Aller au contenu

Latin/Vocabulaire/Verba Latina frequentissima/051-075

Un livre de Wikilivres.


iam · quam · autem · de · noster · meus · tuus · venio · tantus · nullus · locus · manus · bellum · causa · pars · urbs · capio · populus · idem · corpus · vita · modus · nomen · miles · mors

(adv.) : déjà, désormais

Exempla gradatim digesta

  1. Iam venio! (J’arrive !)
  2. Iam diu te exspecto. (Je t’attends depuis longtemps.) Nota : iam diu + présent.
  3. Non iam spes ulla salutis erat. (Il n’y avait plus aucun espoir de salut.) Nota : non iam = « ne... plus ».

Exempla elocutionis

  • Iamque vale! (Et maintenant, adieu !) (Virgile)
    Commentaire : iamque marque l’instant du basculement ; dans la bouche de l’ombre de Créuse, l’adverbe temporel porte tout le pathétique de la séparation définitive.
  • Hostes iam iamque aderunt. (Les ennemis vont arriver d’un instant à l’autre.)
    Commentaire : gémination iam iamque = l’imminence haletante ; la répétition mime les regards jetés vers l’horizon.

(adv. / coni.) : que, combien ; que (comparaison)

Exempla gradatim digesta

  1. Quam pulchra est rosa! (Que la rose est belle !)
  2. Doctior est quam frater. (Il est plus savant que son frère.)
  3. Quam quisque norit artem, in hac se exerceat. (Que chacun s’exerce dans l’art qu’il connaît.) (Cicéron) Nota : attraction de l’antécédent.

Exempla elocutionis

  • Quam multa, quam paucis! (Que de choses, en combien peu de mots !)
    Commentaire : double exclamation antithétique, elle-même réduite à quatre mots ; l’éloge de la brevitas qui s’applique à lui-même.
  • Quam primum veni! (Viens au plus tôt !)
    Commentaire : quam + superlatif = le degré maximal possible ; tour usuel mais expressif de l’urgence épistolaire.

(coni.) : or, mais, quant à

Exempla gradatim digesta

  1. Ego maneo, tu autem abis. (Moi je reste, toi en revanche tu pars.)
  2. Corpus mortale est, animus autem immortalis. (Le corps est mortel, l’âme en revanche est immortelle.)
  3. Quod autem ad amicitiam pertinet, postea dicam. (Quant à ce qui concerne l’amitié, j’en parlerai plus tard.) Nota : quod ad... pertinet.

Exempla elocutionis

  • Quid autem est mors? (Mais qu’est-ce donc que la mort ?)
    Commentaire : autem introduit la question dialectique, le tournant de l’examen ; c’est la particule du dialogue philosophique, qui relance sans opposer brutalement.
  • Hoc autem ipsum, quod dico, difficile est dictu. (Mais cela même que je dis est difficile à dire.)
    Commentaire : autem de la reprise réflexive ; la prose philosophique revient sur ses propres mots, et le supin dictu fait écho à dico.

(praep. + abl.) : au sujet de ; du haut de, de

Exempla gradatim digesta

  1. De monte descendimus. (Nous descendons de la montagne.)
  2. De pace agitur. (Il est question de la paix.) Nota : agitur de, impersonnel.
  3. De summa rerum senatus decrevit. (Le sénat statua sur la situation générale.) Nota : summa rerum = « l’ensemble des affaires ».

Exempla elocutionis

  • De amicitia, de senectute, de officiis Cicero scripsit. (Cicéron a écrit sur l’amitié, la vieillesse, les devoirs.)
    Commentaire : de + ablatif, formule des titres de traités, calque du grec peri ; toute une bibliothèque philosophique tient dans cette préposition.
  • De nihilo nihil fit. (Rien ne naît de rien.) (d’après Lucrèce)
    Commentaire : polyptote nihilo / nihil aux deux pôles de la phrase ; l’axiome épicurien frappé comme une monnaie, la forme close disant la clôture de l’être.

noster, nostra, nostrum (pron. poss.) : notre

Exempla gradatim digesta

  1. Noster canis latrat. (Notre chien aboie.)
  2. Nostri maiores rem publicam sapienter constituerunt. (Nos ancêtres ont organisé la république avec sagesse.)
  3. Nostra interest hoc quam primum scire. (Il est de notre intérêt de le savoir au plus tôt.) Nota : interest + nostra.

Exempla elocutionis

  • Plato noster haec docet. (Notre cher Platon enseigne ceci.)
    Commentaire : possessif d’affection et d’appartenance d’école (« notre Platon » = celui que nous lisons et aimons) ; tour fréquent chez Cicéron et Sénèque.
  • Nostri acriter restiterunt. (Les nôtres résistèrent avec acharnement.) (d’après César)
    Commentaire : nostri substantivé, langue du communiqué militaire ; le possessif enrôle le lecteur dans le camp romain sans même le nommer.

meus, mea, meum (pron. poss.) : mon, ma

Exempla gradatim digesta

  1. Mea soror cantat. (Ma sœur chante.)
  2. Mea quidem sententia, erras. (À mon avis du moins, tu te trompes.)
  3. Meum est officium te monere, tuum parere. (Mon devoir est de t’avertir, le tien d’obéir.)

Exempla elocutionis

  • Mi fili! (Mon fils !)
    Commentaire : vocatif mi, forme propre à l’adresse affectueuse ; un seul phonème de différence avec meus, mais tout un registre de tendresse.
  • Mea mihi conscientia pluris est quam omnium sermo. (Ma conscience compte plus pour moi que les propos de tous.) (Cicéron)
    Commentaire : redoublement mea mihi en tête ; le possessif et le datif concentrent la phrase sur l’intériorité, contre la rumeur (sermo) rejetée à la fin.

tuus, tua, tuum (pron. poss.) : ton, ta

Exempla gradatim digesta

  1. Tuus liber in mensa iacet. (Ton livre est posé sur la table.)
  2. Tua sponte hoc fecisti. (Tu as fait cela de ton propre gré.)
  3. Non tuum est de hac re iudicare. (Ce n’est pas à toi de juger de cette affaire.)

Exempla elocutionis

  • Vale. Tuus Marcus. (Porte-toi bien. Ton Marcus.)
    Commentaire : formule de clôture épistolaire ; le possessif seul, sans verbe, dit le lien. Degré zéro et degré intime de la syntaxe.
  • Quae tua est humanitas, ignosces. (Avec la bonté qui est la tienne, tu pardonneras.)
    Commentaire : relative incise de courtoisie, tournure cicéronienne par excellence ; on enrobe la requête dans l’éloge anticipé.

venio, venire, veni, ventum (v.) : venir

Exempla gradatim digesta

  1. Amici veniunt. (Les amis viennent.)
  2. Mihi in mentem venit veteris amicitiae. (Le souvenir de notre vieille amitié me revient à l’esprit.) Nota : venit in mentem + génitif.
  3. Ventum est ad summum montis. (On parvint au sommet de la montagne.) Nota : passif impersonnel.

Exempla elocutionis

  • Veni, vidi, vici. (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu.) (César)
    Commentaire : asyndète, allitération, isocolie, trois parfaits de même structure ; la vitesse du style égale la vitesse de la campagne. Sommet du laconisme latin.
  • Venit summa dies. (Il est venu, le jour suprême.) (Virgile)
    Commentaire : verbe en tête, position rare et donc dramatique : l’événement surgit avant son sujet ; l’adjectif summa achève le vers funèbre de Troie.

tantus, tanta, tantum (adi.) : si grand

Exempla gradatim digesta

  1. Tanta turba in foro est! (Il y a une si grande foule au forum !)
  2. Tanta vis tempestatis fuit ut naves delerentur. (La violence de la tempête fut telle que les navires furent détruits.)
  3. Tantae molis erat Romanam condere gentem. (Tant il était laborieux de fonder la nation romaine.) (Virgile) Nota : génitif de qualité.

Exempla elocutionis

  • Tantum religio potuit suadere malorum. (Tant la superstition a pu conseiller de crimes.) (Lucrèce)
    Commentaire : le génitif partitif malorum est rejeté à l’extrême fin du vers : la disjonction tantum... malorum suspend le jugement jusqu’au mot le plus noir. Vers-réquisitoire célèbre.
  • Tanto melior! (À la bonne heure ! / Bravo !)
    Commentaire : ablatif de mesure exclamatif, registre parlé ; la langue familière abrège là où la langue écrite construirait.

nullus, nulla, nullum (adi.) : aucun, nul

Exempla gradatim digesta

  1. Nullus discipulus abest. (Aucun élève n’est absent.)
  2. Nullo modo hoc fieri potest. (Cela ne peut se faire d’aucune manière.)
  3. Nulla dies sine linea. (Pas un jour sans une ligne.) (adage, d’après l’anecdote d’Apelle chez Pline l’Ancien)

Exempla elocutionis

  • Nullius addictus iurare in verba magistri. (Tenu de jurer sur les mots d’aucun maître.) (Horace)
    Commentaire : nullius en tête, disjoint de magistri par tout le vers ; la déclaration d’indépendance philosophique commence par le mot de la négation d’appartenance.
  • Nullus sum! (Je suis perdu !) (Plaute)
    Commentaire : hyperbole comique : « je ne suis plus personne » = « c’en est fait de moi » ; nullus prédicat d’un sujet personnel, audace de la langue parlée.

locus, loci (subst. m.) : lieu, place

Exempla gradatim digesta

  1. Hic locus pulcher est. (Ce lieu est beau.)
  2. Loco cedere turpe est militi. (Reculer est honteux pour un soldat.) Nota : loco cedere = « quitter sa position ».
  3. Preces apud eum locum non habuerunt. (Les prières n’eurent aucun effet sur lui.) Nota : locum habere = « avoir prise ».

Exempla elocutionis

  • Hi sunt loci communes oratorum. (Ce sont là les lieux communs des orateurs.)
    Commentaire : locus, terme technique de la rhétorique (réservoir d’arguments) ; le sens spatial passé en métaphore institutionnalisée, jusqu’à notre « lieu commun ».
  • Est locus, Hesperiam Grai cognomine dicunt. (Il est un lieu, les Grecs le nomment Hespérie.) (Virgile)
    Commentaire : est locus, formule d’ouverture de l’ecphrasis épique ; le récit s’arrête, la géographie commence. Module narratif hérité d’Homère.

manus, manus (subst. f.) : main ; troupe

Exempla gradatim digesta

  1. Manus lavo. (Je me lave les mains.)
  2. Parva manus militum urbem defendit. (Une petite troupe de soldats défendit la ville.) Nota : manus = « troupe ».
  3. Hostes victi manus dederunt. (Les ennemis vaincus se rendirent.) Nota : manus dare = « se rendre ».

Exempla elocutionis

  • Manus manum lavat. (Une main lave l’autre.) (Sénèque, Pétrone)
    Commentaire : polyptote proverbial ; la réciprocité intéressée dite par la grammaire de la réflexivité. Registre populaire assumé.
  • Res in manibus est. (L’affaire est en cours. / L’affaire nous occupe.)
    Commentaire : métaphore de la proximité immédiate : ce qu’on a « dans les mains » est ce qu’on traite ; idiome de la prose d’affaires et des lettres.

bellum, belli (subst. n.) : guerre

Exempla gradatim digesta

  1. Bellum malum est. (La guerre est un mal.)
  2. Bello confecto, milites domum redierunt. (La guerre achevée, les soldats rentrèrent chez eux.) Nota : ablatif absolu.
  3. Bellum nec timendum nec provocandum est. (Il ne faut ni craindre la guerre ni la provoquer.) Nota : double adjectif verbal.

Exempla elocutionis

  • Bellum omnium contra omnes. (La guerre de tous contre tous.) (Hobbes)
    Commentaire : formule néo-latine (XVIIe siècle), à signaler comme telle dans un dictionnaire de philosophie ; le polyptote omnium / omnes lui donne sa frappe pseudo-antique.
  • Bella, horrida bella cerno. (Des guerres, d’horribles guerres, voilà ce que je vois.) (Virgile)
    Commentaire : gémination prophétique de bella, épithète expressive horrida ; la Sibylle parle par répétitions, le style mime la transe.

causa, causae (subst. f.) : cause, raison ; procès

Exempla gradatim digesta

  1. Causa morbi ignota est. (La cause de la maladie est inconnue.)
  2. Honoris causa venit. (Il est venu pour rendre hommage.) Nota : causa postposé + génitif.
  3. Multae sunt causae cur hoc credam. (Il y a bien des raisons pour que je le croie.) Nota : cur + subjonctif.

Exempla elocutionis

  • Et propter vitam vivendi perdere causas. (Et pour sauver sa vie, perdre les raisons de vivre.) (Juvénal)
    Commentaire : paradoxe construit sur l’opposition vitam / vivendi causas ; la satire morale atteint ici la densité d’une thèse philosophique.
  • Reus causam dixit. (L’accusé a plaidé sa cause.)
    Commentaire : causam dicere, locution technique de la langue judiciaire ; le style, c’est aussi savoir reconnaître les syntagmes figés des institutions.

pars, partis (subst. f.) : partie, côté

Exempla gradatim digesta

  1. Partem panis accipio. (Je reçois une part de pain.)
  2. Maxima pars hominum hoc credit. (La plupart des hommes le croient.)
  3. Partes boni civis agere debemus. (Nous devons jouer le rôle d’un bon citoyen.) Nota : partes agere.

Exempla elocutionis

  • Pars sanitatis velle sanari fuit. (Vouloir guérir était déjà une part de la guérison.) (Sénèque)
    Commentaire : maxime à pointe : l’infinitif sujet (velle sanari) et le parfait gnomique ; la psychologie morale condensée en sept mots.
  • Pro mea parte adiuvabo. (J’aiderai pour ma part.)
    Commentaire : formule de contribution mesurée ; la modestie codifiée de la prose de collaboration, sans figure mais non sans politesse.

urbs, urbis (subst. f.) : ville

Exempla gradatim digesta

  1. Urbs magna est Roma. (Rome est une grande ville.)
  2. Urbe capta, cives fugerunt. (La ville prise, les citoyens s’enfuirent.) Nota : ablatif absolu.
  3. Romae, in urbe omnium pulcherrima, diu vixit. (Il vécut longtemps à Rome, la plus belle des villes.) Nota : locatif + apposition.

Exempla elocutionis

  • Romanae spatium est urbis et orbis idem. (L’espace de la ville de Rome et celui du monde ne font qu’un.) (Ovide)
    Commentaire : paronomase urbis / orbis, un seul phonème d’écart pour dire l’idéologie impériale ; le calembour élevé à la dignité de doctrine.
  • In Urbem redire cupio. (Je désire rentrer à Rome.)
    Commentaire : antonomase : urbs absolu désigne Rome seule ; pour un Romain, il n’y a qu’une Ville, et l’article manquant du latin est suppléé par l’évidence.

capio, capere, cepi, captum (v.) : prendre, saisir

Exempla gradatim digesta

  1. Piscem cepi. (J’ai pris un poisson.)
  2. Consilium cepimus fugiendi. (Nous avons formé le projet de fuir.) Nota : consilium capere + génitif du gérondif.
  3. Amore captus, omnia reliquit. (Saisi par l’amour, il abandonna tout.)

Exempla elocutionis

  • Exordium captat benevolentiam iudicum. (L’exorde cherche à capter la bienveillance des juges.)
    Commentaire : capere et son fréquentatif captare ont fourni le vocabulaire technique de la rhétorique (captatio benevolentiae) ; la chasse comme métaphore du discours.
  • Nec te Troia capit. (Troie même est trop petite pour toi.) (Virgile)
    Commentaire : capere = « contenir » ; l’hyperbole héroïque loge la grandeur d’un homme dans un verbe d’espace. Litote et démesure à la fois.

populus, populi (subst. m.) : peuple

Exempla gradatim digesta

  1. Populus in foro convenit. (Le peuple se rassemble au forum.)
  2. Senatus populusque Romanus legatos misit. (Le sénat et le peuple romain envoyèrent des ambassadeurs.)
  3. Salus populi suprema lex esto. (Que le salut du peuple soit la loi suprême.) (Cicéron) Nota : esto, impératif futur.

Exempla elocutionis

  • Maiestas populi Romani laesa est. (La majesté du peuple romain a été lésée.)
    Commentaire : génitif officiel des formules d’État (populi Romani) ; style juridique, où chaque mot est pesé et aucun n’est imagé.
  • Populus me sibilat, at mihi plaudo. (Le peuple me siffle, mais moi je m’applaudis.) (Horace)
    Commentaire : antithèse de la foule et de l’individu (populus / mihi, sibilat / plaudo) ; le sage se passe du suffrage du nombre, et le balancement de la phrase oppose le jugement public à la conscience de soi.

idem, eadem, idem (pron.) : le même

Exempla gradatim digesta

  1. Eundem librum lego. (Je lis le même livre.)
  2. Eadem nocte profecti sumus. (Nous sommes partis la même nuit.)
  3. Idem velle atque idem nolle, ea demum firma amicitia est. (Vouloir et refuser les mêmes choses, voilà la solide amitié.) (Salluste)

Exempla elocutionis

  • Vultus erat semper idem. (Son visage était toujours le même.)
    Commentaire : l’identité d’humeur du sage (on le disait de Socrate) ; idem prédicat, sans image ni emphase : la constance dite par la constance du style.
  • Vir doctissimus idemque modestissimus. (Un homme très savant et tout aussi modeste.)
    Commentaire : idemque cumule les qualités en signalant que leur réunion est remarquable ; l’éloge procède par addition étonnée.

corpus, corporis (subst. n.) : corps

Exempla gradatim digesta

  1. Corpus meum fessum est. (Mon corps est fatigué.)
  2. Mens sana in corpore sano optanda est. (Il faut souhaiter un esprit sain dans un corps sain.) (d’après Juvénal)
  3. Animus corpori imperat sicut rex civibus suis. (L’âme commande au corps comme un roi à ses citoyens.) (d’après Salluste et Cicéron)

Exempla elocutionis

  • Res publica unum corpus est. (L’État est un seul corps.)
    Commentaire : métaphore organiciste, fondatrice de toute une tradition politique (l’apologue de Ménénius Agrippa) ; l’image fait la doctrine.
  • Corpora prima Lucretius ea vocat quae dividi non possunt. (Lucrèce appelle corps premiers ceux qui ne peuvent être divisés.)
    Commentaire : corpora prima, périphrase latine pour les atomes grecs ; le traducteur philosophe préfère la périphrase native à l’emprunt. Leçon de méthode pour tout lexique philosophique latin.

vita, vitae (subst. f.) : vie

Exempla gradatim digesta

  1. Vita pulchra est. (La vie est belle.)
  2. Vitam rusticam poetae laudant. (Les poètes louent la vie des champs.)
  3. Non est vivere sed valere vita est. (Vivre, ce n’est pas être en vie, c’est être en bonne santé.) (Martial)

Exempla elocutionis

  • O vita misero longa, felici brevis! (Ô vie, longue pour le malheureux, brève pour l’heureux !) (Publilius Syrus)
    Commentaire : apostrophe à la vie, double antithèse en chiasme (misero longa / felici brevis) ; la sentence dramatique faite pour être déclamée.
  • Vitam beatam vivere omnes cupiunt. (Tous désirent vivre une vie heureuse.)
    Commentaire : figure étymologique vitam vivere ; le complément interne, banal en grec, garde en latin une légère solennité. Vita beata, terme technique de l’éthique antique.

modus, modi (subst. m.) : manière, mesure

Exempla gradatim digesta

  1. Quo modo vales? (Comment te portes-tu ?)
  2. Servandus est modus in omnibus rebus. (Il faut garder la mesure en toutes choses.)
  3. Eius modi homines vitandi sunt. (Il faut éviter les hommes de cette espèce.) Nota : eius modi = « de ce genre ».

Exempla elocutionis

  • Est modus in rebus, sunt certi denique fines. (Il y a une mesure dans les choses, il y a enfin des limites précises.) (Horace)
    Commentaire : parallélisme est / sunt, et denique qui feint l’impatience ; la doctrine du juste milieu énoncée sur le ton de l’évidence excédée.
  • Modo ridet, modo flet. (Tantôt il rit, tantôt il pleure.)
    Commentaire : modo... modo, anaphore alternative (cf. nunc... nunc) ; l’instabilité d’humeur peinte par le balancement de la phrase.

nomen, nominis (subst. n.) : nom

Exempla gradatim digesta

  1. Nomen meum scribo. (J’écris mon nom.)
  2. Nomine tantum rex erat, re vera servus. (Il n’était roi que de nom ; en réalité, il était esclave.) Nota : nomine / re opposés.
  3. Nomen atque omen. (Le nom est un présage.) (Plaute)

Exempla elocutionis

  • Stat magni nominis umbra. (Il demeure, ombre d’un grand nom.) (Lucain)
    Commentaire : métaphore de l’ombre pour la grandeur survivante d’elle-même (Pompée) ; le génitif magni nominis enchâssé fait tout le vers. L’un des plus beaux raccourcis de la poésie latine.
  • Amicitiae nomine multa peccantur. (Bien des fautes se commettent au nom de l’amitié.)
    Commentaire : nomine = « sous couvert de » ; l’ablatif seul suffit à dénoncer l’écart entre le mot et la chose, thème moraliste par excellence.

miles, militis (subst. m.) : soldat

Exempla gradatim digesta

  1. Miles gladium gerit. (Le soldat porte un glaive.)
  2. Milites urbi praesidio erant. (Les soldats servaient de garnison à la ville.) Nota : double datif.
  3. Militis est parere, imperatoris providere. (Au soldat d’obéir, au général de prévoir.)

Exempla elocutionis

  • Miles Romanus laborare didicit. (Le soldat romain a appris à peiner.)
    Commentaire : singulier collectif des historiens ; miles = l’armée entière, vue comme un type. Stylisation épique de la prose historique.
  • Miles gloriosus a Plauto deridetur. (Le soldat fanfaron est raillé par Plaute.)
    Commentaire : miles gloriosus, type comique devenu titre ; l’épithète suffit à camper le personnage. Le style crée des emplois figés que la culture transmet.

mors, mortis (subst. f.) : mort

Exempla gradatim digesta

  1. Mors vitae finis est. (La mort est la fin de la vie.)
  2. Morte patris audita, domum rediit. (À la nouvelle de la mort de son père, il rentra chez lui.) Nota : ablatif absolu.
  3. Mors, ut Stoicis videtur, nec bonum nec malum est. (La mort, selon les stoïciens, n’est ni un bien ni un mal.) Nota : ut videtur incise.

Exempla elocutionis

  • Mors ultima linea rerum est. (La mort est la ligne d’arrivée des choses.) (Horace)
    Commentaire : métaphore empruntée au cirque (la ligne blanche au bout de la piste) ; l’image sportive apprivoise l’effroi. Définition par déplacement.
  • Pallida Mors aequo pulsat pede pauperum tabernas regumque turris. (La pâle Mort frappe d’un pied égal les cabanes des pauvres et les tours des rois.) (Horace)
    Commentaire : personnification, allitération en p, antithèse sociale pauperum / regum (turris, accusatif pluriel archaïque) ; l’égalité devant la mort dite par une symétrie parfaite des images.