Essai pour un modèle de psychisme objectif/des mots à recadrer
Avertissement: Du fait de la dramatique banalité des aggressions et viols, je précise que le cas d'école présenté ici découle d'une aggrégation d'expériences particulières et concernant des enfants.
Cette précision m'a semblé indispensable tant la problématique des viols subis par des femmes adultes diffère par les mécanismes psychiques morbides impliqués. Des relecteurs m'ont demandé de compléter par un commentaire, comment le modèle situe le viol d'une personne adulte. Ce crime fait l'objet de nombreuses publications et des progrès indéniables en matière de définition juridique, de répression judiciaire. Ces combats n'ont pas encore réduit les effets de nos sociétés historiquement responsables du statut fait aux femmes depuis des siècles. Aujourd'hui la prise en charge des victimes de viol est énoncée clairement. La prévention, l'information, la condamnation, les soins d'urgence et les soins et traitement du syndrome post-traumatique, sont largement normés, alors que les moyens humains et matériels sont toujours insuffisants. Tous les praticiens connaissent ces nouveaux réflexes et la mobilisation est heureusement générale. Les médecins ont en principe intégré en particulier les notions de filières et systèmes qui mobilisent les autorités judiciaires, d'aide sociale à côté de cellules d'assitance d'urgence et de leur propre implication.
La différence essentielle par rapport au cas présenté touchant des enfants tient pour eux à une dislocation ontogénique qui, par définition, ne touche pas un adulte. Par ailleurs les mécanismes du silence, de sa durée, et donc des parasitages et remaniements mémoriels sont décuplés chez l'enfant, ce qui, dans un exposé des processus de réparation, donne lieu à un développement total du modèle. Enfin l'absence de référentiel sexuel chez l'enfant le soumet sans défense à un délabrement de son système de récompense, alors que l'adulte dispose d'une expérience et donc de références qui pourront servir d'appui pour la réparation.
Le cas de viol d'adultes nécessitera la constitution d'une combinaison particulièrement adaptée pour la prise en charge de son syndrome post-traumatique.
Le qualificatif "initié" est très critiquable, au sens où le violeur présente surtout la toxicité d'un comportement découlant de sa propre malformation psychique. Nous savons qu'il s'agit généralement des conséquences de situation d'agressions subies, ou de mimétisme inculqué par l'exemple comme d'avoir été "polué" par la pornographie. Toutefois j'y vois l'utilité d'inciter à ce que l'éducation sexuelle induise une appropriation de son sexe par l'enfant afin qu'il ne se trouve pas sans expérience personnelle face à un "initiateur" prétentieux et dominateur. Là se pose la place que l'on fait à la masturbation dans l'éducation sexuelle.
Soulignons qu'en cas d'agression d'emblée violente, la sidération est le principal obstacle à la dénonciation, alors qu'en cas d'agression plus organisée c'est la perversion du circuit dopamino sérotoninergique qui est aussi impliquée.
Le mot récompense est consacré à l’état neurochimique essentiellement marqué par une activité dopaminergique du paléencéphale. Ce paléencéphale qui, dans la phylogénie représente la première structure complexe des systèmes nerveux centraux du règne animal, est le site ordonnateur des comportements fondamentaux et du processus vital: l’alimentation, la sexualité, le système d’alerte. De nombreux apports sur son fonctionnement viennent avec l’exploration neurochimique moderne confirmer les résultats connus. Ainsi l’addiction aux drogues rentre dans ce cadre, en trompant l’équilibre naturel des neuromédiateurs et en générant le phénomène de manque déclenchant l’addiction.