Modèle:Jean-Jacques MILAN/Coups de gueule

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Sections

[modifier] Parmi les choses qui m'inspirent de l'horreur

Il y a hélas beaucoup de choses ...

Pas le système de lavage, of course
Tout est possible, c'est bien là le problème
  • La violence sous toutes ses formes.
  • L'excision et la circoncision. On s'arroge le droit de mutiler le corps d'autrui, dans le but avoué ou non de diminuer ou de supprimer le plaisir sexuel et accessoirement d'asservir la victime à une communauté. Vous pouvez être certain(e)s que si les hommes n'avaient pas besoin d'un orgasme pour faire des enfants, les coupeurs de prépuces n'hésiteraient pas à tailler un peu plus avant dans les chairs.
  • La corrida. Se réjouir de la souffrance inutile et de la cruauté même pas données, mais vendues en spectacle, ne fait pas partie, à mes yeux, des qualités qui font honneur à l'espèce humaine. Comme le rappelle fort justement, à chaque fois qu'il en a l'occasion, le Professeur Albert Jacquard, on ne naît pas homme, on le devient. De toute évidence, certains n'ont pas terminé le parcours.
  • Tous ceux qui prennent pour principe que pour bien manipuler des gens, il faut les maintenir dans l'ignorance.
  • Les églises, les religions, les sectes, les croyances, les superstitions, les dogmes, la télévision-poubelle, le sport-fric, le nationalisme, le communautarisme, la publicité et tous les autres instruments de bourrage de crâne et d'abrutissement collectif. Voir ci-dessus.
  • les frontières. L'une des phrases les plus stupides que l'on puisse trouver est « la liberté des uns s'arrête où celle des autres commence ». C'est la liberté du loup de manger le lapin, la liberté du patron d'exploiter son personnel (ressources humaines ...), la liberté du Hutu d'assassiner son voisin Tutsi et réciproquement, etc. Prononcer cette phrase, c'est accepter et entériner l'existence de frontières limitant des territoires que chacun essayera d'agrandir au détriment de l'autre, c'est autoriser par avance les puissants à écraser les faibles. Dans un monde vraiment humain, il faudrait dire « la liberté s'arrête au même endroit pour tous ». Sauf, bien sûr, la liberté de rêver.
  • etc.

[modifier] Libres pensées à propos d'élections

[modifier] Généralités et banalités

  • Le plein emploi est le pire ennemi des dividendes versés aux actionnaires. C'est ce que proclament et enseignent tous les économistes « officiels ». Par conséquent, il ne faut compter ni sur la vraie droite, ni sur la fausse gauche, pour lutter véritablement contre le chômage.
  • la dette publique est un excellent moyen, par le biais du versement des intérêts qu'elle entraîne, de faire passer une bonne partie de l'impôt directement dans les poches des créanciers. Par conséquent, il ne faut compter ni sur la vraie droite, ni sur la fausse gauche, pour la ramener à zéro.
  • Récemment, les actionnaires d'EADS ont voté, à une courte majorité, une prise de bénéfices maximale, au mépris de la santé de l'entreprise. L'État français aurait pu, par son vote en tant qu'actionnaire, empêcher cette mauvaise action. Il ne l'a pas fait. Le même État va maintenant intervenir en fournissant à l'entreprise des fonds publics pour qu'elle puisse investir. Une fois de plus, l'Union pour Majorer les Profits (privés) est aussi l'Union pour Mutualiser les Pertes (publiques).
  • Que faut-il penser d'un pays où les journaux sont dans leur écrasante majorité possédés par les puissances financières et les marchands d'armes ? Que l'Union pour Monopoliser la Parole se confond avec l'Union pour Museler la Presse.
  • L'insécurité est un outil efficace pour propager la peur, développer l'individualisme et semer la désunion. Il ne faut donc compter ni sur la vraie droite, ni sur la fausse gauche, pour la combattre autrement qu'en paroles. L'insécurité au travail braque les salariés les uns contre les autres et les empêche de s'unir pour mieux résister et mieux se défendre. Les financiers, eux, chassent en meute. L'Union des Minorités Possédantes est aussi l'Union pour la Mobilité et la Précarité.
  • Les cotisations sociales ont été, les mots ne sont pas innocents, rebaptisées « charges sociales ». Les véritables charges qui pèsent sur les entreprises doivent plutôt être cherchées du côté des dividendes versés aux actionnaires, dividendes dont une faible partie seulement est réinvestie. L'Union des Millionnaires Parasites est aussi l'Union pour le Maintien des Privilèges.
  • Les religions propagent les sentiments d'impuissance et de soumission, bloquent l'esprit critique et remplacent la connaissance authentique par le bourrage de crâne et l'irrationnel. On peut compter sur la vraie droite et sur la fausse gauche pour les promouvoir dans ce qu'elles ont de pire. Madame B, ministre, se montre ès qualité affublée d'un crucifix bien visible. Tant pis pour ceux qui s'imaginent encore que l'Église est séparée de l'État. Il va falloir lutter fermement pour que les chaînes nationales de télévision ne deviennent pas France-Dieux et France-Croix.
  • Pour le peuple, l'Union pour la Multiplication des Promesses n'est pas très différente de l'Union pour le Mensonge Permanent. Pour les rois de la finance, c'est plutôt l'Union pour un MEDEF Prépondérant.
  • L'Union pour un Maximum de Pollution veut bien que l'on discute de l'écologie à condition que l'on n'évoque ni le nucléaire, ni les pesticides, ni les OGM, ni les camions ...
  • Le parti que vous savez aurait même pu s'appeler Union pour la Modernisation du Progrès, mais ils n'ont pas osé. En redonnant le pouvoir aux ringards de la pire espèce, ceux justement qui viennent de l'exercer depuis de trop longues années, on peut être sûr que l'Union pour la Mystification du Peuple continuera d'exercer son pouvoir de nuisance.
  • Bref, si vous avez aimé l'Union pour Moi Président et même l'Union pour la Mégalomanie Présidentielle, vous allez très certainement adorer l'Union pour vous la Mettre Profond.

[modifier] La crise ? Quelle crise ?

Aujourd'hui, 21 octobre 2008. La presse, quasi unanime, n'a qu'un mot à la bouche : la CRISE. Ne s'agirait-il pas plutôt du plus formidable hold-up que l'humanité ait jamais connu ? La vraie question n'est pas de savoir où vont aller les 1.700 milliards de dollars d'argent public destinés officiellement au sauvetage des banques, mais où ils sont déjà allés, et qui en ont été les véritables bénéficiaires. La question ne sera sans doute jamais posée, et tout sera fait pour qu'elle reste sans réponse.


[modifier] Le cynisme des chiens

Vous trouverez ci-dessous le texte « Le cynisme des chiens » de Jacky Dahomay,

Professeur de philosophie au Lycée de Baimbridge (Guadeloupe),

Membre démissionnaire du Haut Conseil à l'Intégration.


Le récit ahurissant fait par un enseignant du Gers concernant l’intrusion dans sa classe de gendarmes et d’un chien, m’a littéralement bouleversé. Et j’ai pleuré. De rage bien entendu. Je suis un vieil enseignant, à la veille de la retraite. Ce métier a été ma seule vocation. Je me suis toujours tenu pour le seul maître dans ma classe après Dieu (s’il existe bien entendu !) et personne n’y rentre sans mon autorisation, ni chef d’établissement, ni inspecteur, ni ministre et, à fortiori, ni gendarme ni chien. Impossible ! A moins d’un cas de force majeure grave que le chef d’établissement devra m’expliquer au préalable. Je le dis donc tout net : si une telle chose m’arrivait je donnerais l’ordre aux élèves de désobéir. Telle est mon éthique de professeur. J’estime ma mission d’enseignant plus haute que ma propre sécurité.

En vérité, depuis quelques années, les enseignants s’accommodent de bien de choses inacceptables. Oublient-ils ce principe républicain qui veut que l’instruction publique vise aussi à former des citoyens incommodes ? Comment en est-on arrivé là ? Tout se passe aujourd’hui comme s’il y avait une redoutable confusion des rôles, des institutions comme de leurs fonctionnaires. De toute évidence, au niveau des responsables de l’État comme au sein de la population, il y a confusion entre l’espace public propre à l’école et d’autres formes d’espaces publics ou communs. Or, l’école n’est pas publique au sens ou peuvent l’être les chemins de fer, les télécommunications ou la place du marché. Cela fait des années qu’on croit bien faire en ouvrant l’école sur l’extérieur. La rue y est rentrée, avec son lot de désagréments. Si la rue peut enrichir l’expérience, seule l’école donne une véritable instruction. Comment des vérités aussi élémentaires peuvent-t-elles avoir été oubliées ? Admettons qu’un policier ait toute légitimité pour procéder à des fouilles dans les aéroports et dans la rue (à condition bien sûr que cela ne s’adresse pas qu’aux basanés !). Cela lui donne-t-il pour autant le droit de se substituer à l’autorité du maître dans sa classe ? On a souvent du mal à distinguer entre le maître qui impose une domination et le maître qui exerce un magistère. Et comme ce principe s’est perdu, le maître-chien, fût-il gendarme, se sent autorisé lui aussi à prendre la place de l’enseignant à l’école. Et quand un magistrat se permet de croire que la peur du gendarme introduite brutalement à l’école est ce qui préservera les élèves de la délinquance on se demande, bien que n’étant pas gaulois, si le ciel n’est pas tombé sur notre tête !

La peur et la répression ont remplacé la mission éducative de l’école. Quel échec ! Sait-on simplement que lorsque le chien et le gendarme se substituent à l’autorité du maître à l’école, c’est que les loups hurlent déjà aux portes de nos villes. Il s’ensuit en général un bruit de bottes sur les trottoirs. Mon cœur donc gronde de colère et qu’on le laisse faire ! Il y a des moments où la raison raisonnante devient impuissante et laisse place à l’indignation. Toutefois, des chiens, préservons-nous de leur rage et de leur cynisme. J’emprunte cette expression « le cynisme des chiens » à Chateaubriand qui, dans ses Mémoires d’Outre-tombe, l’utilise pour qualifier les révolutionnaires qui, sous la Terreur, bons père de famille, emmenaient leurs enfants se promener le dimanche en prenant soin de leur montrer en passant le dada des charrettes qui conduisaient des citoyens à la guillotine. Le cynisme est dans la contradiction voulue et assumée opposant les grands principes humanitaires qu’on affiche et la pratique quotidienne du massacre de citoyens.

Aujourd’hui, nous avons affaire à une autre forme de cynisme. Dans le spectacle que donne à voir par exemple le Gouvernement actuel de la France. Le président, Nicolas Sarkozy le premier. Loin de moi l’idée de vouloir l’affilier à une quelconque gent canine. Mais son cynisme consiste à affirmer une chose et son contraire, à soutenir un ministre un jour, à le désavouer le lendemain, à parler constamment à la place de ses ministres. Dans son agitation ultra médiatisée, il procède à une véritable désymbolisation constante des institutions de la république. Il y a bien là un travail d’affaiblissement de l’autorité de ces dernières. Pour parodier Hannah Arendt, disons qu’il a y aussi perte d’autorité quand les adultes refusent d’assumer le monde dans lequel ils ont mis les enfants, les vouant ainsi à une culture de la violence. Le refus de l’éducation est l’étalage de la répression et le culte de la sécurité. On croit que la sécurité n’est qu’une affaire de police alors qu’elle réside avant tout dans le contrat liant les citoyens, contrat implicite et symbolique comme sorti de l’état de nature. C’est ce refus de l’éducation qui pousse à vouloir incarcérer des enfants de 12 ans. Reste maintenant à obliger des psychiatres à inventer une substance antiviolence qu’on inoculerait aux femmes enceintes, sans leur consentement bien entendu.

Tout cela est grave, très grave. La démocratie ne fait pas toute la légitimité d’une république. Un pouvoir tyrannique peut se mettre en place démocratiquement. L’histoire comme on sait ne se répète pas et les formes de totalitarisme à venir sont forcément inédites. Nous sentons bien qu’une nouvelle sorte de régime politique, insidieusement, se met en place. Quand, à l’heure du laitier, un journaliste est brutalement interpelé chez lui, devant ses enfants ; quand des enfants innocents sont arrachés de l’école et renvoyés dans leur pays d’origine ; quand une association caritative est condamnée à de lourdes amendes pour être venue en aide aux sans abris ; quand... Même si nous n’avons pas encore tous les éléments théoriques permettant de penser ce régime inédit, il se présentifie déjà avec des signes certains de la monstruosité. Face à tout cela, le PS, principal parti d’opposition, se déchire lamentablement. L’heure serait-elle venue, pour nous enseignants du moins, d’entrer dans la désobéissance civile ?

Je ne parle peut-être pas d’outre tombe mais je suis d’Outre-mer. Comme beaucoup d’Antillais, j’ai aimé une certaine France malgré l’esclavage et la colonisation, malgré Vichy et la collaboration. Cette France qui à deux reprises, a su abolir l’esclavage, celle qu’on a cru ouverte aux Droits de l’homme et aux valeurs universelles. Celle dont l’école, malgré ses aspects aliénants pour nous, a su donner le sens de la révolte à un Césaire ou à un Fanon. Qu’il faille dépoussiérer cette vielle école républicaine ne signifie pas qu’on doive la jeter avec l’eau du bain. Est aussi à réviser cette identité républicaine hypocrite qui a du mal à s’ouvrir à la diversité. Et quand on constate que monsieur Brice Hortefeux, ministre de cet affreux ministère de « l’intégration, de l’identité nationale et de l’immigration », aux relents franchement vichyssois, se permet de réunir, à Vichy précisément, les ministres européens chargés des questions d’immigration on peut légitimement penser qu’il y a là une continuité conservatrice inquiétante. Ce ministre rend visite le 10 décembre au Haut Conseil à l’Intégration. Je n’y serai pas. J’annonce ici publiquement ma démission du HCI. Cette France qui vient ou qui se met en place sournoisement, je ne l’aime pas. Devrions-nous alors, d’Outre-mer, faire dissidence ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr en tout cas c’est que la plus grave erreur serait de se dire, comme à l’accoutumée, que les chiens aboient et que la caravane passe.

Jacky Dahomay. Professeur de philosophie à la Guadeloupe, démissionnaire du Haut Conseil à l’Intégration