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Ces éléments de clarification terminologique sont le résultat d'observations de situations en classe, avec des élèves, et à distance sur des plateformes d'apprentissage, avec des étudiants. Ils sont aussi l'écho de recherches et travaux qui jalonnent la question de la construction collective de connaissances. Il y est question notamment de :

  • apprentissage coopératif (Office Central de la Coopération à l'Ecole, 1929) ; (ICEM, Freinet C., 1947)
  • mind’s machine (Bush V., 1945)
  • construction réticulaire/ hypertextuelle des savoirs (Nelson T., 1965)
  • réseau sémantique (Quillian M.R., 1968)
  • hypertexte et hypermedia (Nielsen J., 1990)
  • intelligence en essaim (Theraulaz G., 1992)
  • hypertexte et apprentissages (Bernstein M., 1993)
  • technologies de l’intelligence (Levy P., 1990 ; Linard M., 1996)
  • web sémantique (Berneers Lee T., 1994)
  • intelligence collective (Levy P., 1994)
  • savoirs en réseaux, réseaux de savoirs (Sauvé L., 1994)
  • intelligence connective (De Kerckhove D., 2001)
  • apprentissage collaboratif (Henri F., 2001)
  • sagesse des foules (Surowiecki J., 2004)
  • réseau participatif, web 2.0 (Dougherty D., 2005)

Voir références bibliographiques (faire un lien sur wikindx).

Coopératif

On parle de scénario de travail ou d’apprentissage coopératif lorsque chaque individu doit participer à un travail commun. L’objectif est de produire ensemble quelque chose, chacun produisant une part. Un leader (un chef de projet ou un responsable d’équipe) élabore le scénario, supervise l’ensemble du projet, collecte les différentes parties produites, et, si nécessaire, régule les interactions sociales qui permettent les ajustements nécessaires à la coopération.Le résultat du travail est la somme de toutes les parties réalisées. Un scénario coopératif fonctionne, en présentiel et/ou à distance en utilisant les TIC, quand le responsable de projet, le professeur ou le formateur, a préalablement défini la production, le résultat attendu ; quand le responsable de projet est capable de gérer les groupes en prenant en compte les compétences individuelles ; tous les acteurs se sentent impliqués.

A lire : un livre de Alain Baudrit, intitulé "L'apprentissage coopératif - origines et évolutions d'une méthode pédagogique". Pour plus de détails voir le blog de la VST de l'INRP.

Collaboratif

On parle de scénario de travail ou d’apprentissage collaboratif lorsque les acteurs ont à résoudre un problème complexe ou à élaborer ensemble une connaissance. Il est impossible de définir à l’avance qui va faire quoi, combien de temps cela va prendre, quel résultat spécifique est attendu, etc. Chaque membre du groupe, impliqué dans un scénario collaboratif, doit s’engager, même s’il n’a aucune idée des coûts et /ou bénéfices qu’il en tirera pour lui. Une stratégie de production collaborative fonctionne, dans une classe et/ou à distance en utilisant les TIC, quand le groupe a des objectifs et/ou des besoins proches ; quand le groupe partage des valeurs communes, même implicitement.

Collectif

Le concept d’intelligence collective est diversement défini selon les approches choisies, en informatique, en sciences cognitives, en psychologie, en sociologie, ... Pierre Levy a publié un certain nombres d'articles et d'ouvrages sur le sujet (Levy, 1994 ; Levy, 2005). Citons ces définitions :

"L’intelligence collective est fondée en premier lieu sur un principe fort : chacun sait quelque chose. /…/ le cyberespace manifeste des propriétés neuves qui en font un instrument de coordination non hiérarchique, de mise en synergie rapide des intelligences, d’échanges de connaissances et de navigation dans les savoirs. On peut employer le terme d’intelligence collective pour désigner /…/ l’intelligence - non pas comme le contraire de la sottise - mais comme une dynamique auto-entretenue et interdépendante de fonctions cognitives (perception, mémoire, apprentissage, communication, coordination des actions...) à l’échelle d’une communauté."

Les travaux de Theraulaz sur l'intelligence en essaim apportent des éclairages sur cette notion d'interdépendance, notion centrale pour concevoir ou analyser la construction de contenus sur des espaces réticulaires.

Participatif

Le terme participatif est largement polysémique, volontiers utilisé dans le contexte politique. Certains espaces virtuels, tels que les forums, les blogs, les wikis, font appel à la participation des usagers pour qu'ils soient auteur d'information et pas seulement lecteur ; pour qu'ils produisent des informations, des ajouts, des commentaires. Théoriquement, la structure maillée (non hiérarchique) des réseaux permet d’imaginer une construction des connaissances qui impliquerait tous les individus, quels que soient leur langue, leur niveau d’expertise, leur statut, … La validation des informations produites reposerait alors sur l’auto-régulation, la co-régulation, le débat, la controverse, la négociation et les ajustements successifs. La construction de connaissances sur le mode participatif pose la question de la légitimité, de l’expertise et de la responsabilité des participants, comme de la pertinence et de la véracité des informations qu'ils produisent.

Contributif

Le terme contributif est utilisé pour qualifier un contenu. Il est lié au concept de User Generated Content. Dans un espace virtuel contributif, tel qu'est le web, c’est l’usager qui en génère le contenu.

Il serait cependant illusoire de souscrire au tout contributif comme mode de construction des connaissances.