Construire sa maison/La couverture

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La couverture d’un bâtiment est un écran posé sur la charpente et chargé de protéger celui-ci de la pluie, de la neige, du vent, du soleil et du sable du sahara...

Le bois (ici en bardeaux) a pu être efficacement utilisé en couverture, même en zone tempérée, mais de nombreux autres matériaux sont possibles

Différents types de couverture[modifier | modifier le wikicode]

Les matériaux et les techniques pour réaliser un toit sont très variés :

  • tuile en terre cuite ou en béton de toutes sortes de modèle,
  • Ardoises
  • shingles et bardeaux bitumés,
  • bardeaux de bois (qui peuvent aussi couvrir la façade)
  • bacs de toiture en tôle profilée ou stratifié verre,
  • toiture terrasse avec étanchéité (par exemple réalisée avec une feuille d’aluminium gaufré doublée d’un tissu bitumé et posée à chaud),
  • tuiles solaires (photovoltaïque) encore très chères, mais pouvait faire l'objet de subvention, ou d'un financement par tiers investisseur pour les grands projets.

Sans parler de procédés plus rares comme les plaques de schiste, chaume, feuille de cuivre ou de plomb ou, maintenant interdit : plaques d’amiante-ciment...

La pente dépend d’abord du climat et du style de la construction (qui doit respecter les règles d’urbanisme). Elle détermine en partie le type de couverture et sa mise en œuvre, en particulier pour le recouvrement des tuiles.

Dans les régions ventées, les tuiles et les matériaux légers seront cloués, collés ou fixés à l’aide de crochets.

Pour la ventilation de la sous-toiture sont utilisées des tuiles chatières. Les croupes sont terminées par une rangée d’arêtiers tandis que les faîtes sont surmontés de tuiles faîtières. À l’inverse les noues sont constituées généralement d’un canal en tôle de zinc. Pour éclairer un comble il est possible de placer des tuiles transparentes (de préférence au nord). Pour les traversées et sortie de mât d’antennes, tuyaux de ventilation... il existe des tuiles spéciales.

Dans les régions enneigées on peut ajouter sur la toiture des crochets ou des grilles chargées de retenir la neige au dessus des portes et lieux de passage.

Le type de toiture est généralement choisi dès le début du projet. Il est utile d'aussi penser à ce moment à la facilité d'accès et d'entretien (réparation, nettoyage des gouttières...)

Sous-toiture[modifier | modifier le wikicode]

La « sous-toiture » est un film résistant à l’eau, mais perméable à la vapeur d'eau, qui compense les défauts accidentels d’étanchéité de la couverture, par exemple lors de grand vent, fuite, introduction de neige poudreuse sous les tuiles... Sa pose doit être particulièrement soignée prés des souches de cheminées, fenêtres de toit, sortie de ventilation...

Ce film, en plastique ou tissu bitumé renforcé, est déroulé par lais horizontaux sur les chevrons (en commençant par le bas). Il est maintenu par des contre-lattes (épaisseur 10 ou 15 mm) clouées sur les chevrons. La sous-toiture peut faire office de couverture pendant les quelques jours précédant la pose des tuiles.

D'un point de vu écologique, il est préférable d'utiliser une sous-toiture capillaire rigide (type fibre-ciment) qu'un film plastique.

Lattage[modifier | modifier le wikicode]

Les lattes ou liteaux sont destinées à maintenir les ardoises les tuiles ou, moins communément, les plaques ou bacs de toiture. Elles sont régulièrement espacées et clouées horizontalement sur les chevrons ou les contre-lattes. La section d’une latte (en sapin ou épicéa) est de l’ordre de 25x50mm pour un écartement des chevrons de 40 à 50 centimètres.

Les lattes doivent être traitées soigneusement, comme la charpente, le plus simple étant d’utiliser une gouttière fermée à chaque extrémité et de les immerger dans un produit insecticide et fongicide. Lors de la pose, il faut rejeter les morceaux comportant des nœud secs et les lattes vrillées ou trop cintrées.

Zinguerie[modifier | modifier le wikicode]

On rassemble sous le terme de zinguerie toutes les opérations de finitions des toitures qui utilisaient autrefois la tôle de zinc. Une grande diversité de solutions s’offrent maintenant aux amateurs :

  • tubes, profilés et gouttières en PVC,
  • tôle, gouttières, chêneaux en cuivre, en zinc ou en tôle d’acier galvanisée. Tôle d’acier ou d’aluminium peinte,
  • feuille d’aluminium bitumé, généralement utilisé pour l’étanchéité des toitures en terrasse (on peut l’employer pour réaliser facilement des solins de formes compliquées),
  • la feuille de plomb est très pratique mais assez chère.

Pour la soudure du zinc, du cuivre ou de la tôle galvanisée, un chalumeau au propane est pratiquement obligatoire car une grande puissance de chauffe est nécessaire pour réaliser les soudures à l’étain. Une plieuse, une cisaille d’établi, une cisaille grignoteuse et différentes pinces complètent l’outillage nécessaire.

Gouttières et chéneaux[modifier | modifier le wikicode]

Alors qu’on utilisait autrefois principalement le zinc, le cuivre et la tôle d’acier galvanisée, les chéneaux et gouttières sont de plus en plus souvent réalisés en PVC, matériau très résistant à l’extérieur et facile à travailler. De plus, la pluie et la grême y font moins de bruit que sur le métal.

Dans la mesure du possible on donnera à la gouttière une pente de 2mm/m en vérifiant que celle-ci est bien rectiligne, sans points bas.

Veiller à ce que les feuilles mortes ne s’accumulent pas à l’automne, tailler les arbres dont les branches surplomberaient le toit. Lorsque la neige et la glace s’accumulent, il arrive que des crochets ordinaires fléchissent ; il existe des crochets renforcés pour cela.

Dans la mesure du possible on évitera de coller entièrement le tuyau de descente d’eau de pluie au mur pour qu’il reste démontable. À la base, il devra être renforcé sur un mètre de haut.

L’évacuation des eaux de pluie ne doit pas saturer le drainage. Les deux circuits devront se rejoindre dans un regard situé en contrebas. La récupération de l'eau de pluie peut se faire dans une cuve enterrée ou dans une citerne extérieure.

Pose des tuiles[modifier | modifier le wikicode]

L’opération de pose des tuiles est indissociable du lattage, l’écartement des lattes étant déterminé par le facteur de recouvrement des tuiles. Pour un toit à faible pente, le recouvrement devra être plus important que si la pente est forte. Bien sûr le réglage du recouvrement des tuiles ne concerne pas les tuiles à double emboîtement pour lequel le lattage doit être soigneusement effectué. C’est le rang de tuiles le plus proche du faîte qui sert de point de départ, le rang le plus proche de la gouttière détermine la position de la rive d’égout, autrement dit du toit où la pluie s’égoutte.

La couverture est un travail réclamant beaucoup de bras lorsqu’on ne dispose pas d’un monte-tuile. Si des différences de couleur sont à craindre (cas des tuiles en béton coloré), il importe de bien mélanger les différentes palettes. Il existe des crochets spéciaux pour fixer les tuiles sur les lattes. Fixer une tuile sur 10 ou 15 est une bonne précaution en cas de tempête. Les tuiles de rives, arêtiers et faîtières seront obligatoirement fixés à l’aide de clous zingués . On peut percer une tuile avec un foret à béton de diamètre 3 ou 4 mm. La position du trou est déterminée par celle de la latte dans laquelle le clou sera planté.

Les découpes de tuiles au niveau des noues, des arêtiers et des châssis de toit, seront faites soigneusement après un traçage rigoureux. Les risques de pénétration de la pluie chassée par le vent devront être réduits au maximum en injectant de la mousse et en utilisant des éléments de zinguerie correctement réalisés et posés. Le film de sous-toiture ne doit pas être abimé ; il doit guider les éventuelles infiltrations jusque dans la gouttière.


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