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Dictionnaire de philosophie/Ubuntu

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— Ubuntu —

Ubuntu désigne une philosophie morale et sociale africaine, issue principalement des cultures bantoues d'Afrique australe, qui met au centre de sa conception de l'existence humaine l'interdépendance, la communauté et la dignité partagée. Le terme, qui signifie littéralement « humanité » en langues nguni (zoulou, xhosa, ndébélé), s'est imposé dans le débat philosophique contemporain comme une alternative aux conceptions individualistes dominantes dans la pensée occidentale[1][2].

Origines et formulations

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La philosophie ubuntu trouve ses racines dans les sociétés précoloniales d'Afrique subsaharienne, où elle structurait les relations sociales sans avoir été nécessairement codifiée par écrit. Des concepts similaires existent sous diverses appellations : botho en sotho, hunhu en shona, utu en swahili[3]. Ces notions témoignent d'une conception ontologique commune selon laquelle la personne humaine ne peut se réaliser qu'au sein de la communauté.

Le philosophe kényan John Mbiti a popularisé la formule « Je suis parce que nous sommes ; et puisque nous sommes, donc je suis »[4], qui synthétise cette vision relationnelle de l'existence. En langues nguni, le proverbe umuntu ngumuntu ngabantu — « une personne est une personne par d'autres personnes » — exprime la même idée[5].

L'archevêque Desmond Tutu, figure majeure de la lutte contre l'apartheid, a contribué à diffuser ubuntu sur la scène internationale. Pour lui, ubuntu désigne « l'essence de ce qu'est être humain », affirmant que « ma propre humanité est inextricablement liée à la vôtre »[6]. Nelson Mandela a également mobilisé cette notion dans sa pratique politique, notamment lors de la mise en place de la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud post-apartheid[7].

Dimensions philosophiques

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Conception de la personne

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Ubuntu propose une théorie de la personne (personhood) qui s'écarte des conceptions cartésiennes et libérales. Alors que Descartes fonde l'identité sur la pensée individuelle (« je pense, donc je suis »), ubuntu affirme : « Je suis parce que nous sommes »[8]. La personne ne préexiste pas à ses relations ; elle se constitue à travers elles.

Cette conception relationnelle a suscité des débats intenses parmi les philosophes africains. Ifeanyi Menkiti défend une position que l'on peut qualifier de « communautarienne forte », selon laquelle la personnalité (personhood) s'acquiert progressivement par l'incorporation aux normes communautaires[9]. À l'opposé, Kwame Gyekye défend un « communautarisme modéré » qui reconnaît une autonomie individuelle irréductible[10].

Le philosophe sud-africain Thaddeus Metz a proposé une interprétation systématique d'ubuntu comme théorie morale. Selon lui, une action est moralement bonne dans la mesure où elle favorise des relations d'identification mutuelle et de solidarité entre les personnes[11]. Cette formulation cherche à éviter les écueils d'un collectivisme qui nierait les droits individuels tout en préservant la dimension essentiellement relationnelle d'ubuntu.

Harmonie et solidarité

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Ubuntu valorise l'harmonie sociale (social harmony) comme bien suprême. Tutu affirme : « L'harmonie, l'amitié, la communauté sont de grands biens. L'harmonie sociale est pour nous le summum bonum — le bien suprême »[12]. Cela ne signifie pas l'absence de conflits, mais la recherche permanente de leur résolution par le dialogue et la réconciliation plutôt que par la coercition ou l'exclusion.

La solidarité constitue l'autre pilier d'ubuntu. Elle se manifeste dans des pratiques telles que le letsema (entraide agricole collective) chez les peuples sotho-tswana, ou l'hospitalité inconditionnelle envers l'étranger, largement attestée dans les sociétés africaines précoloniales[13].

Critiques et limites

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Si ubuntu a acquis une légitimité considérable, notamment dans les discours sur la justice transitionnelle et le développement, plusieurs critiques méritent attention.

Tensions avec les droits individuels

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Certains auteurs soulignent les tensions potentielles entre l'éthique communautaire d'ubuntu et la protection des droits individuels. Dans quelle mesure une philosophie qui valorise la conformité aux normes du groupe peut-elle protéger les dissidents, les minorités ou ceux qui transgressent les conventions sociales ?[14] Le risque existe que ubuntu légitime des formes d'oppression au nom de l'harmonie communautaire — notamment à l'égard des femmes ou des personnes LGBTQ+[15].

La question se pose avec acuité dans les débats sur le mariage, la sexualité ou l'héritage. Les tribunaux sud-africains ont dû arbitrer des conflits entre le droit coutumier (souvent justifié par référence à ubuntu) et les droits constitutionnels[16].

Romantisation et instrumentalisation

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Ubuntu fait parfois l'objet d'une romantisation qui en masque les ambiguïtés historiques. Comme l'observe le philosophe nigérian Polycarp Ikuenobe, les sociétés africaines précoloniales n'étaient pas exemptes de hiérarchies, d'inégalités et de violences[17]. Présenter ubuntu comme une éthique parfaitement égalitaire relève d'une idéalisation qui sert parfois des agendas politiques contemporains.

L'invocation d'ubuntu par les élites politiques et économiques africaines soulève aussi des questions. Lorsque des dirigeants corrompus ou autoritaires mobilisent la rhétorique d'ubuntu pour légitimer leur pouvoir, le concept perd sa substance critique. Comme le note Achille Mbembe, les discours sur les « valeurs africaines » ont souvent servi à masquer l'exercice brutal du pouvoir dans l'Afrique postcoloniale[18].

Universalité et contextualité

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Un débat persiste sur le caractère universel ou spécifiquement africain d'ubuntu. Pour certains, comme Mogobe Ramose, ubuntu exprime une ontologie proprement africaine, irréductible aux catégories occidentales[19]. D'autres, comme Kwasi Wiredu, considèrent que les valeurs d'ubuntu peuvent être reformulées en termes philosophiques universels[20].

Cette question n'est pas seulement théorique. Elle engage la possibilité d'un dialogue interculturel authentique et la légitimité d'ubuntu comme ressource pour penser des problèmes globaux — éthique environnementale, intelligence artificielle, justice économique internationale[21].

Applications contemporaines

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Justice transitionnelle

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L'application la plus célèbre d'ubuntu concerne la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) sud-africaine (1995-1998). Présidée par Desmond Tutu, cette instance visait à favoriser la réconciliation nationale après l'apartheid en offrant l'amnistie aux auteurs de crimes politiques qui confessaient publiquement leurs actes[22].

La CVR s'inspirait explicitement d'ubuntu, privilégiant la restauration des relations sociales sur la punition rétributive. Cette approche a suscité des controverses : certains y ont vu une voie novatrice vers la paix sociale ; d'autres ont dénoncé une forme d'impunité pour les bourreaux et une violence symbolique envers les victimes[23].

Éthique environnementale

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Certains philosophes africains mobilisent ubuntu pour penser les rapports entre humains et nature. Selon cette lecture, la communauté morale ne se limite pas aux êtres humains mais s'étend à l'ensemble du vivant, voire au cosmos dans son ensemble[24][25].

Cette extension soulève des questions philosophiques complexes. Si ubuntu repose sur la réciprocité et la reconnaissance mutuelle, peut-on véritablement l'appliquer aux relations avec les animaux ou les écosystèmes, qui ne participent pas au « dialogue » de la même manière que les humains ?[26]

Développement et économie

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Ubuntu inspire des réflexions sur les modèles de développement économique en Afrique. Face aux échecs des politiques d'ajustement structurel imposées par les institutions financières internationales, certains économistes et philosophes plaident pour un développement fondé sur les valeurs communautaires africaines[27].

Le concept d'« africapitalisme », promu notamment par l'homme d'affaires nigérian Tony Elumelu, tente de concilier entreprise capitaliste et responsabilité sociale inspirée d'ubuntu. Cependant, cette tentative de réconciliation suscite le scepticisme : peut-on réellement articuler la logique d'accumulation capitaliste avec l'éthique redistributive et communautaire d'ubuntu, ou s'agit-il d'une opération idéologique visant à légitimer l'exploitation néolibérale ?[28]

Perspectives critiques marxistes

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D'un point de vue matérialiste, ubuntu pose la question de savoir dans quelle mesure cette philosophie morale reflète les conditions socio-économiques des sociétés africaines précoloniales et comment elle s'articule aux structures économiques actuelles.

Les modes de production précoloniaux en Afrique subsaharienne se caractérisaient généralement par l'absence de propriété privée de la terre, la prédominance de l'agriculture de subsistance et des formes collectives d'organisation du travail. Ubuntu pourrait être compris comme l'expression idéologique de ces rapports de production communautaires, où la survie matérielle dépendait effectivement de la coopération et de la solidarité[29].

La colonisation et l'intégration subséquente de l'Afrique dans le système capitaliste mondial ont profondément transformé ces structures sociales. L'introduction du travail salarié, de la propriété privée et de l'accumulation marchande a créé de nouvelles formes d'individualisme et de compétition incompatibles avec l'éthique communautaire traditionnelle[30].

Dans ce contexte, l'invocation d'ubuntu par les élites postcoloniales peut être analysée comme une forme de « fausse conscience » au sens marxiste : une idéologie qui masque les contradictions réelles entre un discours communautaire et des pratiques économiques fondamentalement extractives et inégalitaires. Lorsque des États africains néolibéraux célèbrent ubuntu tout en menant des politiques d'austérité et de privatisation, il y a là une contradiction manifeste qui révèle le caractère mystificateur du discours[31].

Cependant, ubuntu conserve aussi un potentiel critique et émancipateur. En tant qu'éthique de la solidarité et de la dignité partagée, elle peut servir de base philosophique pour critiquer les rapports de domination capitalistes et néocoloniaux. Plusieurs mouvements sociaux africains contemporains mobilisent ubuntu pour légitimer des luttes pour la justice sociale, l'accès aux ressources et la démocratie participative[32].

La question centrale reste celle de la matérialisation institutionnelle d'ubuntu. Comment traduire cette éthique relationnelle dans des structures économiques et politiques concrètes ? Une véritable praxis d'ubuntu exigerait sans doute une transformation des rapports de production — vers des formes de propriété collective, de démocratie économique et de redistribution égalitaire — qui remettrait en cause les fondements du capitalisme néolibéral actuellement dominant en Afrique et ailleurs.

Notes et références

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  1. Metz, Thaddeus. « Ubuntu as a Moral Theory and Human Rights in South Africa », African Human Rights Law Journal, vol. 11, n° 2, 2011, p. 532-559
  2. Ramose, Mogobe B. African Philosophy Through Ubuntu, Harare, Mond Books, 1999, p. 49-66
  3. 임biti, John S. African Religions and Philosophy, Oxford, Heinemann, 1969, p. 106-113
  4. Mbiti, John S. African Religions and Philosophy, op. cit., p. 106
  5. Tutu, Desmond. No Future Without Forgiveness, New York, Doubleday, 1999, p. 31
  6. Tutu, Desmond. No Future Without Forgiveness, op. cit., p. 34-35
  7. Mandela, Nelson. Long Walk to Freedom, Boston, Little Brown, 1994, p. 227
  8. Shutte, Augustine. Philosophy for Africa, Rondebosch, UCT Press, 1993, p. 46-50
  9. Menkiti, Ifeanyi A. « Person and Community in African Traditional Thought », dans Richard A. Wright (dir.), African Philosophy: An Introduction, Lanham, University Press of America, 1984, p. 171-181
  10. Gyekye, Kwame. Tradition and Modernity: Philosophical Reflections on the African Experience, Oxford, Oxford University Press, 1997, p. 35-76
  11. Metz, Thaddeus. « Toward an African Moral Theory », The Journal of Political Philosophy, vol. 15, n° 3, 2007, p. 321-341
  12. Tutu, Desmond. No Future Without Forgiveness, op. cit., p. 35
  13. Metz, Thaddeus et Joseph B.R. Gaie. « The African Ethic of Ubuntu/Botho: Implications for Research on Morality », Journal of Moral Education, vol. 39, n° 3, 2010, p. 273-290
  14. Matolino, Bernard. Personhood in African Philosophy, Pietermaritzburg, Cluster Publications, 2014, p. 115-148
  15. Oyowe, Oritsegbubemi Anthony. « Can a Communitarian Concept of African Personhood Be Both Relational and Gender-Neutral? », South African Journal of Philosophy, vol. 33, n° 1, 2014, p. 85-99
  16. Mokgoro, Yvonne. « Ubuntu and the Law in South Africa », Potchefstroom Electronic Law Journal, vol. 1, n° 1, 1998, p. 15-26
  17. Ikuenobe, Polycarp. Philosophical Perspectives on Communalism and Morality in African Traditions, Lanham, Lexington Books, 2006, p. 67-89
  18. Mbembe, Achille. De la postcolonie. Essai sur l'imagination politique dans l'Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2000, p. 139-167
  19. Ramose, Mogobe B. African Philosophy Through Ubuntu, op. cit., p. 49-66
  20. Wiredu, Kwasi. Cultural Universals and Particulars: An African Perspective, Bloomington, Indiana University Press, 1996, p. 157-171
  21. Metz, Thaddeus. « Ubuntu as a Moral Theory: Reply to Four Critics », South African Journal of Philosophy, vol. 26, n° 4, 2007, p. 369-387
  22. Tutu, Desmond. No Future Without Forgiveness, op. cit., p. 54-83
  23. Mamdani, Mahmood. « Amnesty or Impunity? A Preliminary Critique of the Report of the Truth and Reconciliation Commission of South Africa », Diacritics, vol. 32, n° 3-4, 2002, p. 33-59
  24. Ramose, Mogobe B. « The Philosophy of Ubuntu and Ubuntu as a Philosophy », dans P.H. Coetzee et A.P.J. Roux (dir.), Philosophy from Africa, Le Cap, Oxford University Press, 2002, p. 230-237
  25. Murove, Munyaradzi Felix (dir.). African Ethics: An Anthology of Comparative and Applied Ethics, Pietermaritzburg, University of KwaZulu-Natal Press, 2009, p. 315-331
  26. Horsthemke, Kai. « Animals and African Ethics », Journal of Animal Ethics, vol. 5, n° 1, 2015, p. 94-109
  27. Hountondji, Paulin J. (dir.). Endogenous Knowledge: Research Trails, Dakar, CODESRIA, 1997, p. 1-35
  28. Crippen, Matthew et Jonathan Schulkin. « Africapitalism, Ubuntu, and Sustainability », Journal of Business Ethics, vol. 175, n° 2, 2021, p. 387-407
  29. Rodney, Walter. How Europe Underdeveloped Africa, Londres, Bogle-L'Ouverture Publications, 1972, p. 33-64
  30. Amin, Samir. Le développement inégal. Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique, Paris, Minuit, 1973, p. 21-49
  31. Mamdani, Mahmood. Citoyen et sujet. L'Afrique contemporaine et l'héritage du colonialisme tardif, Paris, Karthala, 2004, p. 286-317
  32. Mamdani, Mahmood. « Ubuntu in South Africa and Beyond: The Challenge of Political Relevance », dans James Ogude (dir.), Ubuntu and Personhood, Trenton, Africa World Press, 2018, p. 95-112
  • Crippen, Matthew et Jonathan Schulkin. « Africapitalism, Ubuntu, and Sustainability », Journal of Business Ethics, vol. 175, n° 2, 2021, p. 387-407
  • Gyekye, Kwame. Tradition and Modernity: Philosophical Reflections on the African Experience, Oxford, Oxford University Press, 1997
  • Hountondji, Paulin J. (dir.). Endogenous Knowledge: Research Trails, Dakar, CODESRIA, 1997
  • Ikuenobe, Polycarp. Philosophical Perspectives on Communalism and Morality in African Traditions, Lanham, Lexington Books, 2006
  • Mamdani, Mahmood. Citoyen et sujet. L'Afrique contemporaine et l'héritage du colonialisme tardif, Paris, Karthala, 2004
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  • Matolino, Bernard. Personhood in African Philosophy, Pietermaritzburg, Cluster Publications, 2014
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  • Wiredu, Kwasi. Cultural Universals and Particulars: An African Perspective, Bloomington, Indiana University Press, 1996

Liens externes

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  • African Ethics sur Stanford Encyclopedia of Philosophy
  • Ubuntu sur Internet Encyclopedia of Philosophy