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Manuel de terminale de philosophie/Devoir

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Introduction : Qu'est-ce que le Devoir ?

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Le concept de devoir occupe une place centrale dans la réflexion morale. Dans la vie quotidienne, nous utilisons fréquemment le verbe devoir : le médecin dit à son patient qu'il doit avoir une alimentation équilibrée, un mari promet à son épouse de lui être fidèle, un citoyen se doit de respecter les lois[1]. Mais que signifie exactement ce terme lorsqu'il s'applique à la morale ?

Le devoir désigne une obligation morale, c'est-à-dire ce que nous devons faire indépendamment de nos désirs personnels et de nos intérêts immédiats. Il s'agit d'une exigence qui s'impose à notre volonté et qui se distingue de la simple contrainte physique ou de la nécessité naturelle. Contrairement à ce qui est (le domaine des faits), le devoir exprime ce qui doit être (le domaine des normes)[2].

Le concept de devoir peut être analysé en termes de raison d'agir : dire « je dois faire telle action » signifie « j'ai une raison de faire cette action »[3]. Parmi les raisons d'agir, on distingue les raisons prudentielles (fondées sur nos désirs et intérêts personnels) et les raisons morales (qui s'imposent à nous indépendamment de nos désirs). Par exemple, si un patient mange des légumes parce qu'il désire être en bonne santé, il agit selon une raison prudentielle. En revanche, si un homme reste fidèle à sa promesse même lorsque cela ne lui procure aucun avantage, il agit selon une raison morale, par devoir.

Note importante : Les trois caractéristiques du devoir moral détaillées ci-dessous correspondent principalement à la conception kantienne du devoir et ne font pas consensus dans toutes les philosophies morales. Aristote, par exemple, n'adhère pas à l'universalité absolue puisque la vertu suppose une adaptation aux circonstances particulières.

Les caractéristiques du devoir moral (selon Kant)

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Le devoir moral possède trois caractéristiques essentielles :

  1. La catégoricité : Le devoir s'applique indépendamment de nos désirs. Contrairement aux impératifs hypothétiques (« si tu veux réussir cet examen, tu dois travailler »), le devoir moral constitue un impératif catégorique qui commande sans condition : « tu ne dois pas mentir », même si mentir pourrait te procurer un avantage[4].
  2. L'universalité : Les devoirs moraux, chez Kant, ne varient pas d'une personne à l'autre ni d'une société à l'autre. Ils s'appliquent à tous les êtres humains placés dans les mêmes circonstances, quelle que soit leur époque ou leur culture.
  3. La prépondérance : Les raisons morales fournies par nos devoirs doivent l'emporter sur nos raisons prudentielles et sur les conventions sociales. Si nous avons le devoir de sauver un enfant de la noyade, cette obligation doit primer sur notre désir de protéger nos vêtements coûteux[5].

Les principales conceptions philosophiques du devoir

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L'éthique kantienne du devoir

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Emmanuel Kant (1724-1804) propose la conception la plus influente et la plus aboutie de la morale du devoir. Pour lui, seules les actions accomplies par devoir ont une véritable valeur morale. Cette conception se distingue radicalement des morales antiques qui plaçaient le bonheur au centre de la réflexion éthique.

L'impératif catégorique

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Kant formule le principe suprême de la moralité sous la forme de l'impératif catégorique, qui se décline en trois formulations principales :

Première formulation (universalisation) : « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle »[6]. Cette formule nous invite à nous demander si la règle qui guide notre action pourrait être suivie par tous sans contradiction. Par exemple, si chacun mentait systématiquement, la confiance disparaîtrait et il deviendrait impossible de communiquer : le mensonge ne peut donc être une loi universelle[7].

Deuxième formulation (humanité comme fin) : « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen »[8]. Cette formule exprime le respect absolu dû à la dignité humaine. Chaque personne possède une valeur intrinsèque et ne peut être réduite à un simple instrument au service des fins d'autrui.

Troisième formulation (autonomie) : « Agis de telle sorte que ta volonté puisse se considérer elle-même en même temps comme légiférant universellement grâce à sa maxime »[9]. Cette formulation insiste sur l'autonomie : en obéissant à la loi morale, l'être humain obéit à une loi qu'il se donne à lui-même par sa raison.

Agir par devoir, non par inclination

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Pour Kant, il est essentiel de distinguer les actions conformes au devoir et les actions accomplies par devoir. Un marchand peut vendre honnêtement ses produits, mais s'il le fait uniquement par intérêt (pour conserver sa clientèle), son action est conforme au devoir sans avoir de valeur morale authentique. En revanche, si une personne désespérée conserve sa vie non par peur ou par désir de bonheur, mais par devoir, alors son action possède une véritable valeur morale[10].

Cette conception rigoureuse souligne que la moralité ne dépend pas des conséquences de nos actions ni de nos sentiments, mais uniquement de l'intention pure d'accomplir notre devoir. Kant écrit : « Une action accomplie par devoir tire sa valeur morale non pas du but qui doit être atteint par elle, mais de la maxime d'après laquelle elle est décidée »[11].

Le devoir et la liberté

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Paradoxalement, le devoir ne s'oppose pas à la liberté mais la réalise. Pour Kant, être libre ne signifie pas faire ce que l'on veut (cela serait l'esclavage des passions), mais agir selon la raison. En obéissant à la loi morale, l'être humain n'obéit qu'à lui-même, à sa raison, et conquiert ainsi son autonomie. Au contraire, celui qui agit selon ses penchants immédiats demeure hétéronome, soumis à des forces extérieures à sa raison[12].

Devoir et bonheur selon Kant

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Chez Kant, le devoir peut entrer en conflit avec notre bonheur empirique. La moralité exige parfois de sacrifier nos intérêts personnels. Cependant, Kant postule que dans un monde juste (que nous devons espérer même si nous ne pouvons le prouver), vertu et bonheur seraient en harmonie. Il appelle souverain bien cette union de la vertu et du bonheur[13]. Ce postulat de la raison pratique suppose l'immortalité de l'âme et l'existence de Dieu : cette harmonie n'est pas garantie dans le monde empirique mais relève d'une espérance rationnelle nécessaire à la moralité.

L'éthique aristotélicienne de la vertu

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Aristote (384-322 av. J.-C.), dans son Éthique à Nicomaque, propose une conception très différente de la morale, centrée non sur le devoir mais sur la vertu (arétè) et le bonheur (eudaimonia).

La vertu comme disposition acquise

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Pour Aristote, les vertus morales ne sont pas innées : elles s'acquièrent par l'habitude et l'exercice. « C'est en pratiquant les actions justes que nous devenons justes, les actions modérées que nous devenons modérés, les actions courageuses que nous devenons courageux »[14]. La vertu est une disposition stable (hexis) qui permet d'accomplir le bien avec plaisir et sans effort, contrairement au débutant qui doit lutter contre ses désirs.

Le juste milieu

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La vertu se définit comme un juste milieu entre deux excès. Par exemple, le courage est le juste milieu entre la lâcheté (excès de crainte) et la témérité (absence de crainte). La tempérance est le juste milieu entre l'insensibilité et l'intempérance. Ce juste milieu n'est pas une moyenne arithmétique, mais une disposition appropriée aux circonstances et à la personne. Il s'agit d'une médiété relative à nous, c'est-à-dire déterminée en tenant compte de la situation concrète et de l'individu, selon l'appréciation de l'homme prudent[15].

La prudence (phronesis)

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La vertu morale s'accompagne nécessairement d'une vertu intellectuelle appelée prudence ou sagesse pratique (phronesis). Cette faculté permet de délibérer correctement pour déterminer, dans chaque situation particulière, quelle est l'action appropriée. La prudence est « la disposition, accompagnée de règle vraie, capable d'agir dans la sphère de ce qui est bon ou mauvais pour un être humain »[16].

Le bonheur comme fin dernière

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Contrairement à Kant, Aristote ne sépare pas devoir et bonheur. Pour lui, la vie vertueuse n'est pas un sacrifice pénible mais l'accomplissement de notre nature rationnelle et sociale. L'homme vertueux trouve du plaisir à accomplir des actions vertueuses. La vertu n'est donc pas le moyen d'atteindre le bonheur : elle en est la réalisation même. « Le bien pour l'homme consiste dans une activité de l'âme en accord avec la vertu »[17]. Il convient de rappeler qu'Aristote distingue plusieurs formes de vie bonne et réserve à la theoria (contemplation philosophique) la forme la plus haute d'accomplissement.

Hegel : du devoir abstrait à l'éthicité concrète

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Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) critique la conception kantienne du devoir qu'il juge trop abstraite et formelle. Dans ses Principes de la philosophie du droit (1820), il distingue trois sphères :

Le droit abstrait : la sphère de la propriété et du contrat, où l'individu est reconnu comme personne juridique.

La moralité (Moralität) : la sphère de la conscience morale subjective, du devoir intérieur, telle que Kant l'a conçue. Pour Hegel, cette sphère reste insuffisante car elle demeure abstraite et individuelle.

L'éthicité (Sittlichkeit) : la sphère des institutions concrètes (famille, société civile, État) où le devoir se réalise effectivement. Dans l'éthicité, l'individu accomplit ses devoirs non par contrainte intérieure abstraite, mais en s'inscrivant naturellement dans les institutions qui constituent sa vie sociale[18].

Hegel ne propose pas une simple réconciliation entre devoir et inclination mais opère une Aufhebung (dépassement) dialectique : il conserve, supprime et élève la morale kantienne en intégrant l'individu dans l'universel concret des institutions.

Pour Hegel, le devoir ne s'oppose pas aux inclinations : « La disposition éthique consiste justement en ceci que l'on s'attache fermement au devoir et que l'accomplissement de celui-ci constitue l'intérêt substantiel propre, la fin essentielle et le but de l'activité ». Dans l'État rationnel, le citoyen accomplit ses devoirs non par sacrifice mais en réalisant sa propre liberté[19].

Rousseau : le citoyen et la volonté générale

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Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), dans Du Contrat social (1762), pense le devoir politique à partir de la notion de volonté générale.

Le contrat social

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Par le contrat social, chaque individu s'associe avec tous les autres en mettant « en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale »[20]. Cette aliénation totale de chacun crée un corps politique dont chaque membre est à la fois citoyen (participant au pouvoir souverain) et sujet (soumis aux lois).

La volonté générale

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La volonté générale n'est pas la somme des volontés particulières mais leur intégrale, c'est-à-dire ce qui reste lorsqu'on soustrait les intérêts particuliers contradictoires pour ne retenir que l'intérêt commun[21]. Elle vise toujours le bien commun et « est toujours droite » lorsqu'elle est correctement formée.

Le devoir du citoyen consiste à obéir aux lois qui expriment la volonté générale. Paradoxalement, cette obéissance constitue l'exercice même de sa liberté, puisqu'il obéit à des lois qu'il a lui-même contribué à établir : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »[22]. Quiconque refuse d'obéir à la volonté générale peut y être contraint par le corps politique, « ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'être libre »[23].

Le stoïcisme : le devoir cosmique

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Les philosophes stoïciens (Zénon, Épictète, Marc Aurèle) proposent une conception du devoir fondée sur l'idée d'un ordre rationnel universel. Le devoir fondamental consiste à « vivre en accord avec la nature », c'est-à-dire avec la raison divine qui gouverne le cosmos. Pour les stoïciens, cette formule implique de vivre selon la raison puisque la nature humaine est essentiellement rationnelle[24].

Ce qui dépend de nous

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Épictète distingue ce qui dépend de nous (nos jugements, nos désirs, nos volontés) et ce qui ne dépend pas de nous (notre corps, notre réputation, notre place sociale, notre destinée). Le devoir consiste à concentrer nos efforts sur ce qui dépend de nous et à accepter avec sérénité ce qui ne dépend pas de nous[25].

Les devoirs sociaux

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Marc Aurèle, empereur et philosophe stoïcien, insiste sur les devoirs sociaux qui découlent de notre nature rationnelle et sociale. Chacun doit remplir le rôle qui lui échoit dans l'ordre cosmique, qu'il soit empereur ou esclave. Bien accomplir son devoir selon les vertus de justice, de courage, de tempérance et de prudence constitue la voie vers la sagesse et le bonheur[26].

Spinoza : le conatus et l'éthique

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Baruch Spinoza (1632-1677) propose dans son Éthique une conception qui s'écarte radicalement de la morale traditionnelle du devoir.

Pour Spinoza, « chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être »[27]. Ce principe, appelé conatus, constitue l'essence même de chaque être. L'homme n'agit pas par devoir imposé de l'extérieur, mais par l'effort naturel de persévérer dans son être et d'augmenter sa puissance d'agir. Cet effort n'est pas un acte volontaire ou conscient mais exprime la nature nécessaire de chaque être.

Bien et mal, liberté et nécessité

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Pour Spinoza, les notions traditionnelles de bien et de mal, de devoir et d'obligation n'ont pas de fondement absolu. Elles traduisent simplement ce qui augmente ou diminue notre puissance d'agir. Le bien est « ce que nous savons avec certitude être un moyen de nous rapprocher de plus en plus du modèle de la nature humaine que nous nous proposons »[28].

La liberté ne consiste pas à obéir à un devoir moral transcendant, mais à comprendre la nécessité qui nous détermine et à agir selon la raison plutôt que selon les passions. Le sage spinoziste, guidé par la connaissance adéquate, reconnaît que les autres hommes libres et raisonnables augmentent sa propre puissance d'agir : la coopération rationnelle et la joie partagée constituent des conditions de l'augmentation du conatus. Spinoza ne prône donc nullement un égoïsme ignorant autrui, mais une éthique rationnelle où l'intérêt bien compris coïncide avec la vie sociale.

Hume et l'utilitarisme

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David Hume (1711-1776) conteste l'idée d'un fondement purement rationnel du devoir moral. Selon lui, la raison seule ne peut motiver l'action : ce sont nos sentiments moraux et nos passions qui nous poussent à agir. La morale repose sur des conventions sociales utilisant notre capacité de sympathie plutôt que sur des principes rationnels abstraits.

L'utilitarisme, développé par Jeremy Bentham (1748-1832) et John Stuart Mill (1806-1873), propose une éthique conséquentialiste où le devoir consiste à maximiser le bonheur du plus grand nombre. Les actes sont jugés non pour leur conformité à une règle abstraite, mais pour leurs conséquences sur le bien-être collectif[29].

Les enjeux philosophiques du devoir

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Le devoir s'oppose-t-il au bonheur ?

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Cette question traverse toute l'histoire de la philosophie morale et oppose principalement Kant à Aristote.

La position kantienne : Pour Kant, le devoir peut entrer en conflit avec notre bonheur. La moralité exige parfois de sacrifier nos intérêts personnels. Cependant, Kant postule que dans un monde juste (que nous devons espérer même si nous ne pouvons le prouver), vertu et bonheur seraient en harmonie. Il appelle souverain bien cette union de la vertu et du bonheur[30].

La position aristotélicienne : Pour Aristote, il n'y a pas d'opposition véritable entre vertu et bonheur. La vie vertueuse est elle-même la réalisation du bonheur humain. L'homme véritablement vertueux trouve du plaisir à accomplir des actions vertueuses. La vertu n'est pas un sacrifice mais un accomplissement.

Cette opposition renvoie à des conceptions différentes du bonheur. Si l'on définit le bonheur comme la satisfaction de tous nos désirs immédiats, alors il peut entrer en conflit avec le devoir. Mais si l'on conçoit le bonheur comme l'accomplissement de notre nature rationnelle, alors devoir et bonheur convergent.

Le devoir s'oppose-t-il à la liberté ?

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Cette question constitue un paradoxe apparent : comment peut-on être libre en obéissant à un devoir qui s'impose à nous ?

L'autonomie kantienne : Pour Kant, le devoir ne s'oppose pas à la liberté mais la réalise. Obéir au devoir, c'est obéir à la loi que notre propre raison nous prescrit. Cette autonomie (du grec autos, soi-même, et nomos, loi) constitue la véritable liberté, par opposition à l'hétéronomie qui consiste à être déterminé par des causes extérieures (désirs, pressions sociales, etc.)[31].

La liberté positive : On peut distinguer la liberté négative (absence de contraintes externes) et la liberté positive (capacité de se déterminer soi-même selon la raison). Le devoir moral relève de cette liberté positive. Comme l'écrit Kant : « L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »[32].

Le risque de l'aliénation : Certains philosophes (Nietzsche, par exemple) critiquent cette conception et y voient une forme d'aliénation. Obéir au devoir, ce serait renoncer à sa singularité au profit d'une loi universelle abstraite qui nie la diversité des individus et des situations.

Peut-on fonder le devoir ?

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Cette question oppose réalistes et nihilistes moraux.

Le réalisme moral : Les réalistes affirment que les devoirs moraux existent objectivement et que nous pouvons les connaître. Plusieurs fondements ont été proposés :

  • La nature humaine : nos devoirs découlent de notre nature rationnelle et sociale (Aristote)
  • La raison pure : les devoirs sont fondés sur des procédures rationnelles comme l'universalisation (Kant)
  • Les commandements divins : les devoirs sont fondés sur la volonté de Dieu (théologie morale)
  • L'intuition : nous connaissons nos devoirs de manière directe et évidente (intuitionnisme)[33]

Le nihilisme moral : Les nihilistes affirment qu'il n'existe pas de devoirs moraux objectifs. Nos croyances morales seraient le produit de processus sociaux, biologiques ou psychologiques, sans fondement rationnel véritable. Nietzsche, par exemple, explique la morale du devoir par un processus historique de « ressentiment » des faibles contre les forts[34].

Le philosophe australien John Mackie développe un argument de l'étrangeté : les devoirs moraux, tels que les conçoivent les réalistes, seraient des entités métaphysiques étranges dont l'existence est douteuse[35].

Que devons-nous faire concrètement ?

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Cette question pratique oppose différentes théories normatives :

Le déontologisme : certains devoirs sont absolus et ne dépendent pas des conséquences. Par exemple, il ne faut jamais mentir, même si les conséquences de la franchise sont catastrophiques. Kant défend cette position de manière rigoureuse[36].

Le conséquentialisme : nous devons accomplir les actions qui produisent les meilleures conséquences en termes de bien-être général. L'utilitarisme de Bentham et Mill en est l'exemple le plus célèbre. Selon cette théorie, le devoir consiste à maximiser le bonheur du plus grand nombre[37].

L'éthique des vertus : au lieu de se concentrer sur les règles à suivre, il faut développer des vertus de caractère (courage, générosité, honnêteté) et s'inspirer de modèles de personnes vertueuses. Cette approche, inspirée d'Aristote, connaît un renouveau dans la philosophie morale contemporaine[38].

Les dilemmes moraux

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Les dilemmes moraux constituent des situations où plusieurs devoirs entrent en conflit, rendant impossible leur accomplissement simultané. Par exemple, dans le roman de William Styron Le Choix de Sophie, une mère doit choisir lequel de ses deux enfants sera épargné par un officier nazi, l'autre étant condamné à mort[39].

Face aux dilemmes moraux, plusieurs positions sont possibles :

  • Nier leur existence réelle : un des devoirs apparents n'est pas un véritable devoir
  • Admettre leur existence mais établir une hiérarchie entre les devoirs
  • Reconnaître l'existence de situations tragiques où tout choix implique une faute morale

Exemples de sujets de dissertation

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Sujets sur le devoir et la liberté

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  1. Faire son devoir, est-ce renoncer à sa liberté ?
  2. Suis-je libre quand je fais mon devoir ?
  3. Le devoir s'oppose-t-il à la liberté ?
  4. L'obéissance au devoir peut-elle être un acte libre ?
  5. Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?
  6. Peut-on être libre en obéissant à un devoir ?

Sujets sur le devoir et le bonheur

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  1. Est-ce un devoir d'être heureux ?
  2. Avons-nous le devoir de faire le bonheur des autres ?
  3. Le bonheur et le devoir sont-ils compatibles ?
  4. Faire son devoir sans être heureux, est-ce possible ?
  5. La recherche du bonheur est-elle un obstacle à l'accomplissement du devoir ?
  6. Peut-on concilier bonheur et devoir ?

Sujets sur la nature du devoir

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  1. D'où vient que nous avons des devoirs ?
  2. Qu'est-ce qui fonde nos devoirs moraux ?
  3. Tous les hommes ont-ils les mêmes devoirs ?
  4. Suffit-il de faire son devoir ?
  5. La morale se résume-t-elle à faire son devoir ?
  6. Peut-on parler d'un devoir envers soi-même ?

Sujets sur le devoir et autrui

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  1. Avons-nous des devoirs envers les animaux ?
  2. Ai-je le devoir d'aimer autrui ?
  3. Le devoir de secourir autrui a-t-il des limites ?
  4. Peut-on désobéir par devoir ?
  5. Y a-t-il un devoir de mémoire ?
  6. La désobéissance à la loi peut-elle être un devoir ?

Sujets sur le devoir et la morale

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  1. Agir moralement, est-ce agir par devoir ?
  2. La notion d'obligation est-elle indispensable à la morale ?
  3. Suffit-il d'avoir bonne conscience pour être sûr d'agir moralement ?
  4. Faut-il toujours suivre sa conscience ?
  5. Les passions nous empêchent-elles de faire notre devoir ?
  6. Peut-on faire son devoir par habitude ?

Extraits de textes philosophiques à étudier

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Texte 1 : Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)

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« Il est sans doute conforme au devoir qu'un marchand ne vende pas plus cher sa marchandise à l'acheteur inexpérimenté, et, là où le commerce est important, le marchand avisé s'en garde bien en effet ; il établit au contraire un prix fixe, le même pour tout le monde, si bien qu'un enfant achète chez lui à aussi bon compte que tout autre. On est donc loyalement servi ; mais ce n'est pas à beaucoup près assez pour qu'on en croie le marchand agissant ainsi par devoir et d'après des principes de probité ; son intérêt l'exigeait ainsi ; or, nous ne pouvons pas supposer en outre qu'il ait pour les acheteurs une inclination immédiate qui le porte par affection pour eux à ne faire de différence entre eux en matière de prix. Voilà donc une action qui était accomplie, non par devoir, ni par une inclination immédiate, mais simplement dans une intention intéressée.

Au contraire, conserver sa vie est un devoir, et c'est en outre une chose pour laquelle chacun a encore une inclination immédiate. Or c'est pour cela que la sollicitude souvent inquiète que la plupart des hommes y apportent n'en est pas moins dépourvue de toute valeur intrinsèque et que leur maxime n'a aucun prix moral. Ils protègent leur vie conformément au devoir, sans doute, mais non par devoir. En revanche, que des contrariétés et un chagrin sans espoir aient enlevé à un homme tout goût de vivre, si ce malheureux, à l'âme forte, est plus indigné de son sort qu'il n'est découragé ou abattu, s'il désire la mort et cependant conserve sa vie sans l'aimer, non par inclination ni par crainte, mais par devoir, alors sa maxime a une valeur morale. »

Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), Première section, traduction V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907, pages 13-14[40].

Analyse : Ce texte distingue trois types d'actions : celles accomplies par intérêt, celles accomplies par inclination (par désir naturel), et celles accomplies par pur devoir. Seules ces dernières ont une authentique valeur morale. Le marchand honnête agit conformément au devoir, mais son honnêteté s'explique par son intérêt (conserver sa clientèle). De même, celui qui conserve sa vie par plaisir de vivre agit conformément au devoir mais par inclination. Seul celui qui conserve sa vie malgré le dégoût qu'elle lui inspire, uniquement parce qu'il reconnaît que c'est son devoir, agit véritablement par devoir et possède donc une volonté moralement bonne.

Texte 2 : Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785) - L'impératif catégorique

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« Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. [...] Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. [...]

Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. [...]

Agis de telle sorte que ta volonté puisse se considérer elle-même en même temps comme légiférant universellement grâce à sa maxime. »

Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), Deuxième section, traduction V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907, pages 63-79[41].

Analyse : Ces trois formulations de l'impératif catégorique expriment le même principe fondamental sous différents angles. La première formule (universalisation) nous invite à tester nos maximes en imaginant qu'elles deviennent des lois universelles. La deuxième formule (humanité comme fin) exprime le respect absolu dû à chaque personne humaine en raison de sa dignité. La troisième formule (autonomie) souligne que la loi morale émane de notre propre raison : en lui obéissant, nous ne nous soumettons qu'à nous-mêmes.

Texte 3 : Aristote, Éthique à Nicomaque (IVe siècle av. J.-C.)

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« La vertu est donc une disposition à agir d'une façon délibérée, consistant en une médiété relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l'homme prudent. C'est une médiété entre deux vices, l'un par excès, l'autre par défaut, et cela tient encore au fait que les vices, soit manquent, soit excèdent ce qui est requis dans les affections et dans les actions, alors que la vertu découvre et choisit le moyen. Aussi, quant à sa substance et à la définition exprimant sa quiddité, la vertu est une médiété, mais au point de vue du bien et du parfait, elle est une extrémité.

[...] Ainsi donc, la vertu morale est une disposition de l'âme capable de choix délibéré, disposition qui consiste dans une médiété par rapport à nous, laquelle est déterminée par une règle et par celle qui servirait de règle à l'homme prudent. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, Livre II, chapitre 6, 1106b36-1107a8, traduction J. Tricot, Paris, Vrin, 1959, pages 97-98[42].

Analyse : Aristote définit la vertu morale comme une disposition stable (hexis) à choisir délibérément le juste milieu entre deux extrêmes vicieux. Cette disposition n'est pas innée mais s'acquiert par l'habitude et l'exercice. La vertu requiert également la prudence (phronesis), cette sagesse pratique qui permet de déterminer, dans chaque situation particulière, où se situe le juste milieu. Contrairement à Kant, pour qui le devoir est une loi universelle et absolue, Aristote insiste sur le caractère relatif et contextuel de l'action vertueuse : le juste milieu est « relatif à nous », c'est-à-dire qu'il doit être adapté aux circonstances et à la personne.

Texte 4 : Rousseau, Du Contrat social (1762)

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« Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout.

À l'instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d'association produit un corps moral et collectif composé d'autant de membres que l'assemblée a de voix, lequel reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté. Cette personne publique qui se forme ainsi par l'union de toutes les autres prenait autrefois le nom de Cité, et prend maintenant celui de République ou de corps politique, lequel est appelé par ses membres État quand il est passif, Souverain quand il est actif, Puissance en le comparant à ses semblables. À l'égard des associés ils prennent collectivement le nom de peuple, et s'appellent en particulier Citoyens comme participants à l'autorité souveraine, et Sujets comme soumis aux lois de l'État. »

Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social (1762), Livre I, chapitre 6, Édition Garnier-Flammarion, Paris, 1966, pages 51-52[43].

Analyse : Par le contrat social, les individus s'unissent en un corps politique régi par la volonté générale. Chaque citoyen devient à la fois membre du souverain (en tant qu'il participe à la formation de la volonté générale) et sujet (en tant qu'il obéit aux lois qui expriment cette volonté). Le devoir du citoyen consiste à obéir aux lois, mais cette obéissance n'est pas une contrainte extérieure : en obéissant aux lois qu'il a lui-même contribué à établir, le citoyen obéit à sa propre volonté et demeure donc libre. Rousseau réconcilie ainsi devoir et liberté.

Texte 5 : Épictète, Manuel (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)

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« Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous. Dépendent de nous l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion, bref, toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, bref, toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres.

Les choses qui dépendent de nous sont libres par nature, rien ne peut les arrêter ni leur faire obstacle ; celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves, exposées aux empêchements et nous sont étrangères. Souviens-toi donc que, si tu tiens pour libre ce qui est naturellement serve, et pour un bien propre ce qui t'est étranger, tu vivras contrarié, chagrin, tourmenté ; tu en voudras aux dieux comme aux hommes. Si au contraire tu ne tiens pour tien que ce qui est tien véritablement, et si tu regardes comme étranger ce qui t'est effectivement étranger, jamais personne ne pourra te contraindre, personne ne te fera obstacle, tu n'adresseras de reproches à personne, tu n'accuseras personne, tu ne feras absolument rien contre ton gré, personne ne te nuira, tu n'auras pas d'ennemi : car rien de ce qui peut te nuire ne t'atteindra. »

Épictète, Manuel, § 1, traduction Pierre Hadot, dans La Citadelle intérieure. Introduction aux Pensées de Marc Aurèle, Paris, Fayard, 1992, pages 116-117[44].

Analyse : Ce texte fondamental du stoïcisme distingue ce qui dépend de notre volonté (nos jugements, nos désirs, nos choix) et ce qui n'en dépend pas (notre corps, notre richesse, notre réputation, notre destinée). Le devoir stoïcien consiste à concentrer nos efforts sur ce qui dépend de nous et à accepter avec sérénité ce qui ne dépend pas de nous. Cette attitude permet d'atteindre l'ataraxie (absence de trouble) et la liberté intérieure. Le sage stoïcien accomplit son devoir non par contrainte mais en comprenant la nécessité rationnelle qui gouverne l'univers.

Texte 6 : Hegel, Principes de la philosophie du droit (1820)

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« La disposition éthique consiste en ceci que l'individu sait que son but particulier et sa fin n'existent que comme moment de l'universel, dans la mesure où il se comporte, dans la subjectivité de sa volonté et de son sentiment, en conformité avec l'universel. La disposition éthique est ainsi la confiance (conscience qui a son fondement en la vérité), la conviction assurée que mon intérêt particulier substantiel est conservé et maintenu dans l'intérêt et la fin d'un autre (en l'occurrence de l'État en tant que tel), dans le rapport qu'il entretient avec moi en tant qu'individu. Moyennant quoi cet autre cesse immédiatement d'être pour moi un autre et, dans cette conscience, je suis libre. »

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Principes de la philosophie du droit (1820), § 147, traduction Jean-François Kervégan, Paris, PUF, 1998, page 211[45].

Analyse : Hegel critique la conception kantienne du devoir comme contrainte abstraite. Dans l'éthicité véritable, l'individu ne perçoit plus le devoir comme une obligation extérieure qui s'opposerait à ses intérêts. Au contraire, il reconnaît que son bien particulier est réalisé dans et par les institutions éthiques (famille, société civile, État). La disposition éthique est donc une confiance et une identification spontanée aux institutions, où devoir et inclination se réconcilient.

La notion de devoir constitue l'un des concepts centraux de la philosophie morale. Loin d'être univoque, elle a reçu des interprétations diverses selon les époques et les auteurs. La conception kantienne du devoir comme impératif catégorique, fondé sur la raison pure et exigeant l'universalisation de nos maximes, a profondément marqué la pensée moderne. Elle s'oppose à l'éthique aristotélicienne des vertus, qui intègre le devoir dans une réflexion plus large sur l'accomplissement humain et le bonheur.

Les questions essentielles demeurent ouvertes : le devoir s'oppose-t-il nécessairement au bonheur et à la liberté, ou peut-il se réconcilier avec eux ? Peut-on fonder rationnellement nos devoirs moraux, ou ne sont-ils que le produit de processus sociaux et psychologiques ? Comment résoudre les dilemmes moraux où plusieurs devoirs entrent en conflit ?

Ces interrogations ne relèvent pas seulement de la spéculation théorique. Elles engagent notre existence concrète : quelle vie voulons-nous mener ? Comment déterminer ce que nous devons faire dans telle situation particulière ? Quelle place accorder au devoir moral dans une époque marquée par l'individualisme et le relativisme des valeurs ?

La réflexion philosophique sur le devoir nous invite à prendre au sérieux l'exigence morale, à exercer notre raison pratique et à assumer notre responsabilité. Comme l'écrit Kant, « deux choses remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi »[46].

Pour aller plus loin

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Œuvres philosophiques

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  • Emmanuel KANT, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), traduction Victor Delbos, Paris, Vrin
  • Emmanuel KANT, Critique de la raison pratique (1788), traduction François Picavet, Paris, PUF
  • ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, traduction Jules Tricot, Paris, Vrin
  • Jean-Jacques ROUSSEAU, Du Contrat social (1762), édition Garnier-Flammarion
  • G. W. F. HEGEL, Principes de la philosophie du droit (1820), traduction Jean-François Kervégan, Paris, PUF
  • ÉPICTÈTE, Manuel, traduction Pierre Hadot
  • SPINOZA, Éthique (1677), traduction Bernard Pautrat, Paris, Seuil
  • David HUME, Enquête sur les principes de la morale (1751), traduction André Lalande, Paris, Vrin
  • John Stuart MILL, L'Utilitarisme (1861), traduction Georges Tanesse, Paris, Flammarion

Études contemporaines

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  • William David ROSS, The Right and the Good (1930), Oxford University Press
  • Elizabeth ANSCOMBE, « La philosophie morale moderne » (1958), trad. fr., Klesis, 2008
  • John L. MACKIE, Ethics: Inventing Right and Wrong (1977), Penguin
  • Derek PARFIT, On What Matters (2011), Oxford University Press
  1. Maxime Kristanek, « Devoir (GP) », L'Encyclopédie philosophique, [1], consulté en 2025
  2. Henry Sidgwick, The Methods of Ethics, seventh edition, London, Macmillan and co., 1907, p. 46
  3. Charles Larmore, « La connaissance morale », dans R. Ogien (dir.), Le réalisme moral, PUF, Paris, 1999, p. 392
  4. Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, Trad. fr. V. Delbos, Librairie Delagrave, 1785/1981, p. 125
  5. R. M. Hare, Penser en Morale, Entre intuition et critique, trad. Bozzo-Rey, M., Cléro J-P. & Wrobel, C., Paris, Hermann, 1981/2020
  6. Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, Trad. V. Delbos, Paris, Vrin, 1785, p. 94
  7. Voir l'article « Impératif catégorique », Wikipédia, [2]
  8. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, section II
  9. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, section II
  10. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, première section, traduction V. Delbos, Delagrave, 1785/1907
  11. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, première section
  12. Voir l'article « Kant (GP) », L'Encyclopédie philosophique, [3], consulté en 2025
  13. Kant, Critique de la raison pratique, Analytique, chapitre II
  14. Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 1, 1103a-b
  15. Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 6, 1106b36-1107a2
  16. Aristote, Éthique à Nicomaque, VI, 5, 1140b4-6
  17. Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 7, 1098a16-18
  18. Voir l'article « Hegel et l'équivoque de la conscience-morale », dans Jean-François Kervégan et Gilles Marmasse (dir.), Hegel penseur du droit, CNRS Éditions, Paris, 2004, p. 131-146
  19. Hegel, Principes de la philosophie du droit, § 150
  20. Rousseau, Du Contrat social, Livre I, chapitre 6
  21. Rousseau, Du Contrat social, Livre II, chapitre 3
  22. Rousseau, Du Contrat social, Livre I, chapitre 8
  23. Rousseau, Du Contrat social, Livre I, chapitre 7
  24. Voir l'article « Stoïcisme (A) », L'Encyclopédie philosophique, [4], consulté en 2025
  25. Épictète, Manuel, § 1
  26. Marc Aurèle, Pensées pour moi-même
  27. Spinoza, Éthique, III, proposition 6
  28. Spinoza, Éthique, IV, préface
  29. John Stuart Mill, L'Utilitarisme, 1861
  30. Kant, Critique de la raison pratique, Analytique, chapitre II
  31. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, section III
  32. Rousseau reprendra cette formule, Du Contrat social, Livre I, chapitre 8
  33. William David Ross, The Right and the Good, Oxford University Press, 1930
  34. Friedrich Nietzsche, La Généalogie de la morale, Gallimard, Paris, 1887/1969
  35. John L. Mackie, Ethics: Inventing Right and Wrong, New York, Penguin, 1977
  36. Kant, « Sur un prétendu droit de mentir par humanité », 1797
  37. John Stuart Mill, L'Utilitarisme, 1861
  38. Voir l'article « Éthique de la vertu », Wikipédia, [5]
  39. Voir l'article « Paradoxe (A) », L'Encyclopédie philosophique, [6], section 4
  40. Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, trad. V. Delbos, Librairie Delagrave, 1907, réédition 1997, p. 13-14
  41. Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, trad. V. Delbos, Librairie Delagrave, 1907, réédition 1997, p. 63, 71, 79
  42. Aristote, Éthique à Nicomaque, Livre II, chapitre 6, traduction J. Tricot, Paris, Vrin, 1959, p. 97-98
  43. Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social, Livre I, chapitre 6, Édition Garnier-Flammarion, Paris, 1966, p. 51-52
  44. Épictète, Manuel, § 1, traduction Pierre Hadot, dans La Citadelle intérieure, Paris, Fayard, 1992, p. 116-117
  45. G. W. F. Hegel, Principes de la philosophie du droit, § 147, traduction J.-F. Kervégan, Paris, PUF, 1998, p. 211
  46. Emmanuel Kant, Critique de la raison pratique, Conclusion, traduction François Picavet, Paris, PUF, 1788/1965, p. 173