Étymologie de la langue française/Origines du vocabulaire
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[modifier] Les mots d'origine latine
[modifier] Remarques préliminaires sur l'évolution de la prononciation
Il convient de souligner l'importance du facteur phonétique dans l'évolution des mots. Par exemple oie vient du latin populaire auca dérivé du latin classique avis(= oiseau) que l'on retrouve dans aviculture (= élevage des oiseaux) ou grippe aviaire (= transmise par des oiseaux).
Pour comprendre les évolutions phonétiques, il faut garder à l'esprit
- qu'elles se sont déroulées sur de nombreuses générations. En comptant qu'une génération "vaut" 25 ans, près de cinquante générations se sont succédé entre le sac de Rome en 410 et le Cid de Corneille où nous constatons que nous ne prononçons pas exactement comme notre grand-mère (génération G - 2)
- que, jusqu'au XXème siècle, il n'existait ni radio ni télévision et donc aucune norme nationale "palpable" en matière de prononciation. C'est la radio qui a facilité une prononciation homogène. Pendant la première guerre mondiale, des agrégés en langue allemande faits prisonniers, furent fusillés pour avoir refusé de servir d'interprètes entre des officiers allemands du sud et du nord de l'Allemagne qui ne se comprenaient pas très bien. Dans les années 1950 et 1960, en Angleterre, il existait des offres d'emploi qui exigeaient des candidats qu'ils eussent l'accent BBC (la radio nationale officielle britannique)
- que la conjonction de ces deux phénomènes fait qu'encore au XVIIème et XVIIIème siècles, à la Cour le son oi se prononçait ouè (d'où le rouè pour le roi, le bouè pour le bois) et que l'on neprononçait aucune lettre finale (le cer pour le cerf, nourri pour nourrir) alors que le peuple parisien prononçait roi, bois, cerf. A la Cour comme à la ville on roulait les r. Encore à l'époque de Victor Hugo, lorsque l'on déclamait le bruit sourd des canons roulants vers Austerlitz l'auditoire entendait un véritable grondement.
- que jusque dans les années 1950, la sonorisation était rare et imparfaite ce qui imposait de parler en articulant, en découpant bien les syllabes sans "manger" les finales rétablies en partie au début du XIXème siècle. Imaginez un cours sans micro dans un amphithéâtre de la Sorbonne, un sermon sans micro à Notre Dame de Paris, une plaidoirie sans micro dans la grande salle d'audience d'un tribunal aujourd'hui classé monument historique, un discours dans l'hémicycle du Sénat. Dès générations de professeurs, de prêtres, d'avocats ou d'hommes politiques ont pourtant dû le faire. Pour le commun des mortels se faire entendre dans une foire où tout le monde criait ne devait pas être facile, pas plus que dans la salle de garde d'un château (essayez par exemple au Palais des Papes en Avignon un jour d'affluence : elle correspond à la salle d'accueil).
- qu'il y a toujours eu des modes qui laissent des traces. Au XVIème siècle, il était de bon ton de prononcer z le r compris entre deux voyelles. Paris se prononçait Pazi, oratoire se prononçait ozatoire d'où les noms de ville en Ozoir ou Osoir lorsque la commune comptait une chapelle. Sous Napoléon 1er et peut être parce que Joséphine de Beauharnais éprouvait des difficultés à les prononcer, il devient à la mode d'élider les r d'où les inc'oyables et les mé'veilleuses. Entre les deux, les Précieuses, qui étaient loin d'être nécessairement ridicules - ont fait la chasse à tous les gestes disgracieux ; on leur doit les mousses inventées par leurs cuisiniers à qui elles avaient demandé des plats qui n'exigeassent pas des mouvements musculaires trop marqués lors de la mastication. Cette volonté a sûrement exercé une influence sur leur prononciation
- que, plus généralement, les sons des langues européennes s'articulent en un système qui permet de distinguer des labiales, des dentales, des palatines et que le passage de l'une à l'autre est assez simple ce qui explique, par exemple, qu'au qu latin corresponde v ou f dans les langues plus nordiques comme quatre / quattro (italien) et vier (allemand), voor (flamand) et four (anglais) ou encore qui /chi (italien qui se prononce qui) et who (anglais), Wer (allemand); de même, on trouve une correspondance entre le d et le t (dent au Sud contre tooth au Nord - dies (le jour) contre tag (même sens) au nord.
[modifier] Les doublets
Au fil des temps les mots latins avaient évolué en français phonétiquement et sémantiquement. Par exemple captivum (= captif) avait donné chétif avec le sens que nous lui connaissons, un captif étant souvent chétif du fait des mauvaises conditions de sa détention.
Lorsque, à partir du XIVème siècle on se mit à traduire beaucoup de textes latin en français parce que le latin commençait à devenir une langue morte alors même que le contenu des textes latins conquérait l'intérêt des lecteurs français, on traduisit captivum par captif pour désigner le prisonnier en tant que tel. On dit que captif et chétif sont des doublets. Il existe des dizaines de doublets. D'une façon générale les mots de formation populaire se référent au concret et les mots de formation savante sont plus abstraits mais il existe des exceptions.
- entier (formation populaire) et intègre (formation savante) ont tous les deux pour origine "integrum" ce qui explique aussi qu'en mathématiques, les entiers soient des integers en anglais
- frêle (populaire) et fragile (savant) sont issus du même mot fragilem
- raide (populaire) et rigide (savant) de rigidum
- parole (populaire) et parabole (savant) du latin parabola, lui même issu du grec
- raison (populaire) et ration (savant) du latin rationem. Raisonner c'était d'ailleurs savoir compter d'où l'âge de raison (7 ans) qui est celui où l'on sait compter
- poison et potion du latin potare (= boire) d'où l'eau potable.
[modifier] Les fusions
On notera aussi les fusions dans lesquelles deux mots fusionnent en un seul, exemples :
- affaire (initialement ce qu'il y a à faire)
- alarme (initialement all 'arme = aux armes). L'italien actuel conserve les deux l (allarme);
- antan (initialement ante an soit l'année dernière)
- aujourd’hui (composé de « au jour de » et de « hui », du latin « hodie », (« aujourd’hui », « ce jour »), il signifie donc « au jour présent ». Au jour d’aujourd’hui est donc un splendide pléonasme.
- bonhomme (initialement un bon homme c'est à dire un brave homme, un homme cultivé
- gendarmes (initialement gens d'armes)
- malgré (initialement mal gré de mauvais gré)
- naguère (initialement il n'y a guère de temps)
- parce que (initialement par ce que ce mot, etc )
- voilà (initialement vois-là).
[modifier] Les emprunts
[modifier] Les emprunts au francique
Les mercenaires avaient déjà introduit quelques termes dès les années 250 après J.C. comme les renforts agricoles mais se sont surtout les Grandes Invasions qui ont introduit le vocabulaire de la guerre et du droit salique, très différent du droit romain. Par la suite, les vainqueurs ont adoptés la langue de l'Ex-Empire romain comme les Romains avaient eux mêmes adopté la civilisation des Grecs qu'ils avaient dominés militairement (l'élite romaine parlait grec naturellement à tel point que lorsqu'il fur poignardé, Jules César s'exprima en grec en reconnaissant son fils parmi les conspirateurs ; il ne dit pas tu quoque fili mas kai su texnon (toi aussi mon fils). Parmi les mots franciques citons :
- hargne de harmjam (tourmenter)
- honte (le latin disait me pudet qui persiste dans pudeur)
- grès de greot (= gravier)
- grêler de grisilon, de même sens
- riche d'un radical rîki que l'on retrouve aussi dans l'allemand Reich. Le mot a d'abord signifié puissant avant d'acquérir le sens de riche car qui est puissant et généralement riche
- gris de grîs, de même sens ; de ce mot dérive grisette, étoffe commune de teinte grise puis jeune fille vêtue d'une étoffe grise, puis d'humble condition (car au XIXème siècle le gris était très répandu avec le bleu pour les vêtements de travail), puis jeune fille travaillant dans l'industrie du vêtement qui employait une fraction importante du salariat féminin, puis jeune facile facile à séduire par un garçon car elle se laisse aisément convaincre
- haubert (= la cotte de maille) de halsberg (= ce qui protège le cou). en allemand moderne on retrouve hals pour le cou mais non en anglais où neck de la même famille que le français nuque, tout deux venant de l'arabe nuqua (= la moelle épinière)
- heaume de helm, casque
- guerre. Le mot francique est werra qui donne war et Wehr respectivement en anglais et allemand modernes. En latin la guerre se disait bellum que l'on retrouve dans belliqueux. Beau se dit pulcher en latin classique mais une forme populaire, bellum, se développa, générant une confusion entre bellus (beau) et bellum (guerre) qui facilita l'adoption du mot franc.
- malle de malha, sacoche.
- bordel qui signifiait une grosse planche. Comment est-on passé de la planche au sens actuel de désordre ? A partir de ces planches on pouvait construire de pauvres maisons rudimentaires et ce fut le premier sens (le composé à partir du composant). Cette cabane de planches en "bord'eau" ou "bord'elle" (la mer, la rivière) servant de "guinguette", etc...
Avec le temps, ces maisons rudimentaires n'offrirent plus le confort minimal que les gens attendaient d'un foyer et seules les plus pauvres continuaient à abriter des prostituées. Le mot se spécialisa alors dans le sens de maison de passe. Les clients de ces établissement se livrant à des débordements en tout genre, le mot en vint à désigner l'état de désordre qui en résultait.
En anglais, la formule correspondante est 'what a mess'. Mess vient du latin mensa la table. Le mess des officiers est l'endroit où il y a des tables pour manger. La fraternité militaire donnant parfois lieu à des excès de beuverie, le mess se trouve alors dans un état qui sert de référence en matière de désordre. Ce même mot mensa donne aussi manséatique qui désigne des montagnes aplanies comme une table (par exemple le massif ibérique).
En italien, la formule est 'Che casino' où casino a le même sens qu'en français mais y est perçu comme un lieu de débordement et surtout très bruyant.
[modifier] Les emprunts à l'arabe
Même après l'effondrement de l'Empire romain, l'Occident n'a jamais cessé d'entretenir des relations entre, d'une part, Byzance et, d'autre part, les pays d'Afrique du Nord et du Proche Orient, essentiellement à partir de la Provence, du Languedoc et de l'Italie. Les Croisades ont accentué ces contacts. Inversement l'invasion de la péninsule Ibérique par les Arabes n'a pas laissé de trace majeures dans le reste de l'Europe, le franchissement des Pyrénées étant, somme toute, plus difficile que la traversée de la Méditerrannée selon des voies bien connues. Citons :
- alchimie vient de l'arabe al-kīmiyāﺀ. Le terme est arrivé en français au Modèle:XIVe siècle, par le latin médiéval alchemia. Les mots alchimie et chimie sont restés synonymes jusqu'à l'apparition de la chimie moderne au XVIIIe siècle[1].
- alcool qui signifie en arabe distillat, poudre [emprunt en 1586]
- algèbre = réduction au sens où nous disons le problème se ramène / se réduit à un système à deux équations [fin XIVème]
- algorithme : nom propre d'un mathématicien [1554]
- avarie = accident [fin XII]
- amiral = prince de la mer
- alambic : arabe emprunté au grec ambix, de même sens [1265]
- alcôve = petite pièce [1646]
- alcali = soude [1509]
- candi [1256], initialement dit condi, par l'intermédiaire de l'italien, emprunté à l'arabe quandî = sucre cristallisé
- hasard de az - zahr, le dès, entré en français par l'intermédiaire de l'espagnol azar
- matelas initialement écrit materas est entré en français par l'intermédiaire de l'italien materasso et provient du mot matrah, chose jetée à terre (au cas particulier un coussin) du verbe tarash, jeter [XVI]
Beaucoup de mots empruntés à la langue arabe commencent par al ou a car, en arabe, al est un article qui a été accolé au substantif lors de l'emprunt comme un enfant qui maîtrise encore mal la langue française dit le lane pour l'âne.
Un cas intéressant est l'emprunt du mot sifr qui signifie vide et a été transcrit à la fois par chiffre et par zéro (la notation arabe des chiffres utilisant un blanc pour le zéro).
[modifier] Les emprunts à l'italien
Les royales épouses et les nobles dames venues d'Italie au XVIème siècle et au début du suivant ont apporté la civilisation du Quattrocento dans leurs bagages : vocabulaire des cours ducales et princières et du commerce qui avait permis les développements économiques lombard et toscan :
- courtisan
- page
- banque mais aussi faillite.
La banca est un banc ou plutôt une petite table sur laquelle on pose l'argent à changer, ce qui constituait l'activité première des banques. En cas de faillite (d'une racine signifiant tomber que l'on retrouve dans défaillir) du banquier, la corporation lui interdisait symboliquement de continuer son activité en lui cassant sa table (d'où banca rotta, la table brisée en italien).
L'essentiel du vocabulaire français de la musique est emprunté à l'italien
- allégro = joyeux
- andante = simple, habituel (mot à mot : qui marche [à pieds]
- adagio = lentement (si vous circulez en Italie, vous avez constaté que le mot apparaît fréquemment à l'entrée des parkings souterrains ou aux abords des écoles)
- scherzo = plaisanterie
- ténor = tenore qui désigne le "contenu essentiel" formule comparable aux expressions françaises la teneur de la loi ou la teneur en oxygène. Le ténor est l'acteur qui assume l'essentiel de l'opéra.
A la période romantique s'ajouteront des mots allemands comme lied (= chant)
[modifier] Les emprunts aux langues américaines indigènes
Tous les produits exotiques découverts aux Indes Occidentales comme l'on disait alors ont été importés, le plus souvent via l'Espagne ou le Portugal avec leur nom d'origine plus ou moins bien compris et déformé. Ainsi
- chocolat
- cacahouète
- avocat et hamac des Caraïbes
- banane
mais aussi topinambour qui en même temps qu'il désignait le tubercule comestible avait aussi le sens de personne de caractère ombrageux, caractère que l'on attribuait à la tribu Topinambour d'où ont été exportées les premières de ces plantes.
Cela explique que ces mots soient peu ou prou identiques dans toutes les langues européennes d'aujourd'hui. A noter le cas de l'espagnol qui appelle "platanas", les bananes. Lorsque les premiers Conquistadores rapportèrent des bananes à Séville, les badauds leur demandèrent combien il en poussait"là-bas". "Autant que de platanes à Séville" fut la réponse qui parut par trop exagérée (bien qu'elle fut vraie) et conduisit à appeler le fruit platana à Séville puis dans toute l'Espagne.
Indépendamment de ces importations, espagnol et portugais ont laissé quelques mots apportés par les mercenaires et liés à la vie militaire tels adjudant ou camarade.
L'adjudant est celui qui aide (adjutare) un officier (= un aide de camps) comme l'adjuvant est un additif qui renforce (= qui aide) les qualités d'un remède ou d'un produit industriel comme le béton.
Le camarade est celui avec qui on partage sa chambre (camera d'où la camera obscura (= chambre noire) qui aboutit plus simplement à la caméra [de cinéma]). Le camarade est le compagnon de chambrée, le compagnon étant celui avec qui l'on partage (= cum) le pain.
Du portugais l'on peut aussi retenir :
- pintade qui est l'abrégé de galina pintada (= poule peinte)
- sombrer qui vient - via un verbe français soussoubrer - d'un verbe portuguais (soçobrar) signifiant "aller sous l'eau".
Texte italique L'emprunt au néerlandais Le néerlandais a beaucoup apporté à la langue française, notamment - mais non exclusivement - dans le vocabulaire maritime :
- tribord de stierboord qui signifie bord du gouvernail ( stier ) et bâbord de backboord soit du côté du dos
- brique: à l'origine il y a la racine brek ( =casser, briser ) que l'on retrouve dans l'anglais to break (casser) et dans l'allemand brechen ( briser ). Lorsque l'on malaxe la pâte en petites particules on obtient un gâteau aéré : la brioche (forme normande de broyer). Lorsque l'on malaxe l'argile en petites particules on obtient une pâte qui après cuisson donne la bricke ( en néerlandais ) devenue brique en français. Lorsque l'on malaxe du sable avec de l'eau on obtient une solution abrasive qui nettoie efficacement ; c'est celle utilisée par les marins pour briquer leur navire d'où l'expression familière "brique sa cuisine".Au XIIème siècle brique avait bien dans la langue française le sens de petit morceau, de miette ; passé le XVIème siècle, ce sens a disparu sauf dans une expression populaire qui a survécu jusqu'à la fin du XIXème siècle : bouffer des briques (= n'avoir à manger que des miettes, c'est à dire rien) où l'idée de dureté et de caractère indigeste de l'aliment comparable à de la brique de construction s'ajoute à la notion de pénurie.
- bouquin vient de boeckijn diminutif de bock ( =livre en néerlandais ) à rapprocher de book ( anglais ) et de Buch (allemand )
- botte est le néerlandais bote qui désigne une touffe de lin.
[modifier] Les emprunts à l'anglais
S'ils sont aujourd'hui importants, surtout à travers l'américain, il n'en fut pas ainsi pendant longtemps ne serait-ce que parce les familles anglaises parlaient la langue française et la première grammaire française fut rédigée en anglais pour permettre aux féodaux autochtones d'acquérir la langue d'expression de leurs souverains.
Les premiers emprunts à l'anglais apparaissent au XVIIIème siècle sous la double influence du libéralisme politique qui se développe en Angleterre et définit les notions et les mots de parlementaire ou de comité et de l'expansion pré-industrielle comme de l'hégémonie maritime qui succède à celle des pays du Sud de l'Europe d'où rail, tunnel
[modifier] Les emprunts aux autres langues
Les autres langues ont moins apporté, en dehors de mots désignant des institutions ou des produits locaux (comme les boyards, le caviar. Citons : l'allemand
- flic est dérivé de Fliege (= la mouche au sens du mouchard, une mouche passant partout et pouvant ainsi espionner en permanence)
- loustic est la francisation de lüstig (= joyeux). Dans les troupes allemandes, il y avait un bouffon comme cela se faisait alors que l'on appelait "Lüstig" (= le Joyeux) qui ne passait pas inaperçu
- képi
- ersatz (mot à mot qui se tient à la place de)
le scandinave avec saga [1740], récit mythologique ou historique en scandinave, le mot étant à rapprocher de l'anglais to say et de l'allemand sagen (= dire)
[modifier] le fond gaulois
La littérature gauloise étaient essentiellement composée de poésies épiques et transmise exclusivement par voie orale. C'est pourquoi s'il reste encore de nombreuses traces du gaulois dans les noms de lieux, cette langue n'a laissé - à travers le latin essentiellement - qu'une quarantaine de mots :
- alouette
- berceau
- les brayes (prononcer: brailles), les pantalons d'où vient le mot braguette.
- bruyère. Le mot a été, par ailleurs confondu avec le mot latin ruscus qui signifiait houx. Un terrain à bruyères était appelé bruscia (qui signifiait taillis, buisson) puis brousse (et broussaille) mais aussi brosse d'où les premières brosses qui n'étaient pas faites pour se coiffer mais pour laver le linge ou le sol et donc fabriquées à partir de végétaux très durs et acérés. Brosse et brousse se spécialisèrent par la suite mais il reste des traces de cette synonymie en français moderne : brosser lorsque l'on parle d'un animal qui se faufile dans les taillis (ex : en brossant, ce lièvre évita la malveillance du chasseur). Par analogie, on appelle aussi brosse, la rangée de poils que l'on trouve au bout des pattes ou antennes de certains insectes et qui leur permettent, par exemple, de se situer dans l'espace tout en servant à la pollinisation.
- talus, de talo qui désigne le front puis, par analogie avec la pente du front, un terrain en pente dans le langage des mineurs
- charrue qui désigne à l'origine un char gaulois puis un char agricole puis finit par se limiter à un instrument muni de roues et d'un soc
- glaner
- chêne qui est une fusion du gaulois romanisé "casanus" et du mot bas latin "fresne"
- sillon d'une racine signifiant 'amasser de la terre'
- bordigue, cabane avec des étagères pour garder le poisson au bord de la mer
- probablement tamis avec le même sens.
[modifier] L'emprunt par composition lexicale
Une forme particulière d'emprunt est la composition lexicale à partir de racines grecques et latines, contrairement à l'emprunt proprement dit où un mot étranger courant est introduit dans la langue d'accueil. Initié dès le XVIème siècle, le procédé a été particulièrement utilisé de 1750 à 1950 (pour avoir des chiffres ronds) dans tous les domaines de la vie scientifique et technique. En principe les deux racines doivent être ou grecques ou latines mais l'on rencontre des mots mixtes.
Les spécialités médicales en sont un bon exemple : à partir de logie(= étude) l'on construit :
- cardiologie [1797]
- dermatologie [1836] derma est la peau en grec. Le mot pel (d'où vient la peau) désigne initialement la peau de bête tannée ; appliquer le terme à la peau humaine a dû être quelque peu grossier à l'origine comme aujourd'hui parler de la "gueule" de quelqu'un.
- oncologie [vers 1970] oncos c'est la masse en grec or les tumeurs constituent un amas en imagerie médicale comme à la palpation
- proctologie [vers 1970] de procto, l'anus en grec
- ophtalmologie [1753] de ophthalmo, l'œil en grec
De la même façon, à partir du mot saura (= le lézard en grec) on construit
- les sauriens = tous les reptiles avec écailles [1800]
- dinosaure [1845] ou le lézard qui fait peur (deino en grec = effrayer)
- ichtyosaure [1824] où le poisson-lézard (ichtys = le poisson en grec)
ou encore, en vrac
- rhinocéros [1288] qui a une corne (kéros) sur le nez (rhino)
- hippopotame [1265] qui est le cheval (hippo) du fleuve (potamos)
- hippodrome [1534] qui est le chemin (dromos) du cheval (hippo)
- dromadaire ou l'animal qui fait du chemin (dromos) sous entendu sans boire
- pétrole [XIIIème siècle] où l'huile (oléa) de la pierre (petra)
- éthologie [1856] la science (logos) des mœurs (êthos).
[modifier] Les noms propres (personnes, villes, personnages de roman) devenus noms communs
Le plus connu est Poubelle du nom du préfet de police de Paris, qui imposa, en 1884, de placer les déchets dans un récipient et non de les déposer en vrac sur la chaussée et institua leur collecte régulière mais l'on peut également citer
- le père Clément qui fut le premier à obtenir des clémentines dans un orphelinat d'Oran en 1902 par greffe d'un hybride d'oranger et de mandarinier sur un pied de mandarinier
- MacAdam qui utilisa un revêtement qui venait d'être mis au point pour solidariser les routes et les rendre plus confortables
- Doberman est le nom de famille d'un gardien de fourrière d'une petite ville allemande qui, chargé d'exterminer les chiens errants, réussit à les croiser de façon à obtenir une race de chiens de garde et en sauva ainsi quelques uns d'une mort prématurée
- Guillaume est l'imprimeur qui introduisit les guillemets (appelés initialement guillaumets) dans l'imprimerie ; dans ce secteur, un autre Guillaume,Massiquot (1797 - 1870) laisse son nom sous une forme othographique simplifiée (massicot) au dispositif qui permet de couper les feuilles
- Pasteur dont le nom se retrouve dans la plupart des langues dans des termes comme pasteurisé ou pasterisation
- Barème, mathématicien (1640 - 1703) auteur d'un des premiers manuels pratiques de comptabilité
- Carlo Tonti qui conçu les tontines (dans une tontine, un emprunteur offre 100 euros par an pour rémunérer un capital initial de 10.000 euros par exemple. Au fur et à mesure que les prêteurs meurent la rémunération annuelle qui reste constante à 100 euros est répartie sur les seuls survivants ; ce procède fut très utilisé par les rois de France du milieu du XVIIème siècle aux abords de la Révolution Française puis par les premières institutions mutualistes)
- Frangipane. Marquis italien, Frangipani mis au point en 1558 un parfum pour les ... gants ; ledit parfum connut rapidement du succès pour accommoder les pâtisseries
- Fuller. Eugène Fuller est l'architecte qui dessina les plans de la géode. Les nano particules ont une structure qui rappelle une géode. Pour honorer Fuller on eut l'idée de donner son nom à la structure
- Bougainvilliers, navigateur qui ramena la plante. De mêmecamélia (initialement écrit Camellia) à qui Linnée (qui nomma nombre de plantes de façon raisonnée) donna ce nom en souvenir du père jésuite qui l'avait ramené du Japon : Camellus
- Oignon était le responsable du protocole de Louis XIV et il exigeait des Grands qu'ils fussent rangés. Par la suite, la référence à ce royal ordonnancement fut oubliée et l'image d'oignons rangés sur un marché se substitua à l'originale
- Calepin. En 1502, Ambrogio Calepino publia un Dictionnaire de la langue latin à succès. Le mot Calepin désigna d'abord un dictionnaire (latin ou non) puis évolua vers le sens de recueil de notes.
- Sandwich est le nom d'un comte anglais (1718 - 1792) qui, joueur infatigable, demanda à ce qu'on lui servît son repas entre deux tranches de pain pour ne pas quitter le salon de jeu.
- grégorien : les chants grégoriens. Pape de 590 à 604, Grégoire fixa définitivement les textes rituels et plaça la messe à la première place des cérémonies du culte, sur le plan artistique. Il fit établir une sélection de chants épurés destinés à toutes les fêtes de l'année (= l'antiphonaire) et fonda une école de musique destinée à diffuser une nouvelle interprétation mélodique
- Lalune était un général dont les bourdes étaient nombreuses d'où l'expression bête comme la lune
- à l'inverse, Colin, aveuglé par le sang d'une blessure infligée par l'ennemi se saisit d'un maillard (marteau - comparez avec maillet) et frappant plus ou moins au hasard massacra nombre de ses adversaires, d'où le jeu de colin-maillard
- Hooley et son gang (Hooley's gang) était un Irlandais qui rançonnait les paysans en faisant montre d'une extrême violence vis à vis de ceux qui ne se soumettaient pas à ses exactions d'où les Houligans des stades
- Étienne de Silhouette était contrôleur général des Finances au XVIIIème siècle. Son nom est resté dans la langue soit en raison des nombreuses caricatures que l'on fit de lui soit du fait de ses passages rapides aux affaires qui ne permettaient que de l'y apercevoir
Dans le genre grunge on trouve isabelle et bourdaloue
- isabelle est la couleur de la robe d'un cheval ou du pelage d'un chat qui associe jaune pâle, rouge et noir. La légende veut qu'une noble dame prénommée Isabelle ait fait vœu de ne pas changer sa chemise entre le départ de son époux pour la guerre et son retour. Il existe deux variantes : Isabelle la Catholique lorsque le roi soutint le siège de Grenade (1491) qui dura un an et l'archiduchesse Isabelle, petite fille de Catherine de Médicis et de Henri II lorsque son époux - Albert - partit pour Ostende et revient en triomphateur après que la ville ait cessé de lui résister pendant trois ans. D'où la couleur de la chemise au retour du bien-aimé. Il semble cependant aux philologues modernes que le mot est tout simplement l'emprunt du mot hiza (= le lion) à l'arabe à cause de la couleur du pelage de ce fauve.
- Bourdaloue (ce n'est plus légende mais réalité) était un prédicateur de Notre Dame de Paris à l'éloquence fort prisée des dames de la bourgeoisie parisienne. Rhétoricien accompli, il captivait son public pendant plusieurs heures et certaines dames eurent l'idée de s'équiper d'un petit vase très discret leur permettant de satisfaire de petites besoins sans quitter leur place (à l'époque les robes étaient assez larges)
Coté paillettes, au contraire, le strass fut inventé par un joailler parisien : Georges Frederic Strass (1770 - 1773)
Pour ce qui est des villes citons
- angora. Initialement on ne parlait pas d'un chat angora mais d'un chat d'Angora, ancien nom de la ville d'Ankara en Turquie
- bougie, cire fine de Bougie, ville située dans l'Algérie actuelle, prisée dès le XIVème siècle car elle ne produisait pas trop de fumée pour un bon éclairage
- corbillard. Dès le XVIème siècle, on appelait Corbeillard le coche d'eau - peint en noir - qui assurait une navette entre Paris et Corbeil. Le mot pris son sens actuel au XVIIIème siècle. Les bateaux mouche auraient une origine identique : une navette entre Lyon et le quartier de La Mouche
- cordonnier. Le cordonnier est étymologiquement celui qui travaille le cuir à la façon des Cordouans (Cordoue, ville espagnole) ou, plus probablement, le cuir en provenance de cette région
- cravate est à l'origine le large ruban que les soldats du Royal Croate étaient autorisés à porter par Louis XIV. Croate se prononça rapidement Cravate.
- faïence : ce type de poterie fut imaginé dans le région italienne de Faenza (une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Bologne)
- sardine. Originellement il s'agit d'un poisson pêché en Sardaigne
- jeans. Vers 1850, Levi-Strauss fabrique des pantalons avec de la toile servant à bâcher les chariots dont il renfore les coutures avec des rivets. Cependant une dizaine d'années plus tard il trouve encore plus résistant : un tissu de coton fabriqué à Nîmes depuis la fin du XVIème siècle, teint en bleu avec de l'indigo. Ce tissu de Nîmes deviendra denim d'abord prononcé denime. Comme Nimes n'est pas un port, c'est de Gênes que le tissu prend la mer pour les États - Unis d'où sa seconde appellation de "tissu bleu de Gênes" devenu blue - jeans puis simplement jeans.
Sans dériver de noms de personnes, des noms communs sont issus de noms de personnages de roman ou de noms commerciaux.
- Le Romand de Renard fut aussi célèbre au Moyen-Age qu'Harry Potter de nos jours. Il mettait en scène un goupil (c'est à dire un renard) nommé Renart (en fait Reinhart, soit en Allemand "le fier et grand") qui berne Ysengrin le loup, Noble le lion ou encore Tibert le chat. Ce personnage eût tellement de succès que son nom se substitua au mot goupil, issu du latin vulpes que l'on retrouve en italien moderne (volpe) et - après passage du v au f caractéristique du Nord - en anglais (fox) et en allemand (Fuchs);
- syphilis (une maladie sexuellement transmissible) doit son nom au berge Syphilus des Métamorphoses d'Ovide, un des auteurs latins les plus lus au Moyen-Age (qui connut d'ailleurs une renaissance ovidienne). Le plus original est que cette maladie importée du Nouveau Monde n'existait donc pas à l'époque romaine. C'est un traducteur de Vérone, Fracastor, qui ajouta cet épisode à son modèle en 1530, époque où la maladie faisait aussi peur que le SIDA aujourd'hui car les Européens n'ayant jamais été au contact de l'agent infectieux, ils étaient nombreux à mourir.
Nicolas Chauvin, personnage d'un vaudeville de 1831 (La cocarde tricolore)représentait un soldat de l'Empire un peu bébête au patriotisme quelque peu excessif.
- frigidaire est une marque de réfrigérateur (on parlait initialement d'armoire réfrigérante d'où réfrigérateur)
- éclair. La fermeture Éclair est une marque de fermeture à glissière. Cette marque s'étant imposée dans toute l'Europe on parle aussi de chisura lampa (même formule) en italien.
- klaxon est le nom du premier fabricant
- texto est une marque déposée par SFR pour désigner les SMS (c'est à dire originellement l'élément du Short Message Service que l'on a francisé en Service de Messagerie Succinct)
A Marseille, entre les deux premières guerres mondiales on n'utilisait pas d'eau de Javel (nom de l'inventeur) mais de la pigeonne du nom de la marque locale.
On trouve des phénomènes identiques dans toutes les langues européennes. Ainsi en italien, on appelle Montgomery, du nom d'un général qui portait ce vêtement avec élégance ce que la langue française appelle duffle coat.
[modifier] Les abréviations
Le fait que certains mots constituent des acronymes reste parfois conscient mais est parfois oublié.
- Laser [1960] pour Light Amplification by Stimulated Emission of Radiations
- Maser [1954] pour Microwave Amplification by Stimulated Emission of Radiations
- Radar [1944] pour Radio Detecting And Ranging
- Sonar [1970] pour Sound Navigation And Ranging
- Prion pour Proteinaceus Infective Only Particule (particule infectieuse de nature seulement protéique)
- APUD pour Amine Precursor Uptake and Decarboxylation (il s'agit de cellules de la crête neurale qui migrent chez l'embryon et jouent un rôle important dans le système neuro-endocrinien)
- S.O.S. qui a gardé les points séparateurs est l'abréviation de Save Our Soul (Sauvez notre âme). Au temps du Morse, le S correspondant à trois longues et le O à trois brèves, l'envoi d'un S.O.S. se traduisait par la répétition sans fin de trois longues et trois brèves.
- snob est l'abréviation (s. nob.) de sine nobilitate (= non noble), mention que portaient les collèges anglais habitués à n'accueillir que les enfants de la noblesse lorsqu'ils s'ouvrirent à la bourgeoisie. Que ce fut vrai ou médisance, on disait que les enfants issus de la bourgeoisie affectaient des comportements habituels à la noblesse et cherchaient à se montrer "plus nobles que les nobles".
- jeep constitue l'évolution ultime de la prononciation de Jee Pee, des initiale G.P. pour General Purpose (tous usages) caractéristique essentielle voulue par les militaires commanditaires de cette voiture. Le mot est à rapprocher de G.I. terme affectueux pour désigner les soldats américains dont les effets portent le terme G.I. (Government Issue) soit Propriété de l'Etat.
Comme tous les mots communs, les abréviations donnent des dérivés : radarisé, snober, snobinard,apudlike,...
[modifier] Les onomatopées
L'étymologie de ce mot est création (poeïn) de mots (onoma) en grec. Il s'agit de mots qui visent à imiter un son ou à suggérer la chose nommée :
- boum, paf, crac
- brrr qui remonte au XVIIIème siècle
- gazouillis
- glouglou
- frou frou qui vient de frifilis, mot du XVIIIème qui évoque le froissement des tissus
- susurrer
- vrombir
- murmure : initialement le mot désignait un bruit assourdissant.
- patte serait la traduction du bruit fait par le frottement des poils des pattes d'un animal qui court vite
- bat, le bruit que l'on fait en bâillant est à l'origine d'un mot latin batare qui a donné bâiller
et en anglais kiss (baiser) serait le bruit du baiser.
Enfin slogan sans être une onomatopée est un cri de guerre islandais.
[modifier] Les mots forgés de toutes pièces
- Ordinateur : dans la plupart des pays, on parle de computer (= qui calcule). En France, lorsque la machine commença à être connue, on parlait d'ensemble électronique ou encore de calculateur électronique pour celles qui n'étaient pas dédiées à la gestion mais à des calculs proprement dits. Le principal constructeur de l'époque, pour ne pas dire le seul, IBM souhaita trouver un mot spécifique à sa marque et chargea un linguiste, J. Perret de cette démarche. Ce dernier, en retenant que la machine triait rapidement les données, rechercha un vieux mot de théologie "ordinateur" et le "vendit" à IBM. Il est dit dans la Bible que Dieu est le Grand Ordinateur car il trie et il assemble. La protection de la marque ayant pris fin, le mot est tombé dans le domaine public.
- Récemment les informaticiens ont à nouveau puisé dans le vocabulaire de la théologie en imaginant d'utiliser le mot ontologie pour désigner la description sémantique d'un domaine c'est à dire l'ensemble des mots du domaine et des relations qui les unissent.
- Bikini et monokini. Le créateur du premier bikini - même si sa culotte était bien plus haute et couvrante que la nôtre - savait que ce vêtement allait faire scandale d'autant qu'aucun mannequin professionnel n'avait accepté de le présenter au public et qu'il avait dû s'adresser pour ce faire à une danseuse de spectacle nu. Tout le monde avait alors à l'esprit le petit atoll de Bikini où eut lieu la première explosion atomique expérimentale en grandeur réelle ; le créateur retint donc de nom à la fois pour la petite surface du vêtement (comme l'atoll) et l'explosion "atomique" qu'il allait créer. Lorsque la mode d'un bronzage quasi intégral fut lancée, on joua à nouveau sur le mot en appelant monokini un maillot composé seulement de la pièce du bas comme si le préfixe bi- de bikini caractérisait l'existence de deux parties (à comparer à la plaisanterie éculée : elle a attrapé des microbes et même des crobes entiers).
- français moyen date très exactement d'un discours d'un homme politique de l'entre deux guerres, Edouard Herroit, prononcé le 19 oaût 1924 et désigne en fait ce que les statisticiens appeleraient plutôt le français modal.
D'autres mots sans avoir été inventés ont eu une introduction dans la langue française liée à un phénomène bien identifié. Ainsi
- rescapé. Le mot appartient à un dialecte wallon. En 1906, la France connut une des plus grandes tragédies industrielles, l'explosion de la mine de Courrières qui fit près de 1100 morts. Des mineurs belges étaient venus aider au sauvetage de leurs camarades français bloqués depuis plusieurs jours dans un puits à la suite d'un éboulement. Interrogés par un journaliste, ils parlèrent des "rescapés". Le mot fut repris par l'ensemble de la presse et introduit du jour au lendemain dans le français standard qui en généralisa vite le sens.
- côté cour et côté jardin. Cette expression des gens de théatre est une première manière de politiquement correct (sous peine de mort). Sous l'Ancien Régime français, le théâtre royal comportait deux loges, l'une pour le roi et l'autre pour la reine. La mise en scène faisait ainsi naturellement référence au côté de la reine ou au côté du roi. Avec la Révolution française, un tel référentiel pouvait valoir un aller immédiat pour l'échafaud. Une des loges était située du côté d'une cour et l'autre du côté d'un jardin, d'où la substitution.
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