Manuel de terminale de philosophie/Langage
I. Qu'est-ce que le langage ?
[modifier | modifier le wikicode]La définition du langage
[modifier | modifier le wikicode]Ce qu'est le langage
[modifier | modifier le wikicode]Le langage désigne notre capacité humaine à créer et à utiliser des systèmes de signes qui nous permettent de communiquer et de nous exprimer. Mais attention : le langage n'est pas la même chose qu'une langue, ni qu'une parole. Le linguiste suisse Ferdinand de Saussure a établi une distinction importante entre ces trois notions[1]. La langue, c'est un système précis comme le français, l'anglais ou le chinois. La parole, c'est la façon dont chaque personne utilise concrètement cette langue au quotidien. Le langage, lui, c'est la faculté générale qui nous permet tout cela[2].
Saussure nous invite donc à penser à trois niveaux : le langage comme capacité universelle de l'espèce humaine, la langue comme institution sociale partagée par une communauté, et la parole comme acte individuel et unique à chaque instant.
Les propriétés essentielles du langage humain
[modifier | modifier le wikicode]Le langage humain présente plusieurs caractéristiques fondamentales qui le rendent unique. Premièrement, il repose sur des signes arbitraires et conventionnels. Cela signifie qu'il n'y a aucune raison naturelle pour qu'un arbre s'appelle « arbre » en français, « tree » en anglais ou « Baum » en allemand. Le lien entre le mot et la chose est une pure convention sociale, un accord collectif.
Deuxièmement, le langage possède une structure grammaticale qui nous donne un pouvoir créatif immense : avec un nombre limité de mots, nous pouvons former une infinité de phrases nouvelles[3]. Le linguiste Noam Chomsky a beaucoup insisté sur cette propriété : nous ne répétons pas seulement des phrases apprises, nous créons constamment de nouveaux énoncés que nous n'avons jamais entendus auparavant[4].
Enfin, le langage articule plusieurs dimensions complémentaires[5]. La dimension phonétique concerne les sons que nous produisons. La dimension morphologique touche à la formation des mots (comment on construit « refaire » à partir de « faire », par exemple). La dimension syntaxique organise les phrases selon des règles (on ne dit pas « le chien court » de la même façon qu'« court le chien »). La dimension sémantique porte sur le sens des mots et des phrases. Et la dimension pragmatique concerne l'usage du langage en contexte réel : dire « il fait froid ici » peut être une simple constatation ou une façon de demander à quelqu'un de fermer la fenêtre[6].
Cette complexité du langage explique pourquoi il est à la fois si naturel pour nous (nous l'apprenons spontanément enfants) et si sophistiqué dans son fonctionnement (il faut des années d'étude pour en comprendre tous les mécanismes).
Le langage, ce qui fait l'humanité
[modifier | modifier le wikicode]Ce que disaient les Anciens
[modifier | modifier le wikicode]Depuis l'Antiquité, les philosophes voient dans le langage la caractéristique qui sépare l'être humain des autres animaux. Aristote, dans son ouvrage la Politique, affirmait que l'homme est par nature un « animal politique » (en grec : ζῷον πολιτικόν, zoon politikon)[7]. Pourquoi ? Parce qu'il possède le λόγος (logos), un mot grec qui désigne en même temps la parole et la raison[8]. Pour Aristote, les animaux peuvent utiliser leur voix pour exprimer la souffrance ou le plaisir. Mais seul le langage humain peut exprimer des notions morales comme le juste et l'injuste, le bien et le mal. C'est cette capacité qui nous permet de vivre ensemble dans des sociétés organisées.
La vision de Rousseau : langage et liberté
[modifier | modifier le wikicode]Au XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau a développé cette idée dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes[9]. Il distingue le langage de convention, propre aux humains, des simples cris naturels qui servent seulement à exprimer des besoins immédiats[10]. Pour Rousseau, le langage humain représente une rupture avec l'instinct animal : il montre que nous ne sommes pas prisonniers de la nécessité naturelle, mais que notre esprit est libre.
Ce que la science moderne nous apprend
[modifier | modifier le wikicode]Réponse courte : Oui et non. Le langage humain est unique, mais les animaux communiquent aussi de façon parfois très élaborée.
Les animaux communiquent aussi
[modifier | modifier le wikicode]Les grands singes peuvent apprendre plusieurs centaines de mots en langue des signes. Le bonobo Kanzi comprenait plus de 1000 mots anglais. Mais ils n'arrivent jamais à construire des phrases complexes comme nous[11].
Les baleines produisent des chants très structurés qui durent trente minutes. Ces chants ont une organisation hiérarchique (des sons forment des phrases, qui forment des thèmes). Mais on ne sait pas vraiment ce qu'ils signifient[12].
Les abeilles dansent sur les rayons de la ruche pour indiquer où se trouve la nourriture. L'angle de la danse indique la direction, la durée indique la distance. C'est génial, mais limité à cette seule fonction[13].
Les singes vervets ont des cris d'alarme différents selon le prédateur : un pour le léopard, un pour l'aigle, un pour le serpent[14].
Qu'est-ce qui rend notre langage unique ?
[modifier | modifier le wikicode]On peut créer une infinité de phrases
[modifier | modifier le wikicode]Avec quelques dizaines de milliers de mots, nous créons un nombre infini de phrases nouvelles. Vous comprenez « Le chien violet a mangé un croissant cosmique sur Jupiter » même si vous ne l'avez jamais entendue. Le sens vient des mots ET de leur agencement[15].
Les animaux n'ont pas cette capacité. Leurs cris sont des signaux complets qui ne se décomposent pas.
On peut parler de ce qui n'est pas là
[modifier | modifier le wikicode]On raconte le passé, on planifie l'avenir, on décrit des lieux lointains, on imagine des mondes fictifs. Les animaux communiquent surtout sur l'ici et maintenant : un danger, de la nourriture, une émotion[16].
Tout s'apprend
[modifier | modifier le wikicode]Aucun bébé ne naît en parlant français. On apprend tout pendant l'enfance. Les cas d'enfants isolés (comme Genie, découverte à 13 ans) montrent que sans apprentissage précoce, on ne maîtrise jamais le langage[17].
Certains animaux apprennent aussi (oiseaux, baleines), mais l'apprentissage humain va bien au-delà : on acquiert un système grammatical abstrait.
Le cerveau et les gènes
[modifier | modifier le wikicode]Le gène FOXP2 : Découvert en 2001, ce gène est important pour le langage. Une mutation empêche de bien parler. La version humaine diffère de celle des singes par seulement deux changements[18].
Les aires du cerveau : L'aire de Broca (production de la parole) et l'aire de Wernicke (compréhension) sont dans l'hémisphère gauche chez 90% des gens. Les sourds qui signent ont la même organisation[19].
En conclusion
[modifier | modifier le wikicode]Le langage humain est unique par la combinaison de ses propriétés : création infinie de phrases, grammaire complexe, capacité de parler de tout et n'importe quand.
Mais les animaux ne sont pas des machines. Ils ont des systèmes de communication parfois sophistiqués. Le langage humain amplifie et combine des capacités présentes ailleurs dans le monde vivant[20].
II. Les grandes conceptions philosophiques du langage
[modifier | modifier le wikicode]Le structuralisme linguistique : Saussure et la théorie du signe
[modifier | modifier le wikicode]Ferdinand de Saussure inaugure la linguistique moderne en définissant la langue comme un système de signes. Pour lui, le signe linguistique unit un signifiant (l'image acoustique, le son) et un signifié (le concept, l'idée)[21]. Cette union est arbitraire : il n'existe aucun lien naturel entre le mot « chien » et l'animal qu'il désigne.
Plus fondamentalement, Saussure montre que dans la langue, il n'y a que des différences. Un mot ne tire pas sa valeur de son rapport direct aux choses, mais de ses relations avec les autres mots du système : « mouton » et « sheep » ont le même sens, mais pas la même valeur, puisque l'anglais distingue l'animal vivant (sheep) de sa viande (mutton)[22]. Cette conception structurale de la langue aura une influence considérable sur la philosophie du XXe siècle, notamment sur le structuralisme et la pensée de Maurice Merleau-Ponty.
La philosophie analytique : sens et référence chez Frege
[modifier | modifier le wikicode]Le philosophe et logicien allemand Gottlob Frege établit une distinction fondamentale entre le sens (Sinn) et la référence (Bedeutung) d'une expression linguistique[23]. La référence d'un nom propre est l'objet qu'il désigne dans le monde, tandis que son sens est le mode de présentation de cet objet, la manière dont nous y accédons. Ainsi, « l'étoile du matin » et « l'étoile du soir » ont la même référence (la planète Vénus) mais des sens différents.
Cette distinction permet à Frege de résoudre des problèmes logiques importants et inaugure une approche du langage centrée sur la logique et la vérité. Pour lui, la dénotation d'une phrase complète n'est pas un état de choses mais une valeur de vérité : le Vrai ou le Faux[24]. Cette conception influence profondément la philosophie analytique et la sémantique formelle contemporaine.
Les actes de langage : Austin et Searle
[modifier | modifier le wikicode]Le philosophe britannique John Langshaw Austin opère une rupture importante avec la conception traditionnelle du langage en montrant que parler n'est pas seulement décrire le monde, mais aussi agir sur lui[25]. Austin critique « l'illusion descriptive » selon laquelle toutes les phrases auraient pour fonction de décrire des états de choses et d'être vraies ou fausses. Il introduit la notion d'énoncés performatifs : dire « je promets de venir » ou « je te baptise », ce n'est pas décrire une promesse ou un baptême, c'est accomplir ces actes.
Austin distingue trois dimensions de tout acte de langage : l'acte locutoire (produire des sons dotés de sens), l'acte illocutoire (accomplir une action par la parole : promettre, ordonner, affirmer) et l'acte perlocutoire (produire un effet sur l'interlocuteur)[26]. Cette théorie sera développée par John Searle qui insiste sur le rôle des intentions et des conventions dans le fonctionnement du langage[27].
L'innéisme linguistique : Chomsky et la grammaire universelle
[modifier | modifier le wikicode]Le linguiste américain Noam Chomsky défend la thèse selon laquelle la faculté de langage est innée et biologiquement déterminée[28]. Selon lui, il existe une « grammaire universelle », ensemble de principes et de paramètres communs à toutes les langues humaines et inscrits dans notre patrimoine génétique. Cette grammaire universelle expliquerait pourquoi les enfants du monde entier acquièrent leur langue maternelle si rapidement et avec une exposition linguistique relativement pauvre.
L'argument principal de Chomsky repose sur la « pauvreté du stimulus » : les données linguistiques auxquelles les enfants sont exposés sont trop limitées et imparfaites pour qu'ils puissent en induire les règles grammaticales complexes qu'ils maîtrisent pourtant. Il faut donc supposer qu'une structure innée guide l'apprentissage[29]. Cette position innéiste s'oppose aux théories empiristes qui considèrent le langage comme le résultat d'un apprentissage par conditionnement.
La phénoménologie du langage : Merleau-Ponty et l'expression
[modifier | modifier le wikicode]Maurice Merleau-Ponty développe une approche phénoménologique du langage qui refuse de le réduire à un simple instrument de communication ou à un code de signes arbitraires[30]. Pour lui, le langage n'exprime pas des pensées préexistantes : il est le lieu même où la pensée se constitue. La parole n'est pas le « signe » de la pensée au sens où elle l'annoncerait de l'extérieur, elle est l'accomplissement même de la pensée.
S'inspirant de Saussure, Merleau-Ponty montre que le langage fonctionne de manière diacritique, par différences et écarts : les mots n'ont de sens que dans leur relation les uns aux autres[31]. Il distingue la « parole parlante », créatrice et authentique, qui ouvre de nouvelles significations, de la « parole parlée », sédimentée et constituée, qui reprend des significations déjà établies. Cette conception dynamique du langage comme expression créatrice influence profondément la philosophie française contemporaine.
Heidegger et le langage comme « maison de l'être »
[modifier | modifier le wikicode]Martin Heidegger accorde au langage une place centrale dans sa pensée de l'être. Dans la Lettre sur l'humanisme, il affirme que « le langage est la maison de l'être. Dans son abri habite l'homme »[32]. Cette formule signifie que l'être ne se donne à nous que dans et par le langage. Ce n'est pas l'homme qui parle, c'est le langage qui parle en l'homme et qui rend possible son ouverture au monde.
Pour Heidegger, la poésie occupe une place privilégiée car elle est le dire originaire qui laisse advenir l'être dans sa vérité[33]. La philosophie et la poésie ont en commun d'être à l'écoute de la « parole parlante », de ce que le langage lui-même a à dire au-delà de son usage technique et communicationnel.
III. Les enjeux philosophiques du langage
[modifier | modifier le wikicode]Langage et pensée : une relation d'interdépendance
[modifier | modifier le wikicode]Un des débats philosophiques majeurs concerne la relation entre langage et pensée. Peut-on penser sans langage ? Le langage est-il un simple instrument au service d'une pensée qui lui préexisterait, ou bien pensée et langage sont-ils indissociables ?
Hegel défend une thèse forte selon laquelle nous ne pensons que dans et par les mots : « Nous ne pouvons penser sans parole »[34]. L'ineffable, dit-il, n'est que « la pensée obscure, la pensée à l'état de fermentation », qui ne devient claire que lorsqu'elle trouve le mot qui lui correspond. La réalité n'a de sens que par la médiation du langage, et la pensée n'acquiert sa consistance qu'objectivée dans les mots.
Benveniste radicalise cette position en affirmant que « la forme linguistique est donc non seulement la condition de transmissibilité, mais d'abord la condition de réalisation de la pensée »[35]. Il n'y aurait donc pas de pensée sans langage, et l'illusion d'une pensée pure résulterait simplement de notre méconnaissance des opérations linguistiques qui la rendent possible.
À l'inverse, Bergson souligne les limites du langage face à la richesse de notre expérience vécue. Le langage fixe, généralise et spatialise, là où la conscience est mouvement, singularité et durée[36]. Les mots, toujours généraux, ne peuvent restituer l'unicité de nos états intérieurs : « combien de choses différentes on ne désigne pas par le mot « amour » ! » Cette critique bergsonienne ouvre la voie à une réflexion sur l'indicible et sur les limites de l'expression linguistique.
Le relativisme linguistique : l'hypothèse de Sapir-Whorf
[modifier | modifier le wikicode]L'hypothèse de Sapir-Whorf, formulée par les linguistes américains Edward Sapir et Benjamin Lee Whorf, soutient que la langue que nous parlons influence notre manière de penser et de percevoir le monde[37]. Dans sa version forte (déterminisme linguistique), cette hypothèse affirme que notre pensée est entièrement déterminée par les catégories de notre langue. Dans sa version faible (relativisme linguistique), elle suggère simplement que la langue exerce une influence sur notre cognition sans la déterminer complètement.
Whorf a notamment étudié la langue hopi, qui ne possède pas les mêmes catégories temporelles que les langues européennes, et en a conclu que les Hopis ne conceptualisent pas le temps de la même façon que nous. Cette thèse a suscité de nombreux débats et a été largement critiquée, mais elle a le mérite de soulever la question importante de la diversité des visions du monde liée à la diversité des langues[38].
Wilhelm von Humboldt avait déjà développé au XIXe siècle l'idée que chaque langue possède une « forme intérieure » spécifique qui façonne la pensée de ses locuteurs[39]. Pour Humboldt, la langue n'est pas un simple produit (ergon) mais une activité créatrice (energeia) qui structure notre rapport au monde. Il existe ainsi une relation dialectique entre langue et pensée : la langue donne forme à la pensée, et la pensée en retour enrichit et transforme la langue.
Langage et communication : informer ou agir ?
[modifier | modifier le wikicode]Le langage a-t-il pour fonction première de communiquer des informations, ou possède-t-il d'autres dimensions essentielles ? La théorie des actes de langage d'Austin et Searle montre que la communication ne se réduit pas à la transmission d'informations : parler, c'est aussi accomplir des actions, établir des relations sociales, exercer un pouvoir.
On peut distinguer plusieurs fonctions du langage. La fonction référentielle ou descriptive permet de représenter le monde et de transmettre des connaissances. La fonction expressive permet de manifester nos états intérieurs, nos émotions, nos désirs. La fonction conative ou impressive vise à agir sur l'interlocuteur : ordonner, demander, persuader. La fonction phatique maintient le contact et la relation avec autrui. La fonction métalinguistique permet de parler du langage lui-même[40].
Cette pluralité des fonctions du langage invite à penser la communication au-delà d'un simple modèle émetteur-récepteur. Communiquer, ce n'est pas seulement encoder et décoder des messages, c'est participer à un jeu social complexe où se nouent des relations de pouvoir, de reconnaissance, de coopération ou de conflit.
Langage et vérité : peut-on tout dire ?
[modifier | modifier le wikicode]Le rapport entre langage et vérité constitue un enjeu philosophique fondamental. Si le langage est notre moyen d'accès à la vérité, comment s'assurer qu'il ne nous trompe pas ? Peut-on exprimer toute vérité dans le langage ?
Platon, dans le Cratyle, interroge la justesse des noms et se demande si le langage peut nous donner accès à l'essence des choses[41]. Le dialogue conclut à l'échec des deux thèses extrêmes : ni le naturalisme (qui suppose un lien naturel entre les mots et les choses) ni le conventionnalisme pur ne peuvent expliquer de manière satisfaisante le pouvoir de signification du langage.
Wittgenstein, dans le Tractatus logico-philosophicus, établit que les limites de mon langage sont les limites de mon monde[42]. Ce qui peut être dit peut l'être clairement, mais ce qui ne peut être dit (l'éthique, l'esthétique, le mystique) doit être tu. La philosophie elle-même, en tant qu'elle prétend parler de ce qui dépasse le dicible, serait vouée au silence. Le langage pose ainsi sa propre limite et ouvre sur l'ineffable.
Langage et pouvoir : les dimensions politiques de la parole
[modifier | modifier le wikicode]Le langage n'est pas neutre : il est traversé par des rapports de pouvoir et peut être utilisé comme instrument de domination. Cette dimension politique du langage a été analysée par plusieurs philosophes et sociologues.
Pierre Bourdieu développe la notion de « violence symbolique » pour désigner la manière dont le langage légitime reproduit et renforce les inégalités sociales[43]. La maîtrise du langage légitime (celui de l'école, de l'administration, des institutions) confère un capital symbolique qui se traduit par des avantages sociaux. Ceux qui ne possèdent pas ce capital sont marginalisés et dominés à travers le langage lui-même.
Le langage peut aussi être utilisé pour manipuler, tromper, dissimuler la réalité. George Orwell, dans 1984, décrit la « novlangue », langue artificielle destinée à rendre impossible l'expression de la pensée critique et de la révolte[44]. Cette fiction dystopique illustre le pouvoir politique du contrôle du langage.
IV. Sujets de dissertation
[modifier | modifier le wikicode]Ces sujets permettent d'approfondir les différents aspects philosophiques du langage et d'en explorer les enjeux. Chaque sujet appelle une réflexion organisée mobilisant les conceptions des auteurs étudiés et une prise de position argumentée.
Sujets sur la spécificité du langage humain
[modifier | modifier le wikicode]- Le langage est-il le propre de l'homme ?
- Peut-on parler d'un langage animal ?
- En quoi le langage distingue-t-il l'homme de l'animal ?
- La communication animale peut-elle être qualifiée de langage ?
Sujets sur le rapport entre langage et pensée
[modifier | modifier le wikicode]- Peut-on penser sans le langage ?
- Le langage trahit-il la pensée ?
- La pensée fait-elle le langage en se faisant par le langage ?
- Les mots disent-ils les choses ou les créent-ils ?
- La diversité des langues est-elle un obstacle à l'universalité de la pensée ?
- Apprendre à parler, est-ce apprendre à penser ?
- Le langage est-il un instrument ou un obstacle à la pensée ?
Sujets sur les fonctions du langage
[modifier | modifier le wikicode]- Le langage sert-il seulement à communiquer ?
- Parler, est-ce nécessairement communiquer ?
- Le langage permet-il seulement d'exprimer la réalité ?
- Peut-on tout dire ?
- Le silence a-t-il un sens ?
- Y a-t-il nécessairement des imperfections dans le langage ?
Sujets sur la vérité et le langage
[modifier | modifier le wikicode]- Le langage est-il fait pour dire le vrai ?
- Les mots peuvent-ils nous tromper ?
- La maîtrise du langage garantit-elle la maîtrise de la pensée vraie ?
- Un philosophe peut-il se passer de langage pour exprimer la vérité ?
Sujets sur les dimensions politiques et sociales
[modifier | modifier le wikicode]- Le langage est-il un instrument de domination ?
- La maîtrise du langage donne-t-elle du pouvoir ?
- Recourir au langage, est-ce renoncer à la violence ?
- Faut-il limiter la liberté d'expression ?
V. Extraits d'œuvres à étudier
[modifier | modifier le wikicode]Ces extraits permettent d'entrer directement dans les textes des philosophes et d'analyser leurs arguments. Chaque texte doit faire l'objet d'une étude approfondie : identification de la thèse, repérage de la structure argumentative, analyse des concepts mobilisés, discussion critique.
Texte 1 : Aristote, Politique - La parole comme fondement de la cité
[modifier | modifier le wikicode]« La raison pour laquelle l'homme est un être politique, plus que n'importe quelle abeille et que n'importe quel animal grégaire, est claire. La nature, en effet, selon nous, ne fait rien en vain ; or seul parmi les animaux l'homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l'agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu'au point d'éprouver la sensation du douloureux et de l'agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l'avantageux et le nuisible, et par suite aussi le juste et l'injuste. Il n'y a en effet qu'une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l'injuste et des autres notions de ce genre. Or avoir de telles notions en commun, c'est ce qui fait une famille et une cité. »[45]
Explication : Aristote établit ici la distinction fondamentale entre la voix (phonè), commune aux animaux, et le langage (logos), propre à l'homme. La voix exprime seulement les affections sensibles (plaisir et douleur), tandis que le langage permet d'exprimer des valeurs (le juste et l'injuste, le bien et le mal). Cette capacité linguistique fonde la possibilité de la vie politique et de l'existence de la cité, car elle permet aux hommes de délibérer ensemble sur ce qui est avantageux ou nuisible pour la communauté.
Texte 2 : Rousseau, Essai sur l'origine des langues - Les premières langues furent passionnées
[modifier | modifier le wikicode]« On nous fait du langage des premiers hommes des langues de géomètres, et nous voyons que ce furent des langues de poètes. Cela dut être. On ne commença pas par raisonner, mais par sentir. On prétend que les hommes inventèrent la parole pour exprimer leurs besoins ; cette opinion me paraît insoutenable. L'effet naturel des premiers besoins fut d'écarter les hommes et non de les rapprocher. Il le fallait ainsi pour que l'espèce vînt à s'étendre et que la terre se peuplât promptement ; sans quoi le genre humain se fût entassé dans un coin du monde et tout le reste fût demeuré désert. De cela seul il suit avec évidence que l'origine des langues n'est point due aux premiers besoins des hommes ; il serait absurde que de la cause qui les écarte vînt le moyen qui les unit. D'où peut donc venir cette origine ? Des besoins moraux, des passions. Toutes les passions rapprochent les hommes que la nécessité de chercher à vivre force à se fuir. Ce n'est ni la faim, ni la soif, mais l'amour, la haine, la pitié, la colère, qui leur ont arraché les premières voix. »[46]
Explication : Rousseau s'oppose ici à la conception utilitariste et rationaliste de l'origine du langage. Pour lui, les premiers langages ne furent pas des outils pratiques destinés à satisfaire les besoins matériels (qui conduisent plutôt à l'isolement), mais des expressions passionnées destinées à rapprocher les êtres humains. Le langage naît du désir de communiquer des émotions, non des nécessités pratiques. Cette thèse implique que la dimension poétique et affective du langage est première par rapport à sa dimension utilitaire et rationnelle.
Texte 3 : Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques - Le mot donne à la pensée sa véritable existence
[modifier | modifier le wikicode]« C'est dans le nom que nous pensons. Nous avons la conscience et c'est en elle que se trouve notre être pensant, mais nous pensons à même les noms. […] C'est dans les noms que nous pensons. […] On croit bien souvent qu'il y a quelque chose de plus haut que ce qui est exprimé. Mais le mot donne aux pensées leur existence la plus haute et la plus vraie. Sans doute, on peut se passer de mots, quand on est dans un état de sentiment intérieur, de ressouvenir. Mais l'ineffable, c'est en fait la pensée obscure, en fermentation, qui ne gagne en clarté que lorsqu'elle parvient à trouver le mot. Ainsi, le mot confère à la pensée son être-là le plus digne et le plus vrai. »[47]
Explication : Hegel affirme l'unité essentielle de la pensée et du langage. Contrairement à la conception romantique qui valorise l'ineffable comme expression d'une pensée supérieure au langage, Hegel soutient que la pensée n'atteint sa clarté et sa vérité que lorsqu'elle trouve son expression linguistique. L'ineffable n'est pas une pensée sublime mais une pensée confuse et inachevée. Le mot ne traduit pas une pensée préexistante : il donne à la pensée son existence effective.
Texte 4 : Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience - Le langage fixe les sentiments
[modifier | modifier le wikicode]« Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Ainsi, jusque dans notre propre individu, l'individualité nous échappe. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles, comme en un champ clos où notre force se mesure utilement avec d'autres forces ; et fascinés par l'action, attirés par elle, pour notre plus grand bien, sur le terrain qu'elle s'est choisi, nous vivons dans une zone mitoyenne entre les choses et nous, extérieurement aux choses, extérieurement aussi à nous-mêmes. […] Pour tout dire enfin, nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s'est encore accentuée sous l'influence du langage. Car les mots (à l'exception des noms propres) désignent tous des genres. Le mot, qui ne note de la chose que sa fonction la plus commune et son aspect banal, s'insinue entre elle et nous. »[48]
Explication : Bergson dénonce ici les limites du langage dans la saisie de notre expérience véritable. Le langage, pour des raisons pratiques et sociales, ne retient que l'aspect général et impersonnel de nos états de conscience, occultant leur richesse singulière et leur nuance individuelle. Les mots fonctionnent comme des étiquettes qui masquent la réalité au lieu de la révéler. Cette critique bergsonienne suggère que l'intuition directe peut accéder à une connaissance plus authentique que celle médiatisée par le langage.
Texte 5 : Benveniste, Problèmes de linguistique générale - C'est dans le langage que l'homme se constitue comme sujet
[modifier | modifier le wikicode]« C'est dans et par le langage que l'homme se constitue comme sujet ; parce que le langage seul fonde en réalité, dans sa réalité qui est celle de l'être, le concept d' ego. La « subjectivité » dont nous traitons ici est la capacité du locuteur à se poser comme « sujet ». Elle se définit, non par le sentiment que chacun éprouve d'être lui-même (ce sentiment, dans la mesure où l'on peut en faire état, n'est qu'un reflet), mais comme l'unité psychique qui transcende la totalité des expériences vécues qu'elle assemble, et qui assure la permanence de la conscience. Or nous tenons que cette « subjectivité », qu'on la pose en phénoménologie ou en psychologie, comme on voudra, n'est que l'émergence dans l'être d'une propriété fondamentale du langage. Est ego qui dit ego. Nous trouvons là le fondement de la « subjectivité », qui se détermine par le statut linguistique de la « personne ». »[49]
Explication : Benveniste montre que la subjectivité n'est pas une donnée psychologique première, mais qu'elle se constitue dans et par le langage. C'est l'acte d'énonciation, le fait de dire « je », qui institue le sujet comme tel. La conscience de soi comme sujet unique et permanent n'est possible que parce que le langage offre la catégorie de la personne et permet à chacun de s'approprier la langue en disant « je ». Cette thèse a une portée philosophique considérable : elle suggère que le langage n'est pas l'expression d'un sujet préexistant, mais la condition de possibilité de la subjectivité elle-même.
Texte 6 : Wittgenstein, Recherches philosophiques - Les jeux de langage
[modifier | modifier le wikicode]« Le mot « jeu de langage » doit faire ressortir ici que le parler du langage fait partie d'une activité, ou d'une forme de vie. Représente-toi la diversité des jeux de langage à partir des exemples suivants, et d'autres encore : Commander et agir d'après des commandements – Décrire un objet d'après son aspect, ou d'après des mesures prises – Reconstituer un objet d'après une description (un dessin) – Relater un événement – Faire des conjectures sur l'événement – Échafauder une hypothèse et l'examiner – Présenter les résultats d'une expérimentation par des tableaux et des diagrammes – Inventer une histoire ; et lire – Jouer du théâtre – Chanter des « rondes » – Deviner des énigmes – Faire un mot d'esprit ; raconter – Résoudre un problème d'arithmétique pratique – Traduire d'une langue dans une autre – Solliciter, remercier, maudire, saluer, prier. »[50]
Explication : Wittgenstein introduit la notion de « jeu de langage » pour montrer la multiplicité des usages du langage et leur ancrage dans des formes de vie concrètes. Le langage n'a pas une essence unique ni une fonction privilégiée (représenter le monde) : il comporte une diversité irréductible d'activités qui n'ont entre elles que des « ressemblances de famille ». Cette conception pragmatique du langage s'oppose aux théories essentialistes qui cherchent à définir le langage par une propriété unique. Elle invite à examiner comment les mots fonctionnent effectivement dans leurs contextes d'usage.
Texte 7 : Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception - La parole n'est pas le signe de la pensée
[modifier | modifier le wikicode]« La parole n'est pas le « signe » de la pensée, si l'on entend par là un phénomène qui en annonce un autre comme la fumée annonce le feu. La parole et la pensée n'admettraient cette relation extérieure que si elles étaient l'une et l'autre thématiquement données ; en réalité elles sont enveloppées l'une dans l'autre, le sens est pris dans la parole et la parole est l'existence extérieure du sens. […] La pensée n'est rien d' « intérieur », elle n'existe pas hors du monde et hors des mots. […] Le sujet pensant lui-même est dans une sorte d'ignorance de ses pensées tant qu'il ne les a pas formulées pour soi ou même dites et écrites […]. La parole est l'acte même où elle se complète et s'exprime. »[51]
Explication : Merleau-Ponty critique la conception instrumentaliste du langage qui fait de la parole le simple vêtement d'une pensée préexistante. Au contraire, pensée et parole sont indissociables : c'est dans l'acte de parole que la pensée se réalise et prend conscience d'elle-même. La parole n'exprime pas du dehors une pensée intérieure constituée, elle est l'accomplissement même de la pensée. Cette conception phénoménologique du langage met l'accent sur la dimension expressive et créatrice de la parole.
Conclusion
[modifier | modifier le wikicode]Le langage constitue une dimension essentielle de l'expérience humaine et un objet philosophique d'une richesse inépuisable. Les différentes conceptions présentées dans ce cours montrent que le langage ne peut être réduit à une fonction unique (communiquer, représenter, exprimer) ni à une définition simple. Il est à la fois institution sociale et acte individuel, système de signes arbitraires et expression créatrice, outil de communication et condition de la pensée, lieu de vérité et instrument de domination.
L'étude philosophique du langage permet de mieux comprendre ce qui fait la spécificité de l'être humain et d'interroger les conditions de possibilité de la connaissance, de l'action et de la vie en commun. Elle invite aussi à une vigilance critique face aux usages manipulateurs ou appauvrissants du langage et à une reconnaissance de sa dimension créatrice et poétique. Enfin, elle ouvre sur des questions éthiques et politiques concernant la liberté d'expression, le respect de la diversité linguistique et les conditions d'un dialogue authentique entre les êtres humains.
Bibliographie indicative
[modifier | modifier le wikicode]Textes classiques
[modifier | modifier le wikicode]- ARISTOTE, De l'interprétation, traduction J. Tricot, Paris, Vrin, 1969
- ARISTOTE, Politique, livre I, traduction P. Pellegrin, Paris, Flammarion, 1993
- PLATON, Cratyle, traduction L. Méridier, Paris, Les Belles Lettres, 1931
- ROUSSEAU, Jean-Jacques, Essai sur l'origine des langues, Paris, Flammarion, 1993
- HEGEL, Georg Wilhelm Friedrich, Encyclopédie des sciences philosophiques, tome III : Philosophie de l'esprit, traduction B. Bourgeois, Paris, Vrin, 1988
Philosophie du langage contemporaine
[modifier | modifier le wikicode]- AUSTIN, John L., Quand dire, c'est faire, traduction G. Lane, Paris, Seuil, 1970
- BENVENISTE, Émile, Problèmes de linguistique générale, tomes I et II, Paris, Gallimard, 1966 et 1974
- BERGSON, Henri, Essai sur les données immédiates de la conscience, Paris, PUF, 2007
- FREGE, Gottlob, Écrits logiques et philosophiques, traduction C. Imbert, Paris, Seuil, 1971
- HEIDEGGER, Martin, Acheminement vers la parole, traduction J. Beaufret et al., Paris, Gallimard, 1976
- MERLEAU-PONTY, Maurice, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945
- SAUSSURE, Ferdinand de, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1916
- SEARLE, John R., Les actes de langage. Essai de philosophie du langage, traduction H. Pauchard, Paris, Hermann, 1972
- WITTGENSTEIN, Ludwig, Tractatus logico-philosophicus, traduction G.-G. Granger, Paris, Gallimard, 1993
- WITTGENSTEIN, Ludwig, Recherches philosophiques, traduction F. Dastur et al., Paris, Gallimard, 2004
Linguistique
[modifier | modifier le wikicode]- CHOMSKY, Noam, Le langage et la pensée, traduction L.-J. Calvet, Paris, Payot, 1970
- CHOMSKY, Noam, Règles et représentations, traduction A. Khim, Paris, Flammarion, 1985
- HUMBOLDT, Wilhelm von, Introduction à l'œuvre sur le kavi, traduction P. Caussat, Paris, Seuil, 1974
- JAKOBSON, Roman, Essais de linguistique générale, traduction N. Ruwet, Paris, Minuit, 1963
Ouvrages d'introduction
[modifier | modifier le wikicode]- AUROUX, Sylvain (dir.), Histoire des idées linguistiques, tomes I-III, Liège-Bruxelles, Mardaga, 1989-2000
- LAURIER, Daniel, Introduction à la philosophie du langage, Liège, Mardaga, 1993
- JACOB, André, Introduction à la philosophie du langage, Paris, Gallimard, 1976
Notes et références
[modifier | modifier le wikicode]- ↑ Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1916, p. 25-32
- ↑ Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1916, p. 25-32
- ↑ Noam Chomsky, Le langage et la pensée, Paris, Payot, 1970, p. 15-28
- ↑ Noam Chomsky, Le langage et la pensée, Paris, Payot, 1970, p. 15-28
- ↑ Encyclo-philo.fr, article "Langage", consulté en 2025
- ↑ Encyclo-philo.fr, article "Langage", consulté en 2025
- ↑ Aristote, Politique, I, 2, 1253a, traduction J. Tricot, Paris, Vrin, 1995, p. 27-28
- ↑ Aristote, Politique, I, 2, 1253a, traduction J. Tricot, Paris, Vrin, 1995, p. 27-28
- ↑ Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755, Première partie, Paris, Flammarion, 1992, p. 94-95
- ↑ Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755, Première partie, Paris, Flammarion, 1992, p. 94-95
- ↑ Pour aller plus loin : documentaire « Le Projet Koko » sur la gorille qui parlait en langue des signes
- ↑ Documentaire BBC « Blue Planet II » - épisode sur les baleines
- ↑ Karl von Frisch a reçu le prix Nobel en 1973 pour cette découverte
- ↑ Étude célèbre de Seyfarth et Cheney publiée dans Science en 1980
- ↑ Noam Chomsky, linguiste du MIT, a montré cela dans les années 1950
- ↑ Le linguiste Charles Hockett a appelé ça le « déplacement » en 1960
- ↑ Cas documenté par la linguiste Susan Curtiss en 1977
- ↑ Découverte publiée dans Nature en 2002
- ↑ Découvertes faites au XIXe siècle, toujours valables aujourd'hui
- ↑ Steven Pinker, L'Instinct du langage (1994)
- ↑ Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, op. cit., p. 97-103
- ↑ Ibid., p. 158-160
- ↑ Gottlob Frege, « Sens et référence » (Über Sinn und Bedeutung), 1892, dans Écrits logiques et philosophiques, traduction C. Imbert, Paris, Seuil, 1971, p. 102-126
- ↑ Ibid., p. 109-112
- ↑ John L. Austin, Quand dire, c'est faire (How to do Things with Words), traduction G. Lane, Paris, Seuil, 1970, p. 41-54
- ↑ Ibid., p. 109-120
- ↑ John R. Searle, Les actes de langage. Essai de philosophie du langage, traduction H. Pauchard, Paris, Hermann, 1972, p. 52-88
- ↑ Noam Chomsky, Règles et représentations, traduction A. Khim, Paris, Flammarion, 1985, p. 28-47
- ↑ Noam Chomsky, Le langage et la pensée, op. cit., p. 42-59
- ↑ Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945, p. 203-221
- ↑ Maurice Merleau-Ponty, La prose du monde, Paris, Gallimard, 1969, p. 22-35
- ↑ Martin Heidegger, Lettre sur l'humanisme (Brief über den Humanismus, 1946), traduction R. Munier, dans Questions III, Paris, Gallimard, 1966, p. 85
- ↑ Martin Heidegger, « …l'homme habite en poète… » (1951), dans Essais et conférences, traduction A. Préau, Paris, Gallimard, 1958, p. 224-245
- ↑ Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Philosophie de l'esprit (1830), § 462, dans Encyclopédie des sciences philosophiques, tome III, traduction B. Bourgeois, Paris, Vrin, 1988, p. 260-262
- ↑ Émile Benveniste, Problèmes de linguistique générale, op. cit., p. 63-64
- ↑ Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience, Paris, PUF, 1889, p. 95-102
- ↑ Benjamin Lee Whorf, Linguistique et anthropologie, traduction C. Carme, Paris, Denoël, 1969, p. 133-159
- ↑ Dan I. Slobin, « From thought and language to thinking for speaking », dans John J. Gumperz et Stephen C. Levinson (dir.), Rethinking Linguistic Relativity, Cambridge University Press, 1996, p. 70-96
- ↑ Wilhelm von Humboldt, Introduction à l'œuvre sur le kavi (1836), traduction P. Caussat, Paris, Seuil, 1974, p. 181-207
- ↑ Roman Jakobson, « Linguistique et poétique », dans Essais de linguistique générale, traduction N. Ruwet, Paris, Minuit, 1963, p. 209-248
- ↑ Platon, Cratyle, 383a-440e, traduction L. Méridier, Paris, Les Belles Lettres, 1931
- ↑ Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus (1921), proposition 5.6, traduction G.-G. Granger, Paris, Gallimard, 1993, p. 91
- ↑ Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire. L'économie des échanges linguistiques, Paris, Fayard, 1982, p. 99-134
- ↑ George Orwell, 1984, traduction A. Audiberti, Paris, Gallimard, 1950, appendice « Les principes de la novlangue », p. 438-455
- ↑ Aristote, Politique, livre I, chapitre 2, 1253a7-18, traduction P. Pellegrin, Paris, Flammarion, 1993, p. 91-92
- ↑ Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l'origine des langues, chapitre II, Paris, Flammarion, 1993, p. 61-62
- ↑ Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé (1830), § 462, Remarque, traduction M. de Gandillac, Paris, Gallimard, 1970, p. 289-290
- ↑ Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience, Paris, PUF, 2007 (1889), p. 97-98
- ↑ Émile Benveniste, Problèmes de linguistique générale, tome I, Paris, Gallimard, 1966, p. 259-260
- ↑ Ludwig Wittgenstein, Recherches philosophiques (Philosophische Untersuchungen, 1953), § 23, traduction F. Dastur et al., Paris, Gallimard, 2004, p. 39
- ↑ Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945, p. 207-213
