Aller au contenu

Extension : Observatoire des politiques d'Érudition ouverte, 2021-2024/Introduction

Un livre de Wikilivres.
Brittany Amell, avec Tanja Niemann, Lynne Siemens, et Ray Siemens

Le contenu de ce volume s’appuie sur Observations préliminaires : Observatoire des politiques d'Érudition ouverte, 2017-2020/Introduction. Cet article reflète les dernières années (2021-2024) de travail sur l’Observatoire des politiques de l’érudition ouverte (Open Scholarship Policy Observatory, OSPO) - un centre d’informations et de ressources liées à tous les aspects de l’érudition ouverte qui comprend une collection de politiques documentées ainsi qu’une analyse de politiques.Depuis sa création en 2017, l’OSPO a été coordonné par l’Institut canadien du savoir social (Canadian Social Knowledge Institute, C-SKI), basé dans le Laboratoire des cultures textuelles électroniques (Electronic Textual Cultures Lab, ETCL) de l’Université de Victoria, en tant qu’initiative du Pôle politique du Partenariat Implementing New Knowledge Environments (INKE), de 2020 à ce jour, co-facilité par Tanja Niemann (Érudit) et Lynne Siemens (UVic). L’OSPO suit et reflète les développements politiques liés à l’érudition ouverte au Canada et au-delà, en analysant les changements politiques et leur pertinence pour les chercheurs, les professionnels de l’information, les bibliothécaires, les professeurs et les décideurs politiques. L’OSPO a été créé en reconnaissance de l’élaboration d’un nombre croissant de politiques et de mandats en matière de libre accès, ainsi que de la confusion qui règne quant aux différentes voies vers le libre accès et à l’approche la plus efficace (Milligan et al. 2019).

Bien que la politique fasse partie d’un ensemble de domaines, de disciplines et de groupes d’acteurs interdépendants, notre travail se concentre sur le rôle de la politique dans l’écosystème de la communication savante. Les articles de ce deuxième volume représentent une quantité importante de travail et de discussions, avec 31 publications réparties sur quatre ans.

L'un des thèmes importants qui ressort de ces travaux est l’interconnexion des rôles que jouent les institutions, l’infrastructure et les politiques dans le mouvement de l’érudition ouverte. Plusieurs articles (Winter 2022 ; Winter 2023 ; Winter et Kern 2023) examinent le rôle primordial que jouent les déclarations de l’érudition ouverte pour faire avancer le mouvement de l’érudition ouverte en développant une compréhension commune et un soutien institutionnel dans le monde entier.

L’importance de l’infrastructure, en particulier de l’infrastructure ouverte gérée par la communauté, est un autre thème important qui revient régulièrement (Amell 2024 ; Winter 2022 ; Winter 2022). Winter (2022), par exemple, souligne le rapport « Designing a Preparedness Model for the Future of Open Scholarship » publié par Invest in Open Infrastructure. Ce rapport utilise un modèle de préparation aux catastrophes et aux situations d’urgence pour mettre en évidence les risques qui pèsent sur les infrastructures universitaires à court et à long terme. Le rapport souligne la nécessité d’une infrastructure ouverte gérée et exploitée par la communauté afin de préserver les priorités de la communauté universitaire, qui sont souvent mises à l’écart par des systèmes commerciaux. Certaines infrastructures risquant de s’effondrer en raison du manque de financement, le rapport affirme qu’il est de plus en plus urgent de garantir la portabilité des contenus et l’interopérabilité des systèmes. Parmi les principaux défis à relever figurent « l’individualisme institutionnel », le temps nécessaire au développement de solutions open source par rapport aux solutions commerciales, et les problèmes persistants liés au personnel et à l’entretien.

Comme le souligne Amell (2024), l’accès aux infrastructures ouvertes joue un rôle clé dans la capacité des chercheurs situés dans les pays à faible revenu à rendre leurs travaux librement accessibles (Else 2024). Souvent, l’objectif de cette infrastructure est de rendre à la communauté le contrôle de la publication et de la diffusion, explique Kathleen Fitzpatrick dans une allocution intitulée « Infrastructures ouvertes pour l’avenir de la production de connaissances » prononcée devant les participants à la réunion Implementing New Knowledge Environments 2024 à Montréal.

Enfin, le volume se termine par trois articles qui examinent l’érudition ouverte et l’édition savante ouverte parmi une vague d’outils d’intelligence artificielle générative. Amell (2024) décrit le travail déjà en cours dans le développement de politiques qui répondent à l’IA générative, y compris la première législation sur l’intelligence artificielle (IA) au monde (en provenance de l’Union européenne) et les efforts au Canada pour introduire la loi de 2022 sur la mise en œuvre de la Charte du numérique. Amell (2024) souligne que les préoccupations fréquemment soulevées et abordées par les différentes politiques ont tendance à se rapporter à la responsabilité, à la paternité, à la transparence, à la divulgation de l’utilisation, à la responsabilité, à l’exactitude, à la partialité, à la sécurité, à la confidentialité et à la protection de la vie privée, ainsi qu’au droit d’auteur et à la propriété intellectuelle, qui reviennent constamment dans ces énoncés, politiques et lignes directrices. Les préoccupations liées aux recommandations formulées par l’Association des bibliothèques de recherche du Canada (2023) sont moins présentes. Elles portent notamment sur les incidences sociales et environnementales plus larges associées à l’utilisation de l’IA, ainsi que sur la question de savoir qui a accès aux outils d’IA générative et qui n’y a pas accès (que ce soit pour des raisons financières ou autres). Dans « L’IA générative et l’édition savante », Amell (2024) attire l’attention sur les nouvelles du DOAJ concernant une augmentation record du nombre d’articles rétractés (plus de 10 000 en 2023, selon Shen et Ball 2024).

Amell (2024) termine par une provocation, en demandant quelles leçons et perspectives clés existantes du mouvement, du discours, de la recherche et de la littérature sur l’accès libre pourraient être appliquées au paysage en évolution de l’IA générative. Amell (2024) note qu’un des exemples pourrait être les principes TRUST pour la gestion et l’intendance des données (Wilkinson et al. 2016 ; voir aussi Winter 2020). Conçus à l’origine comme un moyen de soutenir la réutilisation des données universitaires en veillant à ce qu’elles soient trouvables, accessibles, interopérables et réutilisables, les principes TRUST ont été réinterprétés pour s’appliquer aux logiciels, aux flux de travail, aux outils, aux algorithmes et, de plus en plus, aux modèles d’IA (Huerta et al. 2023).

Les observations présentées dans ce volume ont été rédigées par Caroline Winter, Talya Jesperson, Maggie Sardino, JT Kern et Brittany Amell. Tanja Niemann et Lynne Siemens ont apporté leur expertise et leur leadership dans le domaine politique, tandis que Alyssa Arbuckle et Ray Siemens ont joué le rôle d’éditeurs superviseurs, initiant la conception de la recherche de tous les membres du partenariat INKE. Les réviseurs et autres contributeurs aux travaux publiés ici sont Janneke Adema, Juan Pablo Alperin, Virginia Barbour, Jonathan Bengtson, Lise Brin, Bernardo Bueno, Julia Bullard, Leslie Chan, Ian Duncan, Matthew Greenhall, Caitlin Horrall, Inba Kehoe, Shahira Khair, Irina Kuchma, Vincent Larivière, Natalie MacDonald, Shawn Martin, Aaron Mauro, John Maxwell, Gabriel Miller, Jeff Moon, Samuel Moore, Émile Paquin, Jefferson Pooley, Rebecca Ross, Kathleen Shearer, Kate Shuttleworth, John Simpson, Michael Eberle Sinatra, Kevin Stranack, Donald Taylor, Mike Taylor, Simon Van Ballen, Martha Whitehead, John Willinsky et Annie Wolfe. Tim Sobie a dirigé le développement technique et la production. La traduction en français de cette introduction et des observations de l’OSPO a été réalisée par Olga Ziminova.

Pour en savoir plus sur le volume précédent, « Observations fondamentales : Observatoire des politiques sur les savoirs ouverts, 2017-2020/Introduction », cliquez ici.

Ouvrages cités

[modifier | modifier le wikicode]
Note : Les documents référencés dans ce volume et dans la collection précédente ne sont pas explicitement mentionnés dans la liste des ouvrages cités, mais sont disponibles via des liens dans le texte ci-dessus.
  • « C-27 (44-1): An Act to Enact the Consumer Privacy Protection Act, the Personal Information and Data Protection Tribunal Act and the Artificial Intelligence and Data Act and to Make Consequential and Related Amendments to Other Acts ». Parlement du Canada. Consulté le 30 octobre 2024. https://www.parl.ca/legisinfo/en/bill/44-1/c-27.
  • Fitzpatrick, Kathleen. 2024. « Open Infrastructures for the Future of Knowledge Production ». Discours d'ouverture présenté lors du rassemblement annuel de la Implementing New Knowledge Environments Partnership, Montréal, Canada, 17 juin. https://doi.org/10.25547/6GG1-7B37.
  • Goudarzi, Saman, Katrina Pugh, Vanessa Rhinesmith, Heather Staines, et Kaitlin Thaney. 2021. « Designing a Preparedness Model for the Future of Open Scholarship ». Zenodo. https://doi.org/10.5281/zenodo.5218968.
  • Huerta, E. A., Ben Blaiszik, L. Catherine Brinson, Kristofer E. Bouchard, Daniel Diaz, Caterina Doglioni, Javier M. Duarte, et al. 2023. « FAIR for AI: An Interdisciplinary and International Community Building Perspective ». Scientific Data 10 (1): 487. https://doi.org/10.1038/s41597-023-02298-6.
  • Milligan, Sarah, Kimberly Silk, Alyssa Arbuckle, et Ray Siemens. 2019. « The Initial Impact of the Open Scholarship Policy Observatory ». KULA: Knowledge Creation, Dissemination, and Preservation Studies 3 (février): 16. https://doi.org/10.5334/kula.43
  • Wilkinson, Mark D., Michel Dumontier, IJsbrand Jan Aalbersberg, Gabrielle Appleton, Myles Axton, Arie Baak, Niklas Blomberg, et al. 2016. « The FAIR Guiding Principles for Scientific Data Management and Stewardship ». Scientific Data 3 (1): 160018. https://doi.org/10.1038/sdata.2016.18.