Art vidéo/Tony Oursler
Art video / Tony Oursler
Tony Ousler est un artiste américain,né en 1957 à New York où il vit et travaille. L'outil vidéo et principalement la projection sont les supports du message qu'il nous transmet, un questionnement sur la place de l'homme dans un univers médiatisé à outrance.
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Article complété par CEYSSON Yohann
Les installations vidéo de Tony Oursler sont reconnaissable entre mille. Tenant à la fois du cirque, du musée des horreurs, du journal télévisé et du film d'amateur, les créations d'Ousler sont teintées d'humour gothique et de techno-sorcellerie, lui ont valu une célébrité internationale.
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[modifier] Présentation générale
Moins littéraire que les deux autres grands auteurs de la vidéo américaine (au sommet de leurs célébrités dans les années 1980), c'est-à-dire Bill Viola, très imprégné de mystique orientale; et Gary Hill, versé quant à lui dans l'analyse linguistique. Oursler préfère puiser son inspiration dans la culture populaire et plus précisément la télévision. Il s'intéresse aussi tout particulièrement au thème de l'isolement psychologique. Son univers est théâtral : il affectionne et utilise énormément les décors, les marionnettes immobiles, les bandes son de mots qui se chevauchent et les images filmées d'acteur qu'il projette sur toutes sortes d'objets. On peut dire qu'il avait en quelque sorte son « théâtre ontologique », expression du dramaturge américain Richard Foreman [1]. Malgré les intentions sans doute sérieuses d'Oursler qu'il mettait dans ses œuvres, sa sensibilité est résolument comique (autre caractéristique qui le distingue de Viola et de Hill).
[modifier] Premières oeuvres
Ses premières monobandes exprimaient un enthousiasme juvéniles pour les objets simples (cuillères, papiers, crayons …), enthousiasme qui continue d'être présent dans le reste de ses œuvres. Il ne cherche pas à dissimuler l'économie des moyens dont il dispose : la technologie vidéographique est rudimentaire, l'artiste élaborait des scénarios excentriques qui traitaient des vicissitudes des relations entre les sexes ou de l'hégémonie de la télévision dans la culture populaire (The Loner , 1980 ; Grand Mal , 1981 ; Spheres of Influence (Diamond), 1985[2]).
[modifier] Les "marionettes
Oursler est surtout connu pour la variété des surfaces de projection qu'il invente pour recevoir ses vidéos. Les plus réputées et les plus marquantes sont les "marionnettes" qu'il utilise (appelées la série de "dolls" et "dummies"). Celles-ci sont sous forme de personnages filiformes dont la tête est remplacée par un coussin ovale sur lequel Ousler projette la vidéo de la tête d'un acteur qui parle (la performeuse Tracy Leipold est la plus souvent utilisée par l'artiste)[3]. Dans la plupart de ces installations, les personnages crachent diverses formes de venins (d'objets si l'on préfèrent) sur les spectateurs (c'est le cas dans The Watching (1992) ou dans la grande installation Judy (1994)), de nombreux éléments sont éparpillés avec soin sur le sol.
[modifier] À propos de l'installation Judy
Judy est une pauvre femme qui souffre d'un trouble de la personnalité multiple (cette maladie étant le plus souvent due à des abus sexuels dans l'enfance), elle est allongée sur sous une banquette en déséquilibre. Elle peut alors se mettre à crier « hey, fuck you » ou « go to hell » chaque fois que quelqu'un passe devant elle. Ses vêtements sont étalés sur le sol ou sur le mobilier de camping confectionné par l'artiste. D'un massif de fleurs artificielles sort une voix réprobatrice qui lui lance constamment des injonctions : « Non ! Non ! Non ! » ou « Fais-le ! ».
[modifier] Les installations
Les environnements vidéo d'Oursler sont des scénographies qui empruntent de nombreux éléments au théâtre et à la performance. Ses marionnettes immobiles sont construites par lui-même et il les soumet à une vie de terreur et d'isolement. Certains de ses personnages ont marqué les esprits et ses expositions, comme la misérable créature allongée sur un tas d'oreillers dans Insomnia (1996) ou du petit homme de MMPI (Red) (1996) bloqué sous une chaise renversée, se résignant à son sort et marmonnant « le temps est sans importance » et « je suis fasciné par les enfants ». Il y a aussi cet homme dont la tête est séparée du corps et est immergée dans une cuve en plexiglas, elle retient son souffle pour l'éternité à l'image de la vidéo qui semble se répéter à l'infini et ne s'arrêtera jamais (l'installation nommée "Submerged" [4] … Dans tout ces installations se posent la question de la représentation : où sommes-nous représentés ? qui représentons-nous? etc ...
[modifier] Une représentation de son monde
Oursler a trouvé le médium idéal pour ses humanoïdes. Il suffit d'appuyer sur un bouton et ils disent uniquement ce qu'il consent à leur faire dire, ils ne le contredisent jamais. Néanmoins, derrière tout cet artifice, Oursler prête sa voix aux êtres mortifiés, esseulés et abandonnés. Dans la vraie vie, ils marchent dans la rue tête baissée, se parlant à eux mêmes. Dans les installations d'Oursler, ce sont les vedettes et leurs souffrances nous la ressentons, ce sont les nôtres.
[modifier] Notes et références
- ↑ Page Wikipedia (traduction française) sur wikipedia.org
- ↑ Extrait vidéo sur newmedia-art.org
- ↑ Vidéo d'une marionette (exposé au Centre Pompidou, Paris) sur youtube.com
- ↑ {{Lien web |url=http://cyberkor100org.canalblog.com/archives/2007/09/29/6370649.html |titre=Article sur le "théâtre vidéo" de Tony Oursler avec une image de l'installation "Submersed" |site=canalblog}
[modifier] Liens externes
- Site officiel de Tony Ourlser (en anglais)
- Page Newmedia de Tony Ourlser (en français)
- Page Wikipedia de Tony Oursler
- PDF sur les œuvres vidéo de Tony Oursler (en anglais)
- Article sur son exposition ‘Dum-dum, metalbreath, wadcutter’ (interview, photos, vidéos) (en anglais)
[modifier] Citations
- "Pour moi, une des solutions au problème a été de de retirer l'image de l'écran de télévision, de tenter d'obtenir la fluidité et toutes les priorités, le son, le mouvement et le développement instantané produits par les technologies vidéo, et de retirer cela de l'écran vidéo pour le projeter dans le monde réel." (28 Août 1995 pour un entretien durant la 3ème Biennale d'art contemporain de Lyon)