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Dictionnaire de philosophie/Définition

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※ Définition ※


La définition (du latin definitio, dérivé de definire, « délimiter », « borner », composé de de- et finis, « limite ») est l'opération intellectuelle par laquelle on détermine le contenu d'un concept en énonçant les caractères essentiels de la chose désignée, ou le sens d'un mot. Définir, c'est, au sens étymologique, tracer les frontières d'une notion, la circonscrire pour la distinguer de toute autre. Loin d'être un simple préliminaire technique, la définition constitue l'un des problèmes fondamentaux de la philosophie : elle engage une conception de la connaissance, du langage, de l'essence des choses, et de la nature même de la pensée rationnelle. De Socrate à la philosophie analytique contemporaine, la question « qu'est-ce que définir ? » n'a cessé d'être reprise, approfondie et contestée.

L'enjeu central de la définition est double. D'un côté, elle remplit une fonction logique : elle permet de fixer la signification des termes employés dans un raisonnement, garantissant ainsi la rigueur et la communicabilité du discours. De l'autre, elle porte une ambition métaphysique : définir une chose, c'est en énoncer la nature, dire ce qu'elle est véritablement. La tension entre ces deux dimensions — la définition comme convention linguistique et la définition comme saisie de l'essence — traverse l'ensemble de l'histoire de la philosophie.

La définition dans la philosophie antique

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Socrate et la recherche de la définition

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La pratique philosophique de la définition commence véritablement avec Socrate, tel que Platon le met en scène dans ses dialogues. Aristote lui-même attribue à Socrate le mérite d'avoir été le premier à rechercher systématiquement des définitions universelles[1]. La méthode socratique consiste à demander à un interlocuteur : « Qu'est-ce que le courage ? », « Qu'est-ce que la piété ? », « Qu'est-ce que la justice ? » — et à montrer, par un examen critique, que les réponses initialement proposées sont insuffisantes.

Dans l'Euthyphron, par exemple, Socrate demande à Euthyphron de lui dire ce qu'est la piété. Euthyphron répond d'abord en donnant un exemple particulier : est pieux celui qui poursuit l'impie en justice, comme lui-même le fait contre son propre père. Socrate refuse cette réponse : il ne demande pas un exemple de conduite pieuse, mais ce qui fait que toutes les actions pieuses sont pieuses, autrement dit la forme commune (eidos) que partagent tous les cas de piété[2]. La définition doit donc exprimer non pas un cas singulier, mais un caractère universel.

Ce que Socrate exige, c'est une définition qui remplisse plusieurs conditions : elle doit s'appliquer à tous les cas relevant du concept (condition d'universalité) ; elle ne doit s'appliquer qu'à ces cas (condition d'exclusivité) ; et elle doit exprimer ce qui explique pourquoi ces cas appartiennent au concept (condition d'explication). C'est précisément parce que ces conditions sont rarement satisfaites que la plupart des dialogues socratiques se terminent dans l'aporie : l'interlocuteur découvre qu'il ne sait pas ce qu'il croyait savoir.

La démarche socratique illustre ainsi un premier aspect important de la définition : elle n'est pas un simple enregistrement de l'usage courant d'un mot, mais une enquête rationnelle qui vise à atteindre l'essence d'une chose. Ce faisant, la définition se distingue de la simple description (qui énumère des propriétés observables) et de l'exemplification (qui se contente de montrer des cas).

Platon : définition et dialectique

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Platon prolonge et approfondit la démarche socratique en l'inscrivant dans sa théorie des Formes (ou Idées). Pour Platon, définir une chose, c'est saisir la Forme intelligible dont les réalités sensibles participent et dont elles ne sont que des copies imparfaites. La définition véritable n'est donc pas une opération portant sur les mots, mais un accès à une réalité supérieure, stable et éternelle.

Dans les dialogues de maturité et de vieillesse, Platon élabore une méthode spécifique pour parvenir aux définitions : la dialectique, qui procède par rassemblement (sunagôgè) et division (diairesis). Le rassemblement consiste à réunir sous une unité générique une multiplicité de cas dispersés ; la division consiste à partager ce genre en espèces selon des articulations naturelles. Le Phèdre compare le bon dialecticien à un découpeur habile qui tranche « selon les articulations naturelles » (kat'arthra hè pephyken), en veillant à ne briser aucune partie[3].

Le Sophiste offre l'un des exemples les plus développés de cette méthode. Pour définir le sophiste, l'Étranger d'Élée procède par divisions successives à partir de genres englobants : la première tentative part de l'art de l'acquisition (ktètikè), la dernière de l'art de la production (poiètikè), chaque étape distinguant deux sous-genres, jusqu'à isoler l'espèce recherchée[4]. La définition obtenue est alors l'enchaînement de toutes les différences parcourues, depuis le genre le plus élevé jusqu'à l'espèce la plus basse.

Cette méthode soulève toutefois un problème fondamental : comment savoir si les divisions opérées correspondent bien à la structure réelle des choses et ne sont pas de simples découpages arbitraires ? Platon tente d'y répondre en soutenant que la dialectique suit les « articulations naturelles » du réel, mais la question restera ouverte dans toute la tradition philosophique ultérieure.

Aristote : la théorie classique de la définition

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C'est Aristote qui formule la théorie de la définition la plus systématique de l'Antiquité, et sans doute la plus influente de toute l'histoire de la philosophie. La définition (horismos ou horos) occupe une place centrale dans l'ensemble de sa logique, de sa métaphysique et de sa biologie.

Le genre prochain et la différence spécifique

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La formule canonique de la définition aristotélicienne est bien connue : définir, c'est énoncer le genre prochain (genos) et la différence spécifique (diaphora). Le genre est la classe plus large à laquelle appartient l'objet défini ; la différence spécifique est le trait qui distingue cet objet de tous les autres membres du même genre. L'exemple classique est celui de l'être humain : son genre prochain est « animal » et sa différence spécifique est « rationnel » ; la définition de l'être humain est donc « animal rationnel »[5].

Cette structure n'est pas un simple procédé formel : elle exprime, pour Aristote, la structure métaphysique de la chose elle-même. Le genre correspond à la matière (ce à partir de quoi la chose est faite, en un sens large) et la différence correspond à la forme (ce qui fait que la chose est ce qu'elle est et non autre chose)[6]. Définir, c'est donc énoncer la forme substantielle d'un être, ce qui constitue son essence.

Définition et essence

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Aristote lie étroitement la définition à la notion d'essence (to ti èn einai, littéralement « ce que c'était qu'être » telle chose). La définition véritable, qu'il appelle horismos, est l'énoncé qui exprime l'essence d'une chose[7]. Il existe cependant d'autres types de formules définitionnelles, qui n'atteignent pas ce niveau d'exigence.

Dans les Seconds Analytiques, Aristote distingue ainsi entre la définition au sens strict (qui énonce l'essence), la définition nominale (qui indique la signification du nom et sert de point de départ à la recherche) et la définition causale (qui exprime la cause ou la raison d'être de la chose)[8]. Par exemple, la définition nominale du tonnerre serait « un certain bruit dans les nuages » ; sa définition causale et complète serait « un bruit produit dans les nuages par l'extinction du feu », car elle intègre l'explication du phénomène.

Un point capital est qu'Aristote soutient qu'on ne peut définir, au sens strict, que les espèces (eidos) : les individus singuliers (Socrate, ce cheval-ci), parce qu'ils sont soumis au changement et à la contingence, ne sont pas définissables ; les genres les plus élevés de la classification (l'être, l'un) ne le sont pas non plus, car il n'existe pas de genre plus large qui puisse servir de genre prochain dans leur définition[9].

Les règles de la bonne définition

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Dans les Topiques, Aristote établit un ensemble de règles que doit respecter toute définition correcte. La définition doit être convertible avec le défini : elle doit s'appliquer à tout ce que désigne le terme et à rien d'autre. Elle ne doit pas être circulaire, c'est-à-dire contenir le terme à définir dans sa propre formulation. Elle doit employer des termes plus clairs que le terme défini, sous peine de n'éclairer en rien. Elle ne doit être ni trop large (s'appliquant à des choses qui ne sont pas du type défini) ni trop étroite (excluant des choses qui en relèvent). Elle ne doit pas être négative là où une formulation positive est possible, car dire ce qu'une chose n'est pas ne suffit pas à dire ce qu'elle est[10].

Ces règles sont restées fondamentales dans la tradition logique occidentale et continuent d'organiser la réflexion sur les critères d'une bonne définition.

La définition dans la tradition médiévale et classique

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Porphyre et la classification des prédicables

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L'héritage aristotélicien est transmis au Moyen Âge principalement par l'intermédiaire de l'Isagogè de Porphyre (IIIe siècle), une introduction aux Catégories d'Aristote qui devint l'un des textes les plus commentés de la tradition philosophique. Porphyre y distingue cinq « prédicables » (quinque voces), c'est-à-dire cinq manières dont un attribut peut être rapporté à un sujet : le genre, l'espèce, la différence spécifique, le propre et l'accident[11]. La définition, dans ce cadre, est l'énoncé qui combine le genre et la différence spécifique ; le « propre » (proprium), en revanche, est un attribut qui appartient nécessairement à l'espèce mais ne fait pas partie de son essence (par exemple, la capacité de rire chez l'être humain).

Le célèbre « Arbre de Porphyre », reconstruit par les commentateurs ultérieurs (notamment Boèce) à partir de la description textuelle de l'Isagogè, constitue une classification hiérarchique des genres et des espèces, partant de la catégorie la plus générale (la substance) et descendant par différences successives jusqu'aux espèces les plus basses et aux individus. Ce schéma a durablement structuré la conception occidentale de la définition comme insertion d'un concept dans une hiérarchie classificatoire.

Définitions nominales et définitions réelles

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Le Moyen Âge latin voit se développer une distinction qui deviendra importante pour la théorie de la définition : la distinction entre definitio realis (définition réelle) et definitio nominalis (définition nominale). Si cette distinction a des racines chez Aristote, elle prend une forme explicite et systématique chez les logiciens médiévaux.

La définition nominale a pour objet de fixer la signification d'un mot : elle indique ce que l'on entend lorsqu'on emploie un certain terme, indépendamment de la question de savoir si le mot désigne réellement quelque chose. La définition réelle prétend, en outre, énoncer la nature ou l'essence de la chose désignée par le mot. Ainsi, une définition nominale du phénix (« oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres ») est possible même si aucun phénix n'existe, tandis qu'une définition réelle suppose l'existence de son objet.

Guillaume d'Ockham reprend cette distinction dans le cadre de sa philosophie nominaliste. Contestant l'existence d'universaux réels, il soutient que les termes universels (comme « homme » ou « animal ») ne désignent pas des natures réellement distinctes existant dans les choses, mais sont des signes qui tiennent lieu, dans le discours mental, de tous les individus singuliers auxquels ils s'appliquent[12]. La définition ne peut donc plus prétendre exprimer une essence universelle réellement présente dans les choses : elle se limite à expliciter le contenu d'un concept mental, ou la signification conventionnelle d'un mot.

La Logique de Port-Royal

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La Logique ou l'art de penser d'Antoine Arnauld et Pierre Nicole (1662), communément appelée Logique de Port-Royal, constitue un moment important dans l'histoire de la théorie de la définition. Les auteurs y distinguent deux grands types de définition : la définition de nom et la définition de chose.

La définition de nom consiste à « déterminer les idées qu'on attache à un mot » : elle est purement conventionnelle et ne saurait être contestée, puisqu'elle relève d'un libre choix du locuteur. Toute personne est en droit de décider d'appeler « triangle » une figure de trois côtés ; cette convention n'est ni vraie ni fausse, elle est simplement posée[13]. La définition de chose, en revanche, porte sur la nature de l'objet lui-même et non sur l'usage d'un mot : elle est donc susceptible d'être vraie ou fausse, puisqu'elle prétend énoncer ce que la chose est réellement.

Les auteurs insistent sur une règle essentielle : il ne faut jamais confondre ces deux types de définition. En particulier, il est illégitime de déduire des conséquences réelles d'une simple convention de langage. Cette mise en garde anticipe des débats qui continueront d'animer la philosophie moderne et contemporaine.

Pascal et la rigueur géométrique

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Blaise Pascal, dans De l'esprit géométrique (rédigé vers 1658), élabore une théorie de la définition inspirée par l'idéal de rigueur des mathématiques. Pour Pascal, la définition est un instrument de clarté et de précision qui permet de substituer, au cours d'un raisonnement, une expression abrégée à la description complète qu'elle résume. La définition n'est donc rien d'autre qu'une « imposition de nom » : elle ne prétend pas dire ce qu'est la chose, mais seulement fixer un usage linguistique[14].

Pascal distingue cette définition « de nom », seule légitime en science, de la définition « de chose », qui est à ses yeux toujours contestable. Il soutient que certains termes primitifs, comme « temps », « espace », « mouvement » ou « être », ne peuvent pas être définis sans circularité, car toute tentative de les expliquer par d'autres mots ramène à des notions tout aussi primitives ou plus obscures encore. Ces termes sont compris par une « lumière naturelle » qui précède toute définition[15].

Définition et philosophie moderne

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Locke : définition et idées

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John Locke, dans l'Essai sur l'entendement humain (1689), inscrit la question de la définition dans le cadre de sa théorie des idées. Locke opère une distinction fondamentale entre les essences nominales et les essences réelles. L'essence nominale est l'idée abstraite qu'un groupe de locuteurs attache à un mot : elle résulte de l'opération mentale par laquelle nous sélectionnons certains traits observables et les réunissons sous un nom commun. L'essence réelle est la constitution interne (la « microstructure », dirions-nous aujourd'hui) qui produit les propriétés observables de la chose[16].

Pour les substances naturelles (l'or, l'eau, un cheval), Locke soutient que nous ne connaissons que l'essence nominale : notre définition de l'or (« métal jaune, lourd, malléable, fusible ») ne fait qu'énumérer les propriétés sensibles que nous avons choisi de retenir. Nous ignorons l'essence réelle qui produit ces propriétés. Nos définitions sont donc toujours provisoires, révisables, et dépendantes de l'état de nos connaissances. En revanche, pour les « modes mixtes » — c'est-à-dire les idées complexes que l'esprit forme librement, comme les concepts juridiques ou moraux —, l'essence nominale et l'essence réelle coïncident, puisque la chose n'est rien d'autre que l'idée que nous en avons[17].

Cette position de Locke engage une conception antiessentialiste de la définition : pour les objets naturels, il n'existe pas de définition unique et nécessaire, mais une pluralité de définitions possibles, correspondant aux différents critères de classification que les êtres humains peuvent adopter.

Leibniz : définitions et analyse des concepts

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Gottfried Wilhelm Leibniz propose, dans les Nouveaux Essais sur l'entendement humain (rédigés en 1703-1704, publiés en 1765), une réponse directe à Locke. Contre le scepticisme lockéen quant à la possibilité de connaître les essences réelles, Leibniz maintient que les définitions peuvent progresser vers une connaissance véritable de la nature des choses. Il distingue pour cela plusieurs degrés de définition, formant une hiérarchie de clarté et de profondeur.

Au niveau le plus bas se trouve la définition nominale, qui permet simplement de reconnaître la chose et de la distinguer des autres, par l'énumération de caractères observables. Au-dessus se situe la définition causale ou génétique, qui indique comment la chose peut être produite : par exemple, la définition du cercle comme « figure engendrée par le mouvement d'un segment autour de l'une de ses extrémités ». Au sommet se trouve la définition réelle adéquate, qui pousse l'analyse jusqu'aux notions primitives et permet de démontrer la possibilité de l'objet défini[18].

Pour Leibniz, l'idéal de la connaissance est de parvenir à des définitions parfaitement analysées, dans lesquelles chaque composante est elle-même définie jusqu'à ce que l'on atteigne des concepts simples et indéfinissables. Ce programme d'analyse complète est au fondement de son projet de characteristica universalis, une langue symbolique parfaite dans laquelle toutes les vérités pourraient être calculées à partir de définitions.

Kant : les limites de la définition

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Emmanuel Kant opère un tournant important dans la théorie de la définition en distinguant rigoureusement les conditions de la définition selon les domaines de connaissance. Dans la Critique de la raison pure (1781/1787), il soutient que seuls les concepts mathématiques sont véritablement définissables, car ils sont construits par l'esprit : le mathématicien crée lui-même le concept de cercle ou de triangle et peut donc en donner une définition parfaitement exacte et complète.

Les concepts empiriques (comme celui de l'or ou de l'eau), en revanche, ne peuvent jamais être définis de manière définitive, car l'expérience peut toujours révéler de nouvelles propriétés ou en invalider d'anciennes. Et les concepts philosophiques purs (comme ceux de substance, de causalité ou de justice) ne sont pas non plus définissables au sens strict, car le philosophe ne construit pas son concept mais cherche à analyser un concept déjà donné dans l'usage, et cette analyse demeure toujours incertaine[19].

Kant propose donc de réserver le terme de « définition » (Definition) aux mathématiques et de parler, pour la philosophie, d'exposition (Exposition) ou d'explication (Explikation) : ces termes indiquent que le travail d'analyse conceptuelle est toujours provisoire, approximatif, et susceptible d'être révisé[20]. Cette prudence kantienne exercera une influence durable sur toute la réflexion ultérieure relative aux limites de la définition.

La définition dans la logique et la philosophie contemporaines

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Frege et la révolution logique

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Gottlob Frege, fondateur de la logique mathématique moderne, accorde à la définition un rôle important dans son entreprise de fondation de l'arithmétique. Dans Les Fondements de l'arithmétique (1884), il critique sévèrement l'absence de rigueur des définitions courantes du concept de nombre et entreprend de fournir une définition purement logique du nombre cardinal.

Pour Frege, une définition doit satisfaire à deux exigences fondamentales : elle doit fixer de manière univoque la référence (Bedeutung) du terme défini, de telle sorte que pour tout objet, on puisse déterminer s'il tombe ou non sous le concept ; et elle doit être féconde, c'est-à-dire permettre de dériver des connaissances nouvelles que la simple analyse du terme n'aurait pas révélées[21].

Frege introduit en outre la distinction entre sens (Sinn) et référence (Bedeutung) dans son article « Sens et référence » (1892), qui a des conséquences profondes pour la théorie de la définition. Deux expressions peuvent avoir la même référence (désigner le même objet) tout en ayant un sens différent (en le présentant de manières distinctes) : « l'étoile du matin » et « l'étoile du soir » désignent toutes deux la planète Vénus, mais la donnent à penser différemment[22]. La définition fixe donc non seulement l'objet désigné, mais aussi la manière de le concevoir.

Russell et les définitions contextuelles

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Bertrand Russell apporte une contribution majeure à la théorie de la définition en introduisant la notion de définition contextuelle (ou « en usage »). Dans sa théorie des descriptions définies (1905), Russell montre qu'une expression comme « le roi actuel de la France » peut être parfaitement analysée et comprise sans qu'on soit obligé de supposer l'existence d'un objet correspondant. La définition de cette expression ne se donne pas en isolant un objet qu'elle désignerait, mais en montrant comment elle fonctionne dans le contexte d'une proposition complète[23].

Plus largement, dans les Principia Mathematica (1910-1913), Russell et Whitehead distinguent entre les définitions explicites, qui introduisent un symbole abréviatif pour une expression plus complexe (et que l'on pourrait en principe toujours éliminer en substituant l'expression complète au symbole), et les définitions en usage (definitions in use), qui fixent la signification d'un symbole non pas en l'isolant, mais en spécifiant les conditions de vérité des propositions qui le contiennent[24]. Les définitions en usage se distinguent des définitions implicites au sens strict, qui sont celles données indirectement par un système d'axiomes (les axiomes de la géométrie, par exemple, définissent implicitement les termes « point » et « droite »).

Carnap et l'explication

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Rudolf Carnap, figure majeure du positivisme logique, développe dans Logical Foundations of Probability (1950) la notion d'explication (explication), qui constitue l'une des contributions les plus fécondes du XXe siècle à la théorie de la définition. Pour Carnap, de nombreux concepts philosophiques et scientifiques sont d'abord formulés de manière vague et imprécise (ce qu'il appelle l'explicandum), et le travail du philosophe ou du savant consiste à leur substituer un concept plus exact et mieux défini (l'explicatum).

L'explication n'est donc ni une pure convention arbitraire, ni une prétendue saisie d'une essence éternelle : c'est une reconstruction rationnelle d'un concept préexistant, guidée par des critères pratiques et théoriques. Carnap énumère quatre conditions qu'un bon explicatum doit remplir : il doit être (1) similaire à l'explicandum (couvrir approximativement les mêmes cas), (2) exact (formulé de manière rigoureuse dans un cadre conceptuel précis), (3) fécond (permettre de formuler des lois et des généralisations), et (4) simple (aussi économique que possible)[25].

L'explication carnapienne reconnaît ainsi qu'il peut y avoir plusieurs explicata acceptables pour un même concept vague, et que le choix entre eux dépend des objectifs de la recherche. Cette position marque l'abandon de l'idée selon laquelle chaque concept possède une unique « vraie » définition.

Wittgenstein et la critique de la définition classique

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Ludwig Wittgenstein, dans les Recherches philosophiques (publiées en 1953), formule l'une des critiques les plus fortes de la conception classique de la définition. Il conteste l'idée, centrale depuis Socrate, selon laquelle les choses réunies sous un même concept partagent nécessairement une propriété commune qui constitue l'essence de ce concept et que la définition devrait énoncer.

Wittgenstein propose l'exemple fameux des jeux (Spiele). Qu'y a-t-il de commun entre les jeux de cartes, les jeux de balle, les jeux olympiques, les jeux de mots ? Si l'on cherche une propriété unique partagée par tous les jeux, on ne la trouve pas : certains jeux sont compétitifs, d'autres non ; certains impliquent un gagnant, d'autres non ; certains suivent des règles strictes, d'autres sont libres. Ce que l'on observe, c'est un réseau de ressemblances de famille (Familienähnlichkeiten) : les différents jeux se ressemblent les uns aux autres de diverses manières, sans qu'aucun trait commun ne les réunisse tous[26].

Si cette analyse est correcte, la forme classique de la définition par genre et différence est inapplicable à de nombreux concepts courants. Wittgenstein ne soutient pas pour autant que ces concepts sont confus ou mal formés : ils fonctionnent parfaitement bien dans la pratique linguistique, précisément parce que la compréhension d'un mot ne suppose pas la maîtrise d'une définition explicite. Comprendre un mot, c'est savoir l'employer correctement dans des contextes variés, et non posséder une formule définitionnelle.

Wittgenstein distingue par ailleurs entre plusieurs modes d'explication de la signification d'un mot. Outre la définition analytique classique, il accorde une place importante à la définition ostensive — celle qui consiste à montrer un échantillon en disant « ceci est du rouge », « ceci s'appelle un chat ». Or la définition ostensive, loin d'être un geste simple et transparent, est toujours ambiguë : lorsque l'on montre un objet rouge, on peut vouloir désigner la couleur, la forme, la matière, ou l'objet lui-même. Le geste de montrer ne se suffit pas à lui-même ; il présuppose déjà un cadre d'interprétation[27].

Quine et la critique de l'analyticité

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Willard Van Orman Quine, dans l'article « Deux dogmes de l'empirisme » (1951), formule une critique importante de la distinction entre vérités analytiques (vraies en vertu de la seule signification des termes, et donc des définitions) et vérités synthétiques (vraies en vertu de l'expérience). L'enjeu pour la théorie de la définition est considérable.

Si une définition fixe la signification d'un mot, alors un énoncé conforme à cette définition (par exemple « tous les célibataires sont non mariés ») devrait être analytiquement vrai — vrai en vertu de la seule signification des termes. Or Quine montre que toute tentative de fonder rigoureusement la notion de synonymie (identité de signification) ou d'analyticité tombe dans la circularité : on explique la synonymie par la définition, la définition par la synonymie, et chacune par l'analyticité, sans parvenir à un fondement indépendant[28].

Quine propose à la place une conception holiste de la signification : les termes et les énoncés n'ont pas de contenu isolé que la définition pourrait énoncer, mais tirent leur sens de leur place dans un réseau global de croyances et de théories. Aucun énoncé n'est à l'abri de la révision au nom de l'expérience, même ceux qui semblent les plus « définitionnels ». La différence entre une définition et une hypothèse empirique n'est donc qu'une différence de degré, non de nature.

Quine reconnaît néanmoins que la définition stipulative constitue le seul cas où la notion de définition est parfaitement claire, car elle ne présuppose aucune synonymie préalable : un savant peut décider d'employer un terme dans un sens précis dans le cadre d'une théorie donnée, et cette convention est opératoire sans qu'il soit nécessaire de lui attribuer un fondement métaphysique[29].

Kripke : nécessité et définition

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Saul Kripke, dans La Logique des noms propres (Naming and Necessity, 1972/1980), renouvelle profondément la question de la définition en distinguant entre propriétés essentielles (appartenant nécessairement à une chose) et propriétés qui servent à fixer la référence d'un terme.

Kripke soutient que pour les termes désignant des espèces naturelles (comme « or », « eau », « tigre »), la définition courante (par exemple « métal jaune, malléable, etc. ») ne fait que fixer la référence : elle identifie la substance à laquelle on donne le nom. Mais une fois la référence fixée, c'est la nature interne de la substance qui détermine si un objet donné appartient ou non à l'espèce. Ainsi, si les chimistes découvrent que l'or est l'élément de numéro atomique 79, cela ne constitue pas une convention linguistique, mais la découverte d'une propriété essentielle : toute substance qui ne possède pas cette structure interne n'est pas de l'or, même si elle présente toutes les apparences sensibles de l'or[30].

Kripke distingue ainsi entre les propriétés qui sont découvertes a posteriori par la recherche empirique et les propriétés qui sont nécessaires (ne pourraient pas être autrement). Contre l'identification traditionnelle de l'a priori et du nécessaire, il montre que certaines vérités sont nécessaires mais connues a posteriori : « l'eau est H₂O » est une telle vérité. La définition des espèces naturelles n'est donc pas une simple convention : elle vise à découvrir la nature réelle de la chose.

Hilary Putnam aboutit à des conclusions voisines avec sa célèbre expérience de pensée de la « Terre jumelle ». Imaginons une planète identique en tout point à la Terre, sauf que le liquide incolore, inodore, potable, qui remplit les lacs et les rivières n'est pas H₂O mais un composé chimiquement différent (que Putnam appelle XYZ). Putnam soutient que le mot « eau » ne désigne pas la même chose sur les deux planètes, même si les locuteurs en donnent la même description superficielle[31]. La signification d'un terme d'espèce naturelle n'est donc pas entièrement déterminée par ce que les locuteurs ont « dans la tête » : elle dépend aussi de la structure du monde.

Types de définitions : une typologie

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La tradition philosophique et logique a progressivement distingué un grand nombre de types de définitions. Les principales distinctions sont les suivantes.

Définition analytique et définition par synonyme

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La définition analytique est la forme la plus classique : elle décompose le concept défini en ses éléments constitutifs, idéalement selon le modèle aristotélicien du genre et de la différence. Elle est dite « par analyse » parce qu'elle explicite le contenu implicite du concept. Par exemple : « un triangle est un polygone ayant trois côtés ».

La définition par synonyme est le cas le plus simple : elle propose un mot ou une expression équivalente au terme à définir (par exemple, « ophtalmologue » signifie « médecin spécialiste des yeux »). Elle est utile pour le lexique mais ne constitue pas un véritable travail d'analyse.

Définition stipulative et définition descriptive

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La définition stipulative est celle par laquelle un auteur ou un locuteur décide d'employer un mot dans un sens déterminé, sans prétendre décrire un usage préexistant. Le scientifique qui définit un terme technique nouveau, le législateur qui fixe le sens juridique d'un mot, le philosophe qui précise le sens dans lequel il emploiera une expression, pratiquent la définition stipulative. Comme le notait déjà la Logique de Port-Royal, elle n'est ni vraie ni fausse : elle est seulement plus ou moins utile ou commode.

La définition descriptive (ou lexicale), à l'inverse, cherche à rendre compte de l'usage effectif d'un mot dans une langue donnée, tel qu'un dictionnaire le consigne. Elle peut être exacte ou inexacte, selon qu'elle restitue fidèlement ou non la manière dont les locuteurs emploient le terme.

Définition ostensive

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La définition ostensive consiste à indiquer la signification d'un terme en montrant un ou plusieurs exemplaires de ce qu'il désigne. Elle joue un rôle important dans l'apprentissage du langage : c'est en montrant des objets rouges que l'on enseigne à un enfant le sens du mot « rouge ». Comme Wittgenstein l'a montré, la définition ostensive a ses limites et ses ambiguïtés propres, mais elle demeure indispensable pour les termes qui désignent des qualités sensibles ou des objets concrets.

Définition opérationnelle

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La définition opérationnelle, développée par le physicien Percy Bridgman dans The Logic of Modern Physics (1927), définit un concept par l'ensemble des opérations (mesures, expériences, procédures) qui permettent de l'identifier ou de le quantifier. Par exemple, la longueur d'un objet est définie par l'ensemble des opérations de mesure que l'on effectue pour la déterminer[32]. Ce type de définition a exercé une influence considérable dans les sciences expérimentales et en psychologie, mais a été critiqué pour sa tendance à réduire la signification d'un concept à ses conditions de vérification empirique.

Définition récursive

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La définition récursive (ou par récurrence, ou inductive) définit un concept en deux étapes : d'abord une clause de base, qui indique les cas les plus simples tombant sous le concept ; puis une clause de récurrence, qui montre comment, à partir de cas déjà reconnus, on peut construire de nouveaux cas. Par exemple, on peut définir les nombres naturels de la façon suivante : (1) 0 est un nombre naturel ; (2) si n est un nombre naturel, alors n + 1 est un nombre naturel ; (3) rien d'autre n'est un nombre naturel. Ce type de définition est fondamental en logique et en mathématiques[33].

Problèmes philosophiques de la définition

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Le cercle de la définition

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L'un des problèmes les plus anciens et les plus persistants de la théorie de la définition est celui de la circularité. Toute définition utilise des termes qui, eux-mêmes, devraient être définis ; ces définitions utilisent d'autres termes, et ainsi de suite. La régression menace d'être infinie. Or, si l'on arrête la chaîne à un certain point, on accepte des termes non définis — ce qui semble ruiner l'idéal d'une fondation complète de la connaissance par la définition.

Plusieurs solutions ont été proposées. Pascal soutient qu'il faut accepter des termes primitifs, compris par « lumière naturelle ». Aristote affirme que certains principes sont saisis par l'intellection (noûs) sans avoir besoin de démonstration[34]. Les logiciens formels modernes admettent explicitement des termes primitifs non définis à la base de tout système axiomatique. Le problème de la circularité n'est donc pas résolu mais aménagé : on reconnaît que la définition ne peut pas tout fonder et qu'elle s'appuie nécessairement sur un socle de termes et de compréhensions antérieurs.

L'indéfinissable

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Certains philosophes ont soutenu que les concepts les plus fondamentaux sont par nature indéfinissables. George Edward Moore, dans ses Principia Ethica (1903), avance que le concept de « bien » (good) est une notion simple, non analysable, qui ne peut pas être décomposée en éléments plus fondamentaux. Toute tentative de définir le bien par une autre propriété (le plaisir, l'utilité, la conformité à la nature) commet ce que Moore appelle le « sophisme naturaliste » (naturalistic fallacy) : elle confond le bien avec quelque chose qui n'est pas le bien[35].

Henri Bergson, de son côté, soutient que la durée vécue et, plus généralement, les réalités auxquelles on accède par l'expérience intérieure, échappent par nature à la définition conceptuelle. Toute définition procède par analyse, c'est-à-dire par décomposition en éléments distincts et juxtaposés ; or la durée est un flux continu et indivisible que l'analyse déforme nécessairement en le figeant. Pour accéder à ces réalités, il faut une « intuition » irréductible au travail discursif de la définition[36].

Définition et pouvoir

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La philosophie sociale et politique a mis en lumière la dimension normative et politique de la définition. Définir un terme, ce n'est pas seulement fixer un usage linguistique : c'est tracer des frontières entre catégories, distinguer le normal de l'anormal, le licite de l'illicite. Le pouvoir de définir est un pouvoir sur le réel social. Comme l'a souligné Michel Foucault, les pratiques discursives qui déterminent les catégories du savoir — et donc les définitions — ne sont pas neutres mais traversées par des rapports de force : toute société contrôle et sélectionne la production du discours, et le pouvoir de nommer et de classer est indissociable de l'exercice du pouvoir social[37].

On peut illustrer cet enjeu par les débats autour de la définition de concepts comme « maladie mentale », « handicap », « réfugié » ou « terrorisme ». La manière dont ces termes sont définis dans le discours juridique, médical ou politique a des conséquences directes sur la vie des personnes concernées : elle détermine qui a droit à la protection, au soin, à la reconnaissance, et qui en est exclu.

La définition, loin d'être une opération anodine, apparaît comme l'un des gestes fondamentaux de la pensée philosophique. De l'exigence socratique de dire l'essence à la critique wittgensteinienne des ressemblances de famille, du réalisme aristotélicien à l'antiessentialisme quinien, la question de savoir si l'on peut — et comment — fixer le contenu d'un concept reste ouverte et féconde. Chaque grande position philosophique sur la définition engage une conception du langage, de la connaissance et de la réalité.

Si la philosophie contemporaine a renoncé pour l'essentiel à l'idée d'une définition parfaite et définitive, elle n'a pas renoncé à l'exigence de clarté et de rigueur que porte le travail définitionnel. Qu'il s'agisse de l'explication carnapienne, de l'analyse conceptuelle ou de la stipulation scientifique, la définition reste un outil indispensable de la pensée, à condition que l'on prenne la mesure de ses limites et de ses présupposés.

Notes et références

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  1. Aristote, Métaphysique, M, 4, 1078b27-30, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1991, p. 733-734.
  2. Platon, Euthyphron, 6d-e, trad. L. Brisson, dans Platon, Œuvres complètes, Paris, Flammarion, 2008, p. 69.
  3. Platon, Phèdre, 265d-266b, trad. L. Brisson, dans Platon, Œuvres complètes, Paris, Flammarion, 2008, p. 1270-1271.
  4. Platon, Le Sophiste, 218b-232a (premières définitions) et 264d-268d (définition finale), trad. N.-L. Cordero, Paris, GF-Flammarion, 1993.
  5. Aristote, Topiques, I, 8, 103b15-19, trad. J. Brunschwig, Paris, Les Belles Lettres, 2007, t. I, p. 8-9 ; voir aussi VI, 3-4, t. II, p. 50-64.
  6. Aristote, Métaphysique, Z, 12, 1037b29-1038a35, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1991, p. 412-415.
  7. Aristote, Seconds Analytiques, II, 10, 93b29, trad. P. Pellegrin, Paris, GF-Flammarion, 2005, p. 371.
  8. Aristote, Seconds Analytiques, II, 8-10, 93a1-94a19, trad. P. Pellegrin, Paris, GF-Flammarion, 2005, p. 361-377.
  9. Aristote, Métaphysique, Z, 15, 1039b27-1040a7, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1991, p. 423-425.
  10. Aristote, Topiques, VI, 1-4, 139a-142b, trad. J. Brunschwig, Paris, Les Belles Lettres, 2007, t. II, p. 44-67.
  11. Porphyre, Isagogè, trad. A. de Libera et A.-Ph. Segonds, Paris, Vrin, 1998, p. 1-10.
  12. Guillaume d'Ockham, Somme de logique, I, ch. 14-15, trad. J. Biard, Mauvezin, T.E.R., 1993, p. 60-72.
  13. A. Arnauld et P. Nicole, La Logique ou l'art de penser (1662), I, ch. 12, éd. P. Clair et F. Girbal, Paris, Vrin, 1981, p. 89-93.
  14. B. Pascal, De l'esprit géométrique, dans Œuvres complètes, éd. M. Le Guern, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2000, t. II, p. 155-162.
  15. B. Pascal, De l'esprit géométrique, dans Œuvres complètes, éd. M. Le Guern, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2000, t. II, p. 157-158.
  16. J. Locke, Essai sur l'entendement humain (1689), III, ch. 3, § 15-18, trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2006, p. 63-70.
  17. J. Locke, Essai sur l'entendement humain (1689), III, ch. 5, § 3-6, trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2006, p. 99-105.
  18. G. W. Leibniz, Nouveaux Essais sur l'entendement humain, III, ch. 3, § 15 et ch. 4, § 5-6, éd. J. Brunschwig, Paris, GF-Flammarion, 1990, p. 250-260.
  19. E. Kant, Critique de la raison pure, « Doctrine transcendantale de la méthode », ch. 1, sect. 1, A 727-A 732 / B 755-B 760, trad. A. Renaut, Paris, GF-Flammarion, 2006, p. 618-621.
  20. E. Kant, Critique de la raison pure, A 729 / B 757, trad. A. Renaut, Paris, GF-Flammarion, 2006, p. 619.
  21. G. Frege, Les Fondements de l'arithmétique (1884), § 62-69, trad. C. Imbert, Paris, Seuil, 1969, p. 178-191.
  22. G. Frege, « Sens et référence » (1892), trad. C. Imbert, dans Écrits logiques et philosophiques, Paris, Seuil, 1971, p. 102-126.
  23. B. Russell, « De la dénotation » (1905), trad. J.-M. Roy, dans Écrits de logique philosophique, Paris, PUF, 1989, p. 201-218.
  24. A. N. Whitehead et B. Russell, Principia Mathematica (1910), Cambridge, Cambridge University Press, 2e éd. 1925, vol. I, p. 11-12, 66-68.
  25. R. Carnap, Logical Foundations of Probability, Chicago, University of Chicago Press, 1950, p. 5-8.
  26. L. Wittgenstein, Recherches philosophiques (1953), § 65-71, trad. F. Dastur, M. Élie et al., Paris, Gallimard, 2004, p. 64-69.
  27. L. Wittgenstein, Recherches philosophiques (1953), § 28-38, trad. F. Dastur, M. Élie et al., Paris, Gallimard, 2004, p. 37-45.
  28. W. V. O. Quine, « Deux dogmes de l'empirisme » (1951), dans Du point de vue logique, trad. S. Laugier, Paris, Vrin, 2003, p. 49-81.
  29. W. V. O. Quine, « Deux dogmes de l'empirisme » (1951), dans Du point de vue logique, trad. S. Laugier, Paris, Vrin, 2003, p. 58-61.
  30. S. Kripke, La Logique des noms propres (1980), trad. P. Jacob et F. Récanati, Paris, Minuit, 1982, p. 108-121.
  31. H. Putnam, « The Meaning of 'Meaning' » (1975), dans Mind, Language and Reality. Philosophical Papers, vol. 2, Cambridge, Cambridge University Press, 1975, p. 215-271.
  32. P. W. Bridgman, The Logic of Modern Physics, New York, Macmillan, 1927, p. 5-9.
  33. E. Mendelson, Introduction to Mathematical Logic, 4e éd., Londres, Chapman & Hall, 1997, p. 20-23.
  34. Aristote, Seconds Analytiques, II, 19, 100b5-17, trad. P. Pellegrin, Paris, GF-Flammarion, 2005, p. 411-413.
  35. G. E. Moore, Principia Ethica (1903), § 10-14, Cambridge, Cambridge University Press, 1993, p. 57-69.
  36. H. Bergson, « Introduction à la métaphysique » (1903), dans La Pensée et le mouvant, Paris, PUF, « Quadrige », 2013, p. 177-227.
  37. M. Foucault, L'Ordre du discours, Paris, Gallimard, 1971, p. 10-23 ; voir aussi L'Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, p. 44-54.

Bibliographie indicative

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  • Aristote, Seconds Analytiques, trad. P. Pellegrin, Paris, GF-Flammarion, 2005.
  • Aristote, Topiques, trad. J. Brunschwig, Paris, Les Belles Lettres, 2 vol., 2007.
  • A. Arnauld et P. Nicole, La Logique ou l'art de penser (1662), éd. P. Clair et F. Girbal, Paris, Vrin, 1981.
  • H. Bergson, « Introduction à la métaphysique » (1903), dans La Pensée et le mouvant, Paris, PUF, « Quadrige », 2013.
  • R. Carnap, Logical Foundations of Probability, Chicago, University of Chicago Press, 1950.
  • J. H. Fetzer, D. Shatz et N. Schlesinger (dir.), Definitions and Definability. Philosophical Perspectives, Dordrecht, Kluwer, 1991.
  • M. Foucault, L'Ordre du discours, Paris, Gallimard, 1971.
  • G. Frege, Les Fondements de l'arithmétique (1884), trad. C. Imbert, Paris, Seuil, 1969.
  • E. Kant, Critique de la raison pure, trad. A. Renaut, Paris, GF-Flammarion, 2006.
  • S. Kripke, La Logique des noms propres (1980), trad. P. Jacob et F. Récanati, Paris, Minuit, 1982.
  • J. Locke, Essai sur l'entendement humain (1689), trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2006.
  • G. E. Moore, Principia Ethica (1903), Cambridge, Cambridge University Press, 1993.
  • B. Pascal, De l'esprit géométrique, dans Œuvres complètes, éd. M. Le Guern, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2000, t. II.
  • H. Putnam, « The Meaning of 'Meaning' » (1975), dans Mind, Language and Reality, Cambridge, Cambridge University Press, 1975.
  • W. V. O. Quine, « Deux dogmes de l'empirisme » (1951), dans Du point de vue logique, trad. S. Laugier, Paris, Vrin, 2003.
  • R. Robinson, Definition, Oxford, Clarendon Press, 1950.
  • B. Russell, « De la dénotation » (1905), trad. J.-M. Roy, dans Écrits de logique philosophique, Paris, PUF, 1989.
  • L. Wittgenstein, Recherches philosophiques (1953), trad. F. Dastur, M. Élie et al., Paris, Gallimard, 2004.