Faire du plâtre

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Parmi les actes de base du bricolage, faire et poser du plâtre est un des actes réputés les plus difficiles.

Ciment vs Plâtre[modifier | modifier le wikicode]

À moins qu'il soit utilisé avec des accélérateurs de prise, le ciment offre un temps de travail plus long que le plâtre qui de ce fait devient le matériaux le plus compliqué à poser dans l'activité de bricolage.

Si le ciment peut être préparé en grande quantité et conservé dans une bétonnière, le plâtre est préparé juste à temps dans une auge et il doit être appliqué avec discipline et célérité.

Matériel[modifier | modifier le wikicode]

  • L'auge était autrefois en bois, de forme rectangulaire avec des parois inclinées pour faciliter le démoulage et nettoyage facilité par le fait que l'eau du plâtre et la chaleur de la prise font gonfler le bois, ce qui empêche l'adhérence du plâtre au bois, sauf s'il contient une résine d'accrochage ou pour certains plâtres synthétiques qui s'apparentent en fait à des colles. Les auges sont aujourd'hui le plus souvent en plastique ou en caoutchouc et peuvent être nettoyées plus facilement, en martelant l'un des côtés pour faire tomber les résidus séchés.
L'auge doit toujours être le plus propre possible sachant que toute impureté accélèrera le temps de prise.
  • La truelle permet de mélanger la plâtre et de tester sa consistance avant de l'appliquer. Elle doit être très propre et non rouillée pour éviter la coloration du plâtre.
  • De l'eau propre et non salée
  • Une plâtrière (taloche à lame métallique)
  • ou une règle (en aluminium de maçon, par exemple). La règle en bois ne colle pas au plâtre, mais peut se déformer avec l'humidité et la chaleur dégagée par le plâtre chauffant lors de la prise.

Préparation du support à enduire[modifier | modifier le wikicode]

Le support doit être dépoussiéré et humidifié s'il est très sec et poreux. Le plâtre adhère très mal sur le bois. Les plafonds traditionnels étaient faits à l'aide de plâtre accroché sur de fines lattes de bois. Une autre solution était d'écailler le bois avec un ciseau à bois en y laissant les débuts de copeaux fixés pour que le plâtre une fois figé y adhère.

  • Sur un mur, des linteaux de bois peuvent être préalablement positionnés au fil à plomb et/ou au niveau (un peu moins de tous les deux mètres pour une règle mesurant deux mètres).
  • S'il s'agit simplement de reboucher un trou, le mur servira de guide.

Préparer le plâtre[modifier | modifier le wikicode]

Il faut le préparer de manière à disposer de la quantité qu'il est possible de mettre en œuvre (variable selon l'habileté et l'habitude du plâtrier, selon le nombre de plâtriers au travail et selon la complexité du chantier).

Traditionnellement le plâtre (en poudre) est dispersé à la surface de l'eau à la main. On en rajoute jusqu'à ce que le plâtre affleure la surface de l'eau, et on attend le début de la prise pour l'utilisation. Il peut aussi être mélangé à la main (doigts ouverts) ou à l'aide de la truelle pour faire remonter d'éventuelles bulles ou détecter et fragmenter d'éventuels grumeaux.

Il doit alors être rapidement utilisé.

Proportions :

  • Pour le plâtre de scellement : 1 quantité d'eau pour 2 quantités de plâtre,
  • Pour le plâtre posé en enduit : 1 quantité d'eau pour 1 quantité de plâtre.

En diminuant la quantité d'eau, le plâtre sera plus dur. Il adhèrera également moins bien sur certains supports poreux.

Pour le plâtre à enduire : le résultat doit avoir la consistance de la pâte à crêpe, c'est-à-dire très liquide. Laisser reposer entre 10 et 15 minutes en fonction de la température ambiante. Le plâtre doit alors avoir la consistance d'un fromage blanc en faisselle. Mélanger à nouveau. C'est prêt !

Pose[modifier | modifier le wikicode]

  1. Passer une éponge pour humidifier la surface à enduire, qui doit être propre, non grasse et sans support de peinture. Si la surface pompe fortement l'eau, l'humidifier mieux (mais sans que la surface soit détrempée, ce qui empêcherait le plâtre d'adhérer).
  2. Appliquer le plâtre sur le mur, quand il a la "bonne consistance" en le levant de l'auge, et l'étaler brièvement avec la plâtrière.
  3. Passer la règle de maçon pour égaliser.
  4. Remplir les trous et recommencer de suite l'opération à la règle. On pourra éventuellement repasser une laitance (un plâtre plus liquide pour obturer les petites imperfections).

Remarques[modifier | modifier le wikicode]

  • La plâtrière sert à plaquer le plâtre sur le mur et à le lisser que si la surface est inférieure à sa longueur.
  • Ne pas hésiter à garnir généreusement le mur sachant que les excès seront étendus sur le reste de la surface avec la règle.
  • Pour les arêtes de mur, il faut coffrer, c'est-à-dire fixer une planche qui permet de délimiter le bord à plâtrer. On peut fixer des arêtes d'angle en aluminium pour consolider l'arête.
  • Le plâtre adhère bien sur le ciment, moins bien sur la pierre, et pas du tout sur le bois (le ciment, lui, n'adhère jamais sur le plâtre, car il en absorbe l'eau).
  • Le plâtre gonfle légèrement en durcissant, ce qui explique ses excellentes capacités de scellement.

Quelques trucs de professionnels, sculpteurs ou poseurs de stucs[modifier | modifier le wikicode]

  • Si la surface à couvrir est importante, un assistant peut préparer le plâtre au fur et à mesure que le plâtrier le pose.
  • Pour durcir un plâtre (tout en ralentissant fortement sa prise) et/ou pour permettre une très bonne adhérence d'un plâtre sur du polystyrène, on peut y mélanger certaines colles (colle à panneaux de type placoplâtre, de type « MAP » ou équivalent). Attention, le contact avec le polystyrène, le polyuréthane ou tout isolant accélère la prise du plâtre en augmentant sa température de prise. De plus, comme le plâtre gonfle en durcissant, s'il est étendu sur une grande surface plane, d'un seul côté, il tend à cintrer cette surface si celle ci n'est pas rigide (grande plaque de polystyrène par exemple).
  • Un moyen d'accélérer fortement la prise d'un plâtre, d'augmenter sa résistance au feu et son caractère isolant, est d'y ajouter du mica expansé, mais il faudra alors n'en préparer que de petites quantités, l'utiliser en quelques secondes ou minutes, et selon le dosage. Attention, le séchage est alors considérablement ralenti. Le matériau sera plus isolant avec un plâtre plus liquide, mais il sera également beaucoup plus long à sécher. Il est possible de travailler en couches successives, chaque couche étant posée après un bon séchage de la couche précédente.
  • Il existe des plâtres de moulage plus durs, durcissant moins vite, et produisant moins de bulles.
  • Il existe des plâtres de synthèse (très couteux) dont la dureté, une fois la prise et le séchage terminés, est comparable à celle de métaux (résistance au poinçonnement équivalent à celle de l'aluminium).
    Attention :
    ces plâtres montent fortement en température (jusqu'à 70 °C voire plus lors de la prise), ne pas chercher à mouler un corps humain, pas même un doigt.
    Ils "collent" et gonflent plus (le moule peut s'ouvrir tout seul, il doit être parfait et il doit être bien graissé (par exemple avec un produit à base d'huile de lin, de type carolin, qu'on a fait mousser avec un blaireau de rasage et qu'on a appliqué avec ce blaireau, jusqu'à ce que la surface soit couverte et sèche).
    Ces plâtres faits à partir de déchets industriels (récupération de gypse cristallisant dans des cheminées d'incinérateurs utilisant certains procédés de filtration) peuvent contenir des composés toxiques.
  • Pour des travaux (moulages par exemple) de haute précision utilisant des plâtres spéciaux, il est possible de passer le plâtre quelques minutes alors qu'il prend (dans l'auge ou après qu'il ait été versé dans le moule) dans une « chambre à vide » (sorte de boîte étanche dont on extrait l'air par une pompe à vide). cette opération est généralement dite débullage (le même procédé peut être utilisé pour les résines).