Neurosciences/Le cerveau antérieur

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Dans le chapitre précédent, nous avons étudié en détail le fonctionnement du tronc cérébral. Il est maintenant temps de voir les autres structures anatomiques qui forment le cerveau antérieur : le diencéphale et le télencéphale. Ces deux structures correspondent à ce que le sens commun appelle le cerveau, du moins dans les grandes lignes. Le cerveau antérieur peut-être subdivisé en deux : le cortex cérébral, formés de plusieurs couches de neurones, et des structures sous-corticales formées de noyaux, des amas de neurones qui ont chacun une fonction assez précise. Dans les grandes lignes, les noyaux principaux du cerveau sont : les ganglions de la base et les noyaux du diencéphale. Les premiers sont des noyaux moteurs, tandis que les autres sont des noyaux plus élaborés qui mélangent noyaux sensoriels, d'association et moteurs. Le cortex n'est pas une structure unique, mais est lui-même présent en plusieurs endroits du cerveau : entre le cortex de l'hippocampe et le cortex cérébral, il y a de nombreuses différences. Voyons un petit peu comment est organisé l'anatomie du cerveau antérieur.

Le diencéphale[modifier | modifier le wikicode]

Diencéphale.

Au-dessus du tronc cérébral et du cervelet, on trouve le diencéphale. Celui-ci sert de relai entre le télencéphale et le mésencéphale, produit divers hormones et commande le système nerveux autonome. Celui-ci contient le thalamus, le complexe hypothalamo-hypophysaire, le noyau sous-thalamique et l'épithalamus.

L'hypothalamus et l'hypophyse[modifier | modifier le wikicode]

Le complexe hypothalamo-hypophysaire est formé de deux aires cérébrales qui fonctionnent de manière complémentaire pour maintenir certaines fonctions vitales. Ce complexe est impliqué dans la croissance, la régulation de la pression sanguine, le métabolisme, la reproduction, et quelques autres fonctions. Il est composé de deux aires cérébrales : l'hypophyse, une glande, et l'hypothalamus, qui commande la sécrétion d'hormones par l'hypophyse. Nous détaillerons le fonctionnement et l'anatomie de cette région dans un chapitre ultérieur, dédié au complexe hypothalamo-hypophysaire.

Le thalamus[modifier | modifier le wikicode]

Le thalamus est un ensemble de noyaux qui servent de relai entre le télencéphale et les voies sensimotrices. Toutes les informations sensorielles rentrent dans le thalamus et sont redistribuées dans tout le télencéphale, à une exception : les informations olfactives, qui rentrent directement dans le télencéphale. Le thalamus est subdivisé en deux par le sillon inter-hémisphérique, qui divise le thalamus en deux paires de noyau, une par hémisphère. Les thalamus des deux hémisphères sont reliés entre eux par un faisceau, qui porte le nom de commissure médiane ou commissure thalamique. Le thalamus est parcouru par des lamelles composées d'axones et de fibres neurales, les lames médullaires, qui découpent le thalamus en trois grandes portions : thalamus médian, antérieur et latéral. L'ensemble est illustré sur le schéma ci-contre, avec toutes les subdivisions importantes.

Illustration du thalamus et des différentes aires qui le composent.
Anatomie détaillée du thalamus sous divers angles.
Le corps genouillé latéral est un relai entre la rétine et le cortex visuel.

Sur le schéma précédent, on observe deux subdivisions en orange dans la portion latérale du thalamus : les corps genouillés médian et latéral.

  • Le corps genouillé latéral un relai qui transmet les informations visuelles de la rétine vers le cortex visuel. C'est une structure formée de six couches de neurones, la moitié des couches étant innervées par l’œil gauche, d'autres par l’œil droit. Dans le détail, les couches 1, 4 et 6 se connectent à l’œil situé de l'autre côté (œil gauche pour le thalamus droit, et réciproquement), tandis que les couches 2, 3 et 5 se connectent sur l’œil du même côté.
  • Le corps genouillé médian est un relai auditif entre les noyaux auditifs du tronc cérébral et le cortex auditif. Il reçoit des afférences des noyaux cochléaires et des olives inférieures et supérieures. Il innerve le cortex auditif situé dans le télencéphale (et précisément dans le lobe temporal).

L'épithalamus[modifier | modifier le wikicode]

L'épithalamus est localisé au-dessus du méséencéphale entre les deux thalamus, et est composé de plusieurs sous-systèmes.

  • L'épiphyse, aussi appelée glande pinéale est un noyau de la taille d'un grain de riz, localisé entre les deux morceaux du thalamus. Tous les vertébrés ont une glande pinéale, à quelques exceptions près. C'est une glande qui secrète une hormone qui induit l'endormissement : la mélatonine. La mélatonine est fabriquée dans des cellules spécialisées qu'on ne retrouve pas ailleurs dans le corps : les pinéaocyte. Il faut signaler qu'avec le temps, des structures remplies de calcium s'accumule dans la glande pinéale, sans que cela soit pathologique : la glande pinéale se calcifie avec l'âge.
  • L'habenula est une paire de noyaux assez petite, avec une paire par hémisphère. Chez beaucoup de vertébrés, les deux paires sont asymétriques : l'une est plus grosse que l'autre, ce qui donne une asymétrie entre les deux hémisphères. Mais chez les mammifères, cette asymétrie est cependant assez faible, parfois totalement absente. Chaque habenula (une par hémisphère) regroupe deux noyaux : un noyau médian et un noyau latéral. Le noyau latéral reçoit de nombreux axones regroupés dans un faisceau : la strie médullaire (stria medullaris). Celle-ci provient de diverses structures cérébrales : thalamus, hypothalamus, ganglions de la base, hippocampe, gyrus denté, etc. Les éfférences de l'habenula innervent les noyaux interpédonculaires, l'aire tegmentale ventrale et la substance noire, ainsi que sur l'hypothalamus. Son rôle n'est pas très connu, mais on a des pistes assez solides : elle serait impliquée dans le contrôle des mouvements (en relation avec les ganglions de la base) ou encore dans la régulation des émotions et comportements, peut-être dans l'horloge biologique...

Le sous-thalamus[modifier | modifier le wikicode]

Le sous-thalamus est composé de plusieurs structures, mais une seule nous intéressera dans la suite de ce cours : il s'agit du noyau sous-thalamique. Tout ce qu'on peut dire à ce stade du cours, c'est que ce noyau appartient à un ensemble d'aires interconnectées qui porte le nom de ganglions de la base.

Télencéphale[modifier | modifier le wikicode]

Télencéphale
Illustration de la localisation de la substance blanche et de la substance grise cérébrale.

Le télencéphale est une portion du cerveau antérieur qui recouvre le diencéphale. Il est naturellement composé de substance blanche et de substance grise, avec une petite spécificité pour ce qui est de leur répartition. La substance grise du télencéphale est située essentiellement à la surface du cerveau, tandis que la substance blanche se fait plus visible dans les couches internes. Elle se forme à partir des axones provenant de la matière grise et contient aussi bien des afférences en provenance du tronc cérébral ou de la moelle que d'éfférences provenant du cortex ou des ganglions.

Le cortex cérébral (néocortex)[modifier | modifier le wikicode]

Pour simplifier, le télencéphale est composé de deux sous-systèmes : un ensemble de ganglions et un ensemble de couches de neurones appelé cortex cérébral. Du moins, c'est ainsi que l'on peut le présenter sans rentrer dans le détail. Le cortex cérébral peut globalement être découpé en plusieurs aires, à la fonction distincte. On distingue ainsi les aires sensorielles, motrices et associatives. Les aires sensorielles ou motrices sont regroupées sous le terme d'aires sensimotrices. Elles sont à opposer aux aires associatives qui représentent plus de 80% du cerveau chez un être humain normalement constitué. Ces dernières effectuent des traitements détachés de la sensation ou de la motricité. Ils prennent en charge la mémoire, l'attention, la pensée, la cognition spatiale, l'homéostasie et bien d'autres fonctions.

Pour expliciter plus simplement la différence entre aires sensorimotrices et associatives, on peut montrer ce qui se passe lors d'une lésion du cortex. Une lésion dans le cortex sensorimoteur coupe les sensations et la motricité : le patient devient paralytique, aveugle, sourd, etc. Par contre, une lésion dans le cortex associatif empêche le patient de reconnaitre ce qu'il voit ou entend, ne peut plus se concentrer sur ce qu’il voit ou entend, ne savent plus quel mouvement effecteur face à telle ou telle situation, etc.

Cortex cérébral.

Les aires sous-corticales[modifier | modifier le wikicode]

En-dessous du cortex cérébral, se trouvent diverses structures regroupées sous le nom d'aires sous-corticales. Elles regroupent tout un tas de noyaux distincts, qui sont listés dans ce qui suit.

  • Le télencéphale basal regroupent plusieurs noyaux divers : noyaux basaux, Substantia innominata, noyau septal médian, etc. Cette structure contient de nombreux noyaux cholinergiques, qui émettent de l'acétylcholine dans l'ensemble du cerveau. L'acétylcholine ayant un rôle plutôt éveillant, on se doute que le télencéphale basal a un rôle dans l'éveil et la vigilance, ainsi que dans le sommeil paradoxal. Le noyau le plus connu de cette structure est clairement le noyau basal de Meynert.
  • Juste au-dessus, on trouve une partie des ganglions de la base, un groupe de noyaux impliqué dans la motricité et le contrôle des actions. Ces ganglions de la base regroupent plusieurs ganglions du diencéphale, du télencéphale et même du mésencéphale. Les noyaux appartenant au télencéphale sont le noyau caudé, le striatum et le putamen. Au passage, les ganglions de la base seront vus en détail dans quelques chapitres et le cortex aura un chapitre totalement dédié.
  • Les aires sous-corticales du télencéphale contiennent aussi l'amygdale, un noyau impliqué dans les émotions de peur et de colère, localisé non-loin du cortex temporal.
  • Le claustrum est une fine couche de matière grise interposée entre le cortex et les ganglions de la base (entre le striatum et le télencéphale, pour être précis). Si certains auteurs le placent dans les ganglions de la base, tous ne sont pas de cet avis, raison pour laquelle nous le présentons à part. Il entretient beaucoup de connexions avec le télencéphale et diverses aires cérébrales alentour. Sa connectivité est d'ailleurs particulièrement importante, bien supérieure aux autres aires cérébrales. Son rôle est encore mal connu, quelques résultats préliminaires semblant indiquer un rôle dans la conscience, qui semble compatible avec sa forte connectivité. Pour donner un exemple, on peut citer l'étude princeps effectuée lors d'une opération à cerveau ouvert destinée à soigner une patiente épileptique, où les médecins ont stimulé diverses aires cérébrales de la patiente avec des électrodes (ce qui fait partie de la procédure standard). Lors de la stimulation du claustrum, la patiente perdait conscience et ne répondait plus aux stimulations/demandes des médecins. La patiente disait avoir des blancs lors de la stimulation du claustrum. L'étude est encore préliminaire et demande à être confirmée, cependant.
Striatum.
Hippocampe.
Amygdale cérébrale.
Claustrum.