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ConTeXt/Organisation de la page : marges, géométrie et cadres simples

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ConTeXt

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Part. II, ch. 5  •  Organisation de la page  •  Sommaire

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Organisation de la page : marges, géométrie et cadres simples

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Objectifs

Objectifs

Cette page a pour but de rendre visible la manière dont ConTeXt « pense » une page, avant même de montrer comment la configurer : zones, marges, en-têtes/pieds, et premiers cadres.

  • Comprendre l’idée de zones typographiques (bloc de texte, marges, en-tête, pied, etc.).
  • Assimiler la distinction flux du texte / hors-flux (clé pour éviter les “effets étranges”).
  • Savoir à quoi sert réellement \setuplayout : réserver et coordonner des zones.
  • Préparer l’usage de \showframe et des cadres simples comme outils de diagnostic.

Introduction — Comprendre ce que ConTeXt appelle « une page »

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Cette page a pour objectif de faire comprendre comment ConTeXt conçoit une page, avant même de montrer comment la configurer.

Contrairement aux traitements de texte ou aux logiciels de PAO, ConTeXt ne considère pas la page comme une simple surface à remplir, mais comme un ensemble de zones typographiques distinctes, coordonnées entre elles. Chaque zone a un rôle précis — et surtout un statut différent vis-à-vis du texte.

Comprendre cette organisation est indispensable pour régler correctement les marges, placer des en-têtes et des pieds, utiliser des notes marginales, tracer des cadres ou des filets, et éviter des comportements qui semblent « étranges » mais sont en réalité logiques.

Une idée clé, dès le départ

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Dans ConTeXt, le texte ne circule pas partout.

Il s’écoule uniquement dans une zone bien définie : le bloc de texte principal. Tout le reste — marges, en-têtes, pieds, cadres, éléments graphiques — est hors du flux du texte.

Cette distinction entre zone de flux et zones hors-flux est la clé de compréhension de toute la géométrie de page dans ConTeXt.

La page comme architecture, pas comme surface

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On peut se représenter une page ConTeXt comme une architecture à plusieurs espaces : un support physique (le papier), une zone réservée au texte courant, des zones périphériques actives (marges, bords) et des zones superposées (en-têtes, pieds, graphiques).

ConTeXt ne « dessine » pas ces zones visuellement par défaut : il les définit, les réserve et les coordonne. Les schémas et exemples de cette page servent précisément à rendre cette architecture visible.

Comment lire la suite de la page

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La page est organisée de la manière suivante :

  1. une vue d’ensemble de la page, avec un schéma de référence ;
  2. le rôle du canevas de page (papier et layout) ;
  3. le bloc de texte, seul espace où le texte s’écoule ;
  4. les marges, considérées comme des zones actives ;
  5. les en-têtes et pieds, en superposition ;
  6. enfin, les cadres simples, et leurs limites.

Chaque section introduit une seule idée, illustrée par un schéma, puis un exemple minimal en ConTeXt.


Vue d’ensemble de la page : les zones fondamentales

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Avant d’entrer dans les détails des commandes, il est essentiel d’avoir une représentation globale de la page telle que ConTeXt la structure. Cette vue d’ensemble sert de schéma mental de référence : toutes les sections suivantes s’y rattachent.

Une page ConTeXt est découpée en zones

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Une page ConTeXt est organisée autour de plusieurs zones distinctes, qui ne jouent pas toutes le même rôle :

  • le papier (support physique) ;
  • le bloc de texte principal (zone de flux) ;
  • les marges (zones périphériques actives) ;
  • les en-têtes et pieds (zones superposées).

Ces zones ne sont pas dessinées visuellement par défaut, mais elles sont toujours présentes et actives. ConTeXt travaille en permanence avec cette géométrie, même si l’utilisateur ne la rend pas visible.

Schéma de principe (lecture guidée)

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(Un schéma annoté sera inséré ici pour visualiser les zones décrites ci-dessous.)

On peut lire une page ConTeXt de haut en bas et de l’intérieur vers l’extérieur :

  • en haut : la zone d’en-tête (header) ;
  • au centre : le bloc de texte principal (text area) ;
  • autour : les marges gauche et droite, éventuellement complétées par une zone extérieure (edge) ;
  • en bas : la zone de pied de page (footer).

Le point crucial est que seul le bloc de texte central accueille le flux du texte. Les autres zones sont positionnées par rapport à lui, mais n’en font pas partie.

Le rôle du layout

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La commande \setuplayout ne « dessine » pas la page : elle réserve et dimensionne ces différentes zones.

Autrement dit :

  • elle fixe la largeur et la hauteur du bloc de texte ;
  • elle détermine l’espace alloué aux marges ;
  • elle prévoit l’emplacement des en-têtes et des pieds.

Le layout agit donc comme un plan d’architecture, sur lequel viendront ensuite se placer :

  • le texte,
  • les cadres,
  • les notes marginales,
  • les éléments graphiques.

Rendre ces zones visibles : un outil de diagnostic

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Pour comprendre concrètement cette organisation, ConTeXt fournit une commande très précieuse :

\showframe

Cette commande affiche visuellement :

  • les limites du bloc de texte,
  • les marges,
  • les zones d’en-tête et de pied.

Elle n’est pas destinée à la production finale, mais à l’apprentissage et au débogage. Elle sera utilisée dans les exemples qui suivent pour rendre explicite ce que ConTeXt fait habituellement « en silence ».

À retenir

  • La page ConTeXt n’est pas un espace uniforme :
  • c’est un ensemble de zones coordonnées, dont une seule — le bloc de texte — accueille le flux typographique.

  • Illustrations de l'empagement (recto/verso)

Le canevas de page : papier, format et layout

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Avant de parler de marges, de cadres ou d’éléments graphiques, il faut distinguer clairement deux choses que ConTeXt traite séparément :

  • le support physique (le papier) ;
  • l’organisation typographique de la page (le layout).

Cette distinction est fondamentale pour comprendre pourquoi certaines commandes modifient l’aspect général du document, tandis que d’autres n’affectent que la composition interne.

Le papier : un support physique

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Le papier correspond à la taille réelle de la page : A4, A5, Lettre, etc. Il est défini par la commande :

\setuppapersize[A4]

Cette commande indique simplement à ConTeXt :

  • la largeur physique de la page,
  • sa hauteur physique.

Elle ne dit encore rien de la manière dont le texte sera disposé sur cette surface.

Le layout : un plan de composition

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Le layout définit comment la page est découpée en zones à l’intérieur du papier. C’est lui qui fixe :

  • la largeur et la hauteur du bloc de texte ;
  • la position et la taille des marges ;
  • l’espace réservé aux en-têtes et aux pieds.

Il est configuré avec la commande :

\setuplayout[...]

On peut dire que :

  • le papier est le support,
  • le layout est le plan d’architecture.

Deux documents peuvent utiliser le même papier (A4) tout en ayant des layouts très différents.

Une analogie utile

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On peut comparer le fonctionnement de ConTeXt à celui d’un plan d’immeuble :

  • le papier correspond aux dimensions extérieures du bâtiment ;
  • le layout correspond à la distribution intérieure des pièces ;
  • le texte est le mobilier qui s’installe dans une seule pièce précise.

Changer le papier ne change pas automatiquement la disposition intérieure. Changer le layout ne modifie pas la taille du support, mais la manière dont il est exploité.

Exemple minimal : papier + layout

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L’exemple suivant montre un document volontairement simple, dans lequel on rend visible la géométrie de page à l’aide de \showframe.

\setuppapersize[A4]
\setuplayout[
  backspace=2.5cm,
  topspace=2.0cm,
  width=middle,
  height=middle,
  header=1.0cm,
  footer=1.0cm,
]

\showframe

\starttext
Ce texte se compose uniquement dans le bloc de texte principal.
\stoptext

Dans cet exemple :

  • le papier est en A4 ;
  • le layout réserve explicitement des zones ;
  • \showframe permet de visualiser ces zones.

Ce que fait (et ne fait pas) le layout

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Le layout :

  • réserve des espaces ;
  • coordonne les zones entre elles ;
  • contraint la composition du texte.

Le layout ne :

  • dessine pas de cadres décoratifs ;
  • n’ajoute pas de contenu ;
  • n’impose pas de style typographique.

À retenir Dans ConTeXt, le papier définit la taille de la page, tandis que le layout définit la manière dont cette page est organisée en zones typographiques.



Le bloc de texte principal : la seule zone de flux

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Une fois le papier et le layout définis, il est essentiel de comprendre où le texte circule réellement dans une page ConTeXt.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire intuitivement, le texte ne se répand pas librement sur toute la surface de la page. Il s’écoule dans une zone unique et strictement délimitée : le bloc de texte principal.

Qu’appelle-t-on « flux du texte » ?

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Le flux du texte désigne le mécanisme par lequel ConTeXt :

  • enchaîne les paragraphes,
  • gère les retours à la ligne,
  • calcule les sauts de page,
  • ajuste les espacements verticaux.

Ce flux est continu, automatique, et obéit aux règles typographiques définies par le document. Mais il ne s’exerce que dans une seule zone : le bloc de texte.

Une conséquence fondamentale

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Tout ce qui n’est pas dans le bloc de texte est hors du flux.

Cela concerne notamment :

  • les marges,
  • les en-têtes et pieds,
  • les notes marginales,
  • les cadres décoratifs,
  • les éléments graphiques superposés.

Ces éléments peuvent être alignés sur le texte, mais ils ne participent pas à son écoulement et ne le perturbent pas.

Visualiser le bloc de texte

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Là encore, la commande \showframe est un outil précieux. Elle permet de repérer immédiatement :

  • les limites exactes du bloc de texte ;
  • la différence entre zone de flux et zones périphériques.
\showframe

Lorsqu’un cadre, une note ou un graphique « ne suit pas le texte », c’est presque toujours parce qu’il se situe hors de cette zone.

Ce qui appartient au flux

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Font partie du flux du texte :

  • les paragraphes ordinaires ;
  • les listes ;
  • les citations ;
  • les tableaux insérés dans le texte ;
  • les notes de bas de page.

Ces éléments influencent la pagination et se déplacent naturellement d’une page à l’autre.

Ce qui n’appartient pas au flux

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Sont hors du flux :

  • les en-têtes et pieds ;
  • les notes marginales ;
  • les cadres positionnés ;
  • les dessins MetaPost superposés ;
  • les repères visuels de structure.

Ils sont positionnés relativement à la page ou au layout, mais ne modifient pas l’écoulement du texte.

Pourquoi cette distinction est essentielle

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Comprendre cette séparation permet :

  • d’éviter des attentes irréalistes (« pourquoi ce cadre ne descend-il pas ? ») ;
  • de choisir le bon mécanisme (cadre dans le flux ou superposition) ;
  • de comprendre pourquoi ConTeXt privilégie MetaPost pour certains effets.

C’est aussi ce qui rend ConTeXt particulièrement robuste pour les documents longs et complexes : le texte reste stable, quelles que soient les décorations ou annotations qui l’accompagnent.

À retenir Dans ConTeXt, le texte s’écoule dans une seule zone. Tout le reste est positionné autour ou au-dessus de ce flux, sans jamais le perturber.


Les marges : des zones actives, pas des espaces vides

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Dans de nombreux logiciels, les marges sont perçues comme de simples espaces laissés vides autour du texte. Dans ConTeXt, il n’en est rien : les marges sont de véritables zones typographiques, prévues pour accueillir du contenu.

Marges et bloc de texte

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Le bloc de texte principal est entouré de plusieurs zones périphériques, dont la taille et la fonction sont définies par le layout. Ces zones ne font pas partie du flux du texte, mais elles peuvent être alignées sur lui et coordonnées avec lui.

On distingue notamment :

  • la marge gauche ;
  • la marge droite ;
  • la zone extérieure, souvent appelée edge.

Ces zones sont visibles immédiatement lorsque l’on active \showframe.

La notion d’« edge » (zone extérieure)

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Dans les documents destinés à l’impression recto-verso, ConTeXt distingue :

  • le côté intérieur (vers la reliure),
  • le côté extérieur (vers le bord de la page).

La zone edge correspond à ce côté extérieur. Elle est particulièrement utile pour :

  • des notes marginales savantes,
  • des repères de structure,
  • des numéros de ligne,
  • des commentaires éditoriaux.

Cette distinction permet à ConTeXt d’adapter automatiquement la mise en page aux pages paires et impaires.

Marges et recto-verso

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Dans un document recto-verso, les notions de « gauche » et de « droite » sont relatives. ConTeXt raisonne plutôt en termes de :

  • backspace (espace intérieur) ;
  • cutspace (espace extérieur).

Ce vocabulaire peut sembler déroutant au départ, mais il reflète une logique typographique solide, indépendante du sens de lecture de la page.

Que peut-on placer dans les marges ?

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Les marges peuvent accueillir :

  • des notes marginales ;
  • des repères visuels (symboles, traits, numéros) ;
  • des éléments d’apparat critique ;
  • des commentaires courts ;
  • des cadres verticaux ou filets continus.

Ces éléments sont positionnés par rapport au texte, mais ils ne participent pas à son écoulement.

Marges et stabilité du texte

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Un point essentiel est que le contenu placé dans les marges :

  • n’influence pas la pagination ;
  • ne provoque pas de reflow du texte ;
  • ne casse pas la structure du document.

C’est précisément cette séparation qui permet à ConTeXt de gérer sans difficulté des documents complexes, annotés et richement structurés.

À retenir Dans ConTeXt, les marges sont des zones typographiques à part entière. Elles accueillent du contenu, tout en restant hors du flux principal du texte.


En-têtes et pieds de page : des zones superposées

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Les en-têtes et les pieds de page occupent une place particulière dans l’organisation d’une page ConTeXt. Ils sont positionnés par rapport à la page, mais restent indépendants du flux du texte.

Une différence essentielle avec le texte courant

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Contrairement aux paragraphes, les en-têtes et pieds :

  • ne participent pas à l’écoulement du texte ;
  • ne provoquent pas de saut de page ;
  • ne modifient pas la pagination.

Ils sont superposés à la page, dans des zones réservées par le layout.

Autrement dit, le texte « ignore » leur présence, même s’ils sont visuellement alignés avec lui.

Où sont placés les en-têtes et les pieds ?

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Leur position dépend directement du layout, notamment des paramètres :

  • header et footer ;
  • topspace et bottomspace.

Ces zones sont clairement visibles lorsque l’on active \showframe :

  • l’en-tête apparaît au-dessus du bloc de texte ;
  • le pied apparaît en dessous.

Ils ne font pas partie du bloc de texte, mais sont calés par rapport à lui.

À quoi servent les en-têtes et pieds ?

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On y place généralement :

  • les numéros de page ;
  • des titres courants (chapitre, section) ;
  • des repères de navigation ;
  • des informations éditoriales discrètes.

Ces éléments doivent rester stables, même lorsque le texte se déplace ou se recompose.

Pourquoi sont-ils hors du flux ?

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Le fait que les en-têtes et pieds soient hors du flux garantit :

  • une pagination stable ;
  • une répétition régulière d’une page à l’autre ;
  • une indépendance totale vis-à-vis du contenu du texte.

C’est ce qui permet, par exemple, d’afficher un numéro de page même sur une page presque vide, ou au contraire sur une page très chargée.

En-têtes, pieds et recto-verso

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Dans un document recto-verso, ConTeXt permet de différencier :

  • pages paires et impaires ;
  • côté intérieur et extérieur.

Les en-têtes et pieds peuvent ainsi s’adapter automatiquement à la structure du document, sans intervention manuelle page par page.

Une zone idéale pour des éléments discrets

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Les en-têtes et pieds sont conçus pour accueillir des informations légères et récurrentes. Ils ne sont pas adaptés à :

  • du texte long ;
  • des cadres complexes ;
  • des éléments graphiques lourds.

Pour ces usages, d’autres mécanismes (marges, overlays, MetaPost) sont plus appropriés.

À retenir Les en-têtes et pieds sont des zones superposées à la page : visibles, stables et indépendantes du flux du texte.


Cadres simples : dans le flux, hors du flux, en superposition

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Les cadres sont souvent l’un des premiers outils utilisés pour structurer visuellement une page. Dans ConTeXt, il existe plusieurs manières fondamentalement différentes de produire un cadre, selon l’endroit où il se situe par rapport au flux du texte.

Comprendre cette distinction est essentiel pour choisir le bon mécanisme.

Cadres dans le flux du texte

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Un cadre dans le flux se comporte comme un élément ordinaire du texte :

  • il occupe de la place ;
  • il influence la pagination ;
  • il se déplace naturellement d’une page à l’autre.

C’est le cas, par exemple, des cadres construits avec \framed ou des environnements équivalents insérés directement dans le texte.

Ces cadres sont adaptés pour :

  • des encadrés pédagogiques ;
  • des citations mises en valeur ;
  • des exemples courts.

Ils suivent strictement les règles du flux typographique.

Cadres hors du flux

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Un cadre hors du flux est positionné par rapport à une zone donnée (marge, page), mais ne participe pas à l’écoulement du texte.

Il peut être aligné sur un paragraphe ou un repère précis, sans en modifier la composition.

Ces cadres sont adaptés pour :

  • des notes marginales encadrées ;
  • des repères éditoriaux ;
  • des éléments d’apparat critique.

Ils reposent sur les mécanismes de marges et de positionnement, non sur le flux.

Cadres en superposition

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Les cadres en superposition sont dessinés par-dessus la page, indépendamment du texte. Ils sont généralement produits à l’aide :

  • d’overlays ;
  • de couches ;
  • ou de graphiques MetaPost.

Ces cadres :

  • ne déplacent jamais le texte ;
  • peuvent traverser plusieurs zones ;
  • restent parfaitement stables, quelle que soit la pagination.

Ils sont idéaux pour :

  • des filets verticaux continus ;
  • des cadres pleine hauteur ;
  • des structures visuelles globales.

Pourquoi existe-t-il plusieurs types de cadres ?

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Il n’existe pas de « bon » cadre universel. Chaque type correspond à une logique typographique différente :

  • le cadre dans le flux privilégie la cohérence du texte ;
  • le cadre hors du flux privilégie l’annotation et la stabilité ;
  • le cadre en superposition privilégie la structure visuelle globale.

Chercher à utiliser un seul mécanisme pour tous les usages conduit presque toujours à des résultats décevants.

Cadres simples et limites

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Les cadres simples sont parfaitement adaptés pour :

  • comprendre les principes de base ;
  • réaliser des mises en valeur locales ;
  • expérimenter la géométrie de page.

Ils atteignent toutefois leurs limites lorsque l’on souhaite :

  • des cadres continus sur plusieurs pages ;
  • des cadres qui épousent précisément le layout ;
  • une intégration fine avec des éléments graphiques complexes.

Ces cas relèvent d’outils plus avancés, abordés dans les pages suivantes.

À retenir Dans ConTeXt, un cadre se définit d’abord par sa relation au flux du texte : dans le flux, hors du flux ou en superposition.


Mise en application : de la géométrie conceptuelle à la configuration

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Maintenant que nous avons compris comment ConTeXt organise une page dans sa géométrie interne, cette nouvelle section montre comment appliquer ces concepts en pratique, en utilisant les principaux paramètres du layout et des marges. Chaque exemple est contextualisé par rapport à la représentation de page introduite ci-dessus.

1. La géométrie de page dans ConTeXt

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Repère conceptuel

Repère conceptuel
Dans ConTeXt, la « géométrie de page » ne concerne pas le texte lui-même, mais le plan d’architecture sur lequel il sera composé. Les commandes présentées ci-dessous servent à réserver et coordonner des zones (bloc de texte, marges, en-têtes, pieds), non à placer directement du contenu.

  • La commande principale est :
\setuplayout[...]

Lire \setuplayout par zones (plutôt que par liste de paramètres)

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La commande \setuplayout[...] sert à définir la géométrie des zones de la page. Pour éviter l’effet « inventaire », on peut lire ses paramètres en les regroupant par zone concernée : bloc de texte (flux), marges (hors-flux), en-têtes et pieds (superposition).

Objectifs

Objectif
Savoir immédiatement agit chaque paramètre de \setuplayout : dans le bloc de texte, dans les marges, ou dans les zones d’en-tête / pied.

Zone concernée Paramètres typiques (exemples)
Bloc de texte (zone de flux) width, height, (textdistance selon les cas)
Marges (zones hors-flux) backspace, cutspace, leftmargin, rightmargin
En-tête / pied (zones superposées) header, footer, topspace, bottomspace

Elle règle :

  • l’espace intérieur (reliure),
  • l’espace extérieur (marge droite),
  • les marges haute et basse,
  • la zone réservée à l’en-tête et au pied,
  • la largeur et hauteur du bloc de texte.

Voici les paramètres les plus importants :

1) Paramètres du bloc de texte (zone de flux)
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Ces paramètres définissent la taille de la zone dans laquelle le texte s’écoule réellement. Ils influencent donc directement la pagination.

2) Paramètres des marges (zones hors-flux)

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Ces paramètres définissent les zones périphériques (intérieur/extérieur, gauche/droite). Ils n’appartiennent pas au flux, mais peuvent accueillir notes et repères.

3) Paramètres d’en-tête et de pied (zones superposées)

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Ces paramètres réservent l’espace pour des éléments récurrents (numéro de page, titres courants). Ils ne modifient pas l’écoulement du texte.

\setuplayout[
  backspace=25mm,   % marge intérieure (reliure)
  cutspace=20mm,    % marge extérieure
  topspace=15mm,    % marge en haut
  bottomspace=15mm, % marge en bas
  header=10mm,      % en-tête
  footer=12mm,      % pied de page
  width=middle,     % largeur du bloc de texte
  height=middle,    % hauteur du bloc de texte
]

À retenir backspace = marge intérieure, cutspace = marge extérieure. En mode recto-verso, ces valeurs doivent être réfléchies !


2. Aperçu visuel de la page : afficher les cadres

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Pour visualiser les marges :

\showframe

ConTeXt affiche alors un cadre autour de chaque zone : texte, marge, header, footer.

  • Schéma simplifié :
 ------------------------------------------------------
|                     top space                        |
|   -----------------------------------------------    |
|   | header                                      |    |
|   -----------------------------------------------    |
|   backspace  |               texte                | cutspace
|              |                                    |
|   -----------------------------------------------    |
|   | footer                                      |    |
|   -----------------------------------------------    |
|                     bottom space                     |
 ------------------------------------------------------

  • Le schéma suivant présente, de manière synthétique, l’ensemble des zones intervenant dans l’empagement d’une page ConTeXt, en distinguant papier, marges, zones réservées et zone de composition du texte. Voir les illustrations plus haut sur cette page.

Schéma global de l’empagement (papier, marges, zones de texte)

Recto-verso : pages IMPAIRES (recto) / PAIRES (verso)
Intérieur = côté reliure      Extérieur = côté coupe

PAGE IMPAIRE (RECTO) — extérieur à droite
┌───────────────────────────────────────────────────────────┐  ↑
│                       BORD DU PAPIER                       │  │ topspace
│   ┌─────────────────────────────────────────────────────┐ │  ↓
│   │                     EN-TÊTE (header)                │ │
│   │     (zone réservée pour titre courant, filets, etc.)│ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │            distance en-tête/texte (headerdistance)  │ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │                                                     │ │
│   │      MARGE INTÉRIEURE     TEXTE (width)     MARGE    │ │
│   │      (leftmargin)          + notes          EXTÉRIEURE│ │
│   │      + inner edge        (zone de composition)       │ │
│   │                                                     │ │
│   │                 CORPS DU TEXTE (height)              │ │
│   │                                                     │ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │            distance texte/pied (footerdistance)      │ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │                      PIED (footer)                  │ │
│   │     (numéro de page, mention, repères, filets, etc.) │ │
│   └─────────────────────────────────────────────────────┘ │
│                          BOTTOMSPACE                       │
└───────────────────────────────────────────────────────────┘

PAGE PAIRE (VERSO) — extérieur à gauche (miroir)
┌───────────────────────────────────────────────────────────┐
│                       BORD DU PAPIER                       │
│   ┌─────────────────────────────────────────────────────┐ │
│   │                     EN-TÊTE (header)                │ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │                  headerdistance                      │ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │                                                     │ │
│   │      MARGE EXTÉRIEURE    TEXTE (width)     MARGE     │ │
│   │      (leftmargin)                         INTÉRIEURE│ │
│   │                                                     │ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │                  footerdistance                      │ │
│   ├─────────────────────────────────────────────────────┤ │
│   │                      PIED (footer)                  │ │
│   └─────────────────────────────────────────────────────┘ │
└───────────────────────────────────────────────────────────┘

Correspondance entre les paramètres ConTeXt et les zones de l’empagement

Zone de la page Paramètre(s) ConTeXt Rôle
Papier \setuppapersize Définit le format physique de la feuille (A4, A5, Letter, etc.).
Topspace topspace Distance entre le bord supérieur du papier et le début du bloc de composition.
Backspace backspace Distance entre le bord intérieur du papier (côté reliure) et le début du bloc de composition.
En-tête header Hauteur réservée à l’en-tête (titre courant, filets, repères).
Distance en-tête / texte headerdistance Espace séparant l’en-tête du corps du texte.
Zone de texte width, height Rectangle principal où ConTeXt compose les paragraphes.
Marges latérales leftmargin, rightmargin Zones utilisées pour notes en marge, repères, bandeaux ou numéros de ligne.
Pied de page footer Hauteur réservée au pied de page (numéro, mention, filets).
Distance texte / pied footerdistance Espace séparant la fin du texte et le pied de page.
Bottomspace bottomspace Espace résiduel sous le pied de page jusqu’au bord inférieur du papier.

3. Impression recto-verso

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Pour un livre ou un rapport, activez :

\setuppagenumbering[alternative=doublesided]

Conséquences :

  • les pages paires se placent à gauche,
  • les pages impaires à droite,
  • backspace et cutspace changent de rôle automatiquement selon le côté.

LeftAstuce : pour tester le recto-verso, utilisez un document de quelques pages avec \showframe.


4. Largeur et hauteur du bloc de texte

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Les valeurs :

width et height

acceptent plusieurs options :

  • fit : ajuste au maximum
  • broad : large
  • middle : largeur/hauteur réglées automatiquement
  • valeurs fixes : 110mm, 18cm, etc.

Exemple :

\setuplayout[
  width=135mm,
  height=225mm,
]

5. Créer un cadre simple autour d’un paragraphe

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\framed[
  framecolor=darkgray,
  rulethickness=1pt,
  offset=0.5em,
]
{Texte encadré très simple}

On peut également définir un style réutilisable :

\defineframedtext[EncadreSimple][
  frame=on,
  framecolor=darkgray,
  background=color,
  backgroundcolor=lightgray,
  offset=1em,
]

\startEncadreSimple
Texte mis en valeur dans un cadre réutilisable.
\stopEncadreSimple

6. Pièges courants et solutions

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Avertissement : erreurs de marge fréquentes

  • Marge intérieure trop petite → impossible à relier
  • Marge extérieure trop grande en mode recto-verso
  • Bloc de texte trop large → lecture fatigante
  • Utilisation de A4 avec marges identiques en recto-verso → incohérence visuelle

7. Exemple complet

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\setuppapersize[A4]

\setuplayout[
  backspace=25mm,
  cutspace=20mm,
  topspace=12mm,
  bottomspace=15mm,
  header=10mm,
  footer=12mm,
  width=middle,
  height=middle,
]

\mainlanguage[fr]
\setupbodyfont[pagella, 11pt]

\starttext

\chapter{Exemple de page mise en forme}
\showframe
Ce document démontre la géométrie de base d’une page.

\stoptext

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