« Précis d'épistémologie/L'esprit, comment ça marche ? » : différence entre les versions

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L'esprit se programme lui-même pour bien penser et bien vivre en se donnant des bons principes et en décidant de les suivre.
(L'esprit se programme lui-même pour bien penser et bien vivre en se donnant des bons principes et en décidant de les suivre.)
Une décision est une action sur soi-même. On se transforme soi-même en passant de l'état indécidé à l'état décidé. Les décisions sont les actions volontaires de base, qui commandent toutes les autres actions volontaires. Quand on agit volontairement on commence toujours par agir sur soi-même, parce qu'on doit d'abord déterminer sa volonté.
 
Toutes les décisions déjà prises déterminent un programme d'actions, de transformation de soi et de son environnemement. On écrit le programme en prenant des décisions. Chaque décision nouvelle complète et modifie le programme existant. Un esprit est un système programmable qui écrit son propre programme. On agit sur soi-même en se programmant soi-même.
Pour faire une théorie de la conscience et de la volonté on a besoin d'une théorie de la décision.
 
Un système est autonome lorsqu'il obéit à sa propre loi, à une loi qu'il a lui-même choisie. La décision rend autonome, parce que nous pouvons décider des lois auxquelles nous obéissons. Dire qu'un esprit se programme lui-même n'est pas le réduire à un ordinateur, c'est expliquer comment il est libre.
 
Un esprit se programme lui-même en prenant des décisions. Tous les esprit se programment ensemble collectivement en prenant des décisions collectives.
 
L'esprit se programme lui-même pour bien penser et bien vivre en se donnant des bons principes et en décidant de les suivre.
On se décide sur ce qu'on imagine : des actions projetées, des règles auxquelles on pourrait obéir, des croyances... Pour faire une théorie de la décision on a besoin d'une théorie de l'imagination.
 
== La liaison entre les détecteurs et les effecteurs ==
L'évaluation qui précède une décision est une sorte de délibération collective, à laquelle nos ressources intérieures sont invitées à participer. Une fois que la décision est prise, ces mêmes ressources intérieures doivent la respecter. L'organisation intérieure qui permet à la volonté d'exister ressemble à une administration centralisée sans administrateur central. Une loi commune est décidée par tous et s'impose à tous. Nos projets volontaires sont proposés, élaborés et évalués par l'ensemble de nos ressources intérieures, et une fois adoptés, ils s'imposent à ces mêmes ressources intérieures, qui doivent obéir aux ordres qui leur sont donnés. Mais il n'y a pas de chef, pas d'administrateur central. Les modules exécutifs ne font qu'enregistrer des décisions prises par la collectivité. Eux aussi ne font qu'obéir à l'ordre commun.
 
Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central explique pourquoi le moi est comme une boucle étrange (Hofstadter 2007), en montrant comment le moi agitse perçoit lui-même pour agir sur lui-même.
Toutes les décisions déjà prises déterminent un programme d'actions, de transformation de soi et de son environnemement. On écrit le programme en prenant des décisions. Chaque décision nouvelle complète et modifie le programme existant. Un esprit est un système programmable qui écrit son propre programme. On agit sur soi-même en se programmant soi-même.
 
Un système est autonome lorsqu'il obéit à sa propre loi, à une loi qu'il a lui-même choisie. La décision rend autonome, parce que nous pouvons décider des lois auxquelles nous obéissons.
 
Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central explique pourquoi le moi est comme une boucle étrange (Hofstadter 2007), en montrant comment le moi agit sur lui-même.
 
Lorsque leurs comportements sont routiniers, les agents n'ont pas besoin de chercher longtemps des solutions, ils les trouvent spontanément parce que leurs modules cérébraux savent comment les produire, par instinct ou par habitude, ils se contentent de résoudre les problèmes qu'ils savent déjà résoudre. Mais face à une situation nouvelle, les réactions habituelles ne sont pas toujours adaptées. Il se peut que l'agent dispose des ressources intérieures nécessaires pour réagir comme il convient, mais qu'il ne sache pas les mobiliser, parce qu'il lui faudrait pour cela inventer un nouveau mode de coordination entre ses modules cérébraux. Aucun d'entre eux n'a les moyens de recruter les autres, alors qu'il suffirait qu'ils travaillent ensemble pour atteindre les fins recherchées. L'agent aurait besoin d'un compositeur-chef d'orchestre intérieur, capable de trouver des solutions vraiment nouvelles (Shallice & Cooper 2011). Le modèle d'administration centralisée sans administrateur central montre, sans postuler l'existence d'un esprit dans la machine, comment le cerveau peut fonctionner comme s'il était doté d'un tel compositeur-chef d'orchestre .
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