Palais des Beaux-Arts de Lille/Première Guerre mondiale

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En 1914, le conservateur Émile Théodore et ses équipes tentent de mettre les œuvres à l'abri. Les tableaux ont été déposés, la plupart retournés pour les protéger. On distingue des étiquettes, numéros et parfois du texte au dos de ces tableaux.

Dans la nuit du 23 au 24 août 1914, alors que les troupes allemandes s'approchent de Lille, le conservateur, Émile Théodore, fait décrocher les tableaux pour les mettre à l’abri dans les sous-sols du musée. Le 10 septembre, les risques de bombardement semblent écartés et les tableaux et objets d’art sont réinstallés. Mais le 4 octobre, Lille est sous les bombes, et, jusqu'au 13 octobre, les pièces sont de nouveau mises à l'abri au sous-sol. Au cours de ces bombardements, le palais des beaux-arts a été touché par plus de soixante-dix projectiles. Les toitures et les doubles plafonds vitrés sont détruits et leurs décombres jonchent les salles du premier étage.

Le 16 juin 1915, alors qu’une partie des dégâts est réparée avec des matériaux de fortune, la Kommandantur ordonne à Émile Théodore d’ouvrir le musée aux soldats allemands. Trois salles où sont regroupées des œuvres mineures ou abimées par les bombardements sont rouvertes. A partir de cette époque, la police militaire allemande occupe le Palais des beaux-arts.

Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1916, l'explosion du dépôt de munition des dix-huit ponts, dans le quartier de Moulins, souffle les fenêtres et les toitures provisoires du musée. Les collections sortent toutefois indemnes de ce désastre.

Le 25 mars 1917, Theodor Demmler, responsable du Kunstschutz, informe l’équipe municipale du transfert imminent des collections lilloises à Valenciennes. Depuis peu, les forces allemandes y ont installé un « dépôt central » où sont regroupées les œuvres du Nord de la France occupée. Malgré les protestations d’Émile Théodore, les collections commencent à être décrochées et le 19 mai, 18 tableaux et 1550 dessins sont enlevés. Émile Théodore dresse un inventaire détaillé des œuvres qui quittent le musée : ce sont plus de 2000 d’entre elles, transportées dans 14 convois, qui rejoignent Valenciennes entre mai 1917 et octobre 1918.

En mai 1918, une exposition intitulée Geborgene Kunstwerke aus dem besetzten Nordfrankreich, qui présente les plus belles pièces des collections publiques et privées de Valenciennes, Cambrai, Lille, Douai, Laon et La Fère regroupées à Valenciennes par les Allemands, est installée au musée des Beaux-arts de Valenciennes.

En Octobre 1918, sentant la débâcle arriver, les Allemands transfèrent les œuvres conservées au musée des Beaux-arts de Valenciennes vers Bruxelles[1].

Après la fin de la guerre, les œuvres emportées reviennent à Lille, par différents convoiements, entre le 28 février et le 5 mars 1919[2].

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Émile Théodore, Éphémérides des Musées du Palais des Beaux-Arts de Lille pendant la guerre, 1914-1919, Revue du Nord, 1920, p.38-48.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. De Valenciennes vers Bruxelles, l’odyssée des collections du Nord de la France, sur le site de musenor
  2. Lille, chronique d’un musée en zone occupée, sur le site de musenor