Plantes messicoles de l'Avesnois/Atlas des plantes messicoles/Présentation des espèces secondaires/Ammi majus L.

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Ammi majus (Photo: H. Zell)
Ammi majus
(Photo: H. Zell)
Classification de Cronquist
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Sous-division Spermatophytina
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Rosidae
Ordre Apiales
Famille Apiaceae
Genre Ammi
Nom binominal
Ammi majus
L., 1753
Classification APG III
Clade Angiospermes
Clade Eudicotes
Ordre Apiales
Famille Apiaceae
Genre Ammi

Ammi commun ou encore ;
« Ammi officinal » ;
« Ammi élevé » ;
« Grand ammi ».


- bishop's flower ou
- bishop’s weed ;
- false bishop’s weed ;
- bullwort ;
- greater ammi ;
- lady’s lace ;
- Queen Anne's lace ;
- laceflower pour les anglophones,
- Groot akkerscherm pour les Néerlandais,
- großes Ammei pour les allemands.

Généralités[modifier | modifier le wikicode]

L’ammi élevé est une herbacée, annuelle, de la famille des Apiacées.
Comme la plupart des espèces messicoles, c'est une espèce en régression (Elle est considérée par les agriculteurs comme « mauvaise herbe », assez répandue dans le sud de la France dans les champs de luzerne et de trèfle utilisés pour l'ensilage).
Elle a autrefois été cultivée comme plante condimentaire utilisée comme l'origan.

Description[modifier | modifier le wikicode]

Ammi majus au moment de la floraison et fructification

Plante annuelle de 30 cm à un mètre (80 cm en général), à grandes ombelles de fleurs blanches[1].

  • Organes reproducteurs[1] :
    • Type d’inflorescence : ombelle d’ombellules, les capitules mesurent de 4 à 10 cm[2].
    • Période de floraison : juin-juillet à septembre (voire octobre[2])
  • Graine :

(à compléter)

Écologie[modifier | modifier le wikicode]

  • Habitat / Biotope :
    Annuelle commensale des cultures acidophiles[1]
  • Phytosociologie, allélopathie : Cette espèces présente des adaptations qui en ont fait une bonne messicole volontiers et une mauvaise herbe très compétitrice. Les relations entre cette plante et d'autres sont un mieux comprises
    • Elle produit un assez grand nombre de graines, ces graines sont individuellement capables d'inhiber biochimiquemnet la germination d'autres espèces[3] ; En effet, expérimentalement, un éluat aqueux produit à partir de fruits d' Ammi majus inhibe remarquablement bien la germination des graines adjacentes d'autres espèces telles que la Rose de Jéricho (Anastatica hierochuntica), ou encore la laitue, la tomate, sans inhiber la germination d'autres graines d'Ammi[3]. On observe aucune différence dans l'efficacité de l'inhibition selon que l'expérience se déroule dans l'obscurité ou à la lumière, hormis pour la rose de Jéricho qui est nettement plus inhibée dans l'obscurité qu'à la lumière[3].
      Une phytotoxine (la Xanthotoxine) a été isolée dès les années 1940[4] dans le fruit mais qui n'explique qu'un sixième de l'activité inhibitrice de l'éluat[3].
      Après une immersion de 4 jours des fruits dans un grand volume d'eau, ils exsudent encore une quantité d'inhibiteurs suffisante pour empêcher la germination de graines proches de rose de Jéricho, de laitue, ou de tomate[3].
      Les données disponibles laissent penser que différentes phytotoxines sont produites par les différentes enveloppes externes du fruit[3]. La couche interne n'en produirait pas, ce qui protège l'embryon d'une auto-inhibition pendant que les couches externes libèrent peu à peu leurs composés phytotoxiques[3].
    • la plante est également protégée de nombreux prédateurs par des coumarines peu à peu découvertes[5], avec de nouvelles coumarines encore découvertes dans cette plante dans les années 1990 (ex Isoarnottinine)[6] (on connait maintenant au moins 12 furanocoumarines et psoralènes produites par cette espèce (le psoralène est un composé chimique dérivé de l'ombelliférone qui associe une coumarine à un cycle furane) ; la plupart sont photosensibilisants[7]. ; On a expérimentalement montré en Pologne que cette espèce contient des coumarines, en concentration variant fortement (de 40,95 à 871,05 mg pour 100 grammes (en poids sec) selon le contenu de son environnement en phytohormones (C12H10O2, ou acide α-naphthalèneacétique (NAA) et 6-benzylaminopurine (BAP ; C12 H11N5 aussi nommée benzyl adénine). Parmi les furanocoumarines, le métabolite dominant est l'Impératorine. On trouve aussi des quantités importantes d'ombelliférone dans la plante (jusqu'à 536,29 mg par grammes (en poids sec)[8].
      on a réussi à faire produire ces furanocoumarines linéaires par des cultures de cellules, ce qui a notamment permis d'identifier les enzymes en causes dans leur production et certains mécanismes de biosynthèse de ces molécules[9].
  • Distribution :
    C'est une espèces plutôt méditerranéenne.
    En France, elle est assez commune dans le Midi et dans l'Ouest du pays[1].
  • Biologie :
    Cette plante est une annuelle, thérophyte (survivant à l'hiver sous forme de graines) commensale des cultures acidophiles.
    L'espèce est hermaphrodite ; les fleurs ont des organes mâles et femelles ;
    Cette espèce, très nectarifère est entomogame (sa pollinisation est assurée par des pollinisateurs ou est éventuellement autogame. (autopollinisation / cléïstogamie[10]).
    L'espèce est épizoochore (graines disséminées par des animaux).
    Elle apprécie les sols plutôt acides sableux, sablo-argileux ou argileux non engorgés d'eau, et non les sols calcaires.
    Elle fait preuve d'une assez bonne résistance à certains phytopathogènes (ex : résistance à plusieurs souches inoculées de Agrobacterium rhizogenes)[11].

Aspects historiques[modifier | modifier le wikicode]

C'est une plante autrefois cultivée, citée comme telle dans un capitulaire dit capitulaire De Villis (datant du IXe siècle).

Cette espèce était présentée en 1752 par le Dictionnaire français-Latin de Trévoux[12] comme suit :

« Plante umbellifére, annuelle ; Ses feuilles font vertes, découpées en lanières ,oblongues, étroites , dentelées fur leurs bords, comme rangées par paires, & terminées par une feule lanière. Ses tiges font hautes de deux à trois pieds, creufes, canelées, branchues, & garnies de feuilles découpées en moins de fegmens que les inférieures. Ses fleurs naiffent en umbelle à l'extrémité des tiges & des branches ; elles font blanches & fleurdelifées. Ses femences font menues , arrondies, canelées fur leur dos, & aplaties par l'endroit qu'elles fe joignent: elles font acres & piquantes au goût. On appelle cette plante ammi majus, grand ammi, ou ammi commun , ammi commune, pour la diftinguer de quelque) autres efpéces plus petites, & dont les femences ont une odeur aromatique.
(...)Ammi fe prend auffi quelquefois pour la femence de la plante appellée ammi. Elle entre dans la Thériaque, & on la met dans le nombre des quatre petites femences diurétiques chaudes. L'ammi qui nous vient du Levant, ou d'Alexandrie, eft le plus eftimé, & doit avoir une odeur aromatique qui approche de celle de l'Origan. On la nomme ammi Creticum, ammi du Levant, ou d'Alexandrie ».

(à compléter)

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

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Génétique[modifier | modifier le wikicode]

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Statuts et conservation[modifier | modifier le wikicode]

L'Ammi commun figure sur la liste nationale des taxons messicoles comme encore assez abondant, au moins pour certaines régions.
Il n'est pas protégé en France, ni dans le Nord-Pas-de-Calais, ni en Belgique,

Dans le Nord-Pas-de-Calais, cette espèce s'est raréfiée.

Propriétés et usages[modifier | modifier le wikicode]

Selon Trabut[13], Ibn al-Baytar décrivait sous le nom de Athrilal cette plante comme étant prescrite contre la lèpre.

L'Ammi commun a des propriétés médicinale (diurétique et diurétique et antispasmodiques). Elle est utilisée en décoction, fumigation ou sous forme d'huile essentielle.

Les graines contiennent de l'ammoïdine (ou 8-méthoxy-psoralène) dont l'action photosensibilisatrice est utilisée pour le traitement du vitiligo[14],[15],[16] ou du psoriasis
ou de diverses leucodermies[17], par consommation de graines, traditionnellement en Egypte[18]

Ces graines sont encore employées dans la cuisine marocaine.

Les tiges florales se cueillent pour composer des bouquets frais ou secs.

(à compléter)

Précautions[modifier | modifier le wikicode]

Il est recommandé de porter des gants, lunettes et vêtements couvrants quand on la fauche ou manipule en extérieur, car sa sève est photosensibilisante et comme chez de nombreuses apiacées peut causer des allergies de type brûlures.

Espèces proches, confusions possibles[modifier | modifier le wikicode]

Plusieurs espèces proches d'ombellifères existent :
On la différenciera notamment de la carotte sauvage par le fait qu'elle est glabre.

Synonymie :[modifier | modifier le wikicode]

(à compléter)

Photos & illustrations[modifier | modifier le wikicode]

(à compléter)

Pour en savoir plus[modifier | modifier le wikicode]

Consultez également ces pages dans d’autres projets Wikimedia :

Ressources multimédia sur Commons.
Inventaire de l’espèce sur Wikispecies.
Définition sur Wiktionnaire.


Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

  • Umbelliferone
  • déméthylsuberosine (6-dimethylallyl-7-hydroxycoumarine)
  • Marmésine (-2′,3′-dihydro-2′-(1-hydroxy-1-méthyléthyl)-psoralène.

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • Fahmy, I.R. et H. Abu-Shady (1947), Ammi majus Linn. pharmacognostical study and isolation of cristalline constituent ammoidin ; Quarterly Journal of Pharmacy and Pharmacology 20, 281-291 (Cf. médecine indienne)
  • [19]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Julve philippe, , 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Consulté 23 avril 2004
  2. 2,0 et 2,1 in Flore des Alpes
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 et 3,6 Jacob Friedman, Edna Rushkin and George R. Waller (1982), Highly potent germination inhibitors in aqueous eluate of fruits of Bishop's weed (Ammi majus L.) and avoidance of autoinhibition ; Journal of Chemical Ecology Volume 8, Number 1, 55-65, DOI: 10.1007/BF00984005 (résumé)
  4. Alexander Schönberg et Aly Sina , Xanthotoxin from the Fruits of Ammi majus L ; Nature 161, 481-482 (27 March 1948) ; doi:10.1038/161481c0 (Résumé)
  5. Daria Hamerski, Ross C. Beiera, Richard E. Kneusel, Ulrich Matern, Karl Himmelspacht, Accumulation of coumarins in elicitor-treated cell suspension cultures of Ammi majus ; Phytochemistry ; Volume 29, Issue 4, 1990, Pages 1137–1142 (résumé)
  6. M.Hani A. Elgama, Nagwa M.M. Shalaby,Helmut Duddeck, Monika Hiegemann, Coumarins and coumarin glucosides from the fruits of Ammi majus ; Phytochemistry Volume 34, Issue 3, October 1993, Pages 819–823 ; The International Journal of Plant Biochemistry (Résumé)
  7. G. Wayne Ivie, Linear furocoumarins (psoralens) from the seed of Texas Ammi majus L. (Bishop's weed) ; J. Agric. Food Chem., 1978, 26 (6), pp 1394–1403 DOI: 10.1021/jf60220a023 ; Novembre 1978 (Lien)
  8. Ekiert H et Gomolka E. (2000) Coumarin compounds in Ammi majus L. callus cultures, vol. 55, no9, pp. 684-687, Résumé Inist/CNRS
  9. HAMERSKI, D. and MATERN, U. (1988), Elicitor-induced biosynthesis of psoralens in Ammi majus L. suspension cultures. European Journal of Biochemistry, 171: 369–375. doi: 10.1111/j.1432-1033.1988.tb13800.x (Résumé)
  10. Willemstein,S. C. ; An evolutionary basis for pollination ecology Brill Archive, 1987 - 425 pages
  11. Aleksandra Królicka, Izabela Staniszewska, Krzysztof Bielawski, Edmund Maliński, Janusz Szafranek, Ewa Łojkowska (2001), Establishment of hairy root cultures of Ammi majus ; Plant Science Volume 160, Issue 2, 5 January 2001, Pages 259–264 En ligne 2001/01/26. http://dx.doi.org/10.1016/S0168-9452(00)00381-2 (Résumé)
  12. Dictionnaire français-Latin de Trévoux ; Dictionnaire Universel Francois Et Latin: Contenant La Signification Et La Definition tant des mots de l'une & de l'autre Langue, avec leurs differens usages, que des termes propres de chaque Etat & de chaque Profession, Edité à Paris, par la compagnie des libraires associés en 1752 (numérisé en Livre numérique Google)
  13. Trabut, 1931. Répertoire des Noms indigènes des plantes spontanées, cultivées et utilisées dans le Nord de l'Afrique.
  14. Sidi E, Bourgeois-Gavardin J., The treatment of vitiligo with Ammi Majus Linn, a preliminary note; J Invest Dermatol. 1952 May;18(5):391-5. (Lien PubMed)
  15. Sidi E, Bourgeois-Gavardin J., Results of the treatment of vitiligo with Ammi majus Linn; Bull Soc Fr Dermatol Syphiligr. 1951 Nov-Dec;58(5):490-2 (Lien PubMed)
  16. Abdel-Moneim El-Mofty M.D. (Decembre 1952), Observations on the use of ammi majus Linn. in Vitiligo DOI: 10.1111/j.1365-2133.1952.tb15880.x ; British Journal of Dermatology British Journal of Dermatology ; Volume 64, Issue 12, pages 431–441 (en ligne:2006-08-29, avec Fac simile de la 1ère page
  17. Monem El mofty A.,A preliminary clinical report on the treatment of leucodermia with Ammi majus Linn ; J Egypt Med Assoc. 1948 Aug;31(8):651-65.
  18. I. R. Fahmy, H. Abushady, A. Schönberg & Alay Sina, A Crystalline Principle from Ammi majus L. ; Nature 160, 468-469 (04 October 1947) ; doi:10.1038/160468c0 ([http://www.nature.com/nature/journal/v160/n4066/abs/160468c0.html résumé)
  19. Adam Z. M., Rashad T. (1984), Cytological effects of water extracts of medicinal plants. I: Influence of Ammi majus extract on root tip of Vicia faba ; Revue Cytologia ; ISSN:0011-4545 ; vol. 49, no2, pp. 265-271 Publisher : Japan Mendel Society, Tokyo, JAPON