Aller au contenu

Dictionnaire de philosophie/Cogito

Un livre de Wikilivres.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

— - Cogito - —

Le cogito (par abréviation de la formule latine cogito, ergo sum : « je pense, donc je suis ») désigne l'une des intuitions philosophiques les plus célèbres de l'histoire de la pensée occidentale. Introduit explicitement par René Descartes au début du XVIIe siècle, le cogito représente le moment où la conscience découvre dans l'acte même de penser la première certitude indubitable, résistant à toutes les formes de doute. Cette découverte fonde une nouvelle conception du sujet, de la connaissance et de la vérité, qui marquera profondément la modernité philosophique.

Origine et formulation cartésienne

[modifier | modifier le wikicode]

Le doute méthodique

[modifier | modifier le wikicode]

Le cogito prend naissance dans le cadre de la démarche du doute méthodique que Descartes inaugure dans les Méditations métaphysiques (1641)[1] et expose également dans le Discours de la méthode (1637)[2]. Descartes entreprend de soumettre l'ensemble de ses connaissances à un examen radical afin de découvrir, s'il en existe, une vérité absolument certaine. Cette démarche ne vise pas le scepticisme, mais l'établissement d'un fondement inébranlable pour la science et la philosophie.

Dans la Première Méditation, Descartes expose les « raisons de douter » qui mettent en question la fiabilité de nos sens (qui nous trompent parfois), la distinction entre veille et rêve (comment savoir avec certitude que nous ne rêvons pas ?), et même les vérités mathématiques (par l'hypothèse hyperbolique d'un Dieu trompeur ou d'un « malin génie »)[3]. Ce doute ne porte pas tant sur la véracité ponctuelle de telle ou telle perception que sur la possibilité même d'accorder une confiance absolue aux facultés cognitives.

La découverte du cogito

[modifier | modifier le wikicode]

C'est dans ce contexte que surgit, dans la Seconde Méditation, la découverte du cogito. Alors même que Descartes s'efforce de pousser le doute jusqu'à ses limites extrêmes, il découvre une vérité qui résiste à toute tentative de mise en question : « Je suis, j'existe, cela est certain »[4]. La formule la plus célèbre, « cogito, ergo sum » (« je pense, donc je suis »), apparaît dans le Discours de la méthode et dans les Principes de la philosophie (1644)[5].

L'argument peut se formuler ainsi : pour douter, il faut penser ; pour penser, il faut être. L'acte même de douter garantit l'existence de celui qui doute. Même si un malin génie s'ingéniait à me tromper en toutes choses, il ne pourrait faire que je ne sois rien tant que je penserai être quelque chose[6]. Le cogito n'est pas un syllogisme ordinaire : il ne s'agit pas de déduire mon existence d'une prémisse majeure (« tout ce qui pense existe »), mais d'une intuition immédiate où l'acte de penser et la certitude d'exister coïncident dans une évidence première.

La nature du « je pense »

[modifier | modifier le wikicode]

Une fois établie la certitude de l'existence, Descartes s'interroge sur la nature de ce « je » qui pense. Il découvre qu'il est essentiellement une « chose qui pense » (res cogitans), c'est-à-dire « une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent »[7]. Cette définition identifie le sujet pensant à l'âme ou à l'esprit (mens), conçu comme une substance dont l'essence ou l'attribut principal est la pensée.

Le cogito instaure ainsi une distinction radicale entre deux ordres de réalité : la substance pensante (res cogitans) et la substance étendue (res extensa), c'est-à-dire le monde matériel. Cette dualité, qui caractérise le dualisme cartésien, soulève d'importantes difficultés concernant l'union de l'âme et du corps, que Descartes tentera d'éclaircir dans ses écrits ultérieurs, notamment dans la correspondance avec la princesse Élisabeth et dans le traité des Passions de l'âme (1649)[8].

Interprétations et débats sur le statut du cogito

[modifier | modifier le wikicode]

Intuition ou déduction ?

[modifier | modifier le wikicode]

La nature exacte du cogito a fait l'objet d'intenses débats dès les premières réceptions de la philosophie cartésienne. S'agit-il d'une intuition immédiate ou d'un raisonnement déductif ? Dans les Réponses aux Secondes Objections, Descartes précise qu'il ne s'agit pas d'un syllogisme au sens traditionnel : « Lorsque quelqu'un dit : Je pense, donc je suis, ou j'existe, il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force de quelque syllogisme, mais comme une chose connue de soi »[9]. Le cogito relève d'une « simple inspection de l'esprit », une évidence qui se présente à la conscience sans médiation discursive.

Cette caractérisation a conduit les interprètes à distinguer entre l'ordre de la découverte (où le cogito apparaît comme une intuition première) et l'ordre des raisons (où il s'inscrit dans une chaîne déductive). Certains commentateurs, comme Jean-Marie Beyssade, insistent sur la dimension performative du cogito : l'énoncé « je pense » ne décrit pas simplement un état, mais accomplit l'acte même qu'il énonce[10].

Le cercle cartésien

[modifier | modifier le wikicode]

Une difficulté majeure, soulevée notamment par Antoine Arnauld dans les Quatrièmes Objections, concerne ce qu'on appelle le cercle cartésien ou « cercle vicieux ». Descartes fonde la certitude du cogito sur le critère de l'évidence (tout ce qui est perçu clairement et distinctement est vrai). Mais pour garantir ce critère, il fait appel à la véracité divine, dont l'existence est elle-même démontrée à partir de principes perçus clairement et distinctement. N'y a-t-il pas là une circularité problématique[11] ?

Descartes répond en distinguant deux niveaux de certitude : les vérités perçues actuellement avec évidence (comme le cogito) ne requièrent pas la garantie divine ; seule la mémoire de ces vérités, lorsqu'elles ne sont plus présentes à l'esprit, nécessite que Dieu garantisse la constance de notre entendement[12]. Cette solution n'a pas convaincu tous les critiques, et le débat sur le cercle cartésien demeure vivace dans la littérature secondaire.

Précurseurs et parallèles historiques

[modifier | modifier le wikicode]

Saint Augustin

[modifier | modifier le wikicode]

Bien que Descartes soit le premier à faire du cogito le principe fondateur d'un système philosophique moderne, l'intuition d'une certitude de soi ancrée dans l'acte de penser n'est pas sans précédent. Saint Augustin (354-430), notamment dans le De civitate Dei (La Cité de Dieu, livre XI, chapitre 26) et dans le De Trinitate (La Trinité), avait déjà formulé un argument proche : « Si je me trompe, je suis » (Si fallor, sum)[13]. Pour Augustin, la conscience de soi est indubitable et constitue le point de départ d'une quête de la vérité divine.

Cependant, les contextes et les visées diffèrent sensiblement. Chez Augustin, l'argument sert principalement à réfuter le scepticisme académicien et à orienter l'âme vers Dieu, source de toute vérité. Chez Descartes, le cogito fonde un projet philosophique et scientifique autonome, visant l'établissement de certitudes rationnelles indépendantes de la révélation théologique. Lorsque ses contemporains lui signalent la ressemblance avec Augustin, Descartes reconnaît le parallèle tout en soulignant la nouveauté de son usage méthodique et systématique[14].

Certains historiens de la philosophie médiévale ont relevé une anticipation encore plus ancienne chez le philosophe persan Avicenne (Ibn Sīnā, 980-1037). Dans son traité Le Livre de la guérison (Kitāb al-Shifā), Avicenne propose l'expérience de pensée de l'« homme volant » : un homme créé d'un coup dans le vide, privé de toute sensation corporelle, prendrait néanmoins conscience de son existence en tant qu'être pensant[15]. Cette intuition préfigure certains aspects du cogito cartésien, bien qu'elle s'inscrive dans un cadre métaphysique aristotélicien très différent.

Critiques et dépassements

[modifier | modifier le wikicode]

La critique kantienne

[modifier | modifier le wikicode]

Emmanuel Kant (1724-1804), dans la Critique de la raison pure (1781/1787), soumet le cogito à une analyse décisive. Dans le chapitre des « Paralogismes de la raison pure », Kant dénonce l'illusion qui consiste à substantialiser le « je pense »[16]. Selon Kant, le « je pense » n'est que la forme logique de l'unité de la conscience, l'unité transcendantale de l'aperception qui accompagne toutes nos représentations. Il ne nous fait pas connaître le moi comme substance, ni comme objet d'une intuition. Nous ne connaissons le sujet que comme il nous apparaît (phénomène), jamais tel qu'il est en soi (noumène).

Kant refuse donc que le cogito puisse fournir une connaissance métaphysique de l'âme. Le « je pense » est une condition formelle de la connaissance, non un objet de connaissance. Cette critique ébranle les prétentions du rationalisme cartésien à fonder une psychologie rationnelle sur l'intuition du cogito[17].

Nietzsche et le soupçon sur le sujet

[modifier | modifier le wikicode]

Friedrich Nietzsche (1844-1900) pousse la critique encore plus loin en contestant la légitimité même de l'inférence « je pense, donc je suis ». Dans Par-delà bien et mal (1886), il dénonce le cogito comme un préjugé grammatical : « Un pensée vient quand "elle" veut, et non pas quand "je" veux ; de sorte que c'est falsifier la réalité que de dire : le sujet "je" est la condition de l'attribut "je pense" »[18]. Pour Nietzsche, parler d'un « je » qui pense suppose déjà une métaphysique de la substance que rien n'autorise. Il faudrait plutôt dire : « ça pense » (es denkt), comme on dit « il pleut » (es regnet), sans présupposer un sujet unitaire et stable.

Cette critique généalogique du cogito participe du projet nietzschéen de « philosophie du soupçon », qui vise à démasquer les présupposés métaphysiques dissimulés dans le langage et la logique. Marx et Freud, chacun à sa manière, prolongeront ce soupçon en montrant que le sujet n'est pas transparent à lui-même, mais déterminé par des forces économiques, sociales ou psychiques qui échappent à sa conscience.

La phénoménologie : Husserl

[modifier | modifier le wikicode]

Edmund Husserl (1859-1938), fondateur de la phénoménologie, renoue avec l'inspiration cartésienne tout en la transformant profondément. Dans les Méditations cartésiennes (1931), Husserl salue Descartes comme le penseur qui a inauguré la philosophie transcendantale en découvrant l'ego cogito comme « sol absolu de toute connaissance »[19]. Toutefois, Husserl reproche à Descartes de n'avoir pas exploité radicalement cette découverte, en retombant dans une métaphysique substantialiste (la res cogitans) au lieu d'explorer la structure intentionnelle de la conscience.

Pour Husserl, le cogito doit être compris non comme une substance, mais comme un champ de conscience intentionnelle : toute conscience est conscience de quelque chose. L'ego transcendantal n'est pas une chose, mais le pôle d'unité des actes de conscience qui visent (intentionnent) des objets. La phénoménologie husserlienne déploie ainsi une analyse détaillée de la corrélation entre les actes de conscience (noèses) et leurs objets intentionnels (noèmes), révélant la structure a priori de l'expérience vécue[20].

L'existentialisme : Sartre

[modifier | modifier le wikicode]

Jean-Paul Sartre (1905-1980), dans L'Être et le Néant (1943), reprend et transforme la problématique du cogito dans le cadre d'une ontologie phénoménologique. Pour Sartre, le cogito révèle la structure fondamentale de l'existence humaine : la conscience est être-pour-soi (pour-soi), caractérisée par la négativité, la liberté et le projet[21].

Sartre distingue la conscience préréflexive (ou conscience non positionnelle de soi), qui accompagne spontanément tout acte de conscience, et la conscience réflexive, qui prend pour objet la conscience elle-même. Le cogito préréflexif échappe au dualisme sujet-objet : il est une présence immédiate de soi à soi, sans distance ni médiation. Cette auto-transparence de la conscience fonde la possibilité de la réflexion et de la mauvaise foi (cette aptitude à se mentir à soi-même en se fuyant dans l'objectivité)[22].

Cependant, Sartre reconnaît également la dimension tragique du cogito : la conscience est condamnée à être libre, à choisir son être sans fondement préalable. Le cogito sartrien n'est plus le refuge d'une certitude sereine, mais l'expérience angoissante d'une liberté radicale et sans excuse[23].

Merleau-Ponty et le cogito incarné

[modifier | modifier le wikicode]

Maurice Merleau-Ponty (1908-1961), dans la Phénoménologie de la perception (1945), critique le cogito cartésien au nom d'une philosophie de l'incarnation. Pour Merleau-Ponty, Descartes a privilégié la conscience réflexive au détriment de l'expérience perceptive, première et irréductible. Le cogito ne peut se comprendre qu'enraciné dans un corps propre qui habite le monde avant toute réflexion[24].

Merleau-Ponty propose un « cogito tacite », une conscience préréflexive incarnée dans la perception et le geste, qui précède et rend possible le cogito explicite. « Ce n'est pas le "Je pense" qui contient éminemment le "Je suis", c'est au contraire l'"existence" qui précède l'"essence" et la supporte »[25]. Le sujet n'est plus l'esprit pur cartésien, mais un « être-au-monde », indissociablement corps et conscience, situé dans un horizon de sens et d'intersubjectivité.

Cette critique prolonge celle de Martin Heidegger (1889-1976), qui dans Être et Temps (1927) avait contesté le primat du cogito en lui substituant l'analytique existentiale du Dasein (l'être-là). Pour Heidegger, le cogito cartésien manque la question de l'être, en réduisant l'existence à la présence d'une substance pensante. Le Dasein n'est pas d'abord un sujet connaissant, mais un être-au-monde engagé dans des projets, des préoccupations et des relations avec autrui[26].

Postérité et débats contemporains

[modifier | modifier le wikicode]

Le cogito demeure au centre de nombreux débats contemporains en philosophie de l'esprit, en épistémologie et en métaphysique du sujet.

Le problème de la conscience de soi

[modifier | modifier le wikicode]

Les discussions contemporaines sur la conscience de soi reprennent, en les reformulant, les questions posées par le cogito. Comment la conscience peut-elle se prendre elle-même pour objet sans se dédoubler à l'infini ? La conscience de soi est-elle une connaissance ou une forme spécifique de présence à soi ? Des philosophes comme Dieter Henrich, Manfred Frank et Dan Zahavi ont développé des analyses fines de la structure de la conscience de soi, souvent en dialogue critique avec la tradition cartésienne[27].

Le cogito et les sciences cognitives

[modifier | modifier le wikicode]

Les neurosciences et les sciences cognitives contemporaines remettent en question la transparence du cogito cartésien. Des travaux sur les processus inconscients, la perception subliminale, ou les dissociations pathologiques de la conscience (comme dans le split-brain) suggèrent que le sujet n'a pas un accès privilégié et infaillible à ses propres états mentaux. Le philosophe Daniel Dennett a ainsi critiqué ce qu'il appelle le « théâtre cartésien », l'idée d'un centre unique où les contenus mentaux seraient présents à une conscience unitaire[28].

Cependant, d'autres philosophes, comme John Searle ou Thomas Nagel, défendent l'irréductibilité de la subjectivité et de la perspective à la première personne, contre les tentatives de réduction matérialiste. Le cogito, sous des formes renouvelées, reste ainsi un enjeu central des débats sur la nature de l'esprit et de la conscience[29].

Intersubjectivité et altérité

[modifier | modifier le wikicode]

Un reproche récurrent adressé au cogito concerne son apparent solipsisme : en partant de la certitude de soi, comment puis-je atteindre l'existence d'autrui et du monde extérieur ? Husserl, dans la Cinquième Méditation cartésienne, tente de résoudre cette difficulté par une théorie de l'« aperception analogique » : autrui est constitué comme un alter ego, un autre moi, sur la base d'une perception de son corps propre[30].

Emmanuel Lévinas (1906-1995) renverse radicalement la perspective en affirmant le primat d'autrui sur le cogito. Pour Lévinas, le visage d'autrui précède toute conscience de soi et fonde l'éthique comme philosophie première[31]. Paul Ricœur (1913-2005) propose une voie médiane avec l'idée d'un « cogito brisé » : le sujet ne se connaît qu'indirectement, par la médiation du langage, des symboles et des œuvres culturelles. L'herméneutique ricœurienne décentre le cogito sans l'abolir, en montrant que la compréhension de soi passe par la compréhension d'autrui et du monde[32].

Le cogito cartésien a profondément marqué l'histoire de la philosophie occidentale en instaurant le sujet pensant comme fondement de la connaissance. Si sa formulation initiale a suscité d'innombrables critiques et réinterprétations, il demeure un point de référence incontournable pour penser les questions de la conscience, de l'identité personnelle, de la certitude et de la subjectivité. Que l'on cherche à le dépasser, à le déconstruire ou à le réhabiliter sous de nouvelles formes, le cogito continue d'interroger notre rapport à nous-mêmes et au monde, témoignant ainsi de sa fécondité philosophique permanente.

Notes et références

[modifier | modifier le wikicode]
  1. René Descartes, Meditationes de prima philosophia, Paris, Michel Soly, 1641.
  2. René Descartes, Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, Leyde, Jean Maire, 1637.
  3. René Descartes, Méditations métaphysiques, I, AT VII, p. 17-23 ; éd. Alquié, Paris, Garnier, 1963-1973, t. II, p. 405-413.
  4. René Descartes, Méditations métaphysiques, II, AT VII, p. 25 ; éd. Alquié, t. II, p. 415.
  5. René Descartes, Principia philosophiae, Amsterdam, Louis Elzevier, 1644, I, § 7.
  6. Descartes, Méditations métaphysiques, II, AT VII, p. 25 ; éd. Alquié, t. II, p. 415.
  7. Descartes, Méditations métaphysiques, II, AT VII, p. 28 ; éd. Alquié, t. II, p. 419.
  8. René Descartes, Les Passions de l'âme, Paris, Henry Le Gras, 1649.
  9. Descartes, Réponses aux Secondes Objections, AT VII, p. 140 ; éd. Alquié, t. II, p. 565.
  10. Jean-Marie Beyssade, La Philosophie première de Descartes, Paris, Flammarion, 1979, p. 97-123.
  11. Antoine Arnauld, Quatrièmes Objections, AT VII, p. 214 ; éd. Alquié, t. II, p. 605.
  12. Descartes, Réponses aux Quatrièmes Objections, AT VII, p. 245-246 ; éd. Alquié, t. II, p. 640-642.
  13. Saint Augustin, De civitate Dei, XI, 26, PL 41, col. 339-340.
  14. Descartes, Lettre à Colvius, 14 novembre 1640, AT III, p. 247.
  15. Avicenne, Le Livre de la guérison (Kitāb al-Shifā), traité de l'âme, éd. et trad. partielle par Amélie-Marie Goichon, Paris, Desclée de Brouwer, 1969.
  16. Emmanuel Kant, Kritik der reinen Vernunft, B 399-432, trad. fr. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1944, p. 305-325.
  17. Kant, Critique de la raison pure, B 404-405, p. 308-309.
  18. Friedrich Nietzsche, Jenseits von Gut und Böse, § 17, trad. fr. C. Heim, Paris, Gallimard, 1971, p. 37.
  19. Edmund Husserl, Cartesianische Meditationen, § 1, trad. fr. G. Peiffer et E. Levinas, Paris, Vrin, 1953, p. 2-3.
  20. Husserl, Ideen zu einer reinen Phänomenologie, § 36-38, trad. fr. P. Ricœur, Paris, Gallimard, 1950, p. 106-113.
  21. Jean-Paul Sartre, L'Être et le Néant. Essai d'ontologie phénoménologique, Paris, Gallimard, 1943, p. 18-21.
  22. Sartre, L'Être et le Néant, p. 82-111.
  23. Sartre, L'existentialisme est un humanisme, Paris, Nagel, 1946, p. 36-45.
  24. Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945, p. 383-423.
  25. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p. 423.
  26. Martin Heidegger, Sein und Zeit, § 6, 10, 12-13, trad. fr. F. Vezin, Paris, Gallimard, 1986, p. 39-43, 63-69, 78-91.
  27. Dan Zahavi, Subjectivity and Selfhood. Investigating the First-Person Perspective, Cambridge (Mass.), MIT Press, 2005.
  28. Daniel Dennett, Consciousness Explained, Boston, Little, Brown and Co., 1991, trad. fr. P. Engel, Paris, Odile Jacob, 1993.
  29. Thomas Nagel, The View from Nowhere, Oxford, Oxford University Press, 1986, trad. fr. S. Kronlund, Combas, Éditions de l'Éclat, 1993.
  30. Husserl, Méditations cartésiennes, § 42-55, p. 81-141.
  31. Emmanuel Lévinas, Totalité et Infini. Essai sur l'extériorité, La Haye, Martinus Nijhoff, 1961.
  32. Paul Ricœur, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990.

Œuvres de Descartes

[modifier | modifier le wikicode]
  • DESCARTES René, Œuvres de Descartes, éd. Charles Adam et Paul Tannery, 11 vol., Paris, Cerf, 1897-1913 ; nouv. présentation, Paris, Vrin-CNRS, 1964-1974 (abrégé AT).
  • DESCARTES René, Œuvres philosophiques, éd. Ferdinand Alquié, 3 vol., Paris, Garnier, 1963-1973.
  • DESCARTES René, Méditations métaphysiques, trad. fr. Duc de Luynes (1647), éd. Jean-Marie Beyssade et Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1979.
  • DESCARTES René, Discours de la méthode, éd. Étienne Gilson, Paris, Vrin, 1925 (6e éd. 2011).

Études critiques

[modifier | modifier le wikicode]
  • ALQUIÉ Ferdinand, La Découverte métaphysique de l'homme chez Descartes, Paris, PUF, 1950.
  • BEYSSADE Jean-Marie, La Philosophie première de Descartes. Le temps et la cohérence de la métaphysique, Paris, Flammarion, 1979.
  • BEYSSADE Jean-Marie, Descartes au fil de l'ordre, Paris, PUF, 2001.
  • GILSON Étienne, René Descartes. Discours de la méthode, texte et commentaire, Paris, Vrin, 1925.
  • GOUHIER Henri, La Pensée métaphysique de Descartes, Paris, Vrin, 1962.
  • GUEROULT Martial, Descartes selon l'ordre des raisons, 2 vol., Paris, Aubier, 1953.
  • MARION Jean-Luc, Sur le prisme métaphysique de Descartes, Paris, PUF, 1986.
  • MARION Jean-Luc, Questions cartésiennes, 2 vol., Paris, PUF, 1991-1996.

Sur le cogito et ses interprétations

[modifier | modifier le wikicode]
  • AUGUSTIN (saint), De civitate Dei, livre XI, dans Œuvres de saint Augustin, vol. 35, éd. G. Combès, Paris, Desclée de Brouwer, 1959.
  • HEIDEGGER Martin, Sein und Zeit (1927), trad. fr. François Vezin, Être et Temps, Paris, Gallimard, 1986.
  • HUSSERL Edmund, Cartesianische Meditationen (1931), trad. fr. Gabrielle Peiffer et Emmanuel Levinas, Méditations cartésiennes, Paris, Vrin, 1953.
  • KANT Emmanuel, Kritik der reinen Vernunft (1781/1787), trad. fr. Alain Renaut, Critique de la raison pure, Paris, Aubier, 1997.
  • LÉVINAS Emmanuel, Totalité et Infini. Essai sur l'extériorité, La Haye, Martinus Nijhoff, 1961.
  • MERLEAU-PONTY Maurice, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945.
  • NIETZSCHE Friedrich, Jenseits von Gut und Böse (1886), trad. fr. Cornélius Heim, Par-delà bien et mal, Paris, Gallimard, 1971.
  • RICŒUR Paul, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990.
  • SARTRE Jean-Paul, L'Être et le Néant. Essai d'ontologie phénoménologique, Paris, Gallimard, 1943.

Études thématiques

[modifier | modifier le wikicode]
  • BALIBAR Étienne, « Ego sum, ego existo : Descartes au point d'hérésie », dans Descartes. Objecter et répondre, éd. Jean-Marie Beyssade et Jean-Luc Marion, Paris, PUF, 1994, p. 21-36.
  • KAMBOUCHNER Denis, « L'homme de Descartes », dans Histoire de la philosophie moderne : le XVIIe siècle, éd. Jean-Pierre Zarader, Paris, Hachette, 2002, p. 135-189.
  • WILLIAMS Bernard, Descartes: The Project of Pure Enquiry, Harmondsworth, Penguin Books, 1978.
  • ZAHAVI Dan, Subjectivity and Selfhood. Investigating the First-Person Perspective, Cambridge (Mass.), MIT Press, 2005.