Aller au contenu

Philosophie/Nietzsche/Crépuscule des idoles/Les quatre grandes erreurs

Un livre de Wikilivres.

Dans ce chapitre, Nietzsche revient sur les erreurs de la philosophie et de la religion qu'il a trouvées au cours des précédents chapitres. La mise en évidence de ces erreurs fait partie de son projet de trans-valuation des valeurs : en effet, s'il apparaît que la pensée occidentale (dans tous les domaines : morale, métaphysique, politique, etc.) s'est construite jusqu'à présent sur des illusions conceptuelles et des méthodes imaginaires, alors se fait également jour la nécessité de reprendre toutes ces questions d'après une perspective nouvelle. Il faut d'ailleurs remarquer que le Crépuscule des idoles a été rédigé avec quelques uns des écrits qui étaient d'abord destiné à la grande œuvre de Nietzsche : La Volonté de puissance, Essai d'une trans-valuation de toutes les valeurs ; le projet de cette œuvre a été abandonné par Nietzsche, mais bon nombre des textes qui devaient la constituer ont servi à l'écriture de ses dernières œuvres (comme L'Antéchrist par exemple).

Première erreur : confondre la cause et l'effet

[modifier | modifier le wikicode]

Cette erreur est appelée morale et religion dans la pensée occidentale. Tous les commandements moraux et religieux sont de ce type. C'est également l'erreur la plus ancienne ; elle consiste à inverser la causalité naturelle.

Par exemple, un homme n'est pas heureux du fait qu'il obéisse à un commandement moral qui lui dit d'être vertueux (exemple typique de formes de causalité morale et religieuse) ; sa vertu est au contraire l'effet de son bonheur. Mais qu'est-ce que le bonheur pour Nietzsche ? C'est incarner un ordre physiologique qui s'exprime par un rapport juste avec les autres et avec les choses.

Autre exemple : pour la morale traditionnelle, la cause de la ruine d'un peuple est souvent le luxe et la luxure ; Nietzsche rétablit la causalité naturelle : le luxe et la luxure ne sont pas du tout les causes (outre le fait qu'elles peuvent tout aussi bien exprimer un excès de force et non nécessairement une faiblesse), mais les conséquences d'un épuisement tel qu'il n'est plus possible de résister à des sollicitations toujours plus vives (un peuple épuisé a ainsi besoin de beaucoup d'excitants pour secouer sa torpeur, il ne se sent exister qu'autant que sa sensibilité .

L'erreur d'une fausse causalité

[modifier | modifier le wikicode]

L'erreur des causes imaginaires

[modifier | modifier le wikicode]