Étymologie de la langue française/Introduction

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Les origines du vocabulaire[modifier | modifier le wikicode]

L'essentiel du vocabulaire des langues indo-européennes provient de racines indo-européennes au travers du latin, du germanique ou du grec pour l'Occident, du slave pour l'Est et du nordique pour la Suède et la Norvège.

Pour la langue française, la source principale est le latin, soit par évolution spontanée (langue populaire) soit par construction explicite (langue savante). Par exemple, le mot latin « prisonnier » (captivus) donne chétif dans la langue populaire et captif en langue savante.

Une autre source importante d'un vocabulaire est l'emprunt à d'autres langues au travers, pour l'essentiel, du commerce et des guerres. Pour la langue française ce furent le francique à l'époque des grandes invasions barbares, l'arabe au Moyen Âge, l'italien à la Renaissance, les langues d'Amérique du Sud lors de la découverte du Nouveau Monde et plus récemment l'anglais. Ce dernier a beaucoup emprunté à la langue française au Moyen Âge lorsque la chevalerie anglaise parlait français d'où, de nos jours encore, la différence entre ox le bœuf élevé par les paysans et beef (pour bœuf), ce même animal dans les plats de la noblesse puis, d'une façon généralisée, dans l'alimentation. Quand au tunnel, il s'agit du mot tonnelle emprunté par les Anglais puis restitué avec un autre sens lors de l'apparition du chemin de fer. Avant le chemin de fer, il y avait déjà des tunnels en France mais on les y appelait des galeries, mot conservé en italien moderne (galleria).

Les autres sources notables sont l'emploi de noms propres comme noms communs (poubelle, barème), de sigles (laser, snob), d'onomatopées (boum, gazouillis).

Enfin quelques mots constituent des créations tout à fait conscientes et circonstanciées (ordinateur, bikini, monokini).

L'évolution et la disparition des mots[modifier | modifier le wikicode]

Les mots évoluent :

  • de façon interne par préfixation (courir → accourir) ou dérivation
  • de façon historique au fur et à mesure que la chose désignée évolue elle-même (de nos jours un pantalon ou une culotte n'ont plus grand-chose à voir avec les premiers pantalons ou les sans-culottes de la période révolutionnaire française)
  • de façon sémantique par analogie de forme, de couleur, de matière ou par application d'autres procédés voisins des figures de la rhétorique (le tout pour la partie, par exemple).

Enfin, les mots disparaissent lorsque le signifié (l'objet, l'action, le sentiment désigné par un mot) disparait, quand ils ne sont plus compris ou sous l'évolution de la sensibilité sociale.

Au Moyen Âge, la fauconnerie (le dressage et l'emploi des faucons pour la chasse) constituait une haute technologie et son vocabulaire s'est répandu dans le langage courant. Au XIXe siècle, le cheval était un « instrument » économique et social de base et le vocabulaire de l'équitation était compris de tous ; il est aujourd'hui remplacé par celui de l'automobile.

L'expression sans solution de continuité, de plus en plus mal comprise et parfois pour le contraire de ce qu'elle veut dire est ainsi en voie de disparition au profit de sans arrêt ou 24/24 h - 7/7j etc, selon le contexte. Il soulait (il avait l'habitude) ou peu m'en chaut (peu m'importe) ont quasiment disparu.

Nègre qui a appartenu au vocabulaire standard bien au-delà de la Seconde Guerre mondiale n'est plus en usage aujourd'hui si ce n'est pour désigner la personne qui a écrit un livre à la place de celle qui le signe comme auteur.

Ces disparitions sont lentes. L'adjectif débonnaire reste un témoin de la fauconnerie. Sans pratiquer l'équitation on comprend encore ce que signifie avoir des œillères.

Plan[modifier | modifier le wikicode]

L'exposé suit l'enchaînement ébauché ci-dessus (origines - extension - évolution et disparition du vocabulaire) puis l'illustre par le commentaire étymologique d'un message réellement envoyé (et non-retouché).