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Latin/Vocabulaire/Verba Latina frequentissima/001-025

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et · sum · qui · in · is · non · hic · ut · cum · si · ad · quis · ille · dico · a, ab · sed · e, ex · suus · ego · tu · omnis · ipse · res · aut · facio

(coni.) : et, aussi

Exempla gradatim digesta

  1. Puer et puella ludunt. (Le garçon et la fille jouent.)
  2. Senatus et populus de pace consultaverunt. (Le sénat et le peuple délibérèrent sur la paix.)
  3. Et legere et scribere didicit, quod paucis tum contigit. (Il apprit à la fois à lire et à écrire, ce qui échut alors à peu de gens.) Nota : et... et = « à la fois... et », « aussi bien... que ».

Exempla elocutionis

  • Et pater et mater et filii et servi fugerunt. (Le père, et la mère, et les fils, et les esclaves s’enfuirent.)
    Commentaire : la polysyndète, c’est-à-dire la répétition de et devant chaque membre, ralentit l’énoncé et fait peser chaque terme ; l’accumulation peut ainsi prendre une valeur pathétique.
  • Veni et vidi et vici. (Je vins, et je vis, et je vainquis.) (d’après César)
    Commentaire : ici et relie trois propositions, là où César écrivit sans liaison : veni, vidi, vici. La coordination répétée étire le temps et donne du poids à chaque étape, au rebours de l’asyndète qui précipite. À comparer avec atque, qui peut marquer une liaison plus appuyée, et avec l’enclitique -que, qui unit étroitement deux termes solidaires, comme dans senatus populusque. Choisir entre et, atque, -que et l’absence de liaison est déjà un fait de style.

sum, esse, fui (v.) : être

Exempla gradatim digesta

  1. Roma magna urbs est. (Rome est une grande ville.)
  2. Heri domi non fui. (Hier, je n’étais pas chez moi.)
  3. Est sapientis nihil temere affirmare. (Il appartient au sage de ne rien affirmer à la légère.) Nota : est + génitif = « c’est le propre de ».

Exempla elocutionis

  • Est in Sicilia fons aquae dulcis. (Il y a en Sicile une source d’eau douce.)
    Commentaire : est en tête de phrase n’est pas ici une simple copule, mais un verbe d’existence, avec le sens de « il y a ». C’est une ouverture fréquente dans la description, en prose comme en poésie.
  • Omnia praeclara rara. (Tout ce qui est remarquable est rare.) (Cicéron)
    Commentaire : l’ellipse de la copule donne le ton de la maxime ; trois mots pleins, aucun mot de liaison, et l’écho sonore praeclara / rara scelle la formule.

qui, quae, quod (pron. rel.) : qui, que

Exempla gradatim digesta

  1. Video puerum qui currit. (Je vois l’enfant qui court.)
  2. Quae dixisti, vera sunt. (Ce que tu as dit est vrai.)
  3. Misit legatos qui pacem peterent. (Il envoya des ambassadeurs pour demander la paix.) Nota : relative finale au subjonctif.

Exempla elocutionis

  • Quae cum ita sint, perge quo coepisti. (Puisqu’il en est ainsi, poursuis dans la voie où tu t’es engagé.) (d’après Cicéron)
    Commentaire : le relatif de liaison en tête de phrase est une articulation typique de la prose oratoire ; il rattache la phrase à ce qui précède sans employer une conjonction autonome.
  • Urbem quam statuo vestra est. (La ville que je fonde est à vous.) (Virgile)
    Commentaire : l’antécédent est attiré dans la relative : urbem, attendu comme sujet de est, prend le cas de quam. Le tour est poétique et solennel, bien accordé à la parole d’une reine.

(praep. + abl. / acc.) : dans, en ; vers

Exempla gradatim digesta

  1. In horto sumus. (Nous sommes dans le jardin.)
  2. In Italiam profectus est. (Il partit pour l’Italie.)
  3. In eo erat ut urbs caperetur. (On en était au point que la ville allait être prise.) Nota : in eo esse ut + subjonctif = « en être au point de », « être près de ».

Exempla elocutionis

  • In foro, in curia, in templis timor erat. (Au forum, à la curie, dans les temples régnait la peur.)
    Commentaire : l’anaphore de la préposition scande l’espace et suggère que la peur a gagné tous les lieux publics ; le procédé convient à l’amplification oratoire.
  • In nova fert animus mutatas dicere formas corpora. (Mon esprit me porte à dire les formes changées en corps nouveaux.) (Ovide)
    Commentaire : nova est séparé de corpora par presque tout le vers ; cette disjonction poétique fait attendre le nom et met en relief le programme même des Métamorphoses.

is, ea, id (pron.) : ce, celui-ci ; lui, elle

Exempla gradatim digesta

  1. Puer venit; is meus amicus est. (Un garçon est venu ; celui-ci est mon ami.)
  2. Eius verba memoria teneo. (Je garde ses paroles en mémoire.)
  3. Ea est hominum natura ut libertatem cupiant. (Telle est la nature des hommes qu’ils désirent la liberté.) Nota : is... ut peut introduire une consécutive.

Exempla elocutionis

  • Misit nuntium; is celeriter rediit. (Il envoya un messager ; celui-ci revint rapidement.)
    Commentaire : is sert ici de reprise anaphorique neutre : il renvoie simplement au nom précédent, sans l’insistance de hic ni l’éloignement de ille.
  • Sibi imperare didicit, id quod difficillimum est. (Il apprit à se commander à lui-même, ce qui est très difficile.)
    Commentaire : id quod reprend et évalue l’idée qui précède ; le tour convient bien à la prose morale et philosophique, lorsqu’il s’agit de souligner un paradoxe.

(adv.) : ne... pas

Exempla gradatim digesta

  1. Non timeo. (Je n’ai pas peur.)
  2. Non omnes eadem amant. (Tous n’aiment pas les mêmes choses.)
  3. Non is sum qui mortis periculo terrear. (Je ne suis pas homme à être effrayé par le danger de mort.) Nota : non is qui + subjonctif.

Exempla elocutionis

  • Non ignoro quid dicas. (Je n’ignore pas ce que tu veux dire.)
    Commentaire : litote : la négation du contraire affirme plus fortement que l’affirmation directe. La formule peut être polie, ironique ou simplement prudente selon le contexte.
  • Non vi sed consilio res gesta est. (C’est par la réflexion, non par la force, que l’affaire fut menée.)
    Commentaire : non porte sur le seul mot vi et prépare l’antithèse ; la négation partielle met en relief le terme corrigé, ici consilio.

hic, haec, hoc (pron.) : ce, celui-ci

Exempla gradatim digesta

  1. Hic puer meus filius est. (Ce garçon est mon fils.)
  2. Hae litterae mihi gratissimae fuerunt. (Cette lettre m’a été très agréable.)
  3. Hoc unum scio: me nihil scire. (Je ne sais qu’une chose : que je ne sais rien.) Nota : proposition infinitive en apposition.

Exempla elocutionis

  • Hic, hic est quem quaeritis. (Le voici, le voici, celui que vous cherchez.)
    Commentaire : la gémination du démonstratif donne à l’énoncé une valeur fortement déictique ; l’écrit conserve comme la trace d’un geste.
  • Hic ratione, ille cupiditate regitur. (Celui-ci est gouverné par la raison, celui-là par la passion.)
    Commentaire : le couple hic... ille oppose deux figures : l’une proche du regard ou du raisonnement, l’autre tenue à distance. Il forme une armature commode pour la comparaison morale.

(coni. et adv.) : pour que ; comme ; de sorte que ; comment

Exempla gradatim digesta

  1. Ut vales? (Comment vas-tu ?)
  2. Edimus ut vivamus, non vivimus ut edamus. (Nous mangeons pour vivre, nous ne vivons pas pour manger.)
  3. Tanta tempestas fuit ut naves portum petere cogerentur. (La tempête fut si forte que les navires furent contraints de gagner le port.) Nota : consécutive.

Exempla elocutionis

  • Ut sementem feceris, ita metes. (Tu récolteras selon ce que tu auras semé.) (proverbe cité par Cicéron)
    Commentaire : le parallélisme ut... ita donne à la maxime sa netteté proverbiale ; l’image agricole rend la leçon morale immédiatement sensible.
  • Ut saepe fortuna hominibus illudit! (Comme la fortune se joue souvent des hommes !)
    Commentaire : ut exclamatif ouvre une réflexion pathétique sur le sort ; le tour convient à la plainte, à la consolation ou à la méditation morale.

(praep. + abl. ; coni.) : avec ; quand, puisque

Exempla gradatim digesta

  1. Cum patre ambulo. (Je me promène avec mon père.)
  2. Cum taces, consentire videris. (Quand tu te tais, tu sembles consentir.)
  3. Cum Romam venissem, ad te statim scripsi. (Comme j’étais arrivé à Rome, je t’ai aussitôt écrit.) Nota : cum historique + subjonctif plus-que-parfait.

Exempla elocutionis

  • Iam nox erat, cum subito clamor oritur. (La nuit était déjà tombée, quand soudain un cri s’élève.)
    Commentaire : c’est le cum dit inversum : la subordonnée porte le fait principal. Avec le présent historique, le procédé donne au récit la vivacité de la surprise.
  • Cum tacent, clamant. (Leur silence est un cri.) (Cicéron)
    Commentaire : paradoxe condensé en deux verbes antithétiques ; la brièveté fait la force de la formule.

(coni.) : si

Exempla gradatim digesta

  1. Si pluit, domi maneo. (S’il pleut, je reste à la maison.)
  2. Si hoc feceris, te laudabo. (Si tu le fais, je te louerai.) Nota : futur antérieur dans la condition.
  3. Si scirem, dicerem. (Si je le savais, je le dirais.) Nota : irréel du présent, au subjonctif imparfait.

Exempla elocutionis

  • Si dives es, time; si pauper, spera. (Si tu es riche, crains ; si tu es pauvre, espère.)
    Commentaire : parallélisme antithétique avec ellipse de es dans le second membre ; la structure binaire convient au style sentencieux.
  • O si illos dies revocare possem! (Ah ! si je pouvais rappeler ces jours-là !)
    Commentaire : o si + subjonctif exprime le regret irréalisable ; le tour est lyrique et élégiaque, entre le souhait et la plainte.

(praep. + acc.) : vers, à, auprès de

Exempla gradatim digesta

  1. Ad scholam eo. (Je vais à l’école.)
  2. Legati ad Caesarem venerunt. (Des ambassadeurs vinrent auprès de César.)
  3. Nulla aetas ad discendum sera est. (Aucun âge n’est trop tardif pour apprendre.) Nota : ad + gérondif.

Exempla elocutionis

  • Ad pacem petendam legati missi sunt. (Des ambassadeurs furent envoyés pour demander la paix.)
    Commentaire : ad + adjectif verbal exprime régulièrement le but ; le tour convient particulièrement à une prose officielle, administrative ou militaire.
  • Ad unum omnes perierunt. (Tous périrent jusqu’au dernier.)
    Commentaire : ad unum est une formule expressive de totalité ; le décompte aboutit à l’unité, ce qui rend la destruction plus concrète.

quis, quid (pron. interr. et indéf.) : qui ? quoi ? quelqu’un, quelque chose

Exempla gradatim digesta

  1. Quis es? (Qui es-tu ?)
  2. Quid de hac re sentis? (Que penses-tu de cette affaire ?)
  3. Nescio quis venerit. (Je ne sais pas qui est venu.) Nota : interrogation indirecte au subjonctif.

Exempla elocutionis

  • Quis hoc credat? quis ferat? quis non doleat? (Qui le croirait ? qui le supporterait ? qui n’en souffrirait pas ?)
    Commentaire : triple interrogation rhétorique en anaphore ; l’orateur ne cherche pas une réponse, il transforme la question en accusation.
  • Si quis hoc neget, erret. (Si quelqu’un le niait, il se tromperait.)
    Commentaire : après si, quis vaut souvent aliquis ; c’est un tour fréquent dans la prose logique et philosophique, qui envisage une objection pour l’écarter.

ille, illa, illud (pron.) : ce, celui-là

Exempla gradatim digesta

  1. Ille senex sapiens est. (Ce vieillard est sage.)
  2. Illo tempore Roma parva erat. (En ce temps-là, Rome était petite.)
  3. Ille ipse Cicero, quo nemo eloquentior fuit, errare potuit. (Cicéron lui-même, le plus éloquent de tous, a pu se tromper.) Nota : ablatif de comparaison.

Exempla elocutionis

  • Alexander ille Magnus. (Le fameux Alexandre le Grand.)
    Commentaire : ille postposé au nom propre peut signifier « le célèbre » ; le démonstratif de l’éloignement devient alors démonstratif de la gloire.
  • At ille, nihil respondens, abiit. (Mais lui, sans rien répondre, s’en alla.)
    Commentaire : at ille relance le récit en changeant de personnage ; c’est une cheville narrative utile dans le dialogue rapporté.

dico, dicere, dixi, dictum (v.) : dire

Exempla gradatim digesta

  1. Quid dicis? (Que dis-tu ?)
  2. Pauca de pace dixit. (Il dit quelques mots sur la paix.)
  3. Dicitur Homerus caecus fuisse. (On dit qu’Homère était aveugle.) Nota : construction personnelle du passif + infinitif.

Exempla elocutionis

  • Est haec, ut ita dicam, servitus voluntaria. (C’est là, pour ainsi dire, une servitude volontaire.)
    Commentaire : ut ita dicam sert à excuser une expression nouvelle, hardie ou approximative ; c’est une précaution fréquente dans la prose argumentative.
  • Dictum factum. (Aussitôt dit, aussitôt fait.)
    Commentaire : la juxtaposition asyndétique de deux participes mime la rapidité qu’elle énonce. Le tour relève du style proverbial et familier.

(praep. + abl.) : de, depuis ; par

Exempla gradatim digesta

  1. A patre laudor. (Je suis loué par mon père.)
  2. Ab urbe condita annos numerabant Romani. (Les Romains comptaient les années depuis la fondation de la ville.)
  3. Non ab re erit haec commemorare. (Il ne sera pas hors de propos de rappeler cela.) Nota : locution ab re = « hors de propos ».

Exempla elocutionis

  • Ab amicis, non ab hostibus, deceptus est. (C’est par ses amis, non par ses ennemis, qu’il fut trompé.)
    Commentaire : l’antithèse des agents, soulignée par la reprise de ab, fait porter tout le poids sur amicis, placé en tête ; le scandale est dans l’ordre des mots.
  • Ab ovo usque ad mala. (De l’œuf jusqu’aux fruits.) (Horace)
    Commentaire : métonymie du banquet romain, depuis l’entrée jusqu’au dessert, pour dire « du début à la fin » ; l’expression concrète et familière est mise au service de la critique littéraire.

(coni.) : mais

Exempla gradatim digesta

  1. Non hodie sed cras veniam. (Je viendrai non aujourd’hui, mais demain.)
  2. Pauper erat, sed honeste vivebat. (Il était pauvre, mais il vivait honnêtement.)
  3. Non solum fortis sed etiam prudens fuit. (Il fut non seulement courageux, mais encore avisé.) Nota : non solum... sed etiam.

Exempla elocutionis

  • Difficile est; sed temptandum. (C’est difficile ; mais il faut essayer.)
    Commentaire : après la concession, sed introduit la résolution ; l’ellipse de est rend la formule plus abrupte.
  • Non scholae sed vitae discimus. (Nous apprenons non pour l’école, mais pour la vie.)
    Commentaire : formule moderne qui inverse le mot de Sénèque, non vitae sed scholae discimus. L’exemple montre que le déplacement des deux datifs suffit à changer entièrement la portée de la maxime.

(praep. + abl.) : hors de, de

Exempla gradatim digesta

  1. Ex schola venio. (Je viens de l’école.)
  2. Unus ex amicis meis aegrotat. (Un de mes amis est malade.)
  3. Ex eo intellegi potest quanta sit vis consuetudinis. (On peut comprendre par là combien est grande la force de l’habitude.) Nota : interrogative indirecte.

Exempla elocutionis

  • Ex parvis saepe magnae res nascuntur. (De petits commencements naissent souvent de grandes choses.)
    Commentaire : l’ordre croissant parvis / magnae dessine le mouvement même de la croissance ; la phrase fait presque ce qu’elle dit.
  • Ex vita discedo tamquam ex hospitio, non tamquam e domo. (Je quitte la vie comme une auberge, non comme une maison.) (Cicéron)
    Commentaire : comparaison double ; la reprise de ex structure l’image, et l’opposition entre l’auberge et la maison condense toute une philosophie du détachement.

suus, sua, suum (pron. poss.) : son, sa, leur (réfléchi)

Exempla gradatim digesta

  1. Puella suam matrem amat. (La jeune fille aime sa propre mère.)
  2. Milites sua sponte pugnam inierunt. (Les soldats engagèrent le combat de leur propre initiative.)
  3. Suum cuique tribuere iustitia est. (Rendre à chacun le sien, voilà la justice.) Nota : suum cuique, formule juridique.

Exempla elocutionis

  • Sua cuique sunt vitia. (Chacun a ses défauts.)
    Commentaire : le possessif en tête, joint à cuique, donne au tour une valeur distributive et gnomique ; c’est l’ordre des mots de la sentence, non de la conversation ordinaire.
  • Inter suos mortuus est. (Il est mort parmi les siens.)
    Commentaire : sui, substantivé, désigne les proches, la famille ou le groupe d’appartenance ; c’est une substantivation affective, sobre et pudique, fréquente dans le style funéraire.

(pron.) : je, moi

Exempla gradatim digesta

  1. Ego sum magister. (Moi, je suis le maître.)
  2. Mihi crede: ego te non fallam. (Crois-moi : moi, je ne te tromperai pas.)
  3. Ego vero, quamquam fessus sum, laborare pergam. (Quant à moi, bien que je sois fatigué, je continuerai à travailler.) Nota : ego vero marque l’insistance ou la prise de position personnelle.

Exempla elocutionis

  • Ego suscepi, ego gessi, ego confeci. (C’est moi qui ai entrepris, moi qui ai mené, moi qui ai achevé.)
    Commentaire : le pronom sujet, normalement omis, est ici exprimé et martelé en anaphore ; la phrase prend ainsi une valeur de revendication oratoire.
  • Non ego hoc dixi. (Ce n’est pas moi qui ai dit cela.)
    Commentaire : la simple présence de ego suffit à créer le relief, puisque le latin peut se passer du pronom sujet. Exprimer le pronom, c’est déjà accentuer la personne.

(pron.) : tu, toi

Exempla gradatim digesta

  1. Tu es amicus meus. (Tu es mon ami.)
  2. Tibi, non aliis, hoc dico. (C’est à toi, non aux autres, que je dis cela.)
  3. Te duce, nihil timemus. (Sous ta conduite, nous ne craignons rien.) Nota : ablatif absolu sans participe.

Exempla elocutionis

  • Tu, tu hoc fecisti! (C’est toi, oui toi, qui as fait cela !)
    Commentaire : gémination du pronom sujet dans une apostrophe accusatrice ; la répétition mime le geste de l’orateur qui désigne le coupable.
  • Tu, si me amas, cras veni. (Toi, si tu m’aimes, viens demain.)
    Commentaire : si me amas appartient à la langue familière et épistolaire ; l’expression équivaut souvent à une prière pressante.

omnis, omne (adi.) : tout, chaque

Exempla gradatim digesta

  1. Omnes pueri ludunt. (Tous les enfants jouent.)
  2. Omnia mea mecum porto. (Je porte avec moi tout ce qui est à moi.) (mot attribué à Bias, cité par Cicéron)
  3. Omnium rerum principia parva sunt. (Les commencements de toutes choses sont petits.) (Cicéron)

Exempla elocutionis

  • Omnia perdidit: domum, amicos, famam. (Il a tout perdu : sa maison, ses amis, sa réputation.)
    Commentaire : omnia annonce l’ensemble, puis l’asyndète en donne le détail ; le passage du général à l’énumération sèche convient à la déploration.
  • Non omnia possumus omnes. (Nous ne pouvons pas tous tout faire.) (Virgile)
    Commentaire : le polyptote omnia / omnes joue sur deux formes du même adjectif-pronom ; la modestie du sens est renforcée par la densité de la formule.

ipse, ipsa, ipsum (pron.) : même, en personne

Exempla gradatim digesta

  1. Ipse hoc feci. (Je l’ai fait moi-même.)
  2. Consul ipse in forum venit. (Le consul en personne vint au forum.)
  3. Mors ipsa nihil mali habet, si animus immortalis est. (La mort elle-même n’a rien de mauvais, si l’âme est immortelle.) Nota : nihil + génitif partitif.

Exempla elocutionis

  • Ipse dixit. (Le maître l’a dit.) (Cicéron, à propos des pythagoriciens)
    Commentaire : ipse, employé absolument, désigne le maître qu’il n’est même plus besoin de nommer ; Cicéron cite la formule pour railler l’argument d’autorité.
  • Res ipsa loquitur. (La chose parle d’elle-même.)
    Commentaire : formule juridique moderne en latin ; ipse supprime tout intermédiaire entre le fait et son interprétation.

res, rei (subst. f.) : chose, affaire, fait

Exempla gradatim digesta

  1. Haec res facilis est. (Cette affaire est facile.)
  2. Rem bene gessit. (Il a bien mené l’affaire.)
  3. In rerum natura nihil sine causa fit. (Dans la nature, rien ne se produit sans cause.) Nota : rerum natura = « la nature ».

Exempla elocutionis

  • Rem tene, verba sequentur. (Tiens la chose, les mots suivront.) (formule attribuée à Caton)
    Commentaire : antithèse fondatrice res / verba, le fond et les mots ; l’impératif tene, suivi du futur sequentur, donne à la formule une rudesse pratique.
  • Quanta rerum vicissitudo! (Quel retournement des choses !)
    Commentaire : res au pluriel peut désigner le cours des événements ou l’état du monde ; l’exclamation nominale, sans verbe, a la brièveté d’un soupir d’historien moraliste.

(coni.) : ou, ou bien

Exempla gradatim digesta

  1. Veni aut hodie aut cras. (Viens aujourd’hui ou demain.)
  2. Aut verum dic aut tace. (Dis la vérité ou tais-toi.)
  3. Aut prodesse volunt aut delectare poetae. (Les poètes veulent être utiles ou plaire.) (Horace)

Exempla elocutionis

  • Aut vincendum est aut moriendum. (Il faut vaincre ou mourir.)
    Commentaire : alternative fermée, sans troisième voie ; le rythme binaire donne à l’ultimatum sa forme lapidaire.
  • Aut bibat aut abeat. (Qu’il boive ou qu’il s’en aille.) (règle de banquet citée par Cicéron)
    Commentaire : deux subjonctifs jussifs, bibat et abeat, forment une règle brève et plaisante ; le tour appartient au registre enjoué du banquet.

facio, facere, feci, factum (v.) : faire

Exempla gradatim digesta

  1. Hoc bene fecisti. (Tu as bien fait cela.)
  2. Iter per montes fecimus. (Nous avons fait route à travers les montagnes.)
  3. Non possum facere quin te admoneam. (Je ne peux pas m’empêcher de t’avertir.) Nota : non possum facere quin + subjonctif.

Exempla elocutionis

  • Quod factum est, infectum fieri non potest. (Ce qui est fait ne peut être défait.)
    Commentaire : le jeu factum / infectum / fieri enferme la pensée dans l’irréversible ; la forme même de la phrase renforce la maxime.
  • Sapientiam magni facio, divitias parvi. (Je fais grand cas de la sagesse, peu de cas des richesses.)
    Commentaire : facere + génitif de prix ou d’estime ; les deux génitifs antithétiques, magni et parvi, suffisent, sans répétition du verbe. L’économie produit la symétrie.