Neurosciences/Les cellules du système nerveux

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Illustration de quelques cellules neurales. On y voit un neurone, entouré de deux cellules gliales : un oligodendrocyte et un astrocyte. L'astrocyte est relié aux vaisseaux sanguins et se charge de l'alimentation en nutriments du neurone. L'oligodendrocyte entoure les axones (les excroissances du neurone) d'une gaine protectrice.

L'ensemble du système nerveux est composé de plusieurs types de cellules aux propriétés forts différentes. Vous avez certainement déjà entendu parler des neurones, les cellules les plus emblématiques du cerveau, mais ce ne sont pas les seules. A côté des neurones, on trouve plusieurs cellules de soutien, qui aident les neurones dans leurs tâches quotidiennes. Selon leur forme ou leur fonction, elles sont appelées astrocytes, oligodendrocytes, ou autres. Dans les grandes lignes, on peut distinguer plusieurs types principaux de cellules nerveuses :

  • Les neurones sont des cellules qui échangent de l'information via des signaux électriques.
  • Les cellules gliales se chargent de maintenir les neurones en place, de les nourrir et de les protéger contre les infections.
  • Des cellules neuroendocrines (c'est à dire qui produisent des hormones), localisées dans des glandes intracérébrales (l'hypophyse et la glande pinéale).
  • Quelques récepteurs sensoriels et cellules effectrices ne sont pas formellement des neurones, mais ils sont une minorité.

Les neurones[modifier | modifier le wikicode]

Exemple d'un réseau de neurones classique. On voit bien que chaque neurone est relié à de nombreux voisins, l'influx nerveux passant de proche en proche.

Les neurones sont les premières cellules à avoir été découvertes et leur étude se poursuit encore de nos jours. La différence avec les cellules gliales tient dans leur excitabilité électrique, ainsi qu'à leur capacité à transmettre celle-ci à leurs voisins. Ces deux points font que les neurones peuvent communiquer entre eux. Tout neurone est relié à ses congénères par diverses connexions, qui lui servent à échanger des signaux électriques avec les autres. Les neurones peuvent créer une impulsion électrique spécialisée, l'influx nerveux, et le transmettre de proche en proche. Ces influx nerveux ne sont pas des courants électriques, mais correspondent à des variations de la tension électrique de la membrane du neurone. Lorsque le neurone ne fait rien, une tension de repos d'environ -70 millivolts est présente sur sa membrane, mais cette tension augmente localement lors du passage d'un influx nerveux. Le traitement effectué par un neurone est simple, si on ne rentre pas dans les détails. Pour simplifier, le neurone fait la somme de tous les influx nerveux qui lui parviennent à tout moment. Si cette somme dépasse un seuil fixé à l'avance, le neurone émet un nouvel influx nerveux. Dans le cas contraire, il n'émet rien.

Description du fonctionnement d'un neurone

On peut classer les neurones suivant tout un tas de paramètres, mais tous ne sont pas forcément utiles. Prenons l'exemple de la couleur des neurones, comme critère. D'ordinaire, les neurones ont une couleur grisâtre, qui leur vaut le nom de "matière grise". Mais d'autres neurones ont une couleur noire ou bleue assez marquée. Tel est le cas d'une zone du cerveau appelée la substance noire, où les neurones arborent une jolie couleur noire sombre. L'origine de cette couleur est la présence de petites quantités d'un pigment noir : la neuromélanine. Tel est aussi le cas du locus coerulus, une autre zone du cerveau de couleur bleutée, dont l'origine est là encore la présence de neuromélanine en faibles quantités. Vu ce qu'on vient de voir, classer les neurones selon leur couleur est bel et bien possible. Mais ce serait de peu d'utilité, vu que la couleur des neurones n'a rien à voir avec leur fonction et est juste une curiosité sans grand intérêt. De plus, à part quelques neurones assez bien localisés, tous les neurones ont la même couleur grise, les autres faisant office d'exception. Mieux vaut se concentrer sur des critères plus utiles et plus intéressants. Dans ce qui va suivre, nous allons vous montrer les principales classifications. Nous allons voir qu'il existe plusieurs types de neurones, qui se différencient par leur taille, leur forme, ou quelques autres paramètres.

Interneurones, récepteurs et effecteurs[modifier | modifier le wikicode]

Répartition anatomique des classes fonctionnelles de neurones.

Le système nerveux est un tissu, un organe, apparu chez les animaux afin qu'ils réagissent à leur environnement. Chez la plupart des animaux, le système nerveux commande le déplacement de l'animal, sa locomotion, en fonction des stimulus perçus dans l'environnement. Tout système nerveux a donc besoin de percevoir son environnement, sans quoi il ne peut pas y réagir. Tous les animaux peuvent capter des odeurs, de la lumière, ou toute autre information, et les transmettre au reste du système nerveux. Cela est rendu possible par certains neurones, appelés récepteurs sensoriels. Ceux-ci transforment un stimulus (une sensation), en influx nerveux.

Mais ces sensations ne sont rien si l'animal ne peut pas y répondre. Cette réponse est le plus souvent motrice : l'animal perçoit quelque chose et bouge en conséquence. Par exemple, il peut fuir une forme menaçante (l'ombre d'un prédateur), courir vers une proie, fuir une sensation douloureuse, etc. Mais la réaction peut aussi être hormonale ou chimique. Par exemple, un animal soumis à une température trop faible peut se mettre à bruler ses graisses ou à produire des hormones spécialisées. La réponse est donc soit motrice, soit endocrine. Dans les deux cas, cela demande que des cellules effectrices commandent les muscles ou glandes endocrines. La majorité des cellules effectrices sont des neurones qui commandent les muscles et contrôlent leur contraction/extension. D'où leur nom de motoneurones. D'autres cellules effectrices produisent des hormones, mais ce ne sont pas toujours des neurones. Nous en reparlerons donc plus tard.

Les systèmes nerveux les plus simples n'ont pas besoin de plus. Ils se contentent de connecter directement les récepteurs aux cellules effectrices. Ce faisant, un stimulus va automatiquement déclencher une réaction motrice ou endocrine directe, sans traitement intermédiaire. Cette organisation dote l'animal de réflexes innés, préprogrammés et disponibles dès sa naissance. Ce répertoire de réflexe est cependant fixé une fois pour toute, l'animal devant s'en contenter : il ne peut pas acquérir de nouveaux réflexes, ni corriger les réflexes inadaptés. Les systèmes nerveux évolués ajoutent des neurones appelés interneurones, entre les récepteurs et les motoneurones. La plupart du temps, ces interneurones ont une fonction relativement limitée. Tel est le cas des interneurones de la moelle épinière, qui ne servent à commander correctement des réflexes. Mais dans d'autres cas, ces interneurones forment de véritables réseaux, aux fonctions bien plus intéressantes. De tels réseaux analysent les entrées sensorielles et commandent les cellules effectrices en conséquence.

Sur les animaux très évolués, les interneurones sont regroupés dans ce qu'on appelle le système nerveux central. A contrario, le reste du système nerveux est appelé le système nerveux périphérique. Une partie des motoneurones fait aussi partie du système nerveux central, bien que ceux-ci soient plus des interneurones spécialisés dans la commande des mouvements, et ne servent pas à leur exécution directe. Le système nerveux central permet des réactions bien plus adaptées que celles permises par les réflexes. De plus, il permet à l'animal d'apprendre de nouvelles réactions, de modifier son comportement en fonction de son expérience. L'animal doté d'un système nerveux central n'est plus limité par son répertoire de réflexes, mais peut modifier les réflexes existants, en acquérir, en oublier, etc. Pour cela, les connections entre interneurones vont s'adapter : de nouvelles connexions vont naitre, d'autres vont péricliter, d'autres vont s'affaiblir ou se renforcer. Ainsi, les relations entre stimulus et réponses vont s'adapter en fonction des circonstances et de l'environnement. Ce mécanisme, la plasticité synaptique, sera abordé dans les chapitres précédents. Il est évidemment à la base de la mémoire, mais il s'agit d'un processus bien plus générale que la simple mémorisation. Mais revenons à nos moutons.

Pour résumer, on peut classer les neurones selon leur fonction :

  • Les récepteurs sensoriels transforment un stimulus en influx nerveux.
  • Les motoneurones transforment des influx nerveux en mouvement musculaire ou en réaction hormonale.
  • Les interneurones transmettent l'influx nerveux de proche en proche et font des traitements sophistiqués dessus.

La forme générale des neurones[modifier | modifier le wikicode]

Neurone.

Les neurones ont tous des formes très différentes. Malgré cela, on peut quand même décrire un neurone typique, dont tous les autres sont des variations. Ce neurone typique est composé de quatre parties principales :

  • une ou plusieurs dendrites, sur lesquelles arrivent les influx nerveux provenant d'autres neurones ;
  • un corps cellulaire, qui se charge de traiter les influx nerveux et de maintenir le neurone en vie ;
  • un axone, sorte de câble sur lequel l'influx nerveux créé par le neurone est propagé ;
  • et un ensemble de boutons synaptiques, qui vont connecter l'axone sur une ou plusieurs dendrites d'autres neurones.

Le système nerveux est constitué d'un grand nombre de neurones, reliés entre eux par ce qu'on appelle des synapses. La plupart d'entre elles vont connecter l'axone d'un neurone aux dendrites d'un autre (via les boutons synaptiques).

Avec des axones, des dendrites, et un corps cellulaire, on peut créer plusieurs formes de neurones.

  • Les neurones multipolaires sont les plus intuitifs : ils possèdent un axone unique et plusieurs dendrites. Ces neurones servent d'intégrateurs : ils reçoivent des informations (sous la forme d'influx nerveux) en provenance d'un grande nombre de neurones via leurs dendrites, et intègrent ces informations en un seul signal.
  • Les neurones bipolaires sont des neurones avec une seule dendrite et un seul axone. Ceux-ci sont souvent connectés à un capteur sensoriel. Par exemple, on trouve de tels neurones dans la rétine : ils sont connectés à des cellules qui captent la lumière, les cônes et bâtonnets.
  • Les neurones unipolaires ont un unique axone qui se divise en deux portions, donnant un axone en forme de T. Généralement, ces neurones sont des neurones sensoriels : soit une partie de l'axone est connectée à un récepteur sensoriel, soit l'axone capte lui-même le stimulus sensoriel à une de ses extrémités. Dans les deux cas, l'information sensorielle captée est transmise à l'autre bout de l'axone. On peut voir ces neurones comme de simples câbles qui transmettent une information d'un bout de l'axone à l'autre. D'ailleurs, les axones de ces neurones se regroupent souvent en nerfs, des câbles de transmission d'influx nerveux qui regroupent plusieurs axones.
  • Les neurones anaxoniques n'ont pas d'axones, mais uniquement des dendrites. Ils servent essentiellement à relier des neurones entre eux via leurs dendrites : ces neurones connectés à la même dendrite peuvent s'échanger des influx nerveux via la dendrite du neurone anaxonique. Cela permet aussi aux dendrites d'effectuer quelques traitements sur l'influx nerveux lors de la transmission. D'ordinaire, ces connexions ont tendance à stabiliser l'activité de neurones voisins.
Formes des neurones. Cette illustration montre un neurone bipolaire, un neurone unipolaire et un neurone multipolaire.

L'axone et ses dimensions[modifier | modifier le wikicode]

Les neurones sont classés suivant la longueur de l'axone en neurones à axones courts et à axones longs. Les axones courts permettent une communication à faible distance, d'où leur nom de neurones de circuits locaux. Par contre, les axones longs permettent à des zones très éloignées du cerveau de communiquer. Par exemple, les motoneurones du cerveau doivent commander des muscles éloignés et ont donc des axones longs. Pour l'anecdote, les neurones du cerveau qui commandent notre pied sont longs d'environ un mètre.

Un autre critère est celui du diamètre des axones. Ce critère est important pour une raison simple : plus un axone est gros, plus il conduit vite l'influx nerveux. Or, la vitesse de l'influx nerveux est importante pour certains types d'informations. Par exemple, les informations douloureuses sont le signal d'un danger quelconque, et on comprend facilement qu'elles doivent arriver au cerveau assez vite, histoire de réagir le plus rapidement possible. Par contre, la perception d'une chaleur très peu intense sur le dos de la main n'est généralement pas signe de danger, ce qui fait que des axones de faible diamètre suffisent.

L'axone d'un neurone est parfois entouré d'une gaine protéique, qui l'aide à transmettre l'influx nerveux. Elle est composée d'une sorte de glue composée à 80% de graisse et 20% de protéines, qui s'appelle la myéline. Cette gaine de myéline va d'absente sur certains neurones, à très épaisse sur d'autres, avec beaucoup d'intermédiaires possibles. Ces différences permettent de classer les neurones selon l'épaisseur de la gaine de myéline.

Les dendrites et leur forme[modifier | modifier le wikicode]

Formes communes des dendrites, et plus précisément des arborisations dendritiques.

Généralement, les dendrites forment un arbre dendritique relativement complexe, sur lequel un grand nombre d'axones peuvent se connecter. Suivant la complexité de la dendrite et de ses ramifications, les neurones peuvent se classer en neurones étoilés, pyramidaux, de Purkinje, granulaire, etc. Dans cette section, je vais vous présenter succinctement quelques types de neurones assez fréquents, que nous reverrons plus loin dans ce cours. Nous allons voir les neurones pyramidaux et étoilés, les plus nombreux du cerveau proprement dit, ainsi que les cellules de Purkinje du cervelet, elles aussi très nombreuses dans le cerveau (dans le cervelet, pour être précis).

  • Sur les couches les plus externes du cerveau (le néocortex), on trouve des neurones avec deux dendrites : ce sont des neurones pyramidaux. La première dendrite (la dendrite apicale) est allongée et a assez peu d'embranchements, alors que la seconde (la dendrite basale) est plus aplatie et plus proche du soma, mais a une arborescence bien plus développée. Ces neurones pyramidaux sont empilés en couches, ce que semble trahir leur forme. La dendrite apicale allongée se connecte aux couches supérieures, situées au-dessus, alors que l'axone se connecte aux couches plus basses, inférieures. La dendrite basale, quant à elle, se connecte aux neurones voisins de la même couche.
  • Toujours dans ces couches à la surface du cerveau, on trouve aussi des cellules étoilées, dont la dendrite ressemble un peu à une sorte d'étoile. Les ramifications des dendrites partent dans tous les sens en sortie du corps cellulaire.
  • Dans une zone du cerveau située sous la nuque (le cervelet), on trouve des cellules de Purkinje, qui ont les dendrites les plus complexes qui soit dans tout le système nerveux. Jugez plutôt !
Cette illustration montre un neurone pyramidal à gauche, une cellule de Purkinje au milieu et un neurone olfactif à droite.

Sur de nombreux neurones, des excroissances sortent des dendrites, comme si celles-ci se ramifiaient progressivement : ces excroissances sont nommées des épines dendritiques.

Epines dendritiques vues au microscope, par fluorescence.

Les cellules gliales[modifier | modifier le wikicode]

Illustration des différents types de cellules gliales.

Contrairement à ce que l'intuition pourrait laisser penser, les neurones ne sont pas les seules cellules du cerveau : il ne faut pas oublier les cellules gliales, qui sont presque 8 à 19 fois plus nombreuses que les neurones. Une particularité de ces cellules est qu'elles peuvent se reproduire, en se divisant pour former plusieurs cellules gliales. En comparaison, les neurones ne peuvent pas se diviser, ce qui fait que le nombre de neurones reste plus ou moins constant. Une conséquence clinique importante est que les tumeurs au cerveau sont plus fréquemment composées de cellules gliales que de neurones. Contrairement aux neurones, la transmission d'informations électriques n'est pas la raison d'être des cellules gliales. Si certaines peuvent le faire, c'est d'une manière très limitée qui se limite à transmettre un petit peu d'influx nerveux à des neurones voisins. Ces cellules sont plus des cellules de soutien, dont le rôle est :

  • de former une sorte de squelette qui maintient les neurones en place ;
  • d'approvisionner les neurones en oxygène et nutriments ;
  • de détruire les virus et bactéries qui voudraient envahir le cerveau ;
  • d'enrober les axones avec une gaine qui augmente la vitesse de transmission de l'influx nerveux le long de l’axone.

Hors du cerveau (dans le système nerveux périphérique), on trouve deux types de cellules gliales : les cellules de Schwann et les cellules satellites. Les autres cellules gliales ne peuvent se trouver que dans le cerveau et la moelle épinière (le système nerveux central). Ces dernières comprennent les astrocytes, les oligodendrocytes, la microglie et les épendymocytes. Nous allons nous concentrer sur les trois premiers, les épendymocytes ne pouvant être évoqués à ce stade (vous ne savez pas encore ce qu'est un ventricule cérébral).

Astrocytes et cellules satellites[modifier | modifier le wikicode]

Astrocyte.

Les astrocytes ont une forme en étoile assez impressionnante, qui leur a valu leur nom. Leur existence est surtout liée à la chimie du cerveau, et notamment sa nutrition, ainsi qu'à sa protection. Le fonctionnement du cerveau est en effet très dépendant de son contenu moléculaire. Non seulement, il doit être alimenté en nutriments, mais l'influx nerveux dépend énormément des ions dissous dans le milieu extra-cellulaire. La moindre variation ionique, induite par un changement du pH du sang ou l'alimentation, peut donc avoir des conséquences assez importantes. De plus, le cerveau n'a pas vraiment de système immunitaire, ce qui demande une protection pour empêcher les microbes présents dans le sang d'atteindre le cerveau. Pour résoudre ces problèmes, le cerveau est isolé des vaisseaux sanguins par une barrière hémato-encéphalique, qui empêche les transferts directs entre système nerveux et vaisseaux sanguins. Seuls les nutriments peuvent traverser la barrière hématoencéphalique, mais les ions, molécules non-nutritives et microbes ne doivent pas passer. Sans elle, les variations de la composition sanguine retentiraient sur la chimie du cerveau, ce qui aurait des conséquences fâcheuses. Les astrocytes ont un grand rôle dans le fonctionnement de la barrière hématoencéphalique, sans compter qu'ils contrôlent la chimie cérébrale.

En premier lieu, les astrocytes servent d'intermédiaires entre barrière hématoencéphalique et neurone. Ils apportent les nutriments aux neurones, une fois qu'ils ont traversé la barrière hématoencéphalique. Les astrocytes piochent des nutriments dans le sang et les mettent en réserve pour les neurones. Ils servent essentiellement de réserve de glucose et de lactate. Mais les astrocytes peuvent avoir d'autres fonctions, selon leur forme. Selon leur fonction/forme, les astrocytes peuvent se classer en deux types : avec des ramifications courtes, et avec des ramifications longues.

  • Les astrocytes avec des ramifications longues entourent les vaisseaux sanguins, formant la barrière hématoencéphalique.
  • Les astrocytes avec des ramifications courtes sont des tampons chimiques. Ils servent à maintenir un environnement chimique adéquat pour les neurones. Par exemple, la formation et la propagation d'un influx nerveux demande des échanges chimiques à travers la paroi du neurone, le processus étant très sensible aux variations de pH, de salinité, ou du taux de certains ions dans le milieu extérieur. Les astrocytes se chargent de conserver de telles valeurs dans des intervalles adéquats.

Les cellules satellites sont un équivalent des astrocytes pour le système nerveux central. Elles servent de réserve de nutriments et de tampon chimique.

Oligodendrocytes et cellules de Schwann[modifier | modifier le wikicode]

Oligodendrocyte.

Les oligodendrocytes servent à augmenter la vitesse de transmission de l'influx nerveux d'un axone. Pour cela, ces cellules entourent l'axone d'une gaine de myéline, la myéline étant une sorte de glue composée à 80% de graisse et 20% de protéines. Néanmoins, cette gaine de myéline est percée de trous, les nœuds de Ranvier, qui laissent l'axone communiquer avec l'extérieur. Grâce à eux, la vitesse de l'influx nerveux est multipliée par dix. Chaque oligodendrocyte peut recouvrir un grand nombre de neurones : plus de 50 pour certains cas extrêmes. On ne les trouve que dans le système nerveux central. Le nombre d'axones recouverts de myélines augmente avec l'âge durant l'enfance et l'adolescence. Chez le bébé et l'enfant, peu d'axones sont recouverts par une gaine de myéline : c'est seulement à l'adolescence et au début de l'âge adulte que les oligodendrocytes commencent à recouvrir significativement les axones. Ce processus commence par modifier les aires cérébrales situées à l'arrière du crâne, qui se chargent essentiellement de la vision et des cinq sens. C'est seulement lors de l'adolescence que les zones du cerveau chargées de la pensée, situées sous le front, sont myélinisées. On suppose que c'est en partie pour cela que les performances des adolescents et enfants augmentent avec l'âge.

Les cellules de Schwann ont la même fonction que les oligodendrocytes : recouvrir les axones d'une gaine de myéline. Mais les points communs s’arrêtent là, les cellules de Schwann étant relativement différentes. Premièrement, les cellules de Schwann ne se trouvent que dans le système nerveux périphérique. De plus, une cellule de Schwann ne peut recouvrir qu'une seule cellule, contrairement aux oligodendrocytes. Les maladies qui touchent ces cellules sont nombreuses, et se traduisent toutes par des paralysies et une perte du toucher plus ou moins progressive. Comme exemple peu connu aujourd'hui, on peut citer la lèpre ou le syndrome de Guillan-Barré.

Microglie[modifier | modifier le wikicode]

Image de cellules de la microglie.

La microglie est le système immunitaire du cerveau. Les cellules de la microglie sont des globules blancs de la catégorie des macrophages/monocytes. Il n'y a pas d'anticorps dans le cerveau, vu que ceux-ci sont produits par les lymphocytes, non-présents dans le cerveau. Lorsque le cerveau est endommagé, les cellules de la microglie se divisent et accourent sur le lieu de la blessure.

Les macrophages de la microglie peuvent tuer les agents infectieux par plusieurs procédés, qui varient suivant la cellule.

  • Dans la plupart des cas, la microglie entoure l'agent infectieux, l'avale, et le digère en sécrétant des substances chimiques qui détruisent la cellule : on parle de phagocytose. Ce mécanisme permet non seulement de tuer les bactéries infectieuses, mais aussi de nettoyer les tissus cérébraux. Par exemple, c'est par phagocytose que la microglie débarrasse le cerveau des neurones morts ou des cellules gliales décédées.
  • La microglie peut aussi produire des substances toxiques pour tuer les bactéries. Par exemple, elles peuvent faire appel au système du complément (une série de réactions chimiques qui tue les bactéries), ou elles peuvent produire du monoxyde d'azote ou du peroxyde d'hydrogène, mais aussi du glutamate et de l'aspartame.

Suite à une infection ou une lésion, la microglie réagit et une inflammation se déclenche. Ce processus est tout à fait normal et vise à lutter contre l'agression de manière efficace. Mais l'inflammation cérébrale endommage les neurones, aggravant les lésions causées par l'infection ou la lésion. Pour de petites inflammations, les conséquences sont mineures, parfois inexistantes. Mais dans certains situations, il est préférable de limiter l'inflammation après un traumatisme crânien ou un choc violent à la tête. Pour ce faire, les médecins urgentistes refroidissent le cerveau : cela augmente les chances de survie, diminue les déficits consécutifs au traumatisme, et améliore les capacités de récupération intellectuelles. Les médicaments anti-inflammatoires peuvent aussi être utilisés, le cas le plus typique étant celui de l'inflammation liée à une tumeur cérébrale.

Les cellules neuroendocrines[modifier | modifier le wikicode]

Outre la commande motrice, le cerveau dispose d'autres moyens que la transmission nerveuse pour agir : il peut aussi sécréter des hormones. Cette sécrétion est réalisée par des cellules spécialisées appelées cellules neuroendocrines. Comme les cellules endocrines normales, elles peuvent sécréter des hormones dans le sang. Mais leur particularité est qu'elles peuvent être stimulées par l'influx nerveux, cette stimulation déclenchant la sécrétion d'hormones. Grâce à cette spécificité, les cellules neuroendocrines servent d'interface entre le système nerveux et le système hormonal/endocrine. Elles forment le système nerveux endocrine, à savoir la portion du système nerveux qui a un rôle hormonal, celle qui commande le métabolisme et la chimie corporelle. Les cellules neuroendocrines sont dispersées dans de nombreux organes, notamment les glandes surrénales, le tube digestif, la thyroïde, les poumons, et partout ailleurs. Elles sont rassemblées dans diverses glandes endocrines (pour rappel, une glande est un organe qui secrète des hormones). Par exemple, on trouve des cellules neuroendocrines dans les glandes surrénales, des glandes situées au-dessus du rein, qui secrètent de l'adrénaline et des corticoïdes. Elles portent le nom de cellules chromaffines.

Sur l'ensemble des glandes endocrines, deux font directement partie du cerveau. Elles portent les doux noms d'hypophyse et de glande pinéale. L'hypophyse secrète de nombreuses hormones : vasopressine, hormone de croissance, ocytocine, prolactine, hormone corticotrope, et bien d'autres encore. La glande pinéale a, en comparaison, un rôle bien plus limitée. Elle ne secrète en effet qu'une seule hormone : la mélatonine. Nous verrons ces deux glandes plus en détail dans le chapitre sur le système nerveux endocrine. Nous verrons aussi quel est le rôle de la glande pinéale dans le sommeil et les autres rythmes biologiques dans les deux chapitres dédiés. Vu que ces deux glandes doivent sécréter des hormones très différentes, rien d'étonnant à ce que les cellules de l'hypophyse et de la glande pinéale ne soient pas identiques. Dans ce qui va suivre, nous allons voir rapidement les différents types de cellules des glandes cérébrales. Dans les grandes lignes, on peut les classer en deux types :

  • Les pinéalocytes, les cellules de la glande pinéale (une glande qui secrète de la mélatonine, l'hormone du sommeil).
  • Les cellules hypophysaires, localisées dans l'hypophyse (une glande intracérébrale qui secrète un grand nombre d'hormones).
Localisation de l'hypophyse.
Localisation de la glande pinéale.

Les pinéalocytes[modifier | modifier le wikicode]

Photographie de pinéalocytes.

Les cellules endocrines de la glande pinéale sont appelées des pinéalocytes, leur nom trahissant leur appartenance à la glande pinéale. Ce sont des cellules rondes, de taille comprise entre 7 et 11 micromètres. On peut les classer en deux types, ceux-ci se distinguant par leur forme, leur nombre et leur contenu cellulaire. Les pinéalocytes de type 1 sont de couleur claire quand on les regarde au microscope, alors ceux de type 2 sont beaucoup plus sombres. Les type 1 sont plus nombreux que les type 2, que ce soit chez les adultes ou les enfants. Outre les pinéalocytes, la glande pinéale contient quelques autres types de cellules, les cellules gliales étant les plus courantes.

Les pinéalocytes secrètent uniquement de la mélatonine, une hormone souvent considérée comme l'hormone du sommeil. Ils fabriquent celle-ci à partir de la sérotonine, qu'ils stockent en grandes quantités. La production de mélatonine a lieu pendant la nuit, l'obscurité stimulant sa production (en fait, les pinéalocytes sont commandés par une aire cérébrale qui réagissent à l'obscurité captée par les yeux). La sécrétion de mélatonine a lieu quand les pinéalocytes captent des substances chimiques produites par les neurones (les fameux neurotransmetteurs que nous verrons dans quelques chapitres). Ils sont notamment sensibles à la noradrénaline, à laquelle ils réagissent en convertissant leur stock de sérotonine en mélatonine.

Sécrétion de mélatonine par les pinéalocytes.

Les cellules hypophysaires[modifier | modifier le wikicode]

Contrairement à la glande pinéale, l'hypophyse secrète plusieurs hormones, toutes différentes. On pourrait croire que ces hormones sont toutes sécrétées par un même type de cellules, mais ce n'est pas le cas. A la place, il existe un type de cellules pour chaque hormone. Autant dire que les catégories de cellules endocrines de l'hypophyse sont assez nombreuses. On peut globalement diviser les cellules hypophysaires en trois classes, selon la manière dont elles réagissent à divers colorants comme l'éosine et/ou de l'hématoxyline : les cellules dites acidophiles se colorent en rouge, les basophiles se colorent en bleu et les cellules chromophobes ne se colorent pas. Les trois types sont représentés dans l'hypophyse. La classification des cellules hypophysaires est donc la suivante :

  • Les cellules acidophiles sont les trois suivantes :
    • les cellules somatotrophes, qui secrètent de l'hormone de croissance ;
    • les cellules lactotrophes, qui secrètent de la prolactine ;
    • les cellules somatolactotrophes, qui secrètent les deux hormones précédentes à la fois.
  • Les cellules basophiles sont les suivantes :
    • les cellules corticotrophes, qui secrètent l'hormone corticotrophine ;
    • les cellules thyrotrophes, qui secrètent des hormones à destination de la thyroïde (la TSH et la TRH) ;
    • les cellules gonadotrophes, qui secrètent des hormones destinées aux gonades (organes génitaux).
  • Les cellules chromophobes sont moins bien connues.

Les tumeurs neurales[modifier | modifier le wikicode]

Les cellules nerveuses peuvent dysfonctionner, comme toute autre cellule, quelqu’un soit la raison. Si je réserve les maladies métaboliques pour un futur chapitre, pour des raisons pédagogiques, je peux cependant aborder les cancers du cerveau. Pour rappel, un cancer est composé de cellules anormales, appelées cellules tumorales ou cellules cancéreuses, dont le patrimoine génétique a subit des mutations. Ces cellules se reproduisent de façon anarchique, à savoir qu'elles ne cessent de se diviser et prolifèrent. Les cellules normales ont des garde-fou qui les empêchent de se multiplier sans cesse (l'apoptose, les télomères, la limite de Hayfick et quelques autres), garde-fou absents chez les cellules cancéreuses. On peut distinguer les tumeurs bénignes des tumeurs malignes (les cancers proprement dit). Dans le premier cas, la tumeur prolifère mais n'a pas le pouvoir de se métastaser, d'envahir d'autres régions du corps. Tel n'est pas le cas avec les tumeurs malignes, où les cellules tumorales peuvent envahir le reste du corps.

Les symptômes des tumeurs et cancers nerveux[modifier | modifier le wikicode]

Les tumeurs cérébrales ont des symptômes assez variés, qui ne sont pas vraiment spécifiques : épilepsie, maux de tête, déficits neurologiques, problèmes psychiatriques, etc. De manière générale, les symptômes peuvent facilement mimer d'autres pathologies neurologiques ou psychiatrique. Autant dire que faire un diagnostic en se basant sur les symptômes est donc difficile et le recours aux scanners et à l'imagerie est systématique. Les symptômes exprimés varient selon la localisation de la tumeur ainsi que sa taille, les grosses tumeurs entrainant généralement des déficits plus marqués. La majorité des symptômes est lié au fait que les tumeurs grossissent sans se soucier des tissus alentours, au point de les comprimer ou de les déformer. Le cerveau est en quelque sorte comprimé sur le crâne par l'expansion de la tumeur, ce qui fait que la pression dans le crâne augmente. On verra dans quelques chapitres que cela se traduit par des symptômes assez stéréotypés : maux de tête, vomissements en jets, troubles de la vision, plus rarement troubles de la posture et déficits neurologiques divers. Plus fréquemment, la tumeur peut entrainer des crises d'épilepsie.

La classification des tumeurs neurales[modifier | modifier le wikicode]

Tous les cancers et tumeurs du système nerveux ne sont pas identiques : certains sont plus invasifs et très graves, alors que d'autres sont nettement plus bénins. Classer les différentes tumeurs est important pour les médecins, cette classification donnant des informations sur les traitements à adopter ou les chances de survie. La classification des tumeurs est relativement complexe, mais assez facile à comprendre si on s'en donne la peine. Mais les premiers paliers de la classification sont assez simples à comprendre, ce qui fait que nous allons les aborder. En premier lieu, on distingue les tumeurs qui naissent dans le tissu neuronal d'un côté, et les métastases de l'autre. Les premières sont appelées des tumeurs primaires, alors que les métastases sont appelées des tumeurs secondaires. Les métastases secondaires ne provenant pas d'une mutation de neurones ou de cellules gliales, nous ne les aborderons pas ici. Concentrons-nous donc sur les tumeurs neurales primaires.

Les tumeurs primaires naissent de la mutation de neurones, de cellules gliales, de cellules endocrines, plus rarement de cellules-souches. Les neurones et cellules gliales peuvent subir de telles mutations et devenir cancéreuses, mais les cellules gliales sont nettement plus touchées que les neurones. La raison à cela est assez simple : les neurones ne se divisent pas à l'état normal, contrairement aux cellules gliales. Les neurones ont donc une protection anti-cancérisation supplémentaire, par rapport aux cellules gliales. Pour les cellules gliales, quelques mutations limitées suffisent pour rendre la cellule tumorale. Il suffit que celles-ci coupent les garde-fous anti-prolifération. Mais pour les neurones, les mutations doivent donc non seulement permettre aux neurones de proliférer, mais elles doivent aussi leur donner la possibilité de diviser. Ce qui fait que les tumeurs gliales sont plus fréquentes que les tumeurs neuronales.

Tumeurs du tissu nerveux les plus courantes.
Type de tumeur Sous-type tumoral Cellules originelles
Tumeur primaire Neurocytome Neurone
Gliome Cellule gliale
Astrocytome Astrocytes
Oligodendrocytome/Oligodendrogliome Oligodendrocyte
Ependynome Ependymocyte
Neurinome Cellules de Schawnn
Lymphomes primitifs cérébraux Microglie
Adénome Cellule (neuro)-endocrine
Pinealocytome, Pinéaloblastomes Pinealocytes (glande pinéale)
Adénome hypophysaire, Craniopharyngiome Cellules de l'hypophyse
Tumeur secondaire (métastase) Dépend de la source des métastases

Les tumeurs endocrines[modifier | modifier le wikicode]

Les cellules endocrines du cerveau peuvent muter et devenir tumorales. Les tumeurs obtenues font partie de la catégorie des adénomes, à savoir des tumeurs qui touchent les glandes endocrines. Pour le système nerveux, ces adénomes touchent soit la glande pinéale, soit l'hypophyse, les tumeurs étant appelées respectivement tumeurs pinéales et hypophysaires. De telles tumeurs ont tendance à produire plus d'hormones que nécessaires. Les symptômes varient selon l'hormone surproduite : un excès d'hormone de croissance n'a pas le même effet qu'un excès de mélatonine.

Dans le cas de la glande pinéale, les tumeurs naissent surtout de la mutation de pinéalocytes. Elles portent les noms de pinéaloblastomes et de pinéalocytomes, selon leur gravité. Les pinéaloblastomes sont de véritables cancers, qui grandissent rapidement et sont d'un mauvais pronostic. A l'opposé, les pinéalocytomes sont des tumeurs bénignes qui grossissent plus lentement. Dans les deux cas, les pinéalocytes vont évoluer et peuvent acquérir des caractéristiques neuronales ou gliales !

Les tumeurs gliales[modifier | modifier le wikicode]

Les tumeurs cérébrales provenant de cellules gliales sont appelées des gliomes. Ce sont de loin les tumeurs les plus fréquentes, secondées par les tumeurs métastatiques et les tumeurs neuronales. La classification de ces tumeurs est quelque peu complexe, avec de nombreux sous-types assez difficiles à appréhender. Pour simplifier, on distingue les gliomes selon que la cellule à l'origine de la tumeur est un astrocyte, un oligodendrocyte ou un épendymocyte. Les tumeurs de la micro-glie sont mises à part et ne sont pas considérées comme des tumeurs gliales, bien que cette décision soit assez arbitraire. Cela donne les trois sous-types suivants :

  • l'astrocytome est une tumeur formée d’astrocytes mutants ;
  • l'oligodendrocytome est formé d'oligodendrocytes ;
  • l'épendynome est formé d'épendymocytes.

Dans le système nerveux périphérique, les cellules de Schwann peuvent muter en cellules tumorales : elles donnent alors naissance à des tumeurs appelées neurinomes ou neurofibromes. Ces deux types de tumeurs sont des tumeurs qui touchent les nerfs. Le cancer de ce type le plus connu est certainement le neurinome acoustique, un neurinome qui touche le nerf auditif et qui se manifeste par une perte de l'audition, des acouphènes et parfois des vertiges.

Le cas des tumeurs micro-gliales est quelque peu à part, et donne des lymphomes primitifs cérébraux. Ceux-ci sont souvent composés de lymphocytes B mutés qui prolifèrent dans l'ensemble du cerveau. Cette forme de tumeur est assez sensible aux traitements anti-inflammatoires et immunosuppresseurs. Des traitements corticoïdes sont souvent très utiles pour améliorer l'état des patients atteints. La radiothérapie est aussi un traitement relativement efficace, ces lymphomes étant très radiosensibles.