Manuel de terminale de philosophie/Liberté
Qu'est-ce que la liberté ?
[modifier | modifier le wikicode]Au sens le plus immédiat, être libre signifie ne pas être empêché de faire ce que l'on veut[1]. Cette définition paraît évidente : je suis libre quand rien ni personne ne m'empêche d'agir. Les philosophes montrent toutefois que la notion résiste à une approche aussi rapide.
Une première difficulté tient à l'origine du vouloir. Faire ce que l'on veut suppose que ce vouloir soit véritablement le sien. Or un individu peut très bien faire ce qu'il croit vouloir sans pour autant être pleinement libre. L'adolescent qui adopte une marque de vêtements parce qu'il est moqué dans le cas contraire ne se sent peut-être empêché par rien, et il « choisit » pourtant sous la pression du groupe. La personne dépendante au tabac fume « ce qu'elle veut », mais sa dépendance dicte une partie du désir. L'électeur dont les opinions sont massivement façonnées par les contenus qu'on lui suggère croit voter librement, sans toujours mesurer combien son jugement a été orienté. Manipulation, intimidation, endettement, publicité, normes sociales pesantes : autant de forces qui agissent sans laisser de traces visibles.
Une seconde difficulté apparaît lorsqu'on examine les causes qui produisent nos désirs. Si nos pensées et nos goûts dépendent de notre éducation, de notre milieu, de notre cerveau et de notre histoire, dans quelle mesure nos décisions nous appartiennent-elles ? Cette question, qui paraît abstraite, surgit dès qu'on se demande pourquoi on aime tel sport, telle musique ou telle personne plutôt qu'une autre.
L'article s'organise autour d'une question directrice : être libre, est-ce faire ce que l'on veut, vouloir ce que l'on fait, obéir à une loi que l'on reconnaît comme juste, ou comprendre les causes qui nous déterminent ? Les doctrines présentées ne sont pas juxtaposées au hasard ; elles répondent diversement à ce problème commun.
On distingue traditionnellement plusieurs registres de liberté :
- La liberté physique : c'est l'absence de contrainte matérielle. Je ne suis pas libre si je suis enfermé, attaché ou empêché de circuler. Le détenu, l'otage ou le malade alité voient leur liberté physique entravée.
- La liberté civile et politique : ce n'est pas seulement le pouvoir d'agir dans les limites fixées par la loi, car une loi peut être injuste, oppressive ou discriminatoire. Les lois qui interdisaient autrefois aux femmes de voter ou imposaient la ségrégation raciale étaient légales sans pour autant garantir la liberté. La liberté politique authentique suppose des lois auxquelles les citoyens peuvent participer, qui protègent des droits, limitent l'arbitraire du pouvoir et empêchent la domination.
- La liberté morale ou métaphysique : c'est la capacité de choisir par soi-même, d'être l'auteur de ses décisions plutôt que l'esclave de ses passions, de ses préjugés ou de pressions extérieures. Celui qui agit par colère, par habitude ou par peur du jugement d'autrui peut, en ce sens, n'être pas pleinement libre.
Ces registres se croisent. Un détenu privé de liberté physique peut conserver sa liberté de jugement, comme l'ont montré les écrits de prisonniers politiques. À l'inverse, un citoyen jouissant de tous ses droits peut rester intérieurement asservi à ses passions ou à ses peurs.
Les deux grandes conceptions de la liberté
[modifier | modifier le wikicode]À retenir : liberté négative et liberté positive
Liberté négative : absence d'obstacles. Exemples : libertés de circuler, d'expression, de conscience.
Liberté positive : pouvoir d'agir selon sa volonté propre. Exemples : éducation, information fiable, maîtrise de soi.
Berlin met en garde contre l'usage autoritaire de la liberté positive : un pouvoir peut prétendre savoir mieux que les individus quelle est leur « vraie volonté ».
Isaiah Berlin, philosophe britannique du vingtième siècle, distingue deux manières principales de comprendre la liberté[2].
La liberté négative désigne l'absence d'obstacles. Je suis libre quand personne ne m'empêche d'agir. Elle insiste sur ce qui ne doit pas arriver : ni autrui ni l'État ne doivent entraver mes choix. Le droit de circuler sans autorisation préalable, le droit d'exprimer une opinion sans être inquiété, le droit de choisir sa religion ou son mode de vie : autant d'illustrations de cette liberté entendue comme « ne pas être empêché ».
La liberté positive désigne le pouvoir d'agir selon sa volonté propre. Je suis libre quand je suis maître de moi-même et que je décide de ma vie. Elle insiste sur ce qui doit advenir : je dois être capable de me gouverner. Avoir reçu une éducation qui forme le jugement, disposer des informations nécessaires pour faire un choix éclairé, savoir résister à ses impulsions immédiates : ces capacités sont autant de conditions positives de l'autonomie.
Berlin ne se contente pas de cette distinction. Il met en garde contre une dérive possible de la liberté positive : lorsqu'un pouvoir prétend savoir mieux que les individus ce qu'est leur « vrai moi » ou leur « vraie volonté », l'idéal de l'autonomie peut servir à justifier la contrainte au nom d'une libération supposée. Berlin estime que certains régimes autoritaires du vingtième siècle ont utilisé ce langage pour imposer leur autorité : on contraignait les individus « pour leur propre bien », au nom d'un « véritable peuple » que les dirigeants prétendaient incarner mieux que les citoyens eux-mêmes. Il ne nie pas pour autant la valeur de l'idéal d'autonomie ; il se méfie de ses usages politiques autoritaires et accorde à la liberté négative un rôle protecteur essentiel, comme garde-fou contre les abus du pouvoir.
Les deux conceptions ne s'opposent pas mécaniquement, mais elles privilégient des aspects différents : protéger l'individu contre l'ingérence d'autrui, ou rendre l'individu capable de se conduire lui-même.
Le problème du libre arbitre
[modifier | modifier le wikicode]À retenir : trois positions sur le libre arbitre
Déterminisme dur : tout est fixé, donc nous ne sommes pas libres et la responsabilité morale s'effondre (Holbach).
Libertarisme : nous sommes libres parce que certains de nos choix échappent à la chaîne causale.
Compatibilisme : être libre, ce n'est pas être sans cause ; c'est agir selon ses propres raisons, sans manipulation ni contrainte écrasante (Locke, Hume, analyses contemporaines).
La distinction entre liberté négative et liberté positive permet de cartographier les sens du mot « libre », mais elle laisse entière une question plus profonde : suis-je seulement capable de choisir ? Avant de demander si la société me laisse libre, il faut demander si, au fond de moi, je suis l'auteur de ce que je veux. C'est le problème du libre arbitre.
Le libre arbitre désigne la capacité de choisir nos actions sans y être contraints. Sa réalité est mise en doute par le déterminisme.
Le déterminisme, au sens fort, soutient qu'étant donné un état du monde et des lois de la nature, un seul avenir est possible. Il ne se réduit pas à l'idée que tout a une cause : la causalité peut être probabiliste, statistique ou partielle, et toute explication causale n'implique pas que rien d'autre ne pouvait advenir. Cette précision compte, car elle évite de croire trop vite que l'explication scientifique d'un comportement supprime nécessairement la liberté.
Le déterminisme dur tient le déterminisme et la liberté pour incompatibles. Si nos actions sont fixées par les causes antérieures, alors nous ne sommes pas vraiment libres et la responsabilité morale s'effondre[3].
Les libertariens métaphysiques partagent avec les déterministes durs la conviction qu'on ne peut être libre dans un univers où tout est causalement fixé, mais ils en tirent la conclusion inverse : puisque nous sommes libres, certains de nos choix doivent échapper à la chaîne causale. La tradition classique parlait à ce sujet de « libre arbitre d'indifférence », et plusieurs philosophes ont soutenu qu'un agent peut être véritablement « cause première » de ses actions, sans être lui-même produit par d'autres causes. Les défenseurs contemporains de cette position cherchent à montrer qu'au moment du choix, plusieurs avenirs restent ouverts, et que c'est précisément cette ouverture qui distingue l'agent libre d'un mécanisme. Cette voie est philosophiquement exigeante : elle doit articuler liberté et explication causale sans réduire le choix à un pur hasard, ce qui ferait à son tour disparaître la responsabilité.
Les compatibilistes proposent une autre solution. Pour Locke, je suis libre quand rien d'extérieur ne m'empêche de faire ce que je veux, même si ce vouloir a lui-même des causes[4]. Que mon goût pour la lecture vienne d'une éducation reçue n'enlève rien au fait que, lorsque je lis tranquillement chez moi, personne ne m'y oblige. Hume prolonge cette analyse en montrant que la liberté ne s'oppose pas à la nécessité mais à la contrainte : appeler libre une action, c'est dire qu'elle procède de la volonté de l'agent, et non que cette volonté serait sans cause. Sans une certaine constance des liaisons entre motifs et actions, ajoute-t-il, on ne pourrait ni prévoir la conduite des autres ni les en juger responsables[5].
Cette première approche se heurte toutefois à des cas embarrassants. Une personne sous hypnose fait « ce qu'elle veut » au sens où elle ne sent aucune contrainte, mais on hésite à dire qu'elle est libre. Le kleptomane qui vole un objet en obéissant à une impulsion qu'il ne maîtrise pas fait, lui aussi, « ce qu'il veut », sans pour autant être pleinement maître de lui. L'individu sous l'emprise d'une secte exécute volontairement ce qu'on lui demande, mais on parle bien d'aliénation. Les analyses compatibilistes contemporaines ajoutent donc à la première idée plusieurs conditions : agir selon ses propres raisons, ne pas être manipulé ni placé sous une contrainte écrasante, pouvoir prendre du recul sur ses désirs, et pouvoir répondre rationnellement de ce que l'on fait. Être libre, dans cette perspective, ce n'est pas être sans cause ; c'est entretenir avec ses motifs un certain rapport, qui distingue l'agent réfléchi de l'automate ou de l'individu sous emprise.
Ces conditions invitent à préciser ce que signifie « agir selon ses propres raisons ». Plusieurs philosophes ont cherché à montrer qu'une telle action suppose une discipline interne, une fidélité à des principes que la raison se donne. Trois figures majeures, Kant, Spinoza et Sartre, proposent à ce sujet des analyses différentes mais complémentaires.
Liberté et raison : la conception de Kant
[modifier | modifier le wikicode]À retenir : autonomie et hétéronomie
Autonomie (autos, soi-même ; nomos, loi) : se donner à soi-même la loi qu'on suit.
Hétéronomie (heteros, autre) : recevoir sa loi d'ailleurs que de soi (désirs, traditions, ordres reçus).
Agir par devoir : par respect d'une loi que la raison reconnaît, et non par intérêt ou inclination spontanée. C'est en ce sens, pour Kant, que l'on est véritablement libre.
Pour Emmanuel Kant, philosophe allemand du dix-huitième siècle, la liberté ne se confond pas avec le simple fait d'agir selon ses désirs. Plusieurs niveaux doivent être distingués[6].
À un premier niveau, la liberté est indépendance à l'égard des inclinations sensibles : ne pas être déterminé à agir par la seule pression des désirs ou des habitudes. À un deuxième niveau, elle est autonomie de la volonté : la capacité de se donner à soi-même la loi qu'on suit, par opposition à l'hétéronomie, état d'une volonté qui se laisse dicter ses fins par des causes étrangères, désirs, traditions ou ordres reçus. À un troisième niveau, la liberté n'est pas un fait empirique observable mais une condition pensable de la moralité : l'agent raisonnable se pense lui-même comme appartenant à un ordre intelligible où il peut être l'auteur de la loi morale qu'il suit. Sans cette possibilité, parler de devoir perdrait son sens[7].
Le problème kantien n'est pas que tout désir serait mauvais. Boire quand on a soif n'est pas immoral. Aimer ses proches non plus. Le problème est que l'action proprement morale ne peut être fondée sur la seule inclination, qui varie d'un individu à l'autre et selon les circonstances. Pour qu'une action ait une valeur morale, elle doit être faite par devoir, c'est-à-dire par respect d'une loi que la raison reconnaît comme valable pour tout être raisonnable.
Un exemple permet de saisir la nuance. Imaginons quelqu'un qui trouve un portefeuille rempli de billets dans la rue. S'il le rend par crainte d'avoir été filmé par une caméra, il agit par intérêt. S'il le rend parce qu'il a un caractère naturellement honnête et qu'il ne pourrait pas faire autrement sans malaise, il agit par inclination. Kant ne juge pas pour autant que ces actions soient mauvaises : conformes au devoir, elles n'ont simplement pas, à ses yeux, la même valeur morale qu'une action accomplie par pur respect de la loi. C'est lorsqu'il rend le portefeuille en se disant qu'il faut le faire parce qu'aucun être raisonnable ne peut accepter le vol comme règle universelle, qu'il agit véritablement par devoir, et donc librement.
L'homme libre, chez Kant, est celui qui agit selon des principes rationnels qu'il s'impose, sans se laisser entraîner aveuglément par ses humeurs ou ses peurs. L'obéissance à cette loi n'est pas une soumission, puisque la loi n'est pas imposée du dehors : elle vient de la raison de l'agent lui-même. Obéir à cette loi, c'est obéir à soi-même comme être raisonnable.
Liberté et nécessité : la conception de Spinoza
[modifier | modifier le wikicode]Là où Kant fonde la liberté sur la capacité de la raison à s'opposer aux inclinations, Spinoza propose une voie sensiblement différente. Il ne sépare pas la liberté de la nécessité, mais la pense au sein même de l'ordre causal qui régit la nature.
Baruch Spinoza, philosophe hollandais du dix-septième siècle, propose une analyse différente. À ses yeux, le libre arbitre, entendu comme pouvoir de choisir sans cause, est une illusion[8].
Tout dans la nature, y compris nos actions, suit l'enchaînement des causes. Nous nous croyons libres parce que nous avons conscience de nos désirs, mais nous ignorons les causes qui produisent ces désirs. L'image classique est celle de la pierre lancée : si elle avait conscience de son mouvement, elle se croirait sa propre cause, alors qu'elle obéit à des forces qui la dépassent[9]. L'analyse vaut aussi pour nos passions humaines. Celui qui éprouve une jalousie violente sans en comprendre l'origine se croit libre de haïr l'autre, alors qu'il subit en réalité une blessure d'enfance, une comparaison sociale ou une peur qu'il n'identifie pas. Le fumeur qui « choisit » d'allumer une cigarette ignore souvent à quel point son geste est commandé par la dépendance physique et par les automatismes acquis.
La liberté spinoziste n'est pourtant pas la résignation à un destin obscur. Elle consiste à agir selon la nécessité de sa propre nature, par la puissance de comprendre, plutôt qu'à subir passivement les causes extérieures. Cette idée prolonge la définition fondatrice donnée dans la première partie de l'ouvrage : est libre la chose qui existe par la seule nécessité de sa nature et qui est déterminée à agir par soi seule[10]. L'homme libre n'accepte pas seulement la nécessité : il devient actif en la connaissant. Comprendre que ma colère naît de la fatigue, ou que ma tristesse découle d'une blessure ancienne, change ma manière d'agir : ce qui me dominait à mon insu devient un objet sur lequel j'ai prise. À mesure que nous comprenons les causes de nos passions, nous cessons d'en être les jouets et gagnons en activité rationnelle. Spinoza nomme ce cheminement le passage de la servitude à la liberté[11].
La liberté comme projet : la conception de Sartre
[modifier | modifier le wikicode]À retenir : la mauvaise foi
Mauvaise foi : se mentir à soi-même pour fuir sa liberté, en se présentant comme une chose, un rôle figé ou une nature inchangeable.
Signes courants : « je suis comme ça », « c'est plus fort que moi », « je n'avais pas le choix ».
Liberté en situation : on ne choisit pas les circonstances (corps, époque, classe sociale), mais on choisit toujours comment y répondre.
Kant cherchait dans la raison un fondement universel de la liberté ; Spinoza la situait dans la connaissance des causes. Au vingtième siècle, Sartre déplace encore le problème : il ne s'agit plus de fonder ou de comprendre la liberté, mais de prendre acte du fait que l'existant humain ne peut s'y soustraire.
Jean-Paul Sartre, philosophe français du vingtième siècle, soutient que « l'homme est condamné à être libre »[12]. La formule paradoxale signifie que nous ne pouvons échapper à notre liberté.
Aucune nature humaine fixée d'avance ne dicterait ce que nous devons être. « L'existence précède l'essence » : nous existons d'abord, puis nous nous définissons par nos actes. Nous portons donc la responsabilité de ce que nous devenons. Refuser de choisir reste un choix dont nous demeurons les auteurs[13].
Sartre nomme « mauvaise foi » l'attitude par laquelle l'individu tente de fuir cette liberté. On se présente alors comme une chose, un rôle figé, une nature inchangeable, ou une victime pure des circonstances, afin de ne pas avoir à assumer ce que l'on fait. Sartre prend l'exemple célèbre du serveur de café qui exécute son service avec un peu trop de vivacité, comme s'il jouait un rôle de serveur : il s'efforce d'être serveur comme une chaise est une chaise, pour s'épargner d'avoir à choisir librement chacun de ses gestes. Le timide qui dit « je suis comme cela, je n'y peux rien » utilise sa timidité comme une excuse pour ne pas prendre la parole, alors qu'il demeure responsable de la manière dont il reprend cette timidité dans ses actes : la liberté ne supprime pas les dispositions, les habitudes incorporées ou les inhibitions sociales, mais elle laisse à chacun le soin de les assumer, de les fuir ou de les transformer[14]. L'antisémite, analysé dans un autre texte, illustre la même structure : il prétend obéir à une essence qui le dépasserait, alors qu'il choisit librement la haine[15]. La mauvaise foi se reconnaît dans des formules courantes : « je suis comme ça », « c'est plus fort que moi », « je n'avais pas le choix ». Sartre y voit autant de tentatives pour se transformer en chose et fuir la responsabilité d'avoir à se définir.
La liberté sartrienne n'est pas pour autant un pouvoir illimité. Elle s'exerce toujours « en situation », dans des circonstances que nous n'avons pas choisies : naissance, corps, époque, classe sociale, langue. Sartre lui-même illustre ce point en évoquant la France sous l'Occupation : on ne choisit pas l'invasion ni l'oppression, mais on choisit toujours comment y réagir, par la collaboration, l'attentisme ou la résistance. La liberté n'est donc pas le pouvoir de tout faire, mais l'impossibilité de ne pas donner sens à ce qui nous arrive. Cette charge peut être angoissante, et elle fonde l'exigence d'authenticité que Sartre oppose à la mauvaise foi.
Liberté individuelle et liberté politique
[modifier | modifier le wikicode]À retenir : volonté générale et volonté de tous
Volonté de tous : somme des volontés particulières, chacune guidée par son intérêt propre.
Volonté générale : ce que veulent les citoyens en tant que membres d'une communauté soucieuse du bien commun.
Liberté civile : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté ». En obéissant à la loi qui exprime la volonté générale, le citoyen obéit à lui-même.
Jusqu'ici, la liberté a été examinée du côté de l'agent : capacité de choisir, autonomie de la raison, connaissance des causes, projet existentiel. Mais nul ne vit seul. La liberté individuelle se déploie dans une vie collective qui en conditionne l'exercice. Comment articuler la liberté de chacun avec l'existence d'une société commune ?
Jean-Jacques Rousseau, philosophe du dix-huitième siècle, propose un cadre célèbre avec l'idée du contrat social[16]. Le contrat n'est pas un événement historique conclu entre des individus déjà constitués : c'est une construction normative, c'est-à-dire un modèle de pensée qui ne décrit pas un fait passé mais sert à définir les conditions sous lesquelles un pouvoir politique peut être tenu pour légitime. Il pose la question : sous quelles conditions une autorité peut-elle être obéie sans renier la liberté de ceux qui s'y soumettent ?
La réponse passe par la volonté générale, qu'il faut distinguer de la volonté de tous. La volonté de tous additionne les intérêts particuliers ; la volonté générale exprime ce que veulent les citoyens en tant que membres d'une communauté politique soucieuse du bien commun. Un exemple aide à saisir la différence. Si l'on demandait à chaque automobiliste, en pensant à lui-même, s'il préfère rouler vite, la majorité répondrait oui : c'est la volonté de tous. Si l'on demande aux mêmes personnes, comme citoyens partageant les routes avec des piétons, des enfants et d'autres conducteurs, si une limitation de vitesse est souhaitable, la réponse devient autre : c'est la volonté générale. La même remarque vaut pour l'impôt, la vaccination ou la protection de l'environnement, qui peuvent contrarier l'intérêt immédiat de chacun tout en exprimant ce que veulent les citoyens en tant que membres d'une communauté. Ces exemples ont une valeur indicative et ne disent pas le dernier mot rousseauiste. La volonté générale n'est ni un sondage ni une opinion majoritaire mieux informée : elle désigne, dans le Contrat social, la volonté orientée vers le bien commun, qui peut requérir un examen exigeant des intérêts en jeu et ne se laisse pas réduire à une simple addition de préférences éclairées.
Obéir à une loi qui procède de la volonté générale, ce n'est donc pas obéir à un autre, mais à soi-même comme citoyen. C'est en ce sens que Rousseau écrit que « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »[17]. La liberté politique suppose ainsi la participation, au moins idéale, à la formation de la loi commune.
Au siècle suivant, la question politique de la liberté se déplace. Le danger principal n'est plus seulement l'absence de loi commune, mais l'étouffement des individualités par la masse, le conformisme et l'opinion publique. C'est ce que va analyser Mill.
John Stuart Mill, philosophe anglais du dix-neuvième siècle, défend la liberté individuelle contre l'État, mais aussi contre la tyrannie de l'opinion sociale[18]. La société peut imposer des normes par le regard, la honte et l'exclusion, sans recourir à la loi. Cette pression peut peser autant qu'une contrainte légale, et Mill la juge particulièrement insidieuse parce qu'elle pénètre la sphère privée. Au dix-neuvième siècle, une femme qui refusait le mariage ou un homme qui choisissait une carrière artistique pouvaient être parfaitement libres au regard de la loi, et pourtant accablés par la réprobation collective. Aujourd'hui, le harcèlement scolaire, les campagnes de dénonciation sur les réseaux sociaux, la pression du conformisme vestimentaire ou des codes sociaux du groupe illustrent la même mécanique : aucune sanction légale, mais une contrainte morale parfois étouffante.
Mill propose le principe dit de non-nuisance : la société ne peut légitimement limiter la liberté d'un adulte que pour empêcher un dommage à autrui. Il distingue à cet effet les actions qui concernent surtout l'agent lui-même de celles qui affectent les autres. Pour les premières, la libre expérimentation des modes de vie est précieuse, car elle nourrit la diversité, l'invention et le progrès des opinions. Choisir un régime alimentaire original, pratiquer un sport à risque, mener une vie discrète ou marginale : tant que personne d'autre n'en pâtit, la société n'a pas à intervenir. Pour les secondes, l'intervention publique se justifie, à condition d'être proportionnée. Interdire à quelqu'un de fumer chez lui relève, selon Mill, d'une intrusion injustifiée ; lui interdire de fumer dans un lieu où d'autres respireront sa fumée se justifie au nom de leur santé. Cette distinction reste discutée aujourd'hui : à partir de quel seuil un acte « personnel » a-t-il des effets sur les autres et appelle-t-il une régulation collective[19] ?
Liberté formelle et liberté réelle : la critique de Marx
[modifier | modifier le wikicode]À retenir : liberté formelle et liberté réelle
Liberté formelle : liberté juridiquement reconnue (libertés d'expression, de circuler, de s'instruire, de travailler).
Liberté réelle : capacité effective d'exercer ces droits, qui suppose des ressources (revenu, éducation, accès à l'information, santé).
Sans correction sociale, les libertés formelles risquent de bénéficier surtout à ceux qui possèdent déjà les moyens d'en user. Cette critique est prolongée par l'approche des « capabilités » d'A. Sen et M. Nussbaum.
Rousseau et Mill pensent la liberté politique sous l'angle de la légitimité de la loi et de la résistance au conformisme. Une autre critique apparaît au dix-neuvième siècle : la liberté juridiquement reconnue n'a pas la même portée pour celui qui possède et pour celui qui ne possède pas. Marx oblige ainsi à mesurer la part des conditions matérielles dans l'exercice effectif de la liberté.
Karl Marx, philosophe et économiste allemand du dix-neuvième siècle, déplace la question de la liberté en distinguant deux registres : la liberté formelle, garantie par les droits, et la liberté réelle, qui suppose les conditions matérielles de son exercice[20].
Avoir le droit de circuler sans avoir les moyens de se déplacer, le droit de s'instruire sans accès effectif à l'école, le droit d'expression sans pouvoir se faire entendre dans l'espace public : la liberté juridiquement reconnue peut rester sans effet pour celles et ceux qui sont privés des ressources nécessaires. Un travailleur qui doit accepter n'importe quel emploi pour nourrir sa famille n'est pas, à proprement parler, contraint par la loi : on lui reconnaît la liberté de refuser. Mais cette liberté formelle ne pèse pas lourd face à la nécessité de manger. Marx soutient que les libertés individuelles proclamées par les sociétés modernes risquent, sans correction sociale, de bénéficier surtout à ceux qui possèdent déjà les moyens d'en user.
Cette critique ne supprime pas la valeur des libertés civiles. Elle invite à les compléter par une attention aux inégalités économiques, éducatives et sociales qui pèsent sur leur exercice. La discussion contemporaine sur les capabilités, ouverte par Amartya Sen et Martha Nussbaum, prolonge cette préoccupation : être libre, ce n'est pas seulement ne pas être empêché, c'est aussi disposer effectivement des moyens d'agir et de mener la vie que l'on a des raisons de juger bonne[21].
Les enjeux contemporains de la liberté
[modifier | modifier le wikicode]Les doctrines parcourues ne sont pas des reliques d'histoire. Elles continuent d'éclairer les débats actuels sur la responsabilité, les sciences de l'homme, les inégalités sociales et la régulation des modes de vie. Reprenons quatre champs où la question de la liberté est aujourd'hui particulièrement vive.
Liberté et responsabilité. Si je suis libre, je peux être tenu pour responsable de mes actes. La responsabilité est une charge, mais elle est aussi une condition de la dignité reconnue à l'agent. Les discussions juridiques, morales et psychologiques sur l'imputabilité, c'est-à-dire le fait de pouvoir attribuer une action à quelqu'un et de le tenir pour responsable, montrent que la frontière entre acte libre et acte non libre n'est jamais simple[22]. Une personne dépendante qui consomme la substance qu'elle désire fait-elle ce qu'elle veut, ou subit-elle un désir qui la dépasse ? L'addiction, la maladie mentale et la contrainte psychologique conduisent à atténuer la responsabilité sans toujours la supprimer.
Liberté et sciences de l'homme. La biologie, la psychologie, la sociologie et les neurosciences invitent à penser les causes de nos conduites : déterminismes sociaux, biais cognitifs, conditionnements affectifs, mécanismes neuronaux. Ces apports ne tranchent pas à eux seuls la question philosophique de la liberté. Ils rappellent en revanche que l'agent humain est traversé de causes qu'il ignore souvent, et qu'une liberté véritable suppose un travail sur ces causes plutôt que leur dénégation.
Liberté et société. Comment garantir à chacun les conditions effectives de l'autonomie, alors que les inégalités matérielles, éducatives ou informationnelles pèsent sur les choix ? Un citoyen dont les opinions sont massivement orientées par les recommandations algorithmiques d'une plateforme exerce-t-il une liberté politique pleine, ou subit-il une orientation invisible de son jugement ? Une politique publique qui interdit certains comportements jugés dangereux pour soi-même, comme la consommation de certaines substances, protège-t-elle la liberté réelle ou ampute-t-elle la liberté individuelle ? Ces questions traversent aujourd'hui la régulation des plateformes numériques, la lutte contre la désinformation, la pauvreté et le paternalisme sanitaire ou éducatif. Elles supposent des arbitrages délicats entre protection et autonomie.
Liberté et bonheur. Une liberté pleine ne va pas toujours sans inconfort. Choisir engage, et la multiplication des options peut produire de l'angoisse. L'élève qui doit choisir son orientation dans un système où les voies sont nombreuses peut se sentir paralysé, là où une orientation imposée semblait plus simple. Le consommateur qui dispose de centaines de produits hésite parfois plus que celui qui n'en avait que trois. Faut-il, pour autant, restreindre la liberté afin de protéger les individus contre eux-mêmes ? Faut-il interdire les paris en ligne, encadrer les régimes amaigrissants, limiter le temps passé sur les écrans ? Les réponses divergent selon que l'on privilégie l'autonomie de la personne, qui inclut le droit de prendre des risques avec sa propre vie, ou la prévention des dommages, qui justifie certaines interdictions au nom du bien-être à long terme.
Conclusion
[modifier | modifier le wikicode]Au terme de ce parcours, la liberté apparaît moins comme une notion à définir une fois pour toutes que comme un problème à articuler dans plusieurs registres : individuel et politique, négatif et positif, formel et réel. Selon les auteurs, elle peut désigner l'absence d'obstacles, la maîtrise de soi, l'obéissance à une loi rationnelle qu'on s'est donnée, l'activité de la connaissance qui transforme la passion en compréhension, ou encore le projet par lequel l'existant se définit. Chaque doctrine éclaire un aspect du problème sans en épuiser la difficulté.
Tous les penseurs ne placent pas la liberté au même rang. Spinoza la subordonne à la connaissance ; Marx critique l'illusion d'une liberté formelle qui ignorerait les rapports économiques ; Nietzsche soupçonne dans certaines morales de la liberté un déguisement de la faiblesse ; Freud souligne le poids de l'inconscient ; certains utilitaristes l'évaluent à l'aune du bien-être qu'elle produit. La liberté s'est imposée comme une grande valeur de la modernité politique et morale, mais elle reste une notion disputée, dont le sens, les conditions et la portée demeurent l'objet d'un travail philosophique vivant.
Notes et références
[modifier | modifier le wikicode]- ↑ Thomas Hobbes, Léviathan (1651), chapitre XXI, trad. F. Tricaud, Paris, Sirey, 1971, p. 221–222.
- ↑ Isaiah Berlin, « Deux concepts de la liberté » (Two Concepts of Liberty, 1958), dans Éloge de la liberté, trad. J. Carnaud et J. Lahana, Paris, Calmann-Lévy, 1988, p. 167–218.
- ↑ Paul-Henri Thiry, baron d'Holbach, Système de la nature (1770), partie I, chapitre XI, Paris, Fayard, 1990, p. 261-280.
- ↑ John Locke, Essai philosophique concernant l'entendement humain (1689), livre II, chapitre XXI, §8-15, trad. P. Coste, Paris, Vrin, 2002, p. 233-242.
- ↑ David Hume, Enquête sur l'entendement humain (1748), section VIII, « De la liberté et de la nécessité », trad. A. Leroy, revue par M. Beyssade, Paris, GF Flammarion, 2006, p. 173–198.
- ↑ Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), section II, trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1973, AK IV, p. 440–445.
- ↑ Emmanuel Kant, Critique de la raison pratique (1788), première partie, livre I, chapitre I, trad. J.-P. Fussler, Paris, GF Flammarion, 2003, p. 121–150.
- ↑ Baruch Spinoza, Éthique (1677), partie II, proposition 35 et son scolie, trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988, p. 159.
- ↑ Baruch Spinoza, Lettre 58 à G. H. Schuller (1674), dans Œuvres complètes, trad. R. Caillois, M. Francès et R. Misrahi, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1954, p. 1251–1253.
- ↑ Baruch Spinoza, Éthique, partie I, définition 7, trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988, p. 15.
- ↑ Baruch Spinoza, Éthique, partie V, propositions 3 à 10, trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988, p. 489–503.
- ↑ Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme (1946), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1996, p. 39.
- ↑ Jean-Paul Sartre, L'être et le néant (1943), quatrième partie, chapitre I, Paris, Gallimard, « Tel », 1976, p. 487–503.
- ↑ Jean-Paul Sartre, L'être et le néant, première partie, chapitre II, « La mauvaise foi », p. 82–107.
- ↑ Jean-Paul Sartre, Réflexions sur la question juive (1946), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1985, p. 18–31.
- ↑ Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social (1762), livre I, chapitres VI à VIII, et livre II, chapitres III et IV, Paris, GF Flammarion, 2001, p. 56–78.
- ↑ Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre I, chapitre VIII, GF Flammarion, 2001, p. 60.
- ↑ John Stuart Mill, De la liberté (1859), chapitres I et IV, trad. L. Lenglet à partir de la traduction de D. White, Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 73–95 et p. 175–209.
- ↑ John Stuart Mill, De la liberté, chapitre III, « De l'individualité comme l'un des éléments du bien-être », GF Flammarion, 1990, p. 149–174.
- ↑ Karl Marx, Sur la question juive (1844), trad. J.-F. Poirier, Paris, La Fabrique, 2006, p. 47–78.
- ↑ Amartya Sen, L'idée de justice, trad. P. Chemla, Paris, Flammarion, 2010, chapitres 11 et 12, p. 277–330.
- ↑ Peter F. Strawson, « Liberté et ressentiment » (1962), trad. J.-Y. Goffi, dans Philosophie, n° 28, 1990, p. 3–31.
Bibliographie
[modifier | modifier le wikicode]Sources primaires
[modifier | modifier le wikicode]- Berlin, Isaiah, Éloge de la liberté, trad. J. Carnaud et J. Lahana, Paris, Calmann-Lévy, 1988.
- Hobbes, Thomas, Léviathan [1651], trad. F. Tricaud, Paris, Sirey, 1971.
- Holbach, Paul-Henri Thiry baron d', Système de la nature [1770], Paris, Fayard, 1990.
- Kant, Emmanuel, Fondements de la métaphysique des mœurs [1785], trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1973.
- Kant, Emmanuel, Critique de la raison pratique [1788], trad. J.-P. Fussler, Paris, GF Flammarion, 2003.
- Locke, John, Essai philosophique concernant l'entendement humain [1689], trad. P. Coste, Paris, Vrin, 2002.
- Marx, Karl, Sur la question juive [1844], trad. J.-F. Poirier, Paris, La Fabrique, 2006.
- Mill, John Stuart, De la liberté [1859], trad. L. Lenglet d'après la trad. de D. White, Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990.
- Rousseau, Jean-Jacques, Du contrat social [1762], Paris, GF Flammarion, 2001.
- Sartre, Jean-Paul, L'être et le néant. Essai d'ontologie phénoménologique [1943], Paris, Gallimard, « Tel », 1976.
- Sartre, Jean-Paul, L'existentialisme est un humanisme [1946], Paris, Gallimard, « Folio essais », 1996.
- Sartre, Jean-Paul, Réflexions sur la question juive [1946], Paris, Gallimard, « Folio essais », 1985.
- Sen, Amartya, L'idée de justice, trad. P. Chemla, Paris, Flammarion, 2010.
- Spinoza, Baruch, Éthique [1677], trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988.
- Spinoza, Baruch, Œuvres complètes, trad. R. Caillois, M. Francès et R. Misrahi, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1954.
- Strawson, Peter F., « Liberté et ressentiment » [1962], trad. J.-Y. Goffi, Philosophie, n° 28, 1990, p. 3-31.
Études secondaires
[modifier | modifier le wikicode]- Audard, Catherine, John Stuart Mill, Paris, PUF, coll. « Philosophes », 2009.
- Balibar, Étienne, Spinoza et la politique, Paris, PUF, 1985.
- Balibar, Étienne, La philosophie de Marx, Paris, La Découverte, 1993.
- Bernardi, Bruno, Le principe d'obligation. Sur une aporie de la modernité politique, Paris, Vrin/EHESS, 2007.
- Deleuze, Gilles, Spinoza, philosophie pratique, Paris, Minuit, 1981.
- Derathé, Robert, Jean-Jacques Rousseau et la science politique de son temps, Paris, Vrin, 1995.
- Macherey, Pierre, Introduction à l'Éthique de Spinoza, 5 vol., Paris, PUF, 1994-1998.
- Manent, Pierre, Histoire intellectuelle du libéralisme, Paris, Calmann-Lévy, 1987.
- Matheron, Alexandre, Individu et communauté chez Spinoza, Paris, Minuit, 1969.
- Pettit, Philip, Républicanisme. Une théorie de la liberté et du gouvernement, trad. P. Savidan et J.-F. Spitz, Paris, Gallimard, « NRF Essais », 2004.
- Philonenko, Alexis, L'œuvre de Kant. La philosophie critique, t. II, Paris, Vrin, 1972.
- Renaut, Alain, Kant aujourd'hui, Paris, Aubier, 1997.
- Skinner, Quentin, La liberté avant le libéralisme, trad. M. Zagha, Paris, Seuil, 2000.
- Worms, Frédéric, La philosophie en France au XXe siècle. Moments, Paris, Gallimard, « Folio essais », 2009.
Prolongements contemporains
[modifier | modifier le wikicode]- Nussbaum, Martha, Capabilités. Comment créer les conditions d'un monde plus juste ?, trad. S. Chavel, Paris, Climats, 2012.
- Sen, Amartya, L'idée de justice, trad. P. Chemla, Paris, Flammarion, 2010.
- Strawson, Peter F., « Liberté et ressentiment » [1962], trad. J.-Y. Goffi, Philosophie, n° 28, 1990, p. 3–31.
Ouvrages de référence
[modifier | modifier le wikicode]- Canto-Sperber, Monique (dir.), Dictionnaire d'éthique et de philosophie morale, Paris, PUF, 1996, articles « Liberté » et « Libre arbitre ».
- Cassin, Barbara (dir.), Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles, Paris, Seuil/Le Robert, 2004, article « Liberté ».
- Lalande, André, Vocabulaire technique et critique de la philosophie [1926], Paris, PUF, « Quadrige », 2010, article « Liberté ».
- Raynaud, Philippe et Rials, Stéphane (dir.), Dictionnaire de philosophie politique, Paris, PUF, 1996, articles « Liberté » et « Libéralisme ».
