Introduire la biodiversité dans la construction et l'urbanisme/Où, quand et comment intégrer la biodiversité dans et autour du bâti ?/Bonnes pratiques de gestion, fonctionnement, entretien

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Sur ce talus ensoleillé (situé dans le Lycée Pasteur de Lille), une partie de l'herbe est fauchée, une autre partie est conservée en une zone refuge provisoire. Une fauche tardive et avec exportation est nécessaire ou utile aux espèces pionnières et à certains stades de développement de la strate herbacée. Elle permet une certaine déseutrophisation du milieu, mais il faut aussi conserver quelques îlots-refuges où on ne fauchera pas l'herbe durant plusieurs années, afin de préserver des refuges pour les chrysalides et pour d'autres stades hivernaux de la faune, flore et fonge. Comme pour la conservation de bois mort, une signalétique appropriée permet d'expliquer l'intérêt de la fauche tardive et d'une gestion écologique et donc « différenciée »
Poneys et Taureau "Higland Cattle" oeuvrant à la gestion écologique et donc différentiée d'une partie de la périphérie des remparts de la Citadelle Vauban de Lille.
On voit ici que le taureau n'hésite pas, gratuitement, à brouter l'herbe des fortes pentes peu accessibles aux tondeuses. Dans ce type de contexte, il est utile de mélanger différentes espèces d'herbivores qui ont des régimes alimentaires complémentaires. Dans un environnement urbain très fragmentant pour la nature, ces animaux transportés d'un espace vert à l'autre jouent aussi en quelque sorte un rôle de corridors biologiques ambulants en transportant divers propagules dans leurs poils, sabots et tube digestif. Ceux-ci s'abreuvent dans le fossé (cunette) de la citadelle et offre une animation appréciée du public.

Dans un environnement construit et notamment urbain très fréquentés, l'entretien des éléments construits doit être accompagné d'une gestion attentive ; à la fois protectrice et restauratoire de la faune, de la flore, de la fonge et d'écosystèmes fonctionnels doit être pratiquée, en limitant les gênes mutuelles occasionnées avec les usages anthropiques des milieux. Le gestionnaire vise alors - dans toute la mesure du possible - le bon état écologique des milieux (pelouse, boisement, berges, etc. inséré dans l'espace construit).

En l'absence d'actions extensives de broutage par les grands herbivores (qui peuvent néanmoins localement être réintroduit dans les villes, dans les parcs et sur certains linéaires), la taille et fauche des végétaux sont des actions essentielles de gestion, qui devrait être envisagées et facilitées par les urbanistes dès la conception des espaces et volumes construits.

Dans la mesure du possible, les produits de taille et fauche devraient être compostés sur place, de même que les feuilles mortes.
Les branchettes issues de la taille douce peuvent servir à produire du BRF (Bois raméal fragmenté).

Dans les espaces urbains et industriels ou friches industrielles, le gestionnaire devrait toujours s'assurer de l'absence de risques de bioaccumulation de certains polluants présents ou ayant pu être présents dans l'environnement (en particulier près de zones classées pour le risque industriels ou près des axes routiers et autoroutiers). Une étude d'évaluation écotoxicologique et toxicologique peut l'éclairer et faire envisager une dimension de phytoremédiation dans la gestion.

pour cela les équipes de gestionnaires, dont en particulier les jardiniers doivent être formés à la gestion différentiée.
Dans la très grande majorité des cas (hors problèmes posés par des espèces invasives), il existe des alternatives permettant de se passer des pesticides et autres biocides.

Si des animaux sont utilisés et transportés d'un site à l'autre, il est utile de vérifier qu'ils ne contribuent pas à diffuser certaines propagules d'espèces invasives. On a montré à Lille (triangle des rouges-barres) que les chèvres dévorent efficacement en quelques année de vastes étendues colonisées par une plante invasive qui est la renouée du Japon.