Pour lire Platon/Introduction par les dialogues

Un livre de Wikibooks.

Ce chapitre est actuellement en cours de rédaction et son contenu n'est pour le moment pas au point.

Le premier chapitre nous a permis de faire connaissance avec Platon. Nous allons à présent faire connaissance avec sa pensée.

Voici comment nous organiserons ce chapitre. Chaque section abordera un domaine à travers une série de questions. Pour chacune de ces questions, nous donnerons un exposé succinct du contexte, une réponse détaillée et parfois une discussion argumentée des thèses de Platon et de leur actualité. Enfin, chaque section proposera la lecture de quelques extraits des dialogues.

Nous prenons le parti de faire une première présentation de la pensée de Platon d'une manière qui pourra paraître trop systématique et artificielle. Cette manière n'a cependant pour objectif que d'éviter au débutant d'être noyé sous la multiplicité des sujets traités dans les dialogues.

Selon les cas, les réponses pourront être très détaillées, mais nous privilégierons toujours une rédaction utilisant des mots familiers, plutôt qu'un vocabulaire philosophique spécifique. En ce sens, nous ne rechercherons pas l'exactitude absolue, mais la compréhension des problèmes soulevés. Les discussions des thèses de Platon auront pour but d'élargir la réflexion.

Comme pour le premier chapitre, la liste des questions proposées n'est pas close.

Pour lire Platon
Premiers pas
Conseils de lecture
Introduction
Guide des dialogues
Vocabulaire
Bibliographie
à suivre...

Sections

[modifier] Le philosophe

[modifier] Qu'est-ce que l'amour de la sagesse ?

Lecture conseillée : Phèdre, Le Banquet

Contexte
L'étymologie du mot philosophie est sans doute connue par un très grande nombre de personnes : la philosophie est l'amour de la sagesse ou du savoir. Mais, quoique connue, cette signification n'étonne peut-être pas autant qu'elle le devrait. La lecture de Platon va nous montrer de quelle manière cet amour peut nous paraître déroutant, voir nous choquer.

Tout d'abord, être sage, ou connaître, semble se rapporter à un état intellectuel. Pour Platon, il s'agit de la contemplation des réalités vraies. Or, il ne va pas de soi que l'on puisse dire qu'une réalité qui à avoir avec nos facultés intellectuelles puisse susciter une affection, et encore moins une affection tel qu'un désir. On peut ressentir de la joie à trouver une vérité, mais ce sentiment n'est pas ce qui fait la vérité. À plus forte raison, il est étrange que le désir amoureux soit non pas seulement dirigé vers le savoir, mais que ce savoir ne soit pas possible sans lui.

Mais ce n'est pas la seule raison de s'étonner. Le désir dont parle Platon, c'est l'amour, terme qui comprend le désir sexuel. Or Platon, d'une part, fait référence de manière explicite à l'attirance sexuelle, mais, de plus, ne l'utilise pas comme une métaphore. L'amour de la sagesse n'est pas, ou pas seulement, une expression destinée à nous faire comprendre l'aspiration du philosophe à l'image du désir : la philosophie est véritablement ce désir sexuel, mais dont l'objet a été changé. On trouvera donc dans les dialogues des descriptions du désir philosophique en des termes sexuels des plus explicites. Ces descriptions concernent tant la jouissance sexuelle que la sexualité en tant que fonction de reproduction, ce qui inclut en particulier la fécondation et l'accouchement. Comment Platon conçoit-il ce rapport de la sexualité et de la philosophie et pourquoi fait-il ce rapprochement ?

[modifier] Qu'est-ce que savoir ?

[modifier] Quelle est la place du philosophe dans la cité ?

Lecture conseillée : Apologie de Socrate

Contexte
Socrate prononce plusieurs discours devant les juges d'Athènes. Il est en effet accusé de corrompre la jeunesse et d'introduire de nouvelles divinités. Pourtant le philosophe passait son temps à interroger les gens et n'enseignait aucune doctrine en particulier, mais pensait avoir une activité politique de première importance en soumettant ces concitoyens à l'épreuve de ses objections. Qu'est-ce qui fait que le philosophe est malvenu dans la cité et y a-t-il une place s'il risque la mort en exerçant son activité ?

[modifier] La vie éthique

[modifier] Qu'est-ce que l'âme ?

[modifier] Qu'est-ce que se connaître soi-même ?

[modifier] Qu'est-ce que la vertu ?

[modifier] Quel est le bien suprême de la vie ?

Philèbe

[modifier] Doit-on craindre la mort ?

Lecture conseillée : Phédon

Contexte
Socrate s'entretient avec ses proches le jour de sa mort. L'agitation de ceux-ci contraste avec le calme du philosophe ; ils sont en effet bouleversés à l'idée que la mort est l'anéantissement de la personne et est donc une perte inestimable que rien ne peut consoler. Pourquoi Socrate pense-t-il que la mort n'est pas à craindre ?

L'attitude de Socrate à l'égard de la mort est tout aussi essentielle pour la philosophie que son refus de désobéir aux lois : si Socrate se mettait à se lamenter de sa mort prochaine, quelle serait donc le sérieux d'une pratique qui prétend apprendre à vivre en prenant soin de la destinée de l'âme ? La vie philosophique ne serait qu'une grande hypocrisie.

[modifier] La politique

[modifier] Qu'est-ce que la politique ?

[modifier] Qu'est-ce qu'une cité juste ?

La République

[modifier] Pourquoi agir selon la justice, si l'on peut tirer profit de l'injustice ?

La République

[modifier] Pourquoi obéir aux lois ?

Lecture conseillée : Criton

Contexte
Quelques jours avant son exécution, Socrate reçoit la visite en prison d'un vieil ami. Celui-ci lui propose de s'évader. Socrate refuse, et lui explique pourquoi il se doit de se soumettre à sa condamnation. Pourquoi Socrate choisit-il d'obéir à la loi, alors que cette obéissance le conduit à une mort injuste ?

[modifier] L'art

[modifier] Faut-il contrôler l'art ?

Lecture conseillée : La République

Contexte
Dans La République, Platon donne une très large place à l'examen du rôle que doit être celui du théâtre dans la cité juste. Cet examen est parallèle à l'institution de la philosophie comme principe et comme fin de la cité. Cette place suffit à montrer que Platon fait de l'art, et en particulier de la tragédie, un objet philosophique à part entière. Cela conduit à se demander pourquoi Platon pose, dans un texte sur les rapports entre philosophie et politique, le problème du rôle civique de l'art, d'autant plus que ce texte est ouvertement hostile au théâtre et le présente comme une menace. Si cette hostilité de Platon se manifeste au cours de réflexions portant sur les institutions de la cité, c'est donc que l'art comporte à ses yeux un risque politique. Quelle est donc cette menace ? (lire la suite...)

[modifier] Erreurs fréquentes

Afin d'aider le débutant, nous donnons ici une liste d'erreurs d'interprétation fréquentes, erreurs commises également par les philosophes !

Nous ne donnons que des erreurs vraiment évidentes, que le texte même de Platon réfute.

[modifier] Platon diviserait le monde en deux

Platon diviserait le monde en deux : d'un côté des réalités éternelles et de l'autre des réalités sensibles. Cette interprétation vient sans doute de certaines écoles platoniciennes et du christianisme, du moins dans les hérésies gnostiques. Au XIXeme siècle, Nietzsche l'a reprise à son compte, accusant Platon de dévaloriser le monde sensible.

En réalité, pour Platon, il n'y a qu'une seule et unique réalité : les réalités intelligibles. Le monde sensible est formé d'après leur modèle et n'a de réalité qu'en tant qu'il a un rapport avec ces réalités. Autrement dit, la réalité du monde sensible est aussi intelligible.

[modifier] Platon aurait inventé l'amour platonique

Platon n'a jamais défendu l'abstinence sexuelle : au contraire, le corps doit être en bonne santé pour ne pas être un obstacle à la pensée. Cela implique de ne pas se priver des plaisirs sensibles, nourriture, boisson et sexualité. Mais, dans chacun de ces plaisirs, il faut faire preuve de tempérance, pour éviter l'excès inverse de l'ascétisme. Lorsque Platon évoque le renoncement, dans le cadre de certaines relations, aux plaisirs charnels, il ne parle pas de supprimer le désir sexuel, mais de le reporter sur une réalité plus élevée, objet de l'amour philosophique. Cet amour n'est donc pas purement spirituel. L'amour pour un autre être apparaît dans cette conception comme un moyen. En ce sens, il y a bien là quelque chose de l'amour platonique qui est apparu pendant la Renaissance ; mais on ne peut les confondre, car Platon conçoit toujours l'amour comme désir sexuel, jamais comme une pure spiritualité.

[modifier] L'âme serait composée de parties

Pour Platon, l'âme serait composée d'une partie intellectuelle, d'une partie ardente et d'une partie désirante. En réalité, bien que les traducteurs emploient parfois le mot partie, l'âme est composée de puissances (de capacités ou de facultés) qui sont des activités de l'âme qui se définissent d'après les objets sur lesquels elles s'exercent.

[modifier] Chaque groupe de la cité juste possèderait une vertu

On représente souvent la cité juste décrite par Platon comme une cité composée de trois classes possédant chacune une vertu : les gouvernants sont sages ; les gardiens sont courageux ; les producteurs sont tempérants. Cette représentation est fausse puisque les gouvernants sont sages, courageux et tempérants, les gardiens sont courageux et tempérants et ils reçoivent une éducation dans le but de devenir sages, et les producteurs tempérants.

[modifier] La voix intérieure de Socrate serait celle d'un démon

L'expression démon de Socrate est utilisée par Plutarque. Mais elle n'apparaît nulle part dans les dialogues. Il est donc faux d'affirmer que Socrate entendrait un démon intérieur. Il reste que nous ne savons pas quel statut donner à cette voix qui est qualifiée de signe démonique : il peut tout aussi bien s'agir d'un dialogue de l'âme de Socrate avec elle-même.