Photographie/Finition et présentation des photographies/Montage sous passe-partout
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[modifier] Définitions
Le montage sous passe-partout (carton ajouré dans lequel on glisse une photo, une estampe, etc.) est une bonne manière de présenter son travail. Encore faut-il qu'il soit bien fait ! Plutôt que « passe-partout », on dit parfois aussi à tort « marie-louise », mais ces deux termes n'ont pas la même signification.
- La définition d'une marie-louise varie selon les sources. On appelle ainsi un cache en bois, en carton toilé ou peint, etc., placé dans un autre cadre pour mettre en valeur un tableau, un dessin ou une photo. Le terme s'applique aussi aux caches ronds ou ovales qui recouvrent partiellement une photo afin de mettre le sujet principal en valeur. Cette technique d'encadrement fut très utilisée dans la première moitié du XXe siècle pour les photographies en noir et blanc.
- Le dictionnaire Larousse en 6 volumes donne la définition suivante du passe-partout : cadre avec ou sans glace, dont le fond s'ouvre à volonté pour recevoir les différents dessins qu'on voudra successivement y placer.
[modifier] Les cartons contre collés pour encadrements
Ces produits fabriqués par la société Canson et d'autres papetiers sont constitués d'une feuille de papier à dessin mate ou brillante, teintée ou non dans la masse, collée sur un carton spécial dont la qualité est compatible avec la bonne conservation des images. Lorsqu'ils sont coupés à 45° dans le sens de l'épaisseur, ils laissent apparaître la couleur du carton de base, généralement blanc mais parfois aussi rouge, bleu, gris, etc.
Pour des photos dont on sait qu'elles seront soumises à de nombreuses manipulations, par exemple lors des jugements des concours, il vaut mieux utiliser des contre collés vernissés (qualité "Concerto" chez Canson). Pour quelques centimes de plus on a des surfaces beaucoup plus résistantes au frottement, moins salissantes et aussi moins susceptibles de salir les photos des autres.
[modifier] Ouverture d'une fenêtre biseautée
Cette opération un peu délicate peut être réalisée grâce aux machines spéciales que possèdent tous les encadreurs, machines dont le prix est évidemment dissuasif pour un simple amateur qui n'aura à faire que quelques dizaines de passe-partout chaque année. En s'adressant à un professionnel de l'encadrement, on a en principe l'assurance d'un travail soigné mais le coût est très élevé.
L'appareil fabriqué par la société Maped permet de découper très facilement des fenêtres rectangulaires, pourvu que l'on soit un peu soigneux et que l'on observe un mode d'emploi convenable. Cet appareil est relativement cher mais il suffit en fait de réaliser une dizaine de découpes pour l'amortir. Beaucoup de photographes en possèdent un exemplaire mais l'expérience prouve qu'ils l'utilisent généralement dans de mauvaises conditions : non seulement la découpe d'un carton peut demander beaucoup de temps à ceux qui travaillent sans méthode, mais en plus la qualité des découpes est souvent plus ou moins approximative ... et les défauts sont alors d'autant plus apparents que la couleur du carton est moins discrète !
[modifier] Tracé pour la réalisation d'une découpe rectangulaire
On commence par tracer quatre traits sur l'envers du contre collé, à 25 mm à l'intérieur de l'ouverture à réaliser. Il est strictement inutile de tracer la future fenêtre ! Si toutes les photographies à monter sont de mêmes dimensions, un gabarit permet d'accélérer notablement ce travail.
[modifier] Découpe à l'aide de l'appareil Maped
La personne qui a écrit le mode d'emploi de l'appareil (celui qui est entre nos mains à l'heure où ces lignes sont écrites) n'est apparemment pas la même que celle qui en a assuré la conception. Peut-être la Société Maped, à laquelle cette anomalie a été signalée voici plusieurs années, a-t-elle depuis révisé son texte.
L'appareil doit être manœuvré dans la position inverse de celle indiquée sur le mode d'emploi, du moins pour les droitiers ... La règle est posée sur l'un des traits, la graduation et la lame dirigées vers l'opérateur. Après avoir enfoncé la lame dans le carton, on pousse l'appareil vers la gauche avec le pouce au lieu de le tirer. Pendant la coupe, la main droite appuie en glissant sur la règle que la main gauche aide à maintenir en place.
C'est dans cette position que l'on dispose du maximum de force pour appuyer sur le porte-lame et que l'on voit le mieux les petits repères qui servent à limiter la coupe, surtout si l'on a pris soin de les peindre avec le « blanco » qui sert à corriger les fautes. Au départ, le repère de gauche doit être aligné sur le trait vertical de droite, à l'arrivée c'est l'inverse, on arrête la coupe lorsque le repère de droite a atteint le trait vertical de gauche. Si le carton est très épais il faut commencer un peu avant et finir un peu après.
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Attention ! |
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[modifier] Affûtage des lames
Vérifiez bien les lames ! Celles que l'on vendait à l'origine avec les premiers appareils étaient parfaites mais depuis plusieurs années celles que l'on trouve sont mal affûtées et possèdent un double biseau très fâcheux qui garantit à 100 % l'obtention de coins curvilignes du plus vilain effet !
Vous pouvez récupérer facilement ces lames défectueuses en les affûtant en arrondi. Faites subir le même sort aux lames usées, c'est mieux que de les jeter à la poubelle et vous serez à coup sûr fort étonné du résultat !
Utilisez une pierre à aiguiser très fine présentant une face plane suffisamment étendue. Après avoir cassé l'angle en réalisant un biseau arrondi d'environ 2 mm de rayon, posez la face non biseautée de la lame à plat sur la pierre et frottez-la en décrivant des cercles afin d'éliminer les bavures. Répétez le biseautage et la remise à plat si le tranchant n'est pas parfait.
[modifier] Fixation de la photographie sur le passe-partout
Les dimensions des photographies tirées sur des supports plastifiés ne dépendent pratiquement pas du taux d'humidité ambiante, mais ce n'est pas le cas pour les cartons. Si vous fixez vos photos par leurs quatre bords, vous pouvez être sûr qu'elles vont se gondoler dès qu'elles seront soumises à la chaleur des projecteurs, car les cadres vont rétrécir beaucoup plus que le support photo. Des déformations tout aussi disgracieuses se produiront immanquablement si vous collez un cadre en contre collé bien sec avec une feuille de doublage humide, ou l'inverse. Le cadre doit recouvrir les bords de la photo sur au moins 2 mm en tous sens. Fixez la photo avec un ruban adhésif de très bonne qualité, uniquement par son bord supérieur.
Comme la photo n'est pas collée à pleine surface sur un support, il est très facile de la démonter pour la présenter « nue » à un autre concours ou pour changer le passe-partout s'il a été détérioré.
[modifier] Doublage du dos
Dans la mesure où la photographie n'est fixée que par un seul côté, il est évidemment nécessaire de compléter le montage par la fixation d'un dos. Celui-ci doit être léger, mais pas trop ! C'est en effet sur lui que l'on fixe l'attache permettant de suspendre la photographie sur les grilles d'exposition. Un carton mince d'épaisseur 0,3 à 0,5 mm fait parfaitement l'affaire ; on le fixe à l'aide d'un ou deux minces filets de colle en tube, en passant suffisamment loin de la photo pour qu'elle ne soit pas coincée. La colle blanche en bâtons est notoirement insuffisante pour ce travail, par ailleurs les produits autocollants double face sont beaucoup plus chers que la colle en tube et pas toujours très fiables.
Une fois le dos collé, remettez à sa place d'origine la pièce de carton que vous avez retirée de la fenêtre et servez-vous en pour bien chasser l'air qui se trouve emprisonné entre la photo et le carton de doublage.
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Suggestions |
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Attention ! |
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[modifier] Des goûts et des couleurs ...
C'est la photo que l'on doit voir, pas le cadre !!!
[modifier] Les encadrements blanc pur
Une exposition sur la Turquie vue il y a quelques années à Paris au Parc Bagatelle comportait quelques centaines de photographies en couleurs, de grand format, dont beaucoup portaient des signatures prestigieuses. Les tirages étaient dans l'ensemble assez denses, tous montés dans des passe-partout blancs très larges et accrochés dans une salle aux murs et au plafond très sombres. Chaque photo recevait la lumière d'un petit projecteur. L'aspect global de cette exposition était absolument hideux ; en entrant dans la salle on ne voyait qu'un ensemble disparate de rectangles blancs évidés de trous sombres dans lesquels les photos étaient littéralement englouties. En examinant les œuvres individuellement, ce n'était pas mieux, car l'éblouissement provoqué par les encadrements ne permettait pas d'apprécier la richesse des nuances des tirages, qui pourtant étaient dans l'ensemble de très bonne qualité. On aurait voulu saboter le travail des photographes, qu'on ne s'y serait pas pris autrement.
Il suffit pourtant de regarder quelques photographies anciennes pour constater que nos grands-pères, qui ne manquaient pas d'habileté, n'utilisaient pratiquement jamais de fond blanc pour mettre en valeur leurs photographies. Les encadrements blancs correspondent à une mode importée assez récemment des États-Unis. Ils ont la fâcheuse propriété de donner un aspect terne à tout ce qu'ils contiennent, à de rares exceptions près ; les couleurs sont éteintes et les tirages noir et blanc, surtout quant ils sont un peu faibles, paraissent gris et sales. À cause de cela, les photographes qui utilisent ce type de montage ont tendance à augmenter exagérément les contrastes et la saturation des couleurs ; de loin, cela permet de limiter les dégâts mais en réalité ces tirages sont outranciers et privés d'une bonne partie de la richesse des demi-teintes qui fait généralement la qualité d'une bonne photographie.
[modifier] Encadrements clairs, encadrements foncés
Les teintes de type « blanc cassé », « écru » ou « coquille d'œuf » sont évidemment moins catastrophiques que le blanc pur, il suffit de disposer d'un échantillonnage de cartons évidés que l'on place successivement sur un tirage donné pour s'en apercevoir. D'une manière générale, les encadrements clairs ont pour effet d'assombrir leur contenu, contrairement aux encadrements sombres qui tendent à l'éclaircir. On le vérifie aisément sur l'image ci-dessous, qui montre une illusion classique, et il faut bien sûr en tenir compte lorsque l'on procède au montage des photos.
Voici quelques exemples qui montrent clairement cet effet sur diverses photographies. En principe, celles qui sont montrées ici sur un fond noir devraient vous apparaître plus lumineuses, plus riches en détails, en particulier dans les ombres, et dotées de couleurs plus saturées que celles qui sont présentées sur un fond blanc. Les fichiers de chaque paire sont pourtant rigoureusement identiques ...
Si ces différences ne vous sautent pas aux yeux, c'est peut-être parce que vous êtes en train de consulter cet article sur un écran réglé pour les travaux de bureautique et pas pour la photographie, c'est-à-dire sur un écran qui a besoin d'un sérieux étalonnage.
Vous devriez aussi avoir l'impression que les images encadrées de noir sont légèrement plus grandes que les autres.
En fait, pour que les photographies résistent aux fonds clairs, il faut qu'elles soient de grandes dimensions et présentées dans une ambiance très lumineuse. Si les images sont fortes par elles-mêmes et bien tirées, elles font alors oublier le fond et le décor. Ce fut par exemple le cas pour l'exposition de Sebastiao Salgado présentée voici quelques années à la Maison Européenne de la Photographie à Paris, sous forme de tirages de haute qualité en 40 x 60 cm ou plus.
Les photographies présentant des couleurs vives s'accommodent bien souvent des fonds noirs qui renforcent les effets, il en est de même pour les photographies en noir et blanc représentant des scènes d'une certaine intensité, voire d'un certain caractère dramatique. En revanche, le noir pur sera peut-être trop violent pour des scènes plus intimistes ou présentant des couleurs plus douces, plus « pastel ». Dans ce cas, un gris neutre plus ou moins foncé, voire un marron, conviendront sans doute mieux.
Il faut signaler aussi que pour les photographies qui font la tournée des concours, le blanc est une couleur très salissante ...
[modifier] Encadrements « raisonnablement colorés »
Beaucoup de photographies peuvent être parfaitement mises en valeur en adoptant des passe-partout bruns, gris-vert, gris-bleu, etc. D'une manière générale un encadrement « froid » réchauffera l'ambiance dégagée par l'image (un nu ou un portrait entouré de gris-bleu par exemple), tandis qu'un encadrement « chaud » aura l'effet inverse (un paysage de neige encadré de brun). On jouera donc alors sur un certain contraste pour renforcer une impression visuelle. Dans d'autres cas, au contraire, la couleur du cadre pourra « accompagner » la tonalité générale de l'image, en particulier si l'on veut atténuer une impression ; par exemple, on fera paraître plus « froide » une photographie présentant une dominante orangée légère mais indésirable en l'encadrant de brun.
[modifier] Encadrements de couleurs vives
En règle générale, il vaut mieux les éviter et même les proscrire absolument pour les photos qui seront présentées à des concours. Elles sont en effet la hantise des organisateurs qui s'apprêtent à accrocher les œuvres admises en vue de leur exposition. Que peuvent-ils faire au mieux pour disposer dans une même salle 120 photos montées sur des supports blancs, 80 sur gris, 150 sur noir, mais aussi 1 encadrée de vert pomme, 2 de rose bonbon et 1 de bleu turquoise ?
Au mieux, les photographies encadrées de couleurs vives seront reléguées dans un coin pour qu'on les remarque le moins possible, au pire elles ne seront tout simplement pas exposées.
[modifier] La « fermeture » des photographies
Lorsqu'une photographie présente près de ses bords des zones dont la couleur est voisine de celle du cadre, un problème apparaît immédiatement : on ne voit alors plus très bien où sont les limites de l'image et le regard du spectateur s'en trouve perturbé.
Ce problème est d'ailleurs assez classique pour les images destinées à être projetées à l'aide d'un vidéo projecteur, leurs zones noires périphériques sont facilement fondues avec l'entourage noir qui n'est autre que l'absence de toute image.
La photographie ci-dessous est particulièrement intéressante de ce point de vue car on voit bien qu'il n'est possible de la monter telle quelle ni sur un fond noir, ni sur un fond blanc, ni même sans doute sur un fond gris neutre qui la borderait directement. Évidemment, les limites du cadre apparaîtraient immédiatement avec un fond pourpre ou jaune fluorescent, mais cette idée n'est peut être pas vraiment lumineuse.
Dans ce cas, le mieux que l'on puisse faire est de mettre l'image en valeur en la bordant par un léger liséré qui sera usuellement noir ou blanc, mais éventuellement double ou d'une couleur plus voyante. L'utilisation des cartons contre collés teintés fait automatiquement apparaître un liséré lors de la coupe à 45°. Il est aussi envisageable d'utiliser un fond teinté de gris ou d'une autre couleur, avec ou sans liséré, etc. :
Ce problème de « fermeture » est encore plus important lors de la projection des images numériques. Celles qui présentent de larges zones périphériques noires ont une fâcheuse tendance à se mélanger à l'arrière-plan, qui est toujours noir, et il n'y a même plus le relief du papier pour établir un semblant de séparation.
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pour en savoir plus : projection des photographies numériques
| Finition et présentation des photographies |




