Mémoire/Habiletés

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Ceci dit, les informations destinées à la mémoire procédurale ne rentrent pas dans celle-ci directement. Au début de l'apprentissage, les compétences à faire acquérir sont appliquées consciemment, récupérées depuis la mémoire explicite, et utilisent la mémoire à court terme. Puis, progressivement, ces compétences en font de moins en moins appel à l'attention : elles s'automatisent de plus en plus. Finalement, les apprentissages implicites montrent une amélioration de leur performance avec la pratique : on devient de plus en plus rapide à force de répétition.

Programmes moteurs[modifier | modifier le wikicode]

Le résultat de l'apprentissage moteur est une séquence motrice, où les mouvements sont découpés en sous-mouvements planifiés à l'avance. En somme, notre cerveau stockerait des séquences ré-remplies e mouvements, qu'il est capable de réutiliser à loisir. Sans cette capacité à retenir des séquences de mouvements, notre cerveau devrait recalculer les mouvements à effectuer à chaque fois que l'on voudrait faire un mouvement : les temps de réactions seraient très élevé, et ce n'est pas ce qu'on observe. Néanmoins, même si ces programmes sont programmés, le cerveau peut les adapter en fonction des informations qui lui parviennent par ses sens : il peut tirer partie de ces informations pour calibrer le mouvement et l'adapter à son environnement. Ces programmes moteurs contiendraient des descriptions de toute une classe de mouvements similaires. Ces classes de mouvements seraient mémorisés par une structure mnésique qui contiendrait :

  • la séquence de mouvements élémentaires à effectuer ;
  • les durées de chaque mouvement ;
  • la force de chaque mouvement.

D'autres paramètres pourraient être fournis à ces programmes moteurs, afin de spécifier quel est le mouvement exact à effectuer : cela permettrait de sélectionner un mouvement parmi tous ceux représentés par ce programme moteur généralisé.

Il existe diverses théories sur l'apprentissage moteur implicite, dont la plus connue est celle de Fitts et de ses collègues (1954). Celle-ci a reçue de nombreuses validations expérimentales, et a été légèrement étendue, pour tenir compte de l'influence de la mémoire explicite dans l'apprentissage moteur. D'après cette théorie, un apprentissage moteur se déroule en trois phases :

  • une phase cognitive dans laquelle on mémorise les étapes du mouvement ;
  • une phase associative, dans laquelle on enchaine les étapes du mouvement ;
  • et une phase autonome, dans laquelle le mouvement s'est automatisée.

La phase cognitive va :

  • découper le mouvement à apprendre en sous-mouvements élémentaires,
  • et déterminer comment planifier l’exécution de ces sous-mouvements.

Le cerveau va en quelque sorte théoriser le mouvement et en former une représentation mentale du mouvement. Cette représentation mentale du mouvement, cette séquence motrice, est mémorisée en mémoire à long terme et utilise la mémoire de travail. Lors de cette phase, la mémoire de travail est fortement utilisée pour mémoriser les étapes du mouvement à effectuer, ainsi que pour les planifier.

La phase associative va ensuite répéter le mouvement à apprendre afin d'affiner cette représentation mentale du mouvement. Durant cette phase, le retour sur performance a son importance : le cobaye apprend plus vite quand il arrive à se souvenir de ses erreurs passées. Cela a été montré par des expériences sur des patients amnésiques, qui ne pouvaient pas faire passer de nouvelles informations de la mémoire de travail vers la mémoire à long terme. Vu que ces patients ne pouvaient pas mémoriser leurs erreurs, ils avaient du mal à ne pas les reproduire, ce qui ralentissait l'acquisition de la séquence motrice.

Une fois l'ensemble terminé, le mouvement est alors automatisé : son exécution ne fait plus intervenir la conscience.