Être et Temps

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Histoire de la philosophie
Martin Heidegger


Être et Temps (Sein und Zeit, 1927) est une œuvre du philosophe allemand Martin Heidegger.

Cette œuvre est conçue comme une première partie d'un projet qui ne fut pas mené à terme. Elle marque un tournant important de la philosophie continentale (Lévinas - qui s'opposa pourtant à lui, considéra à la lecture de cette œuvre que Heidegger était l'un des plus grands philosophes de l'histoire occidentale); c'est en partie sous son influence que se développent l'existentialisme et la déconstruction.

Cette œuvre pose la question du sens de l'être, question fondamentale de l'ontologie, définie par Aristote comme étant la question de l'être en tant qu'être.

Pour Heidegger, cette question, qui est tombée dans l'oubli et la trivialité (la tradition philosophie qu'il faudra détruire - ou, suivant les traductions - déconstruire), doit être reposée à la lumière du Dasein, étant privilégié parmi les étants.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le wikitexte]

Introduction : l'exposition de la question du sens de l'être[modifier | modifier le wikitexte]

Chapitre premier : Nécessité, structure et primauté de la question de l'être[modifier | modifier le wikitexte]

§ 1. La nécessité d’une répétition expresse de la question de l’être[modifier | modifier le wikitexte]
Heidegger signale à ce stade de la réflexion trois préjugés concernant l'être.
1. L'être est le concept le plus général
2. Le concept d'être est indéfinissable
3. L'être est un concept qui va de soi
§ 2. La structure formelle de la question de l’être[modifier | modifier le wikitexte]
« Le Dasein est un étant qui ne se borne pas à apparaître au sein de l’étant. Il possède bien plutôt le privilège ontique suivant : pour cet étant, il y va en son être de cet être. [...] La compréhension de l’être est elle-même une déterminité d’être du Dasein. Le privilège ontique du Dasein consiste en ce qu’il est ontologique. » (Être et temps)

Pour le reformuler dans un langage plus clair, l'homme, en tant qu'il est un étant, a toujours déjà une certaine idée de l'être, idée que l'on ne peut assimiler à la connaissance qu'il peut avoir des choses (des étants). Cette dernière connaissance est dite ontique, elle concerne les sciences, et n'interroge pas les présupposés de ses relations aux objets, alors que la question de l'être de l'étant est dite ontologique, et même, en tant qu'il s'agit d'interroger le sens de l'être, pré-ontologique.

Le Dasein est explicité ainsi par Heidegger :

« [...] ontiquement, le Dasein n’est pas seulement proche, ou même le plus proche — mais nous le sommes même nous-mêmes. »
« L’être lui-même par rapport auquel le Dasein peut se comporter et se comporte toujours d’une manière ou d’une autre, nous l’appelons existence. Et comme la détermination d’essence de cet étant ne peut être accomplie par l’indication d’un quid réal, mais que son essence consiste bien plutôt en ceci qu’il a à chaque fois à être son être en tant que sien, le titre Dasein a été choisi comme expression ontologique pure pour désigner cet étant. »

Le Dasein est donc le rapport d'un étant à lui-même, rapport d'appropriation dont le Dasein est responsable :

« Le Dasein se comprend toujours soi-même à partir de son existence, d’une possibilité de lui-même d’être lui-même ou de ne pas être lui-même. »

Cette compréhension de soi et la prise en charge ou non de son être par le Dasein est appelée existentielle par Heidegger. L'examen des structures de cette existentialité est « la tâche d’une analytique existentiale du Dasein. » Mais en tant que le Dasein est toujours déjà impliqué dans un monde, c'est dans cette analytique que peut être recherchée l’ontologie-fondamentale d'où jaillissent toutes les autres ontologies. Ce point est fondamental pour le questionnement du sens de l'être :

« Le Dasein s’est alors dévoilé comme l’étant qui doit d’abord être élaboré ontologiquement pour que le questionnement puisse accéder à la transparence. Mais maintenant il nous est apparu que c’était l’analytique ontologique du Dasein en général qui constituait l’ontologie-fondamentale, donc que le Dasein fonctionnait comme l’étant qui doit fondamentalement et préalablement être interrogé quant à son être.
Lorsque l’interprétation du sens de l’être devient tâche, le Dasein n’est pas seulement l’étant à interroger primairement, il est en outre l’étant qui, en son être, se rapporte toujours déjà à ce qui est en question en cette question. La question de l’être, par suite, n’est rien d’autre que la radicalisation d’une tendance essentielle d’être appartenant au Dasein même, la compréhension préontologique de l’être.»

Mais il ne s'agit pas de faire une anthropologie complète du Dasein. Selon Heidegger, il suffit, pour progresser dans le déchiffrement de la question de l'être, de s'en tenir à comprendre le sens préontologique de cet être qu'est le Dasein. Or, le sens de cet étant est la temporalité dont les structures sont des modes. C'est donc le temps qui est l'horizon de notre compréhension de l'être. Ce temps a reçu des hommes une fonction ontologique discriminante puisqu'il sépare des régions de l'étant (ce qui est dans le temps, ce qui est hors du temps). Mais cette fonction n'a jamais été expliquée et demeure obscure : d'où vient cet usage ontologique du temps ? Expliquer cette problématique du temps, c'est se donner les moyens de traiter la question du sens de l'être, puisque l'être est compris à partir du temps et de ses modalités : l'interprétation de l'être est la compréhension de la temporalité.

§ 3. La primauté ontologique de la question de l’être[modifier | modifier le wikitexte]
§ 4. La primauté ontique de la question de l’être[modifier | modifier le wikitexte]

Chapitre II : La double tâche de l'élaboration de la question de l'être ; méthode et plan de la recherche[modifier | modifier le wikitexte]

§ 5. L’analytique ontologique du Dasein comme libération de l’horizon pour une interprétation de l’être en général[modifier | modifier le wikitexte]
§ 6. La tâche d’une destruction de l’histoire de l’ontologie[modifier | modifier le wikitexte]

Il y a cependant un premier obstacle signalé plus haut : l'oubli de la question de l'être. De quelle manière cet oubli est-il un obstacle ? Pour le comprendre, Heidegger souligne que dans la mesure où le Dasein est temporel, il n'a pas seulement un passé, il est ce passé : l'histoire du Dasein est constitutive de son être. Mais cette historialité du Dasein peut lui être voilée par une tradition autoritaire, qui refuse au Dasein sa capacité de prendre en charge son être propre, y compris son histoire, qui, lorsqu'elle est appropriée de manière authentique (lorsque le Dasein en fait un mode d'être ontique qui lui est propre), constitue la véritable tradition du Dasein. Ainsi est-il nécessaire, pour accéder à la question du sens de l'être, de détruire la tradition ontologique dans laquelle cette question s'est perdue.

  • § 7. La méthode phénoménologique de la recherche
    • A. Le concept de phénomène
    • B. Le concept de logos
    • C. Le pré-concept de la phénoménologie
  • § 8. Plan de l’ouvrage

Seconde partie (telle qu'annoncée)[modifier | modifier le wikitexte]

  • La doctrine kantienne du schématisme
  • Le soubassement ontologique du « cogito sum » de Descartes
  • Le traité d'Aristote sur le temps

Liens externes[modifier | modifier le wikitexte]