Mathématiques au lycée/Arithmétique

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Sections

[modifier] Divisibilité et congruences dans Z

[modifier] Multiples d'un entier relatif

Définition

L'entier relatif a\, est un multiple de l'entier relatif b\, si et seulement si \exists q \in \mathbb{Z}^*, a = bq.

Remarques :

  • Tout entier relatif est multiple de 1\, et de -1\,
  • 0\, n'admet qu'un multiple : lui-même
  • 0\, est multiple de tout entier

[modifier] Divisibilité dans Z

Définition

a\, et b\, désignent 2 entiers relatifs.
Dire que b\, divise a\, signifie qu'il existe un entier relatif c\, tel que a = bc\,.

Vocabulaire : « b divise a » \Leftrightarrow « b est un diviseur de a » \Leftrightarrow « a est un multiple de b ».

Notation : « b divise a » \Leftrightarrow b|a\,

Exemples :

  • 17 divise -153 car -153 = 17\times(-9)
  • \forall n \in \mathbb{Z}, (n+1)|(n^2-1)

Démonstration

(n-1) \in \mathbb{Z} et n^2-1 = (n-1)(n+1)\,



Propriétés : (a,b,c) \in \mathbb{Z}^{*3}

  • \begin{align}
a|a \\
1|a \\
-1|a \\
-a|a
\end{align}

  • a|b\, et b|a \Leftrightarrow a = b ou a = -b\,

Démonstration

a|b \Leftrightarrow \exists q_1 \in \mathbb{Z}^*, b = q_1a
b|a \Leftrightarrow \exists q_2 \in \mathbb{Z}^*, a = q_2b
d'où b = q_1(q_2b) \Leftrightarrow b(1-q_1q_2) = 0 \Rightarrow 1-q_1q_2 = 0 \Rightarrow q_1q_2 = 1
d'où q_1\, et q_2\, sont des diviseurs de 1 \Rightarrow q_1 \in \left \{ -1;1 \right \}, q_2 \in \left \{ -1;1 \right \}


  • transitivité \forall (a,b,c) \in \mathbb{Z}^{*3}
Si a|b\, et b|c\,, alors a|c\,.

Démonstration

a|b \Leftrightarrow b = aq_1 avec q_1 \in \mathbb{Z}^*
b|c \Leftrightarrow c = bq_2 avec q_2 \in \mathbb{Z}^*
\Rightarrow c = aq_1q_2 \Rightarrow a|c


  • combinaison linéaire \forall (a,b) \in \mathbb{Z}^2 et \forall q \in \mathbb{Z}^*
Si q|a\, et q|b\, alors
  • q|(a+b)\,
  • q|(a-b)\,
  • plus généralement, \forall (m,n) \in \mathbb{Z}^2, q|(ma+nb)

[modifier] Division euclidienne

Définition

Pour tout dividende « a » entier relatif et diviseur « b » entier relatif non nul, il existe un unique quotient « q » et un unique reste « r » tels que le dividende soit égal à la multiplication du diviseur par le quotient plus le reste avec le reste positif et strictement inférieur à la valeur absolue du diviseur.

En langage mathématiques, cette définition est \forall (a,b) \in (\mathbb{Z} \times {\mathbb{Z}}^*), \exists !(q,r) \in (\mathbb{Z} \times\mathbb{N}) tels que \begin{cases} a = b \times q + r \\ 0 \le r < |b| \end{cases}


Démonstration de l'unicité du couple (q,r)

Soient (q,r),~(q',r') dans \mathbb{Z}^2 tels que : \begin{cases} a = b \times q + r \\ 0 \le r < b \end{cases} et ~\begin{cases} a = b \times q' + r' \\ 0 \le r' < b \end{cases}
Alors b \times (q - q') = r' - r
et ~-b < r' - r < b,
d'où ~-1 < q - q' < 1,
et donc ~q' = q, ~r' = r


101 = 4\times 25+1 est la division euclidienne de 101 par 4 ou la division euclidienne de 101 par 25.
34 = 2\times 10+14 ne traduit pas la division euclidienne de 34 par 10. En effet, on a pas l'inégalité 0 \le r < b.
Exemple : Division euclidienne

[modifier] Congruences

La relation de congruence ne ressemble pas aux relations habituelles, en effet les relations que nous utilisons depuis que nous faisons des mathématiques (=, <, > ...) comparent deux nombres alors que la relation de congruence compare les restes des deux nombres étudiés.

Définition

Deux entiers relatifs sont congrus modulo n (avec n un entier naturel) si et seulement s'ils ont même reste dans la division euclidienne par n.

En langage mathématique, \text{Pour }n \in \mathbb{N},\text{ pour }(a,b) \in \mathbb{Z}^2, \exists (q_1, q_2, r) \in \mathbb{N}^3, a \equiv b [n] \Leftrightarrow \begin{cases} b = n \times q_1 + r \\ a = n \times q_2 + r \\ 0 \le r < n \end{cases}

Les notations changent d'un professeur à l'autre mais elles désignent toutes la même chose:

  • a \equiv b [n]
  • a \equiv b (n)
  • a \equiv b (\text{mod n})
  • a \equiv b (\text{modulo n})

Il existe une seconde définition qui est parfois utilisée.

Définition

Deux entiers relatifs sont congrus modulo n (avec n un entier naturel) si et seulement si n divise la différence de ces deux nombres.

En langage mathématique, \text{Pour }n \in \mathbb{N},\text{ pour }(a,b) \in \mathbb{Z}^2, a \equiv b [n] \Leftrightarrow  n |(a-b)

De la même manière, comme il a été précisé dans le paragraphe Divisibilité dans Z, on peut tout autant dire:

  • n divise a-b
  • a-b est multiple de n

Démonstration de la seconde définition

\forall (r,n) \in (\mathbb{N\times N^*}), \forall (q_1,q_2) \in \mathbb{Z}^2

On sait que a \equiv b [n] \Leftrightarrow \begin{cases} b = n \times q_1 + r \\ a = n \times q_2 + r \\ 0 \le r < n \end{cases}.

On a a - b = n (q_1 - q_2) + r - r = n (q_1 - q_2)\, et q_1 - q_2\, est un entier car les quotients sont des entiers, donc a - b est un multiple de n.

On peut vérifier que r soit bien le même reste pour les deux divisions euclidiennes.

a - b = k \times n (avec k \in \mathbb{Z}) et a = n \times q_1 + r (avec 0 \le r < n).

On remplace a, b = a - k \times n = n \times q_1 + r - k \times n = n \times (q_1 - k) + r = n \times q_2 + r (avec 0 \le r < n).

r est bien le reste de b dans la division euclidienne par n.



Quel est le reste de 2^{16}\, dans la division par 7 ?
On a 2^{16} = 65536\, et 65536 = 7\times 9362 + 2
Donc 2^{16} \equiv 2 [7].
Exemple : Exemple de congruence

[modifier] Propriétés des congruences

  • a \equiv b[n] \Leftrightarrow b \equiv a[n]
  • Si a \equiv b[n] et b \equiv c[n], alors a \equiv c[n]

Si a \equiv b[n] et c \equiv d[n], alors :

  • (1) a+c \equiv b+d[n]
  • a-c \equiv b-d[n]
  • (2) ac \equiv bd[n]
  • (3) \forall p \in \mathbb{N}, a^p \equiv b^p[n]

Démonstration

Démos des (1) (2) (3) à faire.



Quel est le reste de la division de 2^{16}\, par 7 ?
2 \equiv 2[7] \Rightarrow 2^3 \equiv 8[7] \Rightarrow 2^3 \equiv 1[7]
16 = 3\times 5+1 \Rightarrow 2^{16} = 2^{3\times 5+1} = (2^3)^5 \times 2
Or (2^3)^5 \equiv 1^5[7] \Leftrightarrow (2^3)^5 \equiv 1[7] et 2 \equiv 2[7]
En multipliant membre à membre : (2^3)^5\times 2 \equiv 1\times 2[7] \Leftrightarrow 2^{16} \equiv 2[7]
Le reste de la division de 2^{16}\, par 7 est donc 2.
Exemple : Exemple de congruence

[modifier] PGCD

[modifier] Diviseurs communs à 2 entiers naturels

2 entiers naturels non nuls ont toujours un nombre fini de diviseurs et donc de diviseurs communs (dont -1 et 1). Il existe donc un diviseur commun à ces 2 nombres plus grand que les autres.

Définition

\forall (a,b) \in \mathbb{N}^{*2}, le PGCD de a et b est noté pgcd(a,b)\,


Conséquence : b|a \Leftrightarrow pgcd(a,b) = b

[modifier] Lemme d'Euclide

Définition

(a,b) \in \mathbb{N}^{*2}
Si des entiers naturels q et r, avec r \ne 0\,, sont tels que a = bq+r\,, alors :
pgcd(a,b) = pgcd(b,r)\,



Démonstration

d désigne un diviseur commun à a et b. De r = a-bq\,, on en déduit que d divise r. Ainsi tout diviseur commun à a et b est un diviseur commun à b et r.
Réciproquement, d' désigne un diviseur commun à b et r. De a = bq+r\,, on déduit que d' divise a. Ainsi tout diviseur commun à b et r est un diviseur commun à a et b.
En conclusion, a et b ont les mêmes diviseurs communs que b et r donc pgcd(a,b) = pgcd(b,r)\,


[modifier] Algorithme d'Euclide

[modifier] Propriétés du PGCD

[modifier] Extension du PGCD aux entiers relatifs

[modifier] Nombres premiers entre eux

Définition

Nous dirons que deux nombres sont premiers entre eux si et seulement si leur pgcd vaut 1.

En d'autres termes, deux nombres x et y sont premiers entre eux si et seulement si pgcd(x,y) = 1.

[modifier] Nombres premiers

[modifier] Définition

Définition

Un nombre naturel n est premier s'il possède exactement 2 diviseurs, 1 et lui-même.


Les premiers nombres premiers sont : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29. Nous remarquons que le nombre 1 n'est pas dans cette liste et pourtant les diviseurs du nombre 1 sont 1 et lui-même, mais nous ne considérons pas ce nombre comme un nombre premier.

[modifier] Propriété des entiers naturels

Proposition

Tout entier naturel n admet au moins un diviseur premier.

Démonstration C'est assez évident. Nous distinguerons deux cas :

  1. Supposons que n est premier. Alors par définition des nombres premiers, n admet uniquement 1 et lui-même, c'est-à-dire n, comme diviseur. Or n est premier donc n admet bien un diviseur premier ;
  2. Supposons maintenant que n n'est pas premier, alors n admet d'autres diviseurs compris strictement entre 1 et n. Supposons qu'un de ces diviseurs est m, alors si m et premier, n admet bien un diviseur premier m. Sinon, si m n'est pas premier, il est divisible par au moins un autre nombre p tel que 1 < p < m < n. Si p est un nombre premier, alors p | m et comme m | n alors p | n et n admet un diviseur premier. Sinon, si p n'est pas premier on recommence le raisonnement jusqu'à trouver un nombre premier. Comme cette suite de nombres est décroissante et bornée par 1, nous trouverons bien un nombre premier qui divisera n.

[modifier] Critère de primalité

Si un entier naturel n n'est pas divisible par aucun nombre premier dont le carré lui est inférieur ou égal, alors n est premier.

Application : tant que q < \sqrt{n}\,, on tente la division de n par q.

127 premier ? 11 \le \sqrt{127} \le 12
les nombres premiers inférieurs ou égaux à 11 sont : 2,3,5,7,11\,
127 = 2\times 63+1
127 = 3\times 42+1
127 = 5\times 25+2
127 = 7\times 18+1
127 = 11\times 11+6
\Rightarrow 127 est premier
Exemple : Exemple d'utilisation du critère de primalité

[modifier] Ensemble des nombres premiers

Théorème : Il existe une infinité de nombres premiers.

Démonstration par l'absurde :
On suppose qu'il existe un nombre fini de nombres premiers. Soient p_1,p_2,p_3,...,p_n\, ces nombres premiers.
Soit N = p_1\times p_2\times...\times p_n +1, N n'est pas premier car \forall j \in \left \{ 1,2,...,n \right \}, N > P_j.
Il est donc divisible par l'un des nombres premiers au moins.
Soit j tel que p_j|N\,
\begin{align}
\\ N = p_j\times q (q\in\mathbb{N})
\\ p_j\times q = p_1\times p_2\times ...\times p_j\times ...\times p_n+1
\\ p_j\left (q-p_1\times p_2\times ...\times p_{j-1}\times p_{j+1}\times ...\times p_n \right) = 1
\\ \Rightarrow p_j|1
\end{align}
or p_j\, est premier : contradiction

\Rightarrow il existe une infinité de nombres premiers.

[modifier] Liens

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes