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Guide des dialogues platoniciens
Charmide
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Ce dialogue met en scène Charmide, Critias, Khairéphon et Socrate. Ce dernier examine les définitions de la sagesse proposées par Charmide puis par Critias.

  • Définitions de Charmide :
  1. Le calme et la modération ;
  2. La pudeur ;
  3. faire ses propres affaires.
  • Définitions de Criton :
  1. faire le bien ;
  2. la connaissance de soi-même ;
  3. la science d'elle-même et des autres sciences.

Le dialogue échoue à définir la sagesse.

Examinons la réfutation de la première définition de Charmide : la sagesse consiste à agir avec calme et modération. Socrate objecte que la sagesse est d'apprendre vite, de lire ou d'écrire à une vitesse convenable ; donc la lenteur n'est pas la sagesse. On a reproché à Socrate de remplacer le calme par la lenteur, ce qui ferait de cette réfutation un piètre procédé de sophiste. Une autre explication est possible, qui explique aussi pourquoi les définitions de Critias, si proches de celles de Socrate, sont rejetées par ce dernier : Charmide ne comprend pas, lorsqu'il parle de modération, que ce qu'il nomme modération doit être rapporté à la partie de l'âme qui juge de ce qui est avantageux et de ce qui est nuisible. Il n'a donc qu'une opinion droite de ce qu'est la modération, mais il n'en a pas une connaissance vraie. Ce que Socrate cherche à lui suggérer, c'est que la modération, pour être réellement sage, doit reposer sur une connaissance de ce qu'il convient de faire et de ne pas faire, connaissance relative au bien de l'âme et qui fonde donc la vertu. Le même reproche peut être fait à Critias.

On peut donc affirmer que la réfutation de Socrate n'est en rien sophistique et que la grande absente de cette conversation, c'est l'âme, alors même qu'elle constitue l'essentiel du propos de Socrate dans le prologue.