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Commentaire de l'Éthique/La définition de la substance

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L'Éthique
démontrée suivant l'ordre des géomètres
Baruch Spinoza 1677

La définition de la substance (Éthique, I, définition 3)

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Texte et traduction

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La troisième définition de la première partie de l'Éthique porte sur la notion de substance :

« Per substantiam intelligo id quod in se est et per se concipitur, hoc est id cujus conceptus non indiget conceptu alterius rei a quo formari debeat. »

Soit, en français :

« Par substance, j'entends ce qui est en soi et se conçoit par soi, c'est-à-dire ce dont le concept n'a pas besoin du concept d'autre chose d'où on doive le former[1]. »

Cette définition est l'une des plus importantes de tout l'ouvrage. Le mot « substance » y apparaît 134 fois, dont 115 dans la seule première partie[2]. C'est à partir de ce concept que Spinoza construira sa conception de Dieu, de la Nature, et finalement de tout ce qui existe.

Un mot ancien, un sens nouveau

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Le terme « substance » (du latin substantia, ce qui « se tient dessous ») appartient au vocabulaire philosophique depuis l'Antiquité. Avant d'examiner ce que Spinoza en fait, il est utile de savoir d'où vient cette notion — ne serait-ce que pour mesurer l'originalité de la définition proposée.

La substance chez Aristote

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Pour Aristote, la substance désigne d'abord ce qui existe de manière fondamentale, par opposition aux propriétés ou qualités qui ne peuvent exister qu'en s'appuyant sur autre chose[3]. Prenons un exemple : la couleur blanche de cette feuille de papier ne peut pas exister toute seule, flottant dans le vide ; elle a besoin d'un support, d'un sujet auquel elle appartient. La feuille, en revanche, peut exister par elle-même : c'est elle qui porte la couleur, et non l'inverse.

Dans ce cadre, la substance est ce qui sert de support aux propriétés, ce en quoi les qualités « inhèrent » (c'est-à-dire résident). Un cheval, un arbre, un être humain sont des substances au sens aristotélicien : ils portent des propriétés (telle couleur, telle taille, tel état) mais ne sont eux-mêmes portés par rien d'autre.

La substance chez Descartes

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Descartes, dont Spinoza a lu et commenté les œuvres, reprend cette idée mais y ajoute une dimension nouvelle : l'indépendance causale. Une substance, écrit-il, est « une chose qui existe de telle façon qu'elle n'a besoin d'aucune autre chose pour exister[4] ».

Prise au pied de la lettre, cette définition impliquerait que seul Dieu est vraiment une substance, puisque tout le reste dépend de lui pour exister. Descartes en a conscience, mais il accepte d'appeler « substances » les créatures finies (les âmes, les corps) en un sens dérivé : elles n'ont besoin, pour exister, que du « concours » de Dieu, et non d'autres créatures[5].

Il y a donc chez Descartes une sorte de compromis : la substance est ce qui est indépendant, mais cette indépendance admet des degrés. Dieu est substance absolument ; les créatures le sont de façon relative.

Ce que Spinoza retient et transforme

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Spinoza refuse ce compromis. Pour lui, il n'y a pas de demi-mesure : ou bien une chose est vraiment indépendante, et alors elle est substance ; ou bien elle dépend de quelque chose d'autre, et alors elle n'est pas substance mais mode (nous y reviendrons). Comme l'écrit Steven Nadler, « Spinoza s'en tiendra à la compréhension la plus rigoureuse de ce qu'est une substance[6] ».

C'est cette rigueur qui rend la définition spinoziste si particulière — et si lourde de conséquences.

Structure de la définition

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La définition se compose de deux parties reliées par l'expression « c'est-à-dire » (hoc est) :

  1. Première partie : « ce qui est en soi et se conçoit par soi »
  2. Seconde partie : « ce dont le concept n'a pas besoin du concept d'autre chose d'où on doive le former »

Ces deux formulations disent la même chose, mais la seconde explicite la première en termes de concepts. Examinons chaque élément.

« Ce qui est en soi » (quod in se est)

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Le sens de l'expression
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« Être en soi » signifie : ne pas être en autre chose. Pour comprendre cette formule, il faut saisir ce que veut dire « être en » quelque chose.

Reprenons l'exemple de la couleur. La blancheur de cette feuille est en la feuille : elle lui appartient, elle en dépend, elle ne pourrait pas exister sans elle. On dit qu'elle « inhère » dans la feuille, comme un locataire dans un logement. Si l'on détruit la feuille, la blancheur disparaît avec elle.

Par contraste, quelque chose qui est « en soi » n'est pas logé dans autre chose. Il ne dépend de rien d'extérieur pour exister. Il se tient par lui-même, sans support, sans hôte.

Imaginons la différence entre une vague et l'océan. La vague est dans l'océan : elle ne peut pas exister sans l'eau qui la porte, sans les courants qui la forment. Elle est une modification de l'océan, une manière particulière dont l'océan existe à tel moment et tel endroit. L'océan, lui, n'est pas « dans » autre chose au même sens : il est ce en quoi les vagues sont.

Cette analogie est imparfaite (l'océan lui-même fait partie de la Terre, etc.), mais elle aide à saisir la distinction fondamentale : il y a des réalités qui existent en d'autres, et des réalités qui existent en elles-mêmes.

Conséquence : l'autonomie ontologique
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Dire que la substance est « en soi », c'est affirmer qu'elle possède une autonomie complète sur le plan de l'être. Elle n'emprunte rien à autre chose, ne repose sur rien d'extérieur. C'est ce que les philosophes appellent l'indépendance ontologique.

Cette indépendance est totale. Spinoza ne dit pas que la substance dépend « un peu moins » des autres choses, ou qu'elle dépend seulement de Dieu : il dit qu'elle est en soi, point final. Tout ce qui n'est pas ainsi est autre chose qu'une substance.

« Ce qui se conçoit par soi » (quod per se concipitur)

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Le sens de l'expression
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Après avoir caractérisé la substance du côté de l'être (« en soi »), Spinoza la caractérise du côté de la pensée (« par soi »). Une substance n'est pas seulement indépendante dans son existence ; elle est aussi indépendante dans sa conception.

« Se concevoir par soi » signifie : pour former l'idée de cette chose, je n'ai pas besoin de passer par l'idée d'autre chose. Je peux la comprendre entièrement à partir d'elle-même, sans faire appel à des concepts extérieurs.

Exemple et contre-exemple
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Prenons l'idée d'un fils. Pour comprendre ce qu'est un fils, je dois nécessairement faire intervenir l'idée de père ou de mère. Le concept de fils implique le concept d'une autre personne dont il est le fils. Le fils ne se conçoit donc pas « par soi » : son concept renvoie à autre chose.

À l'inverse, si quelque chose se conçoit « par soi », cela veut dire que son concept est autonome, qu'il se suffit à lui-même. Pour le comprendre, je n'ai pas besoin de le rapporter à autre chose. Il est son propre point de départ.

Le parallèle entre être et concevoir
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On retrouve ici une structure déjà présente dans la définition 1 (cause de soi) : un parallèle entre la manière dont une chose est et la manière dont elle est conçue. Ce parallèle traverse toute l'Éthique et en constitue l'un des principes directeurs[7].

Pour Spinoza, il n'y a pas d'un côté l'être (opaque, inconnaissable) et de l'autre la pensée (qui tenterait de l'atteindre de l'extérieur). Être et être conçu marchent ensemble. Si une chose est indépendante dans son être, elle doit aussi être indépendante dans sa conception — et réciproquement.

La seconde formulation : le concept qui n'a besoin d'aucun autre

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La seconde partie de la définition reprend la même idée en termes plus explicites : le concept de la substance « n'a pas besoin du concept d'autre chose d'où on doive le former ».

Cette formulation insiste sur la formation du concept. Quand je forme le concept d'une chose, je le construis à partir de certains éléments. Le concept de triangle, par exemple, se forme à partir des concepts de figure, de côté, d'angle. Ces concepts sont les « briques » avec lesquelles je bâtis l'idée de triangle.

Pour la substance, Spinoza affirme qu'aucune « brique » extérieure n'est requise. Le concept de substance se forme à partir de lui-même, sans emprunt. Il est, si l'on peut dire, un concept premier, qui ne dérive de rien d'autre.

La substance comme réalité absolument première

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De ces deux caractères — être en soi, être conçu par soi — découle une conséquence importante : la substance est quelque chose d'absolument premier.

« Premier » ne veut pas dire ici « premier dans le temps », comme si la substance existait avant le reste. Cela signifie : premier dans l'ordre de la dépendance. Tout ce qui n'est pas substance dépend de la substance, tandis que la substance ne dépend de rien.

Macherey résume cette idée en forçant un peu la syntaxe : la substance, « dans l'absolu, s'est[8] ». Elle n'est pas ceci ou cela, elle n'est pas quelque chose parmi d'autres — elle est le fait même d'être, pris dans son caractère le plus fondamental.

C'est pourquoi, dans une lettre à son ami Simon de Vries, Spinoza présente la substance comme équivalente à « l'Être considéré en tant que tel » (substantia sive Ens)[9]. La substance n'est pas une espèce particulière d'être ; elle est l'être même en ce qu'il a de plus radical.

Ce que la substance n'est pas : le mode

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Pour mieux cerner la notion de substance, il est utile de la comparer à son opposé : le mode, défini deux définitions plus loin.

« Par mode, j'entends les affections de la substance, autrement dit ce qui est en autre chose, par quoi il est aussi conçu[10]. »

Le mode est exactement l'inverse de la substance :

  • La substance est en soi ; le mode est en autre chose.
  • La substance se conçoit par soi ; le mode se conçoit par autre chose.

Le mode est donc une réalité dérivée, seconde, dépendante. Il n'existe qu'en s'appuyant sur la substance dont il est une « affection » (une modification, une manière d'être). Un mode est à la substance ce que la vague est à l'océan, ce que la blancheur est à la feuille, ce que la forme du sceau est à la cire.

Cette opposition structure toute l'ontologie spinoziste : il y a d'un côté la substance, absolument première et indépendante ; de l'autre, les modes, qui n'existent qu'en elle et par elle.

La substance et la cause de soi

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Une question se pose naturellement : quel rapport y a-t-il entre la définition de la substance (définition 3) et celle de la cause de soi (définition 1) ?

Spinoza a pris soin de les séparer en intercalant la définition 2 (la chose finie en son genre). Ce faisant, il évite de suggérer trop vite que substance et cause de soi coïncident[11]. Ce lien sera établi seulement plus tard, à la proposition 7 :

« Il appartient à la nature d'une substance d'exister[12]. »

L'argument est le suivant. La substance, étant en soi et conçue par soi, ne peut pas être causée par autre chose (car alors elle serait conçue par cette autre chose). Mais toute chose doit avoir une cause ou une raison. Donc la cause de l'existence de la substance ne peut se trouver qu'en elle-même : elle est cause de soi.

Ainsi, ce qui est « en soi » (substance) s'avère être aussi « par soi » au sens causal (cause de soi). Les deux définitions, d'abord distinctes, finissent par converger.

Un concept formel

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Comme pour la définition de la cause de soi, il faut noter que la définition de la substance reste, à ce stade, purement formelle. Elle ne nous dit pas quelle chose est substance, ni combien il y en a, ni si la substance est matérielle ou spirituelle, finie ou infinie.

Spinoza définit ce que signifie être une substance, sans encore affirmer qu'une telle chose existe. Cette affirmation viendra avec les propositions. La définition pose le concept ; les propositions en tirent les conséquences.

C'est une caractéristique de la méthode géométrique : les définitions fixent le sens des termes, mais ne tranchent pas les questions d'existence. On définit ce qu'est un triangle ; la question de savoir si des triangles existent réellement est une autre affaire.

Les conséquences à venir

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La définition de la substance, aussi abstraite qu'elle paraisse, porte en germe des conclusions spectaculaires que Spinoza établira dans la suite du De Deo :

  1. Il ne peut y avoir qu'une seule substance (proposition 14). Si deux substances existaient, elles devraient se distinguer par quelque chose. Mais la substance étant conçue par soi, elle ne peut se distinguer que par elle-même, et non par rapport à autre chose. Dès lors, toute « autre » substance se ramènerait à la première.
  1. Cette substance unique est Dieu (définition 6 et proposition 11). Dieu est défini comme « un être absolument infini », consistant en une infinité d'attributs. Or la substance, étant en soi et par soi, ne peut être limitée par rien d'extérieur : elle est donc infinie. Et puisqu'il n'y a qu'une substance, cette substance infinie est Dieu.
  1. Tout ce qui existe est en Dieu (proposition 15). Si la substance est unique et si tout le reste (les modes) est « en autre chose », alors tout est en cette unique substance. Rien n'existe en dehors de Dieu, car il n'y a pas de « dehors ».

Ces conclusions, que Spinoza démontrera pas à pas, expliquent pourquoi l'Éthique a été perçue comme une œuvre si audacieuse. En partant d'une définition apparemment technique de la substance, Spinoza parvient à identifier Dieu et la Nature, à nier l'existence de substances créées distinctes de Dieu, et à faire de l'univers entier l'expression d'une réalité unique.

Difficultés et objections

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Première difficulté : le parallélisme être/concevoir

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On peut se demander si Spinoza n'introduit pas subrepticement, dès la définition, une thèse métaphysique forte : le parallélisme entre l'être et la pensée. Pourquoi ce qui est « en soi » devrait-il aussi se concevoir « par soi » ? Les deux caractères sont-ils vraiment liés, ou Spinoza présuppose-t-il ce qu'il devrait démontrer ?

Spinoza pourrait répondre que le lien est analytique : si une chose dépend d'une autre pour exister, alors son concept devra nécessairement faire référence à cette autre chose (puisque connaître une chose, c'est connaître sa cause — axiome 4). Inversement, si une chose ne dépend de rien, son concept n'a besoin de rien d'autre. Le parallélisme serait donc une conséquence du principe de causalité, et non une thèse indépendante.

Mais cette réponse suppose que toute dépendance ontologique se reflète dans une dépendance conceptuelle — ce qui n'est peut-être pas évident pour tout le monde.

Seconde difficulté : l'existence de la substance

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La définition dit ce qu'est une substance, mais pas qu'il en existe une. Or, comment savoir qu'une telle chose existe ? Ne pourrait-on pas définir la substance de manière parfaitement cohérente sans qu'aucune substance n'existe réellement — de même qu'on peut définir une licorne sans qu'il y en ait ?

Spinoza répondrait que le cas de la substance est différent. Une chose qui est vraiment « en soi » ne peut pas ne pas exister, car la seule raison pour laquelle elle n'existerait pas devrait se trouver en elle-même (puisqu'elle ne dépend de rien d'extérieur). Or, si son essence n'est pas contradictoire (comme celle du cercle carré), rien en elle ne s'oppose à son existence. Donc elle existe nécessairement.

Cet argument, qui sera développé dans la proposition 7, rappelle la preuve ontologique de l'existence de Dieu : il suffit de bien comprendre ce qu'est la substance pour voir qu'elle ne peut pas ne pas exister.

Troisième difficulté : pourquoi une seule substance ?

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À première vue, la définition n'exclut pas qu'il y ait plusieurs substances, chacune étant « en soi » et « conçue par soi ». C'est d'ailleurs ce que pensait Descartes : il existe des substances pensantes (les âmes) et des substances étendues (les corps), toutes distinctes les unes des autres.

Spinoza démontrera dans les propositions suivantes que cette pluralité est impossible. Mais au niveau de la seule définition, rien ne semble l'interdire. C'est une illustration du fait que les définitions, chez Spinoza, ne livrent pas immédiatement toutes leurs implications : celles-ci ne se révèlent qu'à travers le travail de démonstration.

Récapitulation

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Résumons les acquis de cette analyse :

  1. La substance est définie par deux caractères indissociables : elle est en soi (indépendance ontologique) et elle est conçue par soi (indépendance conceptuelle).
  1. « Être en soi » signifie ne pas exister dans autre chose, ne pas dépendre d'un support ou d'un substrat extérieur.
  1. « Être conçu par soi » signifie que le concept de la substance se forme sans recourir au concept d'autre chose.
  1. Cette définition fait de la substance une réalité absolument première : tout le reste (les modes) dépend d'elle, tandis qu'elle ne dépend de rien.
  1. La définition est formelle : elle ne dit pas encore quelle chose est substance, ni combien il y en a. Ces questions seront tranchées par les propositions.
  1. Le lien avec la cause de soi sera établi à la proposition 7 : ce qui est en soi doit aussi être cause de soi, donc exister nécessairement.

Notes et références

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  1. Spinoza, Éthique, I, définition 3. Nous citons la traduction de Bernard Pautrat (Paris, Seuil, 1988), légèrement modifiée. Le texte latin est celui de l'édition Gebhardt (Spinoza Opera, Heidelberg, Carl Winter, 1925, vol. II).
  2. Pierre Macherey, Introduction à l'Éthique de Spinoza. La nature des choses, Paris, PUF, 1998, p. 37.
  3. Aristote, Catégories, 2a-3b ; Métaphysique, Z.
  4. Descartes, Principes de la philosophie, I, art. 51.
  5. Ibid.
  6. Steven Nadler, Spinoza's Ethics. An Introduction, Cambridge, Cambridge University Press, 2006, p. 64 : « Spinoza will stand by the most rigorous understanding of this aspect of what it is to be a substance. »
  7. Ce parallélisme sera explicitement formulé dans la proposition 7 de la deuxième partie : « L'ordre et la connexion des idées est le même que l'ordre et la connexion des choses. »
  8. Macherey, op. cit., p. 38.
  9. Spinoza, Lettre IX à Simon de Vries (1663).
  10. Spinoza, Éthique, I, définition 5.
  11. Macherey, op. cit., p. 33 : Spinoza « a cherché à empêcher que ne soit nouée de manière anticipée une relation entre le contenu des définitions 1 [...] et 3 ».
  12. Éthique, I, proposition 7.