Philosophie/Vocabulaire/David Hume
Ce vocabulaire propose de découvrir les notions essentielles de Hume. Nous nous efforcerons de les présenter en allant des plus simples aux plus complexes, c'est-à-dire que chaque notion suppose les précédentes mais pas forcément les suivantes. Cet ordre ne peut cependant pas être respecté parfaitement dans tous les cas.
Perception
[modifier | modifier le wikicode]Ce qui est présent à l'esprit : toute perception est soit une impression, soit une idée.
Impression
[modifier | modifier le wikicode]L'impression est une perception, c'est-à-dire qu'elle est présente à l'esprit. Elle est primitive et singulière, et se caractérise par sa force ou vivacité : c'est là toute son essence, et Hume n'en propose pas d'autre définition. Primitive, l'impression n'est pas représentative : elle ne renvoie pas à une extériorité, puisqu'elle est ce à partir de quoi l'esprit commence. Le mot impression, en Anglais comme en Français, est trompeur : Hume vise ce qui est présent d'une certaine manière, non ce qui re-présente. L'impression peut être de sensation ou de réflexion : de sensation, c'est l'impression que donnent les sens (couleurs, sons, etc.). ; de réflexion, c'est l'impression que produit une idée (passions, sentiments, etc.). L'étude des impressions de sensation relève de la science (anatomie, physiologie) ; l'étude des impressions de réflexion constitue une partie importante de la science de la nature humaine (étude des passions et de la morale).
La pensée de Hume repose ainsi sur une ontologie des impressions, auxquelles il faut toutefois ajouter les idées, puisqu'un grand nombre d'impressions n'existent pas sans elles. Comme l'impression est l'origine de l'esprit, c'est elle qui fixe le sens des mots : la généalogie humienne est donc une recherche des impressions simples d'où dérivent des idées simples et complexes et des impressions de réflexions.
Idées
[modifier | modifier le wikicode]C'est une perception, c'est-à-dire une réalité présente à l'esprit. L'idée se définit comme ce qui est toujours dérivé d'une impression (comme copie lorsqu'il s'agit d'une idée simple), ou comme un composé d'idées simples dérivées d'impressions. La seule véritable différence entre l'idée et l'impression est que l'idée a moins de force ou de vivacité. En tant que copies, l'ensemble des idées forme la mémoire et l'imagination.
Imagination
[modifier | modifier le wikicode]L'imagination occupe une place centrale et originale dans la philosophie de David Hume (1711-1776), au point que l'on peut affirmer qu'elle constitue le fondement même de sa théorie de la connaissance et de l'esprit humain. Loin d'être une simple faculté secondaire dédiée à la fantaisie ou à l'invention poétique, l'imagination humienne se révèle comme la puissance productive fondamentale de toute activité mentale, englobant la conception, le jugement, le raisonnement et même la mémoire.[1][2]
La double nature de l'imagination
[modifier | modifier le wikicode]L'imagination au sens large : une faculté reproductrice
[modifier | modifier le wikicode]Dans son acception la plus large, l'imagination se confond avec la capacité même de former des idées. Hume établit d'emblée une distinction fondamentale entre les impressions (sensations vives, immédiates et puissantes) et les idées (copies affaiblies des impressions). Cette distinction repose sur une différence de degré de « force et vivacité » (force and vivacity) plutôt que sur une différence de nature.[3][4]
L'imagination au sens large désigne ainsi la faculté par laquelle nous formons nos idées les plus faibles, par opposition aux impressions qui frappent immédiatement l'esprit avec vigueur. Comme Hume l'écrit dans le Traité de la nature humaine, « une impression frappe d'abord les sens et nous fait percevoir le chaud ou le froid, la soif ou la faim, le plaisir ou la douleur d'une espèce ou d'une autre. De cette impression, l'esprit prend une copie qui demeure après que l'impression a cessé, et c'est ce que nous appelons une idée ».[5]
Cette fonction reproductrice de l'imagination implique que toute idée simple dérive nécessairement d'une impression correspondante – c'est le célèbre « principe de copie » (copy principle) de Hume. Sans impressions préalables, l'imagination ne pourrait former aucune idée : un aveugle de naissance ne peut avoir d'idée des couleurs, un sourd ne peut concevoir les sons.[6]
Imagination et mémoire : une différence de degré
[modifier | modifier le wikicode]Hume distingue l'imagination de la mémoire, mais cette distinction repose elle aussi sur une différence de degré plutôt que de nature. Les deux facultés s'occupent d'idées-images, c'est-à-dire de représentations dérivées d'impressions originelles. Cependant, la mémoire se caractérise par deux traits distinctifs :[7]
- Une plus grande vivacité : les idées de la mémoire conservent une part considérable de la force et de la vivacité des impressions originelles, tandis que les idées de l'imagination perdent intégralement cette vivacité.[8]
- La préservation de l'ordre : la mémoire est « liée » à l'ordre et à la forme des impressions primitives, qu'elle ne peut modifier, alors que l'imagination jouit d'une liberté complète pour séparer, recomposer et réarranger les idées selon un ordre qui lui est propre.[9]
Néanmoins, Hume reconnaît que cette distinction n'est pas toujours tranchée. Comme il le note lui-même, « nous ne pouvons jamais rappeler nos impressions passées pour voir si leur ordre correspond aux idées que nous en avons ». La vivacité demeure ainsi le critère principal, quoique faillible, de distinction entre mémoire et imagination.[10]
L'imagination au sens strict : entre raison et fantaisie
[modifier | modifier le wikicode]L'opposition à la raison
[modifier | modifier le wikicode]Dans un sens plus restreint, Hume oppose l'imagination (fancy) à la raison. Il écrit : « Quand j'oppose l'imagination à la mémoire, j'entends la faculté par laquelle nous formons nos idées les plus faibles. Quand je l'oppose à la raison, j'entends la même faculté, en excluant seulement nos raisonnements démonstratifs et probables ».[11]
Cette définition révèle que la raison elle-même, selon Hume, n'est qu'une sous-faculté de l'imagination au sens large. La raison désigne les opérations mentales qui conduisent à des inférences démonstratives (mathématiques) ou probables (causales), tandis que l'imagination au sens strict englobe toutes les autres activités mentales : les fictions, les fantaisies, les caprices et les préjugés.[12]
La liberté de l'imagination et sa fonction créatrice
[modifier | modifier le wikicode]« Rien n'est plus libre que l'imagination de l'homme », proclame Hume dans l'Enquête sur l'entendement humain. Cette liberté se manifeste dans la capacité de l'imagination à séparer, mêler, composer et diviser les idées simples « dans toutes les variétés de la fiction et de la vision ». L'imagination peut ainsi engendrer des représentations fantastiques – chevaux ailés, dragons crachant le feu, géants monstrueux – qui n'ont jamais été rencontrées dans l'expérience.[13]
Cette puissance créatrice ne s'exerce toutefois pas de manière totalement arbitraire. Même dans ses productions les plus extravagantes, l'imagination demeure contrainte par le principe de copie : elle ne peut créer d'idées simples entièrement nouvelles, mais seulement recombiner des éléments déjà fournis par l'expérience. Comme le souligne Hume, l'imagination « ne peut aller au-delà de cette réserve originelle d'idées fournies par les sens externes et le sens interne ».[14]
Les principes d'association : régler l'imagination
[modifier | modifier le wikicode]L'attraction des idées
[modifier | modifier le wikicode]Si l'imagination jouit d'une liberté considérable, elle n'en opère pas moins selon des principes réguliers qui guident la transition d'une idée à une autre. Hume identifie trois principes fondamentaux d'association des idées : la ressemblance, la contiguïté dans le temps ou l'espace, et la causalité.[15]
Ces principes agissent comme une « force douce » (gentle force) qui incline l'esprit à former certaines connexions plutôt que d'autres, sans pour autant abolir sa liberté. Hume compare explicitement cette attraction mentale à la gravitation newtonienne dans le monde physique : « Voici une sorte d'ATTRACTION qui, dans le monde mental, se révélera avoir des effets aussi extraordinaires que dans le monde naturel, et se manifester sous autant de formes diverses ».[16]
Association naturelle et association philosophique
[modifier | modifier le wikicode]Hume distingue les relations naturelles des relations philosophiques. Les premières sont spontanées et inconscientes : l'esprit passe automatiquement d'une idée à une autre en vertu des principes d'association. Les secondes résultent d'un acte délibéré de comparaison effectué par le philosophe.[17]
Cette distinction est cruciale car elle permet à Hume de montrer que la plupart de nos croyances ordinaires – y compris nos inférences causales – ne résultent pas d'un raisonnement conscient mais d'associations automatiques produites par l'habitude (custom). L'habitude joue ainsi un rôle central dans la régulation de l'imagination : « Toutes nos conclusions concernant les causes et les effets ne sont rien que les effets de la coutume, et la coutume n'a d'influence que par la vivification de l'imagination ».[18]
L'imagination comme fondement de toutes les facultés mentales
[modifier | modifier le wikicode]Le monisme de l'imagination
[modifier | modifier le wikicode]L'une des thèses les plus radicales de Hume consiste à affirmer que « la mémoire, les sens et l'entendement sont tous fondés sur l'imagination, c'est-à-dire sur la vivacité de nos idées ». Cette déclaration exprime ce que les commentateurs ont appelé le « monisme de l'imagination » humien.[19]
En effet, toutes les opérations cognitives – concevoir, juger, raisonner – ne sont pour Hume que des « manières particulières d'avoir des idées », donc des aspects ou sous-facultés de l'imagination. Même la perception sensible, dans la mesure où elle implique la formation d'idées à partir d'impressions, dépend de l'activité imaginative.[20]
Croyance et vivacité
[modifier | modifier le wikicode]Cette centralité de l'imagination se manifeste particulièrement dans la théorie humienne de la croyance (belief). Pour Hume, la différence entre une simple fiction imaginaire et une croyance ne réside pas dans le contenu représentationnel de l'idée, mais uniquement dans sa « manière d'être conçue ».[21]
La croyance consiste en « une conception d'un objet plus vive, plus vivante, plus forte, plus ferme, plus stable que celle que l'imagination seule est jamais capable d'atteindre ». Cette vivacité supplémentaire est communiquée aux idées par le biais des associations, notamment lorsqu'une impression présente est associée par habitude à une idée d'un objet absent.[22]
Ainsi, lorsque nous voyons de la fumée (impression), l'habitude fait que notre imagination passe immédiatement à l'idée du feu, et cette idée acquiert une vivacité suffisante pour engendrer la croyance en l'existence réelle du feu. C'est l'imagination, guidée par l'association et l'habitude, qui produit nos croyances les plus fondamentales concernant le monde extérieur, la causalité et même notre propre identité personnelle.[23]
Les fictions de l'imagination : identité et substance
[modifier | modifier le wikicode]Les tendances contradictoires de l'imagination
[modifier | modifier le wikicode]L'imagination humienne se caractérise par des tendances contradictoires qui engendrent des croyances naturelles mais philosophiquement problématiques. D'un côté, l'imagination tend spontanément à unifier les perceptions, à créer des transitions fluides entre les idées, à construire des totalités cohérentes. De l'autre, elle doit faire face à la discontinuité et à la variabilité réelle de l'expérience.[24]
Cette tension se manifeste particulièrement dans la croyance en l'identité des objets à travers le temps. Lorsque nous observons un objet à différents moments, nous recevons en réalité une succession de perceptions distinctes et séparées. Pourtant, l'imagination, en vertu de la ressemblance et de la contiguïté de ces perceptions, opère une transition si douce entre elles que nous sommes portés à les confondre avec une perception continue d'un seul et même objet.[25]
La fiction du moi
[modifier | modifier le wikicode]Cette propension de l'imagination à « feindre » l'identité atteint son expression la plus remarquable dans la conception du moi ou de l'identité personnelle. Comme Hume le note dans la célèbre section 1.4.6 du Traité, lorsque nous entrons « le plus intimement » en nous-mêmes, nous ne rencontrons jamais qu'une succession rapide de perceptions distinctes – impressions et idées – sans jamais saisir un « moi » substantiel qui les unirait.[26]
« Je ne peux jamais me saisir, moi, en aucun moment sans une perception, et je ne peux rien observer que la perception ». Le moi n'est donc qu'un « faisceau » (bundle) de perceptions, et l'identité personnelle que nous nous attribuons n'est qu'une fiction de l'imagination, produite par la ressemblance et la connexion causale entre nos perceptions successives telles qu'elles sont mémorisées et revivifiées dans l'imagination.[27]
Les dangers de l'imagination : folie et erreur philosophique
[modifier | modifier le wikicode]L'imagination déréglée
[modifier | modifier le wikicode]Si l'imagination constitue le fondement nécessaire de toute pensée, elle représente aussi une source permanente d'erreur et d'illusion. Hume avertit constamment ses lecteurs contre « les envolées de l'imagination » qui ont « provoqué tant d'erreurs chez les philosophes ».[28]
Une « imagination vive », note-t-il, « dégénère très souvent en démence ou en folie et lui ressemble beaucoup par ses opérations ». La différence entre l'imagination réglée du savant et l'imagination déréglée du fou réside dans le respect ou non des principes d'association naturelle et dans la capacité à distinguer les idées vives produites par l'expérience des fictions élaborées par la pure fantaisie.[29]
Les erreurs métaphysiques
[modifier | modifier le wikicode]Les systèmes métaphysiques traditionnels – avec leurs notions de substance, de pouvoir causal objectif, d'identité personnelle substantielle – sont pour Hume autant de fictions issues d'une imagination déréglée qui, ne supportant pas les contradictions et les discontinuités de l'expérience, invente des entités « mystérieuses » pour rétablir artificiellement l'unité et la cohérence.[30]
L'imagination philosophique tend à « répandre l'esprit sur les objets extérieurs » et à projeter dans la nature des connexions qui n'existent réellement que comme des transitions facilitées dans notre propre esprit. C'est ainsi que nous en venons à croire en une nécessité causale objective, alors qu'il n'y a en réalité qu'une détermination subjective de l'esprit à passer d'un objet constamment conjoint à un autre.[31]
L'imagination et le scepticisme humien
[modifier | modifier le wikicode]Un scepticisme fondé sur la nature de l'imagination
[modifier | modifier le wikicode]La théorie humienne de l'imagination conduit naturellement à une forme de scepticisme modéré. Si toutes nos croyances les plus fondamentales – existence du monde extérieur, causalité, identité personnelle – sont des produits de l'imagination plutôt que de la raison ou de l'évidence sensible directe, elles manquent de justification rationnelle ultime.[32]
Cependant, ce scepticisme demeure « mitigé » car Hume reconnaît que nous ne pouvons pas, en pratique, suspendre ces croyances naturelles. L'imagination continue à opérer selon ses propres lois, indépendamment des doutes philosophiques que nous pouvons soulever à son égard. Comme il l'écrit dans la conclusion du Livre I du Traité, « la nature est trop forte » pour que les arguments sceptiques puissent détruire nos croyances ordinaires.[33]
L'imagination comme nature humaine
[modifier | modifier le wikicode]Cette impuissance du scepticisme radical révèle que l'imagination n'est pas une faculté que nous pourrions choisir d'exercer ou non : elle constitue la structure même de notre nature mentale. Les principes d'association ne sont pas des règles que nous suivons consciemment, mais des tendances instinctives profondément enracinées dans notre constitution psychologique.[34]
En ce sens, étudier l'imagination revient à étudier la nature humaine elle-même dans ses mécanismes les plus fondamentaux. Le projet philosophique de Hume consiste précisément à substituer à la quête illusoire de fondements rationnels ultimes une description empirique des processus imaginatifs qui, de fait, gouvernent notre vie mentale.[35]
Résonances contemporaines et postérité
[modifier | modifier le wikicode]L'imagination et les sciences cognitives
[modifier | modifier le wikicode]La théorie humienne de l'imagination présente des affinités remarquables avec certains développements récents en sciences cognitives. L'idée que nos croyances sont déterminées par des mécanismes associatifs automatiques plutôt que par des processus de raisonnement conscients trouve un écho dans les recherches sur les « heuristiques » et les biais cognitifs.[36]
De même, la thèse selon laquelle la mémoire et l'imagination partagent des mécanismes communs a été confirmée par des études en neuropsychologie et en neuro-imagerie qui montrent que le rappel mnésique et la projection imaginative activent des réseaux neuronaux largement superposés.[37]
L'héritage romantique
[modifier | modifier le wikicode]La conception humienne de l'imagination a profondément influencé le romantisme britannique, même si les poètes romantiques ont souvent transformé et amplifié ses thèses. Samuel Taylor Coleridge, tout en reconnaissant sa dette envers Hume, a cherché à établir une distinction plus nette entre l'imagination « primaire » (créatrice et synthétique) et la « fancy » (purement associative et mécanique).[38]
Cette réinterprétation romantique de Hume témoigne de l'ambivalence de sa théorie : en faisant de l'imagination le fondement de toute activité mentale, Hume lui confère une dignité nouvelle, mais en la décrivant en termes purement mécanistes et associatifs, il semble réduire la créativité humaine à un jeu d'attractions psychologiques.[39]
Conclusion : l'imagination comme énigme
[modifier | modifier le wikicode]L'imagination selon Hume demeure une notion profondément paradoxale. Faculté fondamentale et universelle, elle est à la fois source de nos croyances les plus indispensables et de nos erreurs les plus dangereuses. Processus mécanique obéissant à des lois naturelles, elle produit néanmoins les fictions les plus extravagantes et les systèmes métaphysiques les plus ambitieux.[40]
Hume lui-même reconnaît l'étrangeté de sa position : « Rien n'est plus admirable que la rapidité avec laquelle l'imagination suggère ses idées et les présente à l'instant même où elles deviennent nécessaires ou utiles », écrit-il, avant d'ajouter immédiatement : « Rien n'est plus dangereux pour la raison que les envolées de l'imagination ».[41]
Cette tension irrésolue au cœur de la théorie humienne de l'imagination reflète peut-être l'intuition profonde que l'esprit humain ne peut être entièrement transparent à lui-même. En montrant que nos facultés les plus « rationnelles » – mémoire, entendement, jugement – sont toutes enracinées dans l'imagination, Hume suggère que la connaissance de soi complète demeure à jamais hors de notre portée. L'imagination, en dernière analyse, constitue moins une faculté parmi d'autres qu'un mystère constitutif de la condition humaine elle-même.[42]
Mémoire
[modifier | modifier le wikicode]La mémoire est l'ensemble des idées simples les plus vives : elles diffèrent des idées de l'imagination dans la mesure où elles sont conservées dans l'ordre et selon la forme des impressions dont elles dérivent.
Entendement
[modifier | modifier le wikicode]L'entendement est l'imagination réglée par des principes d'association qui sont au nombre de trois. L'entendement n'est donc pas à proprement parler une faculté, mais le résultat de ces principes sur l'esprit, c'est-à-dire sur l'ensemble des idées. L'entendement se distingue ainsi de la fantaisie qui est l'imagination libre.
Association
[modifier | modifier le wikicode]L'association est une règle selon laquelle les idées se lient les unes les autres pour former des ensembles déterminant le cours de la pensée. C'est donc une tendance à certaines liaisons régulières qui sont au nombre de trois : ressemblance, contiguïté et causalité. Ces tendances déterminent ainsi des attentes de l'esprit et permettent d'expliquer les croyances et la connaissance. Ces trois associations sont le ciment du système humien et l'étude de ces tendances constitue l'essentiel de la science de la nature humaine, puisque la nature humaine est pour Hume le système de ces tendances.
Contiguïté
[modifier | modifier le wikicode]La contiguïté est l'un des trois principes d'association : il lie des idées d'après la proximité dans le temps et dans l'espace de leurs impressions correspondantes. La coutume d'une contiguïté produit ainsi la causalité, ce qui fait de cette association l'association fondamentale de la pensée de Hume.
Coutume
[modifier | modifier le wikicode]La coutume est une tendance de l'esprit à associer deux idées par une relation de nécessité, par l'influence de la conjonction constante des impressions qui leur correspondent.
Notes et références
[modifier | modifier le wikicode]- ↑ John P. Wright, Hume's 'A Treatise of Human Nature': An Introduction, Cambridge University Press, 2009
- ↑ Saul Traiger (ed.), The Blackwell Guide to Hume's Treatise, Blackwell, 2006
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, éd. David Fate Norton et Mary J. Norton, Oxford University Press, 2000, Livre I, section 1
- ↑ Denis Viennet, « L'imagination dans le Traité de la nature humaine », Philosophique, 2008
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, section 1
- ↑ John P. Wright, Hume's 'A Treatise of Human Nature': An Introduction, Cambridge University Press, 2009
- ↑ Saul Traiger (ed.), The Blackwell Guide to Hume's Treatise, Blackwell, 2006
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, section 3
- ↑ Denis Viennet, « L'imagination dans le Traité de la nature humaine », Philosophique, 2008
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, note 22
- ↑ Saul Traiger (ed.), The Blackwell Guide to Hume's Treatise, Blackwell, 2006
- ↑ David Hume, An Enquiry concerning Human Understanding, section 2
- ↑ David Hume, An Enquiry concerning Human Understanding, section 2
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, section 4
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, section 4
- ↑ John P. Wright, Hume's 'A Treatise of Human Nature': An Introduction, Cambridge University Press, 2009
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, section 8
- ↑ Denis Viennet, « L'imagination dans le Traité de la nature humaine », Philosophique, 2008
- ↑ Saul Traiger (ed.), The Blackwell Guide to Hume's Treatise, Blackwell, 2006
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, section 7
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, section 7
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, sections 7-10
- ↑ John P. Wright, Hume's 'A Treatise of Human Nature': An Introduction, Cambridge University Press, 2009
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, partie 4, section 2
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, partie 4, section 6
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, partie 4, section 6
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, introduction
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, partie 3
- ↑ John P. Wright, Hume's 'A Treatise of Human Nature': An Introduction, Cambridge University Press, 2009
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, partie 3, section 14
- ↑ Fred Wilson, Hume's Radical Scepticism and the Fate of Naturalized Epistemology, Ashgate, 2008
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I, partie 4, section 7
- ↑ John P. Wright, Hume's 'A Treatise of Human Nature': An Introduction, Cambridge University Press, 2009
- ↑ Saul Traiger (ed.), The Blackwell Guide to Hume's Treatise, Blackwell, 2006
- ↑ Fred Wilson, Hume's Radical Scepticism and the Fate of Naturalized Epistemology, Ashgate, 2008
- ↑ Daniel L. Schacter et al., "Remembering the past to imagine the future: the prospective brain", Nature Reviews Neuroscience, vol. 8, 2007, p. 657-661
- ↑ Tim Milnes, "Coleridge, Hume, and the chains of the Romantic imagination", in Coleridge's Afterlives, Palgrave Macmillan, 2004
- ↑ Samuel Taylor Coleridge, Biographia Literaria, 1817, chapitre 13
- ↑ John P. Wright, Hume's 'A Treatise of Human Nature': An Introduction, Cambridge University Press, 2009
- ↑ David Hume, A Treatise of Human Nature, Livre I
- ↑ Denis Viennet, « L'imagination dans le Traité de la nature humaine », Philosophique, 2008