Apprendre la guitare/Guitare électrique

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La guitare[modifier | modifier le wikicode]

Type de micros[modifier | modifier le wikicode]

Corps de guitare électrique (stratocaster) avec 3 micros simples, le potentiomètre de volume et le chevalet fixe

Le son est capté par des micros magnétiques spécialement conçus pour capter les vibrations des cordes. Le rôle du micro est de transformer en signal électrique les vibrations des cordes et de transmettre ce signal à un dispositif d'amplification.

Une micro type « Humbucker »

Les deux formes les plus courante pour les guitares électriques sont les micros simple et double bobinage.

  • Les micros à simple bobinage (typiques des débuts de la marque Fender) possèdent un son claquant mais captent les bruits parasites de l'environnement ambiant, restituant des bourdonnements désagréables à fort volume.
  • Les micros à double bobinage ont été crées pour supprimer les sons parasites captés sur des micros à simple bobinage, il s'agit de deux bobines simples disposées de façon parallèles afin que s'annule l'effet de captage des sons parasites. Ces micros dits humbuckers se caractérisent par un son plus chaud, mais bien souvent également par un niveau de sortie plus elevé que sur des micros simple bobinage.
  • Il existe bien évidemment nombre de micros différents (triples et quadruples bobinage par exemple).

Les micros peuvent être réglés en hauteur, plus ou moins près des cordes grâce à deux vis de réglage situées à leurs extrémités :

  • près des cordes, le niveau de sortie est plus élevé, mais l'interaction magnétique entre le micro et la corde empêche cette dernière de vibrer longtemps ;
  • plus éloigné, le son sera moins fort, donc les parasites éventuels seront plus facilement audibles. De plus le « sustain » (durée de la vibration d'une corde) sera augmenté.

On peut souvent observer des boutons (potentiomètres/inverseurs) placés sur le corps de la guitare, ils permettent d'en modifier le son. Ces boutons sont constitués généralement d'un potentiomètre de réglage de volume du son, d'un sélecteur de micros (parfois sous la forme d'un sélecteur 5 positions pour les derniers modèles de type « stratocaster ») et d'un voire plusieurs potentiomètres pour régler la tonalité des différents micros.

Le sillet et le chevalet[modifier | modifier le wikicode]

Chevalet standard d'une guitare électrique (fixe)

Les cordes pincées à vides résonnent entre le sillet et le chevalet. Le sillet, qui est situé en tête de guitare, près des mécaniques, est une simple barre disposée perpendiculairement aux cordes, dotée de six encoches pour laisser passer ces dernières. Le chevalet est fixé sur le corps de la guitare, il peut être fixe ou avec articulation. Ce dernier est parfois accompagné d'une tige métallique à la fois conçu pour faire pivoter le chevalet (et créer un bend simultané pour toutes les cordes, cf. vibrato) et interférer avec le champ magnétique des micros.

Un chevalet mobile classique : le « Floyd Rose »

Le chevalet permet de régler les cordes selon deux axes :

  • l'axe parallèle aux cordes, via les vis fine tuner, qui permettent de faire en sorte que la corde sonne juste, quel que soit l'endroit où sont positionnés les doigts. En effet, pour des raisons mathématiques et de justesse du son, la distance entre le chevalet et la 12e frette doit être la même qu'entre la douzième frette et le sillet ;
  • l'axe perpendiculaire au corps de la guitare, via les vis de pontet, qui permettent de positionner la corde à la hauteur juste :
    • trop basse, elle friseraient (en vibrant contre les frettes en produisant un son parasite),
    • trop haute, elle gêneraient le guitariste lorsqu'il joue.

L'amplification[modifier | modifier le wikicode]

L'amplificateur permet d'amplifier le signal reçu par la guitare en entrée, et délivre en sortie le son grâce à un haut-parleur ou un casque. Les modèles modernes pour guitares et basses amplifient le son en deux fois. On distingue deux « étages » ayant chacun un rôle distinct et basés sur des composants électroniques appelés transistors et/ou lampes, suivant la technologie retenue par le fabricant. La différence qui réside entre ces deux techniques d'amplification sont :

  • le prix pour commencer, la technologie à lampes est beaucoup plus chère à l'achat puisque celles ci ont été remplacées dans les instruments électrique par les transistors il y a de ça de nombreuses années (fabrication de lampes en baisse puisqu'elles sont exclusivement réservées à l'amplification, donc hausse du prix) ;
  • le son lui aussi est très différent. Les amplifications à lampes ont un rendu sonore beaucoup plus chaleureux, propre et puissant (que ce soit en son clair ou en distorsion) par rapport à celles à transistor.

Le premier étage d'amplification est le pré-amplificateur ou pré-ampli, qui regroupe les fonctions d'égalisation ou de tonalité et de réglage de gain. Cet étage est d'une importance capitale pour les guitaristes et bassistes. En effet, il peut présenter un comportement dit non-linéaire permettant de provoquer un des effets les plus recherchés dans les instruments amplifiés : quand la sensibilité d'entrée (le « gain ») est poussée au maximum, un phénomène de distorsion du son est observé. Les sinusoïdes qui représentent le son produit par la guitare sont aplaties à leurs extrémités à cause de la non-linéarité des composants électroniques sur-sollicités par le gain trop important en entrée. Un signal sinusoïdal devient par conséquent crénelé, produisant un son caractéristique qui est recherché par les guitaristes de rock ou de blues. Dans les années 1960, des guitaristes comme Jimi Hendrix ont popularisé ce type de son, en combinant la distorsion du pré-ampli ou d'appareillages dédiés avec celle de l'amplificateur de puissance.

Le signal sortant du pré-amplificateur est injecté dans un étage amplificateur dit de puissance, qui se charge d'augmenter le signal à un niveau permettant d'alimenter un ou plusieurs haut-parleurs. Cet étage est lui aussi susceptible de produire un son distordu s'il est monté à son niveau maximal. La qualité de cette distorsion étant dépendante de la technologie de composant électronique utilisée : transistors, lampes ou tubes, etc.

Certain « couples » guitare/amplificateur sont devenus célèbres popularisés par tel ou tel artiste :

Effets[modifier | modifier le wikicode]

Pédale d'effet (compresseur).

La guitare électrique permet des effets impossibles avec un instrument acoustique. Si les techniques de jeu permettent de créer quelques effets sonores intéressants, on entend par « effets » la très large palette d'altération du son en continu basé sur le traitement du signal électrique fourni par les micros. Des effets extérieurs peuvent donc être greffés à loisir, par l'intermédiaire de pédales d'effets ou de rack. Parmi ces effets, on peut citer :

  • la distorsion du son, obtenue par saturation d'un étage d'amplification quelconque. Très utilisée en heavy métal et hard rock ; (exemple : Metallica, AC/DC, Black Sabbath, Jimi Hendrix, etc.) ;
  • le fuzz saturation puissante et typée (utilisée par Jimi Hendrix et nombre de groupes notamment dit rock psychédélique) ;
  • la réverbération, un écho plus ou moins lointain du son original simulant l'effet que peut produire l'émission d'un son dans une grande pièce fermée ou semi-ouverte ;
  • le delay ou chambre d'écho, une recopie du son de la guitare avec un décalage dans le temps paramétré par la durée entre chaque répétition et la variation du volume de ces répétitions en fonction du temps (exemple : l'introduction de Another Brick In The Wall part 1 de Pink Floyd, ou encore le jeu de guitare de The Edge du groupe U2 qui est un maître de cet effet) ;
  • le chorus, ajout au son de la guitare de légères perturbations en temps et en fréquence du son original, ce qui donne l'impression que plusieurs guitaristes jouent la même partition (exemple : introduction de Come As You Are de Nirvana) ;
  • le flanger, au fonctionnement dérivé du chorus (exemple : pont de Are You Gonna Go My Way de Lenny Kravitz) ;
  • le phasing, réinjection du signal avec variation de phase ;
  • la wah-wah, exagération d'une partie des fréquences du son piloté par une pédale dite d'expression : si celle-ci est baissée, les aigus sont favorisés, si elle est levée, ce sont les graves. L'alternance donne un effet caractéristique de couinement (exemple : la très célèbre introduction de Voodoo Child (Slight Return) de Jimi Hendrix) ;
  • le noise gate qui permet de couper automatiquement le son lorsque l'instrument n'est pas joué afin d'éviter le souffle produit par les appareils électriques intervenant dans la production du son ;
  • le treble booster, qui sert comme son nom l'indique, à "booster" les aiguës et aussi les médiums, mais d'autre part il ajoute une petite saturation (utilisé par Brian May, Rory Gallagher, Eric Clapton...) ;
  • le larsen, qui n'est pas un effet en soi, mais la conséquence (a priori indésirable) de la ré-injection en boucle (en anglais feedback) d'un son déjà amplifié, via le(s) microphone(s) de l'instrument relié à cet amplificateur. Il naît alors un son strident, dont l'amplitude croit jusqu'à la saturation. Certains savent néanmoins utiliser ce couplage acoustique avec musicalité, comme Santana dans "Samba-pa-ti" ou encore Gary Moore dans Parisienne Walkways, etc. ;
  • le compresseur permet d'agir sur la dynamique du signal entrant ;
  • l'octaver permet d'ajouter un doublage du signal à une ou plusieurs octaves au dessus ou en dessous de celui joué ;
  • La TALK BOX : le son de la guitare est amplifié, reproduit par un haut parleur (souvent à compression) dans un tuyau que le guitariste se met dans la bouche, fixé très près du micro de chant afin que celui-ci capte le son produit. Lorsqu'il joue et chante en même temps le son se mélange et donne un effet particulier modulé par l'ouverture ou fermeture de la bouche (qui se rapproche parfois de la wah wah). Trop fort cela endommage aussi les oreilles car le son est alors transmis dans la tête. Quelques exemples dans : "Generator" des Foo Fighters ou "Anything Goes" des Guns N' Roses.