Dictionnaire de philosophie/Philosophie suédoise contemporaine
La philosophie pratiquée en Suède occupe, depuis le début des années 2000, une position bien identifiable sur la scène internationale. Quelques indices concrets en témoignent : une revue de stature mondiale, Theoria ; des programmes de recherche financés sur dix ans, comme le Projet de Responsabilité Lund-Göteborg ; des chaires confiées à des chercheurs recrutés à l’étranger ; l’élection d’une philosophe, Åsa Wikforss, à l’Académie suédoise. À la différence de bien des foyers de la philosophie continentale européenne, cette philosophie s’inscrit très largement dans le courant analytique, héritage d’une transformation intellectuelle opérée au cours du XXe siècle.[1][2] Cette orientation analytique n’exclut pas une diversité notable des domaines de recherche, qui vont de la métaphysique et de l’épistémologie à l’éthique appliquée, en passant par la philosophie politique et les questions soulevées par les technologies émergentes.
Les universités d’Uppsala, de Stockholm, de Göteborg et de Lund constituent les principaux foyers de la recherche philosophique suédoise. Ces institutions abritent des départements de philosophie organisés selon une distinction nette entre philosophie théorique (englobant l’épistémologie, la métaphysique, la philosophie du langage, la philosophie de l’esprit, la logique et la philosophie des sciences) et philosophie pratique (comprenant l’éthique normative, la métaéthique, la philosophie politique et l’éthique appliquée).
Le présent article retrace d’abord, à grands traits, l’histoire longue de la philosophie en Suède, avant de se concentrer sur la période ouverte au tournant des années 2000. Il inclut dans son périmètre les chercheuses et chercheurs d’origine étrangère durablement installés dans les universités suédoises, ainsi que les figures suédoises exerçant à l’étranger : c’est l’ensemble de ce paysage qui fait l’identité philosophique du pays.
Aperçu historique : de Swedenborg à la percée analytique
[modifier | modifier le wikicode]La Suède n’entre pas dans l’histoire de la philosophie avec le XXe siècle. Au XVIIIe siècle, Emanuel Swedenborg (1688-1772), d’abord savant et ingénieur des mines, élabore après sa crise religieuse une vaste théosophie visionnaire qui connut un retentissement européen : c’est contre lui que Kant rédigea les Rêves d’un visionnaire (Träume eines Geistersehers, 1766), où s’esquisse déjà sa critique de la métaphysique dogmatique.[3]
Au XIXe siècle, l’université suédoise vit sous l’autorité de Christopher Jacob Boström (1797-1866), professeur à Uppsala, dont l’idéalisme rationnel fournit pendant des décennies la doctrine quasi officielle de la philosophie académique et la matrice intellectuelle des élites administratives du royaume. C’est contre ce boströmianisme que se constitue, au début du XXe siècle, l’École d’Uppsala, examinée dans la section suivante.
La percée analytique s’opère ensuite en deux temps. La génération d’Ingemar Hedenius (1908-1982), de Konrad Marc-Wogau (1902-1991) et d’Anders Wedberg (1913-1978) acclimate en Suède les méthodes du positivisme logique et de l’analyse conceptuelle : Hedenius porte le débat philosophique sur la place publique avec Tro och vetande (Croyance et savoir, 1949), critique retentissante de la théologie chrétienne ; Marc-Wogau renouvelle les études kantiennes et dirige Theoria de 1957 à 1964 ; Wedberg, depuis sa chaire de Stockholm, écrit une histoire de la philosophie d’inspiration analytique qui forme des générations d’étudiants.[1] Une seconde vague, à partir des années 1970, voit émerger des figures de stature internationale comme Peter Gärdenfors (né en 1949), dont les recherches sur la dynamique des croyances puis sur les espaces conceptuels relient la philosophie suédoise aux sciences cognitives.[4]
L’héritage de l’École d’Uppsala et l’ancrage analytique
[modifier | modifier le wikicode]Pour comprendre la philosophie suédoise actuelle, il convient de remonter à l’École d’Uppsala, fondée par Axel Hägerström (1868-1939) avec son collègue et ancien élève Adolf Phalén (1884-1931), qui rompirent avec l’idéalisme boströmien pour développer une approche critique fondée sur l’analyse conceptuelle ; Phalén consacra pour sa part l’essentiel de son œuvre à la critique du subjectivisme en théorie de la connaissance.[2] Hägerström occupa la chaire de philosophie pratique à Uppsala de 1911 à 1933. Son rejet de la métaphysique se résume dans la devise latine qu’il s’était donnée, praeterea censeo metaphysicam esse delendam (« au reste, j’estime que la métaphysique doit être détruite »), formule calquée sur celle de Caton l’Ancien à propos de Carthage.[5] Il développa en outre une théorie connue sous le nom de nihilisme axiologique (en suédois värdenihilism), qui suscita de vives controverses : selon lui, les jugements moraux ne sont ni vrais ni faux, mais expriment des attitudes émotionnelles plutôt qu’ils ne décrivent des faits objectifs.
L’influence de Hägerström sur la philosophie suédoise moderne demeure étendue, même si ses positions ont été largement discutées, nuancées et révisées. Une génération de philosophes plus jeunes, dans les années 1930 et 1940, parmi lesquels Ingemar Hedenius, Konrad Marc-Wogau et Anders Wedberg, s’employa à concilier l’héritage de Hägerström avec les courants émergents du positivisme logique et de la philosophie analytique.[2] Cette période de transition contribua à ancrer durablement la philosophie suédoise dans la tradition analytique, avec une attention particulière portée à l’analyse du langage, à la logique et aux méthodes rigoureuses d’argumentation.
Les grandes figures du paysage philosophique suédois
[modifier | modifier le wikicode]Les portraits qui suivent décrivent moins une école nationale qu’un paysage : plusieurs de ses acteurs sont nés ou ont été formés hors de Suède, tandis que certains philosophes nés en Suède exercent à l’étranger. La catégorie pertinente est donc celle de la philosophie pratiquée en Suède, complétée par les figures suédoises de la diaspora académique.
Torbjörn Tännsjö et l’utilitarisme hédoniste
[modifier | modifier le wikicode]Parmi les philosophes suédois qui ont marqué les vingt-cinq dernières années, Torbjörn Tännsjö occupe une place singulière. Titulaire à partir de 2002 de la chaire de philosophie pratique de l’Université de Stockholm, dont il est aujourd’hui professeur émérite, il s’est imposé comme l’un des rares philosophes suédois régulièrement présents dans le débat public.
Tännsjö défend un utilitarisme hédoniste d’une grande cohérence interne, selon lequel le plaisir et la douleur sont les seuls porteurs de valeur intrinsèque (positive pour le plaisir, négative pour la douleur) et selon lequel nos actions doivent viser à maximiser le bonheur total.[6] Cette position l’a conduit à soutenir des conclusions morales qui heurtent souvent le sens commun : l’avortement, l’euthanasie ou certaines pratiques de sélection génétique se trouvent, dans de nombreux cas, justifiés par les principes utilitaristes. Loin de s’en dédire, Tännsjö assume pleinement ces implications contre-intuitives et s’efforce de montrer que c’est notre morale ordinaire qui devrait être révisée plutôt que les principes utilitaristes eux-mêmes.
Au-delà de l’éthique normative, Tännsjö a également contribué à la philosophie politique, en défendant une conception dite populiste de la démocratie, où les décisions seraient prises directement par référendum plutôt que par des représentants élus.[7] Il a plaidé par la suite pour l’établissement d’un gouvernement mondial comme réponse aux problèmes globaux que les États-nations se montrent incapables de résoudre par eux-mêmes.[8]
Sven Ove Hansson et la philosophie de la technologie
[modifier | modifier le wikicode]Sven Ove Hansson illustre une autre dimension importante de la philosophie suédoise contemporaine. Professeur à l’Institut royal de technologie (KTH) de Stockholm depuis 2000, où il a aujourd’hui le statut de professeur senior, il s’est spécialisé dans la philosophie de la technologie et des risques.[9] Ses travaux portent sur l’évaluation des risques environnementaux, la théorie de la décision et la révision des croyances.
Hansson est emblématique de l’interdisciplinarité croissante de la philosophie suédoise. Titulaire d’un premier diplôme en sciences médicales obtenu en 1972, il a ensuite soutenu deux doctorats en philosophie : l’un en philosophie théorique à Uppsala en 1991, l’autre en philosophie pratique à Lund en 1999.[9] Cette double formation lui permet d’aborder les questions philosophiques avec une sensibilité aiguë aux problèmes concrets posés par le développement technologique et scientifique.
Les contributions de Hansson à la théorie de la révision des croyances, notamment son analyse des postulats dits AGM (d’après les initiales de Carlos Alchourrón, Peter Gärdenfors et David Makinson), lui ont valu une reconnaissance internationale.[10] Ce champ de recherche possède d’ailleurs un ancrage suédois ancien, puisque Peter Gärdenfors, professeur à Lund, compte parmi les architectes de ce formalisme.[11] Les travaux de Hansson, abondamment cités dans la littérature philosophique, lui ont également valu la rédaction de l’article de référence sur la logique de la révision des croyances dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy et la direction de collections internationales d’ouvrages de logique et de philosophie de la technologie. Rédacteur en chef de Theoria depuis 1999, il partage aujourd’hui cette fonction avec Henrik Lundvall. La revue, principale publication internationale de philosophie éditée en Suède, constitue un vecteur de premier ordre de la philosophie analytique sur la scène internationale.[12]
Åsa Wikforss et l’épistémologie sociale
[modifier | modifier le wikicode]Åsa Wikforss représente une génération de philosophes suédois ayant acquis une visibilité notable, tant dans l’univers académique que dans l’espace public. Professeure de philosophie théorique à l’Université de Stockholm depuis 2008, elle compte parmi les premières femmes à avoir accédé à une chaire de philosophie théorique en Suède.
Les recherches de Wikforss se situent à l’intersection de la philosophie du langage, de la philosophie de l’esprit et de l’épistémologie. Elle a travaillé notamment sur la normativité du langage, en remettant en question l’idée reçue selon laquelle le langage serait essentiellement une activité guidée par des règles.[13] Ses travaux ultérieurs portent sur la nature de la croyance et sur la connaissance que nous avons de nos propres pensées.
Ce qui distingue particulièrement Wikforss dans le paysage philosophique suédois récent, c’est son engagement dans les débats publics relatifs à la résistance à la connaissance et à la désinformation. En 2017, elle a publié un ouvrage en suédois intitulé Alternativa fakta. Om kunskapen och dess fiender (Faits alternatifs. Sur la connaissance et ses ennemis), qui a rencontré un large succès et a renforcé sa position de figure de la vie intellectuelle suédoise.
En 2019, elle a été élue à l’Académie suédoise, l’institution qui décerne le prix Nobel de littérature et dont la mission première concerne la langue suédoise. Elle occupe ainsi l’un des dix-huit fauteuils de cette académie.
Ingmar Persson et le perfectionnement moral
[modifier | modifier le wikicode]Ingmar Persson, professeur de philosophie pratique à l’Université de Göteborg, représente une autre orientation caractéristique de la philosophie morale du pays. Ses recherches couvrent la philosophie de l’esprit et de l’action, la théorie éthique et l’éthique appliquée. Son principal ouvrage, The Retreat of Reason. A Dilemma in the Philosophy of Life (2005), explore les attitudes rationnelles à adopter face au temps, à l’identité personnelle et à la responsabilité.[14]
Avec son collègue Julian Savulescu, il a développé l’idée controversée selon laquelle l’humanité pourrait avoir besoin d’un « perfectionnement moral » pour faire face aux problèmes globaux comme le changement climatique ou les risques existentiels liés aux technologies avancées. Dans leur ouvrage Unfit for the Future. The Need for Moral Enhancement (2012), Persson et Savulescu soutiennent que les êtres humains ne sont pas naturellement dotés d’une psychologie morale leur permettant de gérer les problèmes engendrés par les conditions de vie contemporaines.[15]
Wlodek Rabinowicz et la théorie de la valeur
[modifier | modifier le wikicode]Wlodek Rabinowicz, philosophe d’origine polonaise établi en Suède et professeur de philosophie pratique à l’Université de Lund depuis 1995, s’est imposé comme une figure de premier plan dans le domaine de la théorie formelle de la valeur, ce que la tradition philosophique nomme l’axiologie. Ses recherches portent sur l’analyse conceptuelle de la valeur, l’incommensurabilité des valeurs, l’éthique normative (notamment le conséquentialisme et l’éthique de la population) et la théorie de la décision séquentielle. Avant Sven Ove Hansson, il avait par ailleurs assuré la rédaction en chef de Theoria de 1995 à 1998.
L’un des problèmes centraux auxquels Rabinowicz s’est attaqué concerne ce que l’on appelle la « restriction centrée sur la personne » en axiologie. Avec Gustaf Arrhenius, il a développé des approches novatrices pour résoudre ces difficultés, notamment celle de « l’ange gardien » et celle de « l’observateur impartial bienveillant ».[16]
Les philosophes suédois ont ainsi élaboré des approches formelles élaborées pour traiter les questions d’axiologie. Rabinowicz et Gustaf Arrhenius ont proposé des modèles influents pour penser la valeur de l’existence et la comparabilité axiologique ; de leur côté, Rabinowicz et Toni Rønnow-Rasmussen ont développé une analyse devenue classique des rapports entre attitudes évaluatives et valeur.[17] Ces travaux techniques en logique déontique et en théorie de la valeur témoignent de la continuité d’un style suédois de philosophie formelle, caractérisé par son attachement à la formalisation et à l’analyse conceptuelle rigoureuse.
Rabinowicz a également participé à la direction éditoriale de revues philosophiques importantes, notamment Economics and Philosophy et Philosophy and Phenomenological Research, contribuant à l’internationalisation de la philosophie analytique suédoise.
Gunnar Björnsson et la responsabilité morale
[modifier | modifier le wikicode]Gunnar Björnsson, professeur de philosophie pratique à l’Université de Stockholm, travaille principalement sur la métaéthique, la psychologie morale, la philosophie du langage et la responsabilité morale. Après avoir obtenu son doctorat à Stockholm en 1998, il a occupé divers postes en Suède et aux États-Unis avant de regagner Stockholm.
Les recherches de Björnsson sur la responsabilité morale se distinguent par une approche naturaliste, qui s’efforce de développer une théorie générale de la responsabilité à la fois conceptuellement rigoureuse et empiriquement adéquate.[18] Il s’intéresse particulièrement à la psychologie des attributions de responsabilité : pourquoi les individus attribuent-ils la responsabilité selon certains schémas plutôt que d’autres ?
Björnsson a coordonné le Projet de Responsabilité de Göteborg (Gothenburg Responsibility Project) depuis sa création en 2011 jusqu’en 2015, année où le projet obtint du Conseil suédois de la recherche un financement courant sur dix ans, destiné notamment à recruter le philosophe Paul Russell, spécialiste du libre arbitre et de la philosophie de Hume venu de l’Université de Colombie-Britannique, pour en prendre la direction. Ce projet ambitieux, désormais appelé Projet de Responsabilité Lund-Göteborg (Lund Gothenburg Responsibility Project) depuis son extension à l’Université de Lund, rassemble des chercheurs de plusieurs universités suédoises pour étudier la responsabilité morale et le libre arbitre dans une perspective interdisciplinaire alliant philosophie analytique, psychologie expérimentale et neurosciences.[19]
Nick Bostrom et le risque existentiel
[modifier | modifier le wikicode]Une figure d’origine suédoise occupe une place à part dans ce paysage : Nick Bostrom, né à Helsingborg en 1973 et formé d’abord aux universités de Göteborg et de Stockholm, a fait l’essentiel de sa carrière à l’Université d’Oxford, où il a fondé puis dirigé, de 2005 à 2024, le Future of Humanity Institute. Son cas illustre les limites d’une définition strictement institutionnelle de la philosophie suédoise : expatrié, il n’appartient pas aux départements du pays, mais il pèse fortement sur l’image internationale de la pensée d’origine suédoise.
Bostrom s’est d’abord fait connaître par son argument de la simulation, selon lequel, sous certaines hypothèses concernant le développement des civilisations technologiques, au moins l’une des trois propositions suivantes doit être vraie : presque toutes les civilisations s’éteignent avant d’atteindre la maturité technologique ; presque aucune civilisation parvenue à maturité ne lance de simulations d’esprits conscients ; ou bien nous vivons très probablement nous-mêmes dans une simulation.[20] Son ouvrage Superintelligence (2014) a ensuite placé au centre du débat public la question du risque existentiel lié à une intelligence artificielle qui dépasserait les capacités humaines, en examinant les problèmes de contrôle et d’alignement des objectifs d’un tel système.[21] Ces analyses, abondamment discutées, ont contribué à structurer le champ aujourd’hui désigné comme éthique de l’intelligence artificielle, auquel une section ultérieure du présent article est consacrée.
Les institutions et l’organisation de la recherche
[modifier | modifier le wikicode]Les universités et les départements de philosophie
[modifier | modifier le wikicode]L’enseignement et la recherche en philosophie en Suède se concentrent principalement dans quatre grandes universités : Uppsala, Stockholm, Göteborg et Lund. Chacune possède un département de philosophie doté de spécificités et de domaines d’excellence propres.
L’Université d’Uppsala, fondée en 1477 et la plus ancienne des pays nordiques, occupe une place particulière dans l’histoire de la philosophie suédoise. C’est là qu’Axel Hägerström enseigna de 1911 à 1933, établissant l’École d’Uppsala. Aujourd’hui, le département de philosophie d’Uppsala perpétue cette tradition en proposant des cours de philosophie théorique et pratique à tous les niveaux de formation.
L’Université de Stockholm abrite le plus important département de philosophie de Suède, divisé entre philosophie théorique et philosophie pratique. Le département de philosophie théorique se consacre à des questions touchant la réalité, la connaissance, l’esprit, le langage, la logique et la philosophie des sciences. Le département de philosophie pratique se concentre en particulier sur la métaéthique, avec des recherches portant sur le jugement moral, le langage moral, l’agentivité morale, la responsabilité et le blâme.[22]
L’Université de Lund mène des recherches dans trois domaines principaux : philosophie pratique, philosophie théorique et sciences cognitives. En philosophie pratique, Lund jouit d’une reconnaissance internationale pour ses travaux sur la théorie de la valeur, la responsabilité morale et le libre arbitre, le concept de bien-être, les théories de la causalité, l’action collective et la théorie de la décision dynamique.
Le financement de la recherche
[modifier | modifier le wikicode]Le Conseil suédois de la recherche (Vetenskapsrådet) constitue le principal organisme de financement de la recherche en sciences humaines dans les universités et instituts de recherche suédois. Pour la philosophie, ce financement permet de soutenir des projets de recherche individuels et collectifs, des postes postdoctoraux et des programmes doctoraux. Dans la période récente, les financements alloués à la philosophie ont permis de développer des projets de grande envergure, à l’image du Projet de Responsabilité Lund-Göteborg, témoignant de l’importance reconnue à la discipline.
Les universités suédoises financent également des postes de doctorat en philosophie, généralement pour une durée de quatre ans, incluant au minimum trois ans de recherche et au maximum une année de cours. Ces postes doctoraux constituent des emplois à part entière donnant accès aux prestations sociales suédoises ordinaires, ce qui distingue le système suédois de celui de nombreux autres pays.
Les revues et la diffusion de la recherche
[modifier | modifier le wikicode]Filosofisk tidskrift, fondée en 1980, est la principale revue de philosophie en langue suédoise. Publiée trimestriellement, elle couvre l’ensemble des domaines de la philosophie tout en s’abstenant de publier des contributions requérant des prérequis techniques trop spécialisés. Elle demeure une plateforme importante pour le débat philosophique en Suède et dans les pays nordiques.
Theoria, fondée en 1935 par Åke Petzäll, demeure la principale revue internationale de philosophie publiée en Suède.[12] Elle a joué un rôle déterminant dans le développement de la philosophie suédoise moderne, servant notamment de tribune aux débats entre l’École d’Uppsala et le positivisme logique ; des textes de Carl Gustav Hempel ou d’Ernst Cassirer y parurent dès les années 1930. Publiée désormais six fois par an et codirigée par Sven Ove Hansson et Henrik Lundvall, Theoria continue d’accueillir des philosophes suédois et internationaux dans tous les domaines de la discipline et jouit d’une réputation bien établie sur la scène philosophique internationale.[12]
La formation doctorale et les cours nationaux
[modifier | modifier le wikicode]La formation doctorale en philosophie en Suède suit un modèle structuré. Pour être admis au programme doctoral, les étudiants doivent déjà posséder un master en philosophie (ou un diplôme jugé équivalent). Le doctorat correspond généralement à quatre années d’études à temps plein, soit 240 crédits ECTS, répartis entre des cours, des séminaires, la supervision et la rédaction de la thèse.[23]
Une particularité du système suédois réside dans l’organisation de cours doctoraux nationaux en philosophie. Ces cours, généralement de 7,5 crédits ECTS avec un enseignement concentré sur une semaine, accueillent prioritairement les étudiants de master et les doctorants inscrits dans les universités suédoises.[24] Ce dispositif permet aux doctorants de toutes les universités du pays de suivre des formations spécialisées données par des experts, même si leur université d’attache ne possède pas de spécialiste dans le domaine considéré. L’Université d’Umeå coordonne depuis plusieurs années l’organisation de ces cours nationaux, qui ont abordé des sujets aussi variés que l’éthique médicale, la théorie de la décision ou l’épistémologie morale.[24]
Les domaines de recherche privilégiés
[modifier | modifier le wikicode]Métaéthique et philosophie morale
[modifier | modifier le wikicode]La métaéthique constitue l’un des domaines les plus actifs de la recherche philosophique du pays. Les philosophes suédois travaillant dans ce champ s’interrogent sur la nature des jugements moraux, le statut des faits moraux, les relations entre croyances morales et motivation, ainsi que sur les questions de responsabilité et de blâme.
Plusieurs facteurs expliquent cette concentration. D’abord, l’héritage d’Axel Hägerström et de sa théorie non-cognitiviste continue d’exercer une influence sur les débats actuels. Les philosophes suédois contemporains réexaminent ces questions à l’aide des outils de la philosophie analytique moderne, en intégrant notamment les développements de la philosophie du langage et de la philosophie de l’esprit.
L’Université de Stockholm s’est particulièrement illustrée dans ce domaine, avec un groupe de recherche en métaéthique réunissant Gunnar Björnsson, Jonas Olson et Anandi Hattiangadi. Leurs travaux couvrent des questions sémantiques (sur la signification des concepts et termes moraux), métaphysiques (sur l’existence et la nature des faits et propriétés moraux), épistémologiques (sur la possibilité de la connaissance morale) et psychologiques (sur la nature des jugements moraux et leur rapport à la motivation). Jonas Olson a notamment proposé une défense systématique de la théorie de l’erreur en morale, qui prolonge sous une forme contemporaine certaines intuitions de Hägerström.[25]
Responsabilité morale et libre arbitre
[modifier | modifier le wikicode]La question de la responsabilité morale, bien qu’étroitement liée à la métaéthique, mérite une attention distincte, tant elle a donné lieu à des recherches soutenues en Suède. Le Projet de Responsabilité Lund-Göteborg, financé sur dix ans par le Conseil suédois de la recherche et dirigé par Paul Russell, témoigne de l’importance accordée à ce thème.
Les philosophes suédois travaillant sur la responsabilité adoptent souvent une approche naturaliste, cherchant à comprendre le fonctionnement psychologique des attributions de responsabilité avant de formuler des théories normatives sur qui devrait être tenu responsable et de quoi. Cette démarche permet d’éclairer des questions classiques comme le problème du libre arbitre et du déterminisme, ou les conditions de la responsabilité morale.
Théorie de la valeur et éthique de la population
[modifier | modifier le wikicode]La théorie formelle de la valeur constitue un autre domaine dans lequel les philosophes suédois ont apporté des contributions notables. Wlodek Rabinowicz à Lund et Gustaf Arrhenius à Stockholm jouissent d’une reconnaissance particulière pour leurs travaux dans ce champ.
Un problème central en axiologie concerne l’éthique de la population : comment comparer le bien-être de différentes populations ? Cette question, qui peut sembler purement abstraite, possède des implications pratiques étendues pour les politiques environnementales, les politiques de santé publique et les questions de justice intergénérationnelle. Arrhenius a notamment établi une série de théorèmes d’impossibilité montrant qu’aucune axiologie ne peut satisfaire simultanément un ensemble de conditions pourtant intuitivement plausibles.[26]
Les philosophes suédois ont élaboré des approches formelles raffinées pour aborder ces questions. Rabinowicz et Arrhenius ont, par exemple, proposé des modèles influents pour traiter la valeur de l’existence et la comparabilité axiologique ; de leur côté, Rabinowicz et Toni Rønnow-Rasmussen ont développé une analyse fine des rapports entre attitudes évaluatives et valeur, notamment à travers leur discussion du « mauvais type de raisons » dans l’analyse des attitudes appropriées.[27] Ces travaux techniques en logique déontique et en théorie de la valeur s’inscrivent pleinement dans la tradition analytique suédoise.
Épistémologie et philosophie de l’esprit
[modifier | modifier le wikicode]L’épistémologie et la philosophie de l’esprit occupent également une place notable dans la philosophie pratiquée en Suède. Åsa Wikforss et Kathrin Glüer-Pagin, philosophe d’origine allemande établie à Stockholm, ont développé des recherches influentes à l’intersection de ces deux domaines.
Un thème central concerne la connaissance de soi : comment connaissons-nous nos propres pensées et croyances ? Cette question, qui peut sembler triviale au premier abord, soulève en réalité des difficultés philosophiques substantielles liées à la transparence épistémique et à l’accès conscient à nos états mentaux.
Wikforss s’est intéressée par la suite aux questions d’épistémologie sociale, en particulier à la résistance à la connaissance et à la diffusion de la désinformation. Ces travaux relient des questions épistémologiques classiques (qu’est-ce que la connaissance ? comment l’acquérons-nous ?) à des préoccupations contemporaines urgentes relatives à la démocratie et à l’espace public.
Philosophie des sciences et philosophie de la technologie
[modifier | modifier le wikicode]La philosophie des sciences occupe une place singulière dans la philosophie suédoise, avec une attention particulière portée aux méthodes scientifiques, à l’évaluation des preuves et à la structure des théories scientifiques. Cette orientation reflète en partie l’influence historique du positivisme logique et de l’empirisme, mais aussi le souci de collaborer étroitement avec les scientifiques pour comprendre les pratiques réelles de la recherche.
Sven Ove Hansson incarne particulièrement cette approche par ses travaux sur la philosophie de la technologie et des risques. Au sein de l’Institut royal de technologie (KTH) de Stockholm, Hansson a dirigé un département de philosophie et d’histoire intégré dans une école d’ingénieurs. Cette position lui permet de travailler directement avec des ingénieurs et des scientifiques sur des questions pratiques concernant l’évaluation des risques, la sécurité et l’éthique de la technologie. Ses ouvrages, notamment The Ethics of Technology. Methods and Approaches, ainsi que ses contributions à la théorie de la révision des croyances, font autorité dans ces domaines.[28]
Philosophie politique et théorie de la démocratie
[modifier | modifier le wikicode]La philosophie politique forme un autre secteur actif de la recherche philosophique suédoise. Les philosophes suédois s’intéressent particulièrement aux fondements normatifs de la démocratie, aux théories de la justice et aux questions de légitimité politique.
Torbjörn Tännsjö a défendu une forme de démocratie populiste selon laquelle les décisions politiques seraient prises directement par référendum plutôt que par des représentants élus. Cette position s’oppose au consensus dominant en philosophie politique, qui tend à privilégier la démocratie représentative avec ses médiations et ses filtres institutionnels. Tännsjö soutient que la démocratie directe respecte mieux l’égalité entre citoyens et évite la constitution d’une classe politique professionnelle détachée du peuple.
La philosophie suédoise et les enjeux contemporains
[modifier | modifier le wikicode]Éthique de l’intelligence artificielle
[modifier | modifier le wikicode]L’émergence de l’intelligence artificielle comme technologie transformatrice a incité plusieurs philosophes et institutions suédoises à s’engager dans l’examen des questions éthiques qu’elle soulève. Ces travaux s’inscrivent dans la tradition suédoise de philosophie appliquée, qui se donne pour tâche d’utiliser les outils philosophiques pour éclairer des problèmes concrets.
AI Sweden, le centre national suédois pour l’intelligence artificielle appliquée, a élaboré des principes régissant une utilisation responsable de l’IA. Ces principes insistent sur la légalité et la transparence (les systèmes d’IA doivent être développés et utilisés dans le respect de la loi et avec une transparence appropriée), le caractère éthique et équitable (les systèmes d’IA doivent être conçus et opérés d’une manière respectant les droits humains, les valeurs et la diversité culturelle), ainsi que sur la sécurité et la robustesse (les systèmes d’IA doivent être fiables, maîtrisables et sûrs).[29]
Il importe de ne pas confondre les registres : AI Sweden est un organisme de coordination technologique, non une institution philosophique, et ses principes fournissent un cadre institutionnel plutôt qu’une analyse normative. Cette analyse revient aux philosophes. La question de la responsabilité relative aux décisions d’agents artificiels rejoint directement les recherches de Gunnar Björnsson sur les obligations partagées et la responsabilité collective ; l’exigence de sûreté et de robustesse prolonge les analyses de Sven Ove Hansson sur la décision en situation d’incertitude et sur l’acceptabilité des risques technologiques ; quant aux débats internationaux sur le risque existentiel, ils doivent beaucoup, on l’a vu, à Nick Bostrom.[30]
L’Université de Linköping propose un cours spécifique consacré à l’éthique de l’intelligence artificielle. Ce cours aborde trois grands enjeux éthiques soulevés par les systèmes autonomes : la responsabilité relative aux décisions prises par des agents artificiels, les questions de biais et de discrimination résultant de l’utilisation de l’IA, et l’importance de la participation démocratique dans l’élaboration et le déploiement des systèmes d’IA.
Éthique environnementale et développement durable
[modifier | modifier le wikicode]L’éthique environnementale constitue un autre domaine dans lequel les philosophes suédois contribuent activement, reflétant les préoccupations de la société suédoise pour l’environnement et le développement durable. La Suède possède une longue tradition d’éducation environnementale, qui articule l’éducation en plein air et les préoccupations écologiques depuis les années 1960.
L’éducation pour le développement durable a connu en Suède une évolution notable. D’une approche traditionnelle centrée sur la transmission de connaissances scientifiques, elle est passée à une approche plus participative, encourageant la pensée critique et l’autonomie de jugement. Ce déplacement reflète un changement dans la conception même de l’éducation environnementale : il ne s’agit plus d’inculquer des valeurs et des comportements prédéterminés, mais de développer des capacités de délibération et d’action citoyenne.
Sur le versant théorique, l’éthique de l’environnement croise en Suède la philosophie du risque. Les analyses de Sven Ove Hansson sur la décision en situation d’incertitude et sur le principe de précaution montrent les limites d’une évaluation des politiques environnementales qui s’en remettrait exclusivement au calcul coût-bénéfice : imposer un risque à autrui constitue un acte moralement chargé, qui appelle une justification et non un simple calcul d’utilité espérée.[31] Cette approche fournit aux questions de durabilité un cadre conceptuel plus exigeant que la seule invocation de valeurs écologiques.
Philosophie publique et engagement démocratique
[modifier | modifier le wikicode]Un trait notable de la période récente réside dans l’importance accordée à la présence des philosophes dans la cité et à leur participation aux débats démocratiques. Contrairement à une philosophie académique qui resterait enfermée dans ses murs, de nombreux philosophes suédois considèrent qu’ils ont une responsabilité envers la société : rendre leurs recherches accessibles et les mettre au service des citoyens.
Torbjörn Tännsjö représente sans doute l’exemple le plus net de cette philosophie publique. Il intervient régulièrement dans les médias suédois, rédige des chroniques pour les journaux, participe à des émissions de radio et de télévision, et publie des ouvrages destinés au grand public.
Åsa Wikforss incarne une autre forme d’engagement public, centrée sur l’éducation citoyenne et la défense de la connaissance. Son ouvrage Alternativa fakta (Faits alternatifs) et ses nombreuses interventions publiques visent à munir les citoyens des instruments intellectuels nécessaires pour naviguer dans un environnement informationnel complexe et résister à la désinformation. Cette approche témoigne d’une conviction constante : la connaissance est indispensable au bon fonctionnement de la démocratie.
La philosophie à l’Université de Södertörn constitue l’exception la plus nette au consensus analytique : la recherche y est officiellement centrée sur la philosophie continentale européenne moderne et sur ses points de contact avec l’histoire, de la philosophie antique à l’idéalisme allemand, et l’établissement abrite depuis 2024 un centre consacré à la philosophie grecque ancienne. Ses membres participent activement à la vie culturelle suédoise : ils donnent des conférences au Moderna museet, à Bonniers Konsthall et dans diverses galeries de Stockholm, interviennent dans des émissions de la radio nationale comme Filosofiska rummet et contribuent ainsi à la diffusion du discours philosophique auprès d’un public élargi.[32]
Conclusion
[modifier | modifier le wikicode]La philosophie suédoise des vingt-cinq dernières années se caractérise par plusieurs traits distinctifs. D’abord, la prépondérance nette de la tradition analytique, héritée de l’École d’Uppsala et de la transformation intellectuelle opérée au cours du XXe siècle. Cette orientation se manifeste par l’attachement aux méthodes rigoureuses d’argumentation, à l’analyse conceptuelle et à la clarté d’expression.
Ensuite, une forte internationalisation : les philosophes suédois publient largement dans les revues internationales de premier plan et participent activement aux débats philosophiques mondiaux. Cette ouverture internationale ne fait cependant pas obstacle à un ancrage local solide, incarné par des institutions universitaires de haut niveau, des revues nationales vivantes et un système de formation doctorale bien structuré.
Un autre trait marquant est l’importance accordée à la philosophie appliquée et à l’engagement public. Nombre de philosophes suédois considèrent qu’ils ont une responsabilité envers la société : rendre leurs recherches accessibles et contribuer aux débats démocratiques. Cet engagement se traduit par des interventions médiatiques régulières, la publication d’ouvrages grand public et la participation à des commissions d’expertise.
Les domaines de recherche privilégiés reflètent à la fois la continuité historique et les préoccupations contemporaines. La métaéthique, la responsabilité morale, la théorie de la valeur et l’épistémologie prolongent l’héritage d’Uppsala. Les recherches consacrées à l’éthique de l’intelligence artificielle, à l’éthique environnementale et à la philosophie publique répondent aux enjeux les plus pressants du temps présent.
On peut, pour finir, risquer une thèse d’ensemble. La Suède offre le cas d’une philosophie analytique institutionnellement dominante, mais que trois contrepoids empêchent de se refermer sur elle-même : la philosophie publique, qui la confronte aux citoyens ; l’interdisciplinarité technologique, qui l’expose aux sciences de l’ingénieur et aux choix collectifs concernant les techniques ; l’exception continentale de Södertörn, enfin, qui maintient vivante, aux portes de Stockholm, une autre manière de philosopher. C’est de cette tension réglée entre hégémonie méthodologique et ouvertures correctrices que le paysage philosophique suédois tire sa physionomie propre.
Références
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Bibliographie
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- Hedenius, Ingemar, Om rätt och moral [Du droit et de la morale], Stockholm, Wahlström & Widstrand, 1941.
- Hedenius, Ingemar, Tro och vetande [Croyance et savoir], Stockholm, Bonniers, 1949.
- Nordin, Svante, Ingemar Hedenius. En filosof och hans tid [Ingemar Hedenius. Un philosophe et son temps], Stockholm, Natur & Kultur, 2004.
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Œuvres des philosophes suédois contemporains
[modifier | modifier le wikicode]Torbjörn Tännsjö
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- Tännsjö, Torbjörn, Coercive Care. The Ethics of Choice in Health and Medicine, Londres, Routledge, 1999.
- Tännsjö, Torbjörn, Global Democracy. The Case for a World Government, Édimbourg, Edinburgh University Press, 2008.
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Nick Bostrom
[modifier | modifier le wikicode]- Bostrom, Nick, Anthropic Bias. Observation Selection Effects in Science and Philosophy, New York, Routledge, 2002.
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Autres philosophes suédois contemporains
[modifier | modifier le wikicode]- Arrhenius, Gustaf, « An Impossibility Theorem for Welfarist Axiologies », Economics and Philosophy, vol. 16, n° 2, 2000, p. 247-266.
- Gärdenfors, Peter, Knowledge in Flux. Modeling the Dynamics of Epistemic States, Cambridge (Mass.), MIT Press, 1988.
- Gärdenfors, Peter, Conceptual Spaces. The Geometry of Thought, Cambridge (Mass.), MIT Press, 2000.
- Olson, Jonas, Moral Error Theory. History, Critique, Defence, Oxford, Oxford University Press, 2014.
Études sur la philosophie suédoise
[modifier | modifier le wikicode]- Hansson, Jonas & Nordin, Svante, Ernst Cassirer. The Swedish Years, Berne, Peter Lang, 2006.
- Strang, Johan, « Why “Nordic Democracy”? », in Jussi Kurunmäki & Johan Strang (dir.), Rhetorics of Nordic Democracy, Helsinki, Suomalaisen Kirjallisuuden Seura, 2010.
Revues philosophiques suédoises
[modifier | modifier le wikicode]- Filosofisk tidskrift [Revue philosophique], revue trimestrielle, Stockholm, 1980-.
- Theoria. A Swedish Journal of Philosophy, revue internationale fondée en 1935 par Åke Petzäll, publiée par Wiley-Blackwell pour le compte de la fondation Stiftelsen Theoria, 1935-.
Encyclopédies et instruments de référence
[modifier | modifier le wikicode]- Craig, Edward (dir.), Routledge Encyclopedia of Philosophy, Londres, Routledge, 1998 ; entrées consacrées à Axel Hägerström et à la philosophie scandinave.
- Zalta, Edward N. (dir.), The Stanford Encyclopedia of Philosophy, Stanford, Stanford University ; en ligne, entrées « Logic of Belief Revision » (rédigée par Sven Ove Hansson) et « The Normativity of Meaning and Content » (rédigée par Kathrin Glüer et Åsa Wikforss), consultées le 6 juin 2026.
Sites web et ressources électroniques
[modifier | modifier le wikicode]- AI Sweden : « Centre national suédois pour l'intelligence artificielle appliquée » (consulté le 6 juin 2026).
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- Lund Gothenburg Responsibility Project : « Site officiel du projet » (consulté le 6 juin 2026).
- KTH, Division of Philosophy : « Recherche en philosophie au KTH et revue Theoria » (consulté le 6 juin 2026).
- Nick Bostrom : « Site personnel » (consulté le 6 juin 2026).
- Department of Philosophy, Lund University : « Site du département de philosophie de Lund » (consulté le 6 juin 2026).
- Department of Philosophy, Stockholm University : « Site du département de philosophie de Stockholm » (consulté le 6 juin 2026).
- Department of Philosophy, Linguistics and Theory of Science (FLoV), University of Gothenburg : « Site du département de philosophie de Göteborg » (consulté le 6 juin 2026).
- Department of Philosophy, Uppsala University : « Site du département de philosophie d'Uppsala » (consulté le 6 juin 2026).
- Svenska Akademien : « Site officiel de l'Académie suédoise » (consulté le 6 juin 2026).
- Södertörn University : « Philosophy » (consulté le 6 juin 2026).
- Swedish Research Council (Vetenskapsrådet) : « Financement de la recherche en philosophie » (consulté le 6 juin 2026).
- Umeå University : « National Graduate Courses in Philosophy » (consulté le 6 juin 2026).