Les débats de Gérard de Suresnes/Le chaos, un art de vivre

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Le chaos, un art de vivre


Nous avons posé ce cadre, dans un ordre clair et ramassé, afin que le lecteur comprenne l'effusion de délires qui vont se produire dès 1997 dans le studio de FunRadio. D'autant q'une grande partie de ces événements s'est produite avant 1996.

Puisqu'on parle d'un personnage, il faut essayer de le voir agir comme tel, sans toutefois virer à la déshumanisation, qui est le risque pris pendant toute cette histoire par la radio et les auditeurs, à l'origine de polémiques a posteriori. Au fil du temps, l'émission où gérard est associée devient un véritable enchaînement de sketches, où Gérard exprime tout le potentiel du personnage qu'il est et Max toute la virtuosité de l'artiste radiophonique qu'il est.

Il serait fastidieux d'essayer de réaborder tous les débats les uns après les autres, dans cette partie, car leur contenu n'a rien de littéraire sous quelque forme que ce soit (et contrairement à ceux démarrant en 1998). nous avons donc fait le choix d'aborder, dans un paragraphe uni, tous les sketchs qui feront le succès des débats de Gérard. Puis, nous présenterons quelques raffinements dont ils ont fait l'objet à travers l'interaction de Gérard avec d'autres personnages de la radio libre. Enfin, nous évoquerons les phases entre janvier et octobre 1997 qui ont bâti puis présenté l'émission la plus cahotique de l'histoire de la radio.

Les sketchs de Gérard[modifier | modifier le wikicode]

En six mois radiophoniques, Gérard fera naître huit sketch qui feront le succès de toutes ses interventions. Après en avoir fait un tour d'horizon, nous les illustrerons par une émission qui les a pratiquement tous concentrés en quelques minutes.

Le sketch des habituels[modifier | modifier le wikicode]

Dans les six premiers mois des débats, Gérard reçoit, dans l'émission, des auditeurs qui l'insupportent. Il faut dire aussi qu'il a un objectif en faisant de la radio : échanger avec des filles. Très vite, les garçons l'agacent.

Il faut dire que dès le début, ce sont eux qui lui donnent la réplique et sont à l'initiative de tous les autres sketchs. Autant dire que gérard les prend rapidement en grippe.

Dès le mois d'avril 1997, le sketch consiste donc à placer Gérard en situation d'autorité vis-à-vis des gens assurant le standard : je ne veux pas d'habituels (comprenons, pas de garçons habitués aux débats). En réponse, l'équipe l'informe qu'il n'y en a pas et Gérard pourchasse sans relâche le mensonge et la trahison dont il est sûr de faire l'objet. Puisqu'il a du mal à les identifier, il devient paranoïaque et croit les entendre à toute occasion.

Cette « pourchasse » des habituels, qui jalonnera l'émission tout au long de sa vie, se termine par le second sketch : le départ.

Le sketch du départ[modifier | modifier le wikicode]

Dans ce scénario, Max se trouve au centre. Lorsque Gérard reçoit des auditeurs qui font allusion à son passé amoureux, ses interventions dans d'autres radios ou des soirées auxquelles il participerait, sa réponse est toujours la même : démenti, hurlements, puis « si ça continue j'arrête. » Ce discours revient plusieurs fois par soir.

Max, alors « paniqué », le supplie de rester. Parfois, gérard va plus loin en quittant le studio, mais il est toujours rattrapé et finit par revenir. Ce sketch dépassera le cadre des débats, gérard le jouant aussi quand il est contrarié dans d'autres interventions (pour son anniversaire par exemple).

Il faut dire que le nombre do'ccasions où Gérard voudra stopper est énorme. Toute invention sur la vie de Gérard ou révélation qu'il ne souhaite pas (sans d'ailleurs s'empêcher de la faire lui-même immédiatement) peut se conclure sur ce duo.

Ce sketch est le plus fréquent et ses déclinaisons dépendent des événements. Nous aurons l'occasion de les aborder rapidement, mais renverrons le lecteur à ces lignes pour le déroulé du scénario.

Le double-son[modifier | modifier le wikicode]

Timidement, l'équipe met en place un sketch qui prendra de plus en plus d'ampleur avec le temps. Il s'agit ici de jouer avec la technique de son pour déstabiliser Gérard, tout en ne comprenant pas qu'il le soit, voire en s'en offusquant.

Ce sketch commencera surtout une fois l'émission dans sa version « stabilisée ». à partir de ce moment, Gérard se plaindra souvent de s'entendre en double (le double-son), ou de ne plus s'entendre. Sa réaction est violente : jet du casque, cris, voire menaces de partir (sketch 2). en réponse, Max ou l'équipe nient, ce qui le rend encore plus hystérique.

Il faut s'en tenir là pour cette première partie, mais nous verrons que ce sketch fait partie des raffinements de la seconde partie au milieu même des débats.

Le sketch de la réputation[modifier | modifier le wikicode]

Les auditeurs mettent en place un sketch que soutiendra facilement l'équipe de Max. L'idée est ici de prétendre avoir entendu gérard sur d'autres radios, l'avoir rencontré dans des contextes homosexuels, avoir entendu ses poèmes ou ses remix en discothèque. La réaction de Gérard est uniforme : il nie, insulte le colporteur de la rumeur, exige des « preuves réelles », expulse au standard. Selon le moment, Max l'appuie dans ces moments-là, où entretient la rumeur en doutant de la bonne foi de Gérard. Quand l'équipe colporte, transmet ou soutient des rumeurs, Gérard s'emporte encore plus loin et peut aller jusqu'à menacer du départ.

Le charme du sketch est que tout en niant en bloc, Gérard se justifie, très maladroitement, s'en agace, et cela donne rapidement des échanges bruyants, anarchiques et surréalistes, en ce qu'ils mettent aux prises des gens qui savent qu'on manipule du factice, mais dont l'un ne peut pas s'empêcher de le traiter comme une rumeur crédible nuisible à sa réputation.

Ce sketch connaîtra des variantes. Ainsi, à partir du moment où les données personnelles de Gérard ne seront plus sous son contrôle, pris dans sa naïveté et son besoin maladif d'être entouré, Gérard livre assez d'informations pour devenir victime d'usurpation d'identité. Malgré des débordements réels, qui interviendront plus tard, il ne s'agit pas d'autre chose que de la création artistique ? Ainsi, des documents sont construits où Gérard est mis en scène comme leur auteur ou leur signataire. Ces documents n'ont aucune exploitation autre que de lui être envoyés ou lus, ou racontés, pour l'obliger à se justifier et le paniquer, ce qui aura toujours un franc succès.

La sexualité de Gérard[modifier | modifier le wikicode]

À partir du début 1997, Max commence à proposer à Gérard de faire la fête avec son équipe, au fil des discothèques où il va exercer la fonction de DJ. Il sait bien, de par quelques échanges privés, la réalité de la vie de Gérard, que le public découvrira petit à petit. Ému, il décide de lui offrir l'accès à la Locomotive, discothèque parisienne située à Pygalles, où il officie en tant que DJ le vendredi soir. Gérard y fera exploser ses rencontres, précieuses après sa rupture avec Christine début 1997. En réalité, il rencontrera une centaine de personnes, mais il aura l'impression, entreteneu par Max et les auditeurs, d'en cotoyer des millions.

Gérard est heureux à la Loco, il y développe une véritable vie sociale plus élaborée avec des gens. Il espère même faire des rencontres amoureuses, et il faut bien dire que certaines filles entament une aventure avec lui. Mais ces aventures se concluent vite, car la réalité rattrape Gérard et les filles le fuient, craignant ses abus dus à son alcoolisme et un malêtre constant du garçon.

Un soir, croisant quelqu'un au sortir des toilettes, se produit un échange étrange. Le résultat fut très rapide : le personnage Gérard, célèbre poète alcoolique, deviendra celui qui « se fait sodomiser dans les chiottes de la Loco ».

C'est suffisant pour créer une véritable « second life » à ce garçon. Autour de ses traits, Gérard verra apparaître des chansons parodiques, des magazines, des histoires, et toute une panoplie d'objets dédiés. Jusqu'ici, il était piraté pour ses poèmes, diffusés sous forme de parles d'instrumentales techno ; il est à présent invité à des soirées homosexuelles et de gigantesques partouzes où il donne des spectacles : poèmes, débats, sodomie. Le scoup du trimestre est la sortie, enregistrée sur CD et diffusable par la radio, d'une musique intitulée « les poèmes de Gégé », reprenant sur une musique rudimentaire quelques poèmes et surfant sur le prétendu succès de ces textes.

Ce fil directeur fera partie de la vie de Gérard pendant plusieurs années. Il l'entretient malgré lui par sa réaction. Très vite, on découvre qu'il ne sait pas le sens des mots « homosexuels », « travesti » et « hétérosexuel ». De plus, et sans raison, il affiche une haine vicérale contre les homosexuels et les « travelo ». Que les âmes sensibles se rassurent, cela n'avait ni origine, ni conséquences, ni finalité.

De nombreux sketch deviennent alors possibles sur ce fondement. Le premier consiste à raconter, en direct, une rencontre entre un auditeur et lui, l'auditeur étant le plus souvent homosexuel. La réaction est immédiate : il nie, insulte l'auditeur, expulse au standard, et quand l'équipe de la radio est hilare, la menace de partir et joue les autres sketch. Cela ne l'empêche pas de revenir à lui dès la séquence suivante, orchestrée par Max.

Le sketch de la vie[modifier | modifier le wikicode]

Comme on l'a vu, très vite mais en continu, le robinet des données personnelles de la vie de gérard s'est ouvert. Cette situation, hors de contrôle, a toujours des conséquences potentiellement sérieuses. Gérard, au surplus, a une vie relativement misérable. Nous en avons déjà dessiné quelques traits, mais aurons l'occasion d'y revenir.

Ce qu'on sait déjà, c'est que, par exemple, il a eu des aventures chimériques avec des filles diverses (Aurore, Carole) et une histoire plus sérieuse avec Christine. Or, quend elles se terminent, le plus souvent mal comme on aura l'occasion de le découvrir, Gérard résout son mal-être en « n'en parlant plus. » Mais du coup, les auditeurs en font des sketchs réguliers, en l'interrogeant sur ces histoires, voire, comme il refuse de dire ce que tout le monde sait, en inventant des fictions autour d'elles.

Le simple fait d'y faire allusion plonge Gérard dans une violente colère. Elle peut dégénérer en sketch de départ ou d'ultimatum, en insultes et autres échanges virils et violents. L'équipe y participe assez largement, car cela fait partie de l'histoire de Gérard. La complexité du garçon rend impossible de savoir si les souvenirs étaient douloureux ou s'il surjouait un rôle. Une autre hypothèse, qu'on aura l'occasion de développer, est qu'il se comportait comme un enfant, refusant d'assumer ses erreurs et incapables de les éviter.

Le sketch des ultimatums[modifier | modifier le wikicode]

Dans ce contexte, les auditeurs les plus créatifs font exploser leur imagination. Connaissant de plus en plus d'informations personnelles sur Gérard, leur jeu consiste à les utiliser dans des brochures, courriers, affiches, et autres supports de communication. Ces instruments font partie intégralement du sketch 1.

En réalité, ce sketch prend une autre tournure, virant au harcèlement assez rapidement. Comme souvent quand on se livre en pâture à la place publique, les gens en usent et abusent, déchaînant une violence facile et grégaire. Cela se renforce par l'idée, que réussit à faire passer Max, que ces documents sont diffusés à l'échelle de tout le pays, voire au-delà.

Sans trop y croire, Gérad exige la fin de ces harcèlements. Pour y parvenir, il lance des ultimatums, dont le premier intervient le 29 mai 1997. « ça en fait trois en l'espace de huit jours. Vous avez un mois pour vous calmer. C'est-à-dire que vous avez tout le mois de juin et les vacances. Si au moins de septembre j'entends encore des conneries c'est plus la peine de compter sur moi. »

Ce jeu rend hilare l'équipe, et Max le mobilisera tout au long de la carrière de Gérard.

Une pièce de théâtre regroupant tous les sketchs[modifier | modifier le wikicode]

On pourrait prendre de nombreux moments où tous ces sketch ont été joués, mais notre préférence va toujours aux émissions primitives, car c'est souvent l'occasion de leur découverte et d'hilarités. Nous avons donc choisi de développer l'émission du 29 mai 1997. Ce soir-là, Gérard doit animer deux débats et, comme le veut la coutume, vient quelques instants avant pour se préparer et lire son courrier.

Ce soir-là, on y trouve par exemple : « Entrée à 500 francs (75 euros) + bises de Gégé ; remix en solde au prix sans concurrence de 300 francs sur les K7, 110 francs, incroyable ! Pour la présence exceptionnelle de Gérard à rennes le 29 juin sur la commune de Belchiefer. Organisée par la mairie, une grande fête. »

« Samedi 31 mai à Nantes au Milor[1] : Gérard de Fun, lecture du poème inédit et en direct, strip tease et soupe de alngues ! Pour 50 france »

Il faut d'emblée observer deux paramètres clés. D'abord, notons que ces premiers courriers sont lus par Max lui-même, hilare face à ce texte. Et pour cause : rien n'y est véritablement vraisemblable ! Tout y est fait pour que, même si quelqu'un venait à le lire sans connaître, il ne se méprenne pas sur la réalité de ce qui y est inscrit. Mais Gérard, lui, ne voit pas cette évidence, et plonge dans une peur et une rage absolue, où se mélange, peut-être, une fierté d'être mis sur un tel piédestal, aussi factice soit-il.

Gérard reçois des affiches : « L'appel du 18 juin de Gérard »

Affiche rose, dans le style de celle du film « alerte à Malibu », on peut y lire : « Le 18 juin, Gérard xx de Suresnes, sera aux Zénith de Pau à l'occasion de son nouveau tube : les poèmes de Gégé. Version intégrale du remix « je voudrais te dire je t'aime », et un tube inédit. Pour seulement 250 francs, location FNAC Virgin Mégastore, Francebillets. Pour tout renseignement, contacter le fan-club de Gérard à Moncuq. Avec funradio et le magazine Star Club. »

L'affiche porte le nom de Gérard, sans qu'il se doute d'où les gens l'ont su. Il ne sera pas encore diffusé à la radio. Sa réaction est, en soi, hors du commun : « Je suis à la radio le 17 pour mon anniversaire, donc autant dire que je n'ai aucune chance d'être à Pau le 18 ». Mais il se défend ensuite : « non je ne renverrai pas l'affiche signée de ma main à celle qui me l'a envoyée. »

L'équipe est hilare. Gérard menace e : « ça en fait trois en l'espace de huit jours. Vous avez un mois pour vous calmer. C'est-à-dire que vous avez tout le mois de juin et les vacances. Si au moins de septembre j'entends encore des conneries c'est plus la peine de compter sur moi. » Ce sera le premier ultimatum de Gérard, qui crée là un concept que Max mobilisera souvent autant qu'il sera possible. Bien sûr, Max surfe entre le rire et l'absurde : « donc, pendant juin, ils peuvent continuer en fait. » « No, s'exclame Gérard. Si au moins de juin ça continue… de t'manière ya pas grand-chose à dire, yen a ras-le-bol ».

Gérard ne comprend pas comment on peut faire circuler à son sujet des projets de soirées dont il n'et pas au courant et qui, selon lui, se feraient dans le dos de ses « directeurs » 'Max et la radio, quoiqu'il n'y travaille pas). Il leur jurera fidélité !

Tout en soutenant, Max le défie en tournant en dérision totale le courrier reçu : « Encore des soirées, gémit Gérard en épluchant son courrier un peu plus tard avant son débat. Une du 3.

— Donc en somme, tu es pris le 28, le 29, le 30, tous les soirs.

— Ils iront se faire foutre, c'est du baratin, qu'ils ne comptent pas sur moi.

— Ca veut dire que si c'est de vraies soirées, ils vont pas se faire foutre, relève Max malicieusement

— Non même

— Ah tous alors ? Baratin ou pas ?

— Tous ! »

Gérard ne peut pas suivre, il est ablloté au fil de l'agilité de Max et complice inconscient d'un sketch.

L'équipe renforce : Florent reprend l'affiche et dit à Gérard : « ouai mais le tube inédit, tu sais forcément ce que c'est, t'es pas crédible. » « Ils ont ton nom de famille, tu leur a donné, ce n'est pas moi, ni nous ». Traité de menteur, Max n'en pointe pas moins les invraisemblances du courrier, comme l'alliance Nostalgie et Funradio. Mais cela ne permet pas à Gérard de sortir de son illusion.

Ce soir-là comme beaucoup d'autres, l'équipe va encore plus loin. Julie ouvre le bal : « L'autre problème Gérard, c'est que à cause de toi, Florent va en justice.

— Moi j'ai rien fait pour le foutre dans la merde

— Si, tu es allé voir les flics

— Non

— J'ai reçu, intervint Florent, une plainte de la police signée de ta main »

Gérard hurle alors : qui a signé ? Et bien sûr, Florent ne peut pas lui montrer le document. « Aucune preuve à me fournir ! » Ce concept de preuve pèsera lourd dans la suite, et Gérard crie à l'imposture.

Julie entretient également la rumeur : elle a cru le reconnaître sur Europe 1, mais après vérification, cela s'avère faux. Donc, déduit Max, des imposteurs se font passer pour Gérard dans les radios ou discothèques pour se faire de l'argent. « Il est interdit, dit Max « sollennellement », d'utiliser le nom de Max le star system, de Funraio ou de Gérard. C'est des marques qui vont être déposées si vous continuez. »

Le sketch de l'alliance fonctionne à merveille. Max s'offusque ensuite, quand Gérard lui lit la lettre, s'emportant contre ces imposteurs. Pour autant, il invite Gérard à relire les fassicules, ce qui pourrait évidemment provoquer l'effet contraire à celui recherché de la dénonciation et de la discrétion pour ne pas leur faire de publicité.

Les avant-débats, sous cet angle, deviennent totalement débridés et fous. Max rit, soutient, défie, alterne tous les registres, le théâtre est lancé. « Des auditeurs se plaignent, dit-il, car les auditeurs vont à ces soirées, paient et tu n'y es pas. » C'est, prétend-il, dans son courrier personnel, à lui, Max.

Les démentis s'enchaînent et se ressemblent, dans des sketchs théatraux où l'équipe joue un rôle clé. « Quand on joue au con avec Gérard, dit Max ce soir-là, c'est lui le meilleur ! » Et Gérard se sent soutenu.

Les auditeurs participent à ces moments : « Je tenais à remercier Gérard, dit l'un d'eux, d'avoir adhéré à notre association et on voulait t'annoncer devant tout le monde que tu avais été élu, à la majorité président d'honneur de l'association Homo, Sex & Sun »

Gérard bondit. Cette association regroupe les homosexuels de France, Gérard y serait inscrit récemment et aurait envoyé une lettre avec un poème. Ce dernier dément avec emportement : « Je vous ai jamais envoyé de courrier, de poèmes, je n'ai pas vos adresses. »

Florent doute : « tu écrivais à tes amis homosexuels non ? » « Dans notre journal, distribué dans toute la France, on a fait une double page sur toi avec ton poème.

— L'été c'est le 21, t'es en plein bourgeon toi non ? Si tu commences à avoir les ragnagna à ton âge, c'est grave, mon petit. »

Le sketch se poursuit : « tu t'es porté volontaire pour encadrer un groupe de 40 homosexuels suisses sur quatre jours. » L'auditeur raconte des échanges qu'il aurait eus avec Gérard, qu'il nie violemment : « Ton groupe de 40 homo, tu te le mets dans le cul ! T'iras à Leclerc chercher des couches hygiéniques et tu te les mettras pendant ces trois jours !

— J'ai peut-être fait une gaffe, « hésite » l'auditeur. J'aurais peut-être pas dû le dire devant tout le monde.

— Si t'as les chevilles qui enflent, ça me fait de belles jambes.

— En tout cas o voulait remercier Gérard de venir nousdire bonjour tous les lundis midi. »

Max rappelle l'ultimatum, Gérard réclame le magazine à la radio, qui serait distribué dans le métro. « Envoie l'original, pas un truc falsifié. » « Bonne nuit à toi ! Tu dégages au standard ! Termine gérard. »

Ce qui est sûr, c'est qu'associer Gérard à la communauté homosexuelle, ça fonctionne parfaitement pour le sketch. Sa réaction est vicérale, prévisible et systématique. Avant d'en apporter l'illustration suivante, il convient de préciser deux choses essentielles. D'abord, dans cette période, la société s'autorisait beaucoup plus de choses et d'écarts qu'aujourd'hui. Tout comme le diront plus tard les Inconnus, des sketchs ciblant des communautés étaient, entre 1970 et 2000, plus acceptables qu'aujourd'hui. Il suffit pour s'en convaincre de se remémorer les sorties de Coluche ou de Pierre Desproges sur les Juifs, les Noirs, les Arabes, qui faisaient rire la France entière sans que le moindre doute n'existe sur la totale ouverture d'esprit de ces comédiens. C'est donc pour cette raison qu'à cette époque, qui plus est après minuit, ce genre de sketch répété était admis de tous. La seconde chose essentielle est de se rappeler ce que Gérard avait mont'é à l'occasion du débat sur l'échangisme : une absolue incapacité intellectuelle, voire au-delà, à raisonner correctement. Dès lors, s'il peut paraître comme homophobe, il faut garder à l'esprit qu'il n'en a ni consicnece, ni souhait, et s'inscrit plutôt dans une sorte de réaction pulsionnelle, renforcée par son « orgueil » d'être en public. Mais sa « responsabilité » dans la tenue de tels propos n'est pas à rechercher, tant il n'a pas conscience de ce qu'il fait, dit, génère, et tant la réalité est éloignée de lui. C'est ce qui le rend témoin d'une époque et qui le rendra victime d'une époque future.

Passablement agacé par les événements précédents, Gérard supporte mal les séquences qui suivent. D'abord, il rejette l'appel d'un auditeur prétendant avoir eu un rapport homosexuel avec lui. « Je suis monté à Paris, et à la terrasse d'un café, je vois un mec beau comme un camion. Je m'approche, et ça sentait fort le parfum. On boit un verre, on fait connaissance, et je découvre que c'est Gérard.

— Ca serait où ?

— Si je te dis le nom tout le monde va y aller.

— Tu ferais mieux de mettre ça dans ta poche avec ton mouchoir par-dessus. Je fréquente pas les terrasses de café.

— Il est pas sur les terrasses, intervient violemment Florent, il est dans les toilettes !

— Non plus, réplique Gérard, résigné.

— Comme disait Florent, reprend l'auditeur, après avoir fait connaissance il m'a emmené dans les toilettes et… voilà. »

Il décrit les détails, Gérard fulmine. Il ne peut s'empêcher de sourire, ce qui laisse à penser qu'au milieu de tout ce sketch, il se rend compte de ce qu'il se passe et y contribue volontairement. Car si le personnage est attaqué, si l'homme est bousculé par la réutation du personnage, Gérard doit à ce montage la popularité. Bien entendu, il est loin d'être une vedette connue de millions de gens, mais il connaît des dizaines de personnes, et cela représente déjà, pour lui, un événement de vie majeur.

« Par contre, dit l'auditeur à la fin, il faut te laver les dents parce qu'après, je sentais le pâté.

— Pti con ! Uand tu feras allusion à une autre personne, tu me le diras. Ton histoire, tu te la mets dans le .

— Tu te rends compte, intervient Max en riant, du nombre de choses que tu mets dans les fesses des gens toute la journée. »

Pas de quoi déstabiliser Gérard dans sa colère : « ça ne tient pas debout ». Mais Gérard se défend moins quand toute l'équipe lui rappelle les toilettes de la Loco, etc.

Toujours dans l'idée du atténuation-atisement, « et ne profitez pas de ces soirées bidons pour revenir sur ces remix », déclara Max. « J'ai des soucis avec la maison de disques qui m'a appelé hier pour savoir si quelque chose était prévu pour l'été. » Gérard et Max discutent, le premier s'en remettant au second sur le fait d'enregistrer ou pas un remix où Gérard chanterait. « C'est toi le chef. » en quelque sorte, Gérard lui confie sa carrière.

« Mais l'accord, je l'ai donné », annonça Florent, comprenant rapidement l'esprit. Désespoir de Max, rage de Gérard. Un instant de lucidité toutefois : « Il essaie de me mettre en pétard pour qu'on soit en dispute tous les deux » dit-il à Max. Il fait la sourde oreille aux annonces de disque, etc. « J'attends la preuve », dit Gérard.

Le sketch du micro[modifier | modifier le wikicode]

En octobre, un nouveau sketch sera développé régulièrement, dans le sillage de celui que Max invente dans sa radio libre. Il consiste à faire croire à Gérard qu'on ne l'entend plus. Il dure plus ou moins longtemps mais s'avère très efficac : les auditeurs lui font savoir qu'on ne l'entend plus, il hurle sur l'équipe techique et du standard, Max confirme l'information voire lui reproche son silence, poussant gérard au somet de la rage. Il finit alors par se retourner contre ses coéquipiers dans la plus grande folie.

L'apotéose de ce sketch aura lieu le 23 octobre 1997, lors du débat sur les films porno. À cette occasion, Max pousse le sketch loin : Gérard va presque jusqu'à l'insulter, Max se montre d'une grande sévérité quant à son absence au micro, poussant sa nervosité à la rupture, la voix de Gérard devenant abîmée. Au cours de ce sketc, il sera même proposé de retourner le micro, tournant Gérard au sommet du ridicule. La scène est à peine descriptible : une équipe sérieuse, tenant son micro à l'envers, un animateur histérique, jetant casques, fils, micros, et Max, parlant dans les enceintes du studio, prétendant ne rien entendre. L'altercation avec Max est violente, mais parfaitement de l'ordre du sketch. Celui-ci phagocitera totalement le débat, qui du reste s'essoufflait, et durera près de 30 minutes.

Les rencontres avec les autres personnages de l'émission[modifier | modifier le wikicode]

Pendant cette période, Max fera la connaissance d'autres auditeurs, non moins fantasques que Gérard. Très tôt, Max les fera intervenir en même temps que Gérard, dont la qualité de rapports humains créera des situations tout à fait extraordinaires.

Nous allons donc les présenter ici, puisqu'ils ont été mis à l'honneur avant 1996, avant d'évoquer les premières interactions de Gérard avec eux.

Les personnages de la radio libre[modifier | modifier le wikicode]

La première personnalité qu'il nous est possible de présenter porte le nom de Stéphane. Très vite, il a été baptisé par Max Stéphane l'alcoolo. Il faut dire qu'il appelait dans un état d'ébriété avancé, et tenait des propos parfaitement incohérent. Lorsqu'ils le devenaient, ils reflétaient un personnage dont la caractéristique fut d'inventer sa vie. Stéphane s'est donc présenté comme un acteur de cinéma, ayant tourné des films avec les plus grandes vedettes internationales de cet art, en tant que figurant. Tout au long de sa vie dans l'émission, il n'aura de cesse que de raconter ses exploits, les relations de filiation entre les personnes (dont la plupart relevaient de son imagination pure), et jouera littéralement un sketch. Mais Stéphane avait une sensibilité artistique certaine, et a rapidement compris, au même titre que d'autres auditeurs, en quoi il pouvait participer aux sketchs de Gérard. Il fera donc partie de sa vie, mais plutôt dans la seconde partie de sa carrière.

Alain est une personne de Versailles qui a appelé Max et l'a immédiatement séduit par son défaut de prononciation : il est bègue. S'amusant énormément du résultat, Max n'en a pas moins gardé une tendresse pour lui et l'a associé à nombre de ses émissions.

Bruno est une personne qui est apparue plus tard dans l'émission. Ce SDF d'une cinquantaine d'années voulait témoigner de son expérience du « touring de Grande-Bretagne », à savoir une excursion qu'il faisait en vélo en Angleterre, régulièrement. Son but : entrer dans le « show business ». Ses récits et sa personnalité en ont fait une icône de Max, qui se régalait de son apparence fantasque, de sa déconnexion du temps et des chiffres, et le faisait parler à loisir au cours de sketchs hilarants. Nous ne pourrons pas y revenir, mais nous le présentons en ce qu'il aura l'occasion d'interagir parfois avec Gérard, dans des occasions fabuleuses.

Jean-Pierre Sauser est un personnage qui a appelé la radio pour faire valoir ses talents de chanteur. Son but, le succès, au même titre que les rock stars de l'époque (Johnny Hallyday notamment). Mais dès la première écoute, il chantait tellement faux mais avec une telle conviction qu'il en fut un phénomène. Il faut dire qu'il n'appartient pas vraiment à l'Histoire, puisque c' »st le seul personnage de l'époque avec lequel Max soit toujours en contact en 2020. à l'époque, il a aussi marqué l'antenne par son histoire, plutôt loufoque, et certaines de ses façons de raisonner et de ses sujets de prédilections, comme les extraterrestres. Un ouvrage entier pourrait lui être consacré, mais nous nous contenterons de le poser dans la mémoire du lecteur pour la seconde aprtie du récit.

DJ Maxime est un jeune homme qui appelle régulièrement Max pour lui faire valoir ses talents de DJ. Le jeune homme se caractérise, à l'antenne, par une cimpétence d'animation relative, mais sur un fond de vulgarité certain.


Enfin Françoise. Vivant à la Cour-neuve à Paris, cette dame d'une trentaine d'années est mariée et a un fils. Elle fait partie de ce que Victor Hugo aurait appelé les Misérables. Son succès radiophonique vient principalement de sa crédulité et de sa fougue verbale, mais aussi du personnage qu'elle incarne lorsque, trop souvent, elle s'alcoolise. Nous la présentons en dernier, car elle accompagnera une part importante du parcours de Gérard.

En fin de compte, plus ils étaient figés dans un personnage qu'ils s'étaient construits, moins ils étaient précieux, campant leur personnage dans leur réalité. D'autres, au contraire, n'avaient pas cette détermination, et venaient à l'antenne avec leurs « tarres », tout simplement. Ceu-là se virent construire un personnage par les auditeurs, tout comme ce fut le cas de Gérard, et il arriva que les personnages soient mis en contact, créant une atmosphère hors du commun entre Gérard et eux.

Le « feuilleton » de Françoise et Gérard, saison 1[modifier | modifier le wikicode]

La rencontre physique entre tous les personnages[modifier | modifier le wikicode]

https://www.youtube.com/watch?v=Z0UP3NhbCB4


La construction d'un OVNI[modifier | modifier le wikicode]

Depuis Noël 1996 et après quelques bouts d'essai entre octobre et décembre, Max est persuadé que le concept est fait pour Gérard, après l'avoir reçu à Noël toute une nuit, Max prolongera le concept des débats et ils deviendront réguliers dès le début de l'année 1997. à cette période, Max alterne des moments de présence aux côtés de son auditeur et d'absence, le confiant alors à Julie et Florent.

Aborder un résumé de chaque débat, dans cette partie, n'aurait pas de sens. Le lecteur en a déjà saisi une partie substantielle via les sketchs présentés. Nous raconterons ainsi comment après une pahse de découverte, Gérard s'est retrouvé au centre d'un cahot total alors qu'une période d'instabilité semblait traverser toute l'équipe. Enfin, la rentrée de la saison 1997-1998 a relancé un cycle, qui se termina par un véritable changement de paradigme.

L'apprentissage d'un « métier »[modifier | modifier le wikicode]

Si la forme évolue, le fond est stable. Quant à l'équipe, son rôle est toujours dans l'ambivalence, variant selon le besoin du spectacle.

Toujours plus loin[modifier | modifier le wikicode]

Gérard est invité à participer à l'émission, dans les studios, à partir de janvier 1997. Le scénario est assez classique : participation durant environ une heure à la radio libre, découverte du courrier reçu pour lui et deux débats. L'animateur reste constant dans son apparence : des t-shirts aux couleurs fantasques, parfois en double marcel, cheveux non lavés, porteur d'une odeur extrêmement puissante. Il ne se lave pas régulièrement et compense par du déodorant, s'ajoutant par litres à son odeur de transpiration. Tous les gens de la radio qui sont revenus sur cette époque racontent que l'odeur est un des éléments forts de ce garçon.

Toutefois, les modalités concrètes évoluent au fur et à mesure que les protagonistes font connaissance chaque semaine. À l'occasion de ses premiers débats (les couleurs, la virginité et le sexe), qui se dérouleront le 9 et 31 janvier 1997, Gérard se glisse dans la peau d'un animateur. L'habitude de l'antenne ne fait pas encore partie du personnage Gérard. Il est rapidement déstabilisé par les gens dans le studio et les perturbations, mais s'en amuse comme un enfant. Il ne gère pas le fil conducteur, n'hésitant pas lui-même à faire des digressions. Il hésite, se perd, demande un café, a du mal à se rassembler. Plus que l'habitude, Max parle d'une « bouteille de rouge ». Il est en effet probable que Gérard ait l'alcool gai mais soit très alcoolisé. Gérard prend ses marques, c'est-à-dire trouve ses expressions et sa posture à partir de ce qu'il a entendu à l'antenne par d'autres auditeurs, par Max, et conduit l'émission sur cette base. Très vite, un schéma général se dessine : une introduction (accueil des audituers et rappel des numéros pour joindre la radio), questions, et conclusion. Chez Gérard, la conclusion est un bilan de l'ambiance, jamais de synthèse du thème.

Dans le style, Gérard puise son inspiration directement de Max, mais sans le filtre du professionnalisme. Insultant, soupçonneux, même avec les filles dès qu'il est en désaccord avec elles, il oblige ses interlocuteurs à avoir un certain état d'esprit. Il n'hésite pas à décider qu'une auditrice est en fait un garçon et à la harceler sur ce registre, au risque de la vexer réellement. Mais ce n'est pas choquant, parce que Max a bâti l'émission sur ce registre. Par exemple, à la question « ça va ? » il répond toujours « je sais pas j'ai pas regardé ce matin » ou « qu'est-ce que ça peut te foutre, t'es médecin ? » Ces deux phrases, par mimétisme, ne quitteront d'ailleurs pas Gérard. En tout cas, l'irrespect et l'insolence étant une culture de l'émission, la réaction de Gérard à l'égard des auditrices ne dénote pas. Aux filles mécontentes, Julie les rassure et elles ne passent plus à l'antenne. L'équipe est en permanence à la recherche d'auditeurs capables s'inscrire dans l'esprit de l'émission. Il faut dire que la plupart des auditeurs ne sont pas ceux du débat mais des gens, récupérés de la radio libre, qui passent à l'antenne et à qui on propose de prolonger dans le débat.

Les auditeurs font également connaissance avec le personnage et la pièce qui se joue. Plus prompts à l'humour noir, les garçons commencent rapidement par jouer les sketchs classiques de gérard, et par exploiter l'humour des questions de fond. Les filles, elles, après avoir été sérieuses jusqu'en avril, finissent à leur tour par prendre la mesure de l'esprit de l'émission et, à partir de fin mai, participent à la violence des émissions. Le 12 juin 1997, à l'occasion d'un débat cahotique sur la différence d'âge où aborder la première « question » relèvera du surréalisme, Gérard tente une seconde question (en effet, la première n'a que peu de réponse). Pour moi, l'âge ne compte pas », résume Gérard. « Mais pas un gros ton ! » plaisante-t-il avec Julie. « Avez-vous déjà eu des expériences avec des personnes plus âgées que vous ?

— Oui, dit Tony, ma copine a deux mois de plus que moi, j'ai 20 ans. Et je suis musulman polonais, c'est dur.

— Pour moi, c'est un écart plus gros, rétorque Gérard. »

La suite est toujours du même ton : « Je te verrais bien avec jeanne Calman », digresse Tony parmi beaucoup d'autres plus insultantes pour Gérard. « Pour Gérard, l'amour est aveugle, sourd et muet », font partie des phrases mémorables de ce débat apocalyptique. Gérard en dégage une haine hurlante contre Tony et les garçons qui racontent la vie de son personnage « construit » par la voix populaire. Même Julie se confronte à lui : il veut une musique pour se calmer, Julie veut la conclusion d'un débat qui n'a jamais vraiment commencé. Gérard est au sommet de sa rage, Max intervient. D'un ton grave, il annonce que Gérard s'en va et part à sa poursuite dans les locaux de la radio. Gérard l'appelle à l'aide : « tu leur dis quelque chose ». Max le fait : « n'oubliez pas d'aller voter dimanche. » Après d'autres moments hors du temps, comme la diffusion d'un son où Germaine, qui l'avait contacté à l'occasion du débat sur la fidélité, lui enregistre un poème au milieu de sa ferme, à Montcuq-sur-Loire, Max conclut : « On fait une pause et on se retrouve pour le débat suivant. Et on change quelques auditeurs. ON vous retrouve tout à l'heure… euh on va retrouver d'autres auditeurs pour le débat sur la sodomie. » Le son aura eu le mérite de calmer Gérard, qui à force d'être silencieux, s'apaise de lui-même. « Vous avez voulu jouer, tant pis pour vous », dit-il aux garçons. Comem ils repartent de plus belle, Gérard remonte vite en gamme, appelant de ses vœux « les preuves réelles » de ses passages. Max « modère » : calme, parce que mon patron me dit que tu t'énerves trop ».

Cette violence, toutefois, n'intervient pas immédiatement. En janvier, bien qu'agacé par la vulgarité et l'obsénité des questions posées sur Minitel, gérard ne s'énerve pas, sans doute trop intimidé par l'antenne. Puis, il le fera petit à petit mais manque d'agilité pour y parvenir entièrement. Dans une logique de provocation, Gérard lance, dans son débat sur la virginité (29 janvier 1997), « je vais porter plainte à l'ASPA car trop de singes sont en liberté », désignant son équipe. Un auditeur répond « ah ben alors ils vont t'enfermer vu que tu es en singe ». Réponse de Gérard : « toi, je t'emmerde ». Gérard gère difficilement ces échanges rapides et agiles.

Une fois installée, cette violence sera permanente et partie prenante du cahot. Lors du débat sur le mariage (6 juin 1997), parmi les absurdités : « Gérard, une rupeur sur Internet dit que tu vas te marier avec Arnette, c'est vrai ? » Bien qu'expulsant l'auditeur, Gérard accueillera, à son insu, Arnette quelques secondes plus tard, au moment de la question : « pensez-vous au mariage ». Cette fois, gérard hurle, car les garçons l'interrompent et, pris dans son sillage, hurlent également. Gérard ordonne l'expulsion des garçons. Mais Philippe les renouvelle. Comme ce sont les mêmes, l'un d'eux décide de jouer le rôle du pollueur sonore, en hurlant en continu. Après en avoir plaisanté, le volume monte, gérard hurle, le cahot reprend ses droits, malgré les pauses accordées par Julie. L'équipe teste également l'idée de déranger Gérard par des soucis techniques, scénario qui fonctionne assez bien mais reste sous contrôle. Max, de son côté, testera un rôle de régulateur auprès de Gérard et mesure toute son autorité auprès de lui. On notera toutefois qu'à la fin du débat, l'animateur n'aura posé que deux questions, pas conclu, et terminé dans des hurlements bestiaux couverts par des auditeurs déchaînés.

Une semaine plus tard, lors du débat sur la différence d'âge, Tonny dira ainsi « bienvenue dans la quatrième dimension, Gérard, c'est comme les hémoroïdes, même en grattant, ça ne part pas. » En pratique, gérard n'arrive, dès le début et avant même la première question, pas à prendre le contrôle de son émission, à cause de son affection pour Françoise qui est elle-même incontrôlable, sous l'emprise de l'alcool au beau milieu d'une soirée festive chez elle.

Gérard, interrompu par Tonny et David, interprlé par des questions, n'arrive pas à commencer. « J'ai mis deux heures à préparer ce débat », se plaint Tonny, renforcé par la remarque de Gérard qui veut s'adresser aux filles en priorité. « Pensez-vous que la différence d'âge soit important ? » ouvre les hostilités, mais Gérard ne veut pas entendre Tony. « Vous la fermez » deviendra le titredu remix d'un auditeur inspiré. Gérard invente une nouvelle expression : « Quand je t'appellerai pot de chambre, tu sortiras de dessous le lit. »

« Tu es tellement énervé que tu as dû te faire sodomiser par ton tatoo », lit Julie sur Minitel. Le niveau d'agressivité a réellement augmenté d'un cran. Tony occupe alors les première s loges, faisant preuve de trésors d'ingéniosité. « Des rumeurs disent que t'es une fausse couche.

— Quand je trouverai chaussure à mon pied pour faire un gamin, mes poules auront des dents

— Tu m'enverras un chiot de la portée ?

— Non. »

Les digressions se multiplient et sont toutes sur le ton de l'attaque du personnage, voire de l'homme et son histoire, auquel répond la violence et la réparti absurde. Même face aux moments rationnels, Gérard ne parvient pas à comprendre.

Enfin, petit à petit, l'équipe teste ses sketch. Dès janvier, le double-son. Timidement au début, le jeu devient récurrent ensuite et permanent petit à petit. De même, celui de la réputation occupe une place prépondérante. En janvier, Florent l'informe que Philippe Bouvard a appelé pour qu'il participe aux Grosses têtes. Infidélité à Fun radio ? Impensable ! « C'est des conneries et j'aime pas ça », lâche Gérard, d'un ton plus ferme.

Le néant[modifier | modifier le wikicode]

Dès les premières questions du débat, on voit mal comment le sujet peut occuper du temps substantiel d'antenne radiophonique. Lors du débat sur les couleurs, on notera ainsi : « Pourquoi les femmes ne mettent pas de couleurs ? » S'en suit une discussion « passionnante » sur la lessive et son effet sur les couleurs. Dans le débat sur la séduction, Lors du débat sur la séduction, Gérard soumet trois questions immédiatement, qui semblent une occasion de se démasquer pour attirer des filles : « comment séduire un homme, comment séduire une femme et séduire pour de bon est-il vrai ou faux ? »

Gérard est, de toute manière, bien incapable de tenir un quelconque débat de fond. D'abord car il porte en lui une forme de pudeur paradoxale. Ensuite car son intelligence ne lui permet pas d'aborder un quelconque sujet, ce qui ne l'empêche pas de tous les aborder avec aplomb, ce qui fait d'ailleurs toute la force de ce personnage. Enfin car sans vraies valeurs stabilisées, il n'est jamais à l'abri d'un dérapage.

Tout en abordant le sujet de la sexualité régulièrement à cette époque, il n'est pas à l'aise avec ce sujet dont il ignore bien des choses. Dès lors, il se laisse très facilement déborder. Le 31 janvier (débat sur la virginité), Gérard se fait prendre de cours : « Gérard est-il puceau ? » Pudique, ce dernier ne veut pas dévoiler quoique ce soit le concernant. Il répond par sa question : « la virginité, pourquoi ». « Pourquoi attendre pour avoir une relation ? » Cela ne l'empêchera pas, à force d'insister, de révéler des éléments de sa vie privée, tellement incroyables que personne ne veut les croire : premier baiser à 11 ans, premier rapport à 12, dans un bois. Cette réponse, qui est vraisemblable puisqu'il aura l'occasion de la répéter moultes fois, doit tenir compte cependant du fait qu'il ne différencie pas facilement les moments de l'amour, n'ayant pas idée des bases mêmes du discours sexuel (positions, fantasmes, etc). Son imagination et sa connaissance du sujet sont très pauvres, comme le révéleront nombre de ses futurs passages à l'antenne. Tant et si bien que cette réponse n'est pas crédible aux yeux des autres. De la même manière, il affiche une austérité sexuelle absolue tout au long de ses débats, qui ne semblera crédible à personne. Pourtant, rien ne prouve qu'elle était une simple pudeur, tant le personnage était loin de pouvoir découvrir ces réalités.

Il est remarquable que chaque thème lancé par Gérard n'appelle pas de réponse construite. Il peut y trouver une occasion d'exprimer son opinion, mais ne sait pas la construire. À l'occasion du débat sur la virginité, il n'arrive pas à comprendre, par exemple, que l'éducation et la culture influencent quelqu'un, par-delà de l'autorité parentale. Ces sujets lui sont totalement étrangers. Pour lui, chacun peut librement décider de sa première fois, il ne peut pas saisir ceux qui se retiennent par tradition ou héritage éducatif. Il a même du mal à concevoir le principe même de l'altérité : face à un auditeur lui exposant sa virginité à l'âge de 40 ans, sa seule réaction est « menteur », parce que « j'ai cinq ans de moins et j'ai déjà eu des femmes qui m'ont attiré donc tu mens ». Pris entre sa vie et une ouverture inhabituelle sur le monde, mais aussi parce que son personnage suscite beaucoup d'histoires, il ne sait plus bien distinguer le vrai du faux, et adopte une position systèmatiquement opposante, voire adversative. À l'occasion d'un débat sur l'échangisme (11 avril 1997) : « Je trouve ça ignoble d'échanger sa copine pour une autre », dira-t-il, incapable de comprendre les enjeux autour des couples pratiquants ce loisir. « Payer » pour l'amour lui semble inconcevable, il découvre tout un univers. L'idée qu'il donne à l'antenne, c'est qu'il découvre un monde et ses questions font moins l'objet d'un débat que d'échanges, de témoignages, issus d'auditeurs authentiques, qui aident Gérard à apprendre un domaine qu'il veut aborder sans rien y connaître. Mais tout en s'y intéressant, il est obstiné et ne change pas sa vision en fonction des apports des auditeurs. En fin de compte, plus le débat devient authentique, moins Gérard a le contrôle, plus il s'agace auprès de l'équipe, qui le ramène à la réalité de ses contradictions, et détournent sa conception de l'émission en ne lui donnant pas le rôle qu'il espère. Pourtant une fois lancé, Gérard ose. Le 29 mai dans sa venue avant ses débats, un auditeur l'interroge sur les législatives : « Tu proposes quoi pour la France ?

— J'en ai rien à foutre. »

Parfois toutefois, Gérard va plus loin, grâce à un applomb qui lui permettra, petit à petit, de parler de tout, à sa manière. Lors du débat sur la bisexualité (6 juin 1997), Gérard se dit contre la bisexualité, soulignant alors sa manière d'aborder la question. « J'aime pas voir deux nanas qui se touchent, c'est tout. » Question suivante : « que pensez-vous de la bisexualité ». La nature ayant horreur du vide, les auditeurs décident de poser eux-mêmes des questions. Ainsi, avec humour, ils se demandent si des homosexuels peuvent être bisexuels, chose que Gérard écarte avec mépris, sûr de sa définition. Plus tard dans le débat, il ne saura pas répondre aux gens tentant de lui donner la vraie définition de ce terme, changeant même jusqu'au sujet faute d'en délimiter quoique ce soit. Alternant calme et furie, selon les vagues d'insultes et de cris, il peut passer des soirées entières sur un thème sans faire sens. Quand Gérard parle « d'approfondir les questions », Philippe et Julie lui font valoir que ça l'intéresse et qu'il a testé. « Parler toute une soirée de quelque chose qui ne t'intéresse pas, c'est pas possible ». Gérard précise alors qu'il n'aime pas non plus les homo, ni les hétéro. Julie éclate de rire et demande à Gérard de répéter ce non-sens, il ne sait pas de quoi il parle : il ne sait pas ce qu'est un « hétéro ». il annonce un prochain débat sur le sujet. Il se montre fier de ne pas préparer les débats à l'aide d'un dictionnaire. Résultat, « je ne suis pas hétér », dira-t-il à une auditrice. Celle-ci, sérieuse, lui lit la vraie définition du dictionnaire de la bisexualité, que Gérard ne comprend pas, il ne peut pas la résumer. Mais elle fera rebondir Julie : « est-ce que tu assumes ton propre sexe ? » Gérard refuse de répondre et veut que les auditeurs répondent. « Moi j'assure mon propre sexe avec une nana. » « Je vais étudier la définiton que tu m'as donnée » dit-il. « Si vous voulez que je reste calme sans insulter, restez polis ».

Poursuivant son applomb sur le néant : « Est-ce que deux mecs peuvent être bisexuels

— Je m'en fous, mais ils sont homo normalement. »

Un tel néant ne peut éviter les dérapages. Sur minitel, ils sont filtrés par Florent. Cela est plus difficile quand les auditeurs le font à l'antenne, occasionnant des déviances (évocation de Jean-Marie Lepen, etc). Les choses demeurent sous contrôle, Lofrent mettant fin immédiatement à ces digressions et Gférard l'imite aussitôt, dans des termes plus radicaux et l'incident devient humoristique. Il faut préciser qu'il est alors 2020 du matin, en janvier 1996, donc de tels dérapages, s'ils ne durent pas, sont imaginables tout en devant être immédiatement rectifiés. L'équipe préfère même que Gérard occulte le sujet, personne ne sait ce qu'il pourrait en dire et il pourrait le mettre en valeur alors que l'idée est précisément de le mettre sous le tapis. Lors du débat sur la virginité, expliquant la source de son inspiration du débat, Gérard explique qu'il a eu envie d'en parler face aux nombreux témoignages, dans le Star System, de filles violées, etc. Julie doit l'empêcher de poursuivre sur un sujet difficile et qu'il ne peut pas affronter.

Sans soutien par le fond, libre cours est donné à l'imagination et la créativité des auditeurs. Mais comme sur tout espace de parole vide, ce qui prédomine rapidement est la vulgarité et la violence. Dès le premier débat, jaillit rapidement le néant, qui génère la créativité. De manière générale, La platitude des choses fait que chaque mot est pris sous ses sens les moins probables, donnant lieu à l'humour. Luigi crée ainsi un concept : est-ce que c'est vrai que… À partir de ce jour, le sketch de la réputation se joue à plein. Oes sujets se renouvellent assez facilement, avec notamment beaucoup de questions, en fin de période, des auditeurs sur le rôle de Gérard. Souvent, ils ;'interrogent pour savoir s'il est payé. Bien sûr, « vie privée » oblige, il refuse de répondre, et il est vrai que si on saura certaines de ses évolutions contractuelles, il ne sera pas facile de savoir à tout moment s'il agit en tant qu'auditeur ou salarié.

Gérard insulte alors et ordonne à son interlocuteur d'être poli. L'échange se débride. Julie pointe toutefois la contradiction : l'insulte et le refus de l'être. Mais Gérard dévie et ne traite pas le sujet. « Mais il a raison, ascène Max à Julie, il a voulu parler politique, a levé la voix et a bien parlé ! »

Ce même soir, Gérard se trouve confronté à la bienveillance lucide d'un auditeur : « Gérard il est trop fort. Je l'ai jamais vu mais j'ai l'impression d'un gars qui vient du fin-fond de la cambrousse pour faire son spitch à la radio, et ça me fait délirer. Ce mec a du courage : si dans la vie il réussit avec ça, c'est trop fort. Quand il boit, c'est un jeu, quand il parle, j'ai l'impression qu'il comprend rien.

— Je viens pas du fond de ma cambrousse. Tu diras à ton copain que c'est pas la peine de rire derrière. Moi je viens de Suresne. S'il me laisse cette chance parmi les autres auditeurs, je suis le seul. »

Une pléthore d'acteurs[modifier | modifier le wikicode]

Même si Gérard ne le comprend pas, il est peu probable d'avoir une audience de millions de personnes à plus de 2H du matin. Aussi, quand on trouve des auditeurs dans l'esprit de l'émission, à savoir sobres et maîtres d'eux mais assez relâĉhés pour perdre la notion de sens, on les garde.

Cette période est marquée par la recherche de tels profils, indispensables à l'existence même de l'émission. Les premiers « élus » sont Arnette, Luigi et David. Ce sont les participants de la première heure. Aucun équivalent féminin ne sera trouvé avant longtemps. Cette équipe sera complétée, à partir d'avril, par Tony. Puis, début juin, une nouvelle équipe se met en place, qui va ensuite alterner avec la précédente, voire s'y mélanger pendant l'été. Cette nouvelle équipe d'habituels représente une transition entre ce moment de construction et la fin de la saison.

Gérard en est d'ailleurs contrarié. Ce que révèle les débats dès celui sur la séduction (9 janvier 1997), c'est que le but principal de l'animateur n'est pas tant de s'exprimer que de rencontrer des filles et de tenter sa chance. Les thèmes ne sont qu'un prétexte pour les amener à se dévoiler, sans que lui ne veuille le faire. Ce souhait permanent des filles sera un des moteurs majeurs du sketch sur les habituels.

L'équipe a également un rôle clé. Pour ses premiers débats, perdu face à la situation, Gérard cherche le soutien de cette équipe, en demandant à Florent et Julie de répondre. Ceux-ci se placent sur le second degré et la vulgarité. Quant à Max, après avoir accompagné les choses, il quitte le studio dès fin janvier et le débat sur la virginité, laissant la place à Florent et Julie et ne revenant qu'en cas de perte de contrôle du personnage et à la fin des émissions.

Le cahot fragile[modifier | modifier le wikicode]

À partir de mai 1997, les ingrédients que Gérard a mis dans ses émissions, mais surtout ceux qu'il a semés malgré lui dans la nature à travers des rencontres féminines, deviennent un cocktail explosif. Nous sommes en 1997, et à cette époque, tout le monde n'a pas de téléphone portable, mais le produit qui y amène s'appelle le tatoo. Il permet de se transmettre de courts messages. Gérard a réussi à s'en équiper, car cela ne coûte pas cher et se fait sans abonnement. Ce numéro est diffusé et Gérard reçoit des gens chez lui, achevant le mélange entre sa vie publique et privée, les péripéties de la seconde devenant le grain à moudre de la première. À partir de ce moment, Gérard va augmenter la fréquence de ses sketch.

Du point de vue radiophonique, c'est l'approche de la fin de saison. Funradio semble souhaiter mettre en place de nouveaux projets et Max lui-même doit réfléchir à faire évoluer son produit. Il devra consentir, en cette fin de saison, à être sous le feu des caméras de Fun TV, la chaîne que va lancer la radio à ce moment-là sur le câble.

Dans ce contexte où la radio teste des choses, Max perçoit probablement que l'esprit de son émission doit légèrement s'amender, y compris celui des débats de Gérard. Une autre séquence s'ouvre, transitoire.

À cette occasion, le public des habituels va se diversifier, rajoutant de nouveaux auditeurs et du personnel de la radio et, bien sûr, de la télévision. Le 29 mai et le 6 juin 1997, Gérard conduit un débat sur la fidélité. Il va découvrir une nouvelle équipe d'auditeurs et certains animateurs vont se tester à ses côtés. Les auditeurs découvriront ainsi, à titre exceptionnel, Philippe de Fun TV, qui sera le standardiste pour l'occasion. Nous détaillerons le portrait de Philippe et d'Olivier lorsqu'ils occuperont un rôle prépondérant, donc plutôt dans la seconde partie. Gérard découvrira Olivier, qui s'installe à la production de l'émission et endossera le rôle de personnages homosexuels lançant d'énormes sektch avec lui. Enfin, Cyril fera son apparition, sous divers noms. Cyril est un salarié de FunTV, qui s'occupe notamment du matériel vidéo. Il est repéé pour cette émission pour sa capacité à mettre au point des canulars hilarants, pouvant faire hurler la victime malgré une innocence enfantine extraordinaire.

À partir d'une émission où Gérard fête son anniversaire, deux tendances fortes nous paraissent marquer cette fin de saison et déborderont des débats. La première, c'est que Max commence à remettre en cause Gérard violemment, la seconde est que ce dernier affermit le registre de la confrontation, créant un cahot radiophonique étrange. Ce qui est certain, c'est qu'il n'est pas dans son meilleur état mental et que Max, par jeu ou par ses propres doutes, y contribue.

L'anniversaire de Gérard[modifier | modifier le wikicode]

La radio libre a été, sur la base de ces personnages, jalonnée de grands moments. Max et Gérard font partie des personnes les plus assidues du studio de Funradio, aussi l'année est marquée par leurs anniversaires. À cette occasion, Max réunit tous les personnages de son émission, dans une ambiance à la hauteur du caractère fantasque des individus en question.

Nous proposons d'en décrire certains, bien que cela soit difficile vu la cacophone générale et le désordre général de tels programmes.

Moins d'un an après la rencontre de Max et de Gérard, à savoir le 17 juin 1997, Fun Radio fête l'anniversaire de Gérard. Il faut ici rattacher cet événement à la chronologie du personnage. À cette époque, il est à la fois construit et mélangé avec sa vie privée, le tout diffusé en place publique. Il a commencé ses débats et Max teste, semaine après demaine, des concepts, des scénari, des personnages, qu'on aura l'occasion d'évoquer lors d'une analyse détaillée des débats. Nous sommes proches de la fin de la saison, et Max se projette déjà sur l'aventure de Gérard l'année prochaine.

Pour la première fois, l'émission de ce soir-là est télévisée. Elle concentre de la radio libre pure, une ambiance studio incontrôlable et un sketch permanent pris entre la réalité et le surréalisme. Puisqu'on est sur Fun TV, Max peut intreduire les équipes de cette chaîne : Olivier, Philippe et Cyril, dans le cadre de la télévision. Les gens de télévision mettent en place un décor, une atmosphère, pour faire de l'événement un prémice de ce qui pourra être fait avec Gérard.

Gérard se découvre visuellement, impressionné. Toutefois Gérard se pose en « guest star », remerciant Max, les équipes du standard, de la télévision, les invités ; puis répondant en direct à son tatoo, réclamant des cigarettes dans le studio (fumer est possible à cette époque-là). Il est ivre, ce qui est aussi un test pour voir son attitude réelle dans ces cas-là dans une émission. Max est hilare devant son image télévisuelle. Max tente de rendre l'émission visuelle à la hauteur du surréalisme radiophonique, ce qui est difficile car montrer les acteurs est difficile. Gérard et ses invités sont indisciplinés, distraits, ce qui rend la situation en soi etraordinaire.

Cette émission permet de remettre en perspective l'année : Max rappelle combien d'ultimatums ont été envoyés par Gérard et leur effet. Max rediffuse des débats et des meilleurs moments de l'année. Comme une fête, on retrouve les insultes des auditeurs sur les démons du personnage, les rumeurs, et tout ce qui fait le personnage de Gérard. Il joue parfaitement le jeu, explosant de colère au premier tracte, sortant du studio, Max doit rapidement le ramener auprès de lui. D'autres lui demandent de cesser la radio, suscitant sa réaction la plus vive. Pour cette émission comme de nombreuses autres, le cahot domine. Gérard, hors du studio, se retrouve à l'accueil de la radio, face à tous les auditeurs venus pour lui ce soir-là. Intimidé, il revient au studio, mais silencieux. Max devient alors agressif : il lui reproche ce comportement puérile. Tout en s'en amusant, il le réprimande, tente de l'associer à cette fête, réelle au demeurant, puisque sans cela Gérard aurait été seul chez lui. Peu à peu, Max parvient à le dérider, en invoquant son amitié, mais aussi parce que Gérard a été rasséréné par les auditeurs vus à l'accueil. Mais Max affirme les règles de manière directive : « tu restes dans le studio, les auditeurs viennent te voir. » L'alcool n'arrange pas l'imprévisibilité de Gérard, le rendant difficile à gérer et hilarant tout à la fois.

Les invités défilent, eux aussi offrant leur image à la télévision : Françoise de la Courneuve, Alain le bègue, Stéphane l'Alcoolo ; les auditeurs également. Françoise ouvre le bal des invités d'anniversaire de Gérard. Au second degré, elle emmène sa personnalité hors du commun également. Elle attaque d'emblée : « négatif, je t'attends tout à l'heure », annonce-t-elle, menaçant. Puis elle se radoucit et passe toute la soirée dans le studio avec Alain. Alain fait de même, ils se considèrent comme ami. Malgré sa timidité maladive qui génère son bégaiement, il voulait lire un poème pour Gérard, mais Gérard le lira lui-même. Stéphane offre à Gérard de l'eau de toilette, du savon, autant de choses bien loin du quotidien de Gérard. Les cheveux très longs, vêtu d'une cravate et d'un costume, il fait son entrée comme un artiste de cinéma qu'il « est ». il est gai et semble moins alcoolisé que Gérard. Stéphane va lire des poèmes, plus esthétiques que ceux de Gérard qui lit les siens pour relever la concurrence, sortis de sa malette truffée d'autocollants à l'éfigie de la station : « Adressé à ma Caille[2] pour essayer d'avoir ton adresse (mais ça va être dur) : Je voudrais avoir ton adresse mais tu ne veux pas Je voudrais avoir ton adresse pour t'écrire mais ma lettre revient Je voudrais avoir ton adresse pour venir te voir Je voudrais avoir ton adresse sur Minitel mais elle n'y est pas Je voudrais avoir ton adresse mais tu es déjà prise Je voudrais avoir ton adresse mais tu ne veux pas me voir Je voudrais avoir ton adresse pour venir te dire I love you[3] Je voudrais avoir ton adresse pour t'apporter des fleurs. »

« Ma caille, il y a de belles roses dans le jardin Ma caille dommage qu'elles seront fanées pour le 17 juin Ma caille je voudrais t'en offrir mais tu ne voudras pas Ma caille j'espère que tu aimes le parfum dégagé par une rose Ma caille dommage que le fleuriste ne veut pas te livrer les roses Ma caille je voudrais t'offrir des roses pour ta fête Ma caille en buvant un verre à la terrasse d'un café, te donner une rose Ma caille comment aimes-tu les roses Ma caille un inconnu t'offre des roses, tu les prends ou pas »

Comme ces personnages ne sont jamais aussi extraordinaires que dans leurs sketchs, Max veut que Françoise lance un « coup de gueule vis-à-vis de TF1 pour qu'ils remettent Haine et passion ». Elle se présente, avec sa fille, avec toute sa crédulité et sa naïveté. Son échange avec TF1 est encore un sketch remarquable, animé par d'autres animateurs jouant le rôle des interlocuteurs, « déstablisés » par Françoise et son verbe et Max qui la soutient. « Féerique », commentera Max. Stéphane donne le change à un auditeur, « mais ne parlez pas politique », ordonne Gérard. Enfin Françoise participe au sketch concernant le personnage de Gérard : des perspectives de couple. Boutade bien sûr, étant mariée et mère de famille, mais Gérard y réagit vivement, conscient des rumeurs que cela peut susciter.

Parallèlement, Max veut associer Gérard au fil de la radio libre, qu'il essaie de poursuivre. Ce soir-là, les auditeurs viennent avec des histoires au second degré, drôles, peu crédibles, et Gérard doit tenter d'y répondre. Pire, il interrompt l'émission pour axer sur sa personne, la télévision, les gens qui l'attendent, etc. Il prend en otage l'émission, réclame de l'alcool, et dépasse totalement Max qui a du mal à contrôler la situation vu l'ambiance, le monde à la radio, l'état d'ivresse de Gérard. Les coulisses transparaissent presque dans le discours de Max, qui avouera plusieurs fois sa difficulté à gérer le spectacle télévisuel, parfois la fluidité radiophonique, et l'ambiance du studio opù alcool, odeur d'après-rasage et de transpiration et folie dominent. Puisqu'on est en radio libre, on retrouve des sketchs classiques qui apparaîtront pendant les débats, tels que la rumeur qu'il passe sur d'autres radios, qui génère une réaction vive et brutale. De même, il refuse que les gens aient « du monde derrière toi ». Dn outre, la radio fait un sketch avec Gérard : ils appellent un numéro sexy et, étonnamment, l'hôtesse le reconnaît et s'ensuit un échange sexy entre eux. Gérard est attendri, raffiné (d'une vulgarité sans nom), le tout cohabtant dans des mêmes phrases et dans un échange parfaitement loufoque. À l'issue du sketch, Max révèle que l'interlocutrice est une hôtesse de profession et Gérard affiche toute sa maladresse. La seconde suivante, Gérard explose face à un auditeur lui rappelant une « rencontre aux toilettes de la Loco », renforcé par les « doutes » de Max et de Florent. C'est ce clair-obscur qui ponctuera toute l'émission. Pendant que les gens lui parlent, il grimace à la télévision, se distrait, et ne les écoute pas. D'autres auditeurs l'accusent de copiie dans ses poèmes, pour le maintenir à un haut niveau d'adrénalyne. Max les soutient dans leurs défis, que gérard ne sait pas relever, et les confirme dans la pression mise sur Gérard pour l'agacer. D'autres auditeurs se présentent, dans l'esprit de la nuit : alcoolisé, dans son monde, hors du temps. Un échange intéressant : « Je voudrais, dit l'auditeur, passer un coup de gueule contre ceux se foutant de ta gueule.

— C'est pas grave, répond Gérard.

— C'est là qu'on voit que tu es un mec superbe, car tu t'énerves pas et pourtant ya de quoi

— C'est vrai, reprit Max avec son jeu de scène le plus sérieux, qu'il s'énerve très rarement. Il a un tempérament plutôt cool.

— Ça dépende quoi on parle, nuance Gérard. Ma vie privée ne regarde personne. »

Cette dernière phrase tombe à pic, après avoir désormais mélangé allègrement un personnage fantasque et sa vie privée, qu'il déballe à qui veut l'écouter gémir sur sa condition.

Quelques éléments de réalité émergent. ON entend explicitement Gérard voir Max comme son chef, et non plus seulement délégataire de son personnage. Max l'interpelle : « Déjà que tes poèmes sont nuls, si tu ne les as pas préparés ça fait peur. » Peu d'incidence vu l'état de Gérard et l'ambiance, mais ces parenthèses permettent de mieux comprendre la posture de l'équipe de Max et la sienne vis-à-vis de Gérard, et d'admirer le jeu d'acteur qui est le leur dès cette époque. D'autres éléments sont plus ambigus : Gérard tente de séduire Julie par ses poèmes, Max les méprise. De manière plus visible, Max se pose en véritable éducateur de Gérard, avec sa dureté, sa rigueur, mais aussi sa bienveillance. Max mentionne qu'il veut devenir animateur de radio, traçant la perspective des futures saisons : mais comment le devenir en étant incapable de distinguer la coulisse du spectacle, n'écoutant pas les auditeurs. Max commence un discours ambigu, en semblant dire que l'aventure de Gérard va s'arrêter. Max prépare déjà la future saison, où il entend mettre plus de pression, pour modifier le format même des émissions. Cette pression peut aussi s'interpréter comme l'expression de ses hésitations quant à l'avenir de Gérard, au coeur d'une émission éprouvante pour lui. Le cahot, qui caractérise cette période, n'est pas sans laisser des doutes chez son créateur même. La conséquence est qu'il se montre plus autoritaire, pour parvenir à progresser malgré Gérard, et se livre donc à des propos rudes du type « ça fait trois ans que t'es dans une cage et ne t'en rends pas compte. » Ce que Max gère le plus difficilement, c'est le comportement imprévisible et inconstant dû à l'ivresse de Gérard.

Un véritable élément biographique est à souligner ce soir-là, d'importance majeure pour la suite. Gérard vient de décrocher un métier à mi-temps d'agent de sécurité. Mais immédiatement, on apprend les difficultés de Gérard dans sa vie privée : difficulté à tenir les horaires, à effectuer assidument sa mission (il appelle Funradio sur son lieu de travail). Il se défend, mais maladroitement. Heureusement, son chef est bienveillant : il s'agit d'un personnage, présent ce soir-là, appelé Henri. Les deux hommes, qui se rencontrent à l'occasion de ce métier, resteront amis jusqu'en 2000. Sur cet épisode, un énorme sketch se joue sur une révélation de codes secrets professionnels, qui menaceraient l'emploi de Gérard et le pousseraient donc à partir. On peut parler de sketch parce que ce code, soi-disant secret, est révélé publiquement. Dans une confusion totale, Florent donne le numéro de tatoo de Gérard. Étape ultime de la vie privée de Gérard exposée en place publique.

Côté auditeurs, on retrouve Arnette, « vexé » de ne pas avoir été invité mais qui vient lui remettre ses cadeaux physiquement. Philippe, Cyril et autres animateurs radio simulèrent une prise d'otage d'un mystérieux groupe, le FIAB, de bisexuels, dans un sketch surréaliste. Tony suit la même trajectoire qu'Arnette : il commence au téléphone et se retrouve dans le studio. Tous les personnages étaient présents physiquement et appelaient depuis la radio, retrouvant Gérard, ravi de les voir, dans ses ambiguïtés éternelles. Gérard est très surpris de rencontrer ces auditeurs, eux-mêmes faisant connaissance car ils ne se connaissent pas à cette époque-là. C'est aussi la première fois que les auditeurs interviennent sous des pseudos, fixant un principe qui sera la règle peu à peu. On retrouve aussi un « ami » de Gérard : Caramel.

Les cadeaux de Gérard se succèdent : un parfum, « Harley Daouidson », « Astrique » (Antarctique), un livre d'orthographe, un livre sexuel, des stylos, des bonbons, des nouilles, des livres de grammaire, des dictionnaires, une bouteille de champagne, des préservatifs, l'insigne du Sida (auquel Gérard est sensible). Autant d'occasion d'embaumer le studio d'une odeur de déodorant, alcool et transpiration.

C'est donc quatre heures de synthèse : Gérard croise tous les gens qui font la radio libre et son écosystème. Malgré l'alcool, Gérard a pu tester un nombre de situations énormes en radio, et Max pourra s'en inspirer pour la suite, chose qu'on observera dès la rentrée 1997, sur le même registre.

Max et la transition entre cycles[modifier | modifier le wikicode]

Dès le 29 mai, Max n'a plus tout à fait le même ton avec Gérard. Il devient difficile, d'ailleurs, de démêler le premier et le second degré dans les échanges qu'il a avec son protégé. Quand Gérard se plaint de ses débats, Max y répond par l'ironie. D'abord, sur les thèmes de débat. Max commence à proposer d'autres thèmes de débats : les émoroïdes, le ver solitaire, les législatives, etc. « Gérard « mène les débats, mais n'a pas à trouver les idées », indique Max ironiquement. Il faut bien dire que les idées de thème sont un sujet récurrent dans toute la période. Mais Max a la ressource nécessaire et l'autorité face à Gérard qui rejette tout en bloc sauf ordre de Max. Cependant, à l'intérieur de l'émission, Max commence à tracer les contours d'un poste de « chef des débats » pour Gérard, libre de décider des auditeurs qu'il admet ou pas (sous réserve qu'il les reconnaisse). Ce soir-là toutefois, il semble avoir du mal à se synchroniser avec son équipe, qui a sléectionné des gens pour parler de la sodomie et non de la fidélité. Cette méprise permet à Gérard de renouveler son refus des habituels.

Le soir d'un débat sur la sodomie (11 juin 1995), après une nuit folle et cahotique comme Gérard et les auditeurs en offraient à l'époque, Max n'en reste pas moins dur, préparant la suite, en insistant pour qu'il adopte la posture d'un animateur radio face à son micro. C'est aussi une occasion pour lui de mettre une pression sur ce personnage à la fois si à l'aise et si instable. C'est lui-même qui, lassé de ce cahot, conclut en expulsant les auditrices, ce qui fera menacer Gérard de ne pas revenir la semaine suivante. Il faut dire qu'avant que Max ne conclut, Gérard commençait à tenter une séduction de certaines filles. Pour s'y aider, il lit un nouveau poème : « Un jour, j'ai rencontré une fille par la radio Un jour, cette fille m'a dit je fais du 85 Un jour cette fille m'a téléphoné à la cabine Un jour cette fille m'a dit qu'elle mesurait 1m65 Un jour cette fille m'a invité chez Mcdonald Un jour cette fille est venue me voir comment je dormais Un jour cette fille comment je travaillais Un jour cette fille m'a dit qu'elle faitsait 47kg Un jour cette fille est restée toute la nuit à la Loco Un jour cette fille est venue chez moi Un jour cette fille est restée sans me donner des nouvelles pendant 15 jours »

« Je voudrais t'inviter à dîner mais tu refuses Je voudrais t'inviter à dîner mais tout est fermé Je voudrais t'inviter à dîner sur l'herbe coupée Je voudrais t'inviter à dîner sur un bateau Je voudrais t'inviter à dîner dans une diligence Je voudrais t'inviter à dîner sur un balcon Je voudrais t'inviter à dîner mais personne garde le béné Je voudrais t'inviter à dîner après avoir fait l'amour Je voudrais t'inviter à dîner avec un bouquet de fleurs Je voudrais t'inviter à dîner avec un bijou Je voudrais t'inviter à dîner en tête à tête »

Gérard ne fera ensuite partager, d'un ton plus puéril et attendrissant, ses inspirations issues de son voyage à Cannes. En effet, Max, qui organise son émission sur place à l'occasion du festival, comme cela se faisait beaucoup sur les radios à cette époque-là, a convié Gérard avec l'équipe. Ce dernier relate ses sensations, avec ses mots, d'un moment qu'il n'avait sans doute jamais imaginé comme possible pour lui : « Pour la première fois, j'ai pris l'avion, cela était drôle Pour la première fois, je suis monté sur un bateau Pour la première fois, je suis venu à Cannes Pour la première fois, je vois des gens de Cannes Pour la première fois, j'ai fait une émission de Cannes Pour la première fois, j'ai vu des gens de la télé Pour la première fois, j'ai été touché Pour la première fois, je vois des stars inconnues Pour la première fois, je voudrais que l'on se proèmne sur le pont d'un bateau Je voudrais que tu deviennes ma princesse sur un yacht »

« Ma biche, je voudrais te tenir la main dans l'avion Ma biche, je voudrais te tenir la main sur une vache Ma biche, je voudrais te tenir la main sur le sable Ma biche, je voudrais te tenir la main dans le foin Ma biche, je voudrais te tenir la main dans un sillot Ma biche, je voudrais te tenir la main dans la farine Ma biche, je voudrais te tenir la main sur un stylo télé Ma biche, je voudrais te tenir la main sur la Croisette Ma biche, je voudrais te tenir la main sur un tapis rouge Ma biche, je voudrais te tenir la main sur un drapeau ».

« Il faudrait t'éloigner du micro à cause de ton haleine, ça sent dans les enceintes des gens » dit Max en intermède. En réponse, gérard fait mine de ne pas vouloir lire davantage de poèmes, mais quand Max insiste avec autorité, il cède immédiatement : « Quand tu me réveilles avec beaucoup de câlins, j'ai adoré cela Quand tu me réveilles, tu es partie travailler je suis seul Quand je me suis réveillé, tu étais sous la douche Quand je me suis réveillé, tu es partie sans me dire au revoir Quand tu es rentrée, je suis parti sur la route pour quinze jours Quand tu es partie, je suis parti dans le jardin Quand je suis parti au boulot, je me suis retrouvé seul Quand tu es rentrée, je suis parti travailler Quand je suis rentré au petit matin, tu as pris toutes tes affaires »

Gros chasé-croisé ! Réplique Max. « Improvisé », dit Max fièrement.

C'est aussi Max lui-même qui, pour la première fois, prendra acte que ses poèmes ne plaisent à personne. Gérard ne s'en offusque pas, sa vie a déjà tellement changé depuis le temps où il ne reposait sa sociabilité que sur eux. Il sent au fond de lui qu'un nouvel avenir s'ouvre, et Max aussi. Mais les auditeurs plébiscitent les poèmes.

Tout en bousculant l'animateur pour mesurer sa capacité à gérer la pression, ou pour exprimer sa propre frustration parfois, Max laisse le produit se construire. Le 6 juin 1997, lors du débat sur la bisexualité, se crée un nouveau concept : la pseudonymisation des auditeurs. Comme Gérard les expulse à tout propos, notamment pour rester exclusivement avec des filles, l'équipe décide de les faire repasser systématiquement sous des noms différents, devenant des pseudonymes. Le premier, qui incarnera la fin de cette phase et sera régulièrement rappelé jusqu'en 1998, est Caramel, joué par Cyril. Il ajoute au cahot. Il se montre très envahissant dès ce soir-là de juin 1997, parlant sans cesse, à la rage de Gérard. Toutes les minutes, il répète « bonsoir Gérard » et Gérard finit par dire « on en a rien à foutre de Caramel », mais il reste, et le standard ne l'élimine pas. Caramel hurle alors de tristesse, pleurant à chaudes larmes et bruyamment à l'antenne. Gérard, insensible, dépassé, se fait aider de Julie pour que Gérard puisse parler. Sinon, c'est le cafouillage. Il y en aura beaucoup : hurlements pour éliminer les garçons, refus radical de parler de Christine.

« Quelle serait votre réaction si une personne vous proposerait d'avoir un rapprot bisexuel ». Caramel veut répondre avec enthousiasme, non sans avoir demandé de la répéter. Gérard refuse, expulse, Caramel hurle, et est expulsé.

L'émission du 3 juillet est un symbole de cette ambivalence de Max, entre doute, pression pour augmenter le cahot et lassitude du fonctionnement du personnage. Il « dénonce » le spectacle de Gérard : de plus en plus énervé, capricieux, difficile, paranoïaque. Gérard ne se préoccupe guère de la présence d'invités, et « fait sa star ». L'ambiance est hésitante entre sérieux et second degré :

Il est aigri en cette fin de saison, par ce qui se fait « de sur son dos » et l'ambiance à la radio. Il hurle en continu, témoignant d'un vrai besoin d'extraire une haine totale de son for intérieur. Max pose une interdiction, « il est hors de question que tu te mettes à hurler comme ça tout le temps. » « Ca devient halucinant le nombre de fois où tu te mets à hurler et comme personne ne te dit rien tu hurles de plus en plus fort. » « Tu fais e la télé, c'est une honte », autant de moments où on voit Max réellement excédé mais au fond, amusé car cela prépare le surréalisme de l'émission des débats. Gérard se met en retrait, Max va lui parler, l'antenne est désertée. « Tu dégages », finit par sentancier Max, tout en jouant le sketch du départ. C'est à cette occasion qu'il sera véritablement recadré par Olivier pour son comportement, attestant du malaise ambiant. C'est aussi ici qu'on voit le double jeu tragicomique de Max : « on parle pas de Françoise ce soir », souffle-t-il à un auditeur d'un ton complice, car il espère que le sujet resurgisse pour reprendre le spectacle surréaliste. « Je viens de me faire engueuler par Olivier, se plaint Gérard, s'il veut plus que je mette un pied à la radio, dans ces cas-là je fais plus rien.

— Tu cries trop, répond Max, semblant hésiter à son tour.

— Dans ces cas-là qu'on me le dise gentiment, on n'a pas besoin de gueuler comme ça.

— Est-ce que t'es gentil avec les gens toi, Gérard ?

— Je suis gentil avec qui je veux !

— Oui mais comme t'es gentil avec personne, ça suffit ! »

Et de mélanger le direct et sa vie parallèle et les discussions hors antenne. Fidèle à ses contradictions, il n'en reste pas moins présent et participant à la radio libre, dans des sketchs classiques de réputation, du départ, qui n'empêchent pas Max de le canaliser vigoureusement. Ce soir il se déclare contre les « randonnées pédestres ». « Je commence à en avoir ras-le-bol

— Oui mais nous uassi, ce soir ».

Max joue tous les sketchs du courrier et autres sous les caméras de fun TV, Gérard aussi en ajoutant celui des ultimatums, préparant deux débats chaotique à venir. « C'est moi qui commande », devra rappeler Max régulièrement. « ON est contrôlé par le CSA », dit Julie, et Max commence à faire croire à Gérard que ses mots sont du sérieux. Là encore, c'est un mélange entre pression et lassitude de l'instabilité du personnage. « Je veux que deux personnes dans les studios, c'est moi qui vais choisir.

— C'est ça, écarte max avec mépris. »

Gérard conteste les choix de Max, dans un débat tendu. Il termine l'avant-débat par le lancement d'ultimatums pour la rentrée, non crédibles dans leur énoncé même, tant et si bien que Max peut facilement ouer le sketch du non soutien. Max reproche un manque d'implication de Gérard, il ne prend pas au sérieux les sujets, en tension entre sa frustration et son plaisir d'être dans ce tourbillon social.

Etrange fin de saison donc, qui laissera préfigurer du cahot régnant entre ce que Max ressent et doit gérer de son équipe, ce que Gérard vit, et ce que Max fait croire en terme de rigieur pour alimenter la fougue de son personnage. « On arrive au somum de la radio libre, dit Max pour montrer l'ambiance étrange. Gérard fait le ménage. »

Pour conclure la saison, Max affiche toute l'ambiguïté de ce qui se joue à ce moment de transition : « Gérard arrête nous dit-il », exprimant ainsi ne pas le souhaiter, mais « ah mais l'an prochain ça se passera pas comme ça, un débat toutes les trois semaines max ; on fera une semaine Gérard, une autre Françoise. » Max semble ainsi chercher un format acceptable : « il faudra surtout les préparer les débats », reproche-t-il à son animateur. « À la rentrée on fera en sorte que ça évolue, nécessairement, sinon on fera que tous les quinze jours. » « Non il n'y aura pas de débat qu'avec des filles, dit-il à une auditrice, parce que on veut pas d'émission à l'eau-de-rose. Oui, les filles sont souvent les plus inintéressantes dans les débats » car trop sérieuses.

Gérard et ses démons[modifier | modifier le wikicode]

Le soir de l'avant-débat du 29 mai 1997, le sketch des habituels prend une tournure un peu plus dure, mais drôle, qu'à l'habitude. Son message : pas d'habituels, ça se passe toujours mal avec eux. « Si t'es pas content, réplique Florent, tu fais ton propre standard.

« Dans ces cas-là, pas de débat, se défend gérard. »

Mais personne ne le souhaite, aussi toute l'équipe est hilare. D'autant que chacun sait que Gérard, de toute manière, ne reconnaîtra rien. Pour éviter les débordements, Gérard refuse de donner son thème de débat à l'avance. Max veut toutefois le savoir hors antenne. Il coupe les micros, écoute Gérard et… « Ah, la fidélité ? », micro ouvert. « Certains le savent déjà, dit Gérard, en contradiction avec son obstination au secret. Je l'ai dit à deux trois gens au téléphone en privé, et yen a qui veulent réagir mais ils pourront pas »

Gérard fait comprendre que depuis quelques mois, il n'est pas satisfait de la manière dont se passe les débats. « Au bout de quatre questions, les gens disent n'importe quoi donc on est obligé d'arrêter. » Mais Max enchaîne. Gérard se trouve à refuser, en tête à tête, aux habituels de passer : David ce soir-là, qui reproche les insultes à l'égard des filles. « Pour éviter les insultes, ne mettons plus de filles » « Dans ce cas-là, ça sert à rien s'emporte Gérard. » Il ne fera qu'augmenter cette intensité de sentiments jusqu'en juillet 1996.

De manière générale, Gérard ne parvient plus à gérer efficacement ses relations sociales. Le soir du 29 mai, Gérard insulte alors et ordonne à son interlocuteur d'être poli. L'échange se débride. Julie pointe toutefois la contradiction : l'insulte et le refus de l'être. Mais Gérard dévie et ne traite pas le sujet. « Mais il a raison, ascène Max à Julie, il a voulu parler politique, a levé la voix et a bien parlé ! »

Ce même soir, Gérard se trouve confronté à la bienveillance lucide d'un auditeur : « Gérard il est trop fort. Je l'ai jamais vu mais j'ai l'impression d'un gars qui vient du fin-fond de la cambrousse pour faire son spitch à la radio, et ça me fait délirer. Ce mec a du courage : si dans la vie il réussit avec ça, c'est trop fort. Quand il boit, c'est un jeu, quand il parle, j'ai l'impression qu'il comprend rien. — Je viens pas du fond de ma cambrousse. Tu diras à ton copain que c'est pas la peine de rire derrière. Moi je viens de Suresne. S'il me laisse cette chance parmi les autres auditeurs, je suis le seul. »

Il semble en fait que ce mois-ic, dans un climat plutôt étrange, Gérard utilise sa « rage » radiophonique pour évacuer des frustrations internes. Le 12 juin, il annonce dès son intervention avant le débat sur la différence d'âge qu'il va refuser tout dérapage et ordonne que ses exclusions soient appliquées, y compris l'élimination des habituels. Cette annonce, « soutenue » par Max, est faite d'emblée dans des cris fermes et rageurs.

Malgré ces démons qui le rongent, couplés à son intelligence, son applomb et sa difficulté générale de conduire une discussion, Gérard se maintient à flot par un mécanisme de déni tout à fait hors du commun. Lors du débat sur la bisexualité, il conclut en étant ravi de ne pas trop s'être énervé. Les auditeurs concluent, par l'absurde : « pour ne pas attraper la bisexualité, il faut se couvrir, mettre une écharpe, etc. » « Débat instructif ». Gérard attend des conclusions sur le débat, l'ambiance, mais pas le thème. Les garçons soulignent que l'hétérosexualité reste bien définie : « amour entre un homme, une femme, un animal, etc. » « Gérard s'est soigné de la maladie de la bisexualité, contractée avec un rapport avec une Christine, bisexuelle. » ON notera donc l'incohérence entre les accès de rage de Gérard et son sentiment général, mais cette contradiction restera permanente.

En ce début du mois de juin, et malgré les doutes de chacun, il semble qu'un produit soit né, au moins à moyen terme. D'un côté, un animateur aussi libre qu'un oiseau sur une branche, capable de parler de tout sans rien connaître, jusq'aux éléments fondamentaux. Il commence à savoir ouvrir une émission, la fermer, et dégage des règles : pas de « portab », pas de bruits parasites, droit d'expulser les perturbateurs, interdiction de parler de Christine sous peine qu'il s'en aille. De l'autre, une panoplie d'auditeurs, pouvant jouer plusieurs rôles, mais se livrant surtout à la cacophonie et à l'insulte au milieu d'auditrices sérieuses. Gérard ne maîtrise par contre pas la subtilité auditive de la radio, mélangeant les bruits de l'environnement des auditeurs avec ceux du studio. L'arrivée de Philippe et d'Olivier semble avoir déclenché quelque chose : l'idée que les auditeurs seraient à la fois des habituels et des personnages.. Au milieu, une équipe, qui tente de ramener le juste milieu pour que le cahot reste radiophonique, malgré les cris, les insultes, les gens qui se parlent les uns sur les autres. L'équipe va aussi devoir se charger du Minitel, car Gérard ne peut pas tout gérer sans que le cahot ne devienne débordant.

Les débats de la fin de saison sont une sorte de synthèse de cette nouvelle formule.

Le 19 juin, Gérard organise un débat dont le thème n'est autre que lui-même. On y retrouve l'assurance sans fondement de l'animateur : « je ne suis pas hétéro, pas homo, rien du tout, un mec comme tout le monde. » ; l'absurde :

« pensez-vous que Gérard devrait dire Oui à une fille facilement ?

— Oui, dit un auditeur, aux accents homosexuels

— Pourquoi ?

— Parce que t'es un tombeur. 1M90, yeux bleus, blond, des cheveux longs jusqu'au milieu du dos, un beau corps.

— Tu te trompes

— Ah bon, on m'a menti ? T'es un vilain ? Un camionneur ? »

Certains auditeurs remettront Gérard devant une réalité :

« Sixième question : pensez-vous qu'il faudrait accorder plus longtemps l'antenne à Gérard ?

— Questions récurrentes, dirent tous les auditeurs.

— En fait, dit un auditeur avec sérieux, t'es pas fait pour la libre antenne. Gros soucis d'allocution, donc tu ne mettras jamais le feu à une antenne. On t'apprécie pour ça mais pas plus d'une nuit par semaine.

— Dans ces cas-là, si je suis pas fait pour faire des libres antennes, si vous voulez que je reste auditeur, arrêtez de demander comment va Gérard et comment va Gérard sur Minitel et au standard. Je me calmerai quand on arrêtera de demander mes remix et moi sans arrêt. À force, ceux qui se font du blé derrière mon dos, je vais arrêter.

Dans ce cahot général, Gérard en oublie les questions posées, pose plusieurs fois la même, mélange les auditeurs expulsés et accueillis, éructe à l'antenne. Aucune régulation de la parole n'est possible, le cahot est total et hilarant, Olivier y participe. Julie et Florent lui reprochent de ne pas tout avoir demandé. « Pensez-vous que je devrais être plus aimable ? » « Pensez-vous que je doive donner mon numéro de Tatoo ? »

En bouquet final, Julie lui demande une synthèse sur ce qu'il retient des retours des auditeurs, « tu comptes faire quoi ? En guise de réponse, dans une cacophonie générale et assourdissante, gérard se contente de répondre aux questions qu'il a en tête. Désespérés de trouver du contenu, les membres de l'équipe retournent à son sujet de la sexualité, de la trahsion de Fun, qui provoquent les mêmes réactions. Florent donne un numéro de tatoo au hasard, gérard hurle croyant que c'est le sien. Julie doit le recadrer vigoureusement, après ce nouveau dérapage, où il s'enferme dans un mutisme puéril. Gérard veut punir les auditeurs en annulant des rendez-vous, mais ses armes sont bien risibles. En fin d'émission, Max étant satisfait, Gérard sourit et annonce sa participation, réelle cette fois, à une soirée où se rendra l'équipe de Funradio.

Le 26 juin, les auditeurs retrouvent Gérard et l'équipe ne parvient pas à dissimuler son malaise vis-à-vis de l'odeur du personnage, entre transpiration et déodorant excessif. Habité par ses démons, il s'en vexera fortement. En réalité, cette réaction fait écho à une baisse de régime générale du personnage, rattrapé par ses souffrances psychiques. Pour son débat sur les vacances, Gérard parle peu et se laisse donc déborder, l'équipe lui reproche de ne vouloir que des filles. « Pourquoi partez-vous en vacances ?

— Parce que Max emmène Gérard et nous en débarrasse.

— Moi, dit Tony, je vais visiter les grottes préhistoriques, en commençant par la grotte à Christine. »

Un auditeur de Minitel « invite Gérard quinze jours sur l'île de Pedos en Grèce. » puis on découvre un point sensible de Gérard : la protection des animaux. Il s'indigne à l'extrême si on abandonne son animal l'été.

Comme à son habitude, Gérard veut tout et son contraire. Alors qu'un auditeur commence à donner son adresse réelle, Gérard hurle et dit « vas-y, vas au bout ! » Heureusement, Florent interrompt le processus pour ne pas comettre l'étape suivante : « Gérard ne te prends pas pour le centre du monde, tu n'en es que le trou du cul ». Ce qui caractérise Gérard ici et toujours, c'est sa capacité, en une seconde, à passer de la colère au sourire. Il en fera plusieurs fois la preuve dans l'émission. Julie doit souvent intervenir pour cadrer Gérard, l'obligeant à accepter de parler à des garçons et à se centrer sur sa thématique, car quand il parle à une fille, il n'est jamais loin de la discussion à bâton rompu. Il a besoin de parler, de se confier, de tendresse, sans être capable de la susciter. Mais comme une apotéose, une fille finit par donner ses coordonnées personnelles à l'antenne, le faisant exploser en insultes et vulgarité, allant jusqu'à refuser toute régulation par Julie.

Enfin, un dernier élément clé des démons de Gérard et son rapport à la vie sociale. Dans ses phases alcoolisées, il est capable de racnonter, hors antenne, bien des fables aux auditrices, pour séduire ou en rêvant sa vie. Ainsi, il nie beaucoup de ses actions, mais l'histoire n'est pas claire sur la réalité de ce qu'il affirme avec emportement. Le 3 juillet, avant son débat sur les relations amoureuses, il nie avoir dit à une auditrice qu'il allait avoir sa propre émission, or il reste probable que les faits lui donnent tort.

C'est donc un homme habité par ses démons qui anime ce début d'été et ce format d'émission qui s'installe. Les thèmes de débat et leur contenu, sans beaucoup changer, se rapprochent davantage des difficultés du personnage. Ce soir de juin, on notera ainsi un débat sur « Pourquoi les nanas nous forcent à manger ». On y apprend, à titre anegdotique mais révélateur de la vie de Gérard, Qu'il a mangé pour la première fois de sa vie une raclette, à 36 ans. Il nous laisse ainsi à voir son éloignement social depuis toujours. Le 3 juillet, il n'est plus calmable, hurlant en permanence, Julie finissant par s'en plaindre entre sérieux et plaisanterie.

Traversant difficilement cette période, elle transpirera sur la rentrée et Gérard conduira ses derniers débats de l'été 1997 avec peu d'entrain, aigri et facilement dépassé, plus prompt à la colère qu'à la gaïté.

Le cahot s'enlise[modifier | modifier le wikicode]

Comme on a eu l'occasion de le voir, créer des frontières entre les moments de l'émission des débats n'a rien de facile, car son support, le Star System, pouvait lui aussi connaître des variations. C'est pour cette raison que, bien que le cahot qu'on va décrire commence en août 1997, donc au début d'une saison, il doit être présenté avant en tant qu'il existe dès le mois de juillet. De la même manière, la période précédente se termine avec la fin de la saison, mais le débat concerné peut tout aussi bien marquer le début de la phase suivante. De même, nous terminons cette période avec un débat sur les portables, marquant une rupture, mais l'évolution qui en résultera ne sera pas immédiate et il faudra donc en raconter d'autres pour rendre compte de la transition entre deux modèles. C'est bien ce cahot qui participe de l'art même du surréalisme. Même les limites de saison ne sont pas claires : en annonçant une dernière début juillet, on retrouve l'émission, et deux débats, en fin de mois de juillet. Ces débats, sur les vacances et les tatoo, sont encore de grands moments de cahot, allant jusqu'à la diffusion du numéro de tatoo de Gérard à l'antenne, suscitant son explosion, ses insultes et, visiblement, un harcèlement immédiat sur son appareil.

Enfin, il convient de noter que bien que chaotique, l'influence d'Olivier et de Fun TV permettra à certains débats de prendre du sens, ou plus précisément d'être narrables dans leur contenu surréaliste. C'est la raison pour laquelle certains débats seront retranscrits dès cette section, pour peindre les prémices du contenu surréaliste qui nous accompagnera tout au long e la seconde partie.

Comme on l'a vu, la fin de la saison 1997 était plutôt ambivalente, l'auditeur ayant du mal à déterminer ce qui relève de la réalité et de la plaisanterie pour provoquer Gérard dans les mots de Max. Force est d'admettre malgré tout que dans cette période, Max impulsera des changements et que cela rendra la cahot intermittent, plaçant ces émissions entre la continuité de la saison 1996 et un format dont le contenu est davantage radiophonique, qui arrive dans la seconde partie. On peut donc dire clairement que la période août-novembre 1997 est une transition où Max va clairement impulser des changements et, sans y parvenir immédiatement, lancer la dynamique. ON relèvera, outre les propos très marquants de la fin du débat sur les discothèques rapportés plus haut, de vraies remises en cause, entre provocations et messages : « ça se passera pas de la même manière, tu peux me croire.

— On va en discuter

— Ah mais pas besoin d'en discuter, le fait de moins se croire une star et de moins se regarder le nombril, inutile d'en discuter, c'est dans ta tête que ça se passe.

— On verra à la rentrée

— Tu verras tout seul dans ta tête »

À partir du 3 juillet 1997, la nouvelle équipe qui accompagnera Gérard commence à s'installer. Florent a quitté l'émission, tandis que Julie est resté. Olivier et Cyril, sous la houlette de Phildar en coulisses, occupent une place différente. Olivier est autant un cadre de l'émission de Max, et de Gérard, en coulisses qu'un « assistant » de Gérard dans les débats, voire un auditeur quand il est exclu des studios. Cyril inaugure un sketch dès juillet, consistant à s'approcher à quelques centimètres du visage de Gérard avec son caméscope pour « le filmer », suscitant la haine de Gérard qui créera l'expression récurrente « arrête avec ta caméra » ou « toi du dégages avec ta caméra ». Enfin, on retrouve tout un ensemble d'auditeurs habituels, mélangeant allègrement des animateurs de la radio et des auditeurs historiques. Cyril, avant de devenir permanent aux côtés de Gérard, participera d'ailleurs à ce titre aux émissions.

Lors du débat sur les relations amoureuses et les discomobiles, Olivier joue le rôle du réalisateur, qu'il occupera toute la période. Son intervnetion permettra parfois de lancer Gérard sur le pas de tir du surréalisme, l'arrachant à sa torpeur dépressive. Olivier jouera également un rôle nouveau, c'est lui qui remplacera Max dans le jeu du départ ou dans la régulation de Gérard, Julie étant avec lui pour calmer la fougue du personnage, mais aussi pour réguler les auditeurs quand Gérard quitte le studio. Ainsi, au moins pour cette partie de la période, il partagera l'autorité avec Max vis-à-vis de l'animateur. Dès ces débats, auditeurs et Olivier lanceront Gérard pour créer le cahot général qui prédominera toute cette période. Gérard inaugurera deux approches : exigence d'une pause musicale quand il est débordé, recours à Max pour calmer les gens quand il se met en colère, et pérennise les expressions « vous vous la fermez » et « c'est moi qui commande » qui animeront la suite de cette émission. Olivier se posera en soutien pour garder un débat continu, et un redoutable trublillon une fois le cahot en place. Il testera les possibilités de sketch eistantes lors du débat sur les relations amoureuses le 3 juillet. Celui sur les discomobiles sera un concentré de sketchs de Gérard : ultimatums, départs, sa réputation, tout y passe, dans une cacophonie et des hurlements constants. Gérard semble particulièrement épris des ultimatums, en réclamant à coeur joie dès que Gérard perd le contrôle des auditeurs.

À partir de cette époque, Max et l'entourage de Gérard l'aideront à rédiger ses questions et à trouver des thèmes de débat. C'est peut-être ce qui explique que le surréalisme repose, à partir de ce moment, sur le contenu au-delà de la forme chaotique, la période restant toutefois plutôt désordonnée.

L'été a été agité pour Gérard, car si la radio s'est raréfiée, le tourbillon de ses relations épistolaires et téléphoniques avec les gens n'a pas diminué. Harcelé sur son tatoo, à sa cabine, Gérard semble de plus en plus vivre difficilement le harcèlement, il a également harcelé des filles qui ont porté plainte, notamment auprès de la radio. Il en est résulté un fait nouveau dans la vie de Gérard, à savoir que les auditeurs découvrent l'une des raisons pour lesquelles la relation avec Christine s'est arrêtée. Elle lui reproche de lui voler de l'argent. Ici encore, il niera jusqu'au bout, mais il est intéressant de remarquer que nombre de ses conquêtes, même les plus approfondies, lui feront ce reproche en fin de relation. Il y a donc fort à parier qu'une part de vérité existe dans cette rumeur. Mais comme elle fait surréagir le héros, elle deviendra un sujet récurrent des débats, avec réaction garantie systématiquement.

Un nouvel élément va s'ajouter au décor de cette émission : Gérard va se voir montrer les chiffres de ses audiences. Ainsi, en fin d'été, plus de 12 millions de personnes l'écouteraient. Il est persuadé, à partir de cette rentrée, de parler devant des millions de personnes après minuit, au grand plaisir de Max.

C'est au sortir de ce contexte que Max réinvite son protégé dès le jour de sa rentrée, le 26 août 1997. Gérard s'y rend très ivre, faisant resurgir ses démons à l'antenne. À cette occasion, une nouvelle standardiste a remplacé florent : Gaëlle, que Gérard appellera « la Crapette », sans vraie raison. Elle le découvre petit à petit et s'en amuse rapidement.

Comme annoncé, les débats se font un peu plus rares à cette période. La saison commence, dès le 28, avec trois débats, sur la fatalité et la rentrée. Autant de moyens pour permettre à Gaëlle de découvrir l'univers de Gérard.

Ce nouveau contexte permet de commencer à esquisser des transcriptions de débat, encore qu'ils manquent trop d'éléments pour adopter le même format que la seconde partie. Après un résumé des éléments marquants de ceux les plus cahotiques, nous transcrirons ceux marquant le début d'une transition vers un art surréaliste maîtrisé, avant d'évoquer ceux marquant le revirement du format de l'émission, avec les péripéties de telles évolutions. Nous n'y reviendrons pas, mais pour tous ces débats, l'ensemble des sketchs qu'on a pus décrire sera répété régulièrement : sexualité de Gérard, réputation, départ, sa célébrité prétendue, ses remix, etc.

Des cahots mémorables[modifier | modifier le wikicode]

Les débats voient leur thème se diversifier, mais sans contenu. Gérard s'agace et veut passer des disques, ce qui amènera les gens du standard à le réguler. Chaque débat est un retour du calme au cahot. Gérard, le 28 août, se félicite d'en faire trois, mais il n'a qu'une ou deux questions par débat, n'échappant ainsi pas au cahot surréaliste. Ca cahot est aussi entretenu par le nombre d'auditeurs présents à l'antenne, qui sont souvent plus de cinq.

Parmi les moments mémorables des débats de Gérard, on se souvient de celui sur la fatalité, où Gérard disserte sur le mot fatalité aux côtés de Julie au Minitel, Gaëlle et Phildar au standard, Olivier, Tony, Arnet et autres habituels au standard : « une personne qui est bien avec tout le monde ». « Je suis fatal avec tout le monde », dira l'animateur aux personnes lui expliquant en quoi elles étaient potentiellement femmes fatales. « La fatalité, c'est quelque chose d'important » dira-t-il. Dans ce débat, le mot est pris sous tous angles possibles, sans lien : fatal car je fais rire, fatal « fixé irrévocablement par le sort », « d'une beauté envoutante qui semble être désignée par le destin pour entraîner les hommes à leur perte », fatal « comme une erreur », fatal car je séduis, et d'autres sens créés par Gérard. « Je suis toujours fatal avec une nana ». Des questions totalement sans fondement : « pensez-vous être fatal avec des fleurs ». On notera la généralisation de nouvelles expressions : « avec un con comme moi, on s'amuse ; avec un con comme toi, on se fait chier ». « Con, c'est champion olympique de natation ».

Lors du débat sur la rentrée, on notera le début très engageant : « pour ou contre la rentrée ». Puis le cahot génèrera les expressions habituelles : « ça va ? Je sais pas j'ai pas regardé ce matin ».

Le débat sur les petits seins, troisième du jour, manquera de filles selon Gérard. Gaëlle joue pleinement le jeu, faisant croire à Gérard qu'Arnet est une fille malgré sa voix déformée assez mal dissimulée. « Je préfère les petits seins, ça fait moins mal, on en prend moins dans les yeux », dira Gérard. « Je préfère faire une branlette espagnole avec des petits seins ». « Gérard et malpoli car t'as un petit cul et il pourra pas le sodomiser », dira une auditrice à Arnet qui lui demande, au milieu du cahot, pourquoi il est malpoli.

Après un débat classique sur les transports en commun, le 4 septembre, il semble que Gérard ait trouvé de l'aide pour écrire les questions et trouver les thèmes de débat. Sur ce second point, il n'est d'ailleurs pas exclu que Max lui-même y ait apporté sa contribution. Dès ce débat, parmi les sujets classiques des filles provocatrices, de Christine et autres questions sans fin, d'importantes expériences sont testées par les auditeurs et l'équipe. Julie et Gaëlle lui proposent un titre de disque « je te tiens par la barbichette », pour une réalité Donne moi ma chance, sans que Gérard ne s'en émeuve. Cet essai inaugurera une longue série de titres et d'artistes que seul Gérard va connaître et sur lesquels nous reviendrons. En outre, il faut se rappeler que ce débat intervient moins d'une semaine après l'accident de voiture de Lady Diana, qui lui coûta la vie sous le pont de l'Alma à Paris le 31 août précédent. Par boutade, un auditeur lance: « Gérard, c'est vrai que c'est à cause de toi que Lady D a eu un accident ? » Gérard explose : « je n'attaquerai jamais un sujet de débat comme ça ». Pour une raison étrange, Gérard décide que ce thème est tabou, et toute personne qui l'aborde est exclue, comme si le thème pouvait devenir un dérapage. Cette vive réaction donna de nombreuses idées aux auditeurs qui, à partir de ce jour, mirent Gérard au premier plan de cet accident, ce qui le rend totalement histérique. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

Ce jour-là Gérard se montre satisfait : 12 questions, c'est un débat intéressant. Les prémices d'une aide qui rédige pour lui des choses qu'il ne comprend pas arrivent.

Le 11 septembre, Gérard anime un débat sur les « paparasites », réagissant sans l'admettre à la mort de Lady D poursuivie par ces photographes. Chauffé à blanc par le sketch de la réputation et de la célébrité, Gérard entame l'animation. Pendant l'avant-débat, on découvrira, dans le courrier, un « journal » : homomag. Ce magazine accompagnera Gérard une grande partie de sa carrière radiophonique. Lors du débat, immédiatement, les auditeurs se resaisissent du sketch de Lady D : « est-ce que c'st vrai que, le soir du 30 août, tu faisais du stop sur le périph au Pont de l'Alma et le chauffeur a eu peur ? » Exclusion immédiate. Ce soir-là, on retrouve certains auditeurs, comme Constant de Versailles, qui participera plus tard à toute la farce du courrier autour de Gérard, et aux variantes de la réputation (services à son nom, vente d'éléments à l'éfigie de Gérard, etc). Ils se sont rencontrés à la Loco et Constant deviendra un acteur important des sketchs de Gérard.


On notera des questions savoureuses et des réponses à la hauteur : « Comment réagissez-vous face aux paparasites ? » « Je mets un collier antipuces ». Sur Minitel, Julie relaie les messages : « paparasites est le père des rasites ». Ici encore, après un début calme, le cahot reprend ses droits avec des hurlements et des insultes, mélangés au sketch se la réputation, des ex (surtout Christine), de la sexualité, bruitages obsènes, etc. Les audituers se prennent à un autre jeu : faire suivre les sketchs d'un soutien excessif, ce qui déstabilise Gérard et le calme. « Est-ce que tu aimes pas les paparasites depuis qu'un t'a mis son objectif dans l'anus aux toilettes de la loco ? » Puis, « j'aime pas les paparasites, c'est des salops ! » L'effet fonctionne, Gérard passant d'un début de colère au retour au calme. Dans ce cahot, Gérard abandonne l'antenne pour s'agacer contre Cyril qui le filme trop près de lui. Lors de ce débat, on donnera de nouveau le numéro de tatoo de gérard à l'antenne, et ce dernier, plutôt que l'ignorance pouvant laisser subsister le doute, confirme que c'est le sien en hurlant contre les auteurs. Ils les exclut et, évidemment, ils sont de retour après la pause musicale. L'équipe demande à Gérar de réguler, de « gérer », mais il s'en montre bien incapable. Max doit intervenir pour calmer les choses, Gérard ne parvenant pas à faire la conclusion, Julie s'agaçant et lui disant qu'il n'a qu'à choisir ses auditeurs, les auditeurs faisant régner le cahot. Pour une des première fois, Gérard insulte et, en retour, des auditrices, au second degré, le menacent d'un procès, comme il le fait lui-même habituellement.

Le débat sur les passions s'inscrit dans la continuité, avec Julie qui durcit le ton et réussit à calmer et faire raconter à Gérard ses passions: la formule 1, la lecture, la pêche. « moi aussi, je suis passionné de chambres d'hôtels Formule 1 », dira un auditeur. Max contribue à ce calme par sa seule présence et son aide au standard. La lecture des titres en anglais pour Gérard est une aventure, ce qui aura des conséquences pour la suite. Puis le cahot revient, entre allusions à sa sexualité, cris et insultes de paranoya de la part des audituers, Minitel provocateur et Julie qui se délecte de relayer les messages les plus insensés. Tony fait sa rentrée à l'occasion de ce débat. On notera aussi l'arrivée de Feuille de rose, une fille que Gérard tentera de séduire. Il proposera, d'ailleurs, d'envoyer des poèmes dédiés aux filles hors antenne. Olivier doit même intervenir, en tant qu'auditeur, pour réguler l'émission et le cahot. Gérard a peu de contrôle sur ses questions : « Que signifie fruit de la passion ? » En fin de débat, on verra se multiplier les effets transofmrateurs de voix (aigu, grave, etc). Les filles émettent de la jalousie vis-à-vis de Feuille de Rose, Gérard séducteur est ravi. Il ocnclura par des poèmes, couverts par des effets prolongés (voix en boucle, réverbération excessive, etc). L'équipe s'amuse beaucoup avec ces effets sonores. Il dédiera à des auditrices son fameux Je voudrais te dire je t'aime, perturbé par tous effets. Max y contribue largement. Tout est fait pour perturber la elcture qui, sur le fond, est connue, donc doit devenir surréaliste sur la forme via les effets de voix. Gérard persistera dans la variété: je voudrais te dire je t'aime deviendra, pour une autre auditrice, Je voudrais te faire l'amour, puis J'ai envie de t'aimer à Feuille de rose. Outre les effets d'Olivier, Cyril en rajoute physiquement. En fin de débat, l'équipe lui reproche de n'avoir que des thèmes déjà abordés à l'antenne, les Boys Band, annoncé pour la semaine suivante, étant un sujet qu'a abordé Max cette semaine-là. Cela permettra à Max de remarquer que les questions ont été écrites à l'ordinateur, donc que ce ne sont pas des questions de Gérard. Ce phénomène reviendra régulièrement. Puis Max remercie Cyril, filmant les débats, à la rage de Gérard.

La semaine suivante, Max reprochera à Gérard de ne pas suivre ses recommandations de thème et, de nouveau, de ne pas préparer les questions tout en voulant être payé. Curieusement, Gérard est mal à l'aise, repris par ses démons. Il veut la gloire, pas le travail qui doit s'y rapporter. Max se montre, avant les émissions, directiff : il ne veut pas d'habituels et des sketchs traditionnels. Ce faux soutien réconforte Gérard, Max oscillant toujours entre son sérieux avéré et le second degré, brouillant toutes les cartes. Ce soir-là, la caméra prend un rôle essentiel. Fesse de babouin apparaît, en envoyant à Gérard du papier toilette, du savon et des boîtes d'aspirine vides. Ce personnage, qui a vécu aux côtés de Gérard quelques semaines, a été son ami dans la vraie vie, et sera une personnalité centrale des ennemis jurés de Gérard sous son pseudonyme, plus tard. Car après avoir quitté Gérard, il va exploiter tout ce qu'il détient sur lui pour monter des sketchs courriers extraordinaaires.

Les débats sur les Boys Band puis les femmes suivent la même logique que les autres (habituels, cahot, etc), enrichi des sketchs de Cyril avec sa caméra portable. Les Spice Girls, ce sont des Boys Band, selon Gérard. Comme l'avait demandé Max, le premier débat est calme, le second revient aux fondamentaux chaotiques. ON apprend que Gérard adore Rickie Martins, auteur du tube de la période « un, dos tres », car ses « paroles que j'ai comprises sont bien, il dit à une nana qu'il veut lui faire l'amour ». Et surtout: « Je préfère le groupe Abba, ils ont de plus belles chansons et au moins, on comprend ce que ça veut dire. Même les Bidjies, on comprend tout. Alors que les ones apart, quand le mec te dit je te donne, apparemment ils veulent vous donner quelque chose, en fin de compte ils veulent vous dire qu'ils vous donnent votre coeur. Ils vous déclarent leur flamme. Je les ai vus en direct. Je suis pas d'accord qu'ils reprennent une chanson de Goldmann. » Ce genre de dé"claration, qui se multipliera bientôt, n'a pas à être commenté pour produire ses effets, tant le surréalisme prédomine déjà. Et d'enchaîner sur une réponse à une question minitel sans lien avec le débat même, où Gaëlle entre en débat avec lui. Pour Julie, ses poèmes sont des chansons de Boys Band, il peut être en duo avec Rickie Martins et faire un groupe avec lui, il a le niveau mental d'un boys band.

« Pour ou contre les femmes » introduit son second débat, où il retrouve Feuille de Rose. Cela ne l'empêche pas de rester ouvert aux autres filles, quitte à rendre jalouse sa « conquête » (qui joue avec ses sentiments, il va sans dire) et cela lui permet de régler ses comptes avec elle. Mais le cahot prend très vite le dessus : l'équipe refuse qu'il censure des sujets, les auditeurs l'insultent, Cyril le provoque avec la caméra proche de son visage (à quelques centimètres), des bruits de mouche intempestifs l'interrompent. Les sketchs de la sexualité s'enchaînent, Gérard restant non hétéro sexuel, non bi, mais normal. Julie modère le débat elle-même, pour qu'il ne vire pas à une séance de séduction. Du bruit et des cris, une vacuité totale, résument ce débat. « J'en ai marre d'avoir à foutre les gens », finira par dire Gaëlle. C'est à peu près cette même scène qui se reproduit partout : le hurlement contre le caméraman, les allusions des auditeurs et du minitel relayées par Olivier, les déformations sonores de la voix faites par Olivier, à la technique, et l'ambiguïté entre Gérard et les auditrices (il continue à utiliser l'émission comme prétexte à la séduction maladroite). Ce processus est d'ailleurs très ambivalent : quoiqu'entouré de filles à sa demande, rien n'en ressort. Elles lui donnent du sens, mais il les amuse, ce qui n'aboutit à aucune forme de concrétisation. Sous cet angle, Gérard passera la fin de l'année 1997 entouré, pendant les émissions, de Feuille de Rose, Gwenaelle et Carole, se passant le relais dans la séduction et la jalousie, autour d'un garçon flatté d'être convoité mais incapable de construire davantage. Quant aux émissions, faute de fond véritable, l'émission a plus de relief par les agitations des auditeurs et de l'équipe que par ce qui s'y dit. Il faut d'ailleurs noter la capacité éternelle de Gérard à passer de la plus vive colère au sourire le plus sincère, dans un esprit enfantin qui restait le sien. L'innocence de Gérard sur la sexualité confirme cette impression de puérilité. Il est honoré de voir (ou de croire) que les filles luttent pour conquérir son cœur. Après avoir refusé le succès, Gérard finit par l'admettre et le survaloriser, au risque de devenir exigeant et de se vivre comme une vedette souhaitant n'entendre que des titres à son sujet et ne parler que de lui. Cette évolution, réelle quoique fragile, donnera l'occasion à Max de nombreux jeux où il joue l'autorité pour déstabiliser, avec succès, son protégé.

À partir du 25 septembre, on notera le léger retrait de Julie, notamment après le débat sur les médiums qu'on verra plus loin, qui sera remplacée petit à petit par Olivier. Le recul historique permet de voir une transition vers le départ de cette personnalité importante de la saison passée et son remplacement par un acteur fort de la future équipe. Le 9 octobre, elle évoquera des problèmes de santé, rendant difficile d'accompagner un tel cahot. Olivier testera des concepts nouveaux, à savoir faire annoncer par Gérard des titres de musique fantaisistes. Nous en évoquerons de nombreux dans la deuxième partie.

Cette période se traduira aussi par des thématiques de débats extraordinairement riches : l'intelligence, les obsédés, qui mettront Gérard en position difficile pour affronter le cahos. Il n'est pas rare qu'il arrive ivre dans le studio. Mais il tient l'alcoo, tout en étant soumis à des excès de comportement et des attitudes de vedette. Max lui reproche, mais à un degré difficile à déterminer, son manque de rigieur : annoncé à l'antenne, il ne se présente pas au téléphone, donne peu de nouvelles, et vit en véritable marginal libre comme l'air. Le concept même de préparation est délicat pour Gérard. Cela permet à Max de travailler ses points sensibles en lui faisant croire à de la concurrence, pour susciter sa jalousie. Bien que mieux préparées car soutenu par Max, les questions ne manquent pas de vacuité : « peut-on prendre des cours d'intelligence ? » Le cahot prend donc toute la place, incarné par le caméraman, Max jouant le rôle de Caramel, les autres garçons, et les jeux d'Olivier avec la voix de Gérard (échos, boucles, déformations). On notera des moments révélateurs : ors du débat sur l'intelligence, alors que Gérard réussit à exclure tous les auditeurs masculins, il finit par dire aux filles « profitez-en, jusqu'à au moins 4H du matin ». Gaëlle l'interrompt « Justement, pour bien en profiter, on va conclure ». Mais Gérard ne cédant pas, les garçons reviennent pour l'amener à finir. Comme un enfant, il menace l'arrêt quand il n'a pas assez de filles à l'antenne, mais ne veut plus rien lâcher quand il y parvient, devant ainsi être totalement dirigé par l'équipe. Gérare s'en accomode, trouvant le moyen de s'étonner de devoir hurler dès le premier débat, contrairement à l'habitude, et annonçant que « le débat sur les obsédés va cartonner, je vais encore gueuler plus fort ». Cette conclusion permet de douter du fait que Gérard est une totale victime consentante de ces émissions, mais nous invite davantage à déceler une compréhension des phénomènes et une acceptation, non par masochisme, mais plutôt car la contrepartie sociale qu'il en tire est supérieure et que si elle doit passer par ce spectacle, Gérard l'accepte et l'entretient.

Ce qui rend cahotique l'émission, c'est la conjonction des auditeurs qui parlent sans limites, les uns sur les autres, vulgairement et bruyamment, avec les perturbations sonores d'Olivier et les interruptions de Gérard par la caméra qui l'excède, ponctuées par les menaces de départ de l'animateur régulé par Max. Tous ces éléments mis les uns parallèlement aux autres, et notamment sous l'impulsion des habituels et de l'équipe conjoints, donnent une impression de cahot informe et sans fin, qui pourrait se répéter indéfiniment si l'équipe ne l'encadrait pas par des horaires. Pendant les sketchs du départ, Max va jusqu'à improviser des réunions avec Gérard, en toute confidentialité via son micro-casque, dans les couloirs de la station, pour comprendre ce que vit Gérard et l'inciter à revenir à l'antenne. À cette époque, il faut aussi souligner que la station Fun s'inscrit en plein de la tendance de mise en émissions de télévision de ses programmes, et les débats de Gérard n'y échappent pas. L'équipe vidéo met donc en place tout un décor, lui-même propre à rendre fou Gérard par sa nature même, sa surcharge. Ce contexte attire jusqu'à des foules de dizaines de personnes, à 3H du matin, devant la radio, pour voir les débats sur un écran orienté vers l'extérieur et à l'accueil de la station. Le débat où cette innovation sera le plus criante est celui sur les OVNI, le 9 octobre 1997, faisant suite à une réédition du débat sur les femmes en mode conversation de comptoir, où Gérard n'eut que des femmes à l'antenne, mais ne s'empêcha pas de quitter les studios plusieurs fois pour protester contre la mauvaise réalisation de son équipe, à base de doubles sons et autres jeux avérés. Le débat sur les femmes, ce jour-là, est le premier qui se répètera plusieurs fois dans la carrière de Gérard.

Au sein de l'équipe, la transition se poursuit les semaines suivantes. D'abord, dès le 1er octobre et le débat sur les obsédés, apparaît une personnalité qui marquera une période postérieure à sa présence, à savoir Karine, au standard. Prête à défier Gérard, elle joue le rôle que jouait Julie, profitant de sa faiblesse face au sexe féminin pour lui imposer la présence d'auditeurs masculins. Elle ne sera pas dans tous les débats mais pourra parfois épauler Manu, à la demande de Gérard. Ce dernier ne cachera pas d'ailleurs une certaine attirance pour cette jeune fille. Pour remplacer Florent, Max recrute une personne prénommée Emmanuel, plus connu sous le nom de Manu. Ce dernier découvrira les débats en direct le 9 octobre, lors de celui sur les OVNI, après avoir tenu le standard d'autres animateurs nocturnes de la station. Il connaîtra, dès sa première, un des débats les plus cahotiques de l'époque. Il intégrera officiellement l'équipe de Max la dernière semaine d'octobre et les déb ats le 30 octobre 1997. Enfin, si Phildar n'arrive dans l'équipe officielle qu'en fin de période, il cottoie de près l'émission via Fun TV et il va même jusqu'à épauler Max, un soir du 30 octobre 1997. Lors du débat sur els animaux domestiques, alors que Max est absorbé dans le jeu de scène de Caramel, Gérard en appelle à Max bruyamment. Le Max qui lui répond, dans le même ton et avec les mêmes mots, la voix à peine transformée mais que Gérard ne reconnaîtra pas, c'est Phildar.

Côté auditeurs, en octobre, appelle un nouveau personnage appelé Goldorak, dans le sillage des débats sur les OVNI. Cet auditeur, très amateur des débats, les réécoute et dresse les statistiques des expressions de Gérard. Prenant les plus fréquentes, il les compte, une à une, et dresse les statistiques des débats. Il dira plus tard que ce fut un exellent moyen pour lui de passer à la radio, chez Max, chose qui l'amusait profondément. Mais ce qu'il se passe est plus fort : Goldorak, ou Goldo, devient le troisième habituel membre de l'équipe d'habituels des débats, qui survivra à toutes les évolutions de l'émission à partir de novembre 1997. Nous aurons l'occasion de revenir sur ces changements au fil de l'eau. Le 30 octobre 1997, à l'occasion d'un débat sur les animaux domestiques, où Max est particulièrement proactif dans la peau de personnages envahissants et sérieux, un nouveau personnage apparaît également : Monsieur Mazur. Louis Mazur, comme il se fait appeler, est un personnage qui deviendra le plus mytique de l'époque. La voix grave, le verbe lent, respectueux et distant, il rendra fou Gérard par son côté envahissant et la distance qu'il met entre lui et l'animateur, le rendant incapable de trouver les bonnes modalités pour réagir. Ce personnage mythique, qui nous accompagnera tout au long de cette histoire, est incarné par Mladen Derek, qui est plus connu sous son nom radiophonique d'Arnold. Animateur de Fun Radio dans cette période, il rejoint l'émission à la demande de Max qui a besoin de personnages pour l'animer. Du haut de sa forte légitimité et de son expérience, il accompagnera bon nombre de membres de la future équipe et, comme nous aurons l'occasion de l'évoquer, jouera de nombreux personnages. Monsieur Mazur reste toutefois celui le plus mythique dans son interaction avec Gérard. Le débat sur les animaux domestiques semble, avec celui de la mode de l'heure précédente, sceller une nouvelle équipe d'auditeurs et d'animateurs, douée d'un fort potentiel surréaliste.

Le changement dans l'équipe a des conséquences, parce que jusqu'ici, Gérard avait pour principaux adversaires et boucs-émissaires les auditeurs. Mais à présent, l'équipe n'étant plus uniquement constituée de filles, et participant activement au cahot, il peut aussi utiliser les coéquipiers masculins comme exutoirs. Il faut toutefois bien préciser qu'il sera très progressif, Gaëlle demeurant aux côtés de Gérard quelques semaines encore, tandis que Manu et Olivier font leurs premiers pas dans les débats.

Il faut aussi mentionner que face à la situation des débats, Gérard se fait de plus en plus aider pour rédiger les questions et trouver des thèmes, par Max mais aussi par des auditeurs qu'il rencontre dans sa vie personnelle. Mais il devient fréquent de voir Gérard lire des questions qu'il ne comprend plus, l'amenant à perdre jusqu'à sa capacité minimale à conduire des émissions. Le fait de ne pas rédiger et de ne pas comprendre permettra aussi à Max de réactiver la fibre de la jalousie. Mais les auditeurs seront gratifiés de nouveaux thèmes dans le même esprit : la fête et les slips jaunes (16 octobre 1997), la mode et les animaux domestiques (30 octobre 1997), viennent ponctuer d'autres plus classiques et non maîtrisés comme la vie en couple et les cunnilingus (23 octobre 1997). Lors du débat sur les slips jaunes, l'histoire retiendra qu'intervient pour la première fois (et non la seule) un Frédéric TESTOT. Animateur de Fun radio à l'époque, il sera connu, pendant plusieurs semaines, sous le nom de Michel de Tarascon, dans la peau d'un personnage efféminé à l'extrême. L'expérience donne un nouveau trait d'humour à l'émission, si bien qu'elle sera renouvelée et que d'autres vedettes de la station participeront. Fred ne restera toutefois pas longtemps, emporté par l'accélération de sa carrière d'humoriste à la télévision et à la radio aux côtés d'Omar Sy dans le duo Omar et Fred.

Sans transcrire l'intégralité des débats, il semble difficile d'éviter de présenter quelques questions mythiques, qui n'ont pas toutes été rédigées par Gérard : « l'intelligence est-il nécessaire pour vous », « L'intelligence, c'est quand on en a dans la tête, de tout », « l'intelligence est-elle le prolongement de l'hypothalamus sur le temolo » (mintel), « peut-on prendre des cours d'intelligence », « pensez-vous que l'intelligence se perd commz la mémoire », « la duperie de l'intelligence biaise-t-elle la gouaille de l'esprit » (Minitel lu par Olivier), « êtes-vous inteligent dans la vie », « pour vous l'intelligence est-elle une qualité ou un défaut », « pensez-vous qu'une femme soit intelligente pour être avec un homme ». « Quelle est la différence entre la pronographie et la typographie ? »

Enfin, à titre de décor, il nous semble utile de rappeler le type de musique diffusé à cette époque-là. Rappelons-nous d'abord que les scènes se situent après minuit, heure où peu d'audimat est à évaluer et aucun sondage n'est fait. La liberté radiophonique est donc forte. Rappelons aussi que Max, pendant toute la période, a marqué la radio par son originalité et sa liberté, prêt à diffuser des titres totalement décalés par rapport à la couleur musicale de la station. Gérard s'inscrit dans cette logique : il réussit à obtenir la diffusion d'artistes comme Frédéric François, gérard Lenorman, et autres chanteurs de variété française ou de musique rock des années 80.

Des débats de fond cahotiques[modifier | modifier le wikicode]

Le débat sur les médiums[modifier | modifier le wikicode]

Max propose ce débat à Gérard dès la fin de la soirée du 18 septembre, mais ce dernier refuse. Pourtant il insiste, en qête de renouvellement et aussi, il a une invitée. Ce débat mélange le cahot formel et le surréalisme de fond. Tout ne peut pas se retranscrire, mais nous reprendrons les interventions culte.

Dès son arrivée, on retrouve le rapport de forces entre Max et Gérard, le second se prenant pour une véritable vedette et le premier le recadrant violemment, sans toutefois l'en empêcher véritablement. Puis les auditeurs et téléspectateurs assistent à la lecture du courrier et aux réactions de Gérard (Homomag fictif, courrier annonçant Gérard en soirées, etc), pendant que Max prépare la suite : on sait que Cyril va jouer le sketch de la caméra. ON découvre une tendance qui avait commencé à s'initier depuis quelques mois, à savoir l'utilisation d'Internet comme vitrine de projets commerciaux divers. Internet et les portables commencent ainsi à s'installer dans nos vies. Ces révolutions n'empêchent pas les soucis techniques, bien sûr grossis par Max comme étant sérieux et de première importance.

Gérard reste toutefois calme jusqu'au début du débat. Les présentations sont difficiles, car l'invitée, Diana, est une fille (donc à respecter), mais envahissante (donc à faire taire). Elle se situe également à un degré de sérieux difficile à évaluer, dont il semble qu'il soit passé du premier au second en quelques secondes.

Ainsi, en se présentant, elle veut citer le nom et les coordonnées d'associations et collectifs travaillant sur les personnes à sensibilité télépathique et subissant des pressions de ce fait. Gérard s'y oppose vigoureusement, coupant son micro et allant au conflit. Celle-ci s'en émeut, lutte, Julie ne parvient pas à l'arrêter et Gérard refuse ces « informations ». C'est Max qui doit intervenir : « Mais c'est de la censure !

— Ben tu sors alors, c'est une radio publique ici donc ça se passe pas comme ça. »

On peut supposer ici que Max a réussi à la calmer. Commencent alors les questions, après présentations des auditeurs, dans un chaos certain :

« Pour ou contre les mediums ?

— C'est quoi un médium, demande Julie.

— C'est une personne qui peut vous dire ce qu'il va vous arriver dans les jours à venir, dans votre vie (loto, chevaux, etc). Moi je suis contre.

— Pourquoi ?

— J'y crois pas, c'est du bidon.

— Parce que personne ne t'a annoncé que tu serais Gérard sur Fun ?

— Voilà. »

Puis les auditeurs se lancent : contre, répond le premier, puis pour, dit-il et contre, bref, il perd le sens de la question. Gérard menace encore du départ.

« Je suis pour parce que c'est très bien, ça permet de connaître l'avenir.

— Mais ça c'est la définition d'un voyant, interrompt Diana. Un médium, il prédit pas forcément l'avenir mais il a une sensibilité dans un domaine (télépathique par exemple, pour communiquer à distance).

— Moi contre, ça sert à rien de savoir l'avenir, dit un autre auditeur.

— Pour et contre, dit une auditrice. Parce que beaucoup de charlatans, le pour car les bons te permettent d'éviter des bêtises.

— Et le contre ?

— Les charlatans

— Et le pour ?

— Ca t'évite de faire des bêtises.

— Mais elle dit deux fois l'histoire de l'accident de voiture, sur le pour et le contre. Bon autant pour moi. »

Feuille de Rose réagit, sous un prénom et non son pseudo.

« Mais ya pas à être pour ou contre, intervient Diana. Ya des phénomè_nes paranormaux qui existent, faudrait les étudier en tant que tels par la science. Par contre en voyance astrologie, beaucoup de charlatans. Il faudrait que les scientifiques reprennent la main.

— De toute manière tu viens de parler du paranodia, c'est le thème du débat de la semaine prochaine, répond Gérard. »

Elle éclate de rire et bascule au second degré.

« Croyez-vous en une quelconque forme de voyance ?

— Même question que la première, réplique Julie.

— Bon avez-vous consulté un médium, reprend Gérard après une hésitation. Si oui, ses prévisions sons-elles réalisées ? »

Caramel intervient. Cette fois, il est incarné par Max en personne. Il démarre immédiatement en interrompant Gérard et bloquant la progression de toute discussion : « Allo Gérard, c'est Caramel. Je voudrais répondre à la question.

— J'ai un fluide qui l'énerve, avance Diana, alors que Gérard hurle sur la caméra sans écouter un auditeur qui commence à répondre.

— Moi je veux répondre à la première question, dit timidement Caramel.

— Non, j'avance. »

Trop de contrariétés : Caramel, Cyril, Diana à qui ont dit de se taire (G&érard crot qu'on le lui dit à lui), il veut arrêter. Il faut dire aussi que c'est une occasion de passer à un thème qui l'intéresse davantage que celui-là. Julie le recadre, au milieu de « bonsoir » intempestifs de Caramel.

Pour ne rien arranger, le Minitel se plaint du débat (ennui, mots compliqués, etc). Gérard répète la question et donne la parole à Caramel. « Alors euh… la question c'est ?

— Tu retournes au standard, bonne nuit, comme ça t'auras compris la questions !

— Je crois que c'est moi qui l'énerve, j'ai un fluide qui lui réussit pas du tout, s'amuse désormais Diana, pendant que Gérard menace de partir du fait du silence de l'auditeur qu'il a interrogé. J'ai rien fait pour ça, j'ai été gentile avec lui mais… il s'énerve. Peut-être trp gentille avec lui, rit-elle.

— Je crois que vous l'avez néervé très très fort, dit Julie aux auditeurs, pendant que la foule rappelle l'artiste.

— Le stuido manifeste, il se fait prier, il veut qu'on double son salaire, commente Diana. On a l'accord, on double le salaire.

— Max le calme, eplique Julie, il s'énerve après Fun TV.

— Bon, reprend gérard au retour d'une pause, la troisième question.

— Oui, ça s'est réalisé, dit Feuille de Rose.

— Pourquoi ? Demande Gérard, voulant en fait le détail.

— Moi je n'ai jamais consulté, intervient une fille, car je suis un peu médium. Et je peux te dire que tu vas rencontrer le grand amour, mais tu le sais pas encore. Et tu la connais.

— Alors tu vas me donner le nom de la personne que je vais rencontrer. Puisque tu viens de dire que tu as consulté et que mes rêves vont se réaliser, tu me dis qui je vais rencontrer.

— Bon, finit Gérard incrédule.

— Moi j'y crois pas, dit un autre, parce qu'un médium que j'ai été voir m'a dit que tu allais devenir beau.

— Mais il est déjà beau, rit Diana.

— On va demander à Diana.

— Elle est pas partie elle ?

— C'est pas toi qui l'a invitée, rétorque sèchement Gérard.

— Toi non plus, fait observer une auditrice.

— C'est pas moi qui commande ici. En de bon entendeur salut.

— Moi, dit Diana, ça m'intéresse pas la voyance et astrologie. »

Les auditeurs l'interrompent, font des bruits de ronflement, font tout pour la déstabiliser.

« Et ta sensibilité télépathique par rapport à Gérard ?

— Pas besoin d'être sensible, répond Diana en riant. Il est nerveux, je sais pas à quoi c'est dû. »

Le sérieux de Diana dénote par rapport au ton général du débat.

« êtes-vous plus grave que les médiums ? Poursuit Gérard.

— Ou plus aigu, complète Julie, face au ton interrogatif de Gaëlle.

— Grave

— Pourquoi ?

— Parce que, quand même dit l'auditeur.

— Et toi, dit Julie.

— Moi, j'ai jamais été consulter.

— Pourquoi ?

— Je m'en fous ? Je suis neutre.

— On ne comprend pas la question, avoue Diana.

— Si le médium est un homme, je suis plus aigu tente une auditrice, sinon je suis plus grave.

— Croyez-vous en une quelconque influence des médiums sur votre avenir ?

— Possédez-vous un don de voyance, poursuit Gérard, face au cahot des auditeurs. Il est lassé, agacé.

— Moi je sais qui sera ton amour, dit quelqu'un, ce sera Robert.

— Pourquoi pas la main de ma sœur dans la culotte d'un zouave. J'ai aucun don moi

— Ca c'est vrai, complète Julie.

— Les médiums sont-ils plus faibles ? Continue Gérard. Que les exilés complète-t-il quelques secondes plus tard.

— T'en penses quoi ? Demande Julie

— Je m'en fous complètement

— Parce que tu poses des questions que tu ne comprends pas, s'emporte Julie.

— Bon Diana pose une question et je contrôle la situation.

— Avez-vous une expérience dans le domaine télépatique et, si oui, laquelle ?

— Pour vous, c'est quoi la télépathie, reprend-elle après une réponse absurde.

— Communiquer avec quelqu'un par la pensée.

— On pourrait faire une expérience, propose Diana. ON ferme les yeux très fort, on se concentre, on pense à Max, on va voir s'il rentre. Gérard on fait ?

— Non

— Dans le cahot, Diana déploree, c'est raté. »

Et le chaos de se réinstaller. Julie elle-même semble se lasser de cette ambiance d'apocalypse intellectuelle.

« Est-ce que pour toi, s'agace-t-elle, la télépathie est la maladie ou la communication de la télé ?

— Non, grogne Gérard.

— La question est intéressante, intervient Diana, sérieusement. S'il y a fascination de ces problèmes de télépatie, c'est peut-être l'influence des médias. »

Elle s'interrompt, dérangée par les cris, sifflements et vacarme des auditeurs. « Trop complliqué, dit Julie ». Diana est en décalage, rajoutant à ce chaos.

« Est-ce qu'à votre avis les phénomènes médianiques doivent être considérés comme scientifiques et étudiés comme tels ?

— On a un médium, annonce Julie.

— Mon appel a été entendu, dit Diana. »

Pendant que le médium salue, un fort bruit de larcen retentit. Il s'agit de Max. Très vite, il se dévoile :

« Je vois que Gérard est voyant, car effectivement, Caramel n'a pas compris la question.

— Donc je voudrais répondre à la question 7

— Non, tu réponds à la 10

— Mais il a le droit de répondre à une autre question non ? Dit Diana »

C'est dans la confusion que ce débat se termine. Caramel aurait aimé plus d'aigus et de graves, « j'ai hâte de parler des films porno avec vous. » S'en suit un affrontement : Gérard veut renouveler tout le monde, Caramel s'obstine à vouloir ester, les audituers s'associent. « Bon bonne nuit pour la conclusion, vous êtes tous des cons sur le premier débat ! »

Julie soutient Caramel, calme et poli, face à un Gérard surexcité. Julie lui refuse la pause tant qu'il n'a pas conclu. Les filles fuient cette ambiance, rendant fou Gérard. Elles soutiennent Caramel. Diana conclut enfin : « C'est plus gai les médiums, le porno ça va être triste. » Caramel se retrouve même à pouvoir maîtriser le groupe, contre Gérard qui veut tout changer. « Affaire à suivre, conclut Diana. Il faudrait en parler dans d'autres lieux de médias. » « Au premier débat, conclut Gérard, entrecoupé par les auditeurs, vous avez rien compris. »

C'est dans cette confusion que ce débat se terminera, avec Julie épuisée et lassée, Gérard redondant, et les auditeurs maintenant la tension. Gérard dira, au débat suivant, que Diana était responsable de ses écarts, elle avait de mauvaises vibrations. Quant à Max, il jouera souvent le rôle de ce personnage insupportable de Caramel, qu'il incarnera avec talent, et qu'il fera varier autour d'autres noms (Malabar, Carambar, etc), en clin d'œil aux auditeurs.

Le débat sur les positions[modifier | modifier le wikicode]

Attention : les propos de ce chapitre peuvent choquer, en ce qu'ils abordent des sujets pronographiques. Bien qu'ils n'aient aucune consistance, nous déconseillons aux mineurs la lecture de ce chapitre et préférons prévenir le lecteur que le contenu peut le choquer.'

Courant octobre, et malgré la complaisance de la station, Gérard s'est montré de plus en plus difficile à vivre. Régulièrement ivre, il est toujours spectaculaire mais commence à affronter Max lui-même. D'abord, lors de son annivrersaire où Gérard est invité avec les parents de l'animateur, Gérard menace à de multiples reprises de s'en aller face aux allégations de Françoise sur de potentielles insultes. Puis, le jour du débat sur les couples (23 octobre 1997), Max commence à sérieusement reprocher à Gérard ses départs constants, et ce dernier se met dans des colères virulentes. Il commence à dénoncer les mensonges sur les faux magazines, comme s'il réalisait à quel point les rumeurs le concernant étaient faites pour l'agacer, mais en étant sous le contrôle moral de Max. Il n'en reste pas moins que leurs explications deviennent longues et plus approfondies.

Le cahot qui prédominait, par définition, ne saurait être stable, au sens où il devient récurrent et les acteurs mêmes s'en épuisent. Dès octobre, on remarquera donc certaines évolutions parmi les auditeurs habituels eux-mêmes. D'abord, l'essentiel des garçons qui participaient jusqu'à juillet ne reviennent pas, sauf Tony, Arnet et David. TOutefois cette petite équipe demeurera encore jusqu'à la fin de l'année. Côté filles, alors que Gérard réussit à constituer une équipe entre septembre et octobre, constituée de Feuille de Rose, Carole et Gwenaelle, celle-ci semblera disparaître petit à petit début novembre. Mais comme souvent, la rupture aura des marqueurs mais une traduction en douceur.

Si Gwenaelle quitte l'émission sans bruit le 23 octobre, au début sur les débats sur les films porno, le marqueur est le débat sur la mode du 30 octobre 1997, sur la mode. En ouverture de ce débat, les auditrices se déchaînent :

« On va accueillir Laura (Feuille de Rose).

— Bonsoir Gérard, dit-elle d'un ton solennel. Puis, enchaînant malgré les protestations de l'animateur qui veut enchaîner, ce soir ça va pas être le coup de gueule de Françoise mais celui de Laura : j'en ai vraiment ras-le-bol. Déjà les questions de tes débats, c'est pas les tiennes. T'es super vulgaire et tu me traites de pétasse. En plus ya que des mecs et pas de filles, et t'envoies chier tout le monde. C'est pas un dialogue, t'es seul à parler. Tu coupes la parole tout le temps. Personne peut s'exprimer. Tes débats sont nuls à chier. Tu me fais chier ! C'est tout ce que j'avais à te dire, je sais même pas pourquoi j'ai demandé à Gaëlle de participer au débat, je participerai pas. Au revoir.

— Hop, tu me rappelles quelqu'un d'autre. Stéphanie bonsoir.

— Bonsoir Gérard. T'as demandé qu'on me réveille à 1H du matin, mais pour qui tu te prends ? T'es pas tout seul, on va mettre les choses au point maintenant. T'as pas compris que je te prenais pour un con . Je ne veux plus te parler. Je veux plus entendre parler de toi, tu me gonfles, tu es vulgaire. Tu ne m'appelles plus, tu m'ouvblies, tu me gaves, au revoir.

— Bon hop, pas de débat. Je ne commence pas comme ça. Si ça comence comme ça, je fais pas de débat. Fanny bonsoir.

— Attends, mais tu te prends pour qui pour nous traiter de pétasses ? Tu t'es regardé ? Tu pues l'Adidas, t'arrêtes pas de crier, tu veux tout le temps partir des studios.

— Bonne nuit ! »

Heureusement, en parallèle, d'autres personnes prennent le relais. Le jour de l'anniversaire de Max (21 octobre 1997), une auditrice, vivant à Chartres, le contacte et lui assure qu'elle a une admiration pour lui. Elle effectuera le déplacement jusqu'à son domicile où elle découvrira l'univers du garçon, dont on retiendra qu'il dort sur un duvet, au milieu de 200 t-shirts en désordre, dans un deux pièces dont l'entretien est aussi douteux que le laisse présager l'odeur de Gérard. Toujours est-il que cette nouvelle arrivante participera activement aux débats du dernier trimestre.

Manu sera à l'origine d'un travail énorme de renouvellement des auditeurs, anticipant leur départ voire le suscitant pour réorienter le contenu même du programme. Comme il le dira plus tard, être au standard d'une radio nationale, surtout la nuit, implique de répondre en permanence à des centaines d'appels, souvent de gens sans lien avec l'esprit de l'émission. C'est la raison pour laquelle les habituels sont privilégiés, car la sélection est difficile. Le jour du débat sur la mode, il semble bien que la transition soit parfaitement orchestrée par Manu, sur fond de lassitude réelle de l'ancien groupe, ou en préparation d'une future rotation. Parmi les auditrices nouvelles, les auditeurs découvrent Mégane et Rita, qui font une entrée fracassante le 30 octobre 1997 :

« On accueille Mégane.

— Oui Gérard, je voulais te dire que tu n'es qu'un pauvre alcoolique, un sale conard, en de bon entendeur salut !

— Hop dégage-moi ça. Linda... Linda !!!!!, après un blanc de l'auditrice.

— Je voulais dire on en a marre. Tu nous saoüles, t'arrêtes pas de gueuler, t'es trop vulgaire.

— Ok. Lady... Lady Scalator (Rita).

— Pourquoi tu gueules comme ça Gérard ? Où est le respect Gérard ? T'es vulgaire avec nous, tu fais chier. Tu ne respectes même pas, t'es qu'un pauvre alcoolo qui pue l'Adidas. J'ai mis les points sur les I et les barres sur lte T. À bon entendeur Salut.

— Ok bonne nuit. ON met un disque et j'espère qu'on va récupérer d'autres personnes. En de bon entendeur salut pour la suite des débats. »

Gérard est clairement déstabilisé, mais après la pause, on retrouvera les mêmes auditrices, sous d'autres noms, évidemment non reconnues par Gérard. Instantanément, il retrouve une bonne humeur totale, difficile de se dire qu'il venait de se faire insulter violemment moins de cinq minutes avant.

Le réel semble ici hésiter entre sketch et véracité. Mais comme d'habitude, la transition sera en douceur. Aussi retrouvera-t-on les auditrices pour quelques débats, en particulier le 6 novembre.

Ce soir du 6 novembre 1997, comme une suite du débat sur les OVNIs et de ceux du 30 octobre, Gérard recommence à basculer dans une véritable agressivité. Il a un nouvel ennemi : Fesse de Babouins. Véritable serpent de mer, ce personnage n'est autre que son ancien meilleur ami, qui vivra quelque temps avec lui et connaîtra presque toute l'intimité de Gérard. Il « animera » Gérard toute la période. Alternant entre sa vraie identité et ce pseudo, il accompagnera Gérard jusqu'à la fin de son histoire, en sachant tout de sa vie et en montant sur cette base des sketchs écrits où Gérard participe activement, en tant que victime crédule.

La lassitude de l'équipe, évoquée plus haut, est toujours présente. Ce soir-là, avant le débat, il est clair que Max a lui-même imposé un débat sur les positions à Gérard et les cunilingus, et que Gérard est dans une période basse.

« Gérard, c'est un peu les Rolling Stones, un adieu et un retour chaque semaine au lieu de tous les cinq ans. »

Enfin, ce soir-là, on assiste à la première mise au point « posée » de Gérard vis-à-vis de Manu.

« On va accueillir Sophie, commence-t-il, la mine renfrognée.

— Le débat c'est sur quoi ? demande Olivier.

— D'abord J'accueille d'abord les gens et ensuite je dis de sur quoi que c'est le débat. Sophie bonsoir.

— Lolita bonsoir, reprit Gérard après la réponse. Celle-ci ne répondant pas : si t'as du monde derrière toi, c'est pas la peine. Audrey bonsoir. Sandrine bonsoir. Sex Machine.

— Bonsoir les filles, bonsoir Gé"rard, bonsoir Olivier.

— Hop, dégage-moi Sex Machine.

— Pourquoi ? demandent en cœur Olivier et Tony.

— Non mais attends, j'ai dit je veux pas des habituels !!!!

— Bon on verra après, réponde Olivier, deux fois, coupant les protestations de Gérard, avec fermeté. Continue à présenter les gens.

— Non mais il dégage, bonne nuit.

— Bon ok il va changer de prénom et il dégage.

— Non mais il va pas changer de prénom, d'accord Tony ? Ou Arnet ? Bon hop. Richard... bon comme j'avais prévu, les deux...

— C'est pas des habituels Gérard, tenta Manu.

— Non presque pas !

— Mais à chaque fois qu'il y a des mecs tu veux les virer de toute façon, argue Tony.

— Bon Gérard continue, c'est pas grave. C'est ton débat, c'est toi qui commande.

— Sex Machine et Gérard, dehors, maintient Gérard, alors que les filles tentent de le faire avancer.

— Il pleut dehors, c'est de la discrimination.

— Si ça te plaît pas, on n'avait pas besoin de t'appeler pour te faire changer de nom.

— Mais c'est mon nom d'artiste, vu que je suis une bête de sexe, lance Tony.

Gérard reste quelques secondes, renfrogné, à exiger le départ de ces deux auditeurs, Olivier tentant de le faire avancer à grand peine.

— Bon premier thème sur les positions. Connaissez-vous le Kamakutra ? Le Kamasutra, se reprit-il après une demande de confirmation d'Olivier.

— OUi, Audrey, répond Mégane. Oui Audrey connaît le Kamasoutra.

— Et alors ? demande Gérard.

— C'est mon livre de chevet et je m'endors jamais sans le lire.

— Moi, je croyais que c'était une montagne au Japon, intervient Tony.

— Qu'est-ce que je viens de te dire ? hurle Gérard. Tu te fous de moi làç !

— Moi je connais pas, répondent trois filles. Tu nous expliques ?

— Audrey elle a dit qu'elle connaissait.

— Oui mais justement je préférerais que ça soit toi qui explique, tu expliqueras mieux que moi.

— Tu peux nous expliquer ?

— Je vais déjà demander aux filles.

— En fin de compte, finit Gérard, même moi... je suis coincé parce que... j'ai même pas été voir ce que ça voulait dire sur le dictionnaire.

— Mais à ton avis c'est quoi ? tente Olivier.

— À mon avis, ça doit être un 69 en l'air.

— En parachute ? dit Olivier

— Oui, dit Gérard, rouge et gêné.

— C'est un livre chinois Gérard, finit par dire une fille.

— Mais non, Gérard a vu juste, pousse Mégane. C'est un 69 en l'air.

— Bon ben voilà, je vous ai expliqué. Deuxième question. Quelle position préférez-vous, réussit-il à dire, après avoir accueilli Sabrina, suspicieux, à a place de Sex Machine.

— L'hélicoptère, dit Richard.

— Alors attends Richard, maintenant ya Sabrina, Sandrine, Audrey, Lolita et Sophie. Tu vas expliquer ce que c'est, l'hélicopètre.

— T'es allongé et tu fais tourner ton sexe le plus vite possible, tente-t-il dans un éclat de rire général et moqueur de Gérard. C'est de la poésie, une métaphore, appuie Richard.

— N'importe quoi. Alors attends, Richard, sans que les filles répondent, c'est quoi un 69 ?

— C'est quand on est devant, la fille derrière, commence le jeune homme, hésitant. Sous le regard de Gérard, se délectant de son malaise, il poursuit : la fille qui est sur le garçon retourné. Dans l'autre sens. À l'envers.

— T'as une opine dans la vie ?

— Je me suis fait larguer, répond idiotement Richard.

— Et pourquoi ?

— Peut-être parce que je savais pas des trucs, mais bon je suis jeune, j'ai 19 ans.

— T'as 19 ans mais attends, tu sais ce que c'est un 69 ?

— Ah ça me revient, j'avais noté sur ma fiche pour préparer l'émission.

— T'as noté que si tu continues tu vas retourner au standard vite fait bien fait, explose Gérard. Maintenant c'est moi qui vais parler.

— Expose ta position Gérard, je t'en supplie, pas de problème.

— Euh je t'en supplie... je couche pas avec toi d'accord ? INterrompu, il menace de s'arrêter avant de reprendre sa phrase : le 69, pour dire à Richard ce qur c'est, c'est la nana qui se présente, qui vient, qui... bon Richard tais-toi je t'explique, parce que pour moi t'es un puceau.

— Un sondage te donne raison gérard : à 19 ans, 79 % des jeunes sont puceaux, intervient Olivier.

— Gérard a raison oui, je suis puceau, confirme le garçon.

— Un 69, c'est la nana qui vient sur toi pour te lécher le gland, et toi tu lui lèches le sexe.

— Mais pas du tout, coupe Mégane.

— Vous avez affaire à un pro quand même, dit Olivier.

— J'ai le Kamasoutra sous les yeux...

— Je te parle du 69 moi, pas du Kamasoutra. Expliques au puceau alors, appuie Gérard, ravi d'humilier ce jeune homme

— Le 69 c'est quand tu passes le genou droit au-dessus de l'épaule gauche et le la main gauche par-dessous ta cuisse droite. dit mon livre.

— 2 réactions Minitel : 69 c'est un 70 moins un doigt. Et toi Gérard, t'es précoce, source Christine.

— Je répondrai pas à la question et le 69 c'est pas ça.

— Autre réaction : la position préférée de Gérard, c'est à genousx, ldans les WCs de la Loco.

— Les prochaines questions comme ça, c'est même pas la peine. Comme Richard l'interrompt, en le soutenant faussement : est-ce que tu sais où c'est la Loco ? Laissez parler le puceau.

— Ouai, je suis puceau, confirme Richard, fier. La Loco, c'est une boîte de nuit à Paris, dans le 18e, mais bon moi je sais pas j'habite à Caen alors... Mais bon je disais que les gens disent des trucs sur toi alors que ya aucune preuve. C'est de la démagogie, tout simplement.

Après une séquence écho vocal (provoqué par la répétition de la phrase par Olivier et Max), Olivier diffuse un enregistrement de Christine, passant sur l'antenne à un moment, innovant dans ce registre en passant des extraits sonores préenregistrés au milieu du débat.

— Sophie ? C'est quoi ta position préférée, deuxième question.

— Moi je préfère la levrette. Tu sais ce que c'est ?

— Oui, la nana à quatre pattes et voilà.

— Déjà pratiqué Gérard ? T'aimerais bien ?

— Quand je trouverai la chaussure à mon pied. Audrey ?

— Moi c'est le missionnaire. Tu connais ?

— Je voudrais bien que tu m'expliques. Parce que j'en entends parler souvent mais je voudrais bien que tu m'expliques ce que c'est un missionnaire.

— C'est quand la fille se met à genoux, que le mec fait le poirier sur la tête et qu'en même temps, il la pénètre. C'est un truc spécialisé missionnaires dans le désert, puisque ça a été fait avec des animaux etc.

— Sur Minitel, reprend Olivier, arès une protestation contre la caméra, la fumée d'ambiance et une déconcentration de l'animateur, un sondage dit qu'en Amérique, la position à la mode est celle de l'hippopotame alcoolique, et en Chine celle du Mène à la vapeur fait fureur.

— Je connais pas. Rien à foutre.

— COmment tu dis un slip en chinois ? demande une fille.

— Un Sacacouille.

— Gérard, réveille toi, interviens Max. Gueule un peu là ! Dans la foulée, Gérard hurle pour éliminer RIchard, hure contre la fumée.

— À force de crier, Sandrine et Florence ont raccroché. constate Manu le gamin. Gérard a alors un échange où il veut qu'une auditrice vienne dans le studio, mais le sketch ne dure que quelques secondes.

— Moi ma position préférée, c'est la levrette, finit par dire Gérard.

— Sauf que t'as jamais essayé donc... dit une fille, à la gêne de Gérard, qui fait diversion en ordonnant l'élimination des garçons. Troisième question :pourquoi certaines personnes ne font pas la différence entre les positons et l'imposition ? dit-il sans comprendre la question.

— Sur minitel on parle de quelqu'un retrouvé près de Suresnes dans la position du chien qui bave.

— Les positions c'est l'hélicopètre, le crapaud, etc, alors que l'imposition c'est d'imposer ces positions à la fille, essaie une auditrice. ON impose de les faire aux positions.

— Dans la caméra opposée aux positions.

— Quelle est la position que vous pratiquez, demande alors Gérard, après avoir accueilli quelqu'un n'ayant pas entendu la question précédente.

— La masturbation, intervient Gérard, suscitant le hurlement de Gérard pour qu'il soit éjecté par le standardiste.

— La levrette, dit Aurore, qui venait d'arriver.

— Le missonnaire, essaie Sophie. QUelle est la position que tu pratiques le plus souvent ?

— La levrette espagnole, crie Gérard joyeusement. Vous prenez la nana allongée sur le lit, vous mettez le sexe entre les deux seins et vous lui jouez... Même chose que la brnalette espagnole. Mais faut pas confondre tentacule et ... ta sœur, commence Gérard, à l'origine d'un échange un peu vulgaire avec les filles.

— Aimez-vous pratiquer les positions du choux-fleur, où l'homme est assis et la femme à cheval sur lui ? Essayez de chercher. Bon dans ces cas-là, quelle est la position relative de l'homme par rapport à la femme ?

— Mais j'aimerais bien comprendre la position du chou-fleur, tente Mégane, avant que Max n'intervienne pour reprocher à Gérard sa lenteur, sa mollesse, et le fait qu'il ne parle pas devant le micro. La fumée d'ambiance ponctue ensuite l'émission, pour exciter Gérard quelque peu, provoquant les cris de Gérard envers Manu au standard.Après une confusion générale : aimez-vous les positions du choux-fleurs, vous allez répondre. La confusion gagnante, Gérard menace de partir, et fait une mise au point pendant le lancement d'un titre. Au retour de deux titres, il répète la question, contrarié.

— Moi j'aime bien le cheval, dit Jennifer. Mon mec me fait le cheval avec moi. J'adore avoir mal.

Nouvelles protestations de Max, Gérard repart en hurlements sur les gens dans le studio, la fumée, et le décorum qui essaie de surexciter l'animateur et qui y parvient. La scène d'après présente Gérard, hurlant contre la fumée dans le studio, et les auditrices qui essaient de rester dans le débat. De son côté, Max est défié : avance ou je fais le deuxième débat moi-même.

— T'auras pas les questions.

Face à la confusion totale, Manu fait poser des questions à un auditeur. Le cahot s'(installe.

— Il est bourré, lance Max.

— Hop je pars.

— Si tu pars, tu ne reviens plus, même pas à la Loco.

S'en suit encore deux scènes: les auditeurs qui parlent entre eux sans le moindre fil conducteur et Max qui régule Gérard qui hurle sur ce que les auditeurs disent et ce qu'il se passe dans le studio. Mais l'alcool complique les choses. Gérard ivre, Max qui le bouscule, le cahot devient total.

— La position par rapport à l'homme est qu'il est toujours au-dessus de la femme. Bon toi Gérard, t'es soumis mais normalement non. Enfin t'aimerais être soumis ?

— Non.

— Moi j'aime bien qu'il soit au-dessus, au moins je me repose en prenant mon pied, dit une fille

— Mais toi Gérard, tu domines ou t'es soumis ? demande Mégane.

APrès un échange sans direction, Max intervient directement. Au standard, il prend les choses en main, en proposant à Gérard de parler à quelqu'un amoureuse de lui et très sexuelle. Effet garanti sur l'animateur en mal d'amour. Max pousse pour que des filles viennent séduire Gérard, afin de l'animer. En pratique, il faudra attendre le second débat pour que le cahot devienne absolu.

— Moi je préfère être sur la nana, c'est tout. Bon. Pratiquez-vous des positions variées, dont plus d'hérotisme dans l'intérêt des relations amoureuses ? S'en suit une discussion sur la sodomie, qu'on passera sous silence ici.

— Moi j'ai jamais fait ça pour jamais faire mal à une nana. J'ai jamais essayé.

— Mais non, c'est très agréable. intervient sensuellement une fille.

— Quelle est la position la plus difficile à réaliser ? demande Gérard, n'obtenant que des réponses cahotiques. Il faut aussi inscrire l'ambiance cahotique dans le fait qu'on voulait créer un spectacle visuel, au-delà de celui terne de la radio.

— Vous allez arrêter de comploter. Vous êtes de complice, hurla Gérard.

— La tour de contrôle. Je vais te fair eexpliquer par une copine. Qui n'est autre que la voix de Max jouant Caramel. Cela réouvre le cahot total entre Gérard, Olivier et le studio. Caramel occupe alors tout l'espace, Gérard boude. Caramel anime totalement le débat, Gérard restant silenieux, bougon. »

« La position la plus dure, c'est la sodomie, finit par reprendre Gérard. Et je ferai jamais de mal à une nana.

— Peut-être qu'il dit ça parce qu'il a un gros engin, tente Olivier.

— Quand une nana fait une pipe, combien de mètres pour arriver jusqu'au bout ?

— On va mesurer Gérard ? ajoute Phildar. J'ai un doule décimètre.

— Pour moi la position la plus difficile, c'est debout car je mesure 1m10, les bras levés sur le tabouret.

— Pourquoi les femmes préfèrent la position du pachiderme à celle du paillasson, dit Gérard en ayant un mal énorme à lire.

— Ca rentre plus profond.

— Ça prouve une chose, intervint Max brusquement, c'est que tu ne tapes pas les questions mais tu ne les prépares pas non plus. Tu te fous du monde en fait.

— Tu sais très bien qui fait les questions, réplique Gérard, gêné et mal à l'aise.

— Tu me fais croire qu'on te les tape alors que tu ne fais rien.

— Arrêtez de vous foutre de moi avec la fumée et voilà.

— Lui non plus il est pas sympa puisqu'il nous fait croire qu'il prépare les débats et ce n'est pas vrai.

— Que pensez-vous des cunilingus ? ? enchaîne Gérard, gêné.

Maëva répond, et prépare la suite.

— Tu n'as même pas conclu ton premier débat, reproche Olivier. Tu n'écoutes rien.

— Conclusion. Tiens, Max t'es où ? lance-t-il, persuadé qu'il est l'auteur des double voix, ce qui est le cas. Une rpture de confiance point à l'hirizon.

— Bon conclusion, tu fais passer les gens l'un après l'autre et voilà, dit Olivier, qui tente le recadrage.

— Pour moi le débat, dit une fille, était vraiment exceptionnel par rapport à ceux faits il y a cinq ans et, oui, il était nul.

— Dans ce cas-là, le prochain coup, demande pas qu'on te rappelle. Si ça vous plaît pas vous envoyez vos questions et j'étudie vos débats. Sauf qu'on me propose les préservatifs et l'avortement. Je ferai pas un débat là-dessu— Sur minitel, on dit que Diana est morte car elle avortait sous le point de l'Alma. »

La fin du débat est un enchaînement de conclusions où Gérard trie entre les filles qui le critiquent et celles qui l'adorent. Cette conclusion préparera Gérard pour le second débat, où l'ambiance monte d'un cran.

Pour la pause, Olivier lance une parodie sur Gérard, où le texte est écrit en décrivant Gérard sous son profil le moins avantageux. Mais surtout, en fin de chanson, l'auteur donne le numéro de portable de Gérard. Pour la première fois, l'équipe coupe la musique pour faire entendre aux auditeurs les coulisses qui, étonnamment, divergent peu de l'émision en direct. Gérard est le même, à la scène comme à la ville.

À l'occasion du débat sur les cunnilingus, Gérard se fera séduire par Maëva, qui prétendra venir deux fois à la radio le voir. Mais non seulement elle se moque de son apparence par téléphone, mais ensuite elle lui demandera de se joindre à elle, en pleins ébats avec l'agent de sécurité, qui participera à l'émission pour la première fois. Thierry, responsable de la sécurité des locaux la nuit, participera pleinement au jeu. L'animateur, déçu et frustré, dans une ambiance électrisée par l'audace de l'auditrice vis-à-vis de Gérard, fût-elle fictive, menace encore d'un départ. De fait, il est peu probable que l'auditrice soit réellement venue, mais tout fut joué par Thierry et elle. Ce débat remettra brièvement en scène Frédéric Testot, dans le rôle de Michel de Tarascon.

Nous ne résumerons pas ce deuxième débat, inutilement obscène et comportant un cahot certain, autour des thèmes classiques déjà évoqués. ON relèvera toutefois deux faits intéressants : d'abord, Olivier laisse passer, par un mot discret, l'idée que le sketch doit trouver une limite. À un auditeur qui lancera à Gérard« Va te faire ... sale PD », Gérard veut l'éjecter de l'antenne, et Olivier intervient immédiatement pour dire : « Non là c'est pas bien, c'est vulgaire. Sérieusement, il dégage. » L'équipe s'exécute immédiatement. Tout n'est donc plus permis.


Le second, plus global, est que Gérard, pourtant entouré de toutes ses « conquêtes », notamment Carole, les abandonnera presque au profit de Maëva. Elle le frustre, mais au lieu de se rabattre sur ses « chéries », il voudra conclure le débat et sera très en colère. Son besoin de rencontre est fort, mais il est absolument incapable d'asseoir une relation de tout type.

Et si tout s'écroulait ?[modifier | modifier le wikicode]

Ce début novembre a donc été marqué par des évolutions quant aux participants aux débats de Gérard. Il semble que ces changements aient déçu Gérard, qui se fait rattraper par son alcoolisme et arrive en studio de plus en plus aigri. Ce soir du 13 novembre, il animera son premier débat sur les téléphones portables. Sujet très nouveau, puisque cette technologie est encore embryonnaire, et donc mal connue de Gérard lui-même.

Le débat sur les portables[modifier | modifier le wikicode]

Ce soir du 13 novembre, Gérard arrive vraiment ivre et triste dans le studio. Les mots sont difficiles, les nerfs difficiles à maîtriser. Max a besoin de toute son équipe : il tente d'agiter Manu et Cyril, le caméraman, dans une ambiance confuse que Gérard met sous tension immédiatement. Ce soir-là, Gérard va rejouer le sketch de l'ultimatum. Mais cette fois, il s'adresse au nouveau patron de la radio : Axel Duroux. Gérard lui adressera un poème improvisé en quelques minutes : « Je lui présente mes félicitations pour qu'il vienne. Toi nouveau PDG de Fun Toi nouveau PDG de FUnradio Toi nouveau PDG j'espère que tu resteras longtemps Toi, Axel, j'espère que tu resteras longtemps Toi Axel j'espère que tu pourras continuer longtemps et que tu pourras me laisser faire des libres antennes avec Max comme toujours Donc Axel, c'est Gérard de Suresne qui te le dit, si tu es d'accord, on peut signer un petit contrat, sinon, j'arrête dès ce soir. »

Peu de temps après, Gérard pose ses ordres : il est hors de question que les auditeurs ayant des portab viennent, car le son est mauvais. Il ordonne à Max lui-même de cesser de rire de son courrier, pour lequel la plaisanterie est finie. Il est facile de le dire : Gérard démarre dans une ambiance chauffée à blanc.

« C'est les débats de Gérard, donc on va faire sur les portab.

— Au fait, Gérard, le nouveau réalisateur, c'est Daniel, intervient alors Max. »

Gérard a du mal à se concentrer pour commencer, et sans la moindre discrétion, cherche des stylos de couleurs, etc.

« Bonsoir Daniel et bonsoir Manu le malin.

— Manu le gamin, Gérard, corrigea Manu, soulignant la difficulté de Gérard à retenir son surnom de bizut.

— Et l'autre avec sa caméra... cherchant ses mots... le crocodile. Tu vas pas commencer à mettre ta main là, je couche pas avec toi, en de bon entendeur salut. C'est pas parce qu'il y a des gens qui nous regardent sur Fun TV que tu vas commencer comme ça ! On va accueillir Claire.

— Bonsoir, je t'entends mal, répondit Mégane, faisant bouger le fil de son téléphone dans un bruit de craquement épouvantable.

— Et là ? insiste Gérard, bien moins enclin à l'expulser de l'antenne du fait de son sexe.

— Non, j'ai un portable pourri donc je t'entends vraiment mal. Après une certaine confusion : bon ben je vous entends pas, donc je suis désolée, bonsoir Gérard, j'espère que tu m'entends, et... (alors que Gérard essaie de l'expulser mais sans succès), je t'aime pas. J'espère que tu m'entends, moi je peux pas entendre ta voix mélodieuse et crashienne, et je t'emmerde, salut !

— Bon ben bonne nuit. Et moi aussi je te chie dans le cul poufiasse.

— Gérard ! J'ai mon nouveau boss alors tu te calmes, merci, intervint Max au milieu de cris outrés de Phildar et de l'équipe.

— Claire avait qu'à pas me dire je t'emmerde, j'aime pas me faire insulter, en de bon entenduer salut. Béa bonsoir. (la même scène se reproduit). Oh c'est quoi là ce cirque !

— Gérard faudrait parler plus fort, si tu palres pas devant ton micro c'est pas la peine je vais pas t'entendre j'ai un portable.

— Max s'il te plaît !!! Punaise c'est quoi ce bordel !

— Mais qu'est-ce que c'est que ce débat pourri ! appuie l'auditrice. Bon Gérard c'est vraiment un débat pourri, allo, allo ! insiste-t-elle pendant que Gérard hurle sur le standard qui a accepté des protables à l'antenne, contre ses instructions.

— Ça en fait deux ! Sophie Bonsoir.

— Je suis dans la rue avec mon portable, Gérard j'ai les flics devant moi !

— Aller hop, dehors ! Didier bonsoir.

— Allo, connard. Oui Didier à l'appareil depuis son portable.

— Allez hop tu balances un disque je commence pas les débats comme ça, finit Gérard après deux auditeurs encore sur des téléphones portables. »

Gérard hurle alors encore en réclamant un disque, mais son équipe refuse.

« Bon c'est nul là, intervint Max. Fais gaffe un peu Manu, bon on va rattraper ça comme on peut. Après un blanc à l'antenne, où Gérard échange avec Max et récupère une nouvelle liste d'auditeurs, relance le débat Gérard.

— Je préviens sur le débat sur les portab je veux aucune personne en portable ! Le minitel, tournes le vers moi quand même, dit Gérard en reprenant son calme. Sino Olivier tu me dis ce qu'il se passe. Bon si c'est pour recommencer avec la loco etc, ... Bon première question, finit-il après la relance de Max, êtes-vous pour ou contre les portables ? Je vous préviens, ya 20 % des Français qui possèdent un portab, 10 % pour leur travail, 11 % pour frimer devant les filles, et 8 % pour appeler le tatoo de Gérard. Alors les 8 %, ils peuvent se les carer où que je pense. Alors Manu le malin, tu vas te magner le c... au standard pour me trouver du monde.

— On a Lisa et Joannah, intervient Manu, alors que Gérard voulait mettre un disque et s'opposait au refus de Max.

— Alo Gégé, firent Mégane et sa complice en choeur après une certaine confusion où Gérard réclame la fiche et Manu répète les deux prénoms. Nous on n'a pas de portables on t'entend très bien, tout est parfait.

— Alors Joannah qu'est-ce que t'as à dire ?

— Pour l'instant t'as pas encore posé de question donc j'ai rien à dire.

— Pour ou contre les portables.

— On a Marie aussi, compléta Manu, alors que Mégane refuse de faire le débat à trois.

— Bonsoir Marie. Oh tu te réveilles, hurla-t-il alors qu'elle ne se fait pas bien entendre, converte par les autres voix des auditrices. J'ai pas de portab Gérard, je te rassure, complète-t-elle alors que Gérard, semblant agacé, sifflotte.

— Manu s'il te plaît, Manu le malin ou le gamin j'en ai rien à foutre, tu te réveilles au standards;

— T'as trois nanas là.

— Tu te réveilles plus. Quand je te demande quelque chose, t'es prié de...


— Je crois que Joannah a une question.

— Pour ou contre les portables ?

— C'est pas une question, corrige Mégane, ya pas de verbe.

— Mais si c'est une question.

— Très mal formulée.

— Joannah si t'es pa contente, tu...

— Ce n'est pas Joannah qui a dit ça.

— Qui alors ?

— On sait pas, répondirent les filles.

— Vous allez pas commencer comme ça. Marie, Joannah et... qui... il oublie le prénom de la troisième auditrice et s'emporte pour qu'on le lui répète. Bon Lisa, Marie et Joannah, est-ce que vous avez compris la première question ?

— Tu peux la répéter ? insiste Mégane.

— Etes-vous pour ou contre les portables ? tenta Marie.

— Ah voilà, là ya un verbe. Moi je suis pour.

— Moi contre

— Qui est pour ? Lisa pourquoi ?

— Parce que ça permet de rester en contact avec sa tribue.

— Non, les portab n'ont rien à voir avec la tribue.

— Si, moi c'est ma tribue qui m'appelle et ça m'est très utile, insista l'auditrice (Mégane), malgré la réprobation de Gérard. Moi je suis la cow-boy.

— Et moi je suis la gueunon, se risqua Gérard, après avoir cherché ses mots, sous les acclamations des filles. Bon Lisa tu vas aller faire dodo parce que t'es à côté de tes pompes. Oui ça va commencer comme ça si vous continuez et ça va aller vite.

— Moi j'aime les portables, dit Joannah, parce que je peux t'écouter partout, dans mon bain, je peux me promener dans la rue, dans l'ascenseur, en cours, et t'es tout le temps là.

— Lisa toujours là ? essaya Gérard, visiblement perdu face à son papier. Comme par hasard, suite à sa réponse affirmative, j'avais demandé à ce que Lisa elle saute et... — Ah ben non tu m'as pas dit au revoir.

— Je te dirai au revoir quand ça me fera plaisir. Bon je dis bonsoir Joannah, Camille.

— Oui bonsoir c'est Camille à l'appareil, dit la voix d'Arnet.

— Hop, Gérard veut l'éliminer, à la surprise de Manu. Tu te fous de ma gueule, deux Camille !

— Mais non on a Joannah, Lisa, Marie, Camille, Michel et Nico. Oui j'ai mis une Camille d etrop, peu importe ! essaya Manu face à l'emportement de Gérard.

— Tu vas pas me faire le bordel de la semaine dernière, poursuivit Gérard, plus enclin à en découdre qu'à échanger avec qui que ce soit. Il hurle pour avoir le monopole de la parole alors que les auditeurs font du bruit dans le téléphone pour palrer. Tony tu vas la fermer ! hurle-t-il, au harard.

— Non je la ferme pas, rétorque Camille, je suis un rebel Gérard, poursuit-il alors que l'animateur hurle pour le faire taire. »

Finalement, Manu expulse Arnet et Gérard menace de nouveau de stopper. Il est de toute évidence hors de contrôle. Il semble n'avoir qu'une envie : en découdre, contre Manu qui rappellerait les habituels.

« Michel bonsoir. Après troi hurlements, il obtient une réponse. Max s'agace de ces hurlements constants.

— Bonsoir c'est Michel de tarascon, intervient Frédéric Testot.

— On est spnosorisés par Efferalgan non ? hasarde une fille à la suite de la remarque de Max.

— Je vais t'en mettre moi de l'Efferalgan, coupe une autre fille.

— C'est ça, qu'ils commencent par être polis avec moi au départ, gémit Gérard. J'étais gentil je lui ai dit bonsoir, lança-t-il à Max, qui intervient, en sentant que le rythme va être difficile à impulser pour cette émission.

— J'aime bien les portables, finit par dire Marie, parce qu'on peut voler avec, se déplacer n'importe comment, ç quelle heure on veut, etc. Par contre je suis contre pour les mecs qui ont des portables pour faire frimer.

— De toute façon, dit Gérard, ce n'est pas avec un portable qu'on va se la péter.

— C'est vrai qu'avec des tongues ça marche mieux, se moque Mégane.

— Bon moi je vous préviens d'une chose, attention au premier qui va dire une connerie, ...

— Bon on accueille Jeanine et AUrore, interrompit Manu, pour mettre fin à une phrase sans fin ni sens. »

Gérard se calme, car il n'y a que des filles. L'échange avec Manu se détend quelque peu.

« Michel, est-ce que tu crois, quand t'as la facture, est-ce que tu penses la payer ?

— C'est vrai que ça dépend de la facture.

— Oui et si t'appelles n'importe où, est-ce que t'es capable de la payer ?

— Ca dépend le fait d'où on appelle. C'est tout le problème, quand le mec prend le portable, il peut payer la communication ou pas la payer.

— Avec un portable, on peut se faire appeler aussi, intervint Jeanine, anciennement Feuille de Rose.

— Question Jeanine, une personne au chômage peut-elle payer une facture de 6200 balles. Même avec un forfait.

— Je viens d'acheter un portable, et je l'ai payé presque rien, répond Jeanine dans une certaine confusion.

— Tu vas pas me dire que t'as payé dix francs alors qu'on en voit à un franc, rétorque Gérard, enfin dans le débat. Bon bref, Lisa.

— Déjà répondu.

— Marie.

— Moi même à un franc j'achète pas, c'est juste pour frimer.

— Pourquoi ?

— Ya des mecs dans les voitures avec le portable, il se la jouent, nous regardent avec leur portable, ils croient qu'on va tomber sous leur charme avec leur portable...

— Moi j'en ai vu dans la rue, même en scooter, reprend Gérard, ils s'amusent à téléphoner. Mais je vais te dire une chose, normalement c'est interdit. Que çàa soit en voiture ou en scooter, c'est interdit (Phildar fait alors un écho sur les derniers mots). Ils interdisent tout maintenant. — Tu penses quoi, gérard, demanda alors Phildar, d'un mec qui offre un portable à un de ses potes mais sans abonnement ?

— Tu diras déjà à ton crocodile qu'il se calme avec son girophare. Je te réponds quand il se calmera avec. Et c'est pas parce qu'on m'a donné un portable, sans abonnement...

— Je vais donc donner le numéro du portable de Gérard alors, lança une fille. »

Gérard hurle, balance son casque, explose tandis que l'auditrice commence le numéro.

« Gérard, je te promets si tu enlèves ton casque je t'en mets une, lance Max, agancé, depuis un autre studio.

— Dans ce cas-là, tu viens prendre la poufiasse qui a été dire mon numéro.

— On te pose des questinos et tu ne réponds pas, s'insurge Max.

— Non mais y'n a une qui a donné mon numéro de tatoo à l'antenne. Alors tu viens et tu la chopes au standard, s'il te plaît merci.

— C'est à Manu de le faire mais il fait pas son boulot, s'amuse Max.

— Manu je sais pas ce qu'il fout, et après il me dit de faire mes débats c'est moi qui commande. Moi si c'est comme ça, c'est pas la peine.

— Réponds à la question de Phildar d'abord.

— Moi on m'a offert un portable et j'ai pas l'abonnement, j'ai pas les moyens de me payer la carte. Je l'ai même pas sur moi le portable. Donc je frime pas.

— Ca veut dire, note une auditrice, que tu traites Max de frimeur alors, puisqu'il a un portable

— Non marie je traite pas Max e frimeur. De toute manière toi je vais te moucher tu vas virer. C'est toi qui vient de dire que...

— Mais n'importe quoi, faudrait te laver les oreilles, c'est comme le cul ça se lave !

— Alors tu dégages !

— Gérard, c'est Michel. Qu'est-ce que tu penses de ceux qui offrent des portables à des manchots ? Tu trouves ça normal ? J'ai lu ça dans Elle, comme quoi certaines personnes faisaient cette blague en ANgleterre.

— Non mais là tu le dégages. Oui tu trouves ça idiot, ben toi t'es encore plus idiot parce que tu dis ça en direct. Mais moi j'en ai rien à foutre de ta demande, je lis pas le magazine Elle, poursuit Gérard, d'un ton presque larmoyant. J'ai pas les moyens de m'acheter un portable. ON m'e a donné un, j'ai pas les moyens de m'acheter une carte pour la rentrer dedans. Alors en de bon entendeur, pour tous ceux qui vont s'amuser à vouloir donner des numéros, vous allez virer. Bon on va s'écouter Les petits boudins j'aime bien, avec des Gros strings roses. Et la deuxième question : possédez-vous un portable, et si oui quelle marque ? ON accueille Lisa, Sonia, Justine, Jeanine, Vidal, RUrore. Et vous foutez pas de ma gueule, ça va aller vite sinon.

— Oui c'est Justine, dit une voix hautaine ou sensuelle. Je possède effectivement un portable et il me sert pour mes clients car j'ai beaucoup de clients la nuit. Je fais de la sécurité la nuit, je suis flic.

— La question, c'est possédez-vous un portable on n'en a rien à foutre de ce que tu fais comme métier. Est-ce que tu possèdes un portable, point final à la ligne ! assène violemment Gérard.

— Non mais Gérard, excuse-moi mais t'es tellement agressif, tu souris pas, c'est des filles, sympa, elles t'expliquent... On a l'impression que tu fais un interrogatoire dans un commissariat, c'est un débat. Gérard... je te jure que... je peux annoncer aux auditeurs que ça risque d'être le dernier débat, parce que là... c'est de pire en pire depuis des mois.

— Dans ces cas-là lui il dégage avec sa caméra et lui aussi avec le girophare et la batterie. Et au standard, il se réveille ! Et on se fout pas de ma gueule Max s'il te plaît !

— t'énerves pas, tente une auditrice.

— Si je vais m'énerver. Toi tu vas te réveiller, et toi tu dégages !

— Ils sont calmes là au standard.

— Peut-être mais... dégage ! hrule-t-il alors au caméraman, poussé à bout de son envie d'en découdre. Et voilà comme ça j'ai plus de stylos, chaque fois c'est moi qui les ramène. Pas besoin de voir ce que je prends dans ma malette, toi, là-bas. Célia.

— Je suis allergique moi aux portbles, ça fait bof.

— Ca gratte un peu non, intervient une voix d'auditeur.

— Celui qui dit ça, hurle Gérard, tu vas te gratter ta bouche ailleurs, pour l'instant c'est moi qui commande. En de bon entendeur salut pour toi Michel. Donc pour toi Célia, c'est un gadget.

— Moi j'ai un portable et besoin d'être joignable à tous moments de la journée.

— OUi moi, reprit Justine, c'est juste pour mon métier cr dans la vie, ce serait inutile d'avoir un portable.

— Avoir un portable, compléta Célia, ça gâche tout à fait le répondeur. T'as pas de répondeur toi gérard ? ou de fax ou de Minitel ?

— Bon vous allez pas commencer à me gonfler. Ya certaines personnes que je commence à reconnaître. Non je suis pas une balance, je donnerai pas de noms. Se retournant vers Manu, toi tu fais gaffe, tu cherches pas ! Attendez, toi t'essaies pas de lui balancer des noms au standard pour rappeler. — Tu pourrais éviter de parler dans le vide, reprit Max, à demander où est ton stylo, etc. Tu peux faire un débat pour la radio. T'es parano, t'as toujours l'impression que c'est les mêmes. À ce moment-là t'arrêtes, mais si c'est pour me dire...

— Dans ces cas-là on verra. On verra pour la semaine prochaine.

— Ok, ben tu me préviens et voilà. Mais fais ton débat, là on apprend rien. J'en ai marre que tu expliques, que tu gueules. Est-ce que ça intéresse les auditeurs de savoir que ya trois personnes à l'accueil. Pense aux milliers qui écoutent la radio et qui ne comprennent rien. Moi je vais faire les débats à ta place, me passer de toi.

— Ben tu les fais !

— Va-t-en alors, dit Max sous les remarques réprobatrices des auditrices qui veulent continuer avec Gérard.

— La semaine prochaine, tu feras tes débats, hurle Gérard, tremblant. Dans ces cas-là, moi j'en ai rien à foutre ! — Ça fait 49 minutes que t'as commencé on ne sait rien.

— Il me trouve que des cons !

— T'aimes personne.

— Il a pas besoin de lui dire de rappeler certaines personnes ! Julie t Gaëlle ont donné des numéros, alors j'en ai ras-le-bol ! Il change les noms ! hurle gérard, avec en bruit de fond les auditrices qui essaient de le ramener à elles. Ah oui, chui parano, alors attends, on va rigoler !

— Écoutes-moi bien, s'impose Max difficilement, on va finir ce débat-là avec ces gens-là, et dans le deuxième débat, entre les deux disques, au lieu d'aller fumer ta clope et de courir les filles dans les couloirs, tu vas choisir tes six auditeurs.

— Mes questions à la con, ya pas de deuxième débat, et c'est tout ! continue Gérard, hors de lui. »

La scène devient alors cahotique. Max tente de calmer le jeu avec l'équipe, Gérard est hors de lui.

« Je suis désolé mais à l'époque, tu préparais deux débats, aujourd'hui le premier a été préparé par un auditeur, celui de la semaine dernière yavait des questions que tu comprenais même pas—  »

Face à ce flot de réalités, Gérard reste sur son idée contre le caméraman et Manu qui appelle les habituels donnés par Julie et Gaëlle, qui sont pourtant parties depuis longtemps de l'émission.

« Pas de disque, poursuit Max, tu finis ton truc ou tu dégages définitivement. T'es carano Gérard, plaisante Max, tournant au sketch la scène.

— Dans ces cas-là, tu prends Françoise qui est à moitié bourrée.

— Je crois que la semaine dernière, t'étais un peu bourré non, rit Max.

— Oui, mais pas cette semaine.

— T'es carano, c'est pareil. Tu sais pas gérer tes débats. Même en les choisissant toi-même tu te perdrais. Moi je le gère le caméraman.

— Toi tu veux pas être filmé de faces;

— Mais si je suis.

— Non ! continue Gérard en hurlant sur le caméraman qui est trop orche de lui et trop tactile.

— Tu peux plus commander, c'est plus possible, tu penses qu'au stylo et à la rançon de la gloire. Or t'as rien, puisque tu fais rien. »

Ce règement de comptes entre Max et Gérard se poursuit, avec des blancs à l'antenne, difficilement comblés par les auditrices. Puis on entend les deux protagonistes, loin du micro :

« Puisque t'aimes bien rigoler, tu te démerdes avec les conneries que je reçois. » Gérard jette à Max trout son courrier parodique, dans une ambiance totalement cahotique. Max a beau jouer la scène de celui qui le soutient, le décalage persiste et le sketch joue à plein, prenant toutefois des proportions hors de contrôle. La remise en cause des débats s'amplifie pa Max et la dispute prend une tournure lointaine du micro, hors antenne mais vigoureuse.

L'équipe tente de combler l'antenne. « Et toi, entend-on Gérard, t'en as rien à foutre de mes merdes, t'as même pas été capable de trouver un avocat. »

Max est obligé de le calmer physiquement, Gérard jetant tout et frappant tout ce qui l'entoure. Il s'apprête à sortir du studio, quand Max l'arrête :

« Si tu t'en vas, tu prends tes affaires, définitivement.

— Prends ma défense ! T'es même pas capable de prendre ma défense !

— Mais je la prends ta défense.

— Non ça te fait rire, pas moi ! Oui je vais m'énvever, hurle-t-il en jetant un tas énorme de papiers à la figure de Max. Tu en as plein le bureau. Je t'en ai parlé mille fois ! »

Se rapprochant du micro, il demande un disque.

« Tu t'es cru à la maison, tu fais pas tes débats, tu les prépare pas et en plus faut passer tes disques.

— Toi t'es même pas capable de me défendre sur toute ma merde. La semaine t'en as eu du courrier tu l'as même pas dit à l'antenne.

— Tu m'as dit que j'étais un ? Attends j'arrive.

— Je t'ai même pas insulté alors désolé, corrige Gérard, brusquement inquiet. Max revient dans le studio, quitté quelques instants plus tôt pour organiser l'équipe à distance.

— Bon, reprit Max calmement, on va y aller calmement parce que là ça va plus être possible parce que j'ai pression de la direction.

— Dans ces cas-là, hurle Gérard, collé au micro, je préviens toute personne qui envoie du courrier de merde chez moi, avec des publicités mensongères, c'est pas la peine. Non pas de tribunal. Je vais reprendre le prochain débat et essayer de me calmer.

— Tu penses bien que pourtant, si tu interdis qu'on t'envoie du courrier chez toi ils vont t'en envoyer encore plus. Est-ce que j'y suis pour quelque chose moi que Fesse de babouin et autres t'appellent pas ?

— Ils vont pas appeler parce que Julie et Gaëlle vont pas les sélectionner.

— Parce que t'es pas là et quand t'es là, c'est Manu et lui, il est pas au courant. Et moi aussi je reçois du courrier chez moi. Et, poursuit Max face aux négations de Gérard, si tu ne me crois pas que je reçois aussi du courrier chez moi, je ne crois pas que toi tu en aies. Bon on peut reprendre le débat car là pour l'heure, il s'est rien passé. Bon Cyril on va stopper la caméra pendant à peu près un quart d'heure, termine Max, plus sérieusement qu'à la coutumée face à l'explosion sincère de Gérard. On va la poser et se calmer complètement, pour faire de la radio avec un vrai débat et des questions intéressantes. »

Mais Gérard a perdu les questions écrites du débat dans son déchaînement. Max repart alors en reproches, le calme étant précaire. Le sketch se termine sur deux disques, mais Gérard ne reprendra pas ce débat. C'est l'équipe qui devra combler pendant plus de vingt minutes. C'est le temps qu'il faudra pour que Gérard revienne dans le studio et accepte d'entamer le deuxième débat.

Les phobies[modifier | modifier le wikicode]

Drôle d'ambiance en ce début de débat. Gérard s'est calmé mais son explosion a marqué les esprits. Il est difficile de savoir ce que se sont dits les deux hommes en coulisses. D'autant que la suite semble confirmer la rupture. L'homme redevient vite lugubre, voire hors de contrôle.

« ON reprend un nouveau débat sur les phobies. La première question : avez-vous des phobies ?

— Et toi Gérard, t'as des phobies ? demande Phildar, en attendant l'arrivée de « nouveaux » auditeurs.

— Non, pas personnellement. C'est quoi une phobie ?

— Je te dis ça tout de suite, répond Gérard, comme un élève récitant sa leçon à son enseignant. Les phobies : aversion très vive, peur instinctive. Psychiatrie : dépression normale à l'égard des objets, des structurations ou des personnes dont le sujet reconnaît le caractère insubtil mais qu'il ne peut supporter. En gros ça veut dire, comme moi, que je peux pas supporter les conneires qu'on fait sur mon dos. Voilà ce que j'ai trouvé dans le dictionnaire. Aversion très vive eurastive. Une aversion, en réponse à Phildar, c'est typiquement t'as peur d'un serpent ou autre. Avion ou n'importe où. Maintenant j'attends que le standard se réveille. Quand je te demande quelque chose tu le fais. CIndy, ANgèle et Jenny bonsoir.

— Tu vas bien ? dit une fille, la voix miéleuse. Je pensais que t'étais parti et que tu voulais plus faire tes débats.

— Vous verrez la semaine prochaine.

— Gérard, faut pas que tu partes, moi je suis fan de toi, tu vas nous manquer.

— Bon on verra. Je dirai ça après l'émission ce que j'ai l'intention de faire la semaine prochaine.

— Gérard, ne nous quitte pas.

— De toute manière, ne me quitte pas, c'est une chanson. de Jacques Brel, j'adore Jacques Brel...

— Moi aussi, renchérit une fille. On a des points communs déjà. Gégé je t'aime, poursuivit-elle en ayant du mal à retenir son ironie.

— Bon ben arrêtez de me dire que vous m'aimez parce que je commence à e avoir ras-le-bol. Pour l'instant, je n'aime personne. Aucune personne n'est capable de me le dire. De me le prouver. S'il y a une nana capable de venir, ... »

Gérard se met à la recherche de Max qui finit par lui répondre, depuis un autre studio :

« Si des auditrices sont sur Paris et capables de m'aimer, qu'elles viennent directement devant la radio le dire en direct. »

Quand Max finit par prendre le relais de Phildar, qui n'arrive pas à faire progresser Gérard dans sa pensée :

« Max, tu me choppes la première naa capable de me dire...

— Non mais on a discuté trois quart d'heure là-haut, l'interrompt Max, furax, pour dire que tu te regardais le nombril et que tu ne penses qu'à toi. Et au lieu de faire ton débat, de te racheter de la conerie que t'as faite tout à l'heure où j'ai failli te mettre dehors définitivement, tu repars. On s'en fout !

— ok. Dans ce cas-là on fait le dernier débat, et c'est tout.

— Oui, on fait le dernier. C'est le dernier débat, le dernier jeudi. Profites-en, c'est les adieux de Gérard ce soir.

— Profitez-en. Avez-vous des phobies ?

— Moi Jenny, je sais pas ce que ça veut dire, phobie. J'ai pas compris la définition.

— Moi ANgèle j'ai compris. Cindy dans Friends, je l'aime bien. Et Rachel et Monica. Et toi Gérard, tu as des phobies ?

— Non, aucun. »

Gérard finit par relire la définition. Au mot instinctive :

« Moi j'ai très peur des insectes...

— Non, instinctives, ça veut pas dire insectes.

— Ah, l'instincteur alors ? Oui la phobie, ce serait pour éteindre les feux

— Je parle pas d'extincteur.

— Pourtant, l'inversion du feu, c'est l'extincteur. »

Ce cahot finira par faire relire à Gérard sa définition, dans une lecture maladroite.

« Lecture du Robert Maternelle, commente une fille.

— Non ça existe pas, s'énerve Gérard.

— Si, pour les études supérieures, plaisante une fille./

— Bon j'ai 36 ans et je suis pas un bébé, donc ça suffit, appuie l'animateur avant de repartir dans sa lecture.

— Jenny, par rapport à la première définition, c'est vrai que j'ai peur de me faire sodomiser parce que j'ai peur d'avoir mal.

— Mais dis-moi, c'est ANgèle, t'as compris la définition ? Tu peux l'expliquer avec des mots à toi ? »

Gérard occulte la réponse et tente de revenir sur la réponse précédente, confrontée à sa définition, dans une incohérence totale. Puis arrive Tony, alias Jérôme, qui rend Gérard dur et le pousse de nouveau à menacer du départ, dans une attitude immédiatement renfrognée.

« Bon on va passer à la deuxième question parce qu'apparemment vous comprenez pas le terme. Un provere dit : tu ferais mieux de prendre du sirop de Cordonne, ajouta-t-il après une quinte de toux, avant de s'en prendre directement à Jérôme. À quel moment se manifestent-elles ?

— Pour moi au moment où tu vas au lit avec un garçon, précise l'auditrice.

— Moi, c'est tous les mois, quelques jours, ma phobie, précise Mégane, sous un nom d'emprunt.

— Moi, c'est trois fois par semaine ma phobie.

— Euh CIndy, comment tu peux faire pour que ça soit tous les mois ? Tu changes de mec tous les mois ?

— Je change pas de mec, je change de b...

— On accueille Carla, intervint alors Manu.

— Bonsoir, commence la jeune fille, anciennement Feuille de rose.

— Pour moi à quel moment se manifestent les phobies, finit par répondre Gérard à une auditrice, pour l'instant j'ai pas trouvé le bonheur de ma vie. Et vu dans l'état que je suis et vu comme je suis vulgaire, je trouverai jamais personne. De toute façon, un proverbe dit vaut mieux être seul que mal accompagné. » Face à la réprobation des auditrices : « J'ai jamais dit que j'étais un monstre, mais bon. Déjà...

— Bon moi, finit par lâcher Tony, je déteste les gens qui partent et qui reviennent, je suis Gérarophobe.

— Bon dehors, hurle Gérard.

— Mais Gérard, reprit une auditrice, est-ce que tu penses que les phobies seraient une bouteille ¿ Quand tu as peur d'une bouteille. T'as peur des bouteilles avec des bombes ?

— Je vois pas le rapport.

— Et est-ce que tu as peur des plantes qui piquent ?

— Personnellement oui.

— Moi j'ai un figius chez moi, il est très agressif, rit une auditrice. Gérard troisième question. »

Avant de la poser, Gérard manifeste le plus grand mal à se contrôler : accueil difficile d'un nouvel auditeur masculin, double-son de Phildar, il est à bout et fait les efforts pour ne pas exploser.

« Que conseillez-vous aux personnes atteintes de phobie ?

— Jenny, moi je conseillerais aux femmes zatteintes psychologiquement de phobies ou de se jeter par la fenêtre, ou de se faire prendre...

— Par Gérard, termine une autre fille, et gérard explose car il croit que c'est Jenny qui s'est livrée à cette obsénité. »

De retour au calme :

« Moi ce que je conseillerais, dit Cindy, c'est d'arrêter de fumer, de se mettre aux gâteaux secs.

— Carla nous a laissé, est partie se coucher, déclare Manu, à la déception de Gérard?

— Il faut combattre le mal par le mal, tente l'auditeur, laissé de côté jusque-là par l'animateur.

— On accueille Pierre à la place de Carla, annonce Manu.

— Moi personnellement, j'ai adopté une phobie récemment, j'en suis très contente, poursuit une auditrice. »

Gérard tente de reprendre, mais Pierre vient jouer les trouble-fait. Il n'est autre que Max lui-même. En voilà assez pour faire exploser Gérard, mais il y ajoute les extraits de sa voix au téléphone. Gérard n'arrive plus à écouter la fille qui essaie de lui parler. Il perd le contrôle des choses, à la faveur de ce nouvel auditeur qui l'affronte avec applomb, ce qui le déstabilise. Face à son souhait de l'expulser, le cahos s'installe, avec l'encouragement de l'équipe et le bruit des auditeurs. Pierre finit par s'excuser au standard, le temps que Max vienne à la demande de Garard, et revient ensuite à l'antenne, envahissant et opressant. Gérard finit par s'en prendre à Manu et sa gestion du standard. Les autres filles se plaignent qu'il veuille réentendre Jenny, sensuelle, en permanence, et quand il tente de reprendre la maîtrise des choses, Pierre l'interrompt, à la fureur de Gérard qui réagit de manière épidermique à tout bruit de Pierre. La scène aboutit à un aaffrontement entre Gérard et l'auditeur, se plaignant d'être sous-considéré, se ralliant les autres auditeurs, face à un homme débordé par ses propres démons et ne pensant qu'à l'éliminer pour rester avec cette fille si sensuelle. Gérard hait Pierre, qu'il soupçonne de faire partie de la radio, mais qui argue le voir sur la télévision.

« Moi ce que je conseille aux gens atteints de phobies, c'est d'aller voir un spécialiste de la phobisation. La phobie est une maladie, les gens qui ont peur des araignées, fourmis, escargots... Mais ya des gens qui ont la phobie de Gérard, marre de le voir à la radio.

— Max s'il te plaît, viens faire le standard. »

C'est Phildar qui prend la voix de Max, avec succès pour gérer l'emportement de Gérard. Pierre devient le véritable Caramel de ce débat, à la rage de l'animateur. Il hurle, affronte Pierre qui le harcèle avec ses limites, avec des mots proches de Max.

Quand Pierre part enfin, Gérard reprend son calme, apaisé par le fait de parler à des auditrices. Comme d'habitude, elles dévient sur des questions privées, rendant le débat hors sujet et sans intérêt. Manu réintroduira donc deux garçons pour relancer la machine : Philippe-Hubert, incarné par Max, et Tony. Philippe-Hubert, ou Pubert, se montrera lui aussi envahissant.

« QUelles sont les plus connues ? » sera la question suivante. Face à l'envahissement par Pubert, Gérard recommence le sketch.

La suite du débat est plus classique, dans un ultime cahot entretenu par Max, l'équipe et les auditeurs, à travers les sketchs du silence radio de Gérard, des audituers qui le couvrent, et des autres déjà largement abordés. Max prend tellement la mesure du sketch que Tony est éliminé sans bruit, inutile et couvert par le reste du sketch. « Pubert, si je ne te connaissais pas, je t'insulterais, finit-il par dire. » On notera, parmi les moments savoureux, l'évocation de la phobie des moustaches par une auditrice, le moment où Gérard menace ubert de le prendre aux toilettes, alimentant encore un peu plus la rumeur à son sujet. En tout cas, en fin d'émission, Gérard n'est pas différent de ce qu'il est habituellement, laissant penser que l'explosion de la soirée ne fut que provisoire. Mais il vie son malêtre concernant Carole, ses ex, et croit même, à juste titre, les reconnaître à l'antenne. Il finit même par expulser des filles.

En définitive, le format vient probablement d'atteindre sa limite. Les auditeurs, peu inspirés, sont les moteurs de l'émission, mais elle devient redondante et, donc, la seule manière de la renouveler est d'augmenter l'intensité des insultes. Ils sont capables de relancer les sketch des dizaines de fois par débat, mais le cycle semble infini et devient donc grippé. Gérard, portant tout son malêtre et sa vie quotidienne difficile, répond par l'insulte, mais là encore, cela devient redondant. L'équipe, passive, laisse les choses se faire mais elles dépendent trop de l'énergie de la soirée que peuvent envoyer les auditeurs voire l'animateur. Le point d'équilibre atteint ici est délicat. D'un côté, par-delà l'émission, Gérard a eu accès, grâce à Max, au numéro de téléphone interne de la radio et, appelant souvent, harcèle les équipes pour satisfaire ses désirs féminins et son obsession des habituels et de sa réputation. Cela veut dire que le sketch se prolonge hors antenne, or personne ne le souhaite vraiment, mais gérard n'est pas capable de comprendre cette distinction, d'autant moins que chez lui, les deux ont une frontière poreuse. Gaëlle semble ne plus le supporter, et l'usure se fait clairement sentir (il faudra noter que Julie et elle ne font plus le standard de Gérard depuis octobre, alors qu'elles font encore partie de l'émission de Max. Enfin, la radio a un nouveau patron. Cette arrivée coïncide, curieusement, avec un virage très rapide de l'émission, rendant difficile de ne pas y voir un lien de causalité. Certes, Max conserve toute son indépenance, qui lui laissera la possibilité de produire une émission unique à son époque et totalement hors normes. Mais les débats de Gérard, tels qu'ils existaient, doivent être fondamentalement repensés. Même musicalement, Max reste en décalage, mais on n'entendra plus les titres de variété française qui sont totalement éloignés de la couleur musicale de la station.

De l'autre, Gérard a donné une dimension tellement extrême à l'émission qu'il semble difficile d'en finir. Entre les débats, il participe très régulièrement aux côtés de Max au Star System, via des histoires drôles, des canulars, des échanges libres avec Max. En outre, depuis octobre 1997, un renouvellement a déjà commencé au sein de l'équipe entourant Max et des auditeurs participants aux débats. S'appuyant sur Manu et Olivier, elle va sélectionner de nouveaux profils d'auditeurs, s'impliquer en amont dans la préparation de l'émission, et lui donner un élan nouveau. L'espoir est donc permis, car la volonté profonde de Max reste de conserver Gérard à ses côtés. L'histoire dira que Max s'est mis à payer Gérard, par ses propres ressources, pour l'aider à améliorer sa situation sociale.

Toujours est-il qu'en fin de débat, son départ, si évident l'heure d'avant, l'est moins, si bien qu'il est possible de supposer que même extrême, la scène semble encore un sketch. Max dira même en fin de soirée que les deux débats éatient bien, comme pour sortir du personnage pressurisant qu'il a été toute la soirée.

Le sketch de l'imposteur[modifier | modifier le wikicode]

Comme un pied-de-nez au destin, dès le lundi 17 novembre, un stade suivant est franchi dans le sketch de Gérard. Il commence par l'accueil, par Max, de Gérard. En réalité, quoique la voix soit ressemblante, il est très vite compris par Max et son équipe qu'il s'agit d'une imitation. La réaction de l'équipe et de l'animateur est sans équivoque : ils rient aux éclats mais créent immédiatement le sketch. Tout le monde va se laisser prendre au sketch, qui prendra des proportions surréalistes.

Le début du sketch est une lecture de courrier classique, à laquelle Gérard réagit fidèlement à son habitude, dans le cadre d'un classique sketch des autres radios, ici NRJ Côte d'Azur. Gérard, étonnamment, reconnaît l'envoi du courrier lu par Max et s'en explique. Max joue le sketch de la pression au départ. Pour les oreilles attentives, quelque chose sonne faux, bien que se référant à l'émission du jeudi précédent. Il lira alors un poème, étonnamment élaboré :

« J'ai léché des moules en tongue et en short mais j'ai choppé la crève J'ai léché des moules en regardant la télévision mais c'était la grève J'ai léché des moules sur ma barque mais elle a coulé J'ai léché des moules dans ma voiture mais la fourrière me l'a embarquée J'ai léché des moules avec mon couteau mais on me l'a volé J'ai léché des moules à la Loco mais je me suis fait enfiler J'ai léché des moules avec mon t-shirt Rickie Martins mais les mites l'ont bouffé J'ai léché des moules dans la cabine et les flics m'ont embarqué J'ai léché des moules avec du Ricard et j'étais déchiré. »

Deux poèmes plus loin, Gérard rit lui-même du texte, mais Max ne sorcille pas.

Comme un séisme, la radio reçoit un appel depuis le bureau privé des animateurs. Il serait furax, et Max annonce la nouvelle à l'antenne.

« À force, dit Max, je vais plus savoir qui est qui. Là on a un numéro de téléphone de cabine qui sonne occupé, je pense donc que c'était un canular, l'appel dans le bureau, mais à voir. S'il nous écoute, qu'il raccroche, on va le joindre. »

QUelques instants plus tard, un deuxième Gérard, qu'on nommera ici Gérard bis, passe à l'antenne. Bien sûr, il se fait insulter par le premier, très en colère de constater un imposteur. Gérard Bis reprochera au premier d'utiliser des K7 d'imitation. Max se montre incapable de savoir qui fait quoi.

Mais l'histoire va plus loin. Quand Gérard bis appelle, il a été amené par son ami, Henri, à l'accueil de la radio, pour prouver qu'il est l'original.

« C'est par toi Gégé qui ferait les deux voix en même temps ?

— Non. Bon, je descends. »

Gérard se retrouve alors dans le studio, près de Max. Ce dernier est alors forcé de reconnaître que le bis est le vrai, celui au téléphone est le faux.

« Tu vois bien que c'est pas des K8 puisqu'il te parle en direct, fit alors observer Max à son interlocuteur. Si tu lui poses une question et qu'il te répond, c'est vraiment une K7 ?

— Quelle heure il est ? »

Réponse cohérente, mais gérard cherche à comprendre maladroitement le mystère, qui n'en est guère un que pour lui-même. Après interrogatoire de Max, les deux hommes constatent qu'il y a deux Gérard de Suresne.

« Ce qui craint c'est qu'on saura plus qui est le vrai et le faux, s'inquiéta Max, alors même que le comportement du Gérard au téléphone était sans équivoque.

— Quel numéro de la cabine téléphonique, demanda Gérard.

— Je vais pas le donner à l'antenne non plus, répondit l'auditeur, habilement soutenu par Max. Mais je peux donner mon numéro de tatoo. » Et évidemment, c'est celui de Gérard, puisqu'il est de notriété publique.

L'auditeur en question va alors plus loin : « C'est toi qui te fait ... à la Loco, que les gens prennent des photos et qu'on m'emmerde après ? » Il obtiendra des insultes de Gérard bis dans un cahos total.

Le pauvre Gérard (bis) passe ensite son temps à se justifier, en prenant à témoin la personne qui l'héberge, Estelle, une signature. Pour la seconde fois, Max rejoue le sketch des autres radios et de la concurrence. Gérard s'énerve contre le standard et finit par exploser en insultes mutuelles très vulgaires.

Après un échange vif et peu constructif entre les deux Gérard, où Max semble avoir du mal à trouver la suite du sketch, les deux hommes en studio refont les sketchs classiques. Pourtant l'échange reprendra quelques minutes plus tard. Max conclut que ce faux personnage pourrait faire ce que Gérard ne veut plus faire : les poèmes, voire les débats. Il active ainsi le sketch de la jalousie.

« Les gens préfèrent tes poèmes à tes débats, qui marchent de moins en moins bien. Plus personne n'appelle et tu n'aides pas puisque tu es vulgaire. Or on a celui-là qui fait des poèmes. Comme t'es débordé, il va faire les poèmes.

— Dans ce cas-là tu le prends pour tout et voilà. De toute manière c'est un imposteur ! »

Comme si cela ne suffisait pas, Gérard bis pose des questions et finit par piéger son imposteur, devant le regard médusé de l'équipe : « On est en train de vivre un grand moment, dit Max. Notre vrai soi-disant gérard de Surense qui serait en face de moi essaie de piéger qui se fait passer pour le vrai Gérard et qui serait le faux. ON ne se rend pas compte de l'intelligence de notre vrai gérard, qui a un doute lui-même, à élucider, sur l'imposture de son imposteur. »

Ce résumé de situation correspond à ce qu'il se passe. Gérard veut tellement prouver que l'autre est un imposteur, alors que la preuve n'est plus à faire, qu'il en perd la lucidité. « Le vrai Gérard doute que c'est le vrai Gérard. » Profitant de cette confusion, Max finit par s'engouffrer dans la brèche.

« Mais en fait, tu es peut-être pas le vrai Gérard. Je reconnais pas ton parfum.

— Dans ces cas-là tu le prends pour les débats et tu vas voir s'il vient avec une malette.

— C'est peut-être pas le vrai Gérard, alors que le mec qu'on a au bout du fil est peut-être le vrai. Heureusement, on a failli se planter. T'es qui toi ? demande-t-il alors au Gérard bis.

— Je vais chercher Henri. »

Max pointe tous les défauts de Gérard pour le mettre en doute : n'a pas allumé son micro, n'a pas mis de parfum, autant de choses qui font douter. Après un échange entre Max et Gérard bis, Gérard soupçonne quelqu'un de la radio et Max veut entendre Henri. Comme Max refuse de faire venir Henri dans le studio, pour limiter la preuve, Gérard bondit et va le chercher physiquement mais ce dernier était déjà parti. Et lui-même évoque un doute.

Après un échange de preuves de Gérard bis, ce dernier quitte le studio. Max confie alors aux auditeurs que le moment est tout à fait surréaliste, puisque le sketch qu'il annonçait se déroule à merveille sans comédie de Gérard bis.

« Le vrai gérard, dit Max, a des doutes sur sa propre existence. »


C'est à l'accueil de la station qu'on entendra alors Gérard bis, menacer encore de partir. Henri est pris à témoin. « Le vrai Gérard a bloqué sur lui, c'est bloquant. Le vrai Gérard... non ca ne peut pas être un comédien. C'est un vrai. »

Gérard termine en insultant Max pour sa crédulité. Il insulte aussi le Gérard du téléphone.

C'est ic que la tournure surréaliste de l'émission est totale. Max décide d'envoyer Phildar à l'accueil pour écouter Gérard bis faire le sketch et de mettre l'autre hors ligne. Phildar est chargé de parler à Gérard, en train de partir, pour lui dire que lui croit que c'est le vrai. Phildar rentre totalement dans le sketch, et ne sait pas qu'il acquiert ainsi ses honneurs pour faire partie, plus tard, de l'équipe de Max. L'échange est vif. Max pousse encore plus loins en demandant au gérard de l'accueil ses motifs, mais il persiste dans un énervement hors de propos. Henri s'associe totalement au sketch. « L'imposteur est un clone, affirmera Max pour enfoncer le clou. » Gérard bis reviendra plus tard, dans le studio, abattu, hébété, perdu, hagard.

Ce sketch est une transition entre les deux modèles. Mais elle ne sera pas immédiate. D'autres débats, de la même teneur que les deux précédents, auront encore lieu dès le jeudi de la semaine. Il est fort à parier que hors antenne, Max ait redressé la raison de Gérard pour le maintenir à flot. Le jeudi, il lui offirra même à boire.

Parmi ces débats cahotiques, on notera celui sur l'humour, les célibataires, Le plus marquant, c'est de voir que Gérard ne se souvient même pas de ses prestations : il oublie les insultes qu'il profère à l'antenne (Goldo en compte 313 je soir du 17 novembre). Comme un signe de la transition, dès le jdui, Max annonce qu'il a fait les questions, en lien avec Phildar et Cyril, pour les deux débats. C'est donc l'équipe qui fait les questions, les auditeurs qui y réagissent avec l'appui de l'équipe, et l'animateur qui tient un vrai show. Ce modèle-là, pourtant, semble bien mal en point malgré sa résilience, le 11 décembre.

Notes et référence[modifier | modifier le wikicode]

  1. Discothèque
  2. Julie
  3. prononcé à la française