Différences entre les versions de « États généraux du multilinguisme dans les outre-mer/Thématiques/Les technologies de la langue, la présence des langues sur la toile et sur les réseaux sociaux »

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Le développement de la diversité culturelle et linguistique sur internet nécessite également une meilleure connaissance de la présence des langues sur internet, ainsi qu’un accompagnement pour la constitution de réseaux sociaux et de communautés de locuteurs.
 
==Table-ronde==
==Propos introductif : [http://www.wikimedia.fr/salari%C3%A9s Adrienne Alix] ([[w:Wikimedia|Wikimédia]] France)==
 
===Propos introductif : [http://www.wikimedia.fr/salari%C3%A9s Adrienne Alix] ([[w:Wikimedia|Wikimédia]] France)===
[[File:Adrienne Alix.png|thumb|Adrienne Alix]]
 
:''Merci Adrienne. Rozenn Milin de l’Association Sorosoro, je vous donne la parole.''
 
===Expert 1 : [[w:Rozenn Milin|Rozenn Milin]] ([[w:Sorosoro|SOROSORO]])===
[[File:Rozenn Milin.png|thumb|Rozenn Milin]]
Je vais essayer d’être brève pour vous parler de Sorosoro. C’est un programme qui travaille à la sauvegarde des [http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/endangered-languages/ langues en danger] sur des supports audiovisuels et numériques, pas seulement sur l’outre-mer, c’est un programme généraliste qui s’occupe de toutes les langues du monde, mais qui a aussi travaillé sur l’outre-mer, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie en particulier, grâce à la [[w:Délégation générale à la langue française et aux langues de France|DGLFLF]] du ministère de la Culture et de la Communication qui nous accueille ici et encore merci de cette invitation.
:''Merci. Marcel Diki Kidiri vous faites partie du Réseau Maaya qui essaye de mesurer la présence des langues sur internet.''
 
===Expert 2 : Marcel Diki Kidiri ([http://maaya.org/spip.php?article12 Groupe MAAYA])===
[[File:Marcel Diki Kidiri.png|thumb|Marcel Diki Kidiri]]
En 2005 à l’occasion du [http://www.itu.int/wsis/index-fr.html sommet mondial pour la société de l’information] qui s’est tenu à Tunis a été créé à l’initiative de l’[[w:Académie africaine des langues|Académie Africaine des Langues]], le réseau Maaya qui est un réseau mondial pour la diversité linguistique. Maaya est un mot [[w:Mandingue (langue)|mandingue]] qui se traduit en français par humanitude et en [[w:Langues bantoues|langue bantoue]] par un mot qui renvoie à la divinité de l'homme. Depuis sa création, ce réseau a organisé un forum international à Bamako en 2007 sur la diversité linguistique dans le monde et quatre symposium internationaux, deux en [[[w:Russie|Russie]], un à [[w:Barcelone|Barcelone]] et un à [[w:Brasilia|Brasilia]] sur la diversité linguistique dans le cyberespace. La question de la diversité linguistique dans le cyberespace est très présente dans les activités de Maaya qui est entrain de mettre en chantier un très ambitieux programme de création ou de production d’un nouveau moteur de recherche pour une meilleure mesure de la diversité linguistique dans le cyberespace.
:''Merci Marcel Diki Kidiri . Le représentant de l’institution auquel nous avons demandé d’apporter son point de vue à cette table ronde est chargé de la publication au Centre National de Documentation Pédagogique et s’intéresse particulièrement au support virtuel.''
 
===Représentant de l'institution : Bruno Dairou ([[w:Centre national de documentation pédagogique|Centre national de documentation pédagogique]])===
[[File:Bruno Dairou.png|thumb|Bruno Dairou]]
 
 
 
==Restitution des ateliers==
==Vos réactions sur cette table ronde==
===Les possibilités offertes par les technologies de la langue pour améliorer la relation aux usagers dans les services publics===
 
*Modérateur : [http://perso.limsi.fr/Individu/mariani/ Joseph Mariani] ([http://www.immi-labs.org/?lang=en Institut des technologies Multilingues et Multimédias de l’Information] / CNRS)
 
Cette thématique de l’atelier portait sur « les technologies de la langue pour l’aide aux usagers des services publics ». L’atelier a commencé par faire une description de ce que sont les technologies de la langue et également de l’importance de pouvoir disposer de données afin de pouvoir développer ces technologies. Je crois qu’il y a eu un accord unanime au sein de l’atelier, pour dire que les technologies de la langue sont nécessaires et, pour certains, sont même indispensables si on veut permettre le multilinguisme.
On note actuellement une explosion des applications de ces technologies et, en particulier, sur l’internet, mais également sur les terminaux mobiles. Mais on constate également et donc, là, c’est souligné très justement par [http://llacan.vjf.cnrs.fr/pers/p_diki.htm Marcel Diki Kidiri], ces technologies n’existent que pour 1% des langues qui sont parlées dans le monde. Donc elles existent pour une soixantaine de langues sur les 6000 qui sont parlées dans le monde. Et je pense que c’est une constatation qui est tout à fait essentielle.
Les propositions que l’on fait sont de se donner pour objectif de développer les technologies de la langue pour toutes les langues de France et en particulier pour les langues d’outre-mer, et donc pas uniquement pour le français, et ce dans le cadre d’une recherche coordonnée, d’adapter les technologies qui existent pour ces langues, de produire les données, les corpus, les lexiques qui sont nécessaires au développement de ces technologies et d’évaluer systématiquement les performances qui sont obtenues pour les comparer aux besoins les applications que l’on vise.
Alors quelles technologies ? On ne va pas brasser l’ensemble des technologies pour commencer, donc en choisir quelques unes.
On a pensé qu’il fallait peut-être privilégier les technologies qui ont trait à l’oral. Donc la reconnaissance de la parole, la synthèse vocale, cela parce qu’il y a un intérêt pour les langues à tradition orale sans système d’écriture, parce qu’il y a un intérêt également pour les cas d’[[w:Illettrisme|illettrisme]] ou d’[[w:Analphabétisme|analphabétisme]], parce qu’on peut profiter de cette manière-là du formidable déploiement de la téléphonie mobile que j’évoquais et enfin, parce qu’en permettant le passage de l’écrit à l’oral et réciproquement, c’est également une aide qu’on peut apporter au [[w:Handicap|handicap]] dans l’accessibilité à l’information et ce, donc, pour les [[w:Malvoyant|malvoyants]] et les [[w:Hypoacousie|malentendants]]. Donc cette notion d’accessibilité.
D’autres technologies auxquelles on peut penser en priorité, c’est la traduction automatique, la traduction vocale et cela permettrait peut-être de résoudre le problème de traduction simultanée en 50 langues qu’évoquait tout à l’heure Xavier North.
Dans le cadre de ces développements de technologie, peut-être privilégier tout ce qui est [[w:Logiciel libre|logiciel libre]] et donnée libre.
Quelles langues ? Alors on ne va peut-être pas attaquer de front les dizaines de langues auxquelles on peut penser, mais peut-être choisir quelques langues, 4 à 5 pour commencer, travailler peut-être par famille de langues en les identifiant, avoir peut-être un intérêt particulier, ça a été souligné, pour les langues véhiculaires, et en ce qui concerne la traduction, peut-être commencer par la traduction de et vers le français puisque nous avons le français en partage.
Quelles applications pour les besoins des usagers des services publics ? Ça constitue quelques pistes qui sont encore à approfondir, peut-être en lançant une enquête auprès des usagers.
On a mentionné la traduction pour les usagers de la poste, des banques, dans les hôpitaux, puisque qu’on voit qu’il existe actuellement une barrière des langues qui constitue un obstacle à la qualité du service rendu au public, cela a été mentionné pour plusieurs de ces services. Traduction pour les soins médicaux et donc, là, on peut penser que la machine peut assurer une confidentialité que ne permet pas à l’heure actuelle les médiateurs humains, cela a été souligné au tout début de cet après-midi.
Également traduction pour pouvoir publier dans sa langue maternelle et accéder aux ouvrages et aux documents que l’on peut trouver sur les bibliothèques numériques.
Quelques autres exemples d’applications auxquelles on peut penser. Des bandes vocales plurilingues dans les musées ou dans les administrations, l’aide en ligne pour l’apprentissage des langues. Et également tout ce qui concerne le sous-titrage automatique et peut-être même la traduction à la demande des émissions radio ou télédiffusées. Disons que le principe fondateur étant de permettre à chacun d’accéder à l’information, à la connaissance, quelle que soit la langue dans laquelle elle a été codée.
 
===Présence et dialogue des langues et des cultures sur internet===
 
*Modérateure : Rodica Ailincai / IUFM de l’[[w:Université de la Polynésie française|université de la Polynésie française]]
 
Je ne vais pas résumer l'atelier parce que Thibault Grouas a fait un document très fidèle aux échanges qu’on a eus. Donc je présenterai l’ambiance générale, les idées qui se sont dégagées seulement. Échanges riches, beaucoup de participants, beaucoup de propositions, de discussions, de débats, de partages d’expérience, des pratiques, une atmosphère créative et productive donc l’ensemble des préconisations, selon moi, se sont situées d’un point de vue matériel, d’un point de vue contenu.
D’un point de vue matériel, il s’agit de la création de points d’accès à internet dans tous les villages et sites isolés. Parce qu’on a des paraboles, mais il faut qu’elles fonctionnent encore parce que les dispenser à internet donc pourquoi pas les écoles et les villages. Équipement aussi des sites isolés et éloignés, des communes pratiquant les langues autochtones et s’assurer des aspects techniques de la gestion de ces centres. Et de leur bon fonctionnement.
Au niveau contenu, il y a aussi deux volets, parce qu’il y a toujours le formel donc l’école et il y a aussi l’informel.
Dans le formel, il s’agissait des sites en langues outre-mer avec une exigence de contenu des qualités. Si on écrit en créole sur le site créole, il ne faut pas faire de fautes d’orthographe, il ne faut pas raconter n’importe quoi si le professeur voit ça. Versus, l’espace libre d’échanges sans exigence de forme et d’orthographe où les enfants peuvent s’exprimer librement, dire ce qu’ils veulent sans se soucier de l’orthographe, ce qui les empêcherait de s’exprimer librement.
Dans le cadre du formel, on a aussi eu une proposition très intéressante : l’introduction des nouvelles technologies dès la maternelle avec une vraie formation, parce qu’on sait aujourd’hui que, parfois, on forme les parents à travers les enfants. À cet âge-là, les parents se soucient beaucoup de ce que l’enfant a appris à l’école donc ce partage peut être aussi très bénéfique pour les parents.
Partage des faits culturels, savoirs, savoir-faire au niveau communauté. Enregistrement sons, fiches techniques, je n’entrerai pas dans les détails, mettre des faits culturels, donc, avec l’accord des communautés, sur internet, faire partager la culture. Il y a eu beaucoup d’autres idées. Comment faire vivre le site une fois qu’on l’a créé ? Traduction ou pas ?
Et il y a une autre idée très intéressante qui s’est dégagée ici, l’utilisation d’un site dans sa langue maternelle peut parfois favoriser une intimité culturelle (on a retenu ce terme), on a parfois envie de dire une chose sans la traduire et si on a envie de la traduire, on la traduit soi-même. Donc cette idée de traduction où on sait que les machines ne le font pas bien aujourd’hui, où ce n’est pas satisfaisant, on peut faire le choix de le faire soi-même ou, quand on a besoin de savoir ce qui se dit, on peut le demander et on trouvera de l’autre côté des interlocuteurs qui vont le faire.
 
===Atelier d’écriture [[w:Wikipédia|Wikipédia]]===
 
*Modérateure : [http://www.wikimedia.fr/salari%C3%A9s Adrienne Alix] ([[w:Wikimedia|Wikimédia]] France)
[[Catégorie:États généraux du multilinguisme dans les outre-mer]]
 
Pour l’atelier « Wikipédia » qui était donc très centré sur un sujet et en petit comité, on a d’abord fait le constat que wikipédia était très peu investi par les langues d’outre-mer contrairement au contenu concernant l’outre-mer dans la langue française. Donc il y a un très fort déséquilibre entre le français et les langues d’outre-mer.
La discussion avec les différentes personnes a montré ensuite que c’est pourtant un outil qui peut être assez fondamental dans la légitimation des langues, dans leur diffusion, dans leur transmission, pourquoi pas aussi un outil de stabilisation écrite des langues par le dialogue et le consensus entre les différents contributeurs. Et contribuer sur wikipedia en français à propos de l’outre-mer et contribuer dans les langues de l’outre-mer sur tous les sujets encyclopédiques, scientifiques, culturels, littéraires, etc. pouvait être un outil vraiment intéressant pour lutter contre cette idée de complexe de dévalorisation qui est quand même très présent et favoriser le sentiment de légitimité des langues locales sur internet.
Ce que je retiens aussi, c’est que les personnes présentes se sont trouvées extrêmement motivées pour créer des versions linguistiques de wikipédia dans leur langue, donc c’est un très bon espoir et j’espère que ce sera concrétisé. Et une préconisation que l’on pourrait faire, c’est de proposer que l’association Wikimédia France qui a pour objectif de favoriser l’émergence de wikipédia travaille avec les différentes communautés et avec les différentes institutions, et notamment la DGLFLF, au soutien et à la coordination de créations de versions linguistiques de wikipédia dans les différentes langues locales, avec le bémol de la question à régler des langues qui ne sont pas encore écrites et donc là, on se retrouve avec l’éternel problème de l’oral et de l’écrit.
 
==Recommandations==
==Vos compléments d'informations et commentaires==
* Renforcer de manière significative les infrastructures permettant l’accès à l’internet sur les territoires de l’outre-mer, notamment dans les zones les plus isolées, les établissements publics, les écoles.
* Mettre en place un véritable programme pour faire entrer l’internet dans les écoles dès la maternelle, et développer l’usage des technologies pour l’apprentissage des langues maternelles, l’éducation à la maîtrise de l’écrit, la lutte contre l’absentéisme et l’[[w:illettrisme|illettrisme]].
* Mettre en place un programme d’introduction des outils d’aide à la traduction et à l’interprétation, et de bornes vocales plurilingues dans les services publics, pour améliorer les services aux usagers.
* Encourager l’usage de l’internet par les citoyens dans leur langue maternelle, notamment au moyen des réseaux sociaux, de la messagerie instantanée, des tchats, ou des sites de partage de vidéos, avec pour objectif de briser le complexe qui empêche les citoyens de s’exprimer dans leur langue maternelle.
* Mettre en place une action stratégique appuyée ou coordonnée par le ministère de la Culture et de la Communication en faveur du développement des pratiques d’écriture en langues de France sur [[w:Wikipédia|Wikipédia]] notamment à l’école, et encourager l’émergence de communautés de contributeurs sur les territoires d’outre-mer.
* Développer les technologies de traduction automatique du texte et de la parole, pour toutes les langues de France, et en particulier pour les langues d’outre-mer, dans le cadre d’une action de recherche coordonnée impliquant une évaluation systématique les performances obtenues par ces technologies au fur et à mesure de leur développement, et une mesure régulière des besoins des usagers.
* Disposer de systèmes de traduction et de référencement en langues régionales, pour accéder aux ouvrages, ou plus généralement aux documents dans les bibliothèques numériques.
* Développer les applications et interfaces orales avec restitution orale (reconnaissance vocale, aide à la traduction) pour les langues minoritaires et non écrites, et à destination des publics fragilisés ([[w:illettrisme|illettrisme]], [[w:Analphabétisme|analphabétisme]], [[w:Déficience visuelle|handicaps visuel]] et [[w:Surdité|auditif]]).
* Développer les corpus en langues régionales, en quantité et de qualité suffisantes pour développer les technologies de la langue. On pourra s’appuyer notamment sur les ressources de Wikipédia et du [[w:Wiktionnaire|Wiktionnaire]] en langues de France.
* Encourager le développement ou l’utilisation de [[w:Logiciel libre|logiciels libres]], de [[w:Plate-forme collaborative|plates-formes collaboratives]] et de données libres de droits pour le développement des technologies de la langue.
* Mettre à disposition du public des outils pour le sous-titrage automatique et la traduction à la demande des émissions radio ou télédiffusées.
* Répertorier la présence sur internet des langues parlées en outre-mer.
 
 
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