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Dictionnaire de philosophie/Concept

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※ - Concept - ※

Le concept figure parmi les notions centrales de la philosophie. Il désigne généralement une représentation mentale abstraite et générale, une unité de pensée qui permet d'appréhender le réel dans sa dimension universelle. Depuis l'Antiquité grecque jusqu'aux débats contemporains, la question de la nature du concept, de son origine, de son rapport aux objets singuliers et au langage, n'a cessé de traverser la réflexion philosophique, donnant lieu à des positions métaphysiques, épistémologiques et logiques diverses.

Origines et définitions

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L'héritage grec

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La notion de concept trouve ses racines dans la philosophie grecque antique, même si le terme lui-même n'apparaît que tardivement dans l'histoire de la pensée occidentale. Chez Platon (428/427-348/347 av. J.-C.), les Idées ou Formes (eidos) constituent des réalités intelligibles, éternelles et immuables, dont les choses sensibles ne sont que des copies imparfaites[1]. L'Idée du Beau, du Juste ou du Lit possède une existence propre, indépendante des beaux objets, des actions justes ou des lits particuliers que nous rencontrons dans l'expérience sensible. Cette conception suppose une séparation ontologique entre le monde intelligible et le monde sensible.

Aristote (384-322 av. J.-C.) critique cette séparation platonicienne et propose une théorie alternative de l'universel. Pour le Stagirite, la forme (morphê) ou l'essence (ousia) n'existe pas séparément des substances individuelles, mais réside en elles comme principe d'intelligibilité[2]. L'universel est certes pensé par l'intellect agent (nous poiêtikos), mais il s'abstrait à partir des données sensibles particulières. Cette position, qualifiée de réalisme modéré, affirme que l'universel existe dans les choses (in rebus), tandis que le concept existe dans l'esprit comme résultat d'une abstraction.

La querelle médiévale des universaux

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Au Moyen Âge, la question du statut des universaux devient l'un des débats majeurs de la philosophie scolastique[3]. Trois positions principales s'affrontent : le réalisme, le nominalisme et le conceptualisme.

Le réalisme médiéval, défendu notamment par Guillaume de Champeaux (vers 1070-1121), soutient que les universaux possèdent une réalité substantielle, existant avant les choses particulières (ante res). Cette thèse s'inscrit dans la tradition platonicienne et augustinienne, faisant des universaux des idées dans l'esprit divin[4].

Le nominalisme, illustré par Guillaume d'Ockham (vers 1285-1347), nie toute réalité aux universaux en dehors de l'esprit qui les conçoit. Selon Ockham, seuls existent les individus singuliers ; les termes universels ne sont que des noms (nomina) ou des signes conventionnels permettant de désigner plusieurs individus présentant des ressemblances[5]. Le concept n'est qu'un signe mental (signum mentale), un acte de pensée sans correspondant ontologique universel.

Le conceptualisme, défendu par Pierre Abélard (1079-1142), adopte une position intermédiaire : les universaux n'existent ni comme substances séparées ni comme pures dénominations, mais comme concepts dans l'intellect, fondés sur les ressemblances réelles entre les choses singulières[6].

La modernité et le tournant subjectiviste

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Descartes et l'idée claire et distincte

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René Descartes (1596-1650) inaugure une nouvelle approche du concept en le pensant d'abord comme idée présente dans l'esprit. Dans les Méditations métaphysiques, Descartes distingue trois types d'idées : innées, adventices et factices[7]. Les idées innées, telles celles de Dieu, de l'âme ou des vérités mathématiques, sont présentes en nous indépendamment de l'expérience sensible. Le critère de vérité réside dans la clarté et la distinction de ces idées. Une idée claire est celle qui se présente immédiatement à l'esprit attentif ; une idée distincte est celle qui n'est pas confondue avec d'autres.

Cette théorie cartésienne fait du concept une réalité mentale dont la validité dépend de sa transparence à la conscience. Elle ouvre la voie à l'idéalisme moderne en plaçant la représentation au centre de la réflexion épistémologique.

L'empirisme britannique et la critique du concept

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Les philosophes empiristes britanniques remettent en cause la doctrine des idées innées et proposent une genèse empirique du concept. John Locke (1632-1704) affirme que l'esprit à la naissance est une tabula rasa, une page blanche sur laquelle l'expérience inscrit progressivement ses contenus[8]. Les idées simples proviennent de la sensation ou de la réflexion ; les idées complexes résultent de la combinaison, de la comparaison ou de l'abstraction opérées par l'entendement sur les idées simples.

George Berkeley (1685-1753) radicalise l'empirisme en contestant l'existence des idées abstraites générales. Pour l'évêque de Cloyne, toute idée est particulière et déterminée ; ce qui donne l'apparence d'universalité, c'est l'usage que nous faisons de certaines idées particulières comme signes représentant d'autres idées semblables[9].

David Hume (1711-1776) pousse plus loin encore la critique empiriste. Il distingue les impressions, données immédiates et vivaces de la sensation, et les idées, copies affaiblies des impressions dans la mémoire et l'imagination[10]. Les idées générales ne sont que des collections d'idées particulières associées à un même terme par habitude. Hume sape ainsi les fondements métaphysiques du concept en le réduisant à un mécanisme psychologique d'association.

Kant et la révolution copernicienne

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Emmanuel Kant (1724-1804) opère une véritable révolution dans la compréhension du concept. Dans la Critique de la raison pure, il distingue deux sources de la connaissance : la sensibilité, faculté réceptive qui reçoit les données de l'intuition, et l'entendement, faculté spontanée qui produit les concepts[11].

Kant établit une distinction fondamentale entre intuitions et concepts. Les intuitions sont des représentations singulières et immédiates ; les concepts sont des représentations générales et médiates. « Les pensées sans contenu sont vides, les intuitions sans concepts sont aveugles. »[12] La connaissance résulte de la synthèse de l'intuition sensible et du concept intellectuel.

Kant distingue en outre les concepts empiriques, formés par abstraction à partir de l'expérience, les concepts purs ou catégories, structures a priori de l'entendement (substance, causalité, unité, etc.), et les idées de la raison (âme, monde, Dieu), qui dépassent toute expérience possible[13]. Les catégories constituent les conditions de possibilité de l'expérience : sans elles, aucun objet ne pourrait être pensé.

L'idéalisme allemand et le concept spéculatif

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Hegel et le devenir du concept

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Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) confère au concept (Begriff) une portée métaphysique inédite. Pour lui, le concept n'est pas une simple représentation subjective, mais le mouvement même par lequel la réalité se structure et se comprend elle-même[14]. Le concept hégélien est le déploiement dialectique de l'Idée absolue à travers les moments de l'universel, du particulier et du singulier.

Dans la Phénoménologie de l'esprit, Hegel montre comment la conscience s'élève progressivement de la certitude sensible immédiate jusqu'au savoir absolu, en passant par diverses figures de l'expérience[15]. Le concept n'est pas donné d'emblée, mais se constitue dans un processus historique et logique. Il est vie, mouvement, négativité : il nie les déterminations immédiates pour les dépasser dans une synthèse supérieure.

L'originalité de Hegel consiste à identifier le rationnel et le réel : « Ce qui est rationnel est effectif, et ce qui est effectif est rationnel. »[16] Le concept n'est pas un instrument extérieur à la réalité pour la penser, mais la structure même de cette réalité en tant qu'elle est esprit (Geist).

L'analyse logique du concept

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Frege et la distinction sens/référence

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Gottlob Frege (1848-1925), fondateur de la logique moderne, introduit une distinction capitale entre le sens (Sinn) et la référence (Bedeutung) des expressions linguistiques[17]. Deux expressions peuvent avoir la même référence (désigner le même objet) tout en ayant des sens différents : ainsi, « l'étoile du matin » et « l'étoile du soir » désignent toutes deux la planète Vénus, mais leur mode de donation diffère.

Pour Frege, les concepts (Begriffe) sont des fonctions insaturées dont les valeurs sont des valeurs de vérité[18]. Un concept est une fonction qui, pour un objet donné en argument, donne le Vrai ou le Faux. Par exemple, le concept « être un nombre premier » appliqué à 7 donne le Vrai, appliqué à 6 donne le Faux. Cette conception logiciste fait du concept une entité objective, ni psychologique ni linguistique, mais purement logique, appartenant au « troisième royaume » distinct du monde physique et du monde mental[19].

Frege établit également une distinction fondamentale entre objets et concepts : alors que les objets sont saturés, complets en eux-mêmes, les concepts sont insaturés, incomplets, nécessitant d'être complétés par un objet. Cette distinction grammaticale et logique a des conséquences ontologiques : un concept ne peut jamais être objet, et réciproquement. Frege en déduit son célèbre paradoxe : « Le concept cheval n'est pas un concept », car en le nommant ainsi, on en fait un objet[20].

Russell, Carnap et l'empirisme logique

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Bertrand Russell (1872-1970) développe une théorie des descriptions définies qui vise à éliminer les difficultés liées aux termes ne désignant rien[21]. Une description définie comme « le roi de France actuel » n'est pas un véritable nom propre, mais une expression quantifiée analysable logiquement. Russell cherche ainsi à purifier le langage de ses ambiguïtés en le reconstruisant sur des bases logiques rigoureuses.

Les philosophes du Cercle de Vienne, notamment Rudolf Carnap (1891-1970), radicalisent cette approche en proposant un critère empiriste de signification : un énoncé est doué de sens si et seulement s'il est vérifiable empiriquement ou s'il est analytique (vrai en vertu de la signification des termes)[22]. Les concepts métaphysiques traditionnels, ne satisfaisant pas à ce critère, sont déclarés dénués de sens. Cette position, dite « vérificationnisme », vise à éliminer les pseudo-problèmes philosophiques résultant d'un mauvais usage du langage.

Willard Van Orman Quine (1908-2000) remet en cause la distinction entre énoncés analytiques et synthétiques, et avec elle l'idée même qu'il existerait des significations conceptuelles pures, indépendantes de l'expérience[23]. Pour Quine, nos théories scientifiques forment un réseau holistique confronté globalement à l'expérience : aucun énoncé n'est à l'abri de la révision, y compris les lois logiques.

Philosophie continentale : Husserl, Heidegger, Deleuze

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Husserl et la phénoménologie

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Edmund Husserl (1859-1938) inaugure la phénoménologie comme méthode d'analyse de la conscience et de ses vécus intentionnels. La réduction phénoménologique ou épochè consiste à mettre entre parenthèses la thèse de l'existence du monde (la croyance naturelle en la réalité objective) pour se concentrer sur les phénomènes tels qu'ils apparaissent à la conscience[24].

Husserl introduit la distinction entre noèse et noème. La noèse désigne l'acte intentionnel de la conscience (percevoir, juger, imaginer, désirer, etc.), tandis que le noème est le corrélat intentionnel de cet acte, c'est-à-dire l'objet tel qu'il est visé par la conscience[25]. Le noème n'est ni l'objet réel transcendant ni une simple représentation psychologique : c'est le sens objectif de l'acte, la manière dont l'objet se donne à la conscience. Le concept, dans cette perspective, relève de la structure noématique : il est le sens idéal saisi dans l'intuition eidétique.

Husserl développe également une théorie de la variation eidétique : en imaginant librement des variations d'un objet (par exemple, différentes tables), la conscience peut saisir l'essence invariante (l'eidos), ce sans quoi l'objet ne serait pas ce qu'il est[26]. Cette méthode permet d'accéder aux concepts essentiels sans recourir à l'abstraction empirique.

Heidegger et la destruction de la métaphysique

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Martin Heidegger (1889-1976) entreprend une Destruktion (déconstruction) de l'histoire de l'ontologie pour retrouver la question de l'être, oubliée depuis Platon. Dans Être et Temps, Heidegger critique la conception traditionnelle du concept (Begriff) comme saisie (greifen) objectivante qui fige l'être dans la présence[27]. Le penser authentique ne relève pas de la logique conceptuelle, mais d'un laisser-être qui laisse l'étant se manifester dans sa vérité (alètheia).

Heidegger distingue le concept (Begriff), qui appartient au registre de l'étant et de la métaphysique, et la pensée (Denken), qui se tient dans la proximité de l'être. Le concept, instrument de la science moderne, opère par représentation et calcul, tandis que la pensée méditative (besinnliches Denken) écoute l'appel de l'être[28].

Deleuze et Guattari : créer des concepts

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Gilles Deleuze (1925-1995) et Félix Guattari (1930-1992) proposent une conception originale de la philosophie comme activité créatrice de concepts. Dans Qu'est-ce que la philosophie ?, ils définissent le concept comme un ensemble de composantes inséparables qui trace un plan d'immanence[29]. Le concept n'est ni une généralité abstraite ni une simple opinion (doxa), mais une singularité qui découpe une zone de consistance dans le chaos de l'expérience.

Contrairement à la tradition qui voit dans le concept un universel, Deleuze et Guattari affirment son caractère événementiel et créateur. Les concepts ne préexistent pas, ils sont inventés : le cogito de Descartes, la monade de Leibniz, la volonté de puissance de Nietzsche sont autant de créations conceptuelles qui ouvrent de nouvelles possibilités de penser[30]. La philosophie n'est pas la contemplation, la réflexion ou la communication, mais la création de concepts.

Le concept dans les sciences

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Épistémologie : concepts scientifiques et paradigmes

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L'épistémologie contemporaine s'est penchée sur la nature et le rôle des concepts dans la connaissance scientifique. Pierre Duhem (1861-1916) et Alexandre Koyré (1892-1964) ont montré que les théories scientifiques ne procèdent pas par induction à partir de l'expérience brute, mais mettent en œuvre des cadres conceptuels qui orientent l'observation et l'expérimentation[31].

Gaston Bachelard (1884-1962) introduit la notion d'« obstacle épistémologique » : les concepts de sens commun et les premières conceptualisations scientifiques constituent souvent des obstacles qu'il faut surmonter pour accéder à une connaissance rationnelle[32]. La science progresse par « ruptures » conceptuelles, en substituant à un concept usé un concept rectifié. Bachelard parle ainsi de « philosophie du non » pour désigner cette dialectique de la conceptualisation scientifique.

Thomas Kuhn (1922-1996) radicalise cette approche avec sa théorie des paradigmes. Un paradigme scientifique est une matrice disciplinaire comprenant des lois, des théories, des applications et des instruments, mais aussi un réseau de concepts partagés par une communauté scientifique[33]. Lors d'une révolution scientifique, le changement de paradigme entraîne une reconfiguration conceptuelle telle que les termes utilisés avant et après la révolution n'ont plus le même sens : c'est le phénomène d'« incommensurabilité ».

Sciences cognitives et psychologie du concept

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La psychologie cognitive étudie empiriquement la formation, l'organisation et l'utilisation des concepts par l'esprit humain. Eleanor Rosch a montré que les concepts naturels ne fonctionnent pas selon le modèle classique de la définition par conditions nécessaires et suffisantes, mais selon une structure de prototypes[34]. Un prototype est l'exemplaire le plus typique d'une catégorie : par exemple, le rouge-gorge est un prototype de la catégorie « oiseau » plus que le manchot. L'appartenance à une catégorie est graduelle plutôt que binaire.

Les sciences cognitives contemporaines, intégrant linguistique, intelligence artificielle, neurosciences et philosophie de l'esprit, explorent la nature computationnelle ou connexionniste des concepts. Selon Jerry Fodor, les concepts sont des symboles mentaux (« langage de la pensée » ou mentalais) qui obéissent à une syntaxe combinatoire[35]. D'autres, comme Lawrence Barsalou, défendent une approche incarnée (embodied), selon laquelle les concepts sont enracinés dans les systèmes sensori-moteurs[36].

Débats contemporains

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Conceptualisme et non-conceptualisme

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Un débat actuel en philosophie de l'esprit porte sur la question de savoir si toute expérience est conceptuellement structurée ou s'il existe des contenus non-conceptuels. Les conceptualistes, comme John McDowell, soutiennent que l'expérience perceptive est toujours déjà articulée conceptuellement : voir un rouge déterminé, c'est mobiliser le concept de rouge[37]. Les non-conceptualistes, comme Christopher Peacocke, affirment au contraire que le contenu de l'expérience perceptive dépasse ce que les concepts du sujet peuvent articuler : un nourrisson ou un animal perçoit des couleurs sans posséder les concepts correspondants[38].

Concepts et langage naturel

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La philosophie du langage contemporaine s'interroge sur le rapport entre concepts et signification linguistique. Pour certains, comme Michael Dummett, le sens d'un terme linguistique réside dans les conditions de son usage correct, conditions qu'on peut identifier aux règles constitutives d'un concept[39]. Pour d'autres, comme Hilary Putnam, la signification ne réside pas « dans la tête » : le concept d'eau, par exemple, n'est pas fixé par une description que le locuteur pourrait fournir, mais par la nature réelle de l'eau (H₂O), déterminée par la science[40]. C'est la thèse de l'« externalisme sémantique ».

Philosophie féministe et analyse conceptuelle

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La philosophie féministe a entrepris une critique des concepts philosophiques traditionnels en montrant qu'ils véhiculent souvent des présupposés androcentristes. Des auteures comme Sally Haslanger analysent les concepts sociaux comme « genre » et « race » en montrant qu'ils ne décrivent pas des essences naturelles, mais des catégories construites socialement et historiquement[41]. Cette approche renouvelle la question de la nature des concepts en mettant l'accent sur leur dimension politique et normative.

La notion de concept traverse toute l'histoire de la philosophie, des Idées platoniciennes aux créations conceptuelles de Deleuze et Guattari, en passant par les catégories kantiennes, l'analyse logique frégéenne et les structures noématiques husserliennes. Le concept est à la fois ce qui permet la pensée de l'universel, ce qui structure notre expérience du monde, ce qui fonde la communication intersubjective, et ce qui évolue avec l'histoire des sciences et des cultures. Les débats contemporains attestent de la vitalité de cette notion, qu'il s'agisse d'en préciser la nature logique, cognitive ou linguistique, d'en critiquer les usages idéologiques, ou d'en explorer les variations culturelles. Loin d'être une question réglée, la philosophie du concept demeure un chantier ouvert où se rencontrent métaphysique, épistémologie, logique, philosophie de l'esprit et philosophie du langage.

Bibliographie sélective

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  • Aristote, Métaphysique, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1974
  • Gaston Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique, Paris, Vrin, 1938
  • George Berkeley, Traité des principes de la connaissance humaine, trad. D. Berlioz, Paris, Flammarion, 1991
  • René Descartes, Méditations métaphysiques, Paris, Vrin, 1996
  • Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991
  • Gottlob Frege, Écrits logiques et philosophiques, trad. Cl. Imbert, Paris, Seuil, 1971
  • G.W.F. Hegel, Science de la logique, trad. P.-J. Labarrière et G. Jarczyk, Paris, Aubier, 1981
  • Edmund Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie, trad. P. Ricœur, Paris, Gallimard, 1950
  • Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 2012
  • Alain de Libera, La Querelle des universaux, Paris, Seuil, 1996
  • John Locke, Essai sur l'entendement humain, trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2001
  • Guillaume d'Ockham, Somme de logique, trad. J. Biard, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1988
  • Platon, La République, trad. G. Leroux, Paris, Flammarion, 2002

Notes et références

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  1. Platon, La République, livres VI-VII, trad. G. Leroux, Paris, Flammarion, coll. « GF », 2002, p. 312-345
  2. Aristote, Métaphysique, Z, 7-9, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1974, p. 371-398
  3. Alain de Libera, La Querelle des universaux. De Platon à la fin du Moyen Âge, Paris, Seuil, 1996, p. 15-89
  4. Étienne Gilson, La Philosophie au Moyen Âge, Paris, Payot, 1986, p. 259-267
  5. Guillaume d'Ockham, Somme de logique, I, 14-17, trad. J. Biard, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1988, p. 59-78
  6. Pierre Abélard, Logica ingredientibus, dans Philosophical Writings, éd. P. V. Spade, Indianapolis, Hackett, 1995, p. 26-56
  7. René Descartes, Méditations métaphysiques, III, dans Œuvres, éd. C. Adam et P. Tannery, Paris, Vrin, 1996, t. IX, p. 29-41
  8. John Locke, Essai sur l'entendement humain, livre II, chap. 1, trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2001, p. 109-118
  9. George Berkeley, Traité des principes de la connaissance humaine, Introduction, § 6-20, trad. D. Berlioz, Paris, Flammarion, 1991, p. 69-83
  10. David Hume, Enquête sur l'entendement humain, section II, trad. A. Leroy, Paris, Flammarion, 1983, p. 67-73
  11. Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, « Esthétique transcendantale » et « Analytique transcendantale », trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2012, p. 55-225
  12. Kant, Critique de la raison pure, A 51/B 75, op. cit., p. 77
  13. Kant, Critique de la raison pure, « Dialectique transcendantale », op. cit., p. 279-470
  14. G.W.F. Hegel, Science de la logique, livre III : « La Doctrine du concept », trad. P.-J. Labarrière et G. Jarczyk, Paris, Aubier, 1981, p. 17-89
  15. G.W.F. Hegel, Phénoménologie de l'esprit, trad. J. Hyppolite, Paris, Aubier, 1941, t. I, p. 85-171
  16. Hegel, Principes de la philosophie du droit, Préface, trad. J.-F. Kervégan, Paris, PUF, 2013, p. 105
  17. Gottlob Frege, « Über Sinn und Bedeutung » (1892), dans Écrits logiques et philosophiques, trad. Cl. Imbert, Paris, Seuil, 1971, p. 102-126
  18. Frege, « Funktion und Begriff » (1891), dans Écrits logiques et philosophiques, op. cit., p. 80-101
  19. Frege, « Der Gedanke » (1918), dans Écrits logiques et philosophiques, op. cit., p. 170-195
  20. Frege, « Über Begriff und Gegenstand » (1892), dans Écrits logiques et philosophiques, op. cit., p. 127-141
  21. Bertrand Russell, « On Denoting » (1905), dans Logic and Knowledge, éd. R.C. Marsh, Londres, Routledge, 1956, p. 41-56
  22. Rudolf Carnap, « Überwindung der Metaphysik durch logische Analyse der Sprache » (1932), dans Erkenntnis, 2, 1932, p. 219-241 ; trad. fr. « Le Dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage », dans A. Soulez (dir.), Manifeste du Cercle de Vienne, Paris, PUF, 1985, p. 153-179
  23. W.V.O. Quine, « Two Dogmas of Empiricism » (1951), dans From a Logical Point of View, Cambridge, Harvard University Press, 1980, p. 20-46 ; trad. fr. « Deux dogmes de l'empirisme », dans Du point de vue logique, Paris, Vrin, 2003, p. 87-112
  24. Edmund Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie, § 31-32, trad. P. Ricœur, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1950, p. 98-107
  25. Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie, § 88-96, op. cit., p. 301-335
  26. Husserl, Expérience et jugement, § 87, trad. D. Souche-Dagues, Paris, PUF, 1970, p. 411-423
  27. Martin Heidegger, Sein und Zeit (1927), § 2-7, trad. F. Vezin, Paris, Gallimard, 1986, p. 35-67
  28. Heidegger, « La Question de la technique » (1954), dans Essais et conférences, trad. A. Préau, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1958, p. 9-48
  29. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991, p. 21-36
  30. Deleuze et Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, op. cit., p. 11-20
  31. Alexandre Koyré, Études galiléennes, Paris, Hermann, 1939, rééd. 1966, p. 5-48
  32. Gaston Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique, Paris, Vrin, 1938, p. 13-22
  33. Thomas Kuhn, The Structure of Scientific Revolutions, Chicago, University of Chicago Press, 1962, 2e éd. 1970, p. 10-22 ; trad. fr. La Structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983
  34. Eleanor Rosch, « Natural Categories », Cognitive Psychology, 4(3), 1973, p. 328-350
  35. Jerry Fodor, The Language of Thought, Cambridge, Harvard University Press, 1975, p. 1-33
  36. Lawrence Barsalou, « Grounded Cognition », Annual Review of Psychology, 59, 2008, p. 617-645
  37. John McDowell, Mind and World, Cambridge, Harvard University Press, 1994, p. 3-23 ; trad. fr. L'Esprit et le monde, Paris, Vrin, 2007
  38. Christopher Peacocke, « Does Perception Have a Nonconceptual Content? », The Journal of Philosophy, 98(5), 2001, p. 239-264
  39. Michael Dummett, The Logical Basis of Metaphysics, Cambridge, Harvard University Press, 1991, p. 19-41
  40. Hilary Putnam, « The Meaning of 'Meaning' », dans Mind, Language and Reality. Philosophical Papers, vol. 2, Cambridge, Cambridge University Press, 1975, p. 215-271
  41. Sally Haslanger, « Gender and Race: (What) Are They? (What) Do We Want Them to Be? », Noûs, 34(1), 2000, p. 31-55

Articles connexes

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Liens externes

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