« L'agence spatiale européenne et l'indépendance de l'Europe/Les vols habités » : différence entre les versions

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L'ARD, une capsule de rentrée atmosphérique, est alors développée. Elle est testée en 1997, sans lendemain.
La Station spatiale internationale (en anglais International Space Station, ISS) s'est développée. Elle occupe 110 x 74 x 30 mètres pour une masse de 400 tonnes. Depuis 2000, elle est occupée en permanence par un équipage constitué de 2 à 6 astronautes. Mais que font-ils donc là-haut  ?
 
La NASA définit la station orbitale comme dédiée à « ''l'étude de son environnement atypique caractérisé par l'absence de pesanteur, le bombardement par des rayonnements interceptés par l'atmosphère terrestre, et sa position qui en fait un poste d'observation privilégié de la Terre mais également de l'espace'' ». Contrairement à la navette spatiale, il est possible d'y faire des expériences de très longue durée (plusieurs années contre maximum 16 jours pour une navette spatiale<ref>L'autonomie maximale d'une navette spatiale en orbite est de 16 jours. Au-delà, les ingénieurs ne garantissent plus le fonctionnement des équipements.</ref>) et variées, grâce à la diversité des modules assemblés sur orbite. « ''Par ailleurs la station spatiale, par sa position en orbite terrestre basse, fournit un endroit relativement sûr pour mettre au point les systèmes spatiaux qui seront nécessaires pour les missions de longue durée vers la Lune ou sur Mars'' », selon la NASA.
 
L'équipage de la station spatiale est cosmopolite. On y retrouve Américains, Européens, Russes, Canadiens et Japonais. Chaque agence spatiale construit un ou plusieurs modules&nbsp; : l'ISS est un moyen d'apprendre à travailler avec les autres nations dans un domaine aussi pointu qu'est l'exploration spatiale, pour préparer, demain, les futures missions qui partiront sur la Lune ou sur Mars, et pour renforcer l'entente internationale.
 
[[Fichier:Expedition 21 crew portrait.jpg|thumb|L'équipage de l'expédition 21 de l'ISS, qui a séjourné en orbite du 11 octobre au 1{{er}} décembre 2009. De gauche à droite&nbsp; : Maksim Surayev, Nicole Stott, Jeffrey Williams, Frank De Winne (commandant), Robert Thirsk, Roman Romanenko.]]
L'ISS est financée par les partenaires. Qui sont-ils ? La NASA, Roskosmos (l'agence spatiale russe), l'ESA, la JAXA (l'agence spatiale japonaise) et l'ASC (l'agence spatiale canadienne). Ces partenaires se sont mis d'accord sur un point&nbsp; : il n'y aura pas d'échange de fonds, tous les échanges se font par troc ou en nature. Le maître d'œuvre est la NASA. Elle est chargée de garantir le bon fonctionnement de l'ISS, de la coordination des partenaires et d'établir les règlements de sécurité.
 
L'orbite terrestre est devenue une banlieue de la Terre, et l'ISS est une sorte de « maison de campagne ». Il existe aujourd'hui 2 moyens d'accès habité à l'ISS&nbsp; : les vaisseaux russes Soyouz et les navettes spatiales américaines&nbsp; ; actuellement, l'ESA doit s'en remettre aux Russes et aux Américains. Le problème, c'est que si vous comptez sur vos amis pour vous emmener dans votre maison de campagne, il est certain que vous n'y irez pas souvent&nbsp; !
 
L'ESA participe au programme ISS avec Colombus, mais aussi avec le véhicule de transfert automatique (ATV), lancé par une fusée Ariane 5 et dédié au ravitaillement en fret de la station. Il est capable de transporter vers l'orbite terrestre air, eau, nourriture, courrier, carburant, pièces de rechanges et matériels scientifiques. L'ATV est capable d'accoster l'ISS de façon entièrement automatique et d'y rester pendant 6 mois. Après, il est rempli des déchets de la station et désintégré dans l'atmosphère.
| style="background:#C0C0C0;color:#000000;" |à confirmer
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<small>''Source&nbsp; : ESA''</small>
</center>
 
Le tableau ci-dessus compare les coûts des différents moyens de ravitaillement de l'ISS. Il fait apparaître un lancement très économique par le Progress russe, mais très limité en masse. Le niveau actuel de l'euro (par rapport au dollar) ne tourne évidemment pas à l'avantage de l'ATV, mais malgré cela l'ATV peut être beaucoup plus économique qu'une navette spatiale.
 
Entre 2010 et 2013, quatre lancements d'ATV sont planifiés&nbsp; ; si comme tout le porte à croire, l'ISS est maintenue jusqu'en 2020, des vols supplémentaires sont possibles. L'ATV pourra être amélioré&nbsp; : en lui ajoutant un système de retour dans l'atmosphère et en le qualifiant pour le vol habité, il pourrait être utilisé comme vaisseau spatial. Une autre application déviée serait de l'utiliser couplé à un atterrisseur comme ravitailleur pour d'éventuelles missions lunaires.
 
Mi-février 2010 ont étés installés à bord de l'ISS le Nœud 3 et le module ''Cupola'', construits par l'ESA. Le nœud 3, baptisé ''Tranquility'', contiendra le système de support de vie le plus avancé qui ait jamais volé dans l'espace, en plus d'un compartiment-toilettes. Ce système recyclera les eaux usées et générera de l'oxygène pour l'équipage.
[[Fichier:ISS_STS-130_Terry_Virts_and_Jeffrey_Williams_in_the_Cupola.jpg|thumb|Ouverture des volets de protection des hublots du module Cupola le 17 février 2010.]]
En échange de ces modules, les Russes et les Américains mettent à disposition leurs moyens d'accès à l'ISS pour quelques astronautes européens. En novembre 2009, c'est ainsi le Belge Frank de Winne qui a assuré pendant deux mois le commandement du complexe orbital.
La contribution européenne à la construction de l'ISS est de 8,3%&nbsp; : les européens ont donc droit à 8,3% du « temps astronaute » (c'est à dire 8,3% du temps de travail des astronautes), 8,3% de la puissance électrique disponible, etc...
 
Soyouz sera lancé depuis la Guyane vers 2010/-2011. « ''Si l'origine du lanceur Soyouz permet légitimement d'envisager des vols habités depuis le CSG, cette éventualité reste aujourd'hui encore très incertaine'' », affirme le CNES, tout en précisant que « ''la possibilité d'assurer depuis la Guyane des lancements de spationautes européens vers l'ISS serait techniquement assez rapidement réalisable'' »<ref>Selon http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/4110-soyouz-arrive-en-guyane.php</ref>. Tout est une question de budget et de volonté politique&nbsp;! !
En 1962, le président des USA avait lancé le programme Apollo, « déchainant les foules », qui ne refusaient pas la dépense de milliards de dollars pour aller sur la Lune. Aujourd'hui, la volonté n'est plus là, les vols spatiaux font, pour le grand public, partie de la routine. Le programme Constellation de la NASA, qui avait pour objectif le retour vers la Lune des Américains, démarré par Georges W. Bush junior en 2004, a été abandonné par Barack Obama, alors que 9 milliards de dollars ont déjà étés engloutis&nbsp; ; une privatisation des moyens de lancement habités a été proposée.
 
Le diagramme circulaire ci-contre représente la répartition 2010 du budget de l'ESA. Celui-ci consacre 330,4 millions d'euros aux programmes de vols habités, soit 8,8&nbsp;% du total. Cet argent permettra le développement et la construction des futurs ATV, mais aussi des futurs vaisseaux, que nous avons présenté plus haut. En comparaison, le budget de la NASA alloué aux vols spatiaux est de 4509 millions d'euros, soit près de 17&nbsp;% de son budget total<ref>Chiffres calculés selon http://www.nasa.gov/pdf/420990main_FY_201_%20Budget_Overview_1_Feb_2010.pdf</ref>.
[[Fichier:budget ESA 2010.png|thumb|Budget de l'ESA en 2010. Source&nbsp; : ESA]]
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