« Précis d'épistémologie/La valeur du savoir » : différence entre les versions

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Nous ne savons pas très bien. Nous ne pouvons pas tout savoir là-dessus parce que la science innove, parce que personne ne connaît par avance les explications qu'elle découvrira. Mais nous avons quand même des critères d'évaluation qui nous orientent dans la recherche des bonnes explications. La simplicité des principes, leur généralité, l'analyse de la complexité, la connaissance des fins, et parfois la beauté théorique, sont les principaux critères invoqués pour évaluer nos explications. Ils valent également pour les savoirs empirique, éthique et abstrait.
 
Demander la simplicité des principes, c'est simplement demander qu'ils soient en petit nombre et qu'ils puissent être formulés en peu de mots. Demander leur généralité, c'est demander qu'ils puissent être appliqués à un grand nombre de cas particuliers. De telles exigences peuvent sembler excessives et irréalistes. Pourquoi le monde avec toute sa complexité pourrait-il être expliqué à partir d'un petit nombre de principes simples ? Les êtres sont toujours différents les uns des autres. Pourquoi alors devraient-ils tous obéir aux mêmes principes ?
Demander leur généralité, c'est demander qu'ils puissent être appliqués à un grand nombre de cas particuliers.
De telles exigences peuvent sembler excessives et irréalistes.
Pourquoi le monde avec toute sa complexité pourrait-il être expliqué à partir d'un petit nombre de principes simples ?
Les êtres sont toujours différents les uns des autres.
Pourquoi alors devraient-ils tous obéir aux mêmes principes ?
 
À l'idéal d'intelligibilité on associe parfois la beauté comme critère d'évaluation des théories.
A l'idéal d'intelligibilité on associe parfois la beauté comme critère d'évaluation des théories. On demande qu'elles soient belles, ou qu'elles nous révèlent la beauté du réel. Ce n'est pas vraiment un critère parce qu'on ne sait pas d'avance ce qui fait la beauté d'une théorie ou de la réalité. Mais le désir de beauté est une motivation puissante pour la recherche du savoir. C'est un peu surprenant a priori. Pourquoi la réalité devrait-elle être belle ? Ne faut-il pas croire à la vie en rose pour affirmer qu'une théorie doit être belle pour être vraie, ou qu'elle doit révéler la beauté du monde ? Pourtant le désir de beauté n'est pas vain. En physique théorique surtout (Albert Einstein, Paul Dirac), mais aussi dans toutes les autres sciences, la recherche de la beauté a conduit aux découvertes les plus fondamentales.
On demande qu'elles soient belles, ou qu'elles nous révèlent la beauté du réel.
Ce n'est pas vraiment un critère parce qu'on ne sait pas d'avance ce qui fait la beauté d'une théorie ou de la réalité.
Mais le désir de beauté est une motivation puissante pour la recherche du savoir.
C'est un peu surprenant a priori.
Pourquoi la réalité devrait-elle être belle ?
Ne faut-il pas croire à la vie en rose pour affirmer qu'une théorie doit être belle pour être vraie, ou qu'elle doit révéler la beauté du monde ?
Pourtant le désir de beauté n'est pas vain.
En physique théorique surtout (Albert Einstein, Paul Dirac), mais aussi dans toutes les autres sciences, la recherche de la beauté a conduit aux découvertes les plus fondamentales.
 
==== L'analyse de la complexité ====
La compréhension des fins permet d'expliquer les comportements des êtres humains et de nombreux animaux. Pour expliquer ce qu'ils font nous avons seulement besoin de connaître ce qu'ils veulent et les moyens qu'ils se donnent. La compréhension des fins est fondamentale pour la préparation à l'action et l'apprentissage, parce ce que nous apprenons à agir en comprenant les fins des autres.
 
La compréhension des fins permet d'expliquer le fonctionnement d'un système artificiel. On le comprend en comprenant les inventeurs ou les ingénieurs qui ont imaginé les fins, les fonctions, que le système peut accomplir. L'explication par les fins est toute aussi fondamentale pour la science du fonctionnement des corps vivants, la physiologie (Aristote, ''Les parties des animaux''). Dans ce domaine, la valditévalidité de l'explication par les fins est a priori très étonnante, parce qu'il n'y a pas d'ingénieur qui ait dessiné les plans des corps vivants. Comment les organes des êtres vivants peuvent-ils avoir des fins s'il n'y a pas eu d'inventeur qui les a imaginées ?
 
La théorie darwinienne de l'évolution par sélection naturelle suffit pour dissiper ce mystère. Les formes vivantes sont naturellement sélectionnées par leurs capacités à atteindre leurs fins (croissance, survie et reproduction). Si leurs organes n'accomplissent pas leurs fonctions, elles ne laissent pas de descendance. L'accumulation de petites variations à chaque génération et la sélection de celles qui sont les plus fonctionnelles suffisent pour expliquer l'apparition de toutes ces formes vivantes, tellement sophistiquées qu'elles vont souvent bien au delà de la compréhension des ingénieurs (Darwin 1859, Dawkins 1997).
Un savoir éthique peut conduire à l'autodestruction, s'il nous fait mépriser ce dont nous avons besoin pour vivre. On assiste alors au triste spectacle d'une volonté qui s'anéantit elle-même, à cause d'un mauvais savoir éthique. Il faut que la volonté se veuille elle-même, qu'elle veuille continuer à exister, qu'elle ne souhaite pas sa propre destruction. Il faut que l'esprit soit pour l'esprit (Hegel 1830). Ce principe est une vérité éthique universelle. Il ne se réduit pas à un simple égoïsme parce que nos besoins fondamentaux sont souvent des besoins sociaux. Quand nous sommes solidaires nous voulons que la volonté des autres continuent à exister. Vouloir l'esprit n'est pas seulement se vouloir soi-même, c'est aussi et surtout vouloir que la société continue à faire vivre l'esprit.
 
Une mauvaise interprétation de la théorie de Darwin affirme que la sélection naturelle impose nécessairement l'égoïsme.
Une mauvaise interprétation de la théorie de Darwin affirme que la sélection naturelle impose nécessairement l'égoïsme. Etant en compétition les uns avec les autres, les êtres vivants seraient obligés de toujours favoriser leurs intérêts individuels au détriment de ceux des autres. Le plus important serait d'avoir des griffes et des dents. Mais cette interprétation ignore l'omniprésence de la coopération et de la solidarité dans le monde vivant. Comme beaucoup d'animaux nous avons des instincts de solidarité. Croire que l'égoïsme est une loi de la nature est une erreur grave. Nous avons naturellement besoin d'être solidaires pour nous accomplir.
Étant en compétition les uns avec les autres, les êtres vivants seraient obligés de toujours favoriser leurs intérêts individuels au détriment de ceux des autres. Le plus important serait d'avoir des griffes et des dents.
Mais cette interprétation ignore l'omniprésence de la coopération et de la solidarité dans le monde vivant.
Comme beaucoup d'animaux nous avons des instincts de solidarité.
Croire que l'égoïsme est une loi de la nature est une erreur grave.
Nous avons naturellement besoin d'être solidaires pour nous accomplir.
 
 

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