Utilisateur:Dino CASTELBOU

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Poëme[modifier | modifier le wikicode]

COMPLAINTE D'UN ANIMAL NON-HUMAIN (à mon ami Bapu & Pierre Amiel : Vannakkam ! Jay Jinendra !)


Excusez-moi d’être, d’être comme je suis :

De ne pas être comme vous, de ne pas naître

Comme vous, de ne pas être homme, je ne suis

Pas comme vous, je suis né pour mourir, pour n’être


Qu’une ombre que l’on digère puisqu’inférieur

À vous, vous plus « sensible » que moi, moi qui vous

Laisse pourtant vivre, ô vous êtes supérieur

En tout point à moi !... – Mais vous, hommes au cœur doux


Qui nous tuent et nous mangent, et qui nous condamnent

Grassement, si naturellement, à survivre

Dans vos cages, votre ego, enfer où l’on damne

Mes sens pour le crime d’être né et de vivre,


Vous, hommes qui consentent si facilement

À donner la mort, à profiter, – animal ! – ,

Serez-vous plus craintifs que nous quand, rudement,

On vous gazera, on vous tuera ? Ça fait mal,


Ça fait peur d’être vu juste comme une chose,

Un objet, qui n’a de prix qu’avec du sang là

Dehors, dans l’assiette et le boudin pour la cause

Du ventre, de la langue et du palais, sans la


Moindre once de Sym-Pathie, de ces hommes, – mais !

Vraiment satisfaits de leur raison, de leur race,

De leur indifférence aux douleurs que jamais,

Eux, – ils ne voudraient : vous n’êtes pas à ma place


Et jamais vous ne voudrez y être : à raison !...

Et si je crie, ça ne veut rien dire pour vous ?

De vivre, à jamais, d’être tué dans vos prisons,

Vos camps nazis ? Mort pour vous pour seul rendez-vous ?


Je ne suis qu’un Autre condamné à toujours

Être « autre », à qui l’on ne doit pas s’identifier,

Sous peine de ridicule, – l’excès d’un jour ! –,

Car l’homme Juste avec moi doit bien se méfier


Des autres hommes qui ne veulent pas Con-Naître

Ce que je suis, ce que j’endure pour eux tous,

Muet, caché, moi qui ne sais pas ce que c’est qu’ « être »,

– Bon à me débattre, chuintant, meuglant, criant, tout


Cela ne veut rien dire pour vous ? Alors rien

En moi n’inspire le respect, ou la tendresse ?

Alors !... Cela vaut mieux, pour moi, – que je vous laisse,

Car en tant que tombe vous êtes mon seul bien.


Dino Castelbou, 21 août 2009.

Message de Friedrich Nietzsche[modifier | modifier le wikicode]

« [Les Grecs] ont consacré (…) au développement des rites du service divin, une force extraordinaire, temps et argent compris ; si chez les Athéniens le sixième de l’année consistait en jour férié (…), si les Tarentins avaient même davantage de jours fériés que de jours ouvrables, ce n’est pas seulement un signe de luxe ou de paresse, ce n’était pas du temps dilapidé en pure perte. L’ingéniosité à penser, à unir, à interpréter, à transformer dans ce domaine a été le fondement de leur polis [cité], de leur art, de toute leur puissance de fascination et de maîtrise du monde. Ce n’est pas en tant que littérature que les Grecs se sont assujetti les Romains et l’Orient, mais en tant que phénomène splendide se manifestant dans les processions, les temples, l’appareil du culte, d’une façon générale en tant qu’Hellènes célébrant des fêtes ; leur « littérature classique » avec le chant du chœur, la tragédie, la comédie, a même grandi pour une bonne part sur le sol du culte ou en prolongement de celui-ci. On peut se demander si une époque comme la nôtre, qui tient sa puissance des machines et du développement de la guerre, applique sa force d’une façon globalement plus utile. »

— Friedrich Nietzsche, Le Service divin des Grecs (Cours magistral de l’hiver 1875/76), « Antiquité du culte religieux des Grecs ».

Message de Tagore[modifier | modifier le wikicode]

« Ne voyez-vous pas la laideur mortelle qui éclate partout dans vos villes, dans vos rapports, le même masque monotone qui fait que nulle place véritable n'est laissée à l'expression vivante de l'âme ? La mort s'insinue, morceau par morceau, dans le corps de la présente civilisation commerciale. Elle porte sa propre condamnation parce qu'elle foule aux pieds l'humanité sur laquelle elle se tient debout. » (Rabindranath Tagore, à l'adresse du monde occidental, 1912).

Et d'Alain Daniélou[modifier | modifier le wikicode]

« L'apport de l'Inde aux connaissances humaines n'a rien à voir avec la religiosité sentimentale, absurde et fanatique des pseudo-ashrams. Seuls quelques lettrés traditionnels, dont la survie n'est pas facile, préservent encore à Bénarès ou à Poona, quelques aspects d'un prodigieux savoir. L'Inde, cette inconnue, parviendra-t-elle à survivre, ou son savoir rejoindra-t-il celui des anciens Egyptiens ou des Mayas dans les limbes des civilisations perdues ? Nous dépensons des efforts et des sommes considérables pour explorer les tombeaux et restaurer les monuments des civilisations mortes, mais que faisons-nous pour maintenir en vie le plus prestigieux héritage de savoir et de pensée que nous a légué l'histoire humaine ? » (Alain Daniélou, musicien et indianiste).