« Précis d'épistémologie/La valeur du savoir » : différence entre les versions

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Quand nous disons ce que nous savons ou croyons savoir, nous devons être capable de dire pourquoi cela doit être reconnu comme un savoir. Nous le faisons avec un raisonnement qui a toujours la même forme :
 
PourSi toutun énoncé x, si x satisfait le critère C alors xil est un savoir, or A satisfait le critère C, donc A est un savoir.
 
Nous reconnaissons le savoir avec des critères de justification du savoir. De façon générale  :
 
''Un énoncé est un savoir si et seulement s'il est vrai et justifié'' (principe n°1).
 
La vérité de ce principe peut être admise par définition du concept de savoir.
Si nous nous donnons l'observation ou la perception comme critère de savoir, nous nous exposons à l'erreur, parce que les observations sont parfois erronées. Si en revanche nous exigeons que les observations soient bonnes alors nous obtenons un principe irréfutable :
 
''Si un énoncé est une bonne observation alors il est vrai et justifié'' (principe n°2), et est donc un savoir.
 
Le principe est irréfutable parce que sa vérité peut être admise par définition des concepts de bonne observation et de justification. Si une observation n'est pas vraie alors elle n'est pas une bonne observation, par définition du concept de bonne observation. Si elle est une bonne observation, alors elle est justifiée, par définition du concept de justification.
Comme celui de bonne observation, le concept d'expérience bien contrôlée conduit à un principe irréfutable :
 
''Si une loi empirique est pleinement confirmée par une expérience bien contrôlée alors elle est vraie et justifiée'' (principe n°3), et est donc un savoir.
 
Le principe est irréfutable parce qu'il est vrai par définition des concepts d'expérience bien contrôlée et de justification. Si une loi confirmée par une expérience se révèle fausse à l'issue d'une expérience ultérieure, alors l'expérience initiale n'était pas bien contrôlée. L'expérimentateur ne contrôlait pas toutes les conditions susceptibles d'affecter son résultat, puisque le résultat a changé. Une loi confirmée par une expérience bien contrôlée est donc nécessairement vraie, par définition du concept d'expérience bien contrôlée, et elle est justifiée, par définition du concept de justification.
Dès que nous connaissons des énoncés vrais et justifiés, nous pouvons les prendre comme points de départ de raisonnements destinés à étendre notre savoir, parce que l'existence d'une preuve rationnelle est un critère de justification :
 
''Si un énoncé est la conclusion d'un raisonnement logique dont les prémisses sont vraies et justifiées, alors il est vrai et justifié'' (principe n°4), et est donc un savoir.
 
Ce principe est vrai par définition des concepts de raisonnement logique et de justification. Si les prémisses d'un raisonnement logique sont vraies alors la conclusion est vraie, par définition du raisonnement logique, et si en outre elles sont justifiées alors la conclusion est justifiée, par définition de la justification.
Les théories, qu'elles soient empiriques, éthiques ou abstraites, reposent toujours sur des principes (axiomes et définitions) dont la vérité est admise par définition des termes employés. De tels principes sont très faciles à justifier :
 
''Si un énoncé est un principe dont la vérité peut être admise par définition des termes employés alors il est vrai et justifié'' (principe n°5), et est donc un savoir (Descartes 1637, Pascal 1657).
 
Un principe vrai par définition se justifie lui-même. Il est nécessairement vrai, parce qu'il détermine la ou les interprétations qui le rendent vrai.
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