États généraux du multilinguisme dans les outre-mer/Présentation/Éditos/Le mot du Président de la Région Guyane, Rodolphe ALEXANDRE

Un livre de Wikilivres.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les États généraux du multilinguisme dans les outre-mer ne pouvaient sans doute pas trouver meilleure terre d’accueil que la Guyane. La Guyane représente en effet, à elle seule, un véritable laboratoire en termes de diversité des cultures et des langues, qu’il s’agisse des langues régionales (créole guyanais, langues amérindiennes et bushinengues) ou des langues étrangères (anglais, néerlandais, portugais, espagnol, créoles caribéens, mandarin...).

Outre la mise en valeur de la multiplicité linguistique et culturelle de l’ensemble des départements et collectivités d’outre-mer, ces États généraux seront donc également l’occasion pour la Guyane de faire valoir son exceptionnelle densité en la matière et, sans doute, de mettre en avant son savoir-faire en termes d’intégration de toutes les composantes de sa population.

Car, si la langue constitue indubitablement un lien fort entre les personnes, en ce qu’elle leur permet de communiquer entre elles, de se comprendre, et de partager et faire vivre leur culture commune, elle peut aussi contribuer à isoler les communautés les unes des autres si aucun effort n’est entrepris pour leur permettre de se rapprocher et surmonter la barrière de la langue afin d’apprendre à mieux se connaitre.

C’est pourquoi j’ai souhaité, avec l’ensemble de mon équipe, placer cette mandature sous le signe du décloisonnement et du rassemblement de l’ensemble des communautés qui composent la Guyane, en organisant plusieurs rencontres inédites et de grande envergure, telle la grande réunion des chefs coutumiers amérindiens et bushinengues en avril 2011, ou encore les Journée internationale des populations autochtones les 9 et 10 décembre 2011, à Cayenne.

Il va de soi qu’une bonne maîtrise de la langue française par le plus grand nombre est une condition nécessaire à l’aboutissement de notre projet. Car elle seule a vocation à constituer le dénominateur commun permettant de passer d’une langue régionale ou étrangère à une autre. Or, c’est précisément l’objectif que nous nous sommes fixés : ouvrir, et faire découvrir à la Guyane et au monde la richesse des cultures et des langues qui vivent et s’expriment sur l’ensemble de notre territoire.

Ce sera certainement l’un des enjeux portés par chacune des délégations présentes à ces États généraux, dont je ne doute pas qu’ils seront placés sous le signe de l’ouverture, de la diversité, de l’échange et du partage. Bons travaux à toutes et à tous.

Rodolphe ALEXANDRE