Psychologie de l'enfant et de l'adolescent/Annales et corrigés faits par l'auteur
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Annales et corrigés faits par l'auteur
Au niveau des " corrigés " des annales nous allons donner seulement quelques mots-clé concernant l'analyse du sujet, de la recherche d'idées ou d'exemples et l'élaboration du plan. Ce canevas permettra au lecteur de construire lui-même une réponse ; afin de donner une illustration de cette méthode nous traiterons quelques sujets de façon complète (nous indiquerons le chapitre du livre où l'intéressé pourra puiser des renseignements complémentaires).
Ensuite nous nous bornerons à donner quelques exemples où nous irons jusqu'à une proposition de plan laissant au lecteur la liberté de la rédaction en fonction de cette méthode d'une part mais aussi de sa sensibilité personnelle d'autre part.
- 1.Méthode pédagogique proposée quant au traitement des annales
- 2.Quelques corrigés complets
- Des exemples d'élaboration de plan
1.Méthode pédagogique quant au traitement des annales :
Une étude récente de formateurs (Barlow,M. " Former et évaluer ses objectifs en formation ", Ed. Chroniques Sociales 1996) ayant analysé des raisons d'échec de certains candidats aux épreuves des annales du DEES a mis en évidence les raisons suivantes pour la non-réussite. Il s'agit de difficultés de trois ordres :
- des difficultés d'organisation (temporalité , choix des questions , etc.) ;
- des difficultés d'écriture (mise en forme des idées et articulation des propos) ;
- une absence ou pauvreté des contenus et réponses.
Afin d'éviter aux candidats ces écueils nous allons proposer une méthode qui-à priori-peut paraître rigide mais qui in fine constitue une espèce de garde-fou et permet d'aborder les épreuves avec sérieux et sérénité.
A) L'organisation du temps
Le candidat dispose de 2h30 pour traiter quatre questions. De façon très schématique on peut proposer l'organisation suivante :
- pour la lecture des sujets il faut compter à peu près dix minutes ;
- on se fixe 30 minutes pour chaque épreuve ce qui laisse une marge de 20 minutes ;
- chaque séquence de 30 minutes doit être consacrée à trois temps ou opérations de durée inégale :
- compréhension et choix irréversible de la question
(le doute et les hésitations font perdre du temps inutilement) ;
- organisation des connaissances disponibles et utilisables quant à l'épreuve(idées , citations, exemples cliniques, etc.) ;
- rédaction finale de la question après l'avoir mise en forme à travers un plan.
- Le candidat devrait s'obliger de passer à l'épreuve suivante après les 30 minutes " prévues " , si besoin en est il y reviendra ultérieurement(c'est aussi pour cette raison que le candidat se fixe 20 minutes de marge). " S'acharner " sur une question fait non seulement perdre du temps mais induit le doute chez le candidat pour le traitement des autres épreuves.
- La 'marge' de 20 minutes permet de rédiger des compléments de réponse-si nécessaire, à relire la copie avec attention afin de pouvoir apporter des corrections toujours nécessaires tant sur la forme que sur le fond.
Afin de bénéficier réellement de cette organisation du temps le candidat devrait la respecter minutieusement. Ainsi cette marge de sécurité tranquillise et sécurise même si cette organisation peut paraître artificielle et rigide.
A) L'analyse du sujet
L'analyse correcte du sujet consiste surtout en l'appréhension du domaine concerné précisément afin d'éviter les hors-sujet hélas trop fréquents.
L'épreuve ne consiste pas à répondre à une question de cours ou à une récitation de connaissances livresques complètement sorties de leur contexte. Le maniement de concepts " à la mode " (tantôt la sociologie, tantôt la psychanalyse, etc.) n'est pas non plus un signe -non seulement de maturité-mais aussi d'une intégration et maîtrise réelle des connaissances relatifs au sujet de l'épreuve.
La théorie et le recours à elle est certes nécessaire mais non suffisant ; il faut également une culture personnelle et l'expérience intégrée des situations professionnelles (notamment des stages) vécues.
L'épreuve a été conçu pour permettre au futur éducateur d'affirmer un point de vue argumenté , nuancé et orienté dans le sens d'une pratique professionnelle.
Ainsi les positions spéculatives, doctrinaires , romancées sont à éviter.
Donc la synthèse des connaissances personnelles, professionnelles et théoriques doit permettre au candidat d'arriver à une position claire et argumentée qui permet d'élaborer un plan.
B) Le plan
Comme dans toutes les sciences humaines la psychologie est encore plus un domaine où il n' y a guère de certitudes. La réponse à une épreuve constitue de ce fait presque toujours une approche de ce que l'on peut considérer comme une solution 'acceptable' ou 'souhaitable', les réponses parfaites et univoques n'existant pas dans ce domaine. Cette solution acceptable doit tenir compte des avantages et des inconvénients avant de pouvoir être acceptée comme telle.
Nous retrouvons donc le schéma classique :la" thèse " (qui regroupe tous les arguments allant dans le sens qui paraît à priori 'défendable'), l'" antithèse "(qui regroupe tous les inconvénients par rapport au premier point de vue) et la " synthèse " qui en pondérant les arguments pour ou contre une situation , solution, décision à prendre présente l'attitude qu'il semble le plus raisonnable d'adopter.
Ainsi dans un plan on regroupe d'abord les idées qui vont vers une démarche de compréhension et d'analyse avant d'arriver aux idées relatives à une démarche à entreprendre.
Dans chacun des groupes d'idées (compréhension et démarche) il est utile d'essayer de hiérarchiser les idées afin de ne pas confondre les idées essentielles et les idées accessoires.
2.Quelques corrigés complets
(Les sujets des épreuves sont tellement explicites qu'il n'y a pas matière à établir un plan avec la méthodologie indiquée ci-dessus).
a) Enoncé de l'épreuve :
DEES Sujet de la région Nord (1996) :
Définissant le travail des éducateurs spécialisés , Philippe Mazet écrit : " Leur tâche thérapeutique est fondamentale , mais difficile à définir. Il ne s'agit pas de manier une technique spécifique mais de vivre réellement avec l'enfant et de lui donner l'occasion d'expériences favorables et restructurantes , de servir d'appui à ses processus d'identification . "
b)Analyse du problème soulevé :
- il s'agit d'une tentative de définition du travail de l'éducateur ;
- l'importance de la tâche thérapeutique est soulignée mais également la difficulté d'une définition précise ;
- il ne s'agit pas d'une technicité particulière ;
- il s'agirait plutôt d'une coexistence entre le professionnel et l'enfant en difficulté ;
- cette coexistence serait aussi 'naturelle' que possible et aussi proche d'une situation familiale normale afin qu'il puisse y avoir des processus d'identification positifs basés sur des situations structurantes.
c) Eléments pour une réponse :
Si l'on veut se rappeler les nouvelles connaissances sur les " compétences des nouveaux-nés , ceux-ci font très précocement la différence entre un environnement matériel et un environnement humain pour lequel ils marquent une nette préférence(voir chapitre 5.4.2). D'autre part - en parlant de la genèse des phénomènes transitionnels et du jeu-le psychanalyste britannique Winnicott (chapitre 3.2.3) a démontré que la mère doit être " fiable "* comme il dit-pour le nourrisson dans ce sens qu'elle doit mettre à la disposition de celui-ci quelque chose juste au moment où il le désire au point que le nourrisson doit pouvoir imaginer que c'est lui-même qui a créé ce phénomène (souvent , au début de la vie, il s'agit du sein de la mère ou de la nourriture en général).Cette zone , partagée par la mère et le nourrisson, est appelée " zone d'illusion " par Winnicott. Celui-ci pense qu'afin que le nourrisson puisse en sortir il faut une certaine qualité positive des 'éléments' qui déterminent la vie du nourrisson.
L'étape suivante est ce que Winnicott appelle " la capacité à être seul en présence de la mère " pour le bébé , qui devient capable de supporter une certaine dose de frustration à condition que la mère soit proche physiquement et surtout psychiquement afin que la frustration du bébé n'excède pas un seuil tolérable pour lui et devienne déstructurante. A cette condition devient possible progressivement le jeu , la capacité de faire semblant , de faire' comme si' , de simuler et ainsi intégrer progressivement et surtout ludiquement les contraintes et frustrations inhérentes à la vie (voir les chapitres 3.2.1 et 3.2.2 sur les fonctions du jeu).
Et comme c'est démontré dans ces chapitres le jeu a une fonction essentielle dans la maturation psycho-affective de l'enfant.
L'enfant qui n'a pas " appris " à jouer a un Préconscient défaillant , peu souple et il existe le risque soit d'une somatisation soit d'un système de passages à l'acte.
La tâche thérapeutique de l'éducateur (dans le sens de la citation de Mazet)est de permettre à l'enfant une néo-réalité qu'il n'a pas connu avec sa mère ou le substitut de celle-ci ; pour cela il est essentiel que l'éducateur puisse être vécue par l'enfant comme " fiable " , de même que le nourrisson avait besoin de cette expérience avec sa mère.
CAFAMP Sujet de la région Lorraine (1997) : UF 1 Développement de l'être humain
- Qu'est-ce qu'un objet transitionnel ?
(Etant donné qu'il s'agit d'une définition à donner il n'y a pas matière à l'analyse de la situation ni à l'établissement d'un plan)
Il s'agit d'un concept créé par Winnicott dans les années 50 dans le cadre de ses recherches sur les phénomènes transitionnels (ce qui est développé en détail dans la 2e partie du sous-chapitre3.2.3 sur la compréhension psychanalytique du jeu). Le terme " transitionnel " est à entendre comme la transition entre la vie psychique embryonnaire du nourrisson et la réalité extérieure , représentée pour le nourrisson par la mère qui présente et représente le monde extérieur. Dans ce cadre il y a d'ailleurs trois termes anglais , créés par Winnicott , qui présentent des réalités psychiques bien précises et qui n'ont pas été traduisible en Français jusqu'ici :
1.)Holding : ce qui veut dire tenir , maintenir. Mais Winnicott n'entend pas seulement le maintien physique du bébé mais aussi le maintien psychique également ; dans le cadre du maintien psychique de son nourrisson la mère a un rôle de pare-excitation à jouer par rapport au monde extérieur et ainsi créer une " réalité "transitionnelle , supportable pour le bébé.
2.)Handling : ce qui veut dire manipuler , bouger. Là aussi , il ne s'agit pas seulement de la manipulation physique du bébé par la mère mais également de la façon dont la mère anticipe psychiquement l'effet des mouvements physiques sur le bien-être psychique de son bébé ; donc aussi une " médiation " de la mère afin que " l'aire transitionnelle " entre la réalité extérieure brute et le très fragile psychisme du bébé soit maintenue.
3.)Objet-presenting : ce terme , le plus 'intraduisible' de tous , est souvent oublié d'ailleurs par beaucoup de psychanalystes lorsqu'ils présentent le système conceptuel de Winnicott dont " l'objet transitionnel " est une des clés de voûte en quelque sorte. Objet-presenting désigne la façon dont la mère " présente " le monde extérieur au nourrisson toujours à la fois au niveau physique et au niveau psychique afin de maintenir cette " aire intermédiaire, transitionnelle " qui est le niveau maximum supportable pour le bébé mais que seule la mère peut deviner ou sentir.
L'objet transitionnel est un objet physique , souvent un jouet à texture douce, du genre peluche , chiffon , etc. qui-pour le bébé-représente toutes les qualités , tous les attributs de cette " aire transitionnelle " et donc par définition une partie de la mère.
DEES Sujet de la région Midi (1996) :
" Toute mise en forme est une mise en norme "
De nouvelles pratiques éducatives s'appuient sur des notions " parcours individualisé , projet éducatif personnalisé , contrat ".
Le chapitre 2.1 sur la psychologie expérimentale nous a montre l'état actuel du débat " " inné " / "acquis " , il ne fait plus aucun doute qu' un certain 'bagage génétique' est propre à chaque individu mais il est assuré aussi que sa réalisation et son expression dépend des conditions de l'environnement.
Par ailleurs (voir chapitre 5.4.3) nous avons vu l'importance de la maturation du désir d'enfant chez l'adolescente qui lors de la réactualisation de son Œdipe doit passer du désir d'enfant infantile à un désir d'enfant mature , idéalement partagé avec un partenaire. Ensuite, voir le même chapitre, il y a le développement du fantasme de l'enfant imaginaire chez la femme enceinte et le difficile arrimage entre l'enfant réel et l'enfant imaginaire .Les recherches sur les " compétences " du nouveau-né ont montre la très grande sensibilité de celui-ci, son besoin du contact et maintien humain (et les pathologie précossissimes possibles en cas de dysfonctionnement grave dans l'interaction mère-nourrisson à cette époque-là).
Winnicott avec sa sensibilité et son génie a montré l'importance de la " fiabilité " de la mère pour le nourrisson afin qu'une " zone d'illusion " puisse s'installer qui débouchera-dans le meilleur des cas - sur les phénomènes transitionnels qui permettront au psychisme fragile et rudimentaire du bébé de s'approprier progressivement les sensations 'brutes' du monde extérieur(voir chapitre 3.2.3 2e partie).
Cette brève énumération de quelques uns des facteurs qui interviennent dans la formation de la personnalité du bébé et puis de l'enfant. Ce déterminisme complexe et multifactoriel montre qu'il n'y a de parcours humain que de singulier.
Par ailleurs , en 6.2 , en survolant la psychopathologie il est apparu qu'il n'y a de psychopathologie infantile que d'individuelle et donc forcément différente d'une enfant à l'autre.
Lorsque nous nous situons dans le domaine du soin , de la pratique éducative il est alors plus qu'évident qu'il ne peut y avoir que de parcours individualisés.
CAFAMP Sujet de la région Ile de France (1995) : UF 1 : Développement de l'être humain
Qu'entend -on par complexe d'Œdipe ?
Corélatif du complexe de castration (voir chapitre 3.3) et de l'existence de la différence des sexes et des générations , le complexe d'Œdipe est une notion aussi centrale en psychanalyse que l'universalité de l'interdit de l'inceste à laquelle il est lié. Son " invention " est due à Freud qui s'est basé sur le personnage d'Œdipe créé par Sophocle.
Le complexe d'Œdipe est la représentation inconsciente par laquelle s'exprime le désir sexuel ou amoureux de l'enfant pour le parent du sexe opposé et son hostilité pour le parent du même sexe.
Cette représentation peut s'inverser et exprimer l'amour pour le parent du même sexe et la haine à l'encontre du parent du sexe opposé.
On appelle Œdipe la 1ere représentation , Œdipe inversée la 2e et Œdipe complet le mélange des deux .Le complexe d'Œdipe apparaît entre 3 et 5 ans. Son déclin marque l'entrée dans une période dite de latence , et sa résolution après la puberté se concrétise par un nouveau type de choix d'objet. Dans l'histoire de la psychanalyse , le Œdipe a fini par remplacer le terme complexe d'Œdipe. En ce sens , l'Œdipe désigne à la fois le complexe défini par Freud et le mythe fondateur sur lequel repose la doctrine psychanalytique en tant qu'élucidation des relations de l'homme à ses origines et à sa généalogie familiale et historique.
DEES Sujet de la région Centre-Ouest 1997
" L'éducateur est un médiateur entre l'enfant et son environnement "
Traditionnellement , dans les premiers textes officiels sur la définition du métier d'éducateur spécialisé, l'on faisait la distinction entre l'éducateur 'professionnel' (formé dans diverses disciplines touchant son domaine d'intervention c'est-à-dire' l'enfance en difficulté') et les éducateurs 'naturels' qu'étaient les parents (ou des membres proches de la famille).
Ce préambule contient déjà une grande partie de la réponse : D'une part l'éducateur doit-comme la mère dans la relation précoce avec son nourrisson-contribuer à créer une zone d'illusion qui sera le départ des phénomènes transitionnels (voir chapitre 3.2.3 2e partie) ; phénomènes transitionnels qui -rappelons -le-permettent à l'enfant progressivement d'assimiler les données brutes de la réalité en fonction du développement de son psychisme rudimentaire.
Ces phénomènes transitionnels " fonctionnent " à cause de leur paradoxe inhérent c'est-à-dire il est admis implicitement par les deux partenaires de la relation que la question de savoir ce qui appartient au monde psychique de l'un ou de l'autre n'a pas à être posée ; ce qui veut dire précisément que la mère pour le bébé-ou l'éducateur pour l'enfant-présente à l'enfant un élément de la réalité au moment où celui-ci le désire ce qui donne à l'enfant l'illusion de la tout-puissance c'est-à-dire de pouvoir créer l'élément désiré au moment où il le désire (phénomène que Freud appelait la " satisfaction hallucinatoire du désir "). Puis progressivement à travers ce lien de très forte confiance et de réciprocité l'éducateur peut introduire davantage d'éléments de la réalité dont l'inévitable frustration ; ce qui implique la reconnaissance par l'enfant que l'adulte peut survivre aux colères " dévastatrices "-où au niveau fantasmatique le sadisme est à son apogée chez l'enfant-que provoque inévitablement l'attente imposée de la satisfaction du désir , i.e. la frustration.
D'autre part - ce qui découle de ce qui précède-l'éducateur est nécessairement un médiateur entre l'enfant et son environnement familial au cas où celui-ci s'avère franchement pathologique ou pathogène (voir chapitre 1.4), la médiation elle-même se déroulant aussi suivant la modélisation des phénomènes transitionnels.
CAFAMP Sujet de la région Lorraine 1995 UF 1 :Développement de l'être humain
Caractérisez les différentes stades de l'intelligence décrits par Jean Piaget.
Il faut rappeler au préalable que Piage t ne fait pas de lien entre le développement affectif et le développement intellectuel de l'enfant.
Le critère du développement intellectuel de l'enfant est pour Piaget le degré et la capacité d'abstraction. Totalement absente à la naissance et dans les premiers temps de la vie de l'enfant l'abstraction atteint son apogée dans ce que Piagetappelle le " stade des opérations formelles "(ou encore de logique hypthético-déductive) qui commence vers les 12-13 ans chez le jeune adolescent pour ne cesser de croître ensuite.
Une " opération formelle " est -pour Piaget- est un acte de pensée totalement abstrait où l'adolescent raisonne sur des hypothèses ou concepts totalement abstraits sans aucun support matériel.
Avant d'en arriver là l'enfant passe par différents stades (voir chapitre 5.2) :
1ere PHASE :LA PERIODE SENSORI-MOTRICE DE 0 à 18 MOIS
Il s'agit d'un fonctionnement intellectuel purement empirique , collant au concret , à l'immédiat , sans représentation mentale , fondé sur l'utilisation de schèmes moteurs et des activités perceptives qui font entrer l'enfant en communication avec le monde extérieur et qui s'enrichissent progressivement par leur propre fonctionnement.
2e PHASE : LA PERIODE PREOPERATOIRE DE 18 MOIS A 4 ANS
Avec l'intériorisation progressive l'enfant entre dans la période préopératoire ; son intelligence cesse d'être purement sensori-motrice.
Il peut se détacher de la perception immédiate et différer l'action pour " penser " grâce à la représentation mentale qui donne accès à la fonction symbolique , appelée fonction sémiotique par Piaget .Il accorde une importance fondamentale à la fonction sémiotique qui change totalement l'organisation intellectuelle de l'enfant.
Concrètement la fonction sémiotique se manifeste par cinq critères qui sont l'imitation différée , le jeu symbolique , le dessin , les images mentales et le langage.
3e PHASE :LA PERIODE OPERATOIRE A PARTIR DE 6 ANS
Piaget a subdivisé cette phase en 2 stades :
1)Stade des opérations concrètes de 6 à 12 ans 2)Stade des opération formelles à partir de 12 ans (déjà décrit ci-dessus)
Le stade des opérations concrètes : Les régulations intuitives , toujours partielles du stade précédant , font place à une pensée structurée et logique , aboutissant à la réversibilité et la déduction. Ce n'est plus sur l'un ou l'autre des aspects extérieurs des choses que l'enfant s'appuie son raisonnement , mais sur le système même de leurs transformations.
Cependant cette pensée logique ne peut s'appliquer qu'à des opérations concrètes , elle ne peut se détacher complètement des objets perceptibles.
Cette logique évolue progressivement pour aboutir vers 12 ans au stade des opérations formelles.
DEES Sujet de la région Centre 1996
C'est dans le partage , dans le " faire avec " que réside la spécificité de l'éducateur. Les éducateurs doivent , la plupart du temps , intervenir sur-le-champ dans un " ici et maintenant " où émerge brusquement un matériel significatif.
Michel LEMAY Lien social no 189 , novembre 1992
Le partage , le " faire avec " évoquent indubitablement le champ des phénomènes transitionnels conceptualisés par Winnicott. Rappelons pour mémoire que le propre* et le caractère paradoxal en même temps -des phénomènes transitionnels est l'impossibilité, et le non-sens même de la question , d'attribuer ce qui revient à l'enfant et ce qui revient à l'adulte , l'éducateur dans ce cas. La seule chose que l'on puisse affirmer c'est qu'il y a l'un des partenaires de la relation qui est plus apte à supporter les données " brutes " de la réalité et de les faire partager à l'autre juste à la dose que celui-ci peut supporter (voir chapitre 3.2.3 2e partie sur la genèse des phénomènes transitionnels entre la mère et son bébé).
Donc , c'est dans le partage d'une même réalité matérielle ou plus encore affective , dans le " faire avec " face à un monde difficile à vivre (ou un monde franchement pathogène) que l'éducateur peut aider l'enfant à la difficile " digestion " de son histoire (équivalent de la zone d'illusion de Winnicott) ; c'est dans ce champ intermédiaire entre la 'protection' de l'éducateur et la réalité difficile et/ou pathogène de l'enfant que peuvent surgir des " moments de vérité " où l'enfant évolue sentant que son discours est pris au sérieux ( voir
chapitre 5.3 sur les positions de Lacan et Dolto). Lors de ces instants fugaces mais essentiels l'enfant peut faire un bond en avant dans la compréhension qu'il a de lui-même (équivalent d'un moment de vérité en psychothérapie).
CAFAMP Sujet de la région Lorraine 1995 UF 5 : Techniques d'animation , de créativité , de production
A quoi sert le jeu ?
La réponse et facile et complexe à la fois (tout le chapitre 3.2 en traite). Comme définition générale l'on peut retenir celle de Caillois qui décrit le jeu comme une activité libre ,séparée c'est-à-dire circonscrite dans les limites de l'espace et de temps , incertaine : dont le déroulement ne saurait être déterminé ni le résultat acquis préalablement , improductive : ne créant ni biens , ni richesses, réglée : soumise à des conventions qui suspendent les lois ordinaires et instaurent momentanément une législation nouvelle , fictive :accompagnée d'une conscience spécifique de la réalité seconde ou de franche irréalité par rapport à la vie courante ( voir introduction du chapitre 3).
Cette définition assez dense dit déjà tout en ce qui concerne le sens du jeu tout au moins pour l'adulte.
Wallon en parlant du jeu de l'adulte (chapitre 3.2.2)souligne l'aspect de " délassement " du jeu de l'adulte ce qui veut dire activité sans but utilitaire. D'après lui , chez l'adulte le jeu correspond à une régression , c'est-à-dire le jeu n'est pas une négation des tâches ou de la discipline mais le plaisir de s'y soustraire un moment.
Pour les enfants les fonctions du jeu sont résumés le mieux par des psychanalystes d'enfants (fin chapitre 3.2.3).
D'après eux le jeu infantile se fait :
- Pour le plaisir,
- Pour exprimer l'agressivité,
- Pour maîtriser l'angoisse,
- Pour accroître leur expérience,
- Pour établir des contacts sociaux,
- Pour l'intégration de la personnalité,
- Pour communiquer avec les autres.
Ces modestes corrigés ont été proposés par l'auteur surtout dans le but de démontrer que l'ensemble des notions à traiter par ces questions se trouvent-enchaînées de façon logique dans le corpus du livre-et qu'il suffit de les avoir assimilé un tant soit peu pour pouvoir construire un argumentaire cohérent pour une question.
Ceci étant démontré la multiplication des exemples n'apporterait rien de plus .
Fait à Acquigny , le 10.XII.99