole) et la raclée qu'on a peut être prise, enfant, quand on n'était pas sage.

[modifier] Les décisions judiciaires

Il existe quelques cas de "condamnation à mort" d'un mot par décision judiciaire. Dans les années 1930, une sociète française inventa un produit diffusé sous le nom de soie artificielle. Les producteurs de soie naturelle intentèrent un procès pour faire cesser cette appellation qui fut interdite. Le produit fut renommé rayon car sa structure rappelait les rayons d'une toile d'araignée et fut exporté aux U.S.A. sous ce nom qui s'y prononce rayonne. C'est avec cette prononciation et cette orthographe qu'il rentra en France.

[modifier] Les modalités de la disparition

La disparition d'un mot peut être lente, par exemple si l'expression initiale n'est plus comprise mais que la formule paraît drôle (peut être d'autant plus drôle qu'on ne la comprend pas). Voici quatre exemples dont deux assez proches.

  • En faire une pendule. Lors de leur apparition, les pendules de tables étaient des objets chers et de grande taille. Il convenait de les décorer avec art. Le serrurier qui les construisait choisissait donc un "sujet de pendule" pour illustrer le socle. Il s'agissait souvent d'un sujet historique ou mythologique en rapport avec les goûts, le passé ou les ambitions du futur propriétaire de l'objet, bref quelque chose d'important et de solennel d'où l'expression qui signifie : tu ne vas pas m'en faire quelque chose d'aussi important qu'un sujet de pendule. On trouvait encore une expression similaire jusque dans les années 1960 : cela ferait un beau sujet de pendule pour se moquer de quelqu'un qui donnait trop d'importance à ce qui lui était arrivé.
  • En faire un fromage. On se situe quelques siècles après l'invention des pendules, au XIXème, dans le milieu du spectacle. Les procédés d'impression des affiches de l'époque faisaient que l'on imprimait les couleurs une à une sur du papier blanc puis que l'on terminait par l'impression du noir. Pour que les noms des principaux acteurs ressortent mieux on les imprimait en noir sur fond blanc. Avant l'impression en noir, l'affiche présentait ainsi des blancs que l'on appelait des réserves dans le langage officiel et fromage (car elles étaient le plus souvent de forme ronde) dans la pratique. Vouloir en faire un fromage c'est donc vouloir avoir le premier rôle, placer son affaire au premier plan.
  • Coupe sombre. Lorsque les bûcherons exploitent la forêt, ils peuvent effectuer soit des coupes limitées (pour permettre à une nouvelle génération d'arbustes de pousser) soit des coupes plus importantes (par exemple pour faire passer une route). Dans le premier cas la coupe est sombre car le feuillage global reste suffisamment important pour empêcher le soleil de venir jusqu'au sol ; dans le second, elle est claire puisque l'absence de couverture végétale permet aux rayons solaires de frapper le sol. Une coupe importante (par exemple dans le budget d'un service ou les effectifs d'une entreprise) est donc, techniquement, une coupe claire. Dans les faits on la dit souvent sombre car l'idée de sombre, de nuit, liée à celle de gravité, de difficulté l'a emporté sur l'aspect "métier" du bûcheron.
  • Potasser. Lorsque nous potassons un examen puis un dossier, nous évoquons la révision des premiers wagons de chemin de fer et de quelques autres machines de la grande époque mécanique. Les premiers wagons faisaient l'objet de révisions périodiques selon une échelle allant de 1 à 5. Les révisions du premier niveau correspondaient à l'entretien courant. Au niveau 5, les wagons étaient entièrement débarrassés de tout élément annexe ou accessoire et plongés dans un bain de potasse pour en sortir parfaitement dégraissés et débarrassés d'oxydations. Potasser c'est donc procéder à la plus grande révision possible.

[modifier] Commentaire d'un mail

Voici un e-mail réellement envoyé, à quelques mots près. Les mots en gras sont ceux qui font l'objet d'un commentaire.

[modifier] texte de l'e-mail

Cet après-midi, réunion de cadres : laïus soporifique de Raphaële sur le contrôle interne, mémo de Nadine sur la Net-Etiquette car Renée a traité Sabine de conne sur sa messagerie, mon topo sur l'apport des nanotechnologies. Le patron a enchaîné sur l'avenir de l'entreprise.

Mercredi et jeudi, je serai à Zurich pour élaborer la synthèse des travaux de juillet. J'emporterai dans ma valise trois hauts dont deux sans manches, deux pantalons (le blanc et le kaki), mon combishort avec mes bottines blanches, un pyjama et mon ours en peluche. Il faudra que je pense à prendre des francs suisses et montre beaucoup de gentillesse à ma correspondante Samantha qui ne fume plus qu'un paquet de cigarettes par jour.

Bisous. Caresses à mon caniche préféré.

[modifier] Commentaire

[modifier] Laïus

Au XVIIIème siècle, on ne demandait pas aux élèves de disserter sur un sujet littéraire ou philosophique comme de nos jours mais de rédiger le discours (éventuellement intérieur) de personnages historiques ou mythologiques dans des circonstances bien connues de leur vie (César décidant de franchir le Rubicon, Hannibal se demandant s'il devait marcher sur Rome après la victoire de Cannes où il avait écrasé les Romains supérieurs en nombre mais mal commandés, etc.) Lors de la création de l'Ecole Polytechnique, la première composition en français (et non en latin, ce qui constituait une innovation), en 1804, eut pour sujet Laïus, roi de Thèbes qui avait bien des raisons de s'interroger sur son sort. Un oracle lui ayant prédit qu'il serait tué par son fils, il décida d'abandonner celui-ci, Oedipe, dans la montagne, dès sa naissance. Recueilli, le bébé fut élevé à Corinthe. Devenu adulte, il se querella avec un voyageur et le tua. Ce voyageur se révéla être Laïus. Oedipe, toujours sans le savoir, épousa ensuite sa mère Jocaste (d'où le complexe d'Oedipe marqué par une dépendance affective excessive d'un fils vis à vis de sa mère). Pour finir, Jocaste se pendit et Oedipe se creva les yeux puis erra dans le désert guidé par sa fille Antigone.

[modifier] Soporifique

Qui fait dormir. Sopor est le sommeil en latin. Le suffixe "fique" (ficus en latin) signifie qui fait , qui rend d'où magnifique (qui rend grand), bénéfique (qui rend bon). Soporifique, attesté dès 1680, a remplacé soporifère (du latin fero = apporter) soit qui apporte le sommeil, son aîné de deux siècles. Existaient aussi deux termes médicaux : soporeux (construit sur le modèle de liquoreux) et soporatif (construit sur le modèle de roboratif). Bénéfique, aujourd'hui employé couramment, a été forgé par Rabelais mais est resté d'un emploi rare jusqu'au XXème siècle. Dans le champs sémantique du sommeil, to dream, traumen (= rêver, respectivement en anglais et en allemand)et dormir ont la même origine : un radical indo-européen (dhreugh)signifiant faire illusion, tromper.

Le verbe fero (= porter en latin) est très répandu : fertile (= qui apporte des fruits avec son équivalent allemand fruchbar). Le f passant à b, l'on rencontre, toujours en allemand, Bahre (la civière) que l'on retrouve en français avec bard (sorte de brancard sur lequel on portait des graviers, de la terre comme des céréales) quin'est plus guère employé de nos jours où des moyens mécaniques de transports l'ont concurrencé maqi qui subsiste dans l'expression "une bardée de", c'est à dire le contenu de tout un bard. Les gens que l'on transporte sur une civière étant blessés, feriti (mot à mot les transportés) signifie, en italien, les blessés comme - avec équivalence du f et du h entre les deux langues - herridos en espagnol.

[modifier] Contrôle interne

Il s'agit d'un faux ami anglais car il n'est pas question d'un contrôle au sens policier ou scolaire mais d'une aptitude à maîtriser sa gestion comme dans le self-control. Mot apparu en 1610, contrôle est la contraction de contre - rôle, connu dès le XIVème siècle pour désigner un registre tenu en double. Ce sens de "doublure" se retrouve dans le grade de"contre amiral" qui double l'amiral.

[modifier] Memo

C'est l'abréviation de memorandu, mot latin passé en français qui signifie "ce dont il faut se souvenir". Un mot proche est memento, impératif du même verbe latin memini (= se souvenir)et signifiant don "souviens toi". Andum est la marque d'un gérondif que l'on retrouve dans "agenda" qui signifie "ce qu'il faut faire" ou dans "référendum" qui désigne ce qui doit être rapporté (referre = rapporter en latin) au choix du peuple. Memini est de la famille de mens qui signifie l'esprit (d'où l'expression mens sana in corpore sano = un esprit sain dans un corps sain)que l'on retrouve dans mental (calcul mental).Un dément est un être privé de raison : de/dé est ce que l'on appelle un préfixe privatif, issu du latin "dis" qui marque une idée de séparation (comme dans disjoint, démembré)que l'on retrouve dans dépressif (privé d'énergie) et dont le correspondant grec est le préfixe "a" comme dans asexuée (reproduction sans gamètes), asocial, asepsie (sêpsis = putréfaction en grec) ou asphyxie (sphuxis = palpitation en grec). Monter et mentir appartiennent aussi à la famille de mens. Un mensonge, pour être crédible, exige une certaine intelligence. Démontrer, c'est utiliser son cerveau pour établir rationnellement la vérité d'une hypothèse ou, au contraire, établir qu'elle est sans fondement.

[modifier] Etiquette

De la même famille que ticket, ce mot est né dans la sphère du droit. L'étiquette était initialement une pancarte fixée à un pieu auquel on attachait plus particulièrement les sacs contenants les documents d'un procès. Cette pancarte mentionnait les noms des parties. Les juristes ont été procéduriers de tous temps. Le mot en est ainsi venu à désigner l'ensemble des règles à respecter pour instruire correctement un procès puis un ensemble de codifications de la vie en société édictées dès Philippe le Bel mais portées à leur apogée par Louis XIV qui y trouvait un moyen de discipliner la cour. Par la suite le mot s'est étendu à tout système de convenances sociales.

[modifier] Con et quelques autres gros mots

Comme les autres, les "gros" mots ont une étymologie. Au cas particulier, le terme désigne initialement le sexe de la femme comparé à un terrier. En effet, en latin, cuniculus est le lapin qui donne coniglio en italien moderne et Kaninchen en Allemand (qui n'est pas le caniche) et konijl en néerlandais. En ancien-français on parlait de conil avant que le mot lapin n'apparaisse au XVème siècle.

La plupart des gros mots ont des origines liées au sexe, aux excréments (et par assimilation, en anglais, au sang menstruel d'où les bloody day, bloody guy) et, pour les plus anciens, au blasphème.

Leur grossièreté relative est fluctuante. Enfoiré est aujourd'hui imprimé sur des carnets de titres restaurant alors qu'il figurait dans le top 5 de la grossièreté à l'époque de nos parents. Le français connaît deux mots 'foire' : un latin et un d'origine franque. Le mot latin est de la famille de férié. Comme on ne travaille pas un jour férié, on en profite pour aller au marché et le marché des jours fériés est un peu plus fourni ; de là, la notion de foire. Le mot franc signifie diarrhée. On le retrouve dans l'expression "le projet a foiré" c'est-à-dire "est parti en diarrhée". Lorsque Molière met en scène les Dr Purgon et Diafoirus tous les spectateurs de l'époque comprennent immédiatement qu'il s'agit des Dr Purge et Diarrhée. En ce sens, un enfoiré est quelqu'un qui a fait caca-culotte ; à ceci près que le mot inclut la cause de cet accident : une dilatation du sphincter anal supposée liée à la pratique régulière de la sodomie (entre garçon) à une époque où elle était très réprimée tant par les autorités civiles que religieuses. A la même époque, était également grossier le mot bougre (aujourd'hui en voie de disparition) qui signifiait Bulgare car l'on prêtait les mêmes conduites aux habitants de la Bulgarie.

Faire la foire au sens de s'amuser vient de ce que le Moyen-Age n'ayant rien d'une société de consommation, les foires annuelles ou semestrielles étaient l'occasion de mieux manger qu'à l'ordinaire, de se coucher plus tard et de dépenser ses maigres économies en plaisirs variés.

Plus intéressants pour l'historien sont les gros mots transitoires issus de circonstances particulières. Par exemple, lorsqu'au début du XXème siècle un puceron, le phylloxéra (mot à mot : feuille séchée) anéantit quasiment toutes les vignes du Languedoc qui en constituaient la principale richesse, "phylloxéra" resta quelque temps une interjection de rage ou de colère. Plus avant dans le temps, la pomme de terre, importée du Nouveau Monde, fut mal accueillie par la population qui la réservait aux animaux - notamment au porc - et n'en consommait qu'en période de disette alors que certains agronomes tentaient d'en faire une nourriture de base. La pomme de terre s'appelait alors, par assimilation à la truffe (puisque toutes les deux poussent dans le sol), tartifle (étymologie conservée dans l'allemand moderne Kärtofel à partir d'une forme originale cartofle). Appliqué à autre chose qu'une pomme de terre, tartifle était une grossièreté.

Pourquoi le mot lapin a-t-il remplacé le mot conil ? Jusqu'au XVème siècle, il y avait relativement peu de lapins en France. Au XVème siècle, nos ancêtres connurent une pénurie de gibier et importèrent, pour y remédier, des lapins d'Espagne où ils étaient nombreux, car les lapins se reproduisent vite et sont faciles à attraper. Avec l'animal, ils importèrent son appellation ibérique de lapere (d'où lapereau) qui est une déformation de leporis (le lièvre en latin). Lapere donna vite lapin. Les lapins s'endorment sous les diligences et partent avec elles. De là une vielle expression "voyager en lapin" pour dire "voyager sans payer". Parfois la fraude se caractérise par un arrangement entre le cocher et le client ; le lapin est alors le passager ou le colis que le cocher ne déclare pas. Ce passager non déclaré est, en quelque sorte, inexistant d'où l'expression apparue à la fin du XIXème siècle de poser un lapin, c'est à dire se montrer inexistant comme un passager clandestin.

[modifier] Topo

En grec topos c'est le lieu, l'endroit, d'où topographie (description d'un lieu), toponymie (étude des noms de lieux) ou topologie (étude des propriétés mathématiques d'une figure qu'elles que soient les déformations qui lui sont progressivement appliquées, comme sur les écrans de veille des ordinateurs). Un croquis topographique est ainsi un relevé sommaire d'un lieu qui en retrace le plan général et en donne les principaux repères ou caractéristiques (arbre, pente plus ou moins prononcée, escalier, poteau,...). Par analogie un topo est une présentation succinte d'un sujet qui en donne un périmètre global ainsi que les principaux traits. La distinction entre laïus, mémo et topo est la suivante : le laïus est verbeux et ne sert pas à grand chose, le mémo doit déboucher sur une action et le topo informe.

[modifier] Nanotechnologies

Les nanotechnologies s'attachent à la conception et à la fabrication de structures physiques ou biologiques en se rapprochant du niveau atomique. Les préfixes qui expriment les multiples et sous-multiples du mètre sont les suivants:

Pour les multiples, avec leur signification en grec et leur valeur : kilo (mille en grec), giga (géant = 1 milliard), tera (monstrueux = 1000 milliards), peta (1000 tera) forgé sur le grec "penta" qui signifie 5 car 1 peta s'écrit avec un 1 suivi de cinq groupes de trois zéros : 1 000 000 000 000 000.

Pour les sous-multiples : milli (= 0,001), micro (petit en grec d'où micron, micromètre = 0,000 001)[dimension de la taille des bactéries], nano (nain en grec) [dimension de la taille des molécules, équivaut à un cheveux divisé en 100.000 dans le sens de la longueur], Angström du nom d'un physicien suédois [niveau de l'atome], pico (de l'italien piccolo, petit), fento (du danois '15' car c'est l'exposant de la puissance négative de 10) [dimension de la taille des nucléons : protons et neutrons], atto (du danois '18', exposant de la puissance négative de 10) [dimension de la taille des quarks]. Zepto (10 puissance moins 21) est utilisé en spectrométrie; ce nom a été imaginé par le Comité International des Poids et Mesures et évoque le grec hepta (7) car la puissance 21 est égale à trois fois 7, soit 7 séries de trois zéros. Dans la foulée a été forgé yocto qui rappelle octo (8) car il correspond à la puissance 24 soit trois fois 8 ; pour l'instant il n'a encore rien mesuré à ma connaissance.(Abréviations officielles à partir du pico : pm - fm - am - zm - ym).

A propos des mesures, les marins expriment la vitesse des navires en noeuds car pendant longtemps pour mesurer les déplacements on laissait filer une corde le long de laquelle on avait fait des noeuds à intervalle régulier et l'on comptait le nombre de noeuds déroulés par intervalle de temps mesuré avec un sablier ou outil analogue.

[modifier] Patron

A Rome, le patronus est le défenseur. Le mot dérive de pater, le père, qui donne patrimoine et patrie car un bon père doit défendre son bien et son pays. Cette idée de protection explique l'expression "saint patron" (sainte Cécile pour les Musiciens, Sainte Barbe pour les pompiers et les métallurgistes qui ont tous les deux à faire avec le feu).

L'idée de protection se retrouve dans celle de patronage. Initialement le mot désigne l'association de bienfaisance constituée pour protéger les enfants puis il s'étend aux réalisations de ces associations. Au sens figuré on parle aussi d'une conférence ou d'une revue éditée sous le patronage d'un chercheur de renomée internationale.

De patron au sens de personne qui commande à des apprentis ou des employés on est passé à l'idée de modèle (le patron doit être un modèle pour son personnel) d'où le patron utilisé en couture et dans bien d'autres domaines.

Le singe, mot par lequel on désigne parfois le patron, est une trace du compagnonnage dans lequel chaque grade, de l'apprenti au maître, avait une correspondance animale. Au Maître correspondait le singe, le plus proche de l'homme et le plus malin.

[modifier] Avenir

Contraction dès le XVème siècle de la locution "temps à venir" comme

  • vinaigre est la contraction de vin aigre,
  • charcutier de "chair cuitier" (qui vend de la chair cuite = de la viande cuite)
  • tambouille est celle de "pot en bouille",variante régionale pour l'Ouest de la France de pot bouille où pot où l'on fait bouillir les aliments par opposition aux aliments rôtis. L'opposition sociale entre ces deux types de cuisson a été fondamentale jusqu'aux Trente Glorieuses : le bouilli étant la nourriture pauvre que l'on consommait soi-même et le rôti la nourriture riche que l'on offrait à ses invités de marque.

[modifier] Mercredi et le jours de la semaine

Un radical indo-européen que l'on note habituellement dyeu désigne le ciel bleu et clair. Il donne à la fois le mot jour (dies en latin), le mot dieu et le nom grec Zeus (principal dieu de l'Olympe). Les mot dies correspond au -di que l'on retrouve dans les noms des jours de la semaine : lundi ou jour de la lune, mardi ou jour de Mars, Mercredi ou jour de Mercure, Jeudi ou jour de Jupiter, Vendredi ou jour de Vénus, Samedi ou jour de Saturne. Dimanche est le jour du Seigneur : dies dominica qui donne diemenche par disparition du second d, passage du 'c' à "ch" et du 'a' à 'e', évolutions phonétiques habituelles.

L'étymologie est semblable dans la plupart des pays européens où day (anglais), tag (allemand) sont le résultat d'évolutions phonétiques de dies. Ainsi Monday ou Montag correspondent-ils à Lundi puisque Moon désigne la lune. Dans Friday et Freitag (vendredi) le nom de Vénus déesse de l'Amour a été remplacé par Frigga, nom de l'épouse du Dieu Odin (=Wotan, le Soleil, créateur du Monde) et dont la racine indo-européenne Pri qui désigne l'amour (parallèlement à la racine Wen d'où Vénus), se retrouve dans free, friend (freie t freund en allemand). Free et frei signifient libre. Friend et Freund, ami. L'idée directrice est que les gens que l'on aime sont les membres de ma famille (au sens de l'Antiquité qui est très élargi) et qui leur est permis d'agir librement. Avant de désigner des amis, le mot Friend/freund désignait d'ailleurs les parents. Dans Thursday et Donnerstag (jeudi), le nom du dieu de 'référence' est celui du tonnerre dans le panthéon germanique (cf. thunder (anglais), Donner (allemand) = le tonnerre). Toutefois, en allemand, Mittwoch (le mercredi) signifie le 'milieu de la semaine'.

[modifier] Synthèse

Tithêmi c'est poser en grec. Syn est l'équivalent grec de cum en latin, qui signifie 'avec'. La thèse est l'argument que l'on propose. L'antithèse est l'argument que ladversaire oppose, la synthèse l'ensemble des arguments que l'on pose ensemble soit qu'on les ait puisés pour partie dans la thèse et pour partie dans l'antithèse, comme dans les examens soit que l'on ait réuni des éléments de différentes branches, par exemple les aspects scientifiques, techniques, juridiques et financiers d'un projet. La prothèse (dentaire ou mammaire) est ce que l'on pose à la place de l'organe malade où 'pro' signifie 'à la place de ' comme dans procuration où l'on s'occupe (curo) de quelque chose à la place de quelqu'un d'autre. La métathèse est un changement de position d'une lettre à l'intérieur d'un mot (= une lettre que l'on pose ailleurs) comme le font les personnes qui déplacent le 'r' d'infarctus en disant infractus et comme l'on fait nos ancêtres en passant du formage ou fromage (production laitière qui se caractérisait par l'usage d'une forme). La justice étant ce qui pose les règles de vie en société, sa déesse est Thèmis, nom conservé par une collection de manuels de base pour les étudiantes en droit.

Thèque est l'endroit où l'on pose et plus particulièrement le coffre d'où :

  • bibliothèque = coffre à livres puis meuble puis rayonnages puis salle de consultation puis l'ensemble du bâtiment voire des bâtiments comme dans la Très Grande Bibliothèque
  • discothèque où l'on rangeait les disques de vinyle puis où on les écoute puis où on danse sur leur musique
  • pinacothèque :Musée de peinture, de pinax = tableau en grec.

Apothèque, en grec, est l'endroit où l'on pose pour échanger c'est à dire le magasin. Le mot donne apothicaire qui s'est spécialisé dans le sens de pharmacien (dont le nom moderne reste Apotek en allemand) car c'est l'une des professions qui détenait le plus de stocks de produits différents. Le mot initial, mal prononcé par des générations de clients et de vendeurs, a donné bottega en italien (d'où boutique en français) et bodega en espagnol.

Syn (= avec, ensemble) est également présent dans nombre de mots européens :

  • la sympathie est ce que l'on exprime quant on partage les souffrances (= pathos d'où pathétique) de quelqu'un donc lorsque l'on souffre avec elle
  • synchroniser deux choses c'est faire qu'elles se produisent ensemble (chronos = le temps)
  • la syncope (mot à mot maladie avec arrêt) caractérise un arrêt cardiaque
  • symbole est ce que l'on envoie avec. Initialement le symbole était l'équivalent de nos ID et mots de passe. Un texte était gravé sur une plaque de bois ou de terre cuite qui était cassée en deux. Chaque signataire emportait la moitié du texte. Pour rétablir le texte complet il fallait rapprocher les deux morceaux. Le procédait prévenait ainsi les falsifications et les usurpations. Par la suite le mot a désignait tout ce qui était lié comme les deux parties du morceau de bois ou de la tablette : le lion est le symbole du roi car dans tous les textes de notre culture il est associé au roi.

[modifier] Elaborer - Travail

En latin, le travail se dit labor. Ce mot est à l'origine de labour, laboureur, laborantin, laboratoire, labeur, collaborateur, laborieux et élaboré. Initialement tout travailleur, autre qu'artisan, avait de fortes chances d'être un laboureur mais comme la société était essentiellement agricole, le mots'est spécialisé dans le sens actuel.

Le laboratoire est le lieu où l'on travaille ; le mot s'est également spécialisé dans les domaines techniques et scientifiques mais il désigne encore quelques lieux de travail non nécessairement humains comme la chambre d'un fourneau où la matière se transforme. La référence à une hygiène parfaite dans les laboratoires pharmaceutiques a conduit, ces dernières années, à appeler laboratoires les cuisines de restaurants ou de traiteurs manipulant des produits alimentaires sensibles à des risques de contamination. Le mot laborantin puise à la même source mais n'est entré dans la langue française qu'au XXème siècle par emprunt à l'allemand d'où sa terminaison en tin quicaractérise les professions en allemand alors que le français utilise plutôt "ier / eur" (instituteur, épicier, chausseur, vendeur, cordonnier, pâtissier,...)

De même si labeur ne désigne plus aujourd'hui qu'un travail pénible et long, il avait autrefois un sens plus large. Le secteur de l'imprimerie insiste sur ce caractère de pénibilité en distinguant les travaux de labeur (impression d'ouvrages ou d'imprimés en un grand nombre d'exemplaires pour les Administrations) et les travaux dits 'de ville', en petites séries et sans difficultés majeures également appelés bibelots voir bilboquets pour souligner leur 'légèreté'.

Laborieux a caractérisé le travail (très fatiguant) deux siècles avant de qualifier le travailleur susceptible de fournir l'effort correspondant. Le premier sens est encore présent dans l'expression familière 'c'est laborieux !'. Un style laborieux est un style embarrassé au travers duquel on sent que l'auteur a éprouvé des difficultés pour exposer ses idées.

Elaboré est la résultante du travail (mot à mot : ce qui sort du travail : ex labore en latin). L'idée contenue dans cet 'ex' est celle d'un processus lent, réfléchi, non immédiat que l'on retrouve dans des expressions comme 'une coiffure compliquée' ou 'une cuisine élaborée' qui peut utiliser une sauce 'élaborée' qui, elle, n'est pas nécessairement compliquée à faire mais emploie des substances qui vont mettre du temps à se mélanger intimement.

Travil est une métaphore. Palus est le poteau ou le pieu en latin. Pour entraver les animaux, les maréchaux - ferrants avaient imaginé un dispositif constitué de tris pieux montés en faisceau ou tripalium (= trois pieux). La souffrance des animaux (le fer est porté au rouge avant d'être rivé sur le sabaot et les maréchaux - ferrands marquaient aussi le bétail par une brûlure au fer rouge) fait que, par comparaison, on a aussi parlé de travail au sens de supplice ou de torture pour les hommes. Le sens de douleur importante est encore présent dans "le travail de l'accouchement". Il en est de même de l'expression "ça me travaille" en parlant d'un problème ou d'une situation qui revient sans cesse à l'esprit. Par analogie on dit aussi que l'on travaille quelque chose lorsqu'on la malaxe comme l'argile en poterie ou la pâte en cuisine.

Travail fait au pluriel travaux comme cheval fait chevaux alors que chacal fait chacals. A l'origine, travail (ou cheval) faisait travails (chevals) au pluriel comme tous les autres mots de la langue française. Cependant les copistes, pour gagner du temps, utilisaient des ligatures, c'est à dire, pour simplifier, des signes destinés à remplacer des syllabes ou des groupes de lettres. Un de ces signes qui correspondait à "ls" ressemblait à un x. Mal compris il entraina le pluriel travax, chevax. Phonétiquement la syllabe "ax" est instable et passe à "aux" d'où les travaux et les chevaux. Lorsqu'au XVIème siècle on se rendit compte de l'erreur on se garda de l'appliquer aux noms des "nouveaux" animaux que l'on découvrait comme le chacal entré en France et en français vers 1646.

En grec, le travail se dit ergon que l'on retrouve dans

  • ergonomie (= la loi du travail) ensemble des règles qui permettent de travailler en minimisant l'effort - physique ou mental - du travailleur
  • ergothérapie (traitement par le travail).

En grec un atelier s'appelait ergastêrion, mot repris par les Romains pour désigner une ... prison. Toujours en grec, allos c'est l'autre d'où l'allergie qui est le 'travail que fait l'autre' : en effet l'allergie est l'ensemble des réactions d'un organisme en présence d'un agent pathogène avec lequel ila déjà été mis en contact et qui l'a déjà 'travaillé'.

Latin (laVOR) et grec (ERG)comme anglais et allemand (work et werk) ont un radical indo-européen commun : werg qui signifie lui même travailler.

Trimer et turbiner sont deux mots familiers qui rappellent deux fleurons de l'expansion économique françasie de jadis : le textile et la métallurgie. La trime est un élément du métier à tisserqui ne cesse d'être en mouvement, la turbine (d'où turbo) tourne très vite d'où le passage à la description d'une activité soutenue.

[modifier] Juillet

Juillet est le mois de Jules (César) qui, au demeurant, réforma le calendrier en usage jusque là en créant un calendrier fondé sur une année solaire de 365,25 jours et dénommé de ce fait 'calendrier julien'.

Le nom de Jules César est à l'origine de nombreuses légendes :

  • pour les uns, son nom viendrait de ce qu'il serait né par césarienne (de caedo, couper) mais cette hypothèse peu vraisemblable n'est pas confirmée par les historiens latins ; inversement, c'est cette légende qui fait que nous parlons de césarienne,
  • pour d'autres, César tirerait son nom d'un de ses ancêtres qui, au péril de sa vie et témoignant d'une force hors du commun, aurait tranché la patte d'un malheureux éléphant enrôlé par les troupes carthaginoises contre Rome car Kesar désigne l'éléphant en punique.

Ce qui est certain c'est que le titre de César au sens d'Empereur s'est répandu dans toute l'Europe puisqu'on le retrouve dans l'allemand Kaiser ou le russe Tzar.

Août est le mois d'Auguste, le nom pris par Octave, le fils adoptif de Jules César. Auguste a pour racine un mot indo-européen qui traduit une idée de croissance que 'lon retrouve dans auteur, auxiliaire (un moteur auxiliaire renforce le principal), autorité (un projet mené avec autorité se développe plus vite qu'un projet non dirigé), autoriser (la personne autorisée dispose d'un pouvoir accru) et, bien sûr, augmenter.

[modifier] Valise

Comme toute science, l'étymologie a ses limites. l'origine de certains mots reste inconnue (indication 'o.i.' dans les dictionnaires) ; pour d'autres, seules des hypothèses peuvent être bâties. Ainsi en est-il de valise, emprunté à l'italien valiglia en 1560 et que certains rapprochent de l'arabe walïha (sac de blé). Initialement, il s'agissait d'un long sac de cuir que l'on transportait sur la croupe des chevaux. L'aspect que nous connaissons depuis le dernier tiers du XIXème n'est que l'aboutissement de transformations.

Sac a une origine qui n'est pas indo-européenne mais sémitique, d'une langue que l'on parlait en Cilicie (Turquie) avant la conquête grecque et à laquelle les Grecs empruntèrent le mot. Initialement, il s'agissait d'une étoffe grossière. Le premier sac a donc été désigné par la nature de son tissu. Par la suite, le mot s'est centré sur l'idée de contenant et sur sa forme.

On retrouve ce mot, bien plus au Nord, dans l'allemand Sakman (= homme de sac) pour désigner le sac d'une ville où les soldats triomphants emportent le maximum de richesses dans des sacs.

Après avoir empli un sac on en ressort le contenant. S'il est mal rangé ou trop rempli, il faut parfois tirer pour obtenir l'objet désiré come c'est parfois le cas dans nos sacs à mains. L'action de retirer un objet d'un sac c'est, en espagnol, le sacar qui va donner, en français, saccade et saccader qui insistent sur les efforts à fournir pour extraire l'objet recherché. L'idée de tirer violemment donne aussi un verbe 'sachier' puis 'saquier' qui signifie précisément 'tirer violemment' et qui connaîtra différentes prononciations selon les provinces, surtout au Nord de la Loire. Sacquer qulequ'un, expression familière de la fin du XIXème siècle, est probablement un mixte de cette violence et de l'image de l'ouvrier licencié qui reprend son sac pour partir. Initialement, l'expression signifiait uniquement "licencier" puis l'idée de mésentente l'a emporté, d'où la multiplicité des situations où deux personnes (voire deux chiens) ne peuvent pas se sacquer.

Au Moyen - Age, les malfaiteurs étaient soit enfermés dans des sacs soit pendus. Un 'homme de sac et de cordre" était donc un malfrat ; parfois l'aspect aventureux du gredin l'emportait sur l'aspect immoral et l'expression en vint à désigner quelqu'un prêt à tout.

[modifier] Manche

Au Moyen-Age où le tissu coûtait cher, on avait observé que les manches se salissaient (et s'usaient) plus vite que le reste du vêtement. On les fit donc amovibles pour pouvoir les changer sans remplacer l'habit dans son entier. Les artisans donnaient ainsi des manches en cadeau à leurs ouvriers d'où l'expression française 'faire la manche' (demander quelque chose comme l'ouvrier qui sollicitait une nouvelle paire de manches) ou le mot italien moderne 'macia' qui signifie officiellement 'pourboire'.

Au XIXème siècle, les fonctionnaires et les employés aux écritures usaient encore leurs manches sur les bureaux. Ils les protégeaient donc par des "sur - manches" en lustrine qui étaient régulièrement brocardées par les chansonniers. Comme ils étaient également fort sédentaires et que la nourriture n'était pas équilibrée, il craignaient les hémorroïdes et s'en protégeaient en plaçant sur leur siège une espèce de mince bouée de cuir qui évitait une pression trop importante propice à la formation de stases veineuses. Ce peu glorieux accessoire leur valut le nom de ronds de cuir, encore utilisé de nos jours dans le langage familier.

[modifier] Pantalon

Les mots qui désignent les vêtements sont de ceux qui changent le plus rapidement. Jupe est ancien mais n'a pas toujours décrit la même chose. Emprunté à l'arabe (djubba) au XIIème siècle, le mot désigne initialement un long vêtement de laine que portent garçons et filles sous les vêtements de dessus. Jupon apparaît en 1319 et conserve encore ce sens de vêtement de dessous en français moderne. Jupe-culotte date de 1935, jupette de 1952 et mini-jupe des années 1970. L'idée d'un vêtement qui va de la taille à une certaine distance du sol a d'abord été reprise par les ingénieurs pour désigner le carénage en tôle ajouté au bas des wagons pour améliorer leur aérodynamisme puis par l'industrie automobile pour l'appliquer aux voitures. Les tôliers se sont, quant à eux, inspirés de l'aspect globalement cylindrique du vêtement pour désigner par jupe la partie cylindrique des cuves.

Pantalon est le nom d'un vieillard de la comedia dell'arte italienne vêtu à la mode vénitienne de l'époque, c'est à dire d'un habit unique couvrant tant le torse que les jambes. Les premiers pantalons, composés d'un haut de chausse étroit lié aux bas, rappelaient cet habit et prirent le nom du personnage.

Tout le monde sait que short veut dire court en anglais et qu'il s'agit donc d'un raccourci et même, à l'origine, le plus souvent purement et simplement coupé. Bien qu'associé au tennis chez la plupart des locuteurs d'aujourd'hui, c'est le sport où il est apparu en dernier. Dès la seconde moitié du XIXème siècle, les boxeurs ou les rugbymen portaient des shorts qui ressemblaient globalement à ceux que portent ces sportifs aujourd'hui. Les footballeurs l'adoptèrent autour de 1900. Le tennis ayant l'Angleterre pour patrie et l'Angleterre Mary pour reine, celle-ci assistait aux principaux tournois mais comme elle s'offusquait à la vue du moindre pouce carré de peau nue ce ne fut qu'en 1933 qu'un premier joueur eût le courage de se présenter ainsi sur les courts devant la Cour. A la fin des années 1950 on trouvait encore quelques joueurs qui n'avaient pas adopté le short. Mini-short date des années 1970, micro-short est un mot du XXIème siècle et combi-short se situe entre les deux (vers 1990) par contraction de combinaison (au sens de combinaison de plongée ou de garagiste) et de short.

Combinaison a pour origine le latin combinare (=assembler deux, puis plusieurs, éléments). Combiner un plan c'est organiser des éléments d'une façon efficace. Le mot était neutre à ses origines (le duc a combiné un plan de bataille); un bon plan comportant toutefois une part de ruse, le mot prit au fil des temps un sens péjoratif d'où une combine et un combinard. En russe, les combinats sont des industries qui associent plusieurs secteurs d'activité, si possible en synergie. A propos des co-générateurs nucléaires (réacteurs produisant à la fois de l'électricité et de la chaleur pour l'industrie chimique par exemple) on parle de production combinée. Le combiné téléphonique des vieux appareils fixes associait l'émission et la réception de la voix d'où son nom. Associant un haut et un bas, la combinaison - dont les ventes diminuent ce qui risque d'entraîner une 'mise à la retraite' du mot - justifie son nom.

Pull over est le mode d'emploi : on le tire (pull) par dessus (over) la tête. L'étymologie de chandail tient de la facétie. A une époque où la publicité lumineuse n'existait pas, les marchands des foires hurlaient le nom de leurs produits : marchand d'ail, marchand d'huile, marchand d'eau, souvent abrégés en "chand d'ail", "chand d'eau",.... L'épais vêtement qu'ils portaient a donc été appelé d'après leur cri. A noter qu'à l'époque l'ail constituait un produit beaucoup plus important que de nos jours.

La ceinture est ce qui ceint (= entoure, du verbe ceindre) comme les enceintes autrefois et les boulevards de ceinture de nos jours entourent les villes. Ceindre n'est plus guère utilisé aujourd'hui que pour les rois (ceindre la couronne), les maires (l'écharpe tricolore) et les Académiciens (l'épée dont le fourreau est cousu sur une sorte de ceinture).

En italien, le string se nomme perizoma où zoma vient de zone, mot grec pour ceinture. En géométrie, une zone est une surface allongée comme une ceinture puis, par extension, toute sorte de surface. La zone industrielle est la partie qui entoure la ville.

[modifier] Bottines

L'origine du mot 'bottes' est incertaine.

[modifier] Pyjamas

Pyjamas est apparu dans le 'Journal des jeunes personnes' de 1837 avec l'orthographe pyjaamah via l'anglais pyjamas. Le mot est d'origine hindî pae-jama où pae = de jambes et jama = vêtement. Il s'agit initialement d'un vêtement ample et bouffant mais qui ne se porte pas spécialement la nuit.

[modifier] Ours

L'ours en peluche est né d'une belle histoire. En 1897, Théodore Roosevelt, président des Etats-Unis, participait à une chasse comme cela se faisait à l'époque où les ours constituaient une menace encore réelle pour les habitants de certains états de l'Union. Au cours de cette chasse, il épargna un jeune ourson. La presse s'empara de ce fait divers qui témoignait d'une grande sensibilité pour son temps et des artisans mirent sur le marché des petits ours en peluche qui illustraient cet événement. En anglais, ours en peluche se dit aussi teddy boy ou teddy bear où teddy est le diminutif de Théodore.

Ours est à l'origine d'oursin que l'on appelait au XVIème siècle orsin de mar (= ours de mer). Ce fut une question théologique et scientifique majeure du XVIème au XVIIIème siècle de savoir si les animaux marins étaient spécifiques ou s'ils étaient la transcription des animaux terrestres. Cette seconde hypothèse prévalait et les savants recherchaient une analogie entre les êtres terrestres et marins dont il reste des traces dans le vocabulaire comme :

  • le lion de mer
  • l'araignée de mer (un crabe)
  • le marsouin, déformation de maris suin c'est à dire cochon de mer
  • l'otarie, soit également ours marin (l'otarie rappelle l'ours par sa masse, l'oursin par son aspect revêche)
  • la langouste, c'est à dire sauterelle de mer. Langouste vient du latin locusta qui désigne la sauterelle et le mot langouste désigne cet insecte jusqu'au XIIIème siècle. Par la suite le mot provençal sauterelle (exactement salterele) qui le concurrençait depuis 1120, le remplaça pour l'insecte terrestre car il était plus imagé ; langouste se spécialisa alors pour l'espèce marine.

[modifier] Blanc - Kaki

Les indo-européens connaissent trois couleurs : le blanc, le rouge et le noir. Pour chacune d'elles, leur vocabulaire distinguait de nombreuses nuances en fonction de leur intensité et de leur brillance. Pour le blanc, les Romains utilisaient les mots 'albus' (blanc mat) et 'candidus' (blanc brillant).

Albus reste présent dans de nombreux mots français :

  • aube (la blancheur du ciel lorsque le soleil se lève), aubépine (l'arbuste aux épines blanches).
  • aube, la tunique blanche des communiantes
  • l'ablette : la petite able ou poisson blanc
  • l'albumine protéine essentielle du blanc d'oeuf dont la désignation officielle est albumen (au XVIème siècle, on appelait encore 'aubin' le blanc d'oeufs dans la langue courante).
  • albinos et albinisme. Est qualifié d'albinos un animal au pelage blanc et aux yeux bleus très clairs du fait d'une altération génétique qui se traduit par l'absence de mélanine. Ces animaux voient très mal. A son apparition, en portugais en 1665, le mot s'appliquait aux hommes et, plus particulièrement, à une tribu africaine de Noirs blancs.
  • le mot de la famille le plus fréquemment employé aujourd'hui est album, d'illustre naissance puisqu'il s'agissait à l'origine d'une sorte de tableau blanc où l'on inscrivait le nom des grands personnages de l'Etat (romain). La notion se perdit puis des érudits allemands, à la charnière des XVII et XVIIIème siècles la réssuscitèrent en créant un album amicorum où ils demandaient à leurs amis d'écrire quelques mots (c'était l'ancêtre de ce que nous appelons un livre d'or). Par la suite, l'usage du support s'élargit aux notes de voyage (= carnet de voyage) puis se généralisa à bien d'autres activités avant de désigner le support indépendamment du contenu d'où un album philatéliste (pour les collections de timbres poste), un album photo...
  • passé en russe, le radical y donna biely d'où bieluha introduit en 1575 en français pour désigner un poisson sous la forme béluga puis, en 1775, un dauphin etplus particulièrement un grand dauphin blanc (l'orthographe bélouga est recommandée).

Le descendant français d'albus fut rapidement remplacé par le francique blank qui désignait originellement le blanc brillant que les Romains dénommaient candidus, issu d'une racine indo-européenne "cand" signifiant "brûler" et plus particulièrement "chauffer à blanc un métal pour le forger". Cette idée de brillance (une ampoule électrique classique chauffe à blanc le filament) aboutit à des blancheurs concrètes ou symboliques :

  • chandelle (cierge vient, quant à lui, de cera la cire que l'on retrouve dans cérumen, sécrétion de l'oreille externe),
  • encens (mot à mot : chose allumée qui brille). A noter, à propos de ce mot, l'expression 'encenser' en parlant d'un cheval qui remue sa tête de bas en haut comme l'enfant de choeur qui secoue l'encensoir.
  • candeur, blancheur éclatante et symbole de pureté d'où le candidat qui se doit d'être moralement parfait (les candidats aux fonctions électives romaines devaient d'ailleurs s'y présenter vêtus de blanc et cette pureté allait très loin puisque ne pouvait y participer un citoyen qui avait été "souillé" par la mort d'un proche parent dans l'année).
  • canitie : c'est le fait d'avoir des cheveux blancs.
  • incendie est de la même famille.

Kaki. Le fruit a une couleur qui rappelle le kaki. Pourtant les deux mots n'entretiennent aucune parenté. Le fruit est d'origine japonaise : il fut importé en 1873, en même temps que le mot qui signifie "plante" en japonais. La couleur apparut 25 ans plus tard en français ; le mot est hindî et signifie "poussière". Les hommes de l'armée anglaise des Indes furent les premiers à porter un uniforme de cette teinte qui s'est d'abord écrit khakee en anglais.

[modifier] Pied

Le mot latin pes / pedis a donné pied en français, foot en anglais et Fuss en allemand. Dans les premières années, les officiers ne se distinguaient pas tant par leurs capacités stratégiques que par la possession d'un cheval. On distinguait ainsi les cavaliers et les piétons (= les fantassins qui vont à pieds) qui constituaient le gros des troupes, mal payées et intermittentes (souvent on ne se battait pas en hiver et les soldats n'étaient pas payés pendant cette période de chômage forcé). Les piétons formaient la piétaille. Le mot se transforma en peon puis en pion (d'où le pion du jeu d'échec qui a moins de valeur que les pièces) et le morpion (= un pou qui mord les pions dont les conditions de vie ne facilitaient pas l'hygiène). Quant au péage, il représente la taxe que les piétons devaient payer pour employer un pont et éviter de franchir la rivière à gué (les chars devaient aussi payer le péage mais ils étaient bien moins nombreux).

[modifier] Franc et autres monnaies ou termes associés

Lors des premières transactions commerciales, la contrepartie était constituée par du bétail, pecus en latin qui reste présent dans le français pécuniaire. Les Indous utilisent, de la même façon, la roupie qui trouve sa source dans rupâ, le troupeau.

Vers 400 avant J.C., les Romains imaginèrent un système d'échange plus simple à base de morceaux de bronze. En latin, bronze se dit aes d'où les as (monnaie que l'on rencontre au hasard des films peplum) et l'airain (vieux mot pour bronze qui est un alliage de cuivre et d'étain).

L'Antiquité classique connaissait déjà la dévaluation en ce sens que le poids de métal de chaque pièce diminuait lentement. Constantin, entre 311 et 313 mit en oeuvre un premier contrôle des prix en fixant par décret le prix de quasiment tous les biens et services en usage dans l'empire. En parallèle, il décida une nouvelle dévaluation, en fondant 72 pièces au lieu de 60 avec la même quantité d'or mais en affirmant que ce serait la dernière et que la monnaie serait désormais stable. Stable se dit solidus en latin d'où le mot sou, après un passage par sol. Le franc est né de la même idée : une monnaie franche (au sens de constante).

Le florin qui fut une monnaie forte de l'Europe du XIII au XVIème siècle doit son nom à la fleur de lys qui le distinguait des autres monnaies et rappelait ses origines florentines (la fleur de lys est le symbole de Florence). Le commerce du textile avec le Nord fait, qu'avant l'euro, les Hollandais utilisaient le florin et que les Hongrois emploient toujours le florint. Le zloty polonais a aussi cette filiation.

La livre (comme la lire) est une unité de poids : c'est celle qui sert de référence pour le découpage des pièces de plus petite valeur et c'est elle qui explique la monnaie anglaise (et d'autres pays du Commonwealth) comme de l'Italie avant l'euro.

Le thaler était une monnaie allemande forgée à partir de l'argent extrait des mines de Joachimsthale (aujourd'hui en République Tchèque). Frappé dès 1518, il fut très apprécié dans la seconde partie du XVIIIème siècle et devint la monnaie des U.S.A. sous le nom de dollar. Lorsqu'il se prononça sur la langue nationale à retenir, le nouveau peuple américain était divisé entre tenants de l'anglais et tenants de l'allemand ; les premiers ne l'emportèrent que d'une voix.

Quant au rouble, il signifie haché en russe, les premières pièces ayant été découpées à la hache dans des lingots de métal précieux. Enfin, le leu (unité monétaire de la Roumanie jusqu'en 2012 où ce pays 'migrera' à l'euro) vient de ce que les premières pièces représentaient un lion (leu en roumain).

Le mot soldat vient de la solde qui le rémunère c'est à dire des sols (sous) qui lui sont donnés. Les fonctionnaires civils perçoivent un traitement, les artistes un cachet : au XVIIIème siècle les professeurs, essentiellement de professions dites aujourd'hui artistiques, étaient déjà payés à la leçon ; ils avaient une carte sur laquelle les élèves, en appliquant leur cachet, attestaient de la réalité du cour et s'engageaient à les payer.

Initialement le bénéfice (de bien et faire donc faire du bien) était une faveur que l'on accordait à quelqu'un. Ce sens demeure en français moderne dans des expressions comme 'le bénéfice du doute' ou 'des circonstances atténuantes'. Ce fut ensuite une faveur très concrète sous forme d'une concession de terres accordée par le roi ou un seigneur puis, par glissement de sens, le patrimoine attaché à une fonction ecclésiastique. A partir du XVIIème siècle, avec le développement du commerce, le bénéfice désigna le gain tiré d'une opération commerciale ou financière, d'où le sens actuel.

Le revenu est, comme l'indique le mot, ce qui revient. Initialement le terme ne s'appliquait qu'aux revenus agricoles puisque les fruits, les céréales ou les bébés des animaux domestiques reviennent tous les ans, puis il y eut extension aux loyers - appelés d'ailleurs fruits du produit loué - puis extension à toute source financière qui paraît constante dans le temps comme les salaires ou les retraites (impôt sur le revenu).

Le mot salaire vient de sel. Le sel est indispensable à la vie (et à la conservation des aliments). Aujourd'hui grâce à nos moyens de transport c'est un produit très peu coûteux. Il en était différemment à une époque où il fallait le transporter sur des chariots tractés par des boeufs depuis des marais salants ou des mines jusque sur les lieux de consommation. Une des principales voies romaines (de Rome à Brindisi) s'appelait d'ailleurs, mot à mot, la voie du sel car elle servait au précieux approvisionnement de la capitale.

L'expression de mauvais aloi est d'origine monétaire. La plupart des pièces a toujours été fait d'alliage (alloy en ancien français comme en anglais) et il était tentant de tricher sur les quantités respectives de métal noble et de métal vil. La fausse monnaie était au demeurant un des crimes les plus sévèrement punis au Moyen Age avec dans les cas les plus grave immersion du contrevenant dans un baquet d'eau bouillante.

Le mot monnaie vient du lieu de frappe des premières pièces romaines proche du temple de Juno Moneta c'est à dire Junon (l'épouse légitime de Jupiter) l'Avertisseuse. Monéo se retrouve dans moniteur (celui qui avertit l'apprentie de ce qu'il faut faire ou ne pas faire).

Patraque, mot familier en désuétude (sauf dans le Sud Est)pour désigner un état de mal être physique a une histoire très liée à l'argent : un mot arabe (bâ-tâqua) a été introduit en espagnol sous la forme pataco, abrégée en patac, pour désigner une pièce d'argent qui était souvent altérée d'où patard puis patraco en provençal et patraque en français pour désigner une monnaie usée ou plus ou moins faussée et, par analogie, un état de mal-être.

Argent est un terme générique car s'il y eut des pièces en bien des matières (par exemple en cuir chez les Carthaginois) et même si, parfois, la pénurie de métal conduisit à utiliser d'autres suports pour monnayer les échanges (comme les grains de poivre), l'argent est resté le métal le plus prisé, après l'or, pour les monnaies d'importance.

[modifier] Gentil - Débonnaire - Ingénu - Méchant

Gens est un mot latin très prolifique. Il désigne la famille au sens large et, plus précisément, la lignée noble. Ainsi est gentil quelqu'un de bien né, de bonne famille, d'illustre naissance comme on disait autrefois. Un 'gentil homme' est un noble et le titre de Molière "le bourgeois gentilhomme" était bien compris comme une incompatibilité par la Cour de Versailles. De l'idée de noblesse on passe à celle de justice, de hauteur de vue, de magnanimité, de pardon et de clémence (les vertus, au moins théoriques, du prince). De cette dernière idée on glisse à celle de gentillesse au sens actuel. On remarquera que 'être gentille avec' est une des rares expressions actuelles qui n'a pas le même sens selon qu'elle a pour objet une fille ou un garçon.

Débonnaire a une histoire curieuse. A l'origine, il y a le mot aire (= surface) que l'on retrouve dans l'aire géométrique. Un faucon de bonne aire était un faucon qui "régnait" sur une grande surface. Par analogie un seigneur de bonne aire était un seigneur de qualité et donc vertueux puis il y eut une évolution semblable à celle de gentil.

Un ingénu c'est aussi, initialement, celui qui est né libre. Cette naissance libre l'empêche de nuire, de faire du mal (c'est le deuxième sens) mais cette incapacité à faire le mal a été perçue comme le signe d'une certaine niaiserie (c'est le sens actuel)... les gens sont méchants...

Quant au méchant c'est initialement celui qui a de la malchance (XIIème siècle). Malchanceux il devient miséreux. Misérable, il est prêt à tout pour survivre et devient 'enclin à faire du mal' (XIVème siècle) puis le mot a acquis son sens actuel.

[modifier] Cigarette

Cigaro est un mot espagnol d'origine inconnue né vers 1680 qui ne se répandit en France qu'après les expéditions militaires françaises en Espagne de 1823 et ce sous trois formes : cigarette, cigareto et cigaret. Ces trois mots se firent une âpre concurrence de 1830 à 1840 où cigarette l'emporta définitivement sur ses deux rivaux.

Les différents noms familiers ou populaires donnés à la cigarette illustrent les différents modes de création lexicologique.

Cibiche : c'est un jeu phonétique populaire classique du style "Cool Raoul" avec recherche d'assonance

Pipe de 9 ou Tube de 9 : c'est la marque de la France industrielle où la cigarette est comparée à un outil (la pipe est ici la clef recourbée des garagistes) de 9 millimètres de diamètre (le diamètre standard des cigarettes)

Une séche. Les premières cigarettes étaient confectionnées par les fumeurs eux-mêmes en roulant du tabac dans une feuille de papier à cigarette qu'ils léchaient pour la coller sur elle-même. La cigarette était donc 'mouillée' de salive. Par opposition, une cigarette industrielle était sèche.

[modifier] Caresse

Carus, en latin, signifiait cher avec le même double sens affectif et financier qu'a ce mot en français, d'où les enchères où l'objet de la vente revient à celui qui le paie le plus cher. En italien, carus a donné caro de même sens et un verbe carezzare qui signifiait chérir mais désignait aussi les gestes de tendresse correspondants et, plus particulièrement les caresses. Le substantif latin correspondant à l'adjectif carus est caritas qui a donné charité, le prochain devant être cher au cœur du chrétien.

[modifier] Caniche - Fox - Teckel - Epagneul - Berger allemand

Caniche vient de cane, les caniches étant jadis dressés pour ramener sur le bord des étangs les canards tués ou blessés par les chasseurs. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on les tondaient partiellement afin qu'ils ne risquent pas de se noyer sous l'effet de l'eau que leur fourrure absorbe comme une éponge.

Plusieurs noms de races de chiens sont liés à l'espèce qu'ils chassaient avec le plus de succès. Ainsi le fox est-il un chien pour la chasse au renard (fox en anglais) et le teckel pour la chasse au blaireau (Dachs en allemand, avec la correspondance habituelle entre le d et le t). Le schnauzer est un mot suisse-allemand qui désigne les moustaches, caractéristique de ce chien. Ces deux derniers mots sont entrés dans la langue française au XXème siècle seulement. L'épagneul est un chien de chasse introduit d'Espagne. Quant au berger allemand il doit son nom à ce qu'un officier allemand ait été le premier à en entreprendre le dressage ; à sa mort, tout son élevage fut conduit sur sa tombe et tous les chiens aboyèrent ensemble pendant une minute (de silence).

[modifier] Préféré et autres dérivés du verbe latin fero

Avec préféré on retrouve le verbe fero (= porter) qui donne entre autres :

  • avec ad (vers) = afférents : les vaisseaux afférents apportent le sang aux muscles
  • avec cum (avec) = conférence : se porter ensemble en un même lieu
  • avec de (en dehors) = déferrer (devant le juge) mais aussi déférence ou attention en dehors (au delà) du commun
  • avec prae (mettre devant) = préféré
  • avec pro (mettre en avant) = proférer (dans proférer une injure l'image est que l'on jette violemment l'injure sur l'adversaire comme un javelot)
  • avec sub (sous) = souffir c'est à dire porter une charge bien lourde sur ses épaules

et aussi

  • conifères ou arbres qui portent des fruits en forme de cônes
  • aurifère : qui contient (porte) de l'or.

Enfin puisque le voleur emPORTE les bien qu'il dérobe le vol se disait furtum en latin, mot dont il reste une trace dans le français furtif (qui se fait à la dérobée).

[modifier] Généralité des mécanismes illustrés ci-dessus

L'ensemble des mécanismes illustrés ci-dessus se retrouve peu ou prou dans toutes les langues, y compris des langues non européennes. Par exemple si l'on se penche sur le japonais on observe

  • que le signe qui signifie repos est à l'origine un homme couché au pied d'un arbre avec son chien couché à coté de lui
  • que la neige est ma juxtaposition des symboles de la pluie et la main, la neige étant la pluie que l'on attrape avec la main
  • que lumineux, brillant est la conjonction (non l'éclipse) du soleil et de la lune, les deux principales sources de clarté
  • que le mois de février est celui où l'on porte plusieurs vêtements et
  • le mois d'août celui des feuilles comme avril est celui des lapins
  • que lundi est aussi le jour de la lune (mardi celui du feu)
  • que le signe qui signifie noir est originellement le dessin du fond d'une marmite (avec ses deux anses, vue de dessous) noirci par le feu de la cuisson
  • et que le feu est symbolisé par un volcan.

Le mot dispute est très sexiste puisqu'il a pour étymologie deux femmes.

Enfin l'appellation des maffieux (yakuza) signifie mot à mot "8 - 9 - 3", combinaison perdante d'un jeu de cartes. En effet, à l'origine, ces criminels étaient recrutés parmi les plus pauvres et les exclus, c'est à dire les "perdants" de la société.

[modifier] Organisation des langues de la famille indo-européenne

Quelques remarques sur le tableau donné ci-après.

A défaut d'une colonne supplémentaire, précisions que le flamand est issu du néerlandais, le corse de l'italien comme le sarde.

Le gheg est un dialecte albanais parlé au Nord, le tosk est le dialecte albanais du Sud ainsi que dans la plupart des colonies albanaises de Grèce de d'Italie.

Le celtibérien était une langue de la péninsule ibérique à l'époque où l'on parlait gaulois dans ce qui allait devenir la France.

Le roman a donné deux langues disparues en tant que telles : le picard, largement intégré dans le français noderne et l'anglo-normand.

Bien qu'il s'écrive en caractères arabes, l'iranien est une langue européenne.

Le finnois, le hongrois et l'estonien ne sont pas des langues indo-européennes mais des langues caucasiennes que l'on retrouve en Sibérie et auxquelles se rattache probablement (mais ce n'est pas une certitude) le basque. Le français leur a emprunté quelques mots dont le morse (le lapon est aussi une langue caucasienne), papikra, hussard, toundra et sauna (finnois).

Evolution simplifiée de l'indo-européen (étape 1)
étape 2 étape 3 étape 4 étape 5 étape 6
Indo-aryen Sanscrit
Anatolien Hittite
Mycénien Grec classique Grec moderne
Thrace - illyrien Albanais Gheg
Tosk
Phrygien Arménien
Celte Celte continental Gaulois
Celtibérien
Celte insulaire Gaëlique Irlandais
Gaëlique Ecossais
Pré-breton Breton
Gallois
Germanique G. oriental Vandale
Lombard
Gothique
G. nordique Vieux norvégien Norvégien
Danois
Suédois
Islandais
G. occidental Vx bas allemand Néerlandais
Vx haut allemand Allemand
Viel anglais Anglais
Francique
Balte Vx Prussien
Letto-Lituanien Letton
Lituanien
Italique Latin vulgaire Italien
Romanche
Roumain
Gallo-romain Ancien Français Français
Occitan Provençal
Roman
Ombrien Ibérien Galicien Portugais
Castillan Espagnol
Catalan
Slave Slave oriental Russe
Biélorusse
Ukrainien
Slave occidental Polonais
Slave méridional Bulgare
Serbo-croate
Iranien Avestique
Perse Ancien

[modifier] Références

  1. Dictionnaire historique de la langue française - Le Robert
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