Photographie/Conseils aux débutants/Photographier quand la lumière est faible

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Par rapport à la photographie « normale », activité qui se pratique généralement lorsque la lumière est abondante, la photographie dans des conditions de faible lumière présente quelques particularités qu'il vaut mieux connaître si l'on veut obtenir des résultats satisfaisants.

Sections

[modifier] Le risque de bougé

Une lumière faible entraîne souvent la nécessité d'adopter une faible vitesse d'obturation, donc un temps de pose relativement plus long que la normale. Dans ces conditions le risque de bougé devient très important si l'appareil est tenu à la main. Dans le cas du format 24 x 36, on énonce souvent comme règle d'adopter une valeur du temps de pose égale à l'inverse de la distance focale de l'objectif utilisé. Cela donne donc environ 1/30 s pour un objectif de 28 mm, 1/60 s pour 50 mm, 1/125 s pour 125 mm et ainsi de suite. Il faut évidemment arrondir les valeurs et il est clair que la stabilité dépend hautement des possibilités physiques du photographe, de son état de fatigue, de l'émotion qu'il peut ressentir au moment de la prise de vue, etc.

Ce calcul n'est plus possible de façon directe avec les appareils numériques compacts équipés de capteurs minuscules et d'objectifs de courte focale. Il faut alors parler d'équivalence. Tel appareil muni d'un objectif à focale variable de 5,7-17,1 mm, par exemple, donnera un champ de prise de vue équivalent à celui d'un objectif de 35-105 mm monté sur un boîtier 24 x 36.

On en déduit d'ailleurs facilement la longueur du capteur : L = 36 \times \frac{5,7}{35} \approx 5,9\,\text{mm}


Le flou de bougé dû aux tremblements de l'opérateur risque bien évidemment d'affecter la qualité de l'image, et ceci d'autant plus que la focale utilisée sera plus longue. On s'abstiendra d'utiliser cet appareil avec des temps de pose plus longs que 1/30 s en position grand angulaire et 1/125 s en position téléobjectif.

[modifier] Utiliser un pied ou un support

Un trépied de bonne qualité supprime le risque de flou dû aux mouvements intempestifs de l'appareil, en revanche il n'est d'aucun secours si le sujet est mobile. Il faut faire attention à choisir un matériel bien construit et muni d'une tête rigide. En effet, certains pieds sont beaucoup trop légers et souples et le vent suffit à faire bouger l'appareil, surtout s'il est équipé d'un objectif volumineux. Les têtes en matière plastique manquent elles aussi, bien souvent, de rigidité. Lorsque le pied est terminé par une tige coulissante, celle-ci ne doit être sortie que si l'on ne peut vraiment pas faire autrement.

L'usage d'un pied est d'ailleurs conseillé en toutes circonstances, même en bonne lumière, si l'on veut obtenir des images parfaitement nettes.

Outre leur poids, le principal défaut des trépieds est qu'ils rendent difficile les changements rapides de cadrage. Les têtes à rotule équipées d'une poignée permettant le blocage et le déblocage rapides évitent en partie cet inconvénient. Les photographes sportifs ou animaliers préfèrent presque toujours utiliser un monopode qui permet de suivre une action tout en compensant partiellement le poids souvent important des téléobjectifs à grande ouverture. Naturellement, la stabilité ne peut jamais être aussi bonne que celle que confère un trépied.

Faute de pied, il faut chercher à s'appuyer aussi rigidement que possible sur tout ce que l'on peut avoir à sa portée : poteau, mur, toit d'une automobile, prie-dieu dans une église, etc.

Un petit sac de grains à moitié plein permet de poser l'appareil et d'ajuster dans une certaine mesure sa position. Il permet d'être relativement stable et d'avoir un choix (relatif) de l'angle de prise de vue. Un sac vide que l'on remplit de sable ou de graviers « sur le tas » assure la même fonction.

[modifier] Utiliser un déclencheur souple ou le retardateur

Une fois l'appareil monté sur son trépied, reste à éviter de le faire bouger par le simple fait d'appuyer sur le déclencheur. L'idéal est d'utiliser un déclencheur souple mécanique, pneumatique ou électrique qui évitera de transmettre des vibrations à l'appareil. Si ce dernier ne permet pas le montage d'un tel déclencheur, ce qui est le cas pour une grande majorité d'appareils compacts numériques, il reste la possibilité d'utiliser le retardateur qui laisse entre le déclenchement et la prise de vue effective un délai suffisant pour que les vibrations soient amorties. Naturellement cette solution ne convient pas aux sujets qui se déplacent et aux photos d'action.

[modifier] Utiliser un objectif très lumineux

En utilisant un objectif ouvert à f/1,4 plutôt qu'un autre ouvert à f/4, on fait entrer huit fois plus de lumière dans l'appareil et on peut donc diviser le temps de pose par huit. Cependant cette façon de faire présente quelques inconvénients. La profondeur de champ est très réduite et par ailleurs les objectifs utilisés à leur pleine ouverture ne donnent pas toujours des images de bonne qualité. Les objectifs très lumineux facilitent la visée mais ils sont par ailleurs très lourds, aussi bien dans le fourre-tout que pour le portefeuille. Avec certains appareils, ils donnent parfois de mauvais résultats en raison des difficultés éprouvées par les systèmes autofocus pour faire une mise au point précise.

[modifier] Multiplier les prises de vues

C'est la technique que nos amis anglo-saxons appellent « bracketing ». On réalise plusieurs prises de vue avec des expositions différentes correspondant à une sous-exposition, à une exposition normale et à une sur-exposition. On peut ainsi réaliser 3 ou 5 photos, à condition bien sûr que le sujet s'y prête.

Cette méthode est évidemment ruineuse si l'on utilise une surface sensible argentique mais elle est désormais couramment pratiquée avec les appareils numériques, dont beaucoup permettent d'ailleurs le « bracketing » automatique. L'étude de l'histogramme permet par la suite de choisir la meilleure image.

[modifier] Augmenter la sensibilité

Malgré les progrès accomplis ces dernières années, les films de haute sensibilité présentent toujours une image plus granuleuse que les films de sensibilité moyenne ou faible. La plupart du temps il faut utiliser un développement poussé, ce qui ne peut se faire qu'avec les films pour diapositives et surtout les films pour le noir et blanc. Le film Kodak TriX, dont la sensibilité nominale est de 400 ISO, peut par exemple être utilisé jusqu'à 2.500 ISO ; le film Kodak Recording (discontinué), donné pour 1.000 ISO, pouvait atteindre 4.000 ISO avec de très bons résultats. Actuellement, il vaut mieux utiliser des films comme l'Ilford Delta 3200 ou Kodak T-Max P3200.

Les films Kodak Recording

Pour les capteurs numériques le problème est différent. Contrairement à une idée répandue, un capteur n'a qu'une seule sensibilité et celle-ci est toujours relativement basse, équivalente à celle d'un film de l'ordre de 100 ISO ou moins. L'augmentation apparente de sensibilité procurée par les réglages des appareils correspond en fait à un traitement électronique des images ; lorsque des valeurs très élevées sont recherchées, il en résulte un « bruit » qui vient perturber les images, de sorte que l'on retrouve un défaut comparable à celui du « grain » argentique.

[modifier] Utiliser un flash

Osons le dire, c'est généralement ce que l'on peut faire de pire pour ce qui est de la qualité d'éclairage.

Les flashes intégrés aux appareils sont de faible puissance, ils donnent un éclairage plat et provoquent le phénomène bien connu des « yeux rouges ». En outre, si l'on veut photographier une assemblée comportant diverses personnes, celles qui sont proches de l'appareil verront leurs visages transformés en « fromage blanc » tandis que les plus éloignées resteront dans l'ombre, restant parfois presque invisibles.

Si l'on utilise un gros flash dans une pièce claire, il est intéressant de diriger le réflecteur non pas vers le sujet, mais vers un mur latéral ou vers le plafond. Dans ce dernier cas, attention, la lumière « tombera » peut-être trop sur les personnages dont les yeux resteront dans l'ombre. Il est alors tentant d'utiliser un gros flash pour créer l'ambiance et un petit pour « déboucher » les ombres mais les facéties des systèmes automatiques embarqués sur la plupart des appareils numériques, même sur ceux qui offrent la possibilité d'opérer en « manuel », rendent ce genre de manipulation plus qu'aléatoire ...

Contrairement à ce que beaucoup de photographes débutants peuvent penser, la meilleure utilisation du flash n'est pas la nuit ou en intérieur mais plutôt en extérieur lorsque le sujet se trouve en plein soleil. En effet, la nuit, il ne sera pas possible de recréer un éclairage satisfaisant avec un unique flash situé sur l'appareil : le sujet sera éclairé de face, perdant tout son relief. En revanche, lorsque le sujet est en plein soleil, celui-ci comporte souvent des zones d'ombre portée très marquée (par exemple : au niveau des yeux, sous le nez, sous le menton, etc.) qui peuvent être atténuées par l'utilisation du flash.

[modifier] Bibliographie

  • JOLY, Jean .- Photographie à la lumière ambiante. In : Photo-Revue, janvier 1970, pp. 28-31.


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