Neurosciences/Le système nerveux périphérique

Un livre de Wikilivres.
Aller à : navigation, rechercher

Les nerfs sensoriels et moteurs ne se mélangent pas, ou rarement. La plupart des nerfs sont soit purement sensoriels, soit purement moteurs : les axones de ces nerfs sont des axones de neurones sensoriels, ou de neurones moteurs, mais pas des deux. Il faut cependant signaler qu'il y a quelques exceptions, pour les nerfs de la sensibilité du visage. Toujours est-il qu'on peut diviser le système nerveux périphérique en un sous-système sensoriel, et un sous-système moteur lui-même subdivisé en plusieurs sous-systèmes : autonome, somatique, etc. Le sous-système sensoriel contient tout ce qui permet de capter des signaux comme le toucher, la douleur, la température de la peau, etc. Le système nerveux sensoriel est fonctionnellement divisé en deux parties : un système somatique et un système viscéral. Le système nerveux moteur correspond aux axones des neurones moteurs qui sortent du système nerveux central pour innerver les muscles. Cependant, la subdivision la plus employée distingue trois sous-systèmes : le système viscéral, le système somatique et le système autonome.

La subdivision fonctionnelle du système nerveux périphérique[modifier | modifier le wikicode]

Components of the Nervous System

Le système somatique st à la fois un système moteur et un système sensoriel. Sa portion motrice commande les muscles pour produire des mouvements volontaires, ainsi que pour garder l'équilibre. Les motoneurones de ce système se trouvent dans le tronc cérébral et la moelle épinière. Sa portion sensorielle transmet les sensations conscientes, comme le toucher, le gout, l'odorat, etc. Il comprend les axones, ainsi que des récepteurs situés dans la peau, les muscles et les articulations. Comme on le voit, ces deux portions relèvent de la même fonction : le contrôle et les sensations conscientes, volontaires. Il est à contraster avec les deux autres systèmes qui vont transmettre des sensations et commandes motrices inconscientes, involontaires, réflexes.

Le système viscéral est un système sensoriel qui transmet les sensations inconscientes. Celui-ci permet notamment de mesurer la composition chimique du sang, l'étirement des muscles, ou d'autres informations du genre. Il comprend des récepteurs et axones situés dans les vaisseaux sanguins et les organes internes.

Le système nerveux autonome prend en charge les sensations viscérales et les mouvements automatiques, inconscients. Plus précisément, il commande les organes internes, comme le foie, le cœur, les poumons, bref : les muscles dits lisses qui ne sont pas en charge des mouvements volontaires (et aussi certaines glandes). Contrairement au système somatique, les neurones du système autonome sont localisés en dehors du système nerveux central, dans divers ganglions.

Système sensoriel Système moteur
Sensations et motricité inconsciente Système viscéral Système autonome
Sensations et motricité consciente Système somatique

Le système nerveux autonome[modifier | modifier le wikicode]

Le système nerveux autonome n'est lui-même pas d'un seul tenant. Il comprend trois sous-systèmes indépendants, qui sont activés dans des conditions différentes : les systèmes parasympathique, sympathique et entérique.

Les systèmes nerveux sympathiques et parasympathiques[modifier | modifier le wikicode]

Fonctions du système nerveux autonome.

Le système nerveux sympathique est celui qui prépare au combat ou à la fuite. Il s'active lors des situations de danger ou de stress, sous l'action du cerveau. Dans ces situations, le système nerveux va avoir divers effets sur le cœur, les glandes, et les muscles lisses. Dans les grandes lignes, toute l'énergie du corps va être mobilisée. Le système nerveux parasympathique a un effet strictement inverse et antagoniste du système sympathique. Il commande le corps quand aucun danger n'est présent, en situation relaxante. Il ralentit le rythme cardiaque et la respiration, favorise la digestion, etc. La fonction de ces deux systèmes est souvent résumée grossièrement en disant que le système sympathique prépare au "combat ou à la fuite", alors que le système parasympathique "digère et dort". Et ce n'est pas très loin de la réalité, le système sympathique dépensant l'énergie en situation de stress, alors que le système parasympathique favorise la conservation de l'énergie en permettant la récupération et le repos. Les deux se démarquent sur plusieurs points, le plus évident étant les neurotransmetteurs utilisés. Le système sympathique utilise presque exclusivement de la noradrénaline de l'adrénaline, deux neurotransmetteurs excitants. Ce qui le démarque de la transmission cholinergique du système parasympathique.

Innervation du système nerveux sympathique.
Innervation du système nerveux parasympathique.

Le système nerveux sympathique[modifier | modifier le wikicode]

Tronc sympathique et nerfs spinaux autonomes.

Les nerfs du système sympathique naissent, comme tous les nerfs, au niveau d'un noyau situé dans le système nerveux périphérique ou central. En clair, ils naissent soit dans un noyau, soit dans un ganglion. La quasi-totalité nait dans des ganglions appartenant au système sympathique, mais il existe quelques exceptions qui naissent directement dans le cerveau ou la moelle épinière. Si la majorité de l'innervation sympathique fait un relai dans un ou deux ganglions, certains nerfs ne passent pas du tout par un ganglion quelconque : tel est le cas du nerf vague, qui innerve directement le cœur et les autres tissus (pharynx, larynx, œsophage, ...) sans passer par le moindre intermédiaire. C'est aussi le cas du nerf pelvique, qui nait dans la moelle épinière de la région du coccyx, au niveau de la moelle dite sacrée. Ce nerf innerve la vessie, l'intestin, le rectum et les reins. Son rôle principal est le contrôle des différents sphincters anaux et urinaires.

Les ganglions du système sympathique sont séparés des ganglions spinaux et sont appelés les ganglions sympathiques. On peut les classer en deux types : les ganglions paravértébraux et les ganglions prévertébraux. Les ganglions prévertébraux innervent directement l'organe cible, alors que ce n'est pas systématiquement le cas des autres. Mais la différence principale est que les ganglions paravertébraux sont très proches de la moelle épinière et lui sont directement adjacents, pas les ganglions pré vertébraux. Pour donner un exemple, les ganglions qui innervent les yeux et les glandes salivaires sont des ganglions pré-vertébraux. Ils ne sont pas parallèles à la moelle épinière, logée trop bas pour eux et sont placés assez proche de l'organe innervé. Par contre, les ganglions paravertébraux sont reliés entre eux et forment une sorte de chaine verticale de ganglions, parallèle à la moelle épinière. Il existe deux chaines de ce genre : une à gauche de la moelle épinière et l’autre à sa droite. Ces deux chaines sont appelées des troncs sympathiques.

L'innervation du tronc sympathique par la moelle épinière est assez simple. Comme montré sur le schéma ci-dessous, les nerfs spinaux se subdivisent en deux sous-nerfs, séparés des racines dorsales et ventrales : les rameaux gris et blancs. Les rameaux gris et blancs innervent des ganglions sympathiques. Ces deux rameaux sont des entrées, des afférences. Chaque ganglion sympathique émet une efférence, un nerf qui atteint un organe bien précis, dépendant du ganglion. Il faut signaler que certaines efférences des ganglions sympathiques n'innervent pas directement le tissu-cible, mais sont reliés à des ganglions prévertébraux qui eux, innervent l'organe voulu.

Illustration des liens entre nerfs spinaux et tronc sympathique.

Le système nerveux entérique[modifier | modifier le wikicode]

Moins connu, le système nerveux entérique est une subdivision du système nerveux répartie dans le tube digestif. On le trouve plus précisément dans l’œsophage, l'estomac, l'intestin. Il est composé de ganglions répartis dans tout le tube digestif et contient un grand nombre de neurones. On estime que ce système nerveux comprend entre 200 et 600 millions de neurones, ce qui est à peu-près le même nombre de neurones que le cerveau ou la moelle épinière, ce qui lui vaut le nom abusif de "deuxième cerveau". Cependant, les fonctions du système nerveux entérique et du cerveau sont loin d'être comparables. Le système nerveux entérique ne fait que commander quelques réflexes indépendamment de la moelle épinière ou du cerveau. Précisément, il commande des réflexes qui vont de la sécrétion de mucus ou de substances chimiques dans l'intestin à la commande du flux sanguin du tube digestif en passant par la motricité intestinale.

Le système nerveux entérique utilise de nombreux neurotransmetteurs comma la sérotonine ou la dopamine. On estime que plus de 50% de la dopamine et 90% de la sérotonine est produite dans l'intestin et y agissent. Cela a poussé certains scientifiques à supposer une influence du système nerveux entérique sur l'humeur ou la cognition, bien que les preuves soient faibles. On voit mal comment les neurotransmetteurs produit par le tube digestif pourraient passer la barrière hémato-encéphalique (une couche de protection qui empêche certaines substances d'arriver au cerveau) et influencer le cerveau. Les médias ont beaucoup monté en épingle la relation entre cerveau et système nerveux entérique, notamment en mettant en avant de possibles interactions de l'intestin sur la santé mentale ou neurologique. Par exemple, il a été rapporté une corrélation entre problèmes intestinaux et maladie de Parkinson ou schizophrénie. On sait que les malades de Parkinson et les schizophrènes ont plus de problèmes digestifs que la population générale, sans que l'on sache dans quel sens va la causalité ou s'il y a une raison intermédiaire. Il a été parfois dit que l'usage de probiotiques (de la flore intestinale en poudre, pour simplifier) pourrait améliorer l'humeur de patients dépressifs ou schizophrènes ou soigner certaines maladies neurodégénératives. Mais au-delà de quelques corrélations difficiles à interpréter, les preuves validant ces allégations sont rares ou douteuses et il n'est pas impossible qu'elles ne soient que chimères.