Toki pona/Leçon 10: pi

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Vocabulaire[modifier | modifier le wikicode]

pi - particule
kalama - son, bruit
kute - écouter, entendre
kulupu - groupe, communauté, société
nasin - voie, chemin, méthode, doctrine

pi[modifier | modifier le wikicode]

On considère souvent que pi est une des plus grande difficultés grammaticales du toki pona. Souvent la confusion vient du fait que l’on cherche à raccorder pi à une catégorie grammaticale existante en français (article, préposition, etc.) alors que pi n’a, en réalité, aucun équivalent réel en français.

Définition : la particule pi est utilisée pour regrouper des mots composés lorsque ces mots composés sont utilisés comme qualificatifs d'un nom.

On se souvient qu’on a vu à la leçon 3 que les qualificatifs sont ajoutés un par un, et qu’ils précisent tous la signification du nom qu’ils qualifient. Comparons ces phrases (souvenons-nous : tomo telo = salle d'eau, telo nasa = alcool).

  • mi tawa tomo telo nasa. - Je vais dans la salle de bains bizarre.
  • mi tawa tomo pi telo nasa. - Je vais au bar.

Dans la première phrase, telo qualifie tomo, puis nasa qualifie l’ensemble telo tomo. L’usage de pi permet de remettre le curseur à zéro et de faire en sorte que les qualificatifs restants qualifient le mot suivant pi au lieu du mot initial. Ainsi, dans la deuxième phrase nasa est le qualificatif de telo, et c’est l’ensemble telo nasa qui qualifie tomo.

Autres exemples :

  • jan pi ma tomo - citadin
  • kulupu pi toki pona - la communauté du toki pona
  • nasin pi toki pona - la méthode du toki pona
  • jan lawa pi jan utala - officier
  • jan lawa pi tomo tawa kon - pilote d’avion
  • jan pi nasin sewi Kolisu - chrétien [nasin sewi = religion]

pi permet également d’utiliser les adjectifs composés comme pona lukin :

  • mi lukin e jan pona lukin. - Je regarde l’ami visuel.
  • mi lukin e jan pi pona lukin. - Je regarde la belle personne.

De même que l’un des usages des qualificatifs est d’indiquer la notion de possession, cela est vrai également des qualificatifs composés avec pi.

  • kili mi - mon fruit
  • kili pi jan Pita - le fruit de Pierre
  • ma ona - sa terre
  • ma pi jan pali - la terre du travailleur
  • len jan - la veste de quelqu’un
  • len pi jan lawa - la veste du chef
  • o kama tawa tomo mi! - Viens chez moi !
  • jan Ken li tawa tomo pi jan Lisa. - Ken va dans la maison de Lisa.

Exemple avec les pronoms composés (mi mute, etc) :

  • kili mi mute - mes nombreux fruits (mute modifie kili mi)
  • kili pi mi mute - notre fruit, nos fruits

Encore un exemple avec ala :

  • jan wawa - personne puissante
  • jan wawa ala - aucune personne puissante
  • jan pi wawa ala - personne faible

Qualificatifs complémentaires[modifier | modifier le wikicode]

Nous avons vu que les qualificatifs supplémentaires sont habituellement ajoutés à la fin. Ce n’est néanmoins pas possible avec pi si le qualificatif supplémentaire se rapporte au mot de tête (et non au mot composé suivant pi) :

  • len pi jan lawa lili - le vêtement du petit chef
  • len lili pi jan lawa - le petit vêtement du chef

C’est également le cas avec les pronoms, même si d’habitude on les ajoute à la fin :

  • tomo telo seme - quelle salle de bain ?
  • tomo seme pi telo nasa - quel bar ?
  • jan lawa ni pi tomo tawa - ce pilote
  • jan lawa pi tomo tawa ni - le pilote de ce véhicule

Erreurs courantes[modifier | modifier le wikicode]

pi sert à regrouper ensemble des qualificatifs. On ne doit donc pas l’utiliser entre un mot et son unique qualificatif. On ne dit pas *jan pi wawa mais jan wawa.

Par ailleurs, même si les constructions avec pi s’expriment souvent en français utilisant le mot « de », il ne faut pas traduire systématiquement « de » par pi :

  • mi kama tan ma Mewika. - Je viens des États-Unis (et non mi tawa pi…).
  • ona li toki e sina. - il parle de toi (et non ona li toki pi…).

Mots divers[modifier | modifier le wikicode]

kalama kute[modifier | modifier le wikicode]

kalama signifie « son », « bruit ». kute est un verbe signifiant « écouter », « entendre ».

  • kalama ni li seme? - Quel est ce bruit ?
  • mi ken ala kute e toki sina. - Je n’arrive pas à entendre ce que tu dis.
  • kalama musi li pona tawa mi. - J’aime la musique. [kalama musi (bruit récréatif) = musique]
  • kalama musi pi jan Petowen li pona kute. - La musique de Beethoven est agréable à entendre.

nasin[modifier | modifier le wikicode]

nasin signifie « chemin » mais aussi « méthode ». Ce dernier sens permet de traduire le français « comme », « comment ».

  • sina pali e ni kepeken nasin seme? - Comment fais-tu cela ?
  • o toki kepeken nasin ni! - Parle de cette façon !

e et lon pour dire à propos[modifier | modifier le wikicode]

Il n’y a pas de consensus parmi les tokiponistes sur la façon de traduire « parler au sujet de ». Certains utilisent un complément d’objet direct, donnant à toki transitif le sens de « parler de ». D’autres recommandent d’utiliser la préposition généraliste lon, mais ça pose un problème car du coup il y a risque de confusion avec, par exemple, un complément de lieu.

  • mi toki lon jan. - Je parle des hommes.
  • ona li toki e sona toki tawa jan lili lon tomo sona. - Il parle de linguistique à l’enfant dans l’école.
  • sina toki ala toki lon tomo sona? - Parles-tu de l'école ? ou Parles-tu dans l’école ?
  • mi toki lon tomo sona lon tomo mi. - Je parle de l’école dans ma maison. ou Je parle de ma maison à l’école.

Personnellement j’utilise et je recommande e. C’est le plus logique et le moins ambigu. Mais jan Sonja (qui a créé le toki pona) recommande lon, au motif qu’il y a rarement ambiguïté. En final il faut être capable de comprendre les deux tournures.

  • ona li toki tawa pipi. - Il parle à l'insecte.
  • jan lili li toki e ni: “mi wile e suwi.” - L’enfant dit ceci : « je veux un bonbon. »
  • jan sona toki li toki e toki Lasina. - Le linguiste discute au sujet du latin.
  • jan sona toki li toki kepeken toki Lasina. - Le linguiste parle latin.