L'agence spatiale européenne et l'indépendance de l'Europe/Galileo, système de navigation

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Sans doute avez-vous dans votre voiture ce système bien pratique qu'est le GPS, permettant de trouver sa position en temps réel et partout dans le monde. Finies, boussoles, cartes et altimètres ! Finies, les erreurs localisation, les fausses directions ! Désormais, avec un GPS, vous pouvez prendre la voiture ou vous promener en connaissant en tout lieu votre position, avec une rapidité quasi instantanée et une précision de l'ordre du mètre.

La navigation par satellites offre des avantages évidents pour la gestion des transports. Elle permet de renforcer la sécurité et d'améliorer l'écoulement des flux de trafic. Mais comment fonctionne ce système de localisation ?

31 satellites NAVSTAR forment une constellation à 20 000 kilomètres d'altitude. Ceux-ci émettent continuellement un signal comprenant l'heure d'émission et le code du satellite ayant émis, ainsi qu'un éphéméride et un almanach (c'est-à-dire une base de données contenant la position calculée du satellite sur plusieurs semaines). Le récepteur au sol capte ces informations. Connaissant la vitesse à laquelle le signal voyage (la vitesse de la lumière, c'est à dire 300 000 kilomètres par seconde), l'heure de réception, et la position du satellite (contenue dans l'éphéméride), le récepteur calcule sa distance au satellite. En corrélant les informations ainsi fournies par 3 satellites, il peut déterminer avec précision sa position.

Le GPS, acronyme de Global Positionning System, a été mis en place par l'armée des États-Unis dès 1978, pour commencer à être pleinement opérationnel en 1995. C'est donc un système vieillissant, qui ne possède pas les dernières avancées technologiques.

Vue d'artiste d'un satellite de la constellation GPS en orbite.

Le Département de la défense américain (DoD) a donc le contrôle des satellites GPS, et particulièrement des signaux émis. Si l'armée le demande, le signal peut être dégradé, empêchant toute localisation — il est à noter qu'un signal protégé par un mot de passe complexe reste accessible pour les militaires américains. « La dépendance actuelle, notamment vis-à-vis du GPS, soulève des questions d'ordre stratégique dès lors que les systèmes utilisés ne sont pas sous contrôle européen. Le défi consiste donc à garantir les besoins stratégiques européens »[1], selon la commission européenne.

Les services publics européens comme les pompiers, la police, ou même l'armée, ne peuvent donc pas se servir du GPS d'une façon fiable ou plus avancée qu'un basique utilisateur.

En 2001, après de longues tergiversations, l'Union européenne a pris la décision de construire son propre système de positionnement par satellite : Galileo.

Galileo aura des fonctionnalités avancées comparées au GPS. Grâce à la redondance des satellites, il pourra être utilisé par les services de secours européens. Grâce à sa précision, il pourra être utilisé pour guider les avions à l'atterrissage. De plus, le service SAR (Search and Rescue) pourra être employé par les utilisateurs en détresse pour prévenir les secours. En effet, les terminaux des usagers en difficulté seront capables de transmettre un message d'alerte, contenant la position de l'usager, qui est reçu par les satellites Galileo en vue. Ceux-ci redirigent ces messages vers un centre de contrôle, qui peut alors alerter les secours. Les opérations de sauvetage sont plus efficaces : la position de la personne à secourir est déjà connue !

En plus du service SAR, 4 autres services sont prévus : le service ouvert (OS, pour les particuliers), le service commercial (CS, payant et plus précis que l'OS), le service de la sûreté de vie (SoL, signal fiable et intègre pour les transports aériens et maritimes) et le service public réglementé (PRS, adressé aux militaires et aux services de secours). Galileo est actuellement, depuis décembre 2004, dans la phase de validation en orbite (IOV). Dès que les quatre premiers satellites de la constellation auront étés placés sur orbite, la phase Full Operational Capability sera démarrée. Cette phase fera l'objet d'un accord de partenariat public-privé, par l'intermédiaire de concessions entre institutions européennes et sociétés industrielles. Ce consortium tirera les bénéfices de Galileo pendant une vingtaine d'années. La commission européenne contrôlera la qualité du travail fourni par les sociétés.

Contrairement au GPS, Galileo n'est pas développé par l'armée, mais par des institutions civiles. Le 7 janvier 2010, la commission européenne a passé un contrat avec le fabriquant allemand OBH pour la construction des 14 premiers satellites Galileo, un contrat d'un montant de 566 millions d'euros[2].

Arianespace a remporté le contrat de lancement : 5 lanceurs Soyouz à lancer depuis la Guyane Française — un contrat de 397 millions d'euros, soit plusieurs années de travail.

Budget ESA 2010.png

Le budget consacré à la navigation par satellites est de 714 millions d'euros, soit 19,1% du budget total.

ABI Research a évalué le marché des systèmes de navigation par satellites « à plus de 900 millions d'unités vendues d'ici 2013 »[3]. Le marché des produits et des services engendré par la mise en place de la navigation par satellite devrait représenter 400 milliards d'euros d'ici 2025[4]. Galileo devrait générer 20 000 emplois et son exploitation créer près de 2 000 emplois permanents[5]. Le coût de Galileo pour la période 1999-2008 est estimé entre 2,2 et 2,95 milliards d'euros.

Galileo, qui devrait être utilisable dès 2014, génèrera près de 17,8 milliards d'euros de bénéfices chaque année, pour un coût d'exploitation de 3,9 milliards d'euros[6], soit un ratio de 4,6.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Selon http://europa.eu/legislation_summaries/internal_market/single_market_for_goods/motor_vehicles/interactions_industry_policies/l24205_fr.htm
  2. Selon http://fr.wikinews.org/wiki/Espace_:_OBH_construira_14_satellites_Galileo
  3. Selon http://www.businessmobile.fr/actualites/analyses/0,39044174,39377586,00.htm
  4. Selon http://www.industrie.gouv.fr/enjeux/europe/eurogalileo.html
  5. Selon http://europa.eu/legislation_summaries/internal_market/single_market_for_goods/motor_vehicle/interactions_industry_policies/l24205_fr.htm
  6. Selon http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/01/1637&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en