Neurosciences/Le système nerveux endocrine

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Le système nerveux endocrine est formé d'aires cérébrales qui fonctionnent de manière complémentaire pour maintenir certaines fonctions vitales. Il est impliqué dans la croissance, la régulation de la pression sanguine, le métabolisme, la reproduction, et quelques autres fonctions. Il s'agit formellement d'un ensemble de glandes, à savoir des amas de cellules qui secrètent des hormones dans le sang. La plupart des glandes sont situées en dehors du système nerveux, mais les trois aires cérébrales que nous allons voir font exception. Elles agissent sur le corps en sécrétant des hormones, en contrôlant la thyroïde ou d'autres organes. Nous allons ici étudier le système nerveux endocrine, à savoir la portion du système nerveux qui a un rôle hormonal. Cependant, précisons tout de suite que les aires cérébrales que nous allons voir n'ont pas toutes qu'un simple rôle endocrine, l'éventail de leurs fonctions étant assez large. Certaines commandent aussi le système nerveux autonome, ce qui est complémentaire de leur action endocrine.

L'anatomie du système nerveux endocrine[modifier | modifier le wikicode]

Le système nerveux endocrine est composé de plusieurs aires cérébrales aux fonctions bien distinctes, comme la commande de divers réflexes ou fonctions importantes pour la survie. Ce système contient, pour simplifier, deux types de structures : les glandes et les capteurs sensoriels endocrines. Les glandes sont le lieu de production et de sécrétion d'hormones, qui va voyager dans le sang pour agir sur un organe cible. On peut les voir comme une sorte de centre de commande à distance, qui donnent des ordres au cœur, au foie, aux glandes surrénales, etc. Le système nerveux endocrine comprend trois glandes principales : l'hypothalamus, l'hypophyse et la glande pinéale. L'hypothalamus et l'hypophyse sont très proches l'une de l'autre et interagissent fortement entre elles. Il est d'usage de regrouper ces deu structures en une seule entité anatomique : le complexe hypothalamo-hypophysaire. La glande pinéale est un peu à part, bien qu'elle communique avec l'hypothalamus.

Ces glandes doivent adapter leur sécrétion aux besoins de l'organisme. Pour cela, elles ont besoin de signaux qui leur permettent de déterminer les besoins hormonaux. Par exemple, elles peuvent mesurer la quantité de sodium dans le sang, afin de savoir s'il faut secréter l'hormone antidiurétique ou non. De même, le niveau de certaines hormones doit avoir une concertation sanguine bien précise, comprise dans un intervalle assez étroit. Les glandes sécrétrices doivent donc disposer en permanence de la concentration de l'hormone qu’elles secrètent pour savoir si elles doivent en relâcher dans le sang ou non. Bref, ces glandes sont couplées à des capteurs sensoriels qui captent certains signaux nerveux ou hormonaux. Dans la plupart des cas, la glande s'occupe elle-même de cette mesure : elle possède des récepteurs sensoriels à la surface de ses neurones. Mais dans d'autres cas, la mesure est prise en charge par des aires cérébrales spécialisées, séparées de la glande. D'un coté des glandes sécrétrices, de l'autre des aires cérébrales sensorielles endocrines. Dans ce qui va suivre, nous allons d’abord étudier les glandes, puis les organes sensoriels isolés.

Le complexe hypothalamo-hypophysaire[modifier | modifier le wikicode]

Le complexe hypothalamo-hypophysaire est un amas de noyaux inter-reliés, chaque noyau ayant une fonction assez spécifique. Ce complexe est richement vascularisé et est en contact direct avec le sang. Il faut noter qu'il s'agit d'une des seules aire cérébrale qui n'est pas protégée par la barrière hémato-encéphalique. Sa localisation est très proche du chiasma optique (l'endroit où les nerfs optiques se croisent), les deux étant littéralement collés l'un à l'autre. Cela explique pourquoi les tumeurs hypothalamiques/hypophysaires engendre souvent des troubles de la vision : ces tumeurs appuient sur les nerfs optiques, faisant dysfonctionner la vision. Généralement, une tumeur hypothalamique/hypophysaire se traduit parfois par une perte de la vision des deux cotés, ou d'un seul coté, parfois par une vision trouble, ou d'autres troubles de la vision. Le complexe hypothalamo-hypophysaire est composé de deux aires cérébrales : l'hypophyse, une glande, et l'hypothalamus, qui commande la sécrétion d'hormones par l'hypophyse. Les deux sont reliés par une mince extension de l'hypothalamus, en forme de fil, l'infundibulum. A ce complexe, il faut ajouter une troisième glande : la glande pinéale. Celle-ci est cependant localisée assez loin de l'hypothalamus, bien que ces deux structures soient en connexion directe.

Localisation du complexe hypothalamo-hypophysaire.

L'hypophyse[modifier | modifier le wikicode]

L'hypophyse est subdivisée en deux compartiments relativement indépendant : l'adénohypophyse, et la neurohypophyse. On verra bientôt que ces deux compartiments ne secrètent pas les mêmes hormones. La neurohypophyse secrète uniquement de l'ocytocine et de la vasopressine, les autres hormones étant la chasse gardée de l'adénohypophyse. Qui plus est, la neurohypophyse a une autre différence avec l'adénohypophyse : elle ne produit pas les hormones qu'elle secrète. L'ocytocine et de la vasopressine sont en effet synthétisées dans l'hypothalamus, dans deux noyaux bien identifiés. Ces deux hormones sont ensuite envoyées dans la neurohypophyse via l'infudibulum, pour y être stockées. Cette particularité fait qu'il est courant de dire que la neurohypophyse est une extension de l'hypothalamus, contrairement à l'adénohypophyse. Nous reviendrons dessus plus loin.

Localisation de l'hypophyse.
Adénohypophyse (hypophyse antérieure) et neurohypophyse (postérieure).

L'hypothalamus[modifier | modifier le wikicode]

L'hypothalamus est une structure complexe, composée d'un grand nombre de noyaux aux fonctions très diverses. On peut avoir une petite idée de l'éventail de ces fonctions en regardant les afférences de l'hypothalamus. On s’aperçoit alors que ces afférences proviennent de tout le cerveau, que ce soit du cortex ou du tronc cérébral. Par exemple, un noyau hypothalamique (le noyau suprachiasmatique) est innervé par le nerf optique, ce qui prouve son implication dans la vision. D'autres sont innervés par des faisceaux provenant des aires corticales du gout ou de l'odorat. Mais les afférences les plus importantes sont celles qui transmettent les sensations viscérales, en provenance du noyau du tractus solitaire, et celles en lien avec les aires limbiques du cortex. Les noyaux de l'hypothalamus sont regroupés dans trois structures : l'hypothalamus antérieur, l'hypothalamus postérieur, et l'hypothalamus tubéral. L'hypothalamus antérieur commande l'hypophyse et la glande pinéale. L'hypothalamus antérieur est subdivisé en deux portions, la première communiquant avec l'adénohypophyse, tandis que la seconde communique avec la neurohypophyse. La portion de l'hypothalamus qui communique avec la neurohypophyse est appelée le système magnocellulaire, l'autre étant appelé le système parvocellulaire.

Hypothalamus.
Complexe hypothalamo-hypophysaire.
Anatomie de l'hypothalamus.

La glande pinéale[modifier | modifier le wikicode]

Glande pinéale et hypophyse.

Si l'on veut détailler l'ensemble du système nerveux endocrine, il nous faut parler d'une autre glande : la glande pinéale. Il s'agit d'une glande cérébrale présente chez tous les vertébrés, à quelques exceptions près. Elle a la taille d'un grain de riz et est localisée entre les deux morceaux du thalamus. Cette glande secrète une hormone qui induit l'endormissement et agit sur le rythme veille-sommeil : la mélatonine. Les cellules qui produisent la mélatonine dans la glande pinéale sont des cellules spécialisées qu'on ne retrouve pas ailleurs dans le corps : elles portent le nom de pinéaocyte. Nous reparlerons de cette glande dans le chapitre sur la régulation des rythmes circadiens.

Les organes circumventriculaires[modifier | modifier le wikicode]

L'hypothalamus, l'hypophyse et la glande pinéale sont des glandes, à savoir des organes sécréteurs. La sécrétion des hormones est de leur fait, mais ces structures n'agissent pas isolément : elles doivent libérer leurs hormones quand la situation le demande. Pour cela, ces glandes doivent capter divers signaux sensoriels et agir en conséquence. Si la majorité de ces signaux sensoriels sont transmis par des nerfs ou des axones, certains font cependant exception à la règle. Ceux-ci n'utilisent pas la transmission nerveuse, mais la transmission hormonale : ces signaux sont des substances présentes dans le sang qui agissent sur la production des hormones. Capter ces substance est cependant assez compliqué pour les structures nerveuses endocrines, protégées qu'elles sont par la barrière hémato-encéphalique. Aussi, certaines aires cérébrales sont placées en dehors de la barrière hématoencéphalique et sont au contact direct du sang. Ces structures sont regroupées, avec certaines glandes endocrines sous le nom d'organes circumventriculaires.

Ces organes sont simplement des structures cérébrales au contact direct du sang, peu importe qu'elles soient sécrétoires ou sensorielles. Par exemple, l'hypophyse et la glande pinéale font partie des organes circumventriculaires, au même titre que la portion médiane de l'hypothalamus et qu'une structure proche du troisième ventricule appelée l'organe subcommisural. Les quatre structures précitées sont les seules organes circumventriculaires sécréteurs. Les structures sensorielles sont moins nombreuses, au nombre de trois : l'area postrema, l'organe vasculaire de la lamine terminale, et l'organe subformical. Nous aurons peut-être l'occasion de voir ces trois structures dans les chapitres suivants, qui porterons sur la régulation cardiaque, la régulation osmotique ou d'autres fonctions. Pour le moment, nous allons juste dire que la fonction de ces trois structures est encore mal connue, la seule certitude étant pour l'importance de l'area postrema dans le réflexe de vomissement. L'area postrema analyse la quantité de toxines dans le sang, pour faire vomir si celle-ci devient trop importante. Elle communique avec le centre moteur du vomissement, situé à l'intérieur de la barrière hémato-encéphalique.

Les fonctions du système nerveux endocrine[modifier | modifier le wikicode]

Après avoir vu l'anatomie de l'hypothalamus et de l'hypophyse il est maintenant temps de voir à quoi ces deux structures servent. Le complexe hypothalamo-hypophysaire peut être vu comme un centre de commande de nombreuses fonctions végétatives, dont celles du système nerveux autonome. Il est composé d'un grande nombre de noyaux qui ont chacun une fonction spécifique. Nous n'allons pas faire la liste de ces noyaux (ce qui serait trop long), mais simplement indiquer que la plupart servent à maintenir des paramètres vitaux, comme la pression sanguine, le rythme cardiaque, la sensation de faim, ou de soif, la transpiration, la température corporelle, etc. Mais certains noyaux ont des fonctions plus étonnantes. Par exemple, nous verrons dans les prochains chapitres les noyaux suprachiasmatique et préoptiques, chargés respectivement des rythmes circadiens et de l'homéostasie du sommeil. On pourrait aussi citer le noyau des corps mamillaires, impliqué dans la mémoire.

Mais l'hypothalamus n'a pas qu'une fonction végétative : il a aussi une fonction hormonale (endocrine). Le complexe hypothalamo-hypophysaire produit en effet un grand nombre d'hormones essentielles pour le fonctionnement harmonieux du corps. Le complexe hypothalamo-hypophysaire libère des hormones dans le sang. Cependant, il doit libérer juste ce qu'il faut d'hormones pour obtenir l'effet désiré. Pour cela, le complexe est gouverné par un mécanisme dit de rétro-inhibition. Dans le détail, une hormone va inhiber directement ou indirectement sa propre production. Les teneurs en hormones sont ainsi maintenues à des niveaux acceptables, conformes à ce qui est demandé par l'organisme. Pour faire simple, l'hypothalamus est un centre de commande qui contrôle deux autres glandes : l'hypophyse et la glande pinéale. Ces dernières libèrent des hormones dans la circulation sanguine quand l'hypothalamus l'ordonne. La majeure partie des hormones est libérée par l'hypophyse, la glande pinéale n'ayant qu'un rôle mineur. Elle sécrète une hormone appelée mélatonine, qui joue un grand rôle dans les rythmes circadiens (l’alternance jour-nuit) et le sommeil. Mais tout cela, nous allons le voir dans deux chapitres distincts : le premier parlera des rythmes circadiens, tandis que l'autre se focalisera plus sur le sommeil au sens large. Dans ce qui va suivre, nous allons surtout étudier le fonctionnement de l'hypophyse et sa commande par l'hypothalamus.

Système nerveux endocrine.

Les lieux et processus de production hormonaux[modifier | modifier le wikicode]

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, aussi bien l'hypothalamus que l'hypophyse produisent des hormones et en libèrent dans le sang. Par exemple, certains hormones sont produites par l'hypothalamus, mais sont libérées par l'hypophyse. Fait intéressant, ces hormones sont toutes libérées par la neurohypophyse, qui peut être considérée comme une extension de l'hypothalamus. La neurohypophyse ne secrète pas d'hormone, mais sert de réservoir à quelques hormones produites par l'hypothalamus et de lieu de sécrétion pour celles-ci. Ces hormones neurohypophysaires sont la vasopressine (aussi appelée hormone anti-diurétique) et l’ocytocine. Ces deux hormones sont secrétés par deux noyaux de l'hypothalamus : le noyau supra-optique pour l'ocytocine et le noyau paraventriculaire pour la vasopressine. Ces deux noyaux émettent des axones qui ralient la neurohypophyse via l'infudibulum.

1807 The Posterior Pituitary Complex

Les hormones produites par l'adénohypophyse sont libérées sous l'influence indirecte de l'hypothalamus, qui ordonne la libération des hormones par l'hypophyse en ... libérant des hormones intermédiaires. Ces hormones intermédiaires permettent à l'hypothalamus de communiquer avec l'hypophyse, afin d'y activer ou inhiber la libération des hormones finales. Ce mécanisme est utilisé pour la production de prolactine, d'hormone de croissance, etc. Par exemple, l'hypothalamus produit de la thyrotropin-releasing hormone release et de la corticotropin-releasing hormone release, des hormones qui stimulent la libération de corticotrophine et de la thyrotrophine par l'hypophyse. Le transfert des hormones intermédiaires s'effectue par un lacis de vaisseaux sanguins, localisés au niveau de l'infundibulum (la tige qui relie hypothalamus et hypophyse). Ce lacis prend naissance au niveau de l'artère hypophysaire supérieure, qui se subdivise en un ensemble de capillaires aux contact de l'hypothalamus. Ces capillaires absorbent les hormones intermédiaires à cet endroit et se dirigent en direction de l'hypophyse. Ces capillaires se rejoignent au niveau de l'infundibulum pour former la veine hypophysaire portale, qui se subdivise encore en un lacis de vaisseau sanguins au contact de l'hypophyse. Ceux-ci se rejoignent pour former une veine, dans laquelle circulent les hormones finales.

1808 The Anterior Pituitary Complex

Les hormones produites[modifier | modifier le wikicode]

Hormones pituitaires.

Pour résumer, l'adénohypophyse produit diverses hormones, qu'elle libère quand l'hypothalamus lui demande par voie hormonale. Les hormones adénohypophysaires les plus connues étant :

  • l'hormone de croissance, qui fait grandir et répare les tissus ;
  • la prolactine, qui fait grossir les seins et induit la lactation ;
  • l'hormone corticotrope, qui déclenche la libération d'adrénaline et de noradrénaline par le pancréas ;
  • des endorphines qui calment la douleur ;
  • et bien d'autres hormones.

Par contre, la neurohypophyse sert de lieu de stockage et de libération pour les hormones suivantes, produites par l'hyothalamus :

  • la vasopressine, ou hormone antidiurétique, qui contrôle le volume d'eau dans les reins et le sang ;
  • l'ocytocine, impliquée dans l'accouchement et les relations affectives.

Enfin, l'hypothalamus sécréte les hormones intermédiaires, qui sont assez nombreuses.

Hormones de l'hypothalamus.

Les axes hypothalamico-hypophysaires[modifier | modifier le wikicode]

L'hypothalamus et l'hypophyse libèrent des hormones dans le sang, qui vont activer d'autres organes. Par exemple, la thyroïde ou les glandes surrénales sont activées et stimulées par des hormones hypophysaires. Ces voies d'actions hormonales sont appelées des axes hypothalamico-hypophysaires.

L'axe hypothalamico-hypophyso-thyroïdien[modifier | modifier le wikicode]

Axe hypothalamico-hypophyso-thyroïdien

Le complexe contrôle aussi la libération/production des hormones thyroïdes. Pour rappel, la thyroïde est une glande, située à la base du cou, qui produit de la triiodothyronine (T3), de la thyroxine (T4) et de la calcitonine. Son rôle est de réguler le métabolisme : les diverses hormones produites par la thyroïdes poussent les cellules à consommer de l'énergie, ce qui augmente donc le métabolisme. Un contrôle adéquat de la production de ces hormones est donc absolument nécessaire, tout dysfonctionnement se traduisant par des déficits divers, potentiellement graves. Ce contrôle est sous l'influence de l'hypothalamus, qui agit par l'intermédiaire d'une chaine de réaction hormonales. Tout commence dans l'hypothalamus, qui produit de la TRH (thyrotropin releasing hormone ou thyroliberine), une hormone intermédiaire à destination de l'hypophyse. Sous l'influence de la TRH, l'hypophyse libère de la TSH (Thyroid Stimulating Hormon) vers la thyroïde. Sous l'influence de la TSH, la thyroïde va libérer ses hormones thyroïdiennes. De plus, la thyroïde envoie un signal inhibiteur à l'hypothalamus et l'hypophyse, afin de réguler la production de TRH et de TSH (et donc d'hormones thyroïdiennes).

L'axe hypothalamico-hypophyso-adrénalien[modifier | modifier le wikicode]

Illustration de la réaction au stress.

On peut mentionner l'implication du complexe hypothalamo-hypophysaire dans la réaction au stress. Tout stress, physiologique ou psychique, entraine la libération dans le sang d'hormones du stress (des glucocorticoïdes), l'adrénaline et le cortisol étant les principales. Celles-ci sont secrétées par des glandes situées au sommet des reins, les glandes surrénaliennes. La libération de ces hormones par les surrénales est cependant commandée par l'hypophyse, qui doit enclencher la libération des hormones du stress dans le sang. Pour cela, elle utilise un intermédiaire hormonal , libéré dans le sang et capté par les surrénales : l'hormone adrénocorticoide, ou ACTH. La production d'ACTH est stimulée par l'hypothalamus, qui libère une "hormone" à destination de l'hypophyse : le facteur de libération de l'ACTH, ou CRH. Il faut cependant signaler que cette hormone est produite tant que le niveau d'hormones du stress reste bas. Quand le niveau de ces hormones augmente trop, la production d'ACTH par l'hypophyse est inhibée.

On peut signaler que ces hormones du stress agissent certes sur l'hypothalamus et l'hypophyse, mais aussi sur d'autres aires cérébrales. Elles agissent notamment sur l'amygdale (impliquée dans la régulation des émotions) et l'hippocampe (impliqué dans la mémorisation). Cet effet serait impliqué, d'une manière ou d'une autre, dans la genèse des troubles anxio-dépressifs.

L'axe hypothalamico-hypophyso-gonadique[modifier | modifier le wikicode]

L'hypophyse agit sur la libération des hormones sexuelles dans le sang. Ce processus est impliqué dans la genèse des caractères sexués lors de la vie fœtale, ainsi que de l’adolescence. Elle agit notamment en stimulant la production de testostérone et d’œstrogènes dans les testicules et les ovaires. L'hypophyse produit deux hormones "sexuelles" : l'hormone lutéinisante et l'homone folliculo-stimulante. Les deux hormones agissent sur des cibles différentes. Cependant, leur libération est stimulée par la même hormone au niveau de l'hypothalamus : la GnRH (Gonado Tropin Releasing Hormone).

L'axe de l'hormone de croissance[modifier | modifier le wikicode]

Régulation cérébrale de la croissance.

L'adénohypophyse secrète de l'hormone de croissance dans le sang. L'hormone de croissance va, au niveau du foie, être transformée en IGF-1 et IGF-2, deux hormones à l'effet similaire à celui de l'hormone de croissance. Cette hormone de croissance a de nombreux effets sur les cellules du corps, toutes les cellules étant sensibles à cette hormone. L'effet principal est une croissance des muscles et des tissus adipeux. Outre cet effet sur la croissance, l'hormone de croissance stimule la division cellulaire, que ce soit dans la peau, l'intestin, ou ailleurs. De plus, elle augmente la consommation de sucre dans le foie, de protéines dans les muscles et de graisses par les tissus adipeux. L'ensemble de ces effets agit de manière synergique pour donner l'effet le plus visible de l'hormone de croissance : comme son nom l'indique, l'hormone de croissance fait grandir. Des désordres de la sécrétion d'hormone de croissance entrainent soit un nanisme, soit une augmentation pathologique de la taille. L'IGF 1 et 2 ont une demi-vie largement supérieure à celle de l'hormone de croissance. Leur effet principal est qu'elle stimule la croissance des os. Là où l'hormone de croissance dure quelques minutes avant de disparaitre, les IGF demeurent dans le sang durant plusieurs heures, voire plusieurs jours dans le sang.

Il faut noter que l'hormone de croissance inhibe sa propre production, ce qui permet de limiter sa sécrétion au strict minimum. La sécrétion d'hormone de croissance suit un rythme de 24 heures, relativement stable chez tous les individus. Dans les grandes lignes, la production d'hormone de croissance est maximale durant la nuit, et en fin de journée. La majorité de la sécrétion a lieu durant la nuit, de préférence dans les stades de sommeil lent profond. De même, cette hormone est surtot sécrété dans les premières décennies de vie, la production étant maximale durant l'enfance, diminue légèrement à l'adolescence, et se réduit de plus en plus avec l'âge. Ce qui est cohérent avec la croissance au fil des âges. Rappelons cependant que l'hormone de croissance ne fait pas que faire grandir, et stimule la division cellulaire tout au long de la vie.

Les troubles de l'hypothalamus et de l'hypophyse[modifier | modifier le wikicode]

Comme vous pouvez vous y attendre, l'hypothalamus et l'hypophyse peuvent dysfonctionner lors de certaines maladies. Ces troubles se traduisent par des dysfonctionnements endocrines qui touchent la plupart des organes.

Les syndromes hypo-thalamico-hypophysaires[modifier | modifier le wikicode]

Concernant l'hypophyse, les médecins distinguent les syndromes neurohypophysaires, nés d'une altération de l'hypophyse, et les syndromes adénohypophysaires qui traduisent un dysfonctionnement de l'antéhypophyse. Les dysfonctionnements de l'hypothalamus sont souvent confondus avec les syndromes hypophysaires : la plupart vont modifier le contrôle qu'à l'hypothalamus sur l'hypophyse, ce qui induit un syndrome hypophysaire. Quoiqu'il en soit, la sur ou sous-production des hormones hypophysaires peuvent se traduire par différents syndromes. L'altération de la neurohypophyse peut théoriquement produire des défauts de production de vasopressine et/ou d’ocytocine. Mais dans les faits, les médecins n'ont pas encore trouvé de syndromes causés par une sur ou sous-production d’ocytocine. Seul des syndromes liés à la vasopressine sont connus, le plus connu étant le diabète insipide central, une forme de diabète très différente du diabète dit sucré. Pour l'adénohypophyse, on peut observer une sous-production générale, appelée pan-hypopituitarisme. Le pan-hypopituitarisme est un syndrome causé par une sous-production de toutes les hormones de l'adénohypophyse. Plus rarement, on peut observer une réduction de la production d'une hormone précise, parfois de deux à trois hormones seulement, etc. On parle alors d'hypopituitarisme, sans précisions supplémentaires.

Les syndromes liés à l'hormone de croissance[modifier | modifier le wikicode]

Visage d'un acromégalique.

L'acromégalie et le gigantisme sont deux maladies avec la même cause : une surproduction d'hormone de croissance. La différence tient à l'âge de survenue de cette surproduction : à l'adolescence ou l'enfance pour le gigantisme, à l'âge adulte pour l'acromégalie. Chez les enfants et adolescents, l'hormone de croissance va stimuler la croissance, ce qui fait que les patients vont grandir dans des proportions anormales. Outre la croissance excessive, on observe aussi un retard de la puberté, qui apparait plus tard que l'âge normal chez les sujets sains. Chez l'adulte, les choses sont cependant différentes : la croissance étant terminée, l'hormone de croissance ne peut plus faire grandir. Inversement, une sous-production d'hormone de croissance entraine un nanisme chez les enfants et adolescents. Précisons que la plupart des cas de nanisme n'ont aucune cause neurologique ou endocrines : la plupart ne sont pas causés par un déficit d'hormone de croissance.

L'acromégalie provient de la surproduction d'hormone de croissance, qui stimule le développement de certains cartilages et issus, qui s'hypertrophient. Dans le détail, la croissance des acromégales touche les mains, les mâchoires, le menton, les pieds, et d'autres tissus. Les mains et pieds grandissent et gonflent, ce qui peut occasionner un changement de pointures de chaussures. Le visage se modifie, donnant un aspect caractéristique qui fait penser aux visages des frères Bogdanov. Le crane s'allonge au point de parfois donner un aspect simiesque, les arcades sourcilières s'hypertrophient, le nez s'épaissit, les lèvres grossissent, le menton se développe, la mâchoire augmente, etc. Le reste du squelette va aussi se développer, comme peuvent le montrer le développement des côtes, ou les autres os visibles à l'oeil nu. Outre les critères morphologiques, on observe aussi des dysfonctionnements internes. Par exemple, le malade a des problèmes sexuels, comme une perte de la libido et une impuissance. Les règles sont parfois réduites et/ou abolies chez les femmes. La glande thyroide est parfois hypertrophiée.

Les syndromes liés à la vasopressine[modifier | modifier le wikicode]

Le diabète insipide est une maladie qui se traduit par les symptômes du diabète, alors que la glycémie n'est pas altérée. En clair, le patient manifeste une soif intense (polydipsie), une augmentation du volume des urines (polyurie) et parfois une faim augmentée. Ce syndrome est formellement ce qu'on appelle le diabète, l'augmentation de la glycémie n'étant observée que dans les formes de diabète dit sucré. Le diabète insipide diffère du diabète sucré par le fait que la glycémie n'est pas toujours augmentée, le fait que les urines ne sont pas sucrées et par le fait que les urines ne se réduisent pas quand on réduit l'apport en eau. L'augmentation des urines est généralement très importante dans le cadre d'un diabète insipide, pouvant aller jusqu'à 4 à 5 litres par jour. Le diabète insipide peut avoir diverses causes, comme un dysfonctionnement du rein ou un problème au niveau de la neurohypophyse. Dans tous les cas, il provient d'une altération de la production ou de la sensibilité à la vasopressine. Si on omet les causes rénales, il provient généralement d'une sous-production de vasopressine au niveau de l'hypothalamus et/ou de la neurohypophyse. Plus rarement, elle provient du dysfonctionnement d'un noyau hypothalamique qui contrôle la sensation de soif. La cause de cette sous-production est variable : tumeur hypophysaire/hypothalamique, lésion hypothalamique, conséquence d'une encéphalite, etc. Parfois, aucune cause certaine n'est retrouvée, et le diabète insipide est dit idiopathique.

Les syndromes liés aux hormones cortico-surrénales[modifier | modifier le wikicode]

La sur ou sous-production d'ACTH peut cause deux syndromes distincts : le syndrome de Cushing et la maladie l'Addison. La première est causée par une surproduction de cortisol, tandis que la maladie d'Addison est causée par une sous-production de celui-ci. Ces deux syndromes peuvent être causés aussi bien par des problèmes à l'hypophyse que par des dysfonctionnements des surrénales. Si un syndrome de Cushing est d'origine hypophysaire ou hypothalamique, on parle précisément de maladie de Cushing.

Les tumeurs hypophysaires et hypothalamiques[modifier | modifier le wikicode]

Hypophyse et hypothalamus peuvent être atteints par des tumeurs. Vu que l'hypophyse est une glande, les tumeurs bénignes de celles-ci sont appelées des adénomes (tumeurs bénignes des glandes). Celles-ci sont parfois asymptomatiques, mais elle entrainent souvent l'apparition de syndromes endocrines parfois sévères : les syndromes précédents ou une combinaison de ceux-ci. De manière générale, les tumeurs hypophysaires vont se traduire non seulement par des syndromes endocrines, mais parfois par d'autres syndromes. Vu que l'hypothalamus et l'hypophyse sont proches du chiasma optique, leurs tumeurs vont compresser celui-ci : on observe alors une hémianopsie (perte de la moitié du champ visuel) et d'autres troubles visuels (vision floue, double). Plus rarement, la tumeur est tellement grosse qu'elle entraine une compression cérébrale, avec hypertension intracrânienne et indices de souffrance cérébrale (ralentissement intellectuel, troubles de mémoire et/ou de l'attention, ...). Mais quand cela arrive, la tumeur s'est généralement manifestée par des symptômes endocrines et/ou neurologiques divers.

Certaines tumeurs vont par exemple entrainer une surproduction de prolactine uniquement : ce sont des prolactinomes. Ceux-ci sont de loin les tumeurs les plus courantes pour l'hypophyse.